vendredi 4 janvier 2013 @ 12h46

Dans le monde ancien et tout contracté des « localités », les choses, les discours, les œuvres avaient à croître et à devenir.

Dans le monde ancien et tout contracté des « localités »,  les choses,  les discours,  les œuvres avaient à croître et à devenir. Ils avaient à se propager de bouche en bouche ou de main en main, et ils se propageaient en étoile, au petit bonheur, se différenciant et se symbolisant toujours davantage, et formant des mondes culturels distincts les uns des autres,  avec leur légendes,  leurs mythes,  leurs rites propres.  Dans le monde contemporain de la mondialité,  rien ne se propage plus : tout est déjà immédiatement  propagé, déjà universel,  déjà connu de tous. Un récit,  soumis au régime du « mondial » ne se développe pas,  ne se transmet pas : il atteint immédiatement sa forme définitive. Aussi n’est-il jamais traité comme discours.  Il ne se donne pas comme texte à déchiffrer,  mais comme « reportage »,  bloc de réel à l’état pur. L’événement est trop vite su, figé mondialement dans son « quoi » sans devenir, pour faire germer un récit.1

Il fut un temps où  j’essayais de penser ce qui est décrit là en terme de « translation »2 . Sur les réseaux sociaux, les choses ne circulent plus que reproduites mécaniquement, à l’identique et par écrit.  Par écrit, sans qu’aucune main, aucun doigt n’en détaille plus les lettres, c’est en bloc compact qu’elles  sont sélectionnées, copiées, collées.  « Bloc de réel à l’état pur »  en effet, dont seul compte le chiffre de jouissance :  pur Un ((du Y a d’l’Un lacanien)) hors sens, ne valant que par sa frappe, like ou Retweet, racine de l’addiction. On est dans le « One to One », le « want to want » de la pulsion acéphale, littéralement sans queue ni tête. (One to one qui est  One to Self que la boîte d’écho de l’internet mue One to Many.)

Notes:
  1. Cédric Lagandré, Le monde des asphodèles,  « Le protocole du sens » ,  p.  81, 82. []
  2. Définition translation
    Action de faire passer une chose d’un lieu dans un autre.
    Déplacement d’un corps dont tous les points décrivent des trajectoires égales et parallèles entre elles. Action de transférer une propriété d’une personne à une autre. Biologie : Translation de coupure  []
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vendredi 4 janvier 2013 @ 17h04

la certitude du réel opposée au doute du symbolique

J’essaie donc de lire Cédric Lagandré1. Curieusement facile et difficile à la fois. Ainsi, lorsqu’il cite Descartes  (p. 105),  attribue-t-il au semblant la certitude (« le fait de cette semblance est quant à lui une certitude inébranlable. La consistance du semblant est sans défaut, sans qu’il soit question d’attendre la sanction de l’existence divine« ) quand je l’aurais moi-même, et sans nul doute, attachée au réel de la lumière, du son, de la chaleur.

« … je vois la lumière, j’ouïs le bruit, je ressens la chaleur. Mais l’on me dira que ces apparences sont fausses et que je dors. Qu’il en soit ainsi ; toutefois, à tout le moins, il est très certain qu’il me semble que je  vois, que j’ouïs, et que je m’échauffe. »

« Lumière, son, chaleur » sont pour moi le lieu de l’ « il y a », de la pierre de plus en plus pierre de Nietzsche ou de la montagne de Hegel. Le réel est de leur côté, son épreuve une certitude. Le doute n’apparaît qu’avec le symbolique, en l’occurrence sous cette forme un peu drôle du « On me dira que… » (ah! ce que l’autre pourrait en dire…)

Donc, de mon point de vue,  « Je vois la lumière, j’ouïs le bruit, je ressens la chaleur« , ces épreuves physiques, situent le réel du corps, du corps organe qui ressent le réel de la lumière, du bruit, de la chaleur.

Tandis qu’avec le  « Mais l’on me dira… » commence le travail de sape du symbolique. Ici, on rentre dans le jeu du possible, de ce qui peut, pourrait être dit. C’est bien le verbe qui nous fait sujet, qui nous met au monde comme sujet, à la condition que nous nous en remettions à sa loi. Que nous acceptions de nous en faire la dupe. Et le sujet (du verbe) n’est qu’un semblant (une commodité pour faire monde) du réel de l’humain qu’il représente.

