4 septembre 2017

Donc l’être est une catégorie de police.

Notes autour de l’article « L’âge de l’anexcitation, par Laurent de Sutter, écrivain et juriste »

Donc l’être serait une catégorie de police.

Pour moi, il me semble que c’est quelque chose que la psychanalyse m’a appris. En tout cas c’est quelque chose que Jacques-Alain Miller a mis en évidence. Ça fait longtemps que je ne lis plus de psychanalyse, mais c’est quelque chose qu’elle m’a enseigné. On trouve cette dénonciation de l’être dans son cours de L’être et l’Un, en 2011.1  L’hénologie contre l’ontologie. Ce qu’il y a contre ce qui est. Ce qu’il y a, dit Miller, c’est du côté de la jouissance, c’est l’Un. Tandis que du côté de ce qui est, du côté de l’être, c’est effectivement la police, c’est le « m’être ».
Ailleurs, et avant ça, mais c’est ici une référence que je n’ai jamais retrouvée, donc, ce que j’en rapporte est à nuancer, peut être imprécis, Miller parle du langage comme d’un instrument de pouvoir. Je voudrais vraiment retrouver ce texte. Ça a été publié dans la Cause freudienne. Celui qui a la parole a le pouvoir. Celui qui maîtrise le symbolique, maîtrise le pouvoir.

Un autre point : celui de la vie nue. Je ne sais pas très bien à quoi de Sutter fait référence, mais « la vie nue », lui, réfère ça à l’être, sans que je comprenne bien pourquoi. Parce qu’elle ne saurait être que conceptuelle, parce qu’il ne saurait y avoir de rapport direct au réel ? Or il y a peut-être un rapport autre que symbolique au réel. Il y a la jouissance, c’est indéniable. La vie nue, je l’aurais prise de ce côté-là, non?

Sortir de la police psychopolitique et des fantasmes d’une « vie nue » imaginée comme édénique, jouer plutôt Peter Sloterdijk et Bernard Stiegler contre Martin Heidegger et Giorgio Agamben, telle est ainsi l’une des grandes ambitions de L’âge de l’anesthésie.

En tout cas, je me suis suffisamment sentie concernée par tout ça, et par le sujet central du livre, celui de l’anesthésie et du capitalisme, que pour l’acheter. (Moi qui ai arrêté de prendre des antidépresseurs parce que je me sentais trop fatiguée, beaucoup trop fatiguée (la fatigue est passée mais je ne dors plus, je n’en suis pas pour autant réveillée, il n’y a pas que les psychotropes qui endorment .)

Bon, j’ai d’autres questions je crois concernant l’excitation, mais faut que je dorme encore un peu dessus…

Notes:
  1. http://disparates.org/lun/ []
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