histoire de temps (II) (d’intention dé claration)

bonjour,

bien le bonjour,

en ce qui me concerne je m’arrange pour ne plus_passer_tout_mon_temps,_ici.  ( facilement, je pourrais,
je me suis, laissé

   prendre
   –
   toute
.

)

(or c’est mauvais, pour moi, "toujours trop une à une seule chose". ( " un clou chasse l’autre ?") .
ne plus
me fondre
dans cet écran) .

( j’opte pour l’inconstante présence,
les absences discontinues
la dé mult-ti pli ca tion

( et donc, je cherche/trouve du boulot. un truc qui combine mon amour du rien ma décision de n’y pas complètement céder – mon amour de la
psycha-nalyse . je dé-cède à la seule cause perdue (ô mère) je prends ma part de la charge de nos (ô combien modestes) besoins (gros mot). ("car enfin, nous ne sommes pas purs esprits") . je pose des bornes .

de la semaine

bilan de la semaine du point de vue de ce que j’ai publié ici, je n’ai rien fait que de m’y plaindre, du temps, ce temps en trop qu’il se trouve que ça me prend . j’ai trouvé du travail . j’ai négligé d’emmener j. chez le pédiatre . j’a i rajouté qq vieux textes (juste vieux du mois de juin de cette année + 1 extrait d’1 texte datant de 2002, avant que je n’arrive à paris, le rêve du portable qui devient aussi lisse, fermé sur lui-même qu’une pierre) . de substantiel : rien. hier soir je me relis, à propos de ce qui ne cesse pas de s’écrire – la chose s’est déplacée : j’écris, je prends du temps pour écrire , du code. j’adore avoir les mains dans le cambouis, le ventre codu codifié d’ici . je chipote. et au bout du compte, ça ne se voit pas tant que ça . ce dont je suis sûre, c’est que déjà des conclusions pourraient être tirées à propos de ce qui se passe ici . ce dont je me garde . un commentaire m’a emmenée sur 1 page où j’ai retrouvé chacune de mes inquiétudes préoccupations . les blo g s sont g o u r m a n d s. par ailleurs, j’en vie tous ceux qui peuvent écrire sans se soucier le moins du monde de mise en page : quant à moi je suis à chaque fois rat trapée par 1 désir d’image , qui prend le pas sur le reste . conclusion à tirer à ce stade- ci de l’enqu ête – je rêverais de faire de l’image codée . ça , ça prend le pas sur tout ce que j’aimerais produire de sens , de sensé . et quand je jette un texte, comme je vais jeter celui-ci, un texte tout nu : je me sens mal gênée , honteuse de n’avoir pas fait l’effort d’un petit plus . or, ce petit plus m’est impossible (l’image : c’est jamais ça). conclusion tirable de ce stade de la conclusion : je resterai insatisfaite . (ou, je me mettrai, pour de vrai, à l’image…)
autre conclusion tirable à ce stade : quoi que je fasse ici : comptent le plus pour moi c e u x avec qui je v i s . [ la parole ( avec la voix ) . assez, je foire ] . le quo tidien des difficultés que je nous rencontrons . ( le vivre ensemble auquel je ne veux pas me dérober : de là vient le neuf. ) j’ai d’abord voulu écrire ici pour ç a. rendre ç a possible.

parking 3.3

Queen Victoria,
My father and all his tobacco loved you,
I love you too in all your forms,
the slim and lovely virgin floating among German beer,
the mean governess of the huge pink maps,
the solitary mourner of a prince.
Queen Victoria,
I am cold and rainy,
I am dirty as a glass roof in a train station,
I feel like an empty cast iron exhibition,
I want ornaments on everything,
because my love, she gone with other boys.
Queen Victoria,
do you have a punishment under the white lace,
will you be short with her, will you make her read those little Bibles,
will you spank her with a mechanical corset.
I want her pure as power, I want her skin slightly musty with petticoats
will you wash the easy bidet out of her head?
Queen Victoria,
I’m not much nourished by modern love,
will you come into my life
with your sorrow and your black carriages,
And your perfect
memories.
Queen Victoria,
the Twentieth Century belongs to you and me.
Let us be two severe giants not less lonely for our partnership,
who discolour test tubes in the halls of Science,
who turn up unwelcome at every World’s Fair,
heavy with proverbs and corrections,
confusing the star-dazed tourists
with our incomparable sense of loss.

L. Cohen

parking 3.4

<table width="800" background="http://disparates.org/to-be-or/img/queen_victoria.gif" style="text-align: justify; width:800px; height:600px; font-size:13px; word-spacing: 0.1em; font-family: Courier New,Courier,mono; color: #999999; line-height: 0.3em;">
    <tr>
               <td width="160" style="vertical-align:middle; border-style:dashed; border-color:#999999;border-width:1px;" onmouseover="this.style.lineHeight=’1.2em’; this.style.color=’#FFFFFF’; this.style.borderColor=’#FFFFFF’;" onmouseout="this.style.lineHeight=’0.3em’; this.style.color=’#999999’; this.style.borderColor=’#999999’;">
               Queen Victoria,<br />
                   My father and all his tobacco loved you,<br />
                   I love you too in all your forms,<br />
                   the slim and lovely virgin floating among German beer,<br />
                   the mean governess of the huge pink maps,<br />
                   the solitary mourner of a prince.</td>
               <td width="160" style="vertical-align:middle;" onmouseover="this.style.lineHeight=’1.2em’; this.style.color=’#FFFFFF’;" onmouseout="this.style.lineHeight=’0.3em’; this.style.color=’#999999’;">
               Queen Victoria,<br />
                   <font color="#FFFFFF">I am cold and rainy,</font><br />
                   <font color="#FFFFFF">I am dirty as a glass roof</font> in a train station,<br />
                   <font color="#FFFFFF">I feel like an empty cast iron exhibition,</font><br />
                   <font color="#FFFFFF">I want ornaments on everything,</font><br />
                   <font color="#FFFFFF">because my love, </font>she gone with other boys.</td>
               <td width="160" style="vertical-align:middle;" onmouseover="this.style.lineHeight=’1.2em’; this.style.color=’#FFFFFF’;" onmouseout="this.style.lineHeight=’0.3em’; this.style.color=’#999999’;">
               Queen Victoria,<br />
                   do you have a punishment under the white lace,<br />
                   will you be short with her, will you make her read those little Bibles,<br />
                   will you spank her with a mechanical corset.<br />
                   I want her pure as power, I want her skin slightly musty with petticoats<br />
                   will you wash the easy bidet out of her head?</td>
               <td width="160" style="vertical-align:middle;" onmouseover="this.style.lineHeight=’1.2em’;this.style.color=’#FFFFFF’;" onmouseout="this.style.lineHeight=’0.3em’; this.style.color=’#999999’;">
               Queen Victoria,<br />
                   I’m not much nourished by modern love,<br />
   &n
bsp;               will you come into my life<br />
                   with your sorrow and your black carriages,<br />
                   And your perfect<br />
                   memories.</td>
               <td width="160" style="vertical-align:middle;" onmouseover="this.style.lineHeight=’1.2em’; this.style.color=’#FFFFFF’;" onmouseout="this.style.lineHeight=’0.3em’; this.style.color=’#999999’;">
               Queen Victoria,<br />
                   the Twentieth Century belongs to you and me.<br />
                   Let us be two severe giants not less lonely for our partnership,<br />
                   who discolour test tubes in the halls of Science,<br />
                   who turn up unwelcome at every World’s Fair,<br />
                   heavy with proverbs and corrections,<br />
                   confusing the star-dazed tourists<br />
                   with our incomparable sense of loss.</td>
   </tr>
</table>