Le symbolique, le semblant, sont le lieu du doute, du possible, opposé à celui, silencieux, du réel, qui ne discute pas, qui existe. C’est le « je pense » qui entraîne le doute du « je suis ». C’est le « je pense » qui tire l’existence à l’être en la nommant, en la ratant – l’amenant à réessayer, à épuiser tantôt  tous les possibles du dit.

Notes:
  1. La plaine des Asphodèles, je le lis très mal, maintenant par bribes, au hasard []
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lundi 14 janvier 2013 @ 14h31

La grand’route et le signifiant « être père » (extraits)

 

« La route, voilà un signifiant qui mérite d’être pris comme tel – la route, la grand-route sur laquelle vous roulez avec vos divers ustensiles de locomotion, la route qui va par exemple de Mantes à Rouen. Je ne dis pas Paris, qui est un cas particulier.

L’existence d’une grand-route entre Mantes et Rouen est un fait qui à soi tout seul s’offre à la méditation du chercheur.

Supposons que – comme il arrive dans le sud de l’Angleterre, où vous n’avez ces grand-routes que d’une façon excessivement parcimonieuse – vous ayez à passer, pour aller de Mantes à Rouen, par une série de petites routes, comme celle qui va de Mantes à Vernon, puis de Vernon à ce que vous voudrez. Il suffit d’avoir fait cette expérience pour s’apercevoir que ce n’est pas du tout pareil, une succession de petites routes et une grand-route. Nons seulement ça vous ralentit dans la pratique, mais ça change complètement la signification de vos comportements vis-à-vis de ce qui se passe entre le point de départ et le point d’arrivée. A fortiori, si vous imaginez toute une contrée couverte d’un réseau de petits chemins, sans que nulle part n’existe la grand-route.

La grand-route est quelque chose qui existe en soi et qui est reconnu tout de suite. Quand vous sortez d’un sentier, d’un fourré, d’un bas-côté, d’un petit chemin vicinal, vous savez tout de suite que là, c’est la grand-route. La grand-route n’est pas quelque chose qui s’étend d’un point à un autre, c’est une dimension développée dans l’espace, la présentification d’une réalité originale.

La grand-route, si je la choisis comme exemple, c’est parce que, comme dirait M. de la Palice, c’est une voie de communication.

 Vous pouvez avoir le sentiment qu’il y a là une métaphore banale, que la grand-route n’est qu’un moyen d’aller d’un point à un autre. Erreur.

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lundi 14 janvier 2013 @ 15h47

de l’autoroute (Lagandré vs Lacan, du nom-du-père à l’usage)

Ils se consacrent à l’aménagement d’une existence confortable, affranchie du besoin de sens, et à laquelle suffit amplement la perspective d’une prolongation indéfinie.1

[…] s’annonce un « monde » commode à tout point de vue, ajusté sans médiation aux usages humains et réduit de force à ces seuls usages : un monde sans arrière-fond, sans possibilités secrètes, pas même orienté vers un mieux, visant sa seule perpétuation.2

[…] le monde ne fait plus question, son fait mystérieux ne les concerne plus. L’heure est à son aménagement, à sa rationalisation pour l’usage des hommes.3

Lire, se demander ce qu’il en est de cet « usage » ?

Pour s’ en expliquer, Cédric Lagandré se réfère à l’autoroute. L’autoroute, explique-t-il, est à usage unique. Elle sert à passer d’un endroit à un autre aussi vite que possible.  Point barre. Une route de campagne, elle, offre bien d’autres possibilités. Sa consommation ne s’achève pas du seul fait de son parcours, il y a du reste :

L’exemple de l’autoroute fait apercevoir la chose d’un coup d’œil : l’autoroute n’est pas une chose, mais une fonction. Elle n’existe pas indépendamment de cette fonction. Et celui qui l’emprunte ne fait nullement une expérience du monde : une fois sur l’autoroute, il est pour ainsi dire déjà arrivé. Au-delà de cette puissance qu’elle actualise toujours, être parcourue, l’autoroute ne peut plus rien. Aucune virtualité ne se cache en elle. Elle est d’ores et déjà allée au bout de ses possibilités, qui s’incarnent dans sa fonction. Une route de campagne, pour faire la comparaison, en plus d’autoriser le parcours, autorise aussi le détour et le détournement, c’est-à-dire la « défonctionnalisation » : je peux m’y arrêter, par exemple, et son parcours m’insinue dans les plis du monde qui se découvre à mesure. Je ne peux actualiser toutes ses puissances en un seul usage: si je la parcours en auto, me manque l’expérience de son parcours à pied. Je ne l’ai donc pas « consommée ». Son identité à elle-même est complexe et jamais entièrement dépliée : son être-autre hante encore toutes ses actualisations.4

