mercredi 1 mars 2006 @ 10h53

journal

quelques jours partis, dans un autre pays.

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samedi 4 mars 2006 @ 12h16

se faire livre (1)

la propension, celle de tout écrire, faire livre / la mise en page, fait l’ivre

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samedi 4 mars 2006 @ 12h39

se faire livre (2)

cette histoire de brouillon (v. jp balpe sur to-be-or), c’est comme une damnation, d’écriture perpétuellement en train de se faire. se faire livre / se faire lire, ça n’est pas la même chose. se faire livre est une façon de se faire lire. mais se faire livre délire sur la chair. délire, ment. jouit, s’enivre, livre; or celle de chair paiera / dans son coin, seule / ou ne paiera rien du tout ou ne paiera rien du tout / or celle de chair livre paiera. / point final. / barre

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samedi 4 mars 2006 @ 12h51

se faire livre (3)

je m’ents-livre (le péché de non-chair, mon père). l’amise en page / en image

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samedi 4 mars 2006 @ 13h28

se faire livre (4)

Chère, Cher,
Dès que je vois ce que je fais, cela devient insuportable
Bien à vous,
V.

NB: Il va falloir que je me résolve à écrire les yeux-bandés – je ne vois pas d’autre solution

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samedi 4 mars 2006 @ 13h48

se faire livre (5)

alors, ça serait plutôt la damnation de l’écran.

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dimanche 5 mars 2006 @ 12h01

El hogar de los Españoles

Bonjour, j’ai découvert, tu veux bien, me raconter, tu veux bien, une histoire? Voilà. Ah! Je savais bien qu’elle te plairait, je savais bien qu’elle te plairait,

Mail de C.Z.
J’ai découvert l’endroit le plus incroyable au monde, un ancien cinéma des années 30, presque intact, dont le hall est devenu une sorte de cantine avec tables en formica, squattés par des retraités Espagnols, et tenez-vous bien, une église désafectée de la même époque, squattée par ces mêmes retraités, je dis squattés, pour aller vite, mais ça leur appartient, quelques photos suivent, ( avec les fauteuils en bois d’époque) je pense qu’il faut en faire un film, ça vous intéresserait pas ?
Posté par Christophe Atabekian | 01 novembre 2005 13:52:08 | Commentaires (0)

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dimanche 5 mars 2006 @ 14h05

voir / être vu . lire / être lu . voir / se faire voir . lire / se faire lire

Souvenirs du Séminaire XI, Les 4 concepts fondamentaux de la psychanalyse – Questions sur la pulsion, son éthique.

De ce séminaire, XI, lu il y a probablement 10 ans, je me souviens d’une phrase qui ressemble à ceci : Il est nouveau qu’un sujet soit là. Après que la pulsion ait fait son tour, son tour de l’objet, advient un nouveau sujet.

Sur base donc de mes seuls souvenirs, je me demande : de quel sujet s’agit-il? Quel est donc ce sujet que la pulsion, son mouvement d’aller et retour, d’entour, autour de l’objet – que Freud observe à partir de voir/se faire voir – non, cette formule-là est de Lacan : voir/être vu, telle est la formulation de Freud. Le se faire voir est de Lacan. Met le doigt sur le travail dont la pulsion prend la charge. La passivité de l’être vu de Freud prise en charge par un sujet qu’il est nouveau de voir apparaître.

entour objet pulsion de voir

Que le voir l’Autre implique d’alors avoir à être vu en retour de lui. Et que dans ce mouvement de rétorsion, le tour se fait de l’objet – en l’occurrence, dans la pulsion scopique, de l’objet regard.

Mon idée donc, mon idée autrefois, lorsque je lisais ce Séminaire, XI, c’était que l’éthique de la pulsion s’attachait, tenait à ce second temps, ce mouvement de retour de la pulsion, depuis l’Autre vers le sujet, terminant de circonscrire l’objet.

(On aura toujours tendance à chercher l’éthique, ou plutôt j’aurai toujours tendance à chercher l’éthique, du côté du devoir , ici, « devoir se faire voir en retour ». Mais enfin bon, on n’en jamais loin, de là : chercher à savoir ce qu’il faut faire. On verra si de cette contrainte du devoir on peut se passer pour définir une éthique. Or ça, d’ores et déjà, on observera qu’il n’y a pas de décision prise dans la pulsion, elle ne doit pas, elle veut. En quoi, elle sera éventuellement empêchée. Ou forcée à des détours. C’est moi, qui crois de mon devoir de la rendre au parcours sans détour de son supposé-initial vœu/désir/volonté.)

