mardi 6 septembre 2016 @ 9h33

J’avais écrit cette lettre

J’avais écrit cette lettre à M, rencontrée au stage de taï chi, au début du mois de juillet. Je l’ai écrite en plein mois d’août, à une époque où il faisait chaud, où j’étais en plein dans mon obsession du foie et de l’horloge biologique chinoise, mais aussi en pleine énergie, enthousiasme, dans le brûlure de l’été. Je faisais du taï chi dehors, au soleil, en différents endroits du jardin, je pratiquais les 108 dont je voulais finir de mémoriser les 2 premières parties apprises cette année, je travaillais également au jardin, un peu n’importe comment, avec des outils contondants que nous venions d’acheter. Je sciais des branches, je taillais des bosquets énormes où il m’est arrivée de me fondre en short, à plaisir, pour y traquer, scier l’arbre qui s’y était invité et pensait pouvoir continuer à longtemps pousser tranquille et échapper à ma fougue –  tel ce pauvre noisetier poussé dans le laurier. Depuis que je le pratique, de façon tout à fait amatrice, le jardinage me paraît à la racine même de la civilisation,  ça coupe, ça trace, ça fauche. Dans le corps à corps, la joie et la cruauté. Au moins en été.

Je n’ai jamais reçu, ou très tard, tout récemment, de réponse à cette lettre. C’est quelque chose que je ne supporte plus, que j’accepte mais ne supporte plus. Ça me laisse sans voix, ça m’éteint. Je le comprends, pour avoir écrit, autrefois, une quantité phénoménale de lettres auxquelles il n’a que rarement été répondu. Ces absences de réponses ayant fini par avoir raison de ma fougue, et je me serai, petit à petit, contentée d’écrire ces lettres mentalement à quoi aujourd’hui également je me refuse, pour y avoir passé trop de nuits blanches et vaine. Cette (unique) lettre est très pauvre par rapport à tout ce que j’aurais voulu ou pu ou , ma foi, je n’en savais rien, écrire durant cette été. Je n’ai rien dû ou pu ou voulu écrire en dehors d’un journal de mon alimentation et de cette lettre donc, avec les plus grandes difficultés, restée sans réponse. Je constate que je suis à une époque de ma vie où je suis en retenue par rapport à tout ce que j’ai trop pratiqué (mais ça dure depuis combien de temps). Et la lettre, au départ, à constitué mon premier mode de pensée. Aujourd’hui, je suis bien en peine de trouver à qui écrire et surtout, je ne m’y risque plus. 

Ainsi, cette lettre à EL, dont il est question là, mais là aussi. Autrefois, cette lettre qu’il me manque d’écrire l’aurait-elle déjà été, écrite et envoyée, et son destin de rester sans réponse serait-il déjà scellé.   Aujourd’hui, dès qu’il m’en vient une, je la retiens. Or, cette lettre à EL, j’y tiens, il faut que je l’écrive car je souhaite y développer ma réflexion sur les liens de la psychanalyse et du taï chi.

Ce qui me manque dans ces lettres d’autrefois, ces premières lettres, c’est leur inconscience. Elle n’avait d’autre objet que l’allant de leur adresse même. Je devais ignorer les entamant ce dont il serait question, que je développais cependant  jusques au point final, allègrement posé. Probablement auront-elles pris certaines teintes d’anxiété au fur et à mesure qu’elles comprenaient qu’elles ne trouveraient pas d’échos, qu’elles resteraient sans résonance. Il y eut nombre de lettres d’amour. Ne s’agit-il pas toujours de corps-respondance ? et si ça ne respond pas dans le corps dans l’autre, eh bien, ça ne respond pas –  ça ne correspond pas. S’agit-il pour autant d’être sans destin. Et plutôt que de ne rien écrire, écrire au vide. Et nous n’avons pas tous une lettre chevillée au cœur (pour expliquer l’absence de réponse). 

Et puis, il y a l’envers de cela, ou l’avers, comme l’avers de la médaille, c’est que cela est juste aussi, juste et bon, de rester sans réponse. Que le vide est une tentation, un vertige. Qui en inspira plus d’un, plus d’une. 

Et aussi : la passion de l’écriture se partage quelquefois. S’agissant de l’objet, lui, ne se partage pas. C’est ce que l’on ressent aussi, quand on reste sans réponse. On comprend que l’on se sera trop rapproché de son propre objet. Dont la nature est d’être détaché. 

