L'heure de nulle part

J’ai retrouvé l’ébauche de lettre à Imre Kertesz

A I. K.,

de ce livre qui a écrit A., Être sans destin, l’écriture peut commencer. depuis ce livre, depuis A. l’écriture devient possible. (redeviendrait)

A, Auschwitz.

3 janvier 2008 – 2:52

De même qu’une note à propos du rêve qui s’en est suivi :

« des rêves de cette nuit, un seul mot retenu : « kertezsionisme » (!) »

Je n’ai plus la moindre idée de ce qui a pu m’amener à penser ça. plus rien.

c’est peut-être bien vrai que ce sont les lettres qui me rendent folle pensais-je ce matin, au réveil, les CORRESPONDANCES. écoutez, c’est drôle, je me suis rendu compte de ceci ( c’est vrai que je n’arrête pas de me RENDRE COMPTE de trucs, et peut-être bien possible que je ne cesse de me rendre compte des MÊMES trucs, qui plus est, que j’oublie, ensuite, et qui me reviennent, plus tard, comme venus de nulle part – OUBLI – mais comme vous aussi, vous aussi, vous oubliez, OUBLIEZ), les hommes que j’ai connus, cela s’est fait :

soit au départ d’une correspondance
soit parce qu’ils m’ont vue danser
( parfois même, il y a eu les 2, ils m’ont écrit après m’avoir vu danser)

ceci viendrait à la suite de ce que j’écrivais là, à propos de la lettre perdue : à penser que je la retrouve, dans la correspondance, je me mets à aimer, j’entre en amour ( quant à LA DANSE, à croire qu’il y a en moi quelque corps-respondance – être l’être perdue, être l’être perdue, être l’être perdue, être l’être perdue, comme un halètement).

(ici c’est : écrits posthumes, lettres pour la mort.)