<div style="width:800px;text-align:right">L. Cohen</div>

du désir d’être castrée

voix des ondes environ 10.000 morts .
voix intérieure
la castration
l’histoire

le fractionnement
(le discontinu)
la mort

la jouissance la compacité le temps vertical l’instant
(le continu)
l’éternité
la parole la castration la diachronie  
  s’oublier devant un ordinateur s’oublier devant la télévision ne pas voir le temps passer
  le blog comme la parole présent continu
alors qu’est-ce qui distingue la parole du blog
la voix, le corps
alors ce serait le corps, la castration,
 
  voix des ondes : hatzveld : à  la guerre on vit essentiellement au présent
le désêtre le désir la synchronie l’être (l’identification)
la pétrification

écoutez franchement, je n’en sais rien. la castration, je n’en sais rien, si c’est ce que je dis, ce que j’écris ici . je la cherche, je cherche ce qu’elle, serait,

puisque
je la suppose être ce que je veux éviter à  tout prix (l’inconnue cause de ma peur)

tout en manquant toujours, manquant

manquant de l’être, castrée.

de l’être, castrée

(fille fille fille) , (pas-tout x phi de x)

1 temps, perplexité

et comme de l’être, castrée, il est temps que je ne l’attende plus
plus de l’être par les autres – pour pouvoir les en accuser ensuite

(ma condition, ma condition, où à  quoi je suis réduite regardez oh père pourquoi maman si tu voyais ta fille

que je cesse de jouer à  ce petit jeu ridicule,
où je m’rejoue 1(scène première (1(scène mythique (avec 2 personnages plutôt qu’un seul

j’essaie de savoir ce qu’elle est, réellement , ce qu’elle serait
au partir de mes propres symptômes

donc, symptôme : je n’arrive pas à  connaître l’histoire, j’en déduis que l’histoire, c’est la castration. or, dans le symptôme, il y a toujours une jouissance dont on ne peut pas vouloir guérir, il y a toujours un qq chose qui dépasse, lui, aussi bien le désir que la castration. je voudrais savoir ce que c’est ne pas connaître l’histoire et ce qui se sait, là  dedans, dans ce désir-là , de ne pas savoir. je ne fais pas tout ceci uniquement pour connaître l’histoire, me rendre, in fine, accessible un certain savoir, de type universitaire, je le fais pour savoir et faire savoir ce qui s’oppose justement à  ce savoir. pour que ce savoir-là , puisse compter aussi. jean hatzveld, encore, ce midi, à  la guerre, dit-il, on y va, pour pouvoir l’écrire . si la portée du désir ne serait pas toujours éthique : en dire sur le réel, de la jouissance dire qq chose.
voix des ondes, à  l’instant : de lacan : « un corps, c’est de la parole tel qu’il surgit ».

oÀ¹ il est question de placard et d’aspirateur

laver le vase acheter de nouvelles fleurs (en même temps que les fruits) tu me dis que tu t’ennuies et je ne te trouve à  te répondre rien d’autre que de te dire d’arrêter. arrête de t’ennuyer.

je ne sais pas pourquoi il y a certains gestes que je n’aime pas faire — sortir l’aspirateur du placard, l’y remettre. je n’aime pas. comme geste, il en vaut pourtant bien d’autres. à  peine un peu plus compliqué, se baisser, dégager l’engin des vêtements le soulever trouver son manche encombrant le sortir du placard le corps est baissé les bras emmêlés refermer le placard s’avancer dans le couloir probablement trop étroit pour ce fardeau relativement imposant .  sont impliqués dans ce geste toute une série de petits mouvements du corps des muscles qui demandent juste un petit peu d’attention de précision. un petit peu de force aussi, dans le couloir pour tenir l’aspirateur suffisamment loin de ses jambes de façon à  ce qu’il ne les battent pas . mais est-ce un tel effort . ces répugnances ne lassent pas de m’étonner . il ne s’agit que d’utiliser son corps .  j’aimerais mieux aimer ce geste, le remercier. pour la petite occasion qu’il m’offre d’employer mon corps à  une tâche un peu moins coutumière, un petit peu plus exigeante . évidemment, c’est pas le délire non plus, c’est pas l’ivresse.  (un poil plus physique que de rester assise devant un ordinateur)

plugin désactivé

BAStats 1.0β build 8 Owen Winkler This plugin calculates statistics for a WordPress weblog.

je ne veux plus le savoir qui vient qui ne vient pas
sur ce site
combien viennent ne viennent pas
qui
me lie ou pas

c’est basta

après-coup

je me serais réveillée, ce jour-là , après ce week-end là , n’entendant plus que le bruit de ce que j’aurais voulu écrire.

windowing ( je t’attends) img: rouge baiser

[
 

privé public

il faut bien renoncer au « tout public ».
(et le « public » aussi, mérite mieux que ça.)

l’oubli

quoi faire de l’oubli
plutôt que de s’y résoudre
*
(souvenirs de spinoza nietzche lacan) plutôt la joie
aussi celle de l’oubli
*
(juste quelques choix à  faire)
et les choix deviendraient faciles

je ferme to be or

tiens . dès que j’en ai fini avec

le surmoi la lamelle la voix – l’a-pensée

je ferme to be or . viens d’avoir cette idée, donnant son bib à  jul, très contente (vient aussi de ce que je me lasse du template du décor d’ici). je ferme to be or, je passe à  autre chose. bonne idée.

( en forme de souvenir )

instantaneisme

c’est drôle, que nous soyons passés si vite d’une époque où nous voulions apprendre à  nous passer du projet, où nous nous initiions à  l’immédiateté, à  l’ici et maintenant / tout de suite / pas tout à  l’heure, à une époque toute immédiate. je me souviens de mes lectures, je n’oublierai jamais cette découverte, de cioran et de bataille – je déménageais, en bus, les livres, de poche, dans mes poches, je quittais le domicile de mes parents, c’était l’été, j’avais 19 ans. je devenais seule.  ce qu’ils ouvraient pour moi, ces auteurs. ce qu’ils ouvraient et que pourtant tout de suite immédiatement je vivais j’ai vécu, sans que je ne me le formule évidemment, comme une nouvelle forme d’aliénation, d’obligation, non dénuée d’angoisse, non non-ressentie avec un sentiment d’impuissance. mise à  pied de jouir. la vérité de ce que je découvrais alors, je la ressens encore. encore, tandis que je me bats pour retrouver le désir le délai le retard – le rendez-vous -, sortir de la présence, de la fantomatique présence.

(tout a été très vite. incroyablement vite. et je suis nettement moins seule.)