C’est pour ça que je ne répondrai, à mon tour, pas à MC. Ça ne correspond pas. Et mieux vaut encore apprendre à s’adresser au vide. Lui répondre, ce serait encore me retenir de lui répondre, me retenir de prendre support d’elle pour écrire ce que j’ai à écrire. Je suppose qu’il faut pouvoir écrire des lettres sans retour, à nul. Et je me souviens alors, que c’était une composante de mes lettres, toujours : crois-moi,  cette lettre n’attend pas de réponse. Je prévenais l’absence et je la convoquais, mais aussi je l’absolvais de sorte que je puisse écrire encore. Surtout, écrire encore.  Car, à vrai dire, il est plus agréable d’écrire à l’un qu’à nul. Or, nul probablement, ne peut entendre ce que j’ai à dire. Nul sans que les oreilles lui saigne. (puisque c’est le but, d’en saigner). 

Maintenant, j’irais bien mordre dans quelque chose, moi. 

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vendredi 9 septembre 2016 @ 9h09

point d’acné

vendredi 9.9, 9:9

Après une nuit d’insomnie, dont tout en moi rebute à dire quoi que ce soit.

Je ne pense pas que je puisse poursuivre la tenue de ce blog.

Ce que je peux dire, extraire de mes angoisses de la nuit et qui paraîtra dérisoire. Un premier bouton d’acné sur le menton et des points noirs sur le nez viennent d’apparaître sur le visage de J, le lendemain de son entrée au collège. Je n’ai pas tout de suite voulu le croire, j’ai consulté le grand internet, il semble que ce soit bien cela, qu’il s’agisse d’acné. A laquelle s’est encore (en corps) ajouté hier un orgelet à l’œil droit.

Ce que je peux en dire. Cela m’a particulièrement affectée cette nuit. Cette atteinte à son intégrité en live, in vivo, réveille en moi des spectres oubliés, me ramène des années lumières en arrière. La vie m’a paru brute et cruelle et je ne comprends pas qu’un bouton d’acné et des points noirs soient venus s’installer dans sa peau de bébé. Bien sûr, c’est la suite surtout que je crains, sans rien oser lui en dire. Faut-il que déjà cela commence. Quand n’est-ce ce que je lui communique de mon propre stress qui ne soit le plus à craindre. Lui, devant le miroir, lorsqu’il découvre le pus dans son bouton, décrète : mon image est abîmée. F, à qui je rapporte ces propos, me dit que c’est absurde, ce qui me soulage. Pour lui, ce n’est vraiment pas grave. Cela ne m’a évidemment pas empêchée de passer un temps fou sur le net à chercher des explications, à traquer des traitements. C’est finalement celui proposé par la pharmacienne qui a été appliqué, de façon efficace, même si j’ai craint par la suite qu’il ne soit trop fort. Elle a également prescrit des plantes, à mon grand bonheur, des plantes pour le foie (!) Cela dit, j’en suis finalement venue à croire qu’une simple application, matin et soir, d’aloe vera (signalé dans de nombreux forums comme la solution miracle et dont Va m’avait parlé) sera ce qui conviendra.

Est-ce que c’est là que je suis sa mère, quand je voudrais pouvoir le lécher, nettoyer, soigner comme une mère chatte ses petits. Il le supporte encore. En profiter.

Un jour de bêtise, il y a longtemps, et dont il se souvient,  j’avais dit à Jules qu’il n’aurait pas d’acné (parole dont j’ai craint, aussitôt prononcée, qu’elle ne convoque ce qu’elle cherchait à abjurer). J’ai dû lui dire cela parce que j’en avais moi-même souffert pendant des années jusqu’à ce qu’elle soit traitée au Roaccutane. J’ai regretté alors que ce traitement ne soit pas intervenu plus tôt, ce traitement si simple, si efficace, et je me souviens que j’avais envie d’accoster quiconque arborait quelques boutons pour lui dire « Mais, allez chez un dermato, faites vous prescrire du Roaccutane, c’en sera fini de vos ennuis ». Ma mère elle-même n’avait fait que peu de cas de mon acné, a fortiori ne m’avait pas emmenée chez un dermatologue, chez qui je pensais donc conduire Jules, au premier signe fatal. De là, ma promesse. Or, ce traitement au Roaccutane intervenait après des années d’acné, et, là, nous n’en sommes qu’à un malheureux bouton sur le menton, à un moment où un traitement aussi lourd n’est probablement pas envisageable. Besides, qui plus est, je n’ai plus aujourd’hui la moindre confiance en la médecine traditionnelle occidentale. 

11:05 le monde est mal organisé. 

dimanche 11 septembre 2016 @ 8h24

les frigos – une question d’espace et de mouvement

08:24

[Réveillé à 6h30, hier déjà, net progrès. 6h30, heures des poumons.]

Pour  le moment, je suis très triste mais ce n’est peut être qu’une question d’espace et de mouvements. Qu’il me manque, qu’il nous manque,  l’espace et les mouvements. 

