L'heure de nulle part

/ j’ai encore parlé de moi / TOI, je voulais dire / TU / il me semble que ce que j’essaie de pointer ici, l’opprimant du discours, tu le rejettes en bloc / pour toi, il n’y a pas daniel arasse / je ne suis pas sûre qu’il y ait quiconque qui ait un nom, un nom connu, de ceux qui appartiennent à la culture, la culture classique, dominante. daniel arasse, ça ne fonctionne pas pour toi. là où moi j’ai mal supporté qu’on me dise de lui qu’il était un maître, pour toi, tout de suite, il ne saurait être rien d’autre. alors tu ne supportes pas. tu rejettes en bloc /oui, bon, arasse autre chose / arasse ou un autre / enfin / bon, d’accord / d’accord, ce que tu ne supportes pas, d’abord, c’est ce dont il parle, arasse / la Renaissance, par exemple / oui, oui, je sais, tu n’a rien contre daniel arasse / mais c’est simplement parce que moi j’aime daniel arasse et que tu m’aimes / sinon, il n’existerait pas / parce que pour toi la culture, ça commence à qq chose que tu apparentes, je crois à la “sous-culture”, à moins que ce ne soit à la “contre-culture”, à l’underground, tandis que pour moi, c’est plus classique, la culture.

/ tu vois. je trouve que nous avons des perceptions, des aperceptions semblables, mais des réactions et des raisons très différentes. ça n’a pas fait idéal, pour toi. à aucun moment. jamais. moi, je dois me battre contre ça. contre le fait qu’une certaine culture, un certain savoir, a fait idéal pour moi. et que cet idéal même l’ait maintenu hors de portée, toujours du fait de l’autre, toujours du fait du maître et que ce maître j’ai pu le désirer (cherche un maître qu’elle puisse dominer et fasse en sorte que le savoir reste dans l’Autre). alors que chez toi, pour toi, ce fait du maître, ça a été insupportable. dès le départ.

il doit y avoir moyen de le dire plus simplement. plus logiquement. mais je débroussaille. tu serais fondamentalement beaucoup plus anarchiste que moi. or, nos attitudes, à l’un et à l’autre, nous tiennent à une certaine distance de toute une série de choses dont je tiens cependant à ce que nous puissions les donner à notre enfant. parce que tout n’est pas à rejeter dans la culture, tout n’est pas à rejeter qui appartient au canon, à l’establishment. / et qu’à force de ne pas vouloir nous en laisser conter – ton “scepticisme”, mon hystérie, l’ambiance du moment – , nous n’ayons plus rien à nous conter nous-mêmes / du lien de la culture et de la parole /

etc.

Exposition personnelle – Galerie Kamel Mennour
du 18 mai au 30 juin 2006
72, rue Mazarine – 75006 Paris
"La Force de l’Art" – Grand Palais
du 9 mai au 25 juin 2006
Nef du Grand Palais – Porte principale, avenue Winston Churchill – Paris 8eme.
Djamel Tatah est représenté dans les espaces d’exposition d’Eric de Chassey et de Richard Leydier
"Natascha Ivanova et Djamel Tatah" – Galerie Jérôme Ladiray
du 12 mai au 7 juin 2006
Espace du Lieu dit – 87 rue Beauvoisine – 76000 Rouen
"Maud Haya Baviera, Valérie Jouve, Natasha Lesueur, Lucie Orta, Djamel Tatah"
du 19 mai au 10 juin 2006
Sylvester Works, Sylvester Street, Sheffield
England

djamel tatah non, je ne connais pas . c’est lui auquel se référait hier brice cauvin non je ne connais pas sur france culture qui parlait de son film, « de particulier à particulier », en disait que pour les décors avait choisi de s’inspirer des couleurs de djamel tatah .

tu as changé la couverture : http://pleine-peau.com.

http://www.fabricattic.com/fabric-3.htm

the things we write, like the walls in the streets we pass by, like the walls we pass through, silent

the machines, they go to fast for me

/ j’aurai commencé la journée avec des harengs sauce moutarde de chez Ikéa / j’aurai également commencé la journée avec une douche prise / j’aurai commencé la journée comme une vraie travailleuse / aujourd’hui, c’est 5 heures que je dois faire. j’ai dimanche fait mon planning du mois, c’est presque enthousiasmant : si ça marchait / je n’ai pas casé, nulle part, l’écriture. travail, uniquement travail, 5 heures par jour, week-end non-compris.

