lendemain (de séance 4)

extraordinairement dormi. réveillée par un bruit extérieur. de longs instants je me demande quel jour on est. vendredi. presque comme si je pourrais en déduire qui je suis. l’impression d’émerger d’un sommeil profond est vraiment agréable.

je pense aux rêve que je viens de faire. je suis sûre que ce sommeil a été rendu possible de par la séance d’hier (pourquoi faut-il que cette phrase, elle, soit si difficile à écrire ?) jules lui aussi dort. c’est si étrange si plaisant que je me demande si je n’ai pas hier par inadvertance pris une quelconque drogue.

le plus étonnant, c’est comment cet analyste m’agrée. et vraiment je ne saurais pas dire à quoi cela tient. est-ce à lui ? ou s’agit-il du moment de ma vie qui convient à ma démarche : être arrivée une fois certains élagages faits.

et de nouveau hier séance je pleure. je pleure. j’avais cette fois acheté des mouchoirs à la pharmacie d’en face, tout en me disant qu’il n’était pas possible que cette fois encore je me remette à pleurer ( couler, m’écouler). et puis voilà. question de lui, les larmes viennent.

le sentiment c’est d’être au cœur de ce qui ne va pas. tiens, voilà que jules se réveille.

au cœur de ce qui ne va pas. au cœur du dire de ce qui ne va pas. comme j’y pensais allongée près de jules qui prenait son biberon dans le grand lit des parents, une chanson me vient à l’esprit : « j’y apprendrai à me taire et mes larmes retenir… »; là, c’est l’instant du dire et les larmes alors coulent.

impossible de continuer d’écrire. bon, si ça se trouve, c’est assez.

s4 (note)

il dit : excusez-moi, c’est un peu bêta, mais, est-ce que ça ne serait pas « prisonnière de l’angoisse »?. (bêta n’est pas le terme, mais je ne me souviens plus duquel).

s4 (note rapide)

il dit, excusez-moi, je vais vous poser une question vraiment bêta, mais c’est une question, enfin, est-ce que vous en connaissez des prisonnières qui insultent leur gardien? je cherche. non, je n’en connais pas. il répète : c’est une question, je ne comprends pas bien. je dis l’insulte au gardien, c’est le moment de la révolte.

c’est d’ailleurs le moment où le gardien se met à exister.

j’omets de dire que ma mère s’appelle « lut-garde ». « lutte garde ». « lut garde ».

c’est maintenant que l’histoire s’invente. je ne sais pas comment il fait.

s4 (petite note, interventions diverses)

massala, c’est quoi?

c’est un curry spécial, indien, c’est un mélange d’épices.

c’est difficile à préparer?

non, non. c’est surtout les ingrédients, qui sont difficiles à rassembler. à paris, je ne sais pas où il faut aller.
j’omets de dire que je pensais qu’il fallait que j’aille dans le 13ème, où se trouve son cabinet, pour trouver tous ces ingrédients.

vous pensez qu’il n’a pas assez prêté attention au poulet massala?
pleurs, pleurs, pleurs.

au moment où nous nous quittons : vous ne savez pas ce que ça veut dire, massala? non? je vais faire des recherches.

un déplacement est opéré.

s4, n

prisonnière de l’angoisse? je me précipite dans cette brèche ouverte, j’ajoute, d’ailleurs, alors que ça n’a aucun rapport, mais il me fait signe oui de la tête, d’ailleurs, quand ça m’arrive, l’angoisse, je ressens, à ma tête, enfin, je lui décris ce truc, ce qui m’arrive, à la tête quand

ce truc qui me fait signe alors, que c’est du sérieux, que j’ai intérêt à me tenir à carreaux .

mir au passage

Mir (http://www.20six.fr/mir-mir)– consommateur de base, l’instant, à tout prix, j’aurais dit « besoin métonymique« .

tout du moins

// ici, tout le monde dort encore. (d’ici, non plus, je ne supporte plus le so-called « template », modèle, j’en avais pris un tout fait, dark-cash, pour être sûre de ne plus passer mon temps à y travailler, je pensais que c’était bien, j’avais renommé le blog « format standard » ; et voilà, voilà que je ne le supporte plus non plus ce template. bon tant pis.)