Nous étions l’autre jour chez Darty, à l’étage des frigos, et moi qui allais si mal, au bout d’un moment, j’ai senti que j’allais beaucoup mieux, que j’étais même joyeuse, oui, que nous étions tous passés joyeux. Mais, ce qui nous plaisait, peut-être, je le réalise maintenant, ce n’était pas tant d’acheter ensemble, l’acte consommatoire, que de circuler ensemble d’un frigo à l’autre en nous amusant à les commenter, en les ouvrant joyeusement, et que cela se passe dans un espace très grand, très haut de plafond, une vieille bâtisse peinte en blanc, où nous pouvions nous déployer, glisser,  tandis que nos paroles écoulaient des commentaires légers, nous offrant pour un court instant (de réaliser son but, à la parole et) d’atteindre un certain accord sur l’objet, en l’occurrence, le frigo. Lequel n’avait que très peu d’importance, au moins dans sa fonction première, même si, à la réflexion, leur taille, généreuse, légèrement supérieure à la nôtre, posés qu’ils étaient, alignés sur une surélévation du sol, leur ample largeur, la douceur de leurs courbes, en faisaient des objets rassurants. Et sans d’ailleurs que nous nous payions l’illusion de pouvoir acquérir ce caractère, tant l’espace confiné de notre propre cuisine en aurait, je le crains, plutôt fait ressortir l’aspect morbide,  dès que nous l’y aurions coincé. Eh quoi, pas de nouveau frigo, alors. 

*

08:41

Il est temps que nous récupérions nos organes. Nos organes et les espaces qui leur conviennent.

Je me demande s’il y a assez d’espace sur terre pour que chacun y soit logé dignement. Chacun d’entre devrait pouvoir  vivre dans un château. Certains d’entre-nous, toutefois, préfèrent-ils peut-être des espaces plus confinés. Cela dit, dès que l’espace public nous aura été restitué, la question ne se posera peut-être plus de façon si poignante. 

De mon point de vue, l’espace extérieur n’est plus aménagé que pour que les travailleurs travaillent. Que l’on songe aux voitures, n’est-ce pour le travail qu’elles circulent d’abord principalement. Et lorsqu’elles circulent toutes ensemble aux moments des transhumances d’été, n’est-ce encore pour obéir aux exigences du travail. 

Et donc, non, il ne s’agit plus d’un espace public, d’un espace appartenant à la cause du vivre ensemble, à la polis, mais d’un espace dédié à la mise aux travail des humains.

(Je me propose d’observer s’il n’y aurait pas quelque  avantage à traiter la parole comme un organe. Que nous apprenions à en prendre soin comme nous apprenons à prendre soin de nos organes, à nous les réapproprier.)

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mardi 13 septembre 2016 @ 15h34

treize-09

lien : http://www.disparates.org/iota/2009/treize/

    
              anniversaire

 

(pour info)

 

(rien de spécial aujourd’hui, n’est arrivé. c’est fini. (ne me dis pas que tu es un treize septembre.) c’est arrivé pendant la nuit. est-ce arrivé pendant la nuit du 12 au 13, cela je ne le sais plus. et à quelle heure? cela je ne l’ai jamais su. je dis cela juste parce que moi je me réveille toujours à 4 heures. ça peut-être à cause du foie, je l’apprends maintenant, mais ça pourrait être à cause d’autres choses encore. il est beaucoup question de 4 dans ce blog, et même de double 4. et ma mère, elle-même, se réveillait, autrefois, tous les jours à 4 heures. j’avais écrit, je ne me souviens plus du texte, mais j’entends encore la voix, ma voix, dire : « elle se réveille tous les jours à 4 heures, à 4 heures et à 4 heures. » Ça doit être dans le texte Vincent (que je n’ai jamais fini de publier sur le blog), à propos de ma mère, dont j’écrivais qu’elle se réveillait la nuit, toutes les nuits, à l’heure où mon oncle avait pris coutume de venir sonner, soûl, à notre porte, tambouriner, et ça, à partir du moment où il est sorti de prison. Je raconte ça juste pour la petite histoire. Maintenant, c’est moi qui me réveille à 4 heures. Ca peut n’avoir aucun rapport. Et elle, ne se souvient plus, que vaguement, qu’autrefois, elle se réveillait tous jours, toutes les nuits, à 4 heures, à 4 heures et à 4 heures.


Extrait du texte Vincent (1996), que je tape ici sans le relire (j’ai déjà donné).

3.2.      Secrets d’alcool

Généalogie maternelle

            Ma mère est née sous un drôle de signe.  Autour de sa naissance courait la légende d’un médecin saoul qui l’aurait déposée par erreur rue de Dunkerque, à la maison de mes grands-parents. 