hier encore une fois, j’ai regardé la télévision. qu’on veuille tenir cet aveu pour un mea culpa. il y a eu alexandre le bienheureux, dont j’avais gardé un souvenir d’enfance assez joyeux qui a été déçu – légèrement.  on voit quelques minutes du film et du haut de toute son expérience, on sait à quoi on a affaire, on n’est pas libre de continuer à regarder ou pas.  en ce qui me concerne contrainte je suis de continuer à regarder des conneries. surtout des conneries. ensuite, un film de mocky, avec bourvil, un étrange citoyen, c’est ça? je ne sais plus.

maintenant, je dois travailler. (en vérité, je n’ai que 4 heures à faire, parce que hier, j’en ai fait 6, 6h 14, plus précisément).

je suis payée pour lire :

Cette différence, propre à Lacan, du symptôme et du sinthome, nous montre bien pourquoi nous avons aussi besoin de deux termes comme ceux de désir et de pulsion. Le désir a ses intermittences tandis que la pulsion a sa constance. Il y a du côté du désir tout un jeu de masques et il est incessamment travaillé par une négativité interne, si je puis m’exprimer ainsi, alors que, du côté de la pulsion, nous avons une positivité plus ou moins grande.

Du côté symptôme et vérité, tout repose sur le manque. Du côté sinthome et jouissance, il n’y a pas de manque.

Du côté du symptôme, c’est la répétition de la rencontre manquée, une répétition de l’évitement, tandis que du côté du sinthome, c’est la répétition de ce qui soutient le sujet dans l’être, et pourquoi tout lui est bon. Ce n’est qu’en termes économiques qu’on pourra ici parler de plus et de moins.

Le court-circuit consiste à s’apercevoir que le « il n’y a pas » fait problème dans la perspective du sinthome. Comment penser un « il n’y a pas » du côté qui est tout positivité ? Cette pensée du manque, qui ne répond pas au canon de la seconde perspective, en quelque sorte nécessite qu’on raisonne à la place sur le trou. Le court-circuit consiste à s’apercevoir que la première leçon des nœuds que trafiquait Lacan est de montrer, de donner figure à ce qu’un trou n’est pas un manque.

Conclusion des Leçons du sinthome (Journées ECF 2005), Jacques-Alain Miller

/ hello hello / ( je travaille beaucoup plus que 5 heures par jour/ après, je m’écroule /)

(du coup, le besoin la tentation du tout écrire, coucher sur ne se fait plus sentir

(je croyais que ça
me permettrait de me (re)mettre au travail, d’en finir, avec des trucs. j’en ai fini, mais pas de la façon dont je le croyais.
rien de terminé, emballé. alors considérer que d’une certaine façon, terminé ça l’est : dans la mesure où l’obsession m’en est passée. oui, je pourrais presque dire / je dirais / de ce que j’ai fait : ça m’suffit / rester dans la bribe : au moins ça : la bribe. la bribe et le vent. / ou garder le cap sur la prairie. la pairie. probablement, vaudrait-il la peine que je rejette des_coups_d’œil_en_arrière. me relise.

or ça, il faut que j’ajoute également : mon corps. il y a eu ce moment où je n’ai plus voulu pour lui – où ça s’est insinué en moi, ça m’a pris corps  -  qu’il passe des heures devant un écran. et je cherche en ce moment, le moyen, ma façon, qui me permette de travailler autrement. je parle de ce travail que je fais « pour moi » – les trucs que j’essaie ici, en écrivant. je voudrais / chercherais / qu’il se construise ailleurs que dans du virtuel – c’est peut-être juste une question d’état d’esprit, à modifier. oui, c’est important, ça, ce refus qui s’est fait, en moi. un désir de concrétude. comme si l’écran n’y suffisait pas. non pas comme si : parce que l’écran ne me suffit plus. (d’où, ce que j’y fais en ce moment : le minimum, me suffit).

