L'heure de nulle part

j’ai rêvé qu’un psychiatre me disait qu’il ne fallait surtout pas que je lise, que lire c’était mauvais pour moi.

j’étais d’abord venue le consulter pour quelqu’un d’autre. mais je revins ensuite lui parler  de moi. après m’avoir écouté, édifié, il me dit :  « ah, mais ne faudrait-il pas que  vous preniez des médicaments?!» je lui répondis que j’en prenais déjà. « ah bon.» alors, il ne pouvait plus rien faire pour moi. sauf ce conseil : ne pas lire. faire des choses plus « actives ». j’étais plutôt d’accord.
je le quittai, ma foi, résolue.

le réveil a sonné.

je peux hélas affirmer aujourd’hui que je n’ai, jusqu’à présent, cherché d’autre correspondant que celui qui pût m’offrir, en miroir une image – dont le corps fût de lettres.

ce qui m’est apparu à la lecture du texte de la sagna sur l’inhibition publié dans la cause freudienne dont j’ai récemment repris ici un extrait.

(ma jambe n’en devient pas belle pour autant.)

Some write for fortune,
Some write for fame,
I simply write to sign my name.

from « The Small Object »