mardi 1 avril 2014 @ 13h04

au-delà de la passe, le symptôme comme auto-similaire

« Lacan a cueilli dans la bouche d’un de ses patients une formule qu’il a adopté, qui faisait du symptôme l’équivalent de points de suspension, qui faisait du symptôme un etcaetera. C’est une façon d’exprimer à partir d’un signe de ponctuation de l’écriture, que la parole, celle que l’analyste demande, celle qu’on lui donne dans l’expérience, dépend d’une écriture, s’articule à la permanence d’un symptôme qui itère Une itération c’est une action qui répète un processus, et, une fois évanouis les mirages qui se dissipent dans le désêtre, au-delà du désêtre, il reste l’itération, et l’itération du symptôme est référable à ce qu’on appelle un semelfactif semel ça veut dire en latin « une fois » -, un événement singulier, unique, qui a valeur, dirons-nous, de traumatisme.

Et, le dernier enseignement de Lacan nous incite précisément à cerner au-delà du fantasme ce semelfactif qui est appelé en clinique le traumatisme, la rencontre avec la jouissance. C’est ça qui fait d’ailleurs la différence entre la jouissance au sens de Lacan et la libido freudienne, c’est que la jouissance est à rapporter dans tous les cas à une rencontre, à un semelfactif Et il se maintient intouché, comme en arrière de toute dialectique, ce semelfactif de la jouissance.

Le symptôme, ce qui en reste une fois qu’il est interprété, une fois que le fantasme est traversé, une fois que le désêtre est conquis, le symptôme n’est pas dialectique, il représente, il répercute le « une seule fois » , et lorsqu’il est fermé, lorsque dans l’expérience, et dans la parole bien entendu, il est saisi dans sa forme la plus pure, alors il apparaît qu’il est, comme on dit en mathématiques, auto-similaire (n’écrivez pas ça « S -I-M-I- 2 L – E- R » … )  Il est auto-similaire, c’est-à-dire qu’on s’aperçoit que la totalité est semblable à l’une des parties, et c’est en quoi il est fractal.

Au-delà de la passe quand on s’occupe de ce qui reste, c’est ça qu’on rencontre, le symptôme comme auto-similaire, et qui permet d’apercevoir en quoi tout ce qu’on a parcouru répercutait cette même structure. »

Jacques-Alain Miller, L’être et l’un, 3 mai 2011

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mardi 8 avril 2014 @ 15h43

Un autre point m’a paru intéressant à relever dans ces témoignages. Il s’agit du rapport à la parole.

« […] Un autre point m’a paru intéressant à relever dans ces témoignages. Il s’agit du rapport à la parole. Ainsi, à plusieurs reprises, ces enfants, ces mères disent qu’ils préfèrent ne pas parler. Qu’ils préfèrent ne pas dire ce qu’ils ressentent, ce qu’ils éprouvent car sinon, c’est trop difficile. Cette limite à la parole est un indice de l’impossible. Elle indique l’au-delà de ce que la parole peut dire, l’au-delà de ce qu’elle peut vouloir dire. Face à cette rupture dans la vie, la parole ne fait qu’écraser le réel par l’imaginaire, et c’est proprement insupportable. La défense est nécessaire. Elle passe par un silence, un oubli de la réalité, un oubli calculé dont certaines mères ont parlé.  »
Lacan Quotidien n° 391, Une famille pour tous…, Chronique d’Hélène Bonnaud – « Maman est en prison – L’absente »

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