peur d’être trop inconsciente vraiment trop inconsciente et alors quoi il n’y aurait pas moyen d’en savoir plus / ils aiment et ils ne savent pas qu’ils aiment ils détestent et ils ne savent pas qu’ils détestent ils désirent et ils ne savent pas qu’ils désirent ils jouissent et ils ne savent pas qu’ils jouissent.

croyez que je n’y crois plus, à ce que je fais, ici. ce blog. (ça ne me fait plusvibrer).

dans mes liens, j’ai rajouté un lien sur jiveziplak, parce qu’elle
c’est elle, c’est ce site, qui m’avait fait reprendre un blog.

avant ça, l’autre qui m’avait fait rêver d’en prendre un, quelle perturbation, à ce moment-là, ç’avait été, comment s’appelle-t-elle déjà, virginie despentes. virgine despentes, écrivain, avait ouvert un blog. je m’attendais à ce qu’elle y parle de ce qui m’avait dérangée dans ses écrits, non. à cette époque-là, j’étais très sensible à ce que les femmes écrivaient pouvaient écrire de leur sexualité. à ce moment-là, ça me dérangeait terriblement, dans ma propre vie amoureuse, cette idée de n’être pas comme elles. j’aurais voulu  chercher tracer pointer ce qui d’elle_à elle_à elle aurait pu faire lien, j’aurais voulu qu’elles, qu’elles toutes m’en disent plus, et que je m’y retrouve. ne pas m’y retrouver alors que je croyais en ce qu’elles disaient c’était l’infinie perturbation. je me souviens d’une image qu’elle avait publié sur son blog, v. despentes, qui est venue m’encombrer au moment des gestes les plus. ensuite, à force d’être perturbée, le temps, l’écriture, les cris, les pleurs, les angoisses, les explications, l’analyse, j’aurai compris que la norme qu’il m’aurait plu d’établir, la norme de la sexualité féminine, il n’y en n’avait pas. compris, renoncé. bah bah bah. (malgré que toujours je n’aime pas déteste continue de détester la pornographie, et probablement qu’au travers de cette détestation je continue d’aimer à ce que je crois, continue de croire, de la sexualité féminine.) (à cette époque, j’étais très grands chevaux sur ces choses, très bataille, guerroyère, avec la tête secouée et la main portée à la bouche puis sur le coeur.)

un homme, psychanalyste, hervé castanet, a sorti un livre, que je n’ai pas lu mais qui s’intitule : « Un monde sans réel ». eh bien, ce matin, il m’est apparu, que si c’est vrai, si c’est comme ça, non, je n’en veux pas. on fait comment pour aller vers le réel?

il y avait eu un grand croire à la jouissance féminine. eh bien, la jouissance féminine n’est pas ce qu’on croit.

parfois, j’oublie, que j’ai un enfant

Trop de rêves ces jours-ci, alors que vient mercredi peut-être de ma dernière séance, et cette nuit, quel cauchemar, au point que je ne sache si je peux le raconter ici.

L’événement lacan

J’arrive quelque part pour un événement autour de Lacan, grand événement. Salle. Attente. Spectateurs, attendent. Je suis dans le fond de la salle, du côté des grandes portes en bois, blanches à moulure dorées. Je remarque que les premiers rangs sont occupés par des chemises blanches. Certaines pas si blanches que d’autres, mais blanches quand même. Je trouve ça un peu ridicule, étrange, qu’ils soient tous comme ça en uniforme, les psychanalystes. Je pense que je distingue mon propre ex-analyste, chemise blanche. Et puis aussi, comment s’appelait-il, ah oui, JC, Jean Claude, chemise blanche.