( pour en re-venir à  l’histoire)

ils pensaient avoir le projet de sortir du projet, en fait c’était le monde
qui en sortait.
le monde sortait du projet.

duchamp parlait des readymades en terme de rendez-vous, de retard aussi. parlant de l’art, il disait c’est un choix. ça aurait été une forme de prescience, de ce qui se perdait; dont il aurait voué/espéré/destiné l’art à  la garde.

Marcel Duchamp (28 Jul 1887 - 2 Oct 1968) Sorte de sous-titre / Retard en Verre (Note autographe pour "Le Grand verre") 1912
Marcel Duchamp (28 Jul 1887 – 2 Oct 1968)
Sorte de sous-titre / Retard en Verre (Note autographe pour « Le Grand verre »)
1912

Employer « retard » au lieu de tableau ou de peinture; tableau en verre devient retard en verre – mais retard en verre ne veut pas dire tableau sur verre –
C’est simplement un moyen d’arriver à ne plus considérer que la chose en question un tableau – en faire un retard dans tout le général possible, pas tant dans les différents sens dans lesquels retard peut être pris mais plutôt dans leur réunion indécise / « Retard » –  un retard en verre comme on dirait un poème en prose ou un crachoir en argent.

Marcel Duchamp (28 Jul 1887 - 2 Oct 1968) Préciser les Readymades (Note autographe pour "Le Grand verre") 1912
Marcel Duchamp (28 Jul 1887 – 2 Oct 1968)
Préciser les Readymades (Note autographe pour « Le Grand verre »)
1912

Préciser les « Readymades » en projetant pour un moment à venir (tel jour, telle date, telle minute), «d’inscrire un readymade ». Le readymade pourra ensuite être cherché (avec tous délais). L’important alors est donc cet horlogisme, cet instantané, comme un discours prononcé à l’occasion de n’importe quoi mais à telle heure. C’est une sorte de rendez-vous. Inscrire naturellement cette date, heure, minute, sur le readymade comme renseignements. Aussi le côté exemplaire du ready-made.

le pet (suite)

parvenir à  «hystériser» ce que j’écris ici. parler du point de vue de
celui/celle qui remet en cause, interroge le discours du maître. du
point de vue où ça sait pas. voilà  ce que j’entends par hystériser. que
ce que je ponde ici reste fidèle à  ma structure. je ne sais plus où, et
j’aimerais bien le retrouver, miller, toujours lui, jacques-alain,
disait que du moment où on use du signifiant, on est dans la maîtrise,
on est dans la prise de pouvoir. comment au mieux s’en garder,
de cette prise de pouvoir, cette illusion de maîtrise, probablement pas en brandissant des références.

à  quoi j’ajoute que c’est lacan qui disait que la citation, à  l’instar de la vérité, est un mi-dire.

(

instar,
je vérifie au dictionnaire, je me donne l’air comme ça, parfois, de
connaître des mots, or ça souvent, je ne sais pas ce qu’ils veulent dire,
j’oublie, j’oublie.

instar de (à  l’) loc. prép. (lat ad instar, la la ressemblance). Sout. A la manière, à  l’exemple de. A l’instar de ses parent, il eut de nombreux enfants.

sais pas pq oublie tjs signification de ce mot, instar; oublierai
encore. oublie et utiliserai encore, sans savoir, pourquoi j’oublie.

)

miller, j’ai fait un petit effort, le txt, je ne l’ai pas
retrouvé, à  moins que ce ne soit celui-ci, que je recopie, et que
ma mémoire avait transformé. adapté, à  ma convenance comprenure – le
point où j’en suis.

Le libidinal, ce qui relève de la libido, résiste par structure à  la
symbolisation intégrale, et c’est ce que
désigne petit a.
Du coup, le phallus comme emblème de la puissance, et de la puissance
symbolique, n’est que narcissique. Il y a, dans le Séminaire de L’angoisse,
un ravalement du désir, comme désir de puissance. Il y est au contraire
argumenté que c’est l’insistance de ne pas pouvoir, le «ne pas pouvoir»
déterminé par la détumescence de l’organe, qui se sublime dans la
catégorie de la puissance
.

La puissance n’appartient pas au champ libidinal, mais au champ narcissique. Elle délivre un Idéal, l’Idéal du moi, comme Idéal de toute puissance,
à  l’horizon de quoi c’est Dieu lui-même. Il y a une thèse du Séminaire
de L’angoisse, qui est que l’idée de Dieu s’enracine dans la sexualité
du mâle, dans l’impuissance-à -jouir. C’est plutôt un hapax chez Lacan,
tandis que la critique de la puissance comme illusion est une
constante.
[…]
De la même façon, vous avez une constante de l’enseignement de Lacan,
dans la même veine, qui est la critique, le ravalement de la position
du maître, dès les débuts de son enseignement, la psychanalyse
apparaissant comme une autre voie, qui passe par une renoncement aux
illusions de la puissance. Entendons-le au niveau de la voix :
l’interprétation plutôt que le commandement.

(La Cause freudienne, 59, «Le bon usage de l’angoisse»).

bref, ça ne ressemble pas beaucoup au souvenir que j’en gardais. va-t-il
falloir que je fasse l’épreuve de mes souvenirs de bataille et de
cioran. lacan nietzche spinoza, c’est une autre histoire.

 

par ailleurs

il ne me semble pas qu’un écran puisse refléter autre chose qu’une image (tandis que je ferais mieux d’apprendre à  cuisiner).

untitled 07

plus tard nous nous reparlerons quelquefois de ce monde qui nous paraît plus beau depuis que nous pouvons si facilement le prendre en photo

*

la mise à  disposition des moyens de reproduction.

reproduction, la cause, celle du désir.

le voile du doute. le voile de la beauté. (ce moment, encore récent, dans l’histoire de l’art où il aura été voulu le lever, l’enlever).

or, le masque ne mime que le masque.

est-il de reprodution autre que signifiante
Vorstellungsreprà¤sentant

nous assisterions à  la prise de pouvoir par la vérité (soeur aînée de l’impuissance)

– Vous lisez le journal?

– Est-ce que vous savez pourquoi vous lisez le journal ? – Vous lisez le journal plutôt que de regarder la StarAc ? Et puis quoi ? – Ce serait une affaire morale, voire, mieux, éthique, que de lire le journal ?