Et ce, dans la mesure même ou c’est ce second mouvement que me paraissait difficile – et que l’éthique devait forcément tenir à ce qui me semblait hors de portée :

Oui :
Je voyais
Mais je supportais assez mal d’être vue en retour.
Oui : je lisais
Mais je supportais mal d’être lue en retour
Oui : j’entendais
Mais je supportais mal d’être entendue en retour

(Evidemment cette observation, je trouvais plus difficile à la faire appliquer au chier/se faire chier que donne également en exemple Lacan quand il parle du « se faire » de la pulsion. )

voir // être vu / se faire voir
lire // être lu / se faire lire
parler // être parlé / se faire parler
écrire // être écrit / se faire écrire

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dimanche 5 mars 2006 @ 15h55

pulsion / faire et se faire

alors, le « se faire »* de la pulsion, son mouvement naturel. et pouvoir en finir avec le devoir (et ses listes à rallonges.

tandis que par ailleurs, aussi je me dis « si voir alors faire voir ». si je vois, alors /devoir/ faire voir.

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dimanche 5 mars 2006 @ 16h47

noir sur blanc, pensées en italique :: le pas sur le tout

Lacan formules sexuation dans Encore

Vie étirée entre l’écran du jour et l’écran du soir et tous les deux sont très petits. Il est de ma nature d’être enfermée. Note sur l’angoisse de l’orgasme. Petite note sur l’adhérence à ce fantasme selon lequel il faut signifier à l’autre, au partenaire amoureux, qu’il y a à redire à son désir. Je ne trouve pas le mode du mien dans la mesure où je ne le supporterais calqué sur aucun (pas tout x phi de x :: je privilégie le pas sur le tout). Et puis il y a l’insupportable qui  consisterait à consentir à son désir, de l’autre, à dire oui à son mode, sa modalité. Ce mode, cette modalité, mienne également cependant (il n’existe pas de x tel que non-phi de x). Enfin, toujours: rester l’Autre. Je t’aime. C’était, l’émission des pensées du matin. Et pourtant, tout cela est faux. Et pourtant, tout cela est faux. Le monde tourne.

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dimanche 5 mars 2006 @ 20h48

des noms et des noms propres

C’est que les noms m’importent. Ils m’importent en particulier à propos des Juifs. A la différence de millions de gens sur la surface de la Terre, je ne crois pas que les Juifs soient une race; je ne crois même pas que par des voies culturelles, ils aient acquis des caractères qui les feraient se ressembler entre eux (au sens où nous disons, en conversation, que les Français sont ceci, les Allemands sont cela, etc). Les Juifs, c’est un nom.
[…]
Soit donc la proposition : le propre de la politique issue de la Révolution française, c’est de ne pas poser la question des noms.
[…]
le nom de Juif est d’abord un nom proféré en première personne;
[…]
La plupart des noms d’une langue sont des noms de 3e personne. Ils se reconnaissent à ceci qu’ils peuvent s’employer de manière prédicative, dans la mesure exacte où ils s’analysent comme un paquet de prédicats. En revanche, insulter quelqu’un, le traiter de salaud, ce n’est pas lui attribuer un prédicat, ce n’est même pas le faire entrer dans une classe : les salauds sont ceux qu’on traite de salauds (où l’on retrouve Sartre); la circularité est ici structurante. La phrase apparemment prédicative « Untel est un salaud »n’est pas vraiment prédicative; elle est la transposition en 3e personne d’une insulte de 2e personne. Quant à l’aveu « Je suis un salaud », il intériorise une insulte, qu’elle ait été proférée ou pas.
En tant que Juif est un nom de personne, les Juifs sont ceux qui disent d’eux-mêmes « je suis Juif ». Mais ce propos, là encore, n’est qu’apparemment prédicatif. Le pseudo-prédicat est une réitération du sujet. C’est une manière de dire « je ». On est plus près de la proclamation performative, au sens de Benveniste, que du jugement d’attribution. L’insulte de 2e personne, « sale Juif », vient en second temps; c’est de fait une convocation requérant le sujet de dire de lui-même « je suis Juif », mais non pas sur le mode de la proclamation performative; bien plutôt sur le mode de l’aveu. La phrase de 3e personne « Untel est Juif » est transposition d’un énoncé de 1e personne ou de 2e personne, suivant les circonstances.
[…]
Si profondément que je m’inscrive en 1e personne dans mon nom propre, ce nom m’a été donné.