Peu de monde. Trouve facilement à m’asseoir, mais décidément, il est trop tôt. Me relève, vais faire un tour. Le monde commence à affluer. On me pique ma place (!). Je me dis qu’il faut que je m’en retrouve une. J’en repère une entre deux psychanalystes. J’hésite un peu, j’y vais. Celui à ma gauche tient un bébé dans les bras, très petit. 4 mois, me dit-il quand je l’interroge. Je lui dis « Ah ! 4 mois, c’est drôle, à ce moment-là, le temps paraît infini, on ne sait pas du tout ce qu’il y a devant, dans quoi on est« . Je dis ça en pensant à Jules, aux sentiments que j’éprouvais quand il est arrivé, au début, y a pas si longtemps et dont je me rends compte que je n’arrive plus à dire grand chose. C’était relativement dur, par certains côtés, et oui, j’aurais bien aimé qu’on me dise combien de temps ça allait durer, comme ça. Ces trucs si compliqués avec le sein à donner – le lait qui venait, se tarissait – , plus tard tout le travail avec les biberons. La proximité constante dans laquelle il fallait rester avec lui, qui ne dormait jamais le jour, dont le trop petit poids alarmait les soignants. Vraiment, à ce moment-là, on ne sait pas dans quoi on est. M’aurait-on dit, ça va se clarifier à partir du neuvième, dixième mois, j’en aurais été rassurée. Lui, le psychanalyste, me répond de façon très antipathique. Genre « Ah oui. » Genre, je n’en ai rien à foutre. Ca m’est insupportable, je me lève, m’en vais. Ça n’a toujours pas commencé. Découvre ce qui retarde. Dans la salle, sur la droite, espace s’agrandit, devient énorme, quelque chose n’a pas été démonté, je crois. C’est la foire, en fait, on est dans quelque chose de l’ordre de la foire commerciale.

Au réveil, je me dis qu’est-ce que c’est que ce rêve. Je pense que je dois le noter, l’analyser. Puisqu’il a été question, lors de mon dernier rendez-vous que le prochain pourrait être le dernier. Je me dis, alors c’est comme ça que je les vois/voyais les psychanalystes. C’est l’uniforme surtout, les chemises blanches, l’identification, à Lacan, qui me frappe. Ou est-ce que j’en suis par rapport à ça ? Et puis, la foire, le commerce, ça m’est très étranger, me semble-t-il, cette éventuelle façon de voir le monde analytique, le monde des écoles analytiques.

Jules ébouillanté

Voilà, entre-temps j’ai oublié le cauchemar de cette nuit. Je crois que Jules était plongé, vivant, dans une casserole d’un liquide bouillant. Comme c’était trop atroce, « ça » essayait de faire croire qu’il ne s’agissait pas de Jules, mais d’un légume. Or, le légume criait (un fagot de haricots?) Je disais, mais il crie. Oui, oui, il crie, me répondait son père. Ses peaux tombaient, des feuilles se détachaient, s’envolaient. J’étais là avec son père, et c’était nous qui le faisions. Et c’était trop tard, pour revenir en arrière.

L’événement lacan

à vrai dire, l’arrivée d’1 enfant, ça constitue un événement autrement plus que n’importe quel « événement lacan« .

à la naissance de jules, j’ai dit que ça, la naissance, le moment de la naissance, quand il est sorti de moi, avait constitué le plus gros événement que mon corps ait connu. le plus important événement de corps.

après, je me suis dit que j’avais été débile d’avoir dit ça. repensant à la définition du symptôme par Lacan comme « d’1 événement de corps ».

l’événement naissance  – on se trouve alors dans quelque chose à quoi ne convient, auquel n’accoler aucune chemise blanche aucun uniforme, ni uniforme ni porte – c’est hors identification, hors signifiant (sauf qu’il doit certainement être là pour soutenir, sinon, ça serait insupportable).

chemise blanche (tu en portais une vendredi) ou porte blanche (les grandes portes blanches de l’entrée de « l’événement », à moulures dorées, très XVII°), les chemises de l’identification, les chemises du signifiant,  la porte, par excellence « représentante » du signifiant. les chemises de l’identification de masse aussi (ex: chemises brunes), les chemises de guerre (événement).

l’événement naissance, si c’est une entrée, si c’est un avènement, c’est l’avènement d’avant la chemise, ça vous arrive, c’est sans comparaison, et ça arrive au corps, au corps d’abord.

les chemises les portes, elles sont blanches, blanches du sang blanc, du semblant.