            Le vin, la bière, l’alcool ne manquent pas d’histoires dans la généalogie maternelle.  Du côté du père de ma mère, Opa[1], des brasseurs de bière.  Du côté de la mère de mère, du côté d’Oma, c’est il y a peu seulement que le secret vient d’être levé.  Jamais Oma n’avait dit un mot au sujet de son propre grand-père et aucune question jamais ne lui avait été posée.  Son père était d’une noble profession et elle se disait d’une grande famille, d’une noble lignée qu’il fallait préserver.  Il s’avère aujourd’hui qu’il s’agissait d’une longue génération de cafetiers et d’ouvriers.  Génération comme une damnation si l’on en croit le silence qui l’a entourée, et que le père de ma grand-mère a su, à force de grandeur, force courage et obstination, détourner, faire mentir.  Le secret découvert, ma mère s’en sent soulagée.  Elle dit je comprends mieux maman.

Oh! Gaby

            Du côté du grand-père maternel, un autre secret, un autre mythe.  Celui de Gabrielle, tante Gaby, metje Gaby.  Sœur de mon grand-père, de Opa.  Elle est belle, on dit la plus belle.  Elle se fiance.  Le futur se désiste.  Elle tombe amoureuse d’un soldat français pendant 14-18, lui montre où est caché l’argent et les titres de la famille.  Le Français se sert et disparaît.  C’est la ruine, la ruine totale.  Gabrielle est battue comme plâtre par son père et chassée de la maison.  Elle devient alcoolique.  A la mort de son père, son frère, Albert, mon grand-père, l’accueille parfois; elle fait la vaisselle, reçoit quelques sous, jamais trop de peur qu’elle ne les boive.  Les enfants ne savent pas d’où elle vient.  Elle les fascine.  Elle est souvent gaie, parle fort, est ironique, moqueuse.  Elle vient à la maison avec des bonbons dans les poches de son tablier.  Ma mère est sa préférée.  L’histoire du soldat et de la ruine de la famille, la raison pour laquelle metje Gaby fut chassée de la maison vient elle aussi d’être récemment découverte.  Ma mère en pleure. 

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lundi 19 septembre 2016 @ 16h15

je vais essayer de fermer pour de bon cette fois

je vais essayer de fermer pour de bon cette fois.

salut!

mardi 20 septembre 2016 @ 11h13

Concernant l’athéisme,
Pendant ce temps sur Stromboli

 

Concernant l’athéisme, il me semble pour ma part fondamentalement mieux intégré qu’on ne le dit. Le capitalisme mondial (qui en est né) en offre d’ailleurs un visage,  particulier sans doute,  mais particulièrement bien répandu.  Dieu est mort, tout s’achète. Il n’y a plus rien demander à personne,  tout s’acquiert. Et voici viendre les communautés du self-service. Cependant si Agamben considère  l’argent  comme  la nouvelle religion,  c’en est bien sûr une forme larvée. La religion traditionnelle offrait du tiers, les actuelles offrent de l’un (aussi bien des uns-corps à sacrifier).  La mort de Dieu, l’effondrement qui s’en est suivi des valeurs et de la loi,  ça a  aussi été la mise en flottement du sujet et du langage dont Dieu était le garant. Nous sommes devenus des objets de la science, nouvelle garante absolue et universelle qui évacue sans remords de l’homme la question du sujet,  sa condition d’être parlant,  sa conscience et son inconscience. L’objet idéal de la science étant tout de même le cadavre (qui ne cesse d’ailleurs d’offrir des preuves de sa perspicacité – voire les travaux de la police scientifique dans les séries où c’est le travail des médecins légistes qui finit toujours par offrir le fin mot de l’affaire).  Aussi, entre parenthèses, nous voyons-nous chaque jours dépossédés de nos corps.
Les religions actuelles ont toutes peu ou prou intégré cela.  Et toutes peu ou prou tentent à leur façon de ré-humaniser la condition faite à l’humain par la science et le capitalisme.
//Aujourd’hui, je pense qu’il y a deux terrains de lois possibles : celles du corps et celles du langage. Et d’innombrables terrains pour l’absolument hors-la-loi : le corps et le langage la, où ils se rencontrent.  //
Il y aurait beaucoup à dire encore, sans doute, mais j’ai été assez longue et lourde comme ça. J’arrête. Donc oui, je suis d’accord, l’athéisme pourrait bien être la question à reprendre. 