Réflexions sur une lecture. Seconde partie Théorie du nom juif par Jean-Claude Milner

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mercredi 8 mars 2006 @ 14h52

voir / être vu . lire / être lu . voir / se faire voir . lire / se faire lire (2)

DELiRES (suite)

voir // être vu / se faire voir voir, je fais // être vue / me faire voir : à la condition d’avoir rejoint une certaine image (impossible)
lire // être lu / se faire lire lire, je fais // être lue, je suis, par moi-même, en analyse / me faire lire, par l’autre, je ne fais pas (ou je commence à le faire ici, ou je l’ai fait en analyse)
écrire // être écrit / se faire écrire écrire : parfois je fais //être écrite, je suis / me faire écrire, que l’on m’écrive : cela m’arrive
parler // être parlé / se faire parler parler : je ne fais pas // être parlée, que je sois parole de l’Autre ou que l’on me parle : oui / me faire parler, je fais, en analyse – et puis tout ce que j’entreprends ici, en fait, l’effort actuel.

Cependant que l’on observe déjà, ici, que c’est toujours l’un où l’autre des deux mouvements qui est privilégié, au détriment de l’autre.

les demi-tours d
le tour complet

Or, on n’a jamais entendu parler de demi-tour, de tour à moitié fait de la pulsion. De demi-tour et retour sur ses propres pas (essence de la répétition), plutôt que de retour qui emprunte un nouveau chemin qui contourne l’objet (dans l’autre sens, par un autre bord). A l’époque, pour m’expliquer ces demi-tours, je pensais que c’était le fantasme qui coinçait, qui détournait/kidnappait la pulsion. Et ça n’est pas loin de se voir, sur ces deux schémas : l’arrêt, le moment d’arrêt, de retour, c’est au niveau de l’Autre qu’il se fait. Plutôt que de revenir sur le sujet avec ce qu’elle a pêché dans l’Autre, la pulsion revient sur elle-même, on sera tenté de dire : laissant l’Autre, le grand Autre intact. Comme si, c’était d’en passer par lui, qui le barrait. Et que ni l’A (le grand) ni l’a (le petit) ne soient plus le même, une fois le tour accompli.

(la suite plus tard : j’ai égaré le carnet où j’avais pris ces notes…)

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lundi 13 mars 2006 @ 10h53

de la pulsion donc, le nouveau sujet

Avant que de poursuivre, j’ai retrouvé la citation dont je suis partie mais dont je n’étais pas plus sûre que ça, à propos du « nouveau sujet » qui advient une fois le tour accompli de la pulsion – et ce malgré que je ne sois pas sûre que ce soit le temps pour moi d’être exacte dans mes citations, que je ne sois pas loin ici de raconter un rêve et que mon souvenir, ce que je peux en dire, compte davantage que ce qu’il en est à l’origine.

Freud nous introduit maintenant à la pulsion par une voie des plus traditionnelles, faisant usage à tout moment des ressources de la langue, et n’hésitant pas à se fonder sur quelque chose qui n’appartient qu’à certains systèmes linguistiques, les trois voies, active, passive et réfléchie. Mais ce n’est qu’une enveloppe. Nous devons voir qu’autre chose est cette réversion signifiante, autre chose ce qu’il en habille. Ce qui est fondamental, au niveau de chaque pulsion, c’est l’aller et retour où elle se structure.

Il est remarquable que Freud ne puisse désigner ces deux pôles qu’en usant de ce quelque chose qui est le verbe. Beschauen und beschaut werden, voir et être vu, quälen et gequält werden, tourmenter et être tourmenté. C’est que dès l’abord, Freud nous présente comme acquis que nulle part du parcours de la pulsion ne peut être séparée de son aller-et-retour, de sa réversion fondamentale, de son caractère circulaire.

De même, il est remarquable que, pour illustrer la dimension de cette Verkehrung, il choisisse la Schaulust, la joie de voir, et ce qu’il ne peut désigner autrement que par l’accollement de ces deux termes, le sado-masochisme. Quand il parlera de ces deux pulsions, et plus spécialement du masochisme, il tiendra à bien marquer qu’il n’y a pas deux temps dans ces pulsions, mais trois. Il faut bien distinguer le retour en circuit de la pulsion de ce qui apparaît – mais aussi bien de ne pas apparaître, – dans un troisième temps. A savoir l’apparition d’ein neues Subjekt qu’il faut entendre ainsi – non pas qu’il y en aurait déjà un, à savoir le sujet de la pulsion, mais qu’il est nouveau de voir apparaître un sujet. Ce sujet, qui est proprement l’autre, apparaît en tant que la pulsion a pu fermer son cours circulaire. C’est seulement avec son apparition au niveau de l’autre que peut être réalisé ce qu’il en est de la fonction de la pulsion.

