(je note mes rêves sur papier, histoire de n’être pas

distraite par l’environnement logiciel, digital, virtuel (les réseaux sociaux…) qu’implique le travail sur un ordinateur. écrire sur papier, c’est comme fermer les yeux, y aller. ensuite, je me force à les recopier ici, sur le site. ça me permet également de mettre un peu de distance, d’oublier le plus souvent complètement ce que j’avais d’abord noté, et d’y revenir. mais, je n’aime pas faire ça, du tout. par ailleurs, comme la chronologie est importante pour moi, je publie mes notes non pas à la date du jour de leur publication ici, mais à la date du journal papier. voilà.)

il faut que je
de ça parle
absolument puisque
cette angoisse depuis
vendredi
absolument arrive à par
ler de ça, lundi, cette angoisse où je plonge à la seule idée d’avoir à
facturer

 …

art – jean //// L’art Jean !

et scène serviette sèche corps nue alix regard arène salle de bain toujours tiberghien 11 ans ////

….

 

bien sûr qu’il y va au désir de l’analyste en revient vaillamment

JOYCE LE SYMPTOME, I – extrait

« C’est bien ce qui se constate dans ce qui fait de Joyce le symptôme, le symptôme pur de ce qu’il en est du rapport au langage, en tant qu’on le réduit au symptôme – à savoir, à ce qu’il a pour effet, quand cet effet on ne l’analyse pas – je dirai plus, qu’on s’interdit de jouer d’aucune des équivoques qui émouvrait l’inconscient chez quiconque.

Si le lecteur est fasciné, c’est de ceci que, conformément à ce nom qui fait écho à celui de Freud, après tout, Joyce a un rapport à joy, la jouissance, s’il est écrit dans lalangue qui est l’anglaise – que cette jouasse, cette jouissance est la seule chose que de son texte nous puissions attraper. Là est le symptôme. Le symptôme en tant que rien ne le rattache à ce qui fait lalangue elle-même dont il supporte cette trame, ces stries, ce tressage de terre et d’air dont il ouvre Chamber music, son premier livre publié, livre de poèmes. Le symptôme est purement ce que conditionne lalangue, mais d’une certaine façon, Joyce le porte à la puissance du langage, sans que pour autant rien n’en soit analysable, c’est ce qui frappe, et littéralement interdit – au sens où l’on dit – je reste interdit.

Qu’on emploie le mot interdire pour dire stupéfaire a toute sa portée. C’est là ce qui fait la substance de ce que Joyce apporte, et par quoi d’une certaine façon, la littérature ne peut plus être après lui ce qu’elle était avant.

Ce n’est pas pour rien que Ulysse aspire, aspire un quelque chose d’homérique, bien qu’il n’y ait pas le moindre rapport, quoique Joyce ait lancé les commentateurs sur ce terrain, entre ce qui se passe dans Ulysse et ce qu’il en est de l’Odyssée. Assimiler Stephen Dedalus à Télémaque… On se casse la tête à porter le faisceau du commentaire sur l’Odyssée. Et comment dire que Bloom soit en quoi que ce soit, pour Stephen, qui n’a rien à faire avec lui, sauf de le croiser de temps en temps dans Dublin, son père ? – Si ce n’est que déjà Joyce pointe, et se trouve dénoter que toute la réalité psychique, c’est-à-dire le symptôme, dépende, au dernier terme, d’une structure où le Nom-du-Père est un élément inconditionné.

C’est en tant que l’inconscient se noue au sinthome, qui est ce qu’il y a de singulier chez chaque individu, qu’on peut dire que Joyce, comme il est écrit quelque part, s’identifie à l’individual. Il est celui qui se privilégie d’avoir été au point extrême pour incarner en lui le symptôme, ce par quoi il échappe à toute mort possible, de s’être réduit à une structure qui est celle même de lom, si vous me permettez de l’écrire tout simplement d’un l.o.m.

Ce faisant j’introduis quelque chose de nouveau, qui rend compte non seulement de la limitation du symptôme, mais de ce qui fait que c’est de se nouer au corps, c’est-à-dire à l’imaginaire, de se nouer aussi au réel, et comme tiers à l’inconscient, que le symptôme a ses limites. C’est parce qu’il rencontre ses limites qu’on peut parler du nœud, qui est quelque chose qui assurément se chiffonne, peut prendre la forme d’un peloton, mais qui, une fois déplié, garde sa forme – sa forme de nœud – et du même coup son ex-sistence. »

Conférence donnée par J. Lacan dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne le 16 juin 1975 à l’ouverture du 5e Symposium international James Joyce. Texte établi par Jacques-Alain Miller, à partir des notes d’Éric Laurent. L’âne, 1982, n° 6.  Joyce avec Lacan, Paris, Navarin, coll. « Bibliothèque des Analytica », 1987.

