L'heure de nulle part

novembre 2009

je vous donne ça, pour lire les autres blogs : READABILITY is a simple tool that makes reading on the Web more enjoyable by removing the clutter around what you’re reading.

Alfred Leslie - The Killing Landscape

la nuit dernière, j’ai rêvé que j’avais de grandes (très grandes) boucles d’oreilles

…  phrase de Lacan, p.682 des Ecrits : « … c’est comme objet a du désir, comme ce qu’il a été pour
l’Autre dans son érection de vivant, comme le wanted ou l’unwanted de sa
venue au monde, que le sujet est appelé à renaître pour savoir s’il veut ce
qu’il désire… »

[... ] « Le gnomon du psychanalyste ».
Voilà un homme qui ose poser le problème de ce que c’est que devenir
un analyste quand on est un homme ! Comment faire, quand on est un homme,
pour devenir une femme, puisque l’analyste a une position de femme ?
Lacan utilise le terme de gnomon p. 877 des Écrits.

Je rappelle dans quel contexte. La division du sujet est un point-noeud, dit Lacan. Elle se
noue à un manque – le manque du pénis de la mère. D’où le mathème que Lacan
propose : (-j) / $. Le pas-de-savoir $ est articulé au pas-de-pénis (-j).

Pas-de, Leonardo l’a fait remarquer, c’est non seulement le manque, mais
aussi le pas que l’on fait.

[... ]

(L’actrice américaine Robin Wright Penn, qui vient de se séparer de
Sean, a confié à un journaliste que le point d’appui (le gnomon, pourrait-on
dire) dont elle se sert pour composer les personnages variés qu’elle
joue, ce sont les chaussures. Qu’ils soient bien ou mal chaussés est
quelque chose de très important pour elle. « Faire chaussure », selon
l’expression de Lacan, elle s’y emploie, donc, car c’est ce qu’elle prend
particulièrement à cœur.)

[... ]

Une femme, dans l’auditoire, l’a
souligné
: « Trouver chaussure à son pied, c’est impossible. Il n’y a pas
d’accord possible entre la chaussure et le pied. »
Une faille, de lui, la
sépare, elle. Le chausse-pied, aussi habile soit-il, n’en peut mais.

Leonardo, cependant, l’a précisé – c’est une femme qui lui a permis
de faire le saut par dessus la faille, c’est-à-dire de quitter le fantasme
de continuité de la commune mesure, dans lequel le chausse-pied est captif.

Extraits du  Journal des Journées n° 57

///

Le mot Gnomon est un mot latin qui veut dire aiguille de cadran solaire, venant du grec Gnômôn qui désignait une règle ou ce qui sert de règle. Par dérivation un gnomon est le nom du plus simple cadran solaire : un bâton planté verticalement dans le sol, ou même encore plus simple : l’homme lui-même.

The gnomon is the triangular blade in this sundial

The gnomon is the part of a sundial that casts the shadow. Gnomon (γνώμων) is an ancient Greek word meaning « indicator », « one who discerns, » or « that which reveals. »

It has come to be used for a variety of purposes in mathematics and other fields.

… je lis « foirage vaginal »
au lieu de lire
« foirage vaccinal ».

Foirage vaccinal : la conséquence inéluctable des choix politiques et industriels de Roselyne Bachelot

Janvier : 13 20  27
Février : 3 10  17
Mars : 17  24  31
Avril : 7 14
Mai :  5 12 19 26
Juin : 2  9
Le lieu n’est pas encore fixé.

Théâtre Dejazet.
41, Boulevard du Temple – 75003 Paris (métro République).
14h00 – 15h30
Accueil à partir de 13h15.

« Cet engagement-là relève d’une décision politique, non pas de la politique du symptôme qui est la politique de l’autruche : avoir pris acte d’un réel, mais en même temps refuser d’en tirer les conséquences. Et, en particulier, croire qu’il y en a un, au moins un, qui le fera pour nous. La politique du symptôme – politique du pire parce que c’est celle du père – comporte la croyance à l’Autre : qu’il soit gentil ou méchant, détesté, ignoré ou aimé, est secondaire au regard du fait de le faire consister. L’affect – colère, tristesse, etc., naît en ce point-là où l’Autre se remet à exister. Le trop dont on pâtit – le pathos -, c’est le moment où au lieu de consentir à lâcher sur la jouissance, le sujet préfère faire consister l’Autre et se faire croire qu’il existe. Un nouveau tour est alors nécessaire pour cesser d’y croire, et retrouver la voie du partenaire inhumain - partenaire symptôme des uns et partenaire ravage des autres – plutôt que la voix d’un Autre qui intime l’ordre de jouir du silence de la pulsion de mort. »
Agnès Afflalo, Journal des Journées n° 58

fatigue infinie.