(en tout cas moi je fais vraiment un blog).//

l’horreur, le chiffre : 64.4 (kg). (pour 1m76). alors quoi vais-je recommencer à fumer – je le voudrais bien. mais. si les yeux ne m’étaient pas si gonflés au réveil le matin, je recommencerais. diète donc, à la diète. (oh ce courage que j’ai eu de monter sur la balance, oh ce courage). (maintenant, il faut maigrir, et tout le monde sait bien que c’est impossible). (quand je mets des parenthèse, en ce qui me concerne, je m’en rends compte, c’est comme de parler un ton plus bas, écrire un ton plus bas.) (j’ai lu chez d’autres ces parenthèses, chez un autre en particulier, je m’en suis inspirée, oh c’était il y a fort longtemps maintenant, mais chez lui, c’était un homme, ça l’est toujours, ses parenthèses me donnait l’idée de rendre compte de « l’esprit d’escalier », c’est tout à fait à tort, l’ « l’esprit d’escalier » ça n’est pas du tout ça, « l’esprit d’escalier », je connais bien ça, ou tout du moins, l’ai-je très bien connu, aujourd’hui de parler, je ne rêve même plus; c’est bien ça, non, l’esprit d’escalier, après-coup, se dire, oh j’aurais pu dire telle ou telle chose – et d’é-lucubrer/chafauder. ses parenthèses, plutôt, ça rend certainement compte, très bien compte, d’un certain fonctionnement de la pensée, qui ne relève pas de l’esprit d’escalier, mais qui donne bien le sens d’un dédale, d’1 labyrinthe, de quelque chose dans quoi on s’est engagé et dont on ne sait pas comment on va sortir, dont il n’est pas sûr d’ailleurs qu’on veuille sortir; il est à mon sens, le premier, et le meilleur, à l’avoir fait, donc, cet homme qui accumulait des parenthèses, même s’il eut de nombreux imitateurs, de nombreux suiveurs – c’est qu’il y s’agit, à mon sens, d’1 procédé qui traduit un mode de pensée proprement moderne – enfin, non pas la pensée, mais sa traduction. de pensée, le mode probablement n’a pas tant changé, tout du moins de ce point de vue là, du point de vue de ses possibilités de dérivations, auxquelles aujourd’hui l’écriture colle, colle au mouvement, au flux, enfin tout ça est connu, au flux plutôt qu’à la recherche, la croyance, la foi, la visée, d’1 sens qui soit arrêté, qui s’arrête. c’est pourquoi, dans le cas de ses parenthèses, des miennes aussi d’ailleurs, je crois qu’on peut parler de « dérivation métonymique », même si j’hésite un peu à le faire, parce que je pense que quand on parle, tout du moins quand on écrit, il faut essayer de ne pas se soutenir seulement d’un savoir su un jour, qu’il y faut un savoir su encore, c’est-à-dire qu’il faut le re-savoir, le savoir à nouveau, qu’on ne peut pas se contenter d’ânonner; je sais maintenant que je ne suis pas la seule à oublier, oublier ce que je sais, je l’ai compris, je pensais qu’il n’y avait que moi, moi, certainement j’oublie remarquablement vite, les choses, on les sait un temps, le plus souvent, essentiellement, ou peut-être uniquement, au moment où on les apprend, dans le moment où on les comprend. après, c’est l’oubli. surnagent éventuellement certains mots, mais ce n’est pas sûr qu’on sache encore ce qu’ils désignent malgré qu’on s’autorise encore à les utiliser. « dérivation métonymique », j’ai retenu ça. le « peu-de-sens » de la métonymie, disait lacan, le « pas-de-sens » de la métaphore. le « pas » en dehors. Jules se réveille.