Jules ébouillanté

la dernière fois que j’ai rêvé d’un « fagot », c’était il y a très très très longtemps, mon père toujours vivant, je lui avais raconté, c’était au moment des événements de timisoara, le nom me revient /

bien, on dira, par rapport à ça, timisiora, qu’on tient là un des souvenirs latents du rêve, puisque vendredi, l’avant-veille du rêve,  ici même est venue M. et M. pour moi c’est aussi la roumanie. ça s’était donc avant-hier.

et hier, allongée, fatiguée, je lis le magazine PATATE dont la couverture rose, avec son enfant qui porte un uniforme des camps dits de la mort, m’impressionne, me poursuit en pensée-image, me revient en pensée-image, tout au long de ma lecture. et vers la fin du magasine, il y a deux trois pages qui m’enthousiasment, des images, photos, des murs de l’appartement de pascal doury;  je ne pense pas grand chose : « papier peint », l’image de la couverture, les couleurs, et puis ce sentiment d’un possible. dans le magazine, il y a aussi, tellement étrange, poignant, le journal tenu d’un vieil homme de ce qu’il a mangé ou pas, ses argents, toilettes, par une/les aide(s)-soignante(s), et sa/ses enfant(s).

voilà donc, ça, c’est pour les souvenirs de la veille. le rapport? en tout cas celui de l’enfant à uniforme des camps de la mort. en tous cas celui des charniers.

bon, « fagot« . puisque ça part de là,  le « fagot de haricots ». jules en « fagot de haricots », ébouillanté. je ne me souviens plus exactement du rêve fait donc au moment des événements de de timisoara. je lance une recherche sur mon ordinateur. mais je ne suis pas sûre que le terme était bien « fagot ». je repars à partir de « fascisme », « fascisme », le terme, ça vient de où, encore? faisceau. non, c’est pas ça. il s’agit de brindilles ramassées liées. comment on appelle ça? « fagot ».

je trouve une définition du « fascisme »:

(sc se prononce ch ou ss) n. m. XXe siècle. Emprunté de l’italien fascismo, de même sens, dérivé de fascio, « faisceau », du latin fascis, « fagot, faisceau ». 1. HIST. Nom donné à un mouvement politique italien fondé en 1919 par Benito Mussolini, et dont l’emblème était le faisceau des licteurs romains ; doctrine sur laquelle s’appuyait ce mouvement ; régime politique de l’État italien de 1922 à 1943. 2. POLIT. Doctrine ou régime politique d’inspiration totalitaire et nationaliste, comparable au fascisme italien ou qui s’en inspire. Le fascisme espagnol, portugais, hongrois.

et puis aussi:

Le mot fascisme vient des groupes appelés fasci (faisceaux) qui eux mêmes désignaient les faisceaux des licteurs dans l’ancienne Rome. Ces insignes étaient formés de baguettes autour d’une hache.

et encore:

« Fascisme » vient de l’italien fascio « faisceau de licteurs romains ». Les licteurs romains dans l’Antiquité étaient des officiers publics qui marchaient devant les grands magistrats en portant une hache placée dans un faisceau de verges

donc, voilà, je retrouve le rêve, je le retrouve sur ma machine :

 Je me promène dans une maison, je parle avec quelqu’un.

« On » m’injecte du sang N. On me vide de mon sang et on me transfuse du sang N. Quand je suis pleine de sang N, je suis toute de N, je vais sur la terrasse, c’est la nuit, tout est N. Je suis aussi N que la nuit, puisque je suis aussi N que la nuit, je passe la balustrade, je vais me coucher dans le N. Mais je tombe. Je suis morte.

Après ma mort, on découvre un scandale, un scandale comme la découverte d’un charnier. Je vois, l’on découvre, dessus les armoires dont je m’amusais à sauter quand j’étais petite, des fagots, des liasses liées de chambres à air vides, mortes – ce sont des restes de N. »

Pendant tout le rêve, je sais que le N est là pour Noir. C’est du sang Noir qu’on m’injecte; et les fagots de chambres à air, ce sont des restes de noirs, tués, génocidés.

