22 décembre 2019

travail de désengagement – doutes

Je n’ai plus envie de faire du tai chi .

Aller au cours me fait du bien, quand je suis sur place j’apprécie mais ça s’arrête là. Je sais que ça me fait du bien d’avoir ces RV fixes, de sortir de l’agenda indéterminé de ma vie, de devoir me lever laver habiller sortir rouler à vélo ou prendre le RER me dépêcher puis ces heures de cours, mais, ça s’arrête là. Le tai chi ne m’ accompagne pas dans le reste de ma vie. Pas ou peu. Si parfois la nuit, c’est la seule réponse, opposition que je peux faire à mes mauvaises pensées, insomnies. 
 
Peut-être qu’il y a une part de déni dans ce que j’écris ici. Je ne sais pas. Un part d’oubli. 
 
Le tai chi n’existe pas en moi en dehors du cours. Il a peut être existé davantage mais pris dans la relation ou le désir de relation avec Nicole. Quand je me suis aperçue que je ne serais pas aimée d’elle, aimée vraiment, non pas amoureusement, mais que je ne deviendrais pas pour elle quelqu’un d’important, qu’elle serait contente d’avoir dans sa vie, que nous ne deviendrons pas amies, voilà, simplement, ma relation au tai chi, mon rapport au tai chi s’en est fortement ressenti. Le tai chi existe pour moi dans la relation. Bien sûr, il y a des perceptions du chi qui sont fortes quand je suis seule, mais. 
 
J’ai pensé ce matin que les hommes pouvaient mieux que les femmes faire exister le tai chi indépendamment de la relation, de la relation à l’enseignant, de ce que la psychanalyse serait tentée d’appeler le transfert. Les hommes se mesurent au tai chi, les femmes à cette relation. Mais, c’est probablement une sottise. Cela traduit sans doute quelque chose de ce que je pense « réellement », « inconsciemment » des hommes et des femmes. Une possibilité pour les hommes de maîtrise de l’objet tai chi, une nécessaire dépendance pour les femmes. 
 
Se le donner à soi-même, le tai chi : possible. Quand je dis ça, je pense aux exercices de chi. Le donner aux autres : je n’y arrive pas. Le recevoir : oui. 
 
Mémoire. Je perds la mémoire. Il faudrait que je note après chaque cours ce qui s’est fait : je ne le fais pas. 
 
Pourquoi faut-il que j’en passe par ça pour le moment : cette envie de dire que je veux arrêter, que je veux laisser tomber, que je veux sortir de la formation enseignant, que je ne m’en sens pas le courage. Pourquoi ? Je n’oserai pas le faire, le dire, tout cela. Peut-être que je vais aller vers une situation qui me permettra de le faire, peut-être. Je n’oserai pas le faire, mais je n’ai envie que de ça. Je voudrais sortir de cette formation. 
 
Je n’arrive pas à travailler seule. 
 
Je crois que pour faire sérieusement cette formation il faudrait ne faire plus que ça. Y croire, et ne plus faire que ça. Jour après jour. Il faudrait y croire suffisamment, et s’y consacrer. C’est cela que j’attendrais de moi-même et c’est ce que je ne peux pas. Me donner. 
 
 
Ces jours ci tout le temps envie de cigarette. C’est extraordinaire, je ne le comprends pas du tout. 
Publié dans brouillonne de vie |
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