où un rêve me force à me souvenir d’un autre rêve (viscéral)

dimanche 22 mai

rêve hier

marrant, m’y souvenais d’un rêve que j’avais déjà fait, me rappelais d’un rêve oublié, m’en rappelais donc, avec toutes les  virgules lacunes qui y attiennent.
plusieurs personnes
2 hommes, 2 femmes ?
font, faisons des choses (plus interdites qu’interdites, le plus interdit de l’interdit) (j’ai mis entre parenthèses, parce que pas sûre que ce soit ça) .
j’accepte de le faire
je suis couchée sur le dos.
me vois comme ça, je veux dire la caméra est là, la caméra du rêve, mais placée de façon à ce que je ne voie pas vois pas ce qui se passe dans mon ventre. je ne vois pas de mon point de vue, de mon point de vue dans le rêve, où je suis couchée sur le dos, car si je voyais de mon point de vue, d’où je suis dans le rêve, de comment je suis, je verrais tout. or, c’est très important que je ne voie pas tout, que je ne voie d’ailleurs rien du tout. je suis couchée sur le dos, sur une table d’opération, et mon ventre est ouvert, et les autres, et c’est ça la chose plus qu’interdite, les autres jouent avec tous les organes de mon intérieur, à pleines mains, ils y vont, et ça, c’est censé leur, et me procurer du plaisir, de la jouissance. personne ne fait ça, et personne ne peut faire ça, et personne ne connaît ça, mais nous sommes une petite bande qui… moi, c’est la première fois. donc, je ne vois pas ce qui se passe, parce que la caméra est placée sous la table d’opération, du côté de ma tête, je pourrais voir ma tête, mais c’est tout. donc,  c’est très viscéral, et c’est tout ce qu’il y a de possible à en dire. si c’est ce n’est qu’il y a une chose que je ne veux pas, je n’ose pas faire, mais je ne sais plus  très bien ce que c’est , mais que les autres font, moi, je suis novice, c’est ça, novice au fond. ils sont plusieurs, occupés dans mes tripes, eh bien, c’est possible, que ce qu’ils aimeraient, ce qui serait encore mieux pour eux, et qu’ils se font entre eux, c’est, faire des choses sexuelles, dans mon corps ouvert, ha ha. mais je ne veux pas.
voilà, c’est le rêve dont je me rappelais dans mon rêve, mais le rêve lui-même, celui où je me souvenais, je ne m’en souviens plus,
marrant.
(non relu) (parce que c’était vraiment insupportable pour moi d’écrire ces choses, ça l’est devenu, parce que je ne sais plus du tout quoi faire, de mon analyse)

 

névrose obsessionnelle – « l’idéal et le père sont dérivés du regard »

mardi matin, fin juin mai, peut-être le dernier jour1, allez savoir.

je pense que je l’ai déjà dit, je n’aime plus écrire ici, je continue, pourquoi, parce que je sais crois que je le dois, pourquoi, je ne sais pas, pourquoi, parce que j’ai fait une analyse, qu’elle a duré très longtemps et que je ne sais pas comment en finir.

je ne sais pas si vous avez lu le 14 ème cours de jacques-alain miller, non? non. oublions, oublions donc et le 14ème cours et tous les autres cours.

je, suite, autre cause : parce que toute ma vie j’ai pensé que je serais psychanalyste un jour haha haha haha mais que ça ne se fait paspas paspas paspas.  à cause de quoi ne suis rien ni personne, ce qui n

bien, souvenons-nous plutôt de la névrose obsessionnelle pour un instant, et passons allègrement outre ce que je viens de dire pour tourner retourner au 14ème cours. Le cours à propos de montpellier, montpellier où, il fut question des névrosés obsessionnels et du regard.

[la semaine dernière, quand j’ai vu, quand j’ai été parler à celui qui peut-être me sert d’analyste, mais après tout je n’en sais rien, ils ont parfois tellement fait les mystérieux avec moi, les analyste parisiens, non parce qu’ils étaient parisiens, mais parce qu’il venaient après l’analyse de treize ou quatorze ans qui s’étaient tenue à Bruxelles, avec un seul et même analyste, ceux qui vinrent après, eh bien, firent les mystérieux, firent même et surtoutT mystère sur le fait que j’étais ou non en analyse avec eux, moi qui ne conçois a priori pas d’autre relation avec un analyste, lorsqu’elle se tient dans un cabinet et sur une base ultra-régulière et qui plus est contre menue monnaie, d’autre relation que d’analyste à analysant… je ne dis pas que ça ne soit pas un truc très en v(a)gue avec les analystes, de faire les mystérieux, mais enfin, que ça aille jusqu’au point qu’ils ne veuillent pas même mettre de mot sur la relation qu’ils paraissent presque consentir avoir avec moi…]