http://stromboli.st/SMF/index.php?topic=424.msg20934#msg20934

vendredi 23 septembre 2016 @ 13h46

tu penses que je peux mettre ça sur stromboli

le problème de la france, c’est qu’elle accorde beaucoup trop d’importance à l’esprit, au discours
et qu’elle a entraîné tout le monde occidental à sa suite
que je commence à me dire
je me demande quand ça a commencé d’ailleurs
est-ce que ce serait pas la faute à jésus des fois
si ça se trouve
non mais
suffit de regarder l’afrique ou l’asie,
ces gens sont autrement raffinés, autrement plus proches de leur corps
évidemment, de point de vue de la puissance, ils sont totalement à la ramasse
je pense donc je suis, franchement, j’en reviens
ts
on voit ce que ça a donné
et puis les français manquent totalement de sens de l’humour
pire que les allemands en fait
les anglais c’est autre chose, ils sont pas totalement bernés par la puissance du verbe et ça les fait marrer.
les français ont l’ironie, ouais. ça ils ont, ils sont forts. mais c’est juste du dépit.
les français sont dépités
je pense donc je suis mais je fous rien. ou alors la révolution, violente.
faudrait qu’ils commencent à faire moins les fiers, à se remettre un peu en cause, eux, et leur foi inaliénable dans le langage, ces purs esprits, qu’ils reviennent un peu sur terre, qu’on rigole
non, c’est tout dans la tête et il faudrait que tout le monde pense comme eux en plus
qu’il y a d’autres moyens de communiquer, d’autres façons d’être intelligent
est-ce que je suis anti-intellectuelle primaire
non, je pense juste qu’il y a d’autres façons de penser qu’avec la pensée
tu peux vomir sur la religion, élise, mais ce en quoi toi tu crois, la france et la grandeur de sa pensée
gentiment dit : ça me fait rigoler un peu

en tout cas, moi, c’est là où j’en suis

ceci est un essai de dire tout haut ce qu’il n’est même pas sûr que je pense tout bas, ce qui m’effleure l’esprit,

au point où j’en suis

mais, je n’en démords pas sur ceci : aujourd’hui, le pouvoir appartient à celui qui domine le langage

ou : le langage, ce qu’on en a fait : un instrument de pouvoir

le langage et ses lois

;)


pas reçu de réponse à ce mail envoyé à F, mal formulé, mais qui m’a permis d’apercevoir certaines choses. pas envoyé sur Stromboli non plus.

vendredi 23 septembre 2016 @ 14h04

Cette fois c’est pour de bon :

JE FERME !!!

vendredi 23 septembre 2016 @ 15h12

Réveil à 7h30 ce matin

Réveil à 7h30 ce matin ! 
Tous les 108
Il est 15h
Nous partons dans 2 heures  à Donn
Valise 
Des amis à Frédéric viendront loger… 
Alors un peu d’angoisse 
samedi 24 septembre 2016 @ 9h45

Quelle présence du chi en Europe
Donn, samedi 24 septembre

Samedi matin. Donn. Réveillée à 8h!

Eau chaude, avoine +lait de soja tiède.

Quelle présence du chi en Europe

Le chi devant être étant universel, je me pose la question de son apparente absence en Europe et dans les pays occidentaux.
Entre-nous, nous sommes probablement conva

Bonjour,
Avez-vous une idée de la raison pour laquelle on ne trouve de connaissances et d’étude du chi

Bonjour,

Le chi en Europe et dans les pays occidentaux n’est pas connu. Mais en a-t-il toujours été ainsi et ne disposerions-nous pas de sources qui attesteraient par le passé de sa présence, ou plus exactement de sa connaissance, de sa reconnaissance, de son utilisation, fût-ce à des fins médicinales.  Je pense par exemple à des danses, à des rites, ou à la connaissance de plantes médicinales, soit à une forme de connaissance du corps lié à un savoir ancestral.

Y aurait-il eu, en Europe, un moment critique de la disparition du chi dans les usages et la vie quotidienne ou y s’agirait-il plutôt d’une tendance de fond, lourde, qui l’aurait menée petit à petit à rejeter dans l’oubli et la dénégation les manifestations du chi.

Qu’est-ce qui donc distingue l’Asie, a fortiori la Chine, l’Afrique probablement également, mais d’autres contrées certainement, de notre bonne vieille Europe.

Me viennent deux, trois choses à l’esprit,

Le rapport à la langue, au langage, la suprématie accordée aux choses de l’esprit, du fait de… Du fait de quoi ?

Du lien que je fais, sans que je puisse vraiment le justifier, entre pouvoir et langage.

Et puis, faudrait-il également en attribuer la cause, de son peu de prospérité, au chi, l’une des causes, à la religion chrétienne, à son déni du corps.

Enfin, aux avancées de la science, plus rapides en Europe, certainement en raison justement de sa maîtrise de la langue et du langage. Avancées scientifiques qui l’auront menée à dominer le monde et à séparer l’humain de son corps, la science en ayant dorénavant en charge le soin et la pérennité, cela indépendamment, cela au dépens de l’intime connaissance que chacun peut avoir de lui-même, de son inconscient, de son chi.

Le corps est considéré comme une organe fonctionnant indépendamment de la personne qu’il abrite, comme l’une des machines mises au monde par la science, comme un cadavre.

Bon, tout cela est su, et je m’éloigne de ce qui m’intéresse.