// Â« La lecture du journal est la prière du matin de l’homme moderne Â», Hegel
« ;
$space = ’ Â° ’;
$chaine= ereg_replace(’ ’, $space, $chaine);
echo $chaine;
?>

les matins quand ils sont légers

si c’est négligence de n’éveiller son tout petit, 10 mois, avant 10h30, au son de Belle & Sebastian*.    gratter à  sa porte prononcer doucement son nom m’accroupir près de son lit la façon qu’il a immédiate de se relever s’asseoir m’envoyer un sourire se lever s’accrocher aux bareaux danser se balancer aux sons de la musique qui lui parviennent les yeux dans le vide et sans un regard pour moi plaquer sa main sur ma bouche dans un souffle léger lui échappe un court mélange mangé doux de consonnes et de voyelles

plus tard, comme le cd n’est pas même terminé, se dire lui dire, ça y est maintenant tu sais boire au verre

ce soir, quand tu rentreras, te le dire

* Dear Catastrophe Waitress

self sat (2)

tu ne m’achèterais pas des bottes à  talons hauts ? j’ai bien les pointues mais ( elles me font mal
aux pieds

v iv e

– tiens, curieux, on dirait qu’il fait plus froid dans le frigo que dans la cuisine

liste des choses difficiles
– le week-end
– les vacances
– terminer qq chose
– ne pas passer à autre chose
– ne pas écrire (sur internet)

to do list du jour 
– ranger chambres
– passer canapé de chambre j à salon
– forêt
– envoyer factures
– lessive, etc.
– (dada malgré que) : oui
– planning semaine
– repassage
– cheveux (couleur)

hier
– mrjen valérie ( eau sauvage)
– le magnifique Katerine
– les doux mails, le froid mou, le bus

listes des trucs à terminer/conclure :
– surmoi
– du fer (l’impossibilité)

liste du truc à commencer 
– d’1 don (qui n’aurait pas été fait)

jules, nous serons si vieux quand tu seras jeune.

un livre ça tient dans la main

à l’instant même : (qui est cet être humain celui avec les mains qui respire à mes côtés)

foncer

(tempoRarely) closed

       
we are fundamentally gazed upon beings; in the spectacle of the world,
there is always an Other who in some way is looking at us; in other
words, we are always a little framed in the skylight of the phantasm of
the Other, with all that this suggests of discomfort, of embarrassment
or of anguish.
Yves Depelsenaire

au long du jour la vérité

mais oui mais oui je vois très clairement les choses
simplement je les vois clairement différemment tout au long de la journée
( vérité ne cesse de m’apparaître, beau visage toujours autre)

i a m symptomaticly YOURS !!!

                                                                                                                                                                                         dear dear dear SYMPTOM

                                                                                                                                                                  have a seat
                                                                                                                                             please come on in
                                                                                                                                back,
                                                                                                                  you’re
it’s all symptoms !!!
                                                                                                     s o

             think i
                        lost                                      nothing but symptom                                                                                                                                                                     we wish you
                                  my                                                                                                                                                                                                                      a happy symptom , we wish you _______
                                            good                                                                                           tu  aim eras                                                                                                                                        a happy symptom
                                                                                                                                          ton  symptôme                                                                                                                                        AND A happy
                                                                                                                                        comme  toi-même                                                                                                                                                   ________________                                                                       it’s all so SYMPTOM
                                                           old                                                                                                                                                                                                                                                             symptom
                                                                     s y m p t o m

                                           MY SYMPTOM AND I                                                                                  - HI!
                                                                                                                                             - hi!
                                                                                                                                             - how are you & how’s your SYMPTOM
     once                                                                                                                                    - GREAT! thanks! how is YOURS ???
     upon                                                                                it’s all but symptom
     a
     symptom                                                                                                                                                                                                                    never without my symptom.
                              do you like my NEW symptom?

                                                                                                                                                                    nothing like a good symptom



                                                        gimme back my symptom will you

(le retour)

retour de barcelone (tourisme). devant l’immensité des choses à  faire, se taire, devant l’immensité, taire, y aller, de proche en proche, ne pas se poser de questions, ne pas évaluer, il faut ce qu’il faut, croiser les doigts mentalement, fermer les yeux mentalement, une chose et puis l’autre, et espérer que ça s’arrête, à  un moment, arriver au bout du bordel ambiant, du bordel dans la tête. (vivre dans le noir.)

Un nous, mon on, la castration, le don

On nous parle de la castration, on nous parle de l’horreur.

Et là, il faudrait que je précise qui j’entends par «on» «nous», au nom de qui crois-je, veux-je parler quand je dis «on» «nous». Ce que déjà je peux en dire, c’est que c’est du côté de ce qui pour moi serait le public, du côté de ceux à qui l’on parle – peut-être les édictés.
Y aurait d’autres choses très évidentes à dire sur ce «on» «nous », mais bon, je passe. Ca réduirait. Mais bon, j’y reviens : un «on» «nous» qui dirait « on nous», les analysants. Pf.  Ts.  C’est très réduit, du coup, comme «on» «nous». Ca serait un wishful «on» «nous». As if «I wished all of us would be interested into castration, into horror». Un «on» «nous» où je souhaiterais que nous soyons nombreux à nous intéresser au réel et à sa jouissance, sa dite horreur. Ts. Bon, «on», eux, ça aurait été les analystes.

Les édictés et qui ne voudraient plus l’être, ça, nous sommes nombreux, non?  Qui se mettraient à parler à leur tour. Qui n’iraient plus supposer le savoir à d’autres.

Du coup, je ne sais pas bien comment on continuerait une analyse, dans la mesure où l’analyste se définirait également comme SsS, sujet-supposé-savoir. Quand suis arrivée ici, en France, ici, à Paris, ils se sont tous concertés, à croire, pour me dire que mon analyse était terminée, le mal que ça m’a fait, ça, est-ce que je m’en remets, deux ans après, trois, peut-être, années après, oui. 

Cependant, tout de même, on fait comment quand plus vraiment on ne suppose le savoir à l’autre? Quand plus grand chose du savoir ne tient. Et que malgré tout on voudrait en garder/retrouver le goût. Parce qu’on en garde un bon souvenir, de son désir.

Et puis par ailleurs, analyse terminée ou pas, le sujet-supposé-savoir, c’est quelque chose qui ne tient plus très fort la route, de nos jours. Ça aussi qui me fait parler au nom d’un certain «on» «nous». La science-supposée-savoir, mieux, la science-sachant, c’est autre chose.  Tenez, exemple, la gym qui sait, la gym qui sait du corps, qui sait des choses du corps, la bonne santé qui tiendrait aux exercices qu’on ferait, les coacheurs ex-champions sportifs qui vous expliquent que pour vous dépasser il faut aller loin dans la douleur dans l’effort et que cet effort soit sportif. Comme si télé et PMU (française des jeux) n’étaient pas plus nuisibles à la santé que la cigarette. Plus de sujet-supposé-savoir donc, mais science-sachant calculant évaluant. Ou encore, plus de sujet-supposé-savoir sinon ayant rendossé ses  habits religieux, ses habits de dieu.

Tandis que de mon côté,
ça se précise : de moins en moins je sais je comprends en quoi pourquoi à quoi ça consiste tient, l’horreur du réel. En quoi pourquoi si bien ça tient, alors que justement j’en saurais un peu plus, indiquant dès lors que je n’en sache en fait rien.
Au plus j’y vais là où je croyais que c’était*, l’horreur du réel, où je fais cet effort d’y aller de me dépasser comme les sportifs, hein, je me dépasse, je vais là où ça me fait peur, où je croyais que ça me faisait peur puisque je n’arrivais pas y aller (de tous les chemins prends celui que tu ne connais pas – de la X, jean, saint),
au plus j’y vais au plus au moins j’en sais et au plus ce que je croyais se délite.
Ça paraît tout naturel logique tomber sous le sens (ça ressemble même odieusement à toutes les histoires qu’on nous raconte partout).
Pourtant
pour moi ça ne l’est pas du tout, ni logique ni naturel ni tombant sous le sens.