Lacan, je m’en souviens, parlait lui de la grand’route du Nom-du-Père ((  Les psychoses, chap. XXIII « La grand’route et le signifiant ‘être père' », p. 326 )), de la grand’route comme métaphore de ce signifiant qui manque dans la psychose, qui polarise, accroche les significations.

Est-ce qu’il y aurait par hasard le moindre rapport dans l’utilisation de l’autoroute comme métaphore chez l’un de l’usage, chez l’autre du signifiant « être père« ? On pressent qu’une sorte d’inversion, de retournement y est à l’œuvre.

Au contraire de Lagandré, Lacan refuse de voir la grand-route réduite justement à son seul usage :  « Vous pouvez avoir le sentiment qu’il y a là une métaphore banale, que la grand-route n’est qu’un moyen d’aller d’un point à un autre. Erreur. »  Pour Lacan, elle est ouvreuse d’un champ, d’un espace :  « La grand-route, dit-il, n’est pas quelque chose qui s’étend d’un point à un autre, c’est une dimension développée dans l’espace, la présentification d’une réalité originale. »

Lagandré

Autoroute
métaphore de l’usage

Jouissance Une

Usage (jouissance) unique –> Un (jetable) –> consommation sans reste/consommation du reste

Lacan

Grand-route
métaphore du signifiant « être père« 

Nom-du-père

Signifiant du désir,
désir en son fond impossible, non-consommé,  et
qui crée le reste,
reste qui se fait alors relance du désir.

C’est devenu un lieu commun que de dire que le monde contemporain a vu la  dissolution du nom-du-père (unique), de la fonction paternelle (exception), de la démultiplication des noms-du-père (comme autant de noms-du-pire) et  que le langage ne troue plus seulement le psychotique, mais  que « tout le monde est fou« , tout le monde vit sur le bord du trou. Aussi le hasard qui a voulu que Lagandré prenne l’autoroute comme métaphore de l’usage, quand Lacan l’avait prise comme métaphore du Nom-du-Père, trouve-t-il à s’en expliquer d’une façon qui n’est pas totalement, elle, due au hasard.

Et l’on s’aperçoit qu’il s’agit avec l’usage, dans l’acception de Lagandré, de la consommation, de la jouissance d’un reste du Nom-du-Père de Lacan – ce signifiant qui rendait possible la signification – séparé de toute signification, absolument insignifiant, dont seule la marque est restée, marque qui en fait la jouissance. Qu’en dire de cette marque ? Sinon qu’elle répondrait de ce que le langage a marqué le corps, l’a marqué hors sens,  y a fait trace, empreinte vide dont on ne sait rien. L’esprit a entendu les mots,  le corps a « entendu » également, mais autrement. Il l’a marqué de cette façon dont on ne peut aujourd’hui, à la suite de Lacan et de Miller, rien dire d’autre sinon qu’elle est jouissance. Qu’elle est ce à quoi il faut retourner, retourner malgré soi et dont le  corps est le support.

Du signifiant du désir, n’est resté que la jouissance, celle-là même qui manquait au signifiant, au nom-du-père et dont le manque relançait le désir. Cette jouissance est l’usage que désigne Lagandré.

Autrefois – dira-t-on, dans le monde ancien… – l’autoroute pouvait représenter l’ouverture d’un  champ de significations possibles, virtuelles, d’un réseau dont elle est la clé, sans laquelle il se dissout, aujourd’hui que ces significations n’existent plus, l’autoroute est devenue fermeture, enfermement dans un usage autiste, délié du sens, réduit à sa seule marque. On parle de marque parce qu’il s’agit d’indice de la rencontre du corps et du signifiant. Hors sens, cette marque, est jouissance. Hors sens, cette marque est remembrance, se souvient, répète la première rencontre du réel du corps et du signifiant, de la séparation du corps réel d’avec lui-même par le signifiant, sa refente. (Dans cette refente le sujet naît qui pourrait prendre la parole quand le silence aujourd’hui lui parle mieux que jamais. Or il y a, toutes les nouvelles formes de l’écriture, port aujourd’hui pour l’angoisse, lieu d’une liberté neuve caressée par l’image. Et silencieuse encore.)