 Quel nouveau lien établir avec le langage, qui ne soit plus un lien de conquête et de maîtrise. Maîtrise qui dénie, renie, ce qui du langage, ou plutôt de l’écriture scientifique, ne s’atteste pas. (Comment intégrer dans le langage, dans la langue, dans la communication, son jeu, son im-pertinence, sa non-pertinence, sa non-universalité).

Une question qui me taraude depuis longtemps : dispose-ton  de  traductions suffisamment sagaces de textes chinois et japonais, qui laissent entendre aux oreilles occidentales la présence du chi, sans l’avoir occulté, parce qu’inconnu.

lundi 26 septembre 2016 @ 19h08

Hier, dimanche, à Donn

Hier, dimanche, à Donn, réveil relativement tôt, vers 6h je crois, sans que j’arrive à me rendormir. Trop de pensées, à me répéter les événements de la veille. Anna et ses filles en visite ici, plus son copain, j’avais bu un peu. Mais, le lit dur était agréable, aussi  la lumière du jour se levant qui filtrait au travers des volets. Beaucoup de taï chi, le jour d’avant également, samedi, dehors.  Grégoire la grenouille a disparu de la piscine. 
Ce matin, Paris, réveil à 5h50, sans que j’arrive à me rendormir. Finalement venue au salon pour relaxation au sol : délice de retrouver mon  corps dès que je me couche sur du dur. 
Bon. Je dois me lever. 
9:15. Confusion. C’est la rentrée de l’école de taï chi. Je me suis inscrite à de nombreux cours. J’espère que je tiendrai le coup. Petite angoisse. J’ai des cours prévus tous les jours, sauf le vendredi et le week-end. 
Hier, lecture d’un article de Federici (oublié son prénom, Silvia ?) sur les femmes au Moyen-âge, passionnant. 
17:10 fatigue et confusion
iplus fatiguée comme ça depuis longtemps. je crois uqe c’est le taï chi fait smaedi, à Donn. et la séance de stretching postural de ce matin. et puis, ce texte de silvia fedrici. je cherche à me procurer le texte. le livre est épuisé semble-t-il. on en trouve un exemplaire cependant à 135 euro sur PriceMinister.
Je me demandais comment le chi, qui est universel, avait pu cependant disparaître d’Europe, tout de moins de sa culture, fort pesante il est vrai. dans un moment d’exaspération à la pensée du rationalisme français,  j’en avais cherché l’une des causes dans le trop grand crédit de par nos contrées accordé au langage, à sa suprématie. crédit
18:51 pourquio faut-il que le tri de papiers soit si ennuyeux, angoissant
19:07 eh bien, une petite cigarette et une bière
lundi 26 septembre 2016 @ 19h17

Silvia Federici, Caliban et la sorcière

Caliban et la sorcière : femmes, corps et accumulation primitive

L’histoire, telle qu’elle est enseignée, apprend rarement qu’au Moyen Âge les femmes exerçaient les mêmes métiers que les hommes… Une histoire de pouvoir ? 
 
Au Moyen Âge, les femmes étaient artisanes, elles avaient leur place dans les corporations. Paysannes, elles produisaient dans les communs une agriculture vivrière. Elles étaient guérisseuses, accouchaient les parturientes et faisaient aussi « passer » les grossesses non désirées. Elles disposaient d’un savoir ancestral transmis de génération en génération. L’histoire omet aussi de rappeler que les paysan-nes d’alors vivaient en lien avec la Nature, instance supérieure à laquelle ils devaient respect et bienveillance.
 
La chasse aux sorcières qui débute alors et persécute les femmes durant deux siècles est historiée comme une période de superstition collective née dans l’Église qui, jetant son dévolu sur les femmes, brûle les impies. Pas si simple.
 

Analyser et comprendre l’histoire capitaliste

L’historienne et féministe Silvia Federici enquête longuement dans une vaste documentation très peu étudiée, avant de poser un tout autre postulat. Elle veut tracer les racines de l’exploitation des femmes dans la société capitaliste et le moment où leur subordination aux hommes est instaurée. Comprendre ce à quoi nous nous confrontons pour trouver des stratégies de lutte et faire en sorte que l’histoire de l’oppression des femmes arrête de se répéter.

À la théorie marxiste qui affirme l’accumulation primitive en tant que précurseure du capitalisme, Silvia Federici pose ladite accumulation comme caractéristique fondamentale d’un système nécessitant un apport permanent de capital exproprié. C’est à l’aune de cette hypothèse qu’elle remonte l’histoire, interpelée par la différence de statut des femmes dans la société féodale du Moyen Âge et celui qui leur est imposé dans les siècles qui s’ensuivent.

Au Moyen Âge, un peuple en lutte

Les 13e et 14e siècles sont pour l’historienne des temps de découverte politique forts. Les fabliaux rapportent des portraits de femmes combattives, exprimant leurs désirs, à mille lieues de l’iconographie suivante de femmes faibles, discrètes et soumises à l’autorité paternelle puis maritale.