Donc, oui, je peux encore essayer ça, apprendre, continuer d’apprendre à avoir, cesser de jouer à celle qui n’a rien, à qui l’on a tout pris, cesser d’attendre que se matérialise un impossible don . ***

* Tenez, je pensais par exemple que c’était du côté du couple, du côté de l’autre sexe, du côté du non au célibat des machines qu’il fallait que j’aille, en raison même de mes difficultés dans ces domaines, amoureux, eh bien non, j’y suis allée et l’horreur reste.** Je veux dire est resté ce qui se cacherait derrière mon incroyable difficulté à vivre. Ce qui fomente mes cauchemars.

** Bon, j’ajoute : du bien m’en est venu, du bien m’en est venu. Et rien de ce que j’aurais pu imaginer, non.

***  « L’amour, c’est donner ce qu’on n’a pas à celui qui n’en veut pas. » Supporter ça.  

Note  :  Tous les «on» sont barrés, parce que je me suis rendu compte après coup que je m’était trompée tout du long. «On», c’était les psychanalystes. «Nous», c’était le «on» que je croyais décrire.

comme j’aime

voilà. aujourd’hui, je n’en fais qu’à ma tête, je travaille gratuitement. il n’est pas né, celui qui m’en empêchera.

mal aux transitions

or – je ne sais faire que ça : chercher, en pensée, comment je l’écrirais, ce qui a lieu, et ça, jusqu’à ce que, comme on dit, les caresses se fassent plus précises. alors. alors. ce vide-à-dire qui s’ouvre, abrupt. ce trop brusque passage de la pensée possible à l’impossible pensée. l’impossible transition (dont je retiens le cri).

(nous avons de nouveaux préliminaires à inventer. nous aurions, à inventer, des préliminaires.)

croire avoir

« Le parlêtre adore son corps parce qu’il croit qu’il l’a. »  1

plutôt tu vois, je nous aurais vus, toi et moi, ensemble adorant ce corps, en tiers, ce corps de moi, et cette adoration venant recouvrir ce qu’il est pour nous comme corps-de-femme, parlerait de cette distance, séparation où nous serions maintenus, toi et moi, de lui. tu vois, je vois, je ne suis pas vraiment sûre non, de l’avoir ce corps, ce corps-là que j’adore comme dora adorait la femme de celui qu’elle gifle, quand il lui fait l’aveu, de ne l’aimer pas tant que ça, sa femme, elle qui est sa madone à elle, dora. sa madone, madame K. ce-corps ≡ corps-de-femme ≡ madone ≡ madame K

est-ce que je suis bête ou quoi?

Notes:
  1.  Jacques Lacan, Séminaire XXIII, Le Sinthome (1975-1976), Le Seuil, Paris 2005, p. 66. []

la distance à elle

en observation d’elle.

« elle la donne à qui la prend. » 1

il y a un rapprochement que je ne peux pas opérer, entre nous, une distance que je dois maintenir. c’est la distance à elle. je nous maintiens à distance d’elle. en observation d’elle. et je t’observe, te débrouiller avec elle, moi qui n’ait plus le moindre avantage sur toi, tandis que tu conserves celui de n’avoir pas, pour m’atteindre, à traverser mes pensées, elles qui sont seulement le faux mur de moi à elle (où je cherche son esquisse), elles qui seulement matérialisent la perte où je suis de moi, ce moment où ça ne pense plus, qui dès lors, d’ailleurs, ne s’opère pas, se dressant comme un mur entre moi et une distance abolie.

ah bêtises, que tout cela, faux mur ça c’est sûr, mais cet elle, encore, ça ne veut rien dire.

faux mur aussi de mes souvenirs qui me viennent quand. pourquoi est-ce que j’y tiens tant, que je les évoque, ainsi. toutes sortes de souvenirs, dont certains pires. qui me reviennent quand. ça a été quoi, mon adolescence. pourquoi est-ce que j’en reste, à cette marque? non, mes premiers pas dans la sexualité non pas été spécialement drôles, mais franchement, je n’en suis plus là. alors quoi? et celui d’hier, de souvenir, n’était pas spécialement triste, étrange, peut-être, insistant probablement, mais qu’est-ce qui y insiste, que ça veuille continuer à revenir (sur la scène). peut-être seulement, justement, parce que ça fait histoire, ça fait scène, scène pour ce qui aujourd’hui souffrirait d’en manquer. conjectures, conjectures, conjectures. en finir. en finir. en finir. (il y a 15 jours, j’ai repris une analyse.)

Notes:
  1. duras marguerite, je ne sais plus où []

symptôme femme, symptôme d’un autre corps

ça continue:

Le symptôme femme par contraste, c’est d’être symptôme d’un autre corps.  […] C’est par ce tour de s’accomplir comme symptôme et de s’offrir que Lacan peut dire de Joyce qu’il se tient pour femme à l’occasion, tout en sachant bien qu’il ne choisit pas la voie du “pousse à la femme” comme “Le président Schreber”, il n’est pas femme de Dieu. Il choisit “le dire à la pointe de l’inintelligible”.
La morale de l’histoire, de Joyce avec Lacan, c’est de savoir le poids du corps propre, une jouissance de la langue à exclure le sens.
« LOM du XXI siècle », Marie-Hélène Roch, Onicar? digital

les pensées qui réveilleraient

Semaine dernière avais pensé que si pensées me réveillaient, c’est peut-être qu’elles le voulaient , que je me réveille. Quelques temps déjà que je les incrimine de mes réveils nocturnes – mes pensées ou ce désir de pensée – et que je me demande ce qu’elles viennent faire là, pourquoi elles veulent, persistent.
Et donc, m’étais dit que peut-être c’était simplement ça : elles le veulent, me réveiller, que je le fasse – me lève. (Me lève et travaille).
Je n’obéis pas. Sauf aujourd’hui, voilà

des objets indirects

il est des mots qui le corps touchent plus directement qu’une main. du corps des parties qui nécessitent des détours, celles toujours trop nues, je vous demande des voiles ne vous excusez pas j’ai les indignations parfois ridicules [ici, Irma et son injection, de Freud sa formule, d’elle l’aperçu du fond de sa gorge, qui le réveille [ici, encore autre chose

partout beau

Des photos, j’en fais. Parfois beaucoup. (Dont je ne sais que faire.) Et quand, je commence à en faire, comme hier, il a souvent un moment où je me dis « Partout, beau ». Le monde devient partout beau – n’importe quoi.

N’importe quoi, tout.

 

You are free to use your eyes
and attribute value to things the way you want.
The eyes are
a great subversive tool because
they technically don’t underlie
any control, they are free when
used freely.