Évidemment, j’élide malheureusement une bonne part de ce que CL cerne dans ses remarques sur l’usage. Il faudra que j’y retourne. De même, il me faudrait probablement retourner à cet espace que dit Lacan, qu’ouvre l’autoroute.

[ En cours : 14 janvier 2013 – 30 mars 2013 ]

Notes:
  1.  Cédric Lagandré, La plaine des asphodèles,  p.10. []
  2. Ibid., p.11 []
  3. Ibid., p. 15. []
  4. Ibid., p. 23. []
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mercredi 23 janvier 2013 @ 17h01

paris neige

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mercredi 23 janvier 2013 @ 17h43

Me réveille, vois film qui est en fait une émission radio, où je vois la lecture d’un livre,

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Avant ça rêve avec analyste YD.
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I. Je vois ce que j’entends

Me réveille,  vois film qui est en fait émission radio, où je vois la lecture d’un livre,  qui est un classique, un chef d’œuvre, dont j’ai retenu que c’était « Don Quichotte » mais ce n’est pas ça,  quelque chose comme ça,  je suis émerveillée, au-delà du dicible,  transportée,  cela apparaît devant mes yeux,  le personnage bouge,  évolue,  jusqu’à ce que je me rende compte que le personnage  évolue dans mon propre appartement !  Le truc est le suivant : dans le film,  l’image du film,  seul le corps du héros est opaque,  le reste de l’image est transparente ! j’ai donc l’impression que le film,  le personnage du film évolue dans mon appartement qu’il peut voir et dont il prend connaissance, circulant partout.  Cela me rend si extraordinairement heureuse que je stoppe l’émission pensant la reprendre plus tard,  désireuse de jouir un moment tranquillement de l’état dans lequel je suis. 

II. Je lèche ce que je vois et qui est beau

Ensuite.  C’est assez difficile à décrire, ça rebute plutôt à l’être. Je vois,  je vois un détail de quelque chose et cela me met dans dans un état de félicité absolue  qui, pour le traduire, m’amène à lécher ce que je vois,  qui est un tout petit objet, un mini meuble,  avec un tiroir,  rouge,  dont la beauté, j’en suis consciente, ne tient qu’à ce moment précis de lever du jour,  de lumière qui vient.

Je suis physiquement très excitée, j’épile d’une main rapide les derniers poils qui me restent au niveau du sexe sur lequel je pose ma main-coquillage.  Cette idée de lécher ce que je vois me paraît si adéquate que je me mets à lécher d’autres endroits,  commençant à voir les poussières, me découvrant  capable de les aspirer,  découvrant une nouvelle manière de faire le ménage,  plus naturelle,  jusqu’à ce que j’aspire de petits insectes,  ce qui ne me convient au fond pas,  je cesse alors et passe à une activité de nettoyage à proprement parler. 

Je ne sais plus alors vraiment comment ça se passe.  L’activité se transforme en danse et je sais que cette danse je vais pouvoir la reproduire,  même si cette quasi certitude s’assortit de la pensée fugace que je ferais tout de même mieux de l’écrire – or je sais, je sens, que je connais son départ,  son motif,  que je ne pourrai donc pas oublier  – mais,  tout en en formant l’idée,  cela à lieu,  je commence à  montrer,  à faire une démonstration de ma danse à un metteur en scène,  sachant que dubitatif d’abord il finira par accepter,  par se rendre à l’exceptionnelle beauté de ce qu’il voit,  et acceptera de le produire en spectacle sur plusieurs représentations,  dont je décide de ne rien dire à F., quitte à  prétexter d’un voyage à Bruxelles pour voir ma mère que j’aurai mise dans le coup pour couvrir mon secret.  Je poursuis ma danse,  nue,  dans un état de grand bonheur. 