Le sang noir opposé au sang blanc. Je le sais. Quelques jours auparavant, cette conversation. « Black and White » lui avais-je dit, à quoi il avait doucement souri. Et la veille, la nuit, Blanchot, « L’ami qui ne m’accompagnait pas », endormie possédée par cet « ami qui ne m’accompagnait pas ». La nuit a voulu l’N, le jour devait choisir le blanc.
Le sang noir opposé au semblant, je le sais. Il s’emplit le corps du chiffre de la jouissance, je meurs, si je le laisse, si je me laisse inonder, alors, je meurs, sang N dans le sang N. Il faut choisir. Il faut accepter le sang blanc. Ne pas mourir N.

enfin, comment le dire, que vivre, rentrer dans la vie, c’est un peu, rentrer dans le camp de la mort.

c’est ce que je ressens. et que ce camp de la mort, l’uniforme, pardon, je demande là qu’on prenne la distance qu’il me semble que l’on peut prendre, je demande que l’on voit les choses du point de vue où l’inconscient ne se gêne pas lui pour les voir, je ne veux pas ici « manquer à la mémoire des camps », mais il est un endroit, où, du point de vue actuel, de mon point de vue actuel, rentrer dans les camps, c’est aussi rentrer dans la vie. pardon. métaphoriquement, il y a un endroit où « ça s’est inversé ». (c’est compliqué, pas clair, « ça s’est inversé », les camps, c’est devenu la vie, le sang noir, c’est devenu le sang blanc.) ce que l’inconscient ne peut appréhender il ne peut appréhender, il le réinvente.

durant ses derniers mois, mon père, entre la vie et la mort, je ne vais pas m’étendre, mais il pensait que nous étions juifs. quand je dis entre la vie et la mort, ça veut dire, aux moments où il sortait de ses comas. c’était une période où il n’y avait pas moyen de savoir s’il allait mourir ou pas.

que la vie est du côté du signifiant, même si c’est le camp de la mort, que la vie est du côté de l’identification, de l’uniforme.

je parle de la naissance, ici, de jules, je dis, événement en soi hors signifiant. oui, mais, j’ajoute, s’il n’y avait pas eu le discours les discours, de longues dates, ça aurait été insupportable.

s’agissant de jules. jules pleure. est un enfant pleure crie. n’a pas encore beaucoup d’autre termes moyens d’expressions.

il y a un endroit chez moi où ça nous a pensé « tous juifs ».

bon, j’arrête, c’est trop compliqué, il faut y revenir, mais c’est trop compliqué.

pleurs d’un enfant. l’inquiétude. dans le rêve, j’observe : mais ça lui fait mal. oui oui. et des feuilles s’échappent de lui. vous l’aurez noté, ça. des feuilles. quelque chose va, se feuilletant. s’envole. se « dé-livre » – ce « délivre » en quoi consiste aussi le reste de placenta, délivré, expulsé après la naissance. est-ce que le corps est la victime, oui. ça doit être ce que je ressens.

le paradoxe. ce qui essaie de se penser dans ce « tous juifs », c’est à la fois, la lachose, le reste, le déchet, cela qui ne rentre pas dans l’ordre du signifiant, le réel. à quoi les nazis ont essayé de ramener les juifs. les bouter hors du signifiant. qu’ils n’aient jamais ex-sisté. enfin, cette chose, ce reste, lequel d’entre nous n’en n’est ? ça n’est pas la même chose d’en être passé par et, mais, pourquoi dans l’inconscient ce qui du corps pâtit du signifiant, ne s’identifierait pas à ça, ces victimes-là ? pourquoi le drame du « parlêtre » ne trouverait pas son conte là ? et à la fois le signifiant, le semblant, le sang blanc opposé au sang n, c’est la vie.

suffit.

l’événement là-camp.

- le camp scientifique des travailleurs,  suivi de l’esthétique  jouet : PATATE, patate jules, l’enfant en uniforme, le rose – j’ai oublié de parler des jouets.

bon voilà, maintenant je suis devenue un peu plus morte.

tout de même, y a rien de plus éloigné de l’identification qu’un analyste, alors?