Jacques Lacan, Le séminaire, Livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, p. 162.

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lundi 13 mars 2006 @ 12h21

vivre

tu es parti, tu m’as laissé des disques, j’écoute : king geedorah take me to your leader. oui, je suis triste, non, je m’en sors pas, oui, j’essaie de bien le prendre. et je préfèrerais me donner congé, me coucher ou m’en aller, sortir avec Jules. l’appartement est très bien rangé/ j’ai dû me batte ce matin avec une erreur php. quel ennui, comme si.

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lundi 13 mars 2006 @ 12h34

Il n’y a pas de demi-tours de la pulsion

Que ce soit au moment où le tour se fait de l’objet, dans l’aller-retour, lire/se faire lire à son tour, que l’épreuve se fait du manque dans l’Autre au cœur de soi.

C’est clair ?

C’est à se faire lire, c’est dans cette épreuve, que son propre manque s’avère, manque que le fantasme préfère occulter. (N’être ni vu, ni lu, permet de faire croire à une perfection possible. « Perfection » est le mot qui me vient sous la plume, qui certainement convient – dans la mesure où c’est mon dit « perfectionnisme » qui toujours m’a empêchée de considérer une chose comme finie.)

Il n’en reste pas moins que j’ai difficile à croire à ce demi-tour de la pulsion, difficile à croire qu’elle pût se faire empêcher – et j’opterais donc à croire que son tour, complet, elle le fait. Mais comment, mais lequel.

Pour l’exercice, appelons ce tour qu’elle ferait, qui offre l’apparence d’un demi-tour, son faux-tour.

Une pulsion à faux-tour donc, ça serait une pulsion obstinée sur un objet toujours même – une pulsion qui ne se contenterait pas, elle, de n’importe quel objet. En quoi elle serait faussée.

Je lisais et ne-me-faisais-pas-lire. No retour donc, apparemment. Où donc le tour se faisait-il « faussement »? (Compliquée, moi?)

On a posé deux choses : qu’une pulsion à faux-tour est une pulsion où l’Autre n’est pas barré, qu’une pulsion à faux-tour est une pulsion où l’objet (n’est pas celui de la pulsion dans la mesure où il) n’est pas indifférent, est privilégié. Implicitement donc, on a posé qu’une pulsion à faux-tour, c’est le fantasme.

On aura également avancé que la pulsion tiendrait de l’épreuve, qu’à faire son tour, la pulsion, c’est elle qui troue l’Autre. Que voudrait dire trouer l’Autre? Et que signifierait que ce trou dans l’Autre pût faire qu’un objet pût « indifféremment » en remplacer un autre. D’ores et déjà, on avance ceci, on rectifie : ce n’est pas la pulsion qui troue, c’est le fantasme qui bouche. Troué, ça l’est, dès le départ.

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lundi 13 mars 2006 @ 12h51

v ivre

mais surtout, tout ça, est trop lent.

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lundi 13 mars 2006 @ 14h58

copy/right-left

vous savez pourquoi je m’en fous de ces histoires de copyright copyleft, c’est parce qu’il faut bien qu’il continue d’y avoir des lois non-écrites. hein. de la cité les lois non-écrites. que la possibilité encore me soit laissée de faire ma petite antigone – à moi, à tous.

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lundi 13 mars 2006 @ 16h18

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vendredi 17 mars 2006 @ 19h35

adressé rapidement

l’asperge était seule et elle était sur le bord de la table

enfin, je me laisse à vous lire à vous lire vous lire légèrement en survol vous qui me tombez sous les yeux – aussi légèrement que ce je vous écris en ce moment

légèrement lue votre lourde prose

vous dites : que la vie devînt de chacun l’œuvre – vous dites d’art – l’œuvre d’art . je vous le disais, votre lourde prose .

(j’entends une voix qui s’éloigne : detached detached)

alors voilà, voilà , que je m’alourdisse à mon tour et vous rejoigne : que l’œuvre sera cela dont vous vous serez détaché.

lourdement j’ajoute, cela justement auquel vous aurez renoncé.

lourd lourd lourd . si lourd.


je vous ra j oute : c’est gentillesse ce que je vous dis c’est gentillesse – car enfin la faire la-chose , ça doit vous causer bien des angoi s ses . cessez cessez cela , cessez donc d’y c r oi r e / brave .

