









lors de la dernière séance, où j’avais bcp pleuré, l’analyste devant s’absenter m’avait demandé que je l’appelle la semaine suivante tous les matins, à huit heures. était-ce parce que je lui avais dit que j’avais l’impression de n’être pas prise au sérieux, de n’avoir pas été prise au sérieux, ici, par les analystes de paris ? était-ce pour cela ? pour me prouver le contraire ? pour me réengager dans le processus analytique?
ce que cette semaine de « séances téléphoniques » a donné. j’ai du mal à me souvenir.
lors du premier coup de fil, j’avais commencé disant qu’il serait peut-être bon d’interroger pourquoi très vite ça avait été ça : l’analyse ou la mort1. et quel était, quel serait, pourrait être le lien entre la psychanalyse et les camps de la mort, Auschwitz.
des jambes, des corps couchés, alignés. une douche passée par dessus, une douche dont le jet est très fort, qui déplace les chairs – la cellulite.
celui qui manipule la douche qui dit : regardez, ça bouge, ça bouge.
douche : je pense aux camps (jet gaz/eau).
cellulite : je pense à cellule, enfermement, je pense oncle jean.
je dis à l’analyste, au téléphone, « vous ai-je dit que pendant la guerre mes grands-parents ont sauvé une famille juive, cachée dans leur grenier ? » je dis leur nom : Sterling. je dis que c’est le père Sterling qui a appris la peinture à mon père.
en raccrochant, je me demande pourquoi j’ai raconté ça, pourquoi j’ai donné ce nom, « Sterling »?
fatiguée, troublée, dans la volonté de repenser à tout ça, je me recouche ; il est un peu après huit heures. je réalise que j’ai omis de dire qu’ils étaient partis, finalement, les sterling, qu’ils avaient eu peur de mon oncle, jean.
mon oncle jean. peur qu’il les livre aux Allemands.
je me souviens alors d’un rêve fait au cours de l’analyse avec D., où je le payais avec des « livres sterling« . là, tout se précipite dans ma tête (déchainement) :
mon oncle, qui voulais voulait écrire un livre, aurait livré sterling aux allemands, aux camps (« jean livre sterling »). je précise ici que les sterling ont survécu, et que le fils s’est inscrit à l’académie de dessin où mon père était directeur.
alors, écrire, livrer, l’impossible livre; écrire trahir; livrer aux camps de la mort.
après les livres de Imre Kertesz, la seule chose que j’étais parvenue à écrire : « après ce livre ce qui écrit Auschwitz : écrire devient possible. redevient possible »
les jambes – les corps – la douche – la livre de vie, la livre de chair. « ça bouge, ça bouge… »
conclusion de la séance d’hier : je ne sais pas quoi faire de ma vie, je ne sais plus du tout. curieusement, m’en sens libérée. loin de ces lourdes histoires auschwitziennes et autres « lacan-dla-mort » (le plaisant docteur g. me dira plus tard : « après les camps, la libération, c’est logique, c’est logique»).
je dis à l’analyste que l’image du rêve des « corps allongés morts passés à la douche » m’avait fait pensé, après-coup, à une photo de cadavres alignés, retrouvés à Auschwitz ; cette image qui maintenant s’impose. il me parle de cette cadavérisation dans le rêve comme d’une défense contre le grouillement de la vie (« ça bouge, ça bouge! »)
à propos du rêve surtout, cela qui dédramatise, ce que je n’avais pas vu et dont l’analyste s’est étonné ( ou a fait semblant de s’étonner) : le pommeau de douche ≈ le pommeau du téléphone !!! ( ce coup de fil que je m’étais vue invitée à lui passer tous les jours).
NB: se défendre contre la jouissance / s’il est possible de comprendre pourquoi elle est serait s’avère si HORRIfiante.
13:29
à cdz, il le faut, que je lui dise que je me cache de tout, de tous, en ce moment, et surtout du travail.
et surtout du travail,
amen
je voudrais un bureau auquel je puisse travailler debout, et un tout petit ordinateur ( un écritoire ancien, un meuble à écrire debout).
me lever de ce bureau. marcher dans l’appartement ( échapper aux habitudes des lieux, aux assises anciennes : impossible – mais pas complètement) ( sur mon bureau une revue intitulée : « la force du même »). me lever.
13:43
également: changer de lumière.