Au Moyen Âge se développe le principe d’une société monétaire tournée vers le commerce et l’exportation de denrées. Dans une société rurale, agricole, dont les terres sont cultivées par la communauté — femmes et hommes dans les communs — le peuple est en lien et en lutte : refus de la taxation, de la mise à disposition des denrées…

À la fin du 14e siècle, la peste noire a mis à mal le pays qui connaît de sévères périodes de famine. Le poids des travaux forcés par les seigneurs diminue, les paysans reprennent du pouvoir. Cette période correspond aux débuts de l’hérésie sociale, fabriquée pour contrer les oppositions et assouvir le peuple revendicateur. Vaudois, Cathares…, celles et ceux qui critiquent le pouvoir religieux et monarchique, qui aspirent à une vie différente, autrement que par l’accumulation des richesses, qui refusent de se reproduire pour contrer le besoin d’une main-d’œuvre exploitée au profit des puissants, celles et ceux-là paieront le prix fort pour leur opposition, les femmes en particulier. Le pouvoir dénonce ces sectes, évoque des personnes envoûtées, des sorcières responsables : une période d’éradication peut commencer.

Deux siècles d’oppression féminine

La chasse aux sorcières durera deux siècles. Des milliers de femmes sont accusées d’infanticide, de sexualité avec le diable ou de sexualité libre, elles sont sorcières, jettent des sortilèges… Ces femmes sont torturées — on transperce leur corps de grandes aiguilles pour y trouver la marque du diable, elles sont encagées et longuement immergées dans les rivières — puis brulées vives en place publique… Avant d’expier, elles doivent dénoncer une sorcière de leur connaissance à laquelle le même sort sera réservé.

Des résistances isolées — un mari, un frère, un père — et le cas d’école de tout un village basque, Zugarramurdi.

Pour Silvia Federici, cette période marque le moment où la classe dominante se procure, à l’extérieur, les moyens de développer sa richesse et de réprimer les luttes. Les savoirs ancestraux doivent êtres dénigrés : l’État officialise une connaissance qui se théorise, s’étudie, s’écrit. Les femmes qui soignaient doivent être réprimées au profit des pratiques des médecins et de la science officielle qui se déploient. Les croyances impies en les signes de la nature doivent être méprisées, rendues dangereuses : la croyance culpabilisante et asservissante de la religion prend le pas sur l’animisme et les croyances naturalistes.

En parallèle de ces chasses, les vagabond-es, les mendiant-es et les insoumis-es sont malmené-es. Le peuple doit être convaincu que le travail salarié est le seul moyen de subsistance qui vaille. Le régime communautaire, la solidarité et la charité du village sont anéanties. L’esclavagisme de déploie.

La correspondance entre la période d’accusation de sorcellerie et de changement social ne fait aucun doute pour la chercheuse.

caliban 

 

L’État avilit pour mieux contrôler

Le capitalisme débute au 16e siècle. Dans sa volonté de contrôle, l’État chasse les paysans vers les ateliers, les fabriques puis les usines, et s’arroge les terres. Il met la main sur le corps des femmes réputé « dangereux », inconnu, indomptable, par des années de persécution. Porteur de la main-d’œuvre nécessaire à l’accroissement du travail donc du capital, la maternité est mise au service de la collectivité. « Par amour », une femme se dévoue pour mari et progéniture, ce qui est beaucoup plus rentable que de reconnaître l’exigence et les risques de l’enfantement, de l’éducation, et de les rétribuer à leur juste valeur.

La littérature des Lumières pose la femme comme ontologiquement mauvaise, sans raison, menée par ses pulsions. Il s’agit de la tenir hors du contrat social pour mieux la subordonner aux hommes, à leur autorité comme à leur violence, et à travers eux, soumettre la femme à l’autorité de l’État.

La relation patriarcale est indispensable au capitalisme : elle assure le contrôle des femmes, donc des naissances, c’est-à-dire d’une main-d’œuvre renouvelée. Saper les femmes et leur travail maternel, c’est renoncer à valoriser ledit travail. C’est aussi s’arroger, d’autorité, le corps des femmes.

Imposer de nouvelles normes

Systématiquement déployée à travers le monde, de l’Occident aux colonies, cette répression est venue des classes dominantes. Les interventions violentes et longuement répétées dans la vie sociale ont eu pour conséquence d’imposer de nouvelles normes de discipline sociale.

Au 17e siècle, en Occident, la classe dominante a suffisamment renforcé son pouvoir pour pouvoir relâcher la bride : la chasse aux sorcières peut s’amoindrir.