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samedi 18 mars 2006 @ 23h18

et puis voilà j’ai lu j’étais dans le noir

Quand je marche dans une rue, il y a parfois plusieurs sources de lumières, qui m’habillent de différentes ombres, et elles bougent et me suivent, il arrive qu’elles me fassent peur, car souvent, quand cela se produit, elles peuvent avoir des mouvements imprévus. Elles me cernent.
Il y a le corps aussi. J’avais peur de toi M., de mon désir, l’idée d’embrasser, et pourtant je crois que j’aime cela, mais les choses sont parfois enterrées, si profondes, des siècles, des codes, des mots, et alors il faut parler beaucoup pour traverser le langage. Je crois qu’il faut penser beaucoup pour pouvoir écrire un premier mot, je ne sais pas, traverser ou se débarrasser.
Je suis malade, il faudra parler plus, alors que les idées me rongent petit à petit, trop lent que j’ai été. Je crois qu’on se perd aussi dans tout cela, écrire, parler, j’avais dis je ne parlerai plus, je crois que je ne peux rien faire, traverser, comme c’est pesant un corps, tu ne trouves pas ?

j’ai lu j’étais dans le noir je le suis encore il y a eu le matin le travail la ballade de denfert à nation du soleil mince aux maigres feux la tristesse et celle de la télé . demain encore, le travail . ne mourez pas point-virgule ne mourez pas .

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lundi 20 mars 2006 @ 22h01

so yout want something else, huh

http://art.teleportacia.org/observation/alien/

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mardi 21 mars 2006 @ 11h10

le supplice du nom

Fort empêchée d’écrire en ce moment, à cause du travail1.

Il y a deux ou trois jours : rêve.

1.
D’abord seule
Pendant longtemps, de plusieurs façons, je cherche à arriver à l’une ou l’autre piscine.

2.
Plutôt à plusieurs

Finalement, il est décidé que nous y irons, à la piscine, à plusieurs. Nous partons du château (enfance).

3.
Un nouveau chemin

Plutôt que d’aller vers l’une de celles que j’avais déjà repérées, il est décidé, par le groupe, que nous irons vers une autre, dont je n’ai pas souvent fait l’épreuve du trajet.

4.
A droite, le connu, le château de mon père (titre de livre). A gauche, la ville de ma mère, l’inconnu

Celles que je connais, c’est plutôt vers la droite – le chemin qui descendait du château, vers le village, à travers les prairies – et puis, des routes, et des chemins, un chemin toujours le même, déjà souvent parcourus en rêve. La direction que nous prenons, c’est plutôt vers le fond à gauche. Impression de Poperinge (ville de ma mère).

5.
Bloquée côté spectateur. Impossibilité de se déshabiller. Noir

Arrivons à la piscine. Diverses tentatives pour arriver jusqu’à la piscine même, l’eau. Cela paraît impossible (en fait, ça le restera pour moi, jusqu’à la fin). Le genre d’obstacle que nous rencontrons, c’est par exemple que les vestiaires sont plongés dans le noir ou introuvables ou ressemblent plutôt à une salle de spectacle, côté spectateurs. Nous sommes dans les fauteuils des spectateurs, la salle est plongée dans le noir, il n’est pas facile, ou plutôt il ne m’est pas facile de trouver ma place, une fois que j’en trouve une, comment me déshabiller en présence de tous ces gens. Comment font les autres? Ils le font.

D’autres donc, les autres, parviennent à l’eau. J’ai à un moment un aperçu de la piscine, du bain, de haut.

6.
Coulisse, courant, mécanisme – au cœur de pulsion…

Moulin à eau de VanneauJe m’engage finalement dans quelque chose qui devrait me mener vers la piscine. J’ai un doute. Je me demande si je ne suis pas embarquée sur le côté, sur le bord du chemin. En effet, je suis plutôt dans la coulisse. Je suis très exactement dans la, les coulisse(s). Couchée à plat ventre, encagée, sans aucune possibilité de me dégager. Je suis dans l’eau d’une roue qui entraîne l’eau de la piscine, qui entraîne le mécanisme de la piscine. Le courant est fort, inéluctable.