/ de la nuit again / il y a l’urgence, il y a mercredi, bientôt /
peu de souvenirs , pas un cauchemar en tous cas. un truc affairé, ce que j’en écris déjà ré- inventé:

immense bateau immense peut-être cargo
il avance il doit faire demi-tour (il le doit vraiment, c’est probablement une question de vie ou de mort, une question cruciale)
il fait demi-tour une première fois manœuvres gigantesques
en fait, état de guerre, désordre total, insurrections, je ne trouve pas le mot. guerre n’est pas le mot. guerre civile, guerilla, guerilla urbaine. feux, saccages, rues,
demi-tour avorté,
repart sur route première
des jeunes, comment est-ce qu’on les a appelés, pendant les « événements récents en france », canaille? racaille? non, je ne sais plus. canaille, c’est une terme pour moi devenu lacanien qui ne peut pas du tout désigner ces personnes. enfin, eux dont j’oublie le mot qui les a désignés qui les désignent, essaient de me fourguer vendre, sommes dans salle de machine – avez-vous vu récemment à la télévision le film, c’est ça, un bateau coulait, nombreuses personnes enfermées, allaient essayer de s’en sortir, circulaient dans le bateau, rencontraient partout où ils allaient mort et désolation, le bateau était renversé -, les jeunes donc essaient de me vendre des fringues de magasins qu’ils en ont profité pour piller. je leur réponds vêtement par vêtement, très calmement, décide de prendre leurs offres au sérieux, fais comme si aurais pu être intéressée si ça m’avait convenu et rejette un à un tous les vêtements. à la fin, leur explique, à ceux qui sont restés avec moi, le dramatique de la situation, mais, je ne me souviens plus de quoi il s’agit, de quelque chose de vraiment grave, qu’ils ne savaient pas. s’en vont, savent. je remonte. tout est désert. le bateau fait demi-tour, demi-tour immense, manoeuvre immense. je suis furieuse. folle furieuse. seule et folle furieuse. je ne sais pas qui comment quoi a décidé de ça, comment ça s’est fait. je veux arrêter ça. ce n’est pas du tout que je sois contre le demi-tour, mais pas de cette façon. pas que ça se fasse et que ça soit décidé par d’obscurs dirigeants que je décide de débusquer. je devine où ils se cachent, probablement. ils sont dans les machines, et les machines sont disposées en profondeur, cachées, en demi-cercle autour de moi. je suis au centre d’une immense plate-forme ronde, déserte, au bord de laquelle, dans un demi-cercle, accrochés au bord, dans des cabines (blanches et bleues), sont donc cachés « les maîtres » (c’est-à-dire ceux qui ont ordonnés en secret, secrètement, sans en rien dire à personne), que je dois débusquer.
l’image en fait c’est celle de « l’agrafe du nom-du-père » ou bien plutôt « l’agrafe du sinthome » (ce truc greffé, qui fait tenir les bords ensemble).

voilà, c’est tout,

bon, je n’ai pas encore trouvé sur internet d’image de l’agrafe par le sinthome
mais:

L’œuvre (de Joyce) avait-elle besoin d’être publiée ? Pas nécessairement. Le sinthome oui, le nécessitait. Que Joyce ait voulu sa publication, c’est une question qui a pu rendre perplexe Lacan. Dès lors, elle est une agrafe ( elle fait le quatrième) qui épingle le symptôme comme social, lui laissant enfin une entrée. C’est ce que Joyce appelle son tour de farce. Son dire magistral est plutôt pour Lacan tour d’écrou qui libère et serre en ses tours la réserve, montrant ainsi qu’un nouage est possible sans père, à cette condition bien sûr de s’en être chargé. A la force du dénouage et renouage, le sinthome (écrivons-le de sa dernière écriture), élève la condition d’artiste à ce paradigme: se faire fils nécessaire.
« LOM du XXI siècle », MH Roch

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chevalier
monte avec le petit, je m’occupe des courses, j’ai mangé des épinards
oh mon amour

en voilà une d’image l agrafe par le sinthome – dans mon rêve donc, je m’y situe, dernière scène, selon celle-là d’image, au coeur ici du rond R, tandis que les « dirigeants », ceux à l’a-ttaque/ssaut – charge desquels je vais partir, ceux qui sont à l’origine du mouvement de retour, mais qu’ils ont lancé de façon absolument anti-démocratique, à tout le moins sans s’en être concerté avec moi, sont dissimulés dans les cabines (bleues et blanches) du sinthome.

[à part ça je ferais mieux, d'y aller, et de m'y rompre, à ces fichus nœuds]