————-

 Écrit au réveil,  très tardif,   dans le noir, sur mon Galaxy Note II. 

Éléments de la veille 

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mercredi 23 janvier 2013 @ 18h13

où il est question d’argent

Fait donc ce rêve juste avant celui de la danse, dans la même nuit.

J’arrive chez YD, peut-être tout juste à temps. Il me voit, mais fait à ce moment-là entrer quelqu’un dans son cabinet. Il y a énormément de monde dans sa salle d’attente. Il revient et me prend. Je commence à lui parler.

/ je cherche en ce moment un psychanalyste à qui parler de ce dont il m’apparaît que ce pourrait être la dernière chose que j’aurais à régler, la demande avec laquelle je pense que je pourrais arriver, celle de gagner de l’argent. Mais je ne sais plus chez qui aller. /

Nous sortons, je parle dehors. De différentes choses qui paraissent l’enchanter, je finis par retomber sur mes pattes, et lui dire donc ce qui m’amène, que le dernier problème que j’aurais à régler puisse être celui de l’argent à gagner. Mais il met cela en doute gentiment, le balaie d’un sourire dirais-je. Un policier arrive auquel il porte à mon goût trop d’attention. Il l’écoute, ce policier qui a un problème, et je crains que ce policier n’entende ce que je m’apprête à dire, qui doit être l’histoire de l’argent que j’essaie de défendre, tandis qu’il la minimise avec des cajoleries. Nous passons au tu, parfois je suis dans le creux de ses bras. La séance se clôt.

Je renonce à lui parler de quelque chose qui a trait à la longueur de la séance, un reproche que tiendrait à ce que me paraît être son application d’une durée standard à ses séances. Il me renvoie au policier, m’enjoint de l’accompagner. Ne me fait pas payer la séance, séance d’amour donc.

/ Douleur a à main gauche pour tenir le Galaxy note 2 très désa.  Trouver une solution, hélas, je crains. /

Je me retrouve donc dans la voiture du policier qui est en civil, qui n’est plus en activité donc, c’est là son problème, soit il est à la retraite, soit il a dû rendre son tablier en raison de certaine faute. Il fait des manœuvres avec sa voiture, se gare auprès d’une autre voiture dont il bloque la sortie, appelle un central pour dénoncer l’opération qu’il vient de découvrir, illicite, d’un autre policier. Il remet donc le pied à l’étrier, par cette action, d’exception. Il fait 3 manœuvres spéciales avec sa voiture. L’autre policier est sorti, immobilisé, sur le dos, de sa voiture. Je téléphone à YD qui paraît content de m’entendre. S’intéresse surtout aux actions du policier. Je découvre un papier, plan, qui reprend les 3 manœuvres si du policier, les nomme. Je dis les noms. J’ai assisté au déroulement de deux d’entre elles, la troisième et dernière n’a pas encore eu lieu.

Ce rêve précède celui de la danse.

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mercredi 30 janvier 2013 @ 19h51

la jouissance du fonctionnement

Monde réduit à son fonctionnement. Jouissance de ce fonctionnement.

Réflexion que je me fais probablement en suite à ce que nous nous disions hier soir,  Frédéric  et moi,  en rapport avec le fonctionnement d’internet,  de ses applications.
Qu’il s’agit essentiellement de faire tourner, et surtout à vide. Que ça roule.  Facebook,  Minecraft, une interface spéciale à son boulot,  censée fonctionner comme Facebook, dont les utilisateurs ne s’occupent que de chercher comment le faire fonctionner.

Ce pourquoi j’aime les problèmes informatiques: on en vient toujours à bout.

Je crois que Frédéric  à dit : oui,  mais ça c’est « La forme et le fond ».

J’ai essayé de mettre ce en rapport avec ce que j’avais lu chez Lagandré, que j’avais pas bien capté,  à cause de quoi je l’ai mal retenu: « le monde réduit à son usage »,   cet usage lui-même réduit à l’un,  à l’unicité  (la dosette,  la lingette)(c’te disette) (une cigarette aussi… donne-m’en une. tiens, ma goulée, la dernière. mon amour . ) Exemple de l’autoroute donne par Lagandré : une fois parcourue sa consommation est achevée. Son parcours est sa consommation. À l’opposé de la route de campagne dont les  usages possibles sont beaucoup plus nombreux,  qui ne se laisse donc pas consommer (on peut faire des détours,  s’arrêter,  etc.)