63, 6. Mais

vais-je raconter la scène d’avant-hier?

nous laver, jules et moi. j’ai perdu mes listes de choses à faire.

réveil nocturne

pourquoi a-t-il fallu que je me réveille cette nuit, et plusieurs fois même, en fureur contre SFR? et en particulier contre ce Vodafone Live qui m’a été imposé et dont je ne veux pas?

séance 5 – en partie privé

En souriant je lui avais dit que faire l’amour me mettait de bonne humeur.

Rattrapée en ce moment par l’angoisse, appelons-ça ainsi, qui à nouveau me réveille le matin.

Je parle du plaisir que je ne supporte plus. Du plaisir sexuel. De ce que j’appelle moi le plaisir sexuel. J’essaie de parler de la distinction que je fais entre plaisir et jouissance, jouissance féminine.

Je parle de celle à quoi il me faudrait absolument dire non, la phallique, de jouissance, et de celle qu’il me faudrait défendre à tout prix, à mon coeur corps défendant, l’Autre – l’Autre jouissance. Je lui précise que je dis ça comme ça pour le dire vite, pour le dire de façon ramassée, que j’utilise ces concepts lacaniens, sans savoir si c’est de la bonne façon.

Il me vient alors à l’esprit que probablement ce problème disparaîtrait si [private] je pouvais le vouloir, si je pouvais « vouloir faire l’amour ». Si dans le rapport sexuel je pouvais me présenter autrement que « passive » – ce ne sont pas les mots que j’ai utilisés, je ne voulais justement pas utiliser ces mots-là. Si je pouvais faire autrement que « subir », ou faire comme si je « subissais » [/private].

Il me demande si je m’explique cela que je lui apprends.

Je reste silencieuse, je cherche. Je lui dis que non.

Mais je vois maintenant, en écrivant, que ce dont je lui ai ensuite parlé, cette demande dont je dis alors dit qu’elle me « rendait haineuse » – La demande vous rend haineuse ? – pourrait servir d’explication.

Il me demande pourquoi, pourquoi elle me rendrait haineuse, la demande. Je lui dis que je ne sais pas. Je n’arrive pas à lui dire ce qu’il me vient à l’esprit, qu’alors j’exposerais mon manque. Qu’au moment de la demande, j’expose mon manque, ce qui me rend très susceptible.

En sortant, je pense qu’à cette demande, je crois toujours qu’il ne sera pas consenti. Que ce que je veux, l’Autre ne le voudra pas, et que c’est ça, qui me met en fureur.

Comme je l’écris, je réalise que ça, c’est moi qui l’imagine, c’est moi qui le met en place. Toujours. Rarement dans la réalité l’Autre s’y est-il opposé, à ce que je voulais. (Ici aussi, il s’agit du gardien, du gardien de la prisonnière, celui qui me protège de mes désirs en les interdisant. Ces désirs que je n’assumerais pas, dont j’ai besoin qu’il me soient interdits. Ca vous a un petit air dramatique comme ça, ça ne l’est que jusqu’à un certain point – de plus en plus je crois que le désir toujours arrive à « faire son chemin » – comme on dirait « faire son trou ». Il est seulement obligé à d’impossibles détours – les défenses en quoi consiste le fantasme l’y obligeant, mais ces défenses étant elles-mêmes toutes empreintes de lui, parce que, je le crois, le désir est le plus fort, et que, quoi qu’il arrive, c’est masqué qu’il s’avance. Du symptôme, il ferait son masque et du fantasme, son scénario.)

Et qu’éventuellement ceci peut-être rapproché de ce que j’avais exposé lors de la séance précédente : cette haine qui m’empêche d’écrire, cette haine que je voudrais écrire – l’inavouable secret. Ces pensées abominables, dont toi tu me dis que nous sommes « tous victimes », dont nous pâtissons tous, et dont je serais la seule à vouloir faire un fromage – Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée.