7.
Le tour, la roue, la chute

Pour le moment, je suis dans le mouvement ascendant. Mais à un moment, je passerai forcément dans le mouvement descendant – la chute. Je suis dans le premier demi-tour de la roue. Dans son deuxième demi-tour, je ne pourrai que tomber, et la chose paraît aussi dangereuse que de tomber, par exemple, du haut du Niagara.

8.
L’angoisse

Quelqu’un m’aperçoit prise dans ce mécanisme. La question c’est : est-ce qu’on arrivera à l’arrêter, le bloquer à temps? L’angoisse me réveille.

Difficile de ne pas retrouver trace ici de mes élucubrations autour de la pulsion. Traces en forme de confirmation. La pulsion est un mécanisme, duquel on se dégage difficilement, dans lequel on est pris comme dans le tour d’un supplice, dont le mouvement est celui d’un aller-retour, et dont le retour, le deuxième demi-tour, est difficile, angoissant.

Piscine, mettons la jouissance :

1. D’abord seule

2. Ensuite, plutôt à plusieurs (contingence, rencontre)

3. Du coup, n’est plus la même, de jouissance.

4. Plus vraiment du côté du père (fantasme), mais de la mère (autre chose).

5. Bloquée un temps dans le fantasme (corrélé à l’objet du père) : l’impossible objet regard. Qui rend impossible le déshabillage. (A ce point devoir être l’objet du regard, mais l’objet d’un regard impossible, objet qui incarnerait le regard même, un objet dont la beauté puisse définitivement faire voile sur l’au-delà du regard, impossible  : ce n’est jamais ça – histoire de ma vie, jusqu’à un certain moment de mon analyse. L’incarnation de cet objet empêche certainement tout rapport amoureux (le déshabillage) puisqu’il cherche à incarner le point d’impossibilité même de ce rapport. Devoir être belle au point que ce voile, en quoi consiste la beauté, puisse occulter tout de qu’il en est du désir, de l’angoisse donc, que cette beauté même, sa vue, le regard, provoque. La beauté est re-présentation du regard. Mais si le regard est pris au sérieux, c’est-à-dire pris dans ce qu’il comporte de réel, c’est-à-dire de jouissance et de désir, de trou à la re-présentation justement, il s’avère impossible. D’où, mon impossibilité, pendant des années, à me montrer. Voir, oui, du haut de ma tour – être vu – impossible – quels que soient les compliments que je recoive quand j’étais forcée à sortir. Quand j’acceptais de faire illusion. (On en est encore là, du côté du point 1, du D’abord seule, en arrêt sur le bord du désir)

6. Prise dans la coulisse… les coulisses de l’inconscient ou la glissière de la pulsion. C’est l’eau de la piscine, mais une eau sur laquelle je n’ai aucun contrôle, qui s’avère même mortifère.

Ce tour, cette roue, je l’ai déjà rêvée, presque sous cette forme. C’est la roue attachée à mon nom. La roue de mon nom. Roue des supplices/délices. Mon nom, Müller, Meunier. Et son moulin, au pied duquel je ne dors pas.

Jacques Muller, Dans la rue, 1972

Jacques Muller, Dans la rue, 1972

Müller, mélangez-en les lettres, vous y trouverez la « rue« , cette rue où je ne sors pas, cette rue comme une roue de supplices, de délices.

On notera que la rue est à mon père, ne dit-on pas qu’il est le « peintre de la rue, de la ville », et  son martyr à ma mère – son vieux rêve, ce fantasme secret : être martyr, pour sa religion, brûlée sur des charbons ardents, fidèle à sa foi, à Jésus.

Martyr bound naked to a wheel, which is revolved over iron spikes Martyrs bound to the circumference of a great wheel, and rolled down a precipice

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La descente aux limbes, Bruegel. Gravure, peu après 1560-1500
Illustration de l’article : La descente aux limbes, Bruegel. Gravure, peu après 1560
(détail: le supplice de la « roue d’enfer » ou « supplice des orgueilleux », voir : http://lespierresdusonge.over-blog.com/page-1436963.html)

Lien : http://www.fromoldbooks.org/Gallonio-TorturesAndTorments/index2.html

Notes:
  1. Eh non,  le mot travail ne vient pas du latin tripalium, instrument de torture à trois pieux. Voir Tripalium: une étymologie écran : http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-luce-morlie/280911/tripalium-une-etymologie-ecran-archive []
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jeudi 23 mars 2006 @ 14h01