Les femmes en ont été les douloureuses victimes qui peinent, aujourd’hui encore, à prendre leur place dans la société. Et les États ont, depuis, acquis des outils de division sociale d’une redoutable efficacité.

 

https://blogs.mediapart.fr/helene-duffau/blog/080416/caliban-et-la-sorciere-femmes-corps-et-accumulation-primitive

  • Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive est publié aux éditions Entremonde.
mardi 27 septembre 2016 @ 12h12

Toujours grosse d’une lettre

Toujours grosse d’une lettre 

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mardi 27 septembre 2016 @ 14h31

Re: Sorcières

ce texte est venu à point comme je me posais des questions sur ce qui avait pu se passer en Europe, à sa suite dans  le monde occidental, pour qu’elle oublie, occulte complètement, ce que l’on continue de trouver dans d’autres cultures. je pense bien sûr au chi, à l’énergie, à ce que je découvre dans le taï chi chuan.

ce qui m’a donc intéressé  dans cette interview, c’est l’idée qu’il y aurait eu, à la sortie du Moyen-âge, une volonté délibérée de séparer l’humain de ses connaissances ancestrales – proximité avec la nature, connaissance de son propre corps,  afin de mettre en place le capitalisme.  et qu’à ce moment-là, ait été établi une  nouvelle répartition des rôles de l’homme et de la femme, en vue d’instaurer le monde du travail que l’on connaît aujourd’hui. avec d’un côté les femmes censées s’occuper, par amour, du ménage et de la mise au monde des bébés, futurs petits travailleurs, et de l’autre, les hommes, travailleurs et salariés. ça, et à côté de ça, le monde de la science qui s’approprie le savoir sur le corps, et qui expulse du savoir tout ce qui ne relève pas du langage : « Les savoirs ancestraux doivent êtres dénigrés : l’État officialise une connaissance qui se théorise, s’étudie, s’écrit. Les femmes qui soignaient doivent être réprimées au profit des pratiques des médecins et de la science officielle qui se déploient. »  Et que la mise en place de la religion ait participé de cet assujettissement au monde du travail, de cette aliénation à la science officielle. « Les croyances impies en les signes de la nature doivent être méprisées, rendues dangereuses : la croyance culpabilisante et asservissante de la religion prend le pas sur l’animisme et les croyances naturalistes. »

Et que toute cette science, que je ressens comme très féminine, très proche du corps, ait alors systématiquement été poursuivie au travers de la chasse aux sorcières qui a alors sévi. « La chasse aux sorcières durera deux siècles. Des milliers de femmes sont accusées d’infanticide, de sexualité avec le diable ou de sexualité libre, elles sont sorcières, jettent des sortilèges… Ces femmes sont torturées — on transperce leur corps de grandes aiguilles pour y trouver la marque du diable, elles sont encagées et longuement immergées dans les rivières — puis brulées vives en place publique… Avant d’expier, elles doivent dénoncer une sorcière de leur connaissance à laquelle le même sort sera réservé. »

Silvia Federici pense donc, elle, qu’il n’y avait pas, tout du moins au Moyen-âge, de ségrégation des femmes, enfin celle que l’on connaît aujourd’hui, et qui trouve sa forme la plus visible  dans le monde du travail, et, à mon sens, dans l’utilisation qui est faite du langage, comme instrument de pouvoir, dans le déni de ce qui le dépasse.

 

J’ai commencé à lire le texte en anglais : https://libcom.org/files/Caliban%20and%20the%20Witch.pdf

je n’aime pas du tout lire des pdf, donc, si je n’y arrive pas, j’achèterai le livre (mais qui est épuisé apparemment et devenu fort cher)

 

je mets k. en copie parce que j’ai rêvé d’elle cette nuit et qu’elle vient d’un pays de sorcières ;)

 

bisous doux,

v from Paris (où c’est l’été indien)

 

vendredi 30 septembre 2016 @ 14h09

RE: Rembrandt!
REMBRANDT INTIME - Du 16/09/16 au 23/01/17 - MUSÉE JACQUEMART-ANDRE

États des gravures

Ce qui m’a le plus immédiatement frappée, touchée, parlé : les deux états qui sont données à voir de deux gravures, dans l’avant-dernière salle. Celle du Christ présenté au peuple (dont c’est un des premiers états qui était affiché dans la cuisine de mes parents) et celle des Trois croix.

D’abord, l’inexorable et  dramatique réduction à l’essentiel que donnent à voir les deux états du calvaire à trois croix. Avec un dernier état devenu noir, sombre, ravagé, sa pluie de lumière (dans un océan de noirceur ;)).

Rembrandt, Les Trois Croix, 4° état.
Pointe sèche et burin.
~1653

Rembrandt, Les Trois Croix, 3° état. Pointe sèche et burin.  ~1653

Rembrandt, Les Trois Croix, 3° état.
Pointe sèche et burin.
~1653

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