Au moment de cette séance-là, j’avais pu expliquer la nécessité pour moi de ce que je n’appelais alors pas encore « la haine » – ce mot que je n’ai d’ailleurs pas prononcé, j’avais dit : « haineuse ». Mais je n’arrive pas à en m’en souvenir. Il m’est nécessaire d’être entourée de personnes qui s’opposent à mon désir, nécessaire au point que je doive m’en inventer. L’aveu de l’amour est impossible.

L’aveu de l’amour et l’impossibilité de dire à l’autre « Tu m’as satisfaite petit homme » – c’est la phrase qui me vient à l’esprit, dont je ne sais d’où je la tire, de Lacan je crois, la réponse de la Sphinge à Oedipe, mais où est-ce que ça se trouve ? L’impossibilité de reconnaitre à l’autre qu’il a pu apporter satisfaction. A l’époque j’écrivais « Cette insatisfaction supportable, satisfaite. » L’insatisfaction satisfait mon besoin de faire supporter par l’autre mon propre manque. Il est celui qui ne m’apporte pas ce que je lui demande et il s’agit qu’il le reste : ma demande alors n’a plus lieu d’être, il ne me reste rien à lui demander puisqu’il ne saurait y répondre.

Ce qui se rapproche des termes dans lesquels se trouve prise la Belle bouchère de Freud : « Je te demande de ne pas me donner de saumon (que j’adore) ». A quoi il faut ajouter : Mais de le donner à l’autre femme (sa jolie copine maigre).

Alors quoi tout se tient. Tout se tient et on tourne en rond.

séance 5, des suites, où il est question de l’exaucion

et puis, on le voit bien, on le voit bien, ce n’est pas le désir qui est interdit, c’est la jouissance. si je m’empêche d’exprimer mes désirs, c’est bien que le risque est toujours trop grand qu’ils soient exaucés. de plus en plus le risque de leur exaucion est grand.

(trop petit matin

je préférerais dormir (dans la tête plein de choses, trop, mais je préférerais dormir. j’ai soif.

done

j’ajouterai que j’ai également lu un bouquin d’échenoz qui n’a d’autre mérite que d’être rapide à lire + fait quelques tentatives, vaines, pour me rapprocher du poulet masala.

journée presque claire, froide. soirée maussade.

nb: bien sûr, j’ai également changé le template du lieu. demain c’est fête de noël à la halte-garderie. j’achèterai un gâteau. no news from ji.

avant/après, séance – de l’intime

abominable rêve cette nuit. que je ne peux pas dévoiler ici, vraiment inattendu.

[private] j’ai peine à m’en souvenir. je sais seulement que mon père me demande si… certaines caresses. en fait il ne dit rien, mais je comprends. il a son air plaintif, malade. je m’enfuis. je me dis tout de suite que je ne dirai rien à ma mère. puis quand je la vois, je le lui dis aussitôt. elle me pose des questions, je lui dis que ça s’est déjà passé auparavant, elle me dit qu’elle s’en doutait. c’est tout. [/private] en me réveillant je me demande si ça s’est vraiment passé, mais je sais bien que non, je me demande à quoi ça correspond, pourquoi ce rêve-là, et si ça n’expliquerait pas « tous mes problèmes ». j’attends de pouvoir le raconter en séance, tout en doutant qu’il puisse en ressortir quelque chose – du moins dans l’immédiat. tandsi que je vis une sorte de contentement de ce qu’arrive là quelque chose qui tranche. n’a pas sa place dans mes élucubrations actuelles. je ne peux pas le raconter, ce rêve, parce qu’il implique un proche, un très proche. mort, mais proche tout de même. je ne peux pas le raconter parce qu’il comporte une certaine honte, honte pour ce proche. l’air de rien, ce rêve bouscule tout. enfin, c’est un grand mot. crée un point de discontinuité dans le courant continu dans lequel je pensais être.

maintenant, c’est juste l’ennui, la fatigue. je sais que j’ai du boulot, un boulot qui me fait un peu peur, parce qu’il prend trop de temps, que j’ai l’impression de mal le faire. je sais qu’il faudrait que je m’y remette une heure aujourd’hui, et je ne suis pas sûre d’en venir à bout. je ne sais pas pourquoi ça coince. techniquement, il y a un problème que je n’arrive pas à résoudre.