Trans.: Re: Rép. : Re: [FREDERICMAGAZINE]

exposition d'isabelle boinot et frederic poincelet(dans la série transmets ce qu’on te transmet)

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samedi 25 mars 2006 @ 8h11

blog

de quoi le travail nous protège – nous devrions remercier nos élus de – j’ai acheté le livre de ph. de georges sur la pulsion – je ramène tout à l’heure les livres à la bibliothèque . je n’ai pas beaucoup le temps de lire – ce n’est pas le temps de lire pour moi . au bout d’un temps on se rend compte que les temps, ça existe, dans une vie . la seule chose que j’aurais à te reprocher finalement c’est d’être un homme . et les trucs que ça implique . je pense aux trucs sexuels , le reste: passe encore.

pendant la manifestation, je regardais paris. c’était il y a une semaine exactement. qui paradoxalement me paraissait désert, dénudé, déshabillé. sentiment de solidarité non, ce n’est pas celui qui dominait / d’organisation grosse / qui fait alors une foule étendue nombreuse dispersée – sans compacité / seule avec parfois des chansons idiotes / mais le sentiment tout de même que c’est ça, qu’il faut faire, marcher, avec les gens qui sont là, loin, là. // alors plutôt un sentiment de beauté, de grandeur. paris, la lumière, ce boulevard, la rue. de beauté, d’humanité.

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samedi 25 mars 2006 @ 8h21

les lettres à moi-même (1)

je m’écrivais des lettres à moi-même, à moi-même sous d’autres noms. l’un des prénoms, je m’en souviens, c’était sonia.

(mon père s’en était rendu compte, enfin, forcément, qu’il s’en était rendu compte, ça l’avait beaucoup fait rire. mais ce sont des rires qu’on ne comprend pas. on est là, avec son père, dans le couloir, debouts, dans la lumière du jour de l’entrée, du marbre blanc, qui vous donne la lettre, il est grand, son pantalon est beige, il rit.)

il y a eu delarue, aussi, comme nom.

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lundi 27 mars 2006 @ 22h44

boulot

ça tourne au cauchemar.

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mardi 28 mars 2006 @ 22h03

les lettres à moi-même (2)

Sous un autre nom nom /

                                         j’avais pris celui de « Nathalie Granger » – ne me souvenant plus du tout du personnage de Duras (je ne le savais plus, je ne l’avais jamais su, rien ne dit que je le sache à nouveau – non, je ne sais d’où m’est venu ce nom).

                                        – n. grand g –

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mardi 28 mars 2006 @ 23h01

la neuvième heure

Quand on vient de passer huit heures devant un ordinateur, on souhaiterait ne pas y passer la neuvième. Aussi, lis-je, Ethique et pulsion de Ph. De Georges. Arrêtée par cette phrase:

Le discours capitaliste moderne n’a rien à voir avec ce que notre gauchisme sexuel d’antan appelait la morale bourgeoise. Son impératif catégorique en matière d’éthique est : Jouis!

Toutes choses connues s’il en est, si ce n’est « l’impératif catégorique » pour ce qui me concerne et qui me rappelle au texte de Thierry de Duve « Fais n’importe quoi ». Texte auquel déjà souvent j’ai fait allusion ici et dont je dois m’excuser ce soir encore de ne l’avoir point encore relu – relu vraiment. Ouvert cependant, me demandant si lui oui ne parlait pas d’impératif catégorique moderne en terme de « n’importe quoi ». (Non, je ne sais pas ce que c’est « l’impératif catégorique » : mais c’est sur lui que j’ai buté – cela n’empêche donc qu’il puisse faire borne dans mon esprit, aussi bornée que je m’en trouve.)

[ Impératif catégorique (capitaliste) : Jouis ! – Impératif catégorique (moderne, selon TdD) : N’importe quoi ! ]

Alors, je rouvre, le livre. Le livre qui s’appelle Au nom de l’art, je le rouvre au chapitre « Fais n’importe quoi ». Et, je trouve p. 129 :

Fais n’importe quoi. Point. Sans conditions. Fais absolument n’importe quoi.

(Et je me dis, tu vois, Véronique : ta mémoire te joue des tours on s’en fout bien de la mémoire mais : donc : je n’avais rien compris*. On recommence.)

Je recommence = je continue, p. 138.