infinie fatigue.

essaie de me réeiller. vis raiment incoryablement en dehors du monde. hier u film de ruiz.généalogies d’un crime. aant-hier vu  film de bunuel, premier film de la période meicaine, oublié son titre, comédie musicale. commencé autre livre de ballard. un livre qu’il recommande de lire n’importe comment, en le prenant dans n’importe quel endroit. je ne sais pas d’où vient cette fatigue. l’automne? la ménopause ? je ais me faire un café.
 » [...] J’entrai dans son bureau, et elle s’intéressa à deux interprétations dans ma cure. A l’âge de 5 ans, un jeune homme qui était pour moi comme un père, mourut le mien venant d’émigrer en France.  Après l’enterrement, je m’accrochai à la statue d’un ange dans le cimetière, et refusai de partir. Pendant longtemps, dans une analyse précédente dont j’ai parlé au cours des Journées, cela avait été interprété comme la peur de la mort. Une scansion de Jacques-Alain Miller a inversé l’interprétation et fait apparaître le désir d’y rester ou plutôt sa jouissance, la pulsion de mort.  »

Francesca Biagi-Chai : Le voile soulevé – Journal des Journées n°60

toutes les heures twitteur
me parle

1 new tweet.

Big Ben big_ben_clock

BONG BONG 19 minutes ago from API

autruiche, vie chamboulée,

SNV80593SNV80592

je suis fatiguée. hello, c’est dix heures huit minutes, c’est lundi et je suis fatiguée. je ne sais pas si je vais donner un certain coup de fil ou pas. est-ce que je le fais, est-ce que je tente de vérifier, encore, la nature de mon lien à la psychanalyse, ce qu’il me reste à en faire. rien. quelque chose. est-ce que j’essaie de débusquer chez moi, encore, « le désir de savoir ». comment est-ce que je fais pour en finir vraiment avec l’idée de (ne pas) devenir psychanalyste. je dors? je continue comme je fais actuellement, je dors, je laisse passer le temps. j’attends. j’ai beaucoup attendu de la psychanalyse, j’ai cru que je lui devais de rester en vie, que je lui aurais dû d’être restée en vie. un psychanalyste, certain psychanalyste pourrait penser que j’aurais encore des choses à lui dire, que ça pourrait encore bouger. je pensais par exemple que la psychanalyse pourrait encore faire que je jouisse mieux. je veux dire sexuellement parlant. ou, quand je lis ce rapprochement entre pas-de-pénis et pas-de-savoir, je me dis, c’est ça, simplement, le savoir m’est resté inaccessible parce que je n’ai pas pu me faire à ça : pas-de-pénis. j’ai pourtant insisté. – à certains égards la psychanalyse ne se supporte pas elle-même. la psychanalyse est insupportable à la psychanalyse même. la psychanalyse est-elle une croyance? ai-je cru à la psychanalyse? la paychanalyse est pleine de promesses, m’a été pleine de promesses, et d’exigence, de promesses d’exigence. alors qu’il est possible qu’elle ne demande rien, que cette promesse-là, ultime, elle ne la tienne pas. et puis toutes les autres, bien sûr, qu’il suffise d’en passer par elle pour devenir une femme, pour, apprendre à supporter le désir et la jouissance. la psychanalyse n’est qu’une pratique. la théorie n’est pas ce que deleuze disait, la vie-même, non, la théorie est la théorie, la théorie, c’est le chant de la sirène psychanalyse. sirène psychanalyse. la psychanalyse n’est pas une femme à queue. de poisson fût-elle. j’aime le vertige. j’aime le gouffre. c’est que je me suis dit en lisant ces mots, à propos de la pulsion de mort, quels étaient-ils? j’ai pensé la pulsion de mort j’ai ça fort, la pulsion de mort, j’aime ça. le reste du temps je dors. ce que sait jacques-alain miller le dépasse en beaucoup d’endroits. poursuivre une analyse sans le transfert? sans ce que j’appelle la confiance? la confiance ? est-ce le transfert, a-ce été le transfert? « je pense que nous pouvons continuer ensemble et essayer de dépasser cette question de la confiance ». me dit-il. du moment où tu parles, il y a transfert. j’aime aussi le vertige des pleurs, ce qu’il en reste, après coup, le vertige de mes pleurs en analyse. je pourrais être analyste, s’il n’y avait pas toutes ces choses à mettre en place pour que cela se fasse, je pourrais. je pourrais, mais être dans l’école c’est ce que je ne pourrais absolument pas, absolument plus. miller sait des choses qu’il n’aurait pas dû savoir, qu’il ne peut savoir que de les avoir entendues sur le divan, qui sont contraires à ce qu’il est. puis il a conclu trop vite, mais on peut faire ça. je pense cependant que le pas-de-plus, à faire, dans la théorie, il ne pourra pas le faire. moi non plus. mais c’est bien quelque chose lié au XXIè siècle et à la longueur du temps. je voudrais simplement que les gens viennent chez moi, nous boirions des verres, je leur ferais à manger aussi, ça serait bon. f. hier faisait de la musique. hier j’ai eu dramatiquement envie de faire l’amour. on peut écrire un mot simplement parce qu’on en a envie. j’ai par contre confiance dans l’angoisse. plus que certains analystes.
je vais dormir, je vais re-regarder ce film de ruiz. je vais mettre le réveil à l’heure. je vais mettre de la crème sur mes paupières.
hm. sais vraiment pas quoi faire.
bon, vais m’acheter une pomme. faire sécher le linge.
« Un des coups imparables du rateur d’élite, c’est l’indécision. Il est à tenter souvent et aussi tôt que possible, car le dispositif analytique c’est comme la portée de chatons : il faut le noyer avant qu’il prospère… Dépression et indécision sont les deux mamelles du ratage. L’indécisepression ! C’est l’indécisepression qui permet de durer dans l’intenable. Pour tout faire rater, l’indécisepression n’est jamais à court d’inspiration.»
Extraits du livre de Bernard Cremniter, « Comment rater sa psychanalyse »
- hm, me reconnais tout à fait en rateuse d’élite  -