la dernière fois que j’avais vu l’analyste, j’avais fait une sorte de résumé/condensé de la situation, partant d’un post que j’avais relu ici, autour de ce qui me réveillait la nuit : le travail et la colère. m’étant apparu que cette deuxième découlait du premier. le travail me servant de prison et la colère venant de la révolte contre celui qui me tenait enfermé.

et curieusement pendant toute la semaine qui a suivi, il me semble m’être éveillée la nuit avec l’idée que ce n’était pas du tout ça, que c’était bien plus vaste, que je me réveillais pour « résoudre les problèmes du monde ».

endormie hier soir en lisant robert walser, que je découvre.

à propos du rêve, peut-être l’ai-je fait suite à ce dont j’ai parlé hier ici, le problème de « l’intime », cet « intime » qu’il m’intéressait d’écrire, mais que je ne pouvais pas dans la mesure où je ne voulais pas y impliquer mes proches. et voilà que je fais un rêve dont immédiatement je me dis que je ne peux pas l’écrire sur le blog.

pendant longtemps, je me suis intéressée aux écritures dites d’autofiction, parce qu’elles elles étaient à ma portée, aussi parce que s’y disait ce que moi-même il m’intéressait de dire. fascinée de ce que les différents auteurs n’hésitent pas à parler de leurs proches, d’aller même jusqu’à les nommer. petit à petit je m’en suis détournée, m’étant convaincue que je ne pourrais pas, quant à moi, faire de même, que ce « n’était pas ma voie ».

qu’il y ait eu ici la semaine dernière des choses que j’ai pu écrire, mais que je ne me sois pas autorisée à publier, m’a étrangement soulagée, soulagée du « tout écrire ». enfin, je ne suis pas sûre que ce soit de ça qu’il s’agisse, mais il y a eu un soulagement, et cela m’a changée, modifiée. changé, modifié mon rapport à l’écriture. la solution que j’ai trouvée, probablement temporaire, me satisfait. ce plugin de wordpress qui me permet de marquer de façon spécifique du texte que je voudrais réservé à moi seule et qui signale cette réserve au lecteur me convient. qui montre des trous dans l’écriture, et que ces trous soient de mon fait d’y avoir consenti. j’aurais cependant dû m’en trouver angoissée, puisque j’y prenais d’autant plus de distance avec ce que j’aimerais écrire, avec ce que j’aimerais trouver les moyens d’écrire.

c’est tout la faute à la psychanalyse

la fiction, hélas, n’est pas à ma portée. la solution de la fiction. d’ailleurs, même pas sûr que j’en veuille.

les liens de l’écriture, la pensée, la parole.

la pensée est ce qui donne l’idée, le mirage de la possibilité d’un tout écrire. si de cet attrait je pouvais me détacher, le désir d’écrire peut-être me quitterait. et parler fatigue.

le rêve de cette nuit, rêve freudien du « fantasme de séduction » ?

c’est la pensée, cette nuit, de mon incroyable solitude qui m’a réveillée.

la charge affective en moins

de l’allègement de la charge affective,

de nombreuses choses je vis
qui débarrassées sont
de leur
« charge affective ».

une histoire triste,

Ernst retrouve alors le souvenir suivant : très petit, au moment de la mort de sa sœur, il a commis une chose grave pour laquelle le père l’a battu. Il a alors fait une terrible colère et injurié son père, mais ne connaissant pas d’injures il lui a donné tous les noms d’objets qui lui passaient par la tête : « Toi lampe ! toi serviette ! toi assiette ! » Le père déclare : « Ce petit là deviendra ou un grand homme ou un grand criminel. » A partir de ce moment, son caractère se modifie : il était coléreux, il devient lâche.

de l’imaginaire,

Toute pensée obsessionnelle, qui donne lieu à quelque construction, si loufoque soit-elle, sera toujours liée à la sexualité. La névrose obsessionnelle comporte un érotisation de la pensée.