Est-ce que cette fonctionnarisation du monde a à voir avec ce dont nous parlions hier,  le fonctionnement ? Il semble bien.

Le fonctionnement de la machine. L’usage de la machine. La consommation de la machine.

Et ceci qui,  je le crois bien,  se rapproche de ce que j’avançais plus tôt ce matin (je suis toujours au lit,  j’ai attelé Jules à Minecraft).

Lagandré souligne la caractéristique de l’usage unique,  souligne que ce qui se perd c’est l’équivocité du signifiant,  qu’à un signifiant ira se rattacher une seule et unique signification (ça,  c’est du Lagandré,  hein,  pas de la psychanalyse).

Hypothèse : cette seule et unique signification est toujours la même : vide,  et ne vaut que par sa marque (entendre : Schlague,  entendre coup,  comme un coup de fouet) ,  sa Brand .

Ce qui est recherché : se mettre sous le coup,  dans la marque,  être marqué. Le moment du coup. 

 

La machine n’est pas humaine,  en ceci que c’est de par l’univocité de son langage qu’elle fonctionne. Ce qui n’est plus supporté,  c’est l’équivocité. C’est l’équivocité qui fait le trumain. Je veux te dire ça,  et ce n’est jamais ça. Le repos de la machine,  c’est qu’elle ne veut rien dire,  elle fonctionne selon un langage qui ne veut rien dire.  L’insupportable, c’est le vouloir. C’est le ratage.

Je prétends moi,  que c’est nous qui cherchons à  devenir des machines non-humaines,  célibataires.

Le gratuit qui devrait l’être et qui se voit pris en otage par le marché, par ce qui marche,  ce qui fonctionne,  c’est l’homme qui reconnaît son prix à ce qui y échappe absolument et qui cherche à  l’intégrer dans ce qui marche,  le marché,  le commerce des hommes, là où ce commerce n’est plus celui des hommes mais des machines (à calculer).

Le monde réduit à une image et un chiffre.

Ne pas relire.  Vous saluer.  Prendre un bain.  Rejoindre Jules.

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jeudi 31 janvier 2013 @ 9h55

Expo d’hier, The museum of Everything, un mot, rapide

Beaucoup de textes affichés, des adresses, des suppliques.

J’ai pensé naïvement que c’était peut-être ça aussi l’art qu’on ne dit plus naïf brut :  naïvement écrire et exposer des textes qui comptent pour soi,  des pensées que l’on a.

Naïveté de l’art brut, « outsider », qui va directement straight to the point,  sans détours.

En quoi consiste les détours de ceux qui en font ? Délices d’interprétations?

Qu’est-ce qui me retient d’écrire des mots et de les mettre au mur ? De figer leur nature d’objet? Une de leurs natures d’objet.  Ah non, je n’aimerais pas m’exposer aussi crûment. Je ne pourrais pas.

Ce rappel,  également :   Faire,  gratuitement. Donner seulement une existence matérielle à ce qu’on a en tête.

Moi qui suis en ce moment si soucieuse préoccupée émue de ce qui y arrive encore à trouver forme matérielle.

Matériel étant ici opposé au virtuel,  au click et au  scroll.

Nostalgie ravivée de la main de l’homme.

Hé, au nom de quoi ? De quel survivant  idéal ? De quelle peur ou du souvenir de quel corps ? Celui qui à la matérialité n’échappe pas.

Willem Van Genk (1927-1925)

Willem Van Genk (1927-1925)

Willem Van Genk (1927-1925)

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jeudi 31 janvier 2013 @ 10h11

De l’art invendable.

En réponse à :

J’en viens parfois à me demander s’il ne faudrait pas se mettre à fabriquer, à créer des objets d’art, de l’art, qui ne puisse pas se vendre. Est-ce possible de créer de l’art invendable. Non pas gratuit mais invendable ? Bon, je sors du sujet mais je poste quand même, je réfléchis tout haut et je partage.
EV

De l’art invendable.

Je me demandais si ça ne serait pas vendu du moment où ça porterait le nom d’art, l’estampillage, la marque.