Wolfgang Tillmans

déb Or d

(pas de débordement qui ne soit de jouissance)(enfin j’ai beau dire)

l’a-mise en page (2)

oui ? le péché de mise en page mon père . le péché . oui , j’ai vraiment péché c’est pourquoi je supplie la vierge marie les anges et tous les saints et vous aussi mes frères de prier pour moi le seigneur votre dieu . c’est pourquoi je supplie .

se faire livre (2)

cette histoire de brouillon (v. jp balpe sur to-be-or), c’est comme une damnation, d’écriture perpétuellement en train de se faire. se faire livre / se faire lire, ça n’est pas la même chose. se faire livre est une façon de se faire lire. mais se faire livre délire sur la chair. délire, ment. jouit, s’enivre, livre; or celle de chair paiera / dans son coin, seule / ou ne paiera rien du tout ou ne paiera rien du tout / or celle de chair livre paiera. / point final. / barre

se faire livre (4)

Chère, Cher,
Dès que je vois ce que je fais, cela devient insuportable
Bien à vous,
V.

NB: Il va falloir que je me résolve à écrire les yeux-bandés – je ne vois pas d’autre solution

El hogar de los Españoles

Bonjour, j’ai découvert, tu veux bien, me raconter, tu veux bien, une histoire? Voilà. Ah! Je savais bien qu’elle te plairait, je savais bien qu’elle te plairait,

Mail de C.Z.
J’ai découvert l’endroit le plus incroyable au monde, un ancien cinéma des années 30, presque intact, dont le hall est devenu une sorte de cantine avec tables en formica, squattés par des retraités Espagnols, et tenez-vous bien, une église désafectée de la même époque, squattée par ces mêmes retraités, je dis squattés, pour aller vite, mais ça leur appartient, quelques photos suivent, ( avec les fauteuils en bois d’époque) je pense qu’il faut en faire un film, ça vous intéresserait pas ?
Posté par Christophe Atabekian | 01 novembre 2005 13:52:08 | Commentaires (0)

noir sur blanc, pensées en italique :: le pas sur le tout

Lacan formules sexuation dans Encore

Vie étirée entre l’écran du jour et l’écran du soir et tous les deux sont très petits. Il est de ma nature d’être enfermée. Note sur l’angoisse de l’orgasme. Petite note sur l’adhérence à ce fantasme selon lequel il faut signifier à l’autre, au partenaire amoureux, qu’il y a à redire à son désir. Je ne trouve pas le mode du mien dans la mesure où je ne le supporterais calqué sur aucun (pas tout x phi de x :: je privilégie le pas sur le tout). Et puis il y a l’insupportable qui  consisterait à consentir à son désir, de l’autre, à dire oui à son mode, sa modalité. Ce mode, cette modalité, mienne également cependant (il n’existe pas de x tel que non-phi de x). Enfin, toujours: rester l’Autre. Je t’aime. C’était, l’émission des pensées du matin. Et pourtant, tout cela est faux. Et pourtant, tout cela est faux. Le monde tourne.

vivre

tu es parti, tu m’as laissé des disques, j’écoute : king geedorah take me to your leader. oui, je suis triste, non, je m’en sors pas, oui, j’essaie de bien le prendre. et je préfèrerais me donner congé, me coucher ou m’en aller, sortir avec Jules. l’appartement est très bien rangé/ j’ai dû me batte ce matin avec une erreur php. quel ennui, comme si.

blog

de quoi le travail nous protège – nous devrions remercier nos élus de – j’ai acheté le livre de ph. de georges sur la pulsion – je ramène tout à l’heure les livres à la bibliothèque . je n’ai pas beaucoup le temps de lire – ce n’est pas le temps de lire pour moi . au bout d’un temps on se rend compte que les temps, ça existe, dans une vie . la seule chose que j’aurais à te reprocher finalement c’est d’être un homme . et les trucs que ça implique . je pense aux trucs sexuels , le reste: passe encore.

pendant la manifestation, je regardais paris. c’était il y a une semaine exactement. qui paradoxalement me paraissait désert, dénudé, déshabillé. sentiment de solidarité non, ce n’est pas celui qui dominait / d’organisation grosse / qui fait alors une foule étendue nombreuse dispersée – sans compacité / seule avec parfois des chansons idiotes / mais le sentiment tout de même que c’est ça, qu’il faut faire, marcher, avec les gens qui sont là, loin, là. // alors plutôt un sentiment de beauté, de grandeur. paris, la lumière, ce boulevard, la rue. de beauté, d’humanité.

les lettres à moi-même (1)

je m’écrivais des lettres à moi-même, à moi-même sous d’autres noms. l’un des prénoms, je m’en souviens, c’était sonia.

(mon père s’en était rendu compte, enfin, forcément, qu’il s’en était rendu compte, ça l’avait beaucoup fait rire. mais ce sont des rires qu’on ne comprend pas. on est là, avec son père, dans le couloir, debouts, dans la lumière du jour de l’entrée, du marbre blanc, qui vous donne la lettre, il est grand, son pantalon est beige, il rit.)

il y a eu delarue, aussi, comme nom.

les lettres à moi-même (2)

Sous un autre nom nom /

                                         j’avais pris celui de « Nathalie Granger » – ne me souvenant plus du tout du personnage de Duras (je ne le savais plus, je ne l’avais jamais su, rien ne dit que je le sache à nouveau – non, je ne sais d’où m’est venu ce nom).

                                        – n. grand g –

nuages


dans un rêve dans la nuit dans la tête Et,
plus Tard,
je serai devenue seule

j’étais très fatiguée. j’ai envoyé des factures.
après, ça aurait été bien de pouvoir dormir.

prétention

j’écrirai d’abord
tout ce que je ne sais
pas, voilà. et ça
sera terrible
parce que
c’est ça, le poids
et, au lieu d’être
léger,
ça sera lourd-

en m ê m e tem ps

et puis

, en même temps,

on ne voudrait pas cesser

de ne plus savoir,

on ne voudrait pas cesser

d’oublier

l’amour du réel

« Restait à nommer l’amour du réel lui-même,1 et c’est le pas franchi par deux analystes de l’Ecole, Franceso Hugo-Freda et Virginio Baïo. Cet amour-là est, nous dit Miller, le plus proche de la haine, car celui tient le plus compte de l’objet.
La haine est à entendre ici comme la plus lucide des passions: loin de porter sur les seuls semblants, elle vise, comme l’injure, le noyau de réel qu’indexe l’objet a. »

mon secret
c’est l’envers
de l’amour

l’inavouable pour
moi c’est là où
ça n’aime pas
et
ça me
poursuit

sortie de séance – et comment j’y tiens, tiendrais, à cet envers. comment je cherche à ce qu’il puisse y rester,
au coeur
de mon amour. // que mon amour soit mon guide. et s’il n’y suffit pas, y puisse surseoir sa haine.