La formule chez l’obsessionnel comporte toujours une équivalence qui introduit une valeur phallique. Le phallus imaginaire est la véritable unité de mesure. (cfr. le rêve, « mais oui, on peut tout à fait dire que c’est imaginaire »- mais l’ai-je raconté ici?)

L’obsessionnel démontre que la pensée est un parasite, un placage, un cancer dont l’humain est affligé ; la parole parasite le corps à titre de pensée, la pensée affecte le corps. C’est ce que dit Lacan dans le Séminaire XVII, l’Envers de la psychanalyse, p. 176 : « La pensée n’est pas une catégorie. Je dirai presque que c’est un affect. Encore ne serait-ce pas pour dire que c’est le plus fondamental sous l’angle de l’affect. »

de la pensée,

la pensée est privée.

la danse,

la danse est un plaisir et doit le rester.

moi,

je ne sais pas ce que c’est le phallus imaginaire.

poulet massala

Les recettes sont données pour 6 personnes

2 kg de poulet coupé en morceaux pas trop gros
3 oignons
6 gousses d’ail
5 tomates
2 pommes canada ou reinette
1 boîte de 400 g de lait de coco
1 c. à soupe de gingembre frais
1 bâton de annelle
3 anis étoilés
15 cosse de cardamome
50 g. de poudre de curry ou massala (mélange d’épices)
1 yaourt bulgare
4c. à soupe d’huile
1 citron vert 1 bouquet de coriandre fraîche
sel

Faites retirer la peau du poulet par le volailler ou le faire soi-même, c’est très facile. Mélanger la poudre de massala avec le lait de coco. On obtient une pâte épaisse. Enduire chaque morceau de poulet d’une bonne épaisseur de cette pâte et laisser mariner 2 heures environ à température ambiante.

Dans une cocotte, faire revenir dans 2. à soupe d’huile les oignons hachés et l’ail écrasés. Quand le mélange est blond, ajouter le gingembre épluché et râpé, l’anis étoilé, la cannelle, la cardamome. Bien mélanger le tout à l’aide d’une cuillère en bois en laissant chauffer les épices quelques minutes pour qu’elles développent leur parfum. Ajouter alors les pommes épluchées et râpées. Laisser mijoter à petit feu 10 mn

Dans une poêle antiadhésive, faire revenir les morceaux de poulet dans le restant d’huile jusqu’à ce qu’ils soient légèrement dorés de tous les côtés. Les mettre au fur et à mesure dans la cocotte. Ajouter enfin les tomates épépinées et concassées et le restant de pâte de lait de coco-massala. Saler peu et laisser cuire à petit feu pendant 30 à 40 minutes selon la grosseur des morceaux de poulet. Goûter pour vérifier l’assaisonnement. Juste avant de servir, verser le yaourt. Mélanger bien tout.

Servir le poulet recouvert de fines tranches de citron vert et de coriandre fraîche ciselée.

riz aux épices

300 g. de riz Basmati
50 g. de beurre
10 graines de cardamome
1 c. à café de graines de cumin
1 bâton de cannelle écrasé en petit morceaux
1 dose de safran en filaments
8 clous de girofle
70 g. de noix de cajou
sel

Chutney de banane

3 bananes mûres (mais pas trop)
50 g de raisons secs
1 noix de gingembre frais
2 c. à soupe de sucre
1 c. à café de piment en poudre (plus ou moins selon le goût)
1 c. à café de poudre de cumin
2 citrons verts, 1 pincée de sel

Eplucher les bananes, les couper en fines rondelles dans un saladier. Les arroser aussitôt du jus des citrons verts. Ajouter les épices, le gingembre épluché et râpé, le sucre, le sel et les raisins secs cuits 5 mn dans de l’eau bouillante. Mélanger le tout. Ce chutney peut se conserver 2 jours au frais.