13:54
voyez-vous, auschwitz même, dans mon cas, est une défense ( pour le dire simplement).
vendredi avec jules : bhv de l’hôtel de ville ( recherche cadeau f.) , puis notre-dame ( « non, je ne veux pas rentrer, ça fait peur »). pénétrons une autre église, où l’on chante en latin ( c’est Église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, « fief d’un mouvement catholique traditionaliste »). jules veut s’asseoir. les gens se lèvent. c’est un mariage, les robes sont longues et les chapeaux sur toutes les têtes des dames. à jules, je ne dis, explique rien, si ce n’est qu’il s’agit d’un mariage, il dit oui oui, il parle tout bas. je l’entraîne vers la sortie. plus loin, il va foncer pour pénétrer dans un espace précédé de l’enseigne qu’il ne sait évidemment pas lire : « mémorial de la déportation« . je lis sur l’insigne de la dame qui l’arrête dans son élan, qu’elle est de la « défense nationale ». elle me demande son âge et si il a déjà vu un cimetière. je lui dis que oui. je sens les larmes me monter aux yeux. dans ce cas, me dit la dame défense nationale, il peut y aller. jeune homme, lui dit-elle en se tournant vers lui, avez-vous un téléphone portable sur vous, non, répond-il, avez-vous un appareil photo, non répond-il, bien, vous allez descendre ces marches, mais attention, vous ne pourrez plus parler, plus faire de bruit, ne vous approchez pas de la herse. plus tard, nous monterons manger des gâteaux en haut, tout en haut de l’institut du monde arabe. jules prend des photos. avant de prendre le bus pour rentrer, nous passons par les plaines de jeu du jardin des plantes. je suis très fière de jules, de sa façon de se déployer, de ses courses, de ses cris, de sa gaieté, des enfants qu’il amène à sa suite. au retour, nous croisons un héron cendré, jules lui dit qu’il s’appelle jules et s’indigne de ce qu’il ne lui réponde pas. je lui dis que l’animal est sauvage et qu’il ne parle pas. il a peine à me croire.
Les photos de Jules :
qu’Auschwitz donc, est un autre encore des noms que prend ma défense. couverture , voile.
14:22 je voulais dire qu’auschwitz couvre seulement l’horreur, celle qui n’en n’a pas, de nom. une représentation.
14:32 mercredi: le cours de miller, le dernier cette année (la lettre que je ne lui ai pas écrite).
(14:41 en fait, c’était le contraire : d’abord le mémorial de la déportation, ensuite l’église de la rue des bernardins.)
bon sang, si je m’intéressais à ce qui m’intéresse, en plus de lire cet article jusqu’au bout, probablement je

métro, ligne 8
hier mat. vendredi, coiffeur Jules 10 heures, je lui dis : le meilleur coiffeur du monde, il n’empêche qu’il hurle hurle hurle et la coiffeuse n’a pas l’air rassurée, je lui dis d’y aller, elle me dit qu’est-ce que je fais, que ce soit joli je lui réponds. il se calme finalement à l’arrivée d’une péniche, regardez, regardez, et du pont qui s’ouvre, regardez, regardez.
au sortir, le conduis à MDE (cartoucherie de vincennes), c’est midi.
Retour home : 13 heures. travail pour site MDE – j’aime bien ce travail. Retrouvé prescription Deroxat.
Allée à pharm, cherché argent et retour MDE pour 17 heures – m’étais proposée pour suppléer à garde enfants. finalement Ren. arrive également. Lui parle. malgré nos « différents graves » , les év. des derniers jours, les différentes réunions, m’ont montré que je peux dire ce que je pense, et des choses dures, sans en être autrement affectée – avec bcp de légèreté. f. dit que ce n’est pas vrai, que ça m’a empêché de dormir. peut-être mais sur le moment même, j’ai parlé, fort et clairement, et sans que mon cœur en batte le moins du monde la chamade. je remarque que j’aime ça, les discussions, que ça me plaît. Bien sûr l’enjeu est pour moi bien moins important que pour mon adversaire. L’enjeu peut être un jeu pour moi. j’ai pris conscience de ça.
j’arrive à destination, place de la République.
direction quai de Valmy, assise là

c’est donc moi qui vais chez le coiffeur aujourd’hui. sur un banc, assise face à canal, colle sparadrap sur « cloche » (c’est du belge) provoquée par ma noire sandale à talon haut à mon gros orteil gauche. mis les chaussures auxquelles j’aimerais que ma coiffure ressemble. ce sont des chaussures que je ne mets jamais. f. dit « des chaussures de femmes ».
Rêves incroyables de cette nuit – club sado-masochiste.
sommes allés hier à 3 voir speedracer !
maintenant il est 11 heures, j’ai déposé jules à la mde, je suis d’étrangement bonne humeur, j’ai passé de l’insecticide bio à base de pyrethre dans la salle et les deux chambres, cela me donne bonne conscience : je crains que nous n’ayons ramené des punaises de la mde. personne là-bas ne veut croire qu’il y en a. moi aussi, j’aimerais mieux ne pas y croire, mais franchement j’ai du mal. me suis beaucoup demandée ce week-end s’il valait mieux que jules n’y aille plus. les rv que j’ai aujourd’hui et demain ont tranché pour moi.
coiffeur pour moi aussi, samedi. coupe/couleur. j’étais ravie, les lieux sont magnifiques, de même que toutes les personnes qui y circulent. je ne sais à quoi ça tient. si : les coiffeuses. elles sont jolies comme j’aime. l’illusion d’être « sociable ». la lumière. et la satisfaction de l’avoir fait, d’être allée chez le coiffeur. en sortant me suis achetée dans un incroyable magasin un joli petit chemisier à carreaux bleus et manches courtes et bouffantes.