L’impératif catégorique, c’est l’impératif du jugement. Faire de l’art, c’est juger de l’art, trancher, choisir. « Faire quelque chose – dit Duchamp – c’est choisir un tube de bleu, un tube de rouge, en mettre un peu sur sa palette, et toujours choisir la qualité du bleu, la qualité du rouge, et toujours choisir la place sur laquelle on va la mettre sur la toile, c’est toujours choisir… Le choix est la chose principale, dans la peinture, même normale ».

Et avant ça, pp. 133-134 :

Il y va, disais-je il y a un instant, de l’universalité de la loi, de l’universalité de l’art, de l’universalité de l’impératif catégorique « fais n’importe quoi ». […] Il est entendu également que l’impératif catégorique kantien n’énonce aucun contenu de la loi, mais qu’il prescrit la conformité de la maxime à l’universalité d’une loi en général. Comme le dit Jean-Luc Nancy : « La loi prescrit de légiférer selon la forme de la loi, c’est-à-dire selon la forme universelle. Mais – ajoute-t-il – l’universalité n’est pas donnée » (Jean-Luc Nancy, L’impératif catégorique, Flammarion, Paris, 1938, p. 24). Si, comme je le soutiens, « fais n’importe quoi » est bien un impératif catégorique, alors il faut aller plus loin et dire que l’universel est impossible, ou que l’impossible est aujourd’hui la modalité de l’universel.

La phrase « fais n’importe quoi » ne donne pas le contenu de la loi, seulement le contenu de la maxime. Et encore ce contenu est-il quelconque et ne devient-il déterminé que par l’action qui met la maxime en pratique. Cela ne prescrit qu’une forme conforme à l’universel dans les conditions radicales et finales de la finitude. Et cela signifie : conforme à l’impossible.

(Oui, j’ai rêvé. D’un homme qui me demandait ma voix. Oui, j’ai rêvé encore. Ou plutôt non, une voix, la nuit, est venue m’a expliqué cette lettre que je m’étais adressée et que mon père m’avait donnée, m’a expliqué comment cette lettre tournait autour de mon père, ou plutôt comment mon père était venu se placer là, par hasard, au lieu du retour de cette lettre vers moi. Mais je n’ai pas bien retenu et ça n’a pas beaucoup d’importance. C’est juste un peu drôle (ces explications théoriques qui me viennent la nuit, poursuivent mes élucubrations). Il y a deux nuits, je n’ai pas du tout dormi trop inquiète à propos de tout ce travail que j’ai. La nuit passé, j’ai pris un somnifère. Entre les deux, il y a eu nous, je veux dire lui et moi. Tout autour des hormones inquiètes qui voletaient. Il y a trois jours, je me suis dit, non, je ne me plaindrai pas auprès d’eux, il faudra qu’à l’avenir que je fasse en sorte de n’avoir plus à me plaindre. A d’autres moments, je pense que voilà, maintenant, c’est comme ça, il faut que je fasse, tête baissée tous ces boulots, que je les termine, et un jour, ce sera fini. Dans un avenir probablement pas proche, mais, on n’y peut plus rien. )

(* J’avais retenu : « n’importe quoi à condition » et m’étais interrogée, ici-même, sur les conditions de cette condition.)

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mercredi 29 mars 2006 @ 12h21

ISEA2006/ZeroOne San Jose

----- Message transféré de joel@well.com -----
    Date : Tue, 28 Mar 2006 22:11:49 -0800
     De : Joel Slayton 
Répondre à : Joel Slayton 
 Sujet : ISEA2006_Artist
      À : fmadre@free.fr

Dea rFrederic Madre,

Congratulations!  On behalf of ISEA2006/ZeroOne San Jose: A Global
Festival of Art on the Edge, your submission:

Vignettes

to the Artist Presentation category has been accepted.

We received an extremely high number of exciting proposals for the
Symposium from which a very small number were selected.  Each
submission was read by at least three anonymous reviewers and
received at least two formal reviews.  We are delighted your
submission will be included in the program.

You will be receiving a formal letter of invitation in the next
several days.

Please confirm by April 10th if you plan to participate.

For more information on ISEA2006/ZeroOne San Jose:  http://
isea2006.sjsu.edu

For help and questions:  Joel Slayton joel@well.com or Steve Dietz
stevedietz@xyproductions.com

Please note that the quality of submissions to the ISEA2006 program
is extremely high.  Your contribution will certainly help make this a
very exciting and memorable event.  We look forward to seeing you in
San Jose!

Joel Slayton

Chair, ISEA2006 + ZeroOne San Jose

Steve Dietz

Director, ISEA2006 + ZeroOne San Jose

----- Fin du message transféré -----
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