Notes:
  1. Ethique et pulsion ou De la psychanalyse comme style de vie, Philippe De Georges, Editions Payot Lausanne, Psyché, p. 85 []

d’un travailleur à un autre

(ça rêve chez moi parfois ou quelque part d’une vie bien ordonnée claquée claqué al q calquée sur les rythmes usuels des travailleurs du monde entier comme

si des horaires clairs et bien marqués m’aideraient à
affronter

ce qui dans ma tête parfois prend des allures de
bordel, d’incontenables débordements (et ces choses en trop qu’on me demande, et ces réponses que je ne peux pas toutes apporter),

qui m’offrent cependant l’avantage de m’abriter de ce que personne ne me demande, d’autre que moi – ce serait ça, la faute. cet abri que je prends de moi-même.

et alors que, faut-il le dire, je me suis si bien arrangée pour n’avoir justement à suivre d’autres horaires que les miens – et ça n’est pas toujours facile.

si je me suis trop plainte, pardonnez-moi.
j’apprécie beaucoup de travailler avec vous. )

gauche

je ne pensais pas qu’il m’arriverait d’avoir à me dire de gauche

j’ y suis amenée à force de tomber sur des blogs dont la teneur matière manière
me blesse. d’abord je suis interloquée. ensuite je trouve les mots, ces mots – je me dis : alors, c’est ça, la droite? et cette écriture serait de droite? et cette droite me blesse.

quand je suis moins fragile qu’en ce moment : je me dis : c’est du vent. je me dis c’est la canaille. et pour la rime j’ajoute : la racaille. connerie, racaille – voilà, ça dégage.

je ne les attaque pas de front, ces blogs – je ne les citerai pas ici et me garde d’intervenir dans leurs commentaires où je ne ferais rien de plus qu’entretenir le moulin de leur arrogance – , je me méfie trop de la facilité des joutes écrites qui fait l’une des premières matières de la mer web, à force d’y voguer dans l’imaginaire.

qu’est-ce qui me les dit de droite : c’est qu’il opinent de tous leurs mots – ce verbe qu’ils portent aussi haut que probablement leur queue est basse enfoncée seulement dans des corps achetés – au capital et que la pauvreté les débectent. ils sont dégoûtés et dégoûtants. et ne trouvent à se défendre des actuels mouvements sociaux qu’en disant : c’est la gauche. et de chercher à la ridiculiser disant d’elle qu’elle est le fait des socialistes. c’est bas, il faut bien le dire, c’est leur lot.

il y a des choses dont on aimerait qu’elles aillent de soi. la gauche. c’est ce qui dit non au capital. c’est ce qui dit non au capitalisme, à l’hégémonie de l’économie. ce qui dit non et qui s’y oppose.

alors pourquoi est-ce que je suis si triste. je suis triste de honte. de honte pour eux. de honte de ce que je reconnais en eux. une affaire de style, d’écriture. une affaire de culture. de celle dont on voudrait se délester. ne plus rien savoir. je voudrais devenir faible rester pauvre bégayer. sourire. je voudrais ensuite devenir forte de ce que je veux. et que ça ne soit rien qui nourrisse d’autre commerce que celui des hommes. des hommes et des femmes. que ça soit impayable. et que ça le reste. pour les siècles des siècles. et qu’on puisse en rire.

voguer dites-vous – l’imaginaire

« D’où la phrase de Primo Lévi, qui éclaire après-coup le triomphe terminal chez lui de la culpabilité et de la mort : ‘ Chaque homme est le Caïn de son frère.’
Quand Lévi dit Caïn, il dit aussi Abel. C’est-à-dire qu’il évoque le face à face mortel des fils entre eux, la lutte sans fin du semblable contre le semblable. C’est la source narcissique de l’agressivité – et de la faute – telle qu’elle apparaît au tiers comme seule issue par le haut. Abel et Caïn, le meurtre sans fin du frère, c’est ce qu’Aragon appelait ‘ le sabre levé de toutes les guerres de cent ans ‘. De l’affrontement imaginaire, nous sauve le recours au père et à la loi : ‘ Chaque homme est le gardien de son frère. ‘
Mais il n’y a pas de père à Auschwitz ! »
Ethique et pulsion ou De la psychanalyse comme style de vie, Philippe De Georges, Editions Payot Lausanne, Psyché, p. 47.

avertissement (dans le noir)

je pense qu’au frontispice de ce blog, on pourrait écrire : « il n’y a pas de rapport sexuel ». comme ça, les gens sauraient, qu’une fois passé ça, une fois rentrés dans le blog, ils seraient là-dedans, dans la douleur de ça. ou déjà plus la douleur. dans ce qui se soupçonne d’elle. elle ne serait pas connue pure. dans le doute d’elle déjà. dans ce qui s’essaie d’écrire, à écrire ça. les restes d’elle. ces restes qui ont les humeurs nombreuses.

opinions à foison

la sympathie, l’antipathie que l’on éprouve à la lecture de certains blogs . on se rend compte qu’elle tient bien moins à la teneur de ce qui s’y trouve , des opinions qui s’y expriment, qu’à leur façon, leur style. (les opinions, elles, foisonnent.)

l’abondance du machinique et le peu de la main

traiter l’abondance / traiter a mano le machinique.

que faire face à l’abondance?* y aller au hasard?** / au hasard, faute de mieux . évidemment ça manque totalement d’efficacité / évidemment ça n’a rien de / parce que nous sommes
confrontés à des machines nous pensons que / aux productions des machines nous aimerions
/ leur efficacité est-elle pour autant – ENVIABLE? // alors au hasard si le hasard existe, au hasard / alors au hasard et tant que le hasard convient peut faire méthode / a de quoi faire concurrence / à celle des machines

laisser le choix au hasard

/ je l’espère.  j’espère le hasard, sa possibilité. (la possibilité de ce qui viendrait faire rupture.)

ne peux qu’y aller au hasard les yeux fermés BLIND un objet prendre convient-il à l’instant oui OKAY!

* exemple: l’abondance de photos que vous auriez prises, que faire, face à cette abondance, qu’en faire?
** vous en prendriez une au hasard, par exemple, de photo, de ces abondantes photos, une au hasard, lui appliqueriez un traitement, ce serait la part de travail vrai (voudrions-nous du travail qu’il soit vrai? récemment je lisais dans lacan, que le vrai est une catégorie du symbolique. directement je vérifie, dans le livre, le sinthome, page 116: « N’est vrai que ce qui y a un sens ». Alors vouloir du travail vrai ça serait vouloir du vrai qui fasse grain de sable dans l’océan du réel que produit le machinique. le réel, parce qu’on ne s’y retrouve pas. une chatte n’y retrouverait pas ses petits, c’est dire. les choses y sont toujours à leur place, dans le réel, parce que dans le réel tout a toujours sa place, soi, on n’y retrouverait pas sa place, parce que soi n’est pas tout réel, pas tout réel ni plus que symbolique. pas tout réel ni plus que symbolique.)