( il m’arrive de penser que si mon état dépressif s’améliorait, cela pourrait coûter cher ( je me sens presque prête à assouvir satisfaire mes désirs envies).)
le reste du temps, j’ai nettoyé et mis de l’ordre. f me dit qu’il faudrait que nous fassions l’effort de tout ranger au fur et à mesure. il aurait voulu que j’en convienne avec lui. je n’ai pas voulu. sans que je sache très bien pourquoi. mauvaise part de ma part? il me semble que je passe déjà beaucoup de temps à ca.
était-ce de cela qu’il s’agissait? ou seulement de lui reprocher de n’en faire pas assez, sans que ce soit la chose reprochée en elle-même qui compte, mais le reproche ? à penser de cette façon, à s’interroger de cette façon, on ne peut plus être sûr de rien. lui cherchais-je noise pour lui chercher noise, ou ai-je raison ?
je lui dis aussi que nous devrions moins nous inquiéter du désordre (et des traces qu’il appose du réel). lui me dit que c’est impossible. or il me semble qu’au désordre et à la saleté nous pourrions nous consacrer sans effort ( ce que je n’ai pas été loin de faire ce week-end, en dehors du cinéma, des soirées à lire au lit, des indispensables courses, des insomniaques pensées). et je pourrais croire que ce seraient des choses que nous nous imposerions de faire, faute d’arriver à mieux faire ou par besoin de penser que si nous ne faisons pas mieux, c’est que nous en sommes empêchés par un élément extérieur, ici désordre et saleté + l’autre qui ne met pas assez d’ordre ni ne nettoie suffisamment.
me suis-je fâchée ce week-end ? mais oui bien sûr, y aurait-il le moindre week-end sans que je ne me fâche ? mais quand ? vendredi soir. et je n’ai ensuite pas dormi de la nuit. frédéric s’obstinait à me demander, j’étais au lit, je lisais, lovecraft, si je préférais cécilia ou carla sarkosy. me dira-t-on qu’il y a peu de raison là de se fâcher, j’avoue ma propre perplexité. je passai ensuite la nuit à me demander s’il était opportun que nous nous séparions. c’est impossible. il faut que je me mette ça bien en tête. j’aurai essayé également de me dire qu’il faudrait probablement que je fasse un effort. je me serai posé beaucoup d’autres questions. et j’aurai été irritée par la rugosité de mon drap, quand je serai retournée au lit, surtout à l’endroit des gros orteils, ayant porté de très hautes sandales pour aller chez le coiffeur.
je suis certainement une emm…
- oh, les fesses chaudes !
[...]
- pourquoi, faut pas dire ça?
apéritif, amuse-gueule
j’apprécierais les images, certaines. certaines images. certaines images. lesquelles? un ton, une fluidité,
certaines qui touchent directement à mon histoire (ex : TRAIN)
d’autres où /et / partout beau le monde devient partout beau. n’importe quoi. tout. et le corps aussi deviendrait partout. aussi, si ça trouve. alors le monde vient / je suis couchée, je suis nue, sur le dos / se glisse sous les paupières, et je l’y rejoins. tu es là. tu viens.
l’après-coup des images. des vagues, j’accueille.
c’en est UNE des façons bien sûr. ça n’est pas LA. il y a le hasard

fait un mini album de photos avec celles prises l’autre nuit.
f. pas là, était à lyon. nous habitons au dessus d’un restaurant portugais. il faisait chaud, les fenêtres de la chambre étaient ouvertes. j’entendais les voix des clients sur le trottoir. je voulais les enregistrer, c’est pour ça que j’ai sorti l’appareil. j’aime assez leurs voix. rien ne dit que leurs dialogues ne valent pas ceux d’un film de manoël de oliveira.
j’ai remarqué que l’appareil prenait bien des photos dans le noir, me suis amusée de l’éclair rouge qu’il y envoie, craignant un peu qu’il me fasse repérer. j’ai en ai pris beaucoup, de chacune des fenêtres de l’appartement. testé toutes les fonctions de l’appareil.
après, je n’ai pas retrouvé les films que j’avais faits et ne savais que faire des photos prises. par hasard j’ai découvert une fonction dans dreamweaver qui fait des albums photos automatiquement (taille les photos, crée les pages.)
il faut que je retrouve les films (pour les voix).
(évidemment il y a trop de photos, beaucoup trop)