/ Ce à quoi travaille le Museum of Everything – faire sa marque, but prôné. Mais, s’agit ici de la marque d’un musée, pour, paradoxalement, exposer des gens qui ne se revendiquent pas en tant que tels, artistes. /

Par ailleurs, il y a beaucoup d’art invendu, invendable.

La marque, le nom propre, la brand, le branding sont ce qui font vendre.

Le nom propre est ce que rien ne justifie. C’est ce qui n’est pas choisi et qui s’appose à vous, pour vous représenter. C’est un signifiant pur, complètement arbitraire, absolument vide de sens. (un prénom, lui, trouvera sa source dans le choix des parents, marque de leur désir.) Le nom propre n’est pas choisi, il vous tombe dessus et incombe à votre responsabilité. Il ne suffit pas d’avoir un nom, pour n’avoir pas à s’en faire un. Ou de vouloir en changer, s’en faire un neuf – souvent comme artiste. Houellebecq qui choisit de prendre le nom de sa grand-mère, qui l’a élevé.

Par rapport au prénom, le nom vient de la nuit des temps. Gros de ce réel là de la traversée du temps, de l’insondable origine, du « meurtre de la chose » et de l’immortalité. Le réel du nom répond du réel de la personne (persona, masque). « Un manque ici recouvre un autre manque ». Celui du nom recouvre celui du corps. Un nom n’est pas moins à (se) faire qu’un corps, ne vous est pas moins étrange.

Ceci pour chercher traquer pister ce qui, de ce signifiant pur, fait son prix.

Le prix (hypothèse) vient sur ce qui justement échappe à toute raison. Là est le désirable et le jouissif. Et alors dans sa circulation. Un nom propre circule dans le discours. Ce qu’un corps ne fait pas. Ce dont il faut avoir peur aujourd’hui, c’est de la réduction de chaque chose en pur objet de discours, en pur signifiant, séparé de toute signification, en quoi il « répond » du réel qui en réchappe toujours. La réduction au signifiant (comme objet de jouissance et de circulation) et le rejet, la forclusion du corps (quand il n’est pas lui aussi réduit à un objet de commerce).

Restaurer son prix au commerce des hommes, la gratuité. Or-  si c’était si simple –  à la gratuité vient toujours se greffer l’amour et là on est foutu (voie ouverte à tous les abus.)

Écrit au réveil, de neuf heures à 10h, sur mon téléphone, dans le noir, non relu.

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jeudi 31 janvier 2013 @ 16h10

RE: Le fonctionnement des machines

Monde réduit à son fonctionnement. Jouissance de ce fonctionnement.

Réflexion que je me fais probablement en suite à ce que nous nous disions hier soir, F. et moi, en rapport avec le fonctionnement d’internet et de ses applications. Qu’il s’agit essentiellement de faire tourner. Que ça circule. Ainsi me parlait-il d’une interface à son travail censée fonctionner comme Facebook dont les utilisateurs ne s’occupent que de chercher comment la faire fonctionner.

Ce pourquoi j’aime les problèmes informatiques : on en vient toujours à bout.

J’ai essayé de mettre ça en rapport avec ce que j’avais lu chez Lagandré, que je n’avais pas bien capté, à cause de quoi je l’ai mal retenu : le monde réduit à son usage, cet usage lui-même réduit à l’un, à l’unicité (la dosette, la lingette). Exemple de l’autoroute donné par Lagandré : une fois parcourue, sa consommation est achevée. Son parcours est sa consommation. À l’opposé de la route de campagne dont les usages possibles sont beaucoup plus nombreux, qui ne se laisse donc pas consommer (on peut faire des détours, s’arrêter, etc.)

Le fonctionnement de la machine. L’usage de la machine. La consommation de la machine.

Et ceci qui, je le crois bien, se rapproche de ce que j’avançais plus tôt ce matin (je suis toujours au lit, j’ai attelé Jules à Minecraft).

Lagandré souligne la caractéristique de l’usage unique, souligne ce qui se perd de l’équivocité du signifiant, le propre même de sa nature, quand à un signifiant ne se rattache plus qu’une seule et unique signification, qu’il y perd la perte (de sens) et le sens lui-même . Comme dans le langage informatique.