Chutney de mangue fraîche

2 belles mangues pas trop mûres
1 citron vert
1 petit piment
sel

Eplucher les mangues et couper la chair en petits cubes. Arroser de jus de citron vert. Saler légèrement. Retirer les pépins du piment et le hacher très finement. Ajouter à la mangue petit à petit en prenant soin de goûter (pour bien doser le piment). Mettre au frais jusqu’au moment de servir.

cheveux hier

et le coiffeur hier qui me dit : c’est parce que je suis un homme que j’ai pu couper tout ça. si ça avait été une femme, elle aurait hésité, hésité et vous seriez sortie pareille qu’en rentrant. les cris des femmes, quand il a coupé. « sébastien! si un jour tu me fais ça, je te… » moi, je ne sais pas. (ça fait une quantité énorme de cheveux en moins.)

les muettes voix des pensées

réveillée une fois de plus à 4h30. furieuse, j’avais peur. je me suis levée, allée au salon, me suis dit voilà, je ne le saurais pas, jamais, le pourquoi de mes réveils, il fallait m’y résoudre, à ça. c’est alors que j’ai eu l’idée de la voix. je me réveille, j’écoute. je me réveille, j’entends. je me suis dit, c’est ça, ce serait pour ça que je me réveille, pour entendre cette voix. la voix de mes pensées.

j’avais un ami poète qui disait que quand il écrivait, il entendait une certaine voix, qu’il écrivait pour entendre cette voix-là. moi, ce serait pareil, alors, point d’interrogation, ce serait pareil, j’écrirais pour entendre cette voix, ma voix, pensée, ma voix qui dans ma tête résonne. qu’a-t-elle donc de si attrayant? que de vouloir l’entendre, je me gâche le sommeil, le sommeil, la vie.

et s’agirait-il vraiment de ma voix, est-ce ma voix qui importe, n’importe quelle voix n’y conviendrait-il pas ? qu’une phrase résonne. une phrase ou la parole? que ça ne cesse, de parler. ne cesse. (que ça parle. (d’1 voix sanx voix)).

et s’agit-il aussi, encore de cette/ma voix douce dont j’ai pu écrire ici qu’elle me manquait quand j’écrivais? que je continuerais d’entendre sous le martèlement des touches, dans le ralentissement du débit, cette voix qui, fût-elle transformée, appauvrie, à l’écrit ne passe pas. je le sais, ne passe plus.

on me disait autrefois, quelquefois, on m’a dit, ah quand je te lis, je t’entends. c’était un temps, où je faisais nettement plus d’efforts, pour écrire. où je me relisais, où je passais un temps fou, à me relire, à réécrire, à écrire, jusqu’à ce que j’entende. jusqu’à ce que la voix sonne, différente. mais trêve de nostalgie, si je n’écris plus comme ça, c’est que ça n’était pas ma voie.

pour noël, jules a reçu beaucoup de jouets, trop peut-être, me disais-je hier, ce sont des jouets qui parlent, il a une chaise qui parle, des livres qui parlent et une grenouille qui parle; parfois, il les actionne tous à la fois, y ajoute encore les mélodies de son petit synthétiseur ; j’observais ça, hier, et je me disais que c’était peut-être triste, ces jouets d’enfants solitaires. je m’étais alors vaguement demandée s’il s’agissait déjà d’un certain besoin d’entendre de la voix. allez savoir.

un moment, j’aurai également pensé, plus tôt dans la journée, que les femmes peut-être, les mères, s’entendaient avec les enfants, à cause de ça justement aussi, qu’elles aimaient ça, être dans la voix, simplement, loin du sens – ce n’est que maintenant que j’écris, que toutes ces rapprochements viennent à se faire. je veux dire que moi, ça me plaît, les chansonnettes, les ritournelles de jules. enfin, ces voix-là, sont elles loin d’être muettes.

(et puis, il y a « la haine », ces 2 mots, que j’entends souvent. « la haine ».) et jules se lève qui va mettre un disque.