en colère en ce moment crois-je

donc, la semaine dernière au lieu de lui dire à celui dont je suppose qu’il est mon analyste, mon supposé-analyste, mon  par-moi-supposé-analyste, pourquoi j’avais ressenti de la fureur contre lui, je lui ai raconté la scène d’ALIX :

j’avais onze ans, ai-je dit, mais cela n’est pas du tout sûr, j’ai lancé ça au grand hasard, à l’âge de onze ans, lui dis-je donc, me prit un drôle de truc, je lui parle de  « première intrusion », d’une extrême bizarrerie dans mon comportement, et d’une bizarrerie, dirais-je, privée, un truc que je ne pouvais pas m’empêcher de faire dans la salle de bain de la rue tiberghien,2  celle où je pris des bains avec mes frères en maillots de bain sans que pourtant ça n’aie empêché nos parents de se fâcher sur misérables nous, brimborions d’enfantiaux, dans cette salle de bain donc, à une époque où ma mère ne me lavait plus, mais où je me lavais seule, où ma mère ne passait plus sur mon corps et de la tête au pied un gant de toilette, pour me sécher, au sortir de la baignoire je m’agenouillais au sol, mon buste sur mes genou, les bras le long de mon corps, le visage au sol, cette une pose de yoga tiens en fait, je pourrais trouver une image de ça sur le net, mais je ne connais pas son nom, je m’agenouillais mettais mon visage au sol, mes bras le long du corps, et sous une serviette qui entièrement me recouvrait, sur mon dos par moi là mise, j’attendais de sécher.

et je crois qu’au loin, je pensais à une image dans Alix, où une jeune femme, princesse nue au milieu d’une arène de regards par un homme se voit humiliée, il donne un coup de couteau dans sa robe, à l’épaule, et oups, elle se retrouve nue, devant toute l’assemblée, s’effondre lentement sur elle-même, s’agenouille au sol, se replie, et une fois qu’elle est là, nue, prostrée,  Alix, magnanime, jette sur son corps un bout de tissu.

j’ai donc raconté ça, parce que je ne l’avais jamais raconté, au moins m’en souvient-il, parce que ça n’avait jamais trouvé à s’insérer dans le fil de mes heures de papote en séance.

 

Au fond, […]  à propos d’une phrase clinique de Lacan : « arracher l’obsessionnel à l’emprise du regard ».

Et ça ne va pas de soi, qu’on puisse dire que ce soit là l’essentiel. On dirait dans la psychanalyse qu’il s’agit de l’idéal du moi, l’instance qui surveille et qui juge, on évoquerait l’homme aux rats, qui à un moment spécial de sa jouissance s’en va ouvrir la porte pour voir si son père n’est pas là. Ce que Lacan indique, au contraire, c’est que le père, le grand I de l’Idéal-de-moi, ce sont des fictions, ce sont des fictions qui permettent de méconnaître ce qu’il y a à la racine, qui est la présence du regard.

Le réel du symptôme obsessionnel – c’est pas le père, c’est pas l’idéal-du-moi -, le réel du symptôme obsessionnel que Lacan nous invite à atteindre c’est le regard – l’idéal et le père sont dérivés du regard.

C’est dans ce sens que Lacan peut dire que la vérité est sœur de la jouissance, sœur cadette – c’est-à-dire qu’elle vient après. Mais il y a d’abord la jouissance. Ce qui vraiment inverse l’ordre sublimatoire dans lequel l’orthodoxie psychanalytique – y compris la lacanienne – nous a appris à penser.

14° cours de Jacques-Alain Miller, 25 mai / le point de capiton de Montpellier / tripartition de consistances cliniques

Notes:
  1. peut-être le dernier jour de juin mai. []
  2.   la salle de bain du rêve du geyser, celle à laquelle pour parvenir il fallait traverser la première pièce de l’atelier de mon père, celle où il avait son canapé, ce canapé sur lequel il me lut la bible, la pièce d’où un geyser jaillit, que je traverse dans le rêve, non pas le geyser, bande de, la pièce, pour arriver dans la salle de bain où manque le lavabo, où le lavabo a disparu, dont le lavabo a été ARRACHE, ce qui me fait penser que c’est la fin, vraiment, qu’on ne s’en sortira plus, la fin de la maison LLUMER, et que ces travaux, non, on n’arrivera pas à les faire []