// il faut que je vérifie, tout de même, dans Lagandré, si c’est bien l’usage et la perte de l’équivoque qu’il cherche à rapprocher. //

// + comment nomme-t-on un signifiant qui n’a plus qu’une seule signification; s’agit-il encore d’un signifiant? ou plutôt d’un signe? //

Hypothèse : cette seule et unique signification est toujours la même : vide, et ne vaut que par sa marque (entendre : schlague, entendre coup, comme un coup de fouet), sa brand.

Ce qui est recherché : se mettre sous le coup, dans la marque, être marqué. Retrouver le moment du coup. Délire. Est-on ici encore dans le fonctionnement de la machine ? On est dans le fonctionnement de la machine, dans son langage, son écriture, ou +, ou -. Le suspens de ça.

La machine n’est pas humaine, en ceci que c’est de par l’univocité de son langage qu’elle fonctionne. Ce qui n’est plus supporté, c’est l’équivoque. C’est l’équivoque qui fait le trumain. Je veux te dire ça, et ce n’est jamais ça. Le repos de la machine, c’est qu’elle ne veut rien dire, elle fonctionne selon un langage qui ne veut rien dire. L’insupportable, c’est le vouloir. C’est le ratage.

Je prétends moi, que c’est nous qui cherchons à devenir des machines non-humaines, célibataires. Cela est, selon moi, politique.

Le gratuit qui devrait l’être et qui se voit pris en otage par le marché, par ce qui marche, ce qui fonctionne, c’est l’homme qui reconnaît son prix à ce qui y échappe absolument et qui cherche à l’intégrer dans ce qui marche, le marché, le commerce des hommes, là où ce commerce n’est plus celui des hommes mais des machines (à calculer).

Le monde réduit à une image et un chiffre.

Ne pas relire. Vous saluer. Prendre un bain. Rejoindre Jules.

(mercredi matin)

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jeudi 31 janvier 2013 @ 16h16

Des modes lacaniens

Soit un monde qui « ne cesse pas s’écrire », un monde de la nécessité.

Ne pas cesser de s’écrire pour ne pas rencontrer ce qui ne cesse pas de pas s’écrire (le réel)

« ce qui ne cesse pas de s’écrire, le nécessaire, c’est cela même qui nécessite la rencontre de l’impossible, à savoir ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire, qui ne peut s’aborder que par les lettres. « JL

ce qui ne cesse pas de s’écrire :
  l’addiction,
  l’internet,
  la science,
  les séries télévisées où ce sont les cadavres qui parlent ( où la police scientifique peut lire dans leur corps la signature de leur assassin; du point de vue de la société scientifique, nous sommes ces cadavres),
  la pensée (obsessionnelle),
  le marché,
  la finance,
  les flux,
  mes lettres d’amour,
  la marque, le branding,
  la répétition (névrotique),
  la machine,
  les listes (de course, de choses à faire),
  etc.

A cette nécessité s’attache un certain type de jouissance qu’il est seulement nécessaire d’affiner. Lui donner la possibilité d’aller au plus loin d’elle-même, au plus précis de l’énigme qu’elle enserre, qui elle ne cesse pas de ne pas s’écrire (réelle, impossible). Aller au plus loin, suppose de trouver la ressource qui permette d’en supporter la honte. D’en rencontrer la honte. Et cette ressource, je n’en pressens actuellement pas d’autre que celle qui se découvrirait conceptuellement, dans le discours, dans une pratique de discours. L’éthique en effet n’est qu’affaire de discours. Il n’y a que le discours (la contingence, le possible) qui puisse juxtaposer les plans de l’innommable et de l’universel. Et qu’il y s’agisse d’un usage du discours qui ait assimilé, trouvé comment rendre, rendre compte de l’hic et nunc de la vérité qu’il vise et peut trouver à refléter, cette vérité quand elle petite sœur de jouissance et donc attient au réel. Cette démarche est à des lieues d’une résignation cynique. Au contraire elle comporte un consentement, voire même une réjouissance.

En passer par la contingence (l’écriture, l’amour, le sexe, la rencontre, la voix, la parole, etc. ) / ce qui cesse de ne pas s’écrire / permet surtout de sortir de la routine, d’imprimer éventuellement de nouveaux circuits à ce qui sinon répèterait toujours le même trajet.

La contingence, c’est toujours le traumatisme, la rencontre de ce qui n’est pas soi, de ce qui n’est pas (en-corps) inscrit en soi.

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