notes perdues, opinion en forme d’évaporation

la haine de soi, y tomber / selfhaters / les notes perdues / je pense : nous serions responsables de nos pensées / la grande majorité de mes pensées ne passent pas à la parole / sont des paroles larvées / je ne sais faire autrement que de nous chercher des reponsabilités / mettons : les huit dixièmes de mes pensées ne passent pas à la parole / non / mettons quatre-vingt-dix-neuf pourcent de mes pensées ne passent pas à la parole / quatre-vingt-dix / en vérité, je vis dans mes pensées / en vérité, mes pensées sont tout ce qui me sépare de vous, de tous, de vous tous // nous somme d’accord pour dire que le temps ne fait pas que passer malgré que ce soit sa caractéristique première , sa matière , son réel / les pensées y collent / comme les blogs / les blogs collent aux temps / s’y allongent // l’opinion serait un moment / autant d’opinions exprimées que de solitudes qui tentent d’extraire un bras du marécage de leur corps / oui oui moi, aussi, je trouve qu’à tort et à travers nous avons parlé des corps et que maintenant cela suffit, qu’il a eu bon dos, le corps, maintenant, il le fait rond, le dos, il le fait boule, laisse et tais-toi – je parle ici de faits culturels – ces mots 1 temps à la mode, le corps, 1 temps signifiant-maître, maintenant, c’est bon, assez vidé de sa substance, finissons-en, lâchons, lui les baskets. d’abord le corps est une pierre dont nous sommes séparés. / we, the selfhaters / notes perdues / la haine de soi // exprimée l’opinion devient douloureuse / exprimée l’opinion devient douloureuse / la tristesse reviendra ensuite, du vide d’où elle s’est répandue / c’est une chose étrange
qu’1 instant puisse n’avoir strictement rien à voir avec
l’éternité, la survivance, ne concerner que lui-même / je parle de l’opinion que j’exprime ici dont je ne saurais faire qu’elle ne colle à rien d’autre qu’à cet instant-même / encore faut-il sentir noter qu’il y a de la volonté qui s’y met, à ce qu’elle ne colle à rien d’autre, à ce qu’elle soit évaporation.
prochain titre de blog : Evaporée que le talent me vienne d’inscrire aussi bien ce qui reste que ce qui part,
de l’immaîtrise la docte ignorance / que me quitte la sentence tu me diras camarade si c’est cela si c’est de cela qu’il s’agit Maintenant que je suis dans le noir
la vérité toute dite sans qu’elle soit séparée de son contexte alors que ce contexte même est justement cela qui échappe / exemple : j’attends tout je ne donne rien / exemple : que mon amour soit mon juge et s’il n’y suffit pas y puisse surseoir sa haine /cétacé.

opinion-double, culture (I) – manque de culture à partager

je n’avais pas ce matin le courage de me remettre au boulot / alors plutôt j’ai nettoyé sans cesse jusqu’à maintenant /

hier, j’ai reçu un très beau bureau / si je dis « reçu », c’est que je ne me le serais jamais acheté / il le faut, ça, que je reçoive / il sera payé avec l’argent que je gagne à (trop) travailler / remarquez, de sans gain (caractère) je passe au gai gain / oh le sourire quand je l’ai découvert, comment j’ai été contente / exactement ce dont, je n’aurais pas osé rêver / et comme il est grand / joli / astucieux, avec tous ses petits tiroirs, ses pochettes

/ TOI / tu n’aimes pas arte tu ne lis pas les textes d’explication dans les musées moi non plus ton père dit que tu fais des petits mickeys il le dit de ta fille aussi. ton œuvre, tes vignettes, ont été sélectionnées à ce festival et ton blog est de ROCK / TOI /

nous n’avons pas toi et moi les mêmes définitions de la culture / je pense le plus souvent à celle qui fait dire, par exemple, d’un tel : « il a une immense culture », et qui me fait penser que cette culture-là, je ne l’aurai jamais, cette culture qui ne me manque plus* // manque de culture à partager // cependant que restent ceux qui n’en manquent pas / je pense à arasse, daniel, que j’entendais l’autre jour à la radio, comment je l’aime / dont le mode de savoir, comme on dirait mode de jouissance, ne sera simplement jamais le mien / / et je cherche ici où nous nous rejoignons toi et moi par rapport à cette culture, au sens où je l’entends, un sens assez restreint** / le sentiment de ce qu’elle a d’opprimant / non? – qui me fait repenser à cette phrase : « quand j’entends le mot Kultur je sors mon revolver » / opprimante en tant que ceux-là qui la possèdent, la possèdent au titre même qu’ils appartiennent à la classe dominante / et je me souviens de ce qu’il me semble a pu dire jacques-alain miller : que le discours est avant tout un instrument de pouvoir, de puissance / bon, retrouver la référence*** / maintenant, jules pleure.

* culture dont le manque ne me peine plus, que je cherche à mettre en lumière, dont je voudrais faire la promotion

** il m’est arrivé de la définir plus largement, comme prenant son départ du moindre fait de discours – à la base.

*** pas retrouvée aussi vite que je ne l’espérais, la référence, citation exacte. pensais que ça se trouverait dans numéro de la Cause freudienne sur l’Angoisse, mais.

opinion-double, culture (II) (nos oignons)

/ j’ai encore parlé de moi / TOI, je voulais dire / TU / il me semble que ce que j’essaie de pointer ici, l’opprimant du discours, tu le rejettes en bloc / pour toi, il n’y a pas daniel arasse / je ne suis pas sûre qu’il y ait quiconque qui ait un nom, un nom connu, de ceux qui appartiennent à la culture, la culture classique, dominante. daniel arasse, ça ne fonctionne pas pour toi. là où moi j’ai mal supporté qu’on me dise de lui qu’il était un maître, pour toi, tout de suite, il ne saurait être rien d’autre. alors tu ne supportes pas. tu rejettes en bloc /oui, bon, arasse autre chose / arasse ou un autre / enfin / bon, d’accord / d’accord, ce que tu ne supportes pas, d’abord, c’est ce dont il parle, arasse / la Renaissance, par exemple / oui, oui, je sais, tu n’a rien contre daniel arasse / mais c’est simplement parce que moi j’aime daniel arasse et que tu m’aimes / sinon, il n’existerait pas / parce que pour toi la culture, ça commence à qq chose que tu apparentes, je crois à la “sous-culture”, à moins que ce ne soit à la “contre-culture”, à l’underground, tandis que pour moi, c’est plus classique, la culture.

/ tu vois. je trouve que nous avons des perceptions, des aperceptions semblables, mais des réactions et des raisons très différentes. ça n’a pas fait idéal, pour toi. à aucun moment. jamais. moi, je dois me battre contre ça. contre le fait qu’une certaine culture, un certain savoir, a fait idéal pour moi. et que cet idéal même l’ait maintenu hors de portée, toujours du fait de l’autre, toujours du fait du maître et que ce maître j’ai pu le désirer (cherche un maître qu’elle puisse dominer et fasse en sorte que le savoir reste dans l’Autre). alors que chez toi, pour toi, ce fait du maître, ça a été insupportable. dès le départ.

il doit y avoir moyen de le dire plus simplement. plus logiquement. mais je débroussaille. tu serais fondamentalement beaucoup plus anarchiste que moi. or, nos attitudes, à l’un et à l’autre, nous tiennent à une certaine distance de toute une série de choses dont je tiens cependant à ce que nous puissions les donner à notre enfant. parce que tout n’est pas à rejeter dans la culture, tout n’est pas à rejeter qui appartient au canon, à l’establishment. / et qu’à force de ne pas vouloir nous en laisser conter – ton “scepticisme”, mon hystérie, l’ambiance du moment – , nous n’ayons plus rien à nous conter nous-mêmes / du lien de la culture et de la parole /

etc.

djamel tatah

Exposition personnelle – Galerie Kamel Mennour
du 18 mai au 30 juin 2006
72, rue Mazarine – 75006 Paris
"