marre.

J.-A. Miller nous dit que « le passant de la doctrine classique (celle de la passe de la Proposition de 1967) est supposé témoigner d’un savoir, (…) alors que, à la fin de son enseignement, ce passant-là ne peut témoigner que d’une vérité menteuse. » (Cours du 21 janvier 09)

Deux modalités de la fin de l’analyse sont présentes dans l’enseignement de Lacan :

  1. « La passe classique », c’est celle qui pense l’inconscient comme savoir. A la fin de l’analyse, ce dont témoigne l’analysant, c’est d’un temps qui va du début à la fin de l’analyse comme clôture de l’expérience.
  2. « La passe du dernier enseignement de Lacan » porte sur l’inconscient, non plus comme savoir mais comme jouissance. « Lacan a d’abord cherché à enserrer cette jouissance dans l’objet a. Puis il a, dans le séminaire XX, introduit un espace amorphe, où il a mis un grand J, pour démentir qu’on puisse l’enfermer ainsi ».
    (Cours du 14 janvier 09)

D’un côté nous avons l’inconscient transférentiel, le sujet supposé savoir, la vérité et la structure de fiction qu’elle soutient.
De l’autre nous avons l’inconscient réel, la jouissance opaque, le sinthome, la satisfaction de la fin d’analyse. « La question est moins de savoir ce qui a été extrait de jouissance, ce qui a été extrait du fantasme, en termes d’effets de vérité, en termes de savoir, que de dire la satisfaction que j’ai réussi à extraire de mon mode de jouir. Car mon mode de jouir est ce qu’il est. » (Cours du 11 février 09).
A la certitude de la fin de l’analyse dans la passe classique, fait place la satisfaction.

Une question et une ouverture.

Que signifie cette satisfaction ? De quoi est-elle l’indice ? Qu’est-ce qui peut satisfaire l’analysant au point qu’il veuille témoigner de cet allègement, de l’irréductible de son mode de jouir qui aurait perdu pour lui sa valeur de prison ?
Il me semble que de tels témoignages, élucidant ce moment particulier où l’analyse conduit un analysant à extraire de sa jouissance, une telle satisfaction lui permettant de vivre avec son sinthome, nous n’en avons pas de savoir préalable. D’autre part, dès lors que cette satisfaction ne se démontre pas, il me semble que la fin de l’analyse n’est plus affaire de temps logique, mais de décision du sujet. La logique de la clôture de l’analyse n’est plus liée à l’expérience de la chute du Sujet Supposé Savoir, ni à la traversée du fantasme, elle est liée à « la nouvelle alliance que le sujet peut faire avec sa jouissance ». (Cours du 1° avril 09)

[...]

La procédure de la passe devrait être ce lieu où se travaillent ces questions de fins d’analyse. La question de la passe pourrait sérier ces sorties, tenter de repérer la place qu’occupe un sujet dans la responsabilité qu’il a de son analyse, du ratage que constitue le temps du déchiffrage. Il s’agirait alors de repérer la transmission qu’il peut faire de l’abord de son rapport à la jouissance, et de la façon dont il s’est distancié de son mode de jouir, des effets sur lui, de ce que Lacan a renommé comme cause du langage, la jouissance. Et de nouer ces temps de l’analyse qui ne sont pas opposables, mais au contraire, fixés par les signifiants de jouissance qui l’ont constitué comme parlêtre.

Journal des Journées n° 62, La passe n’est plus une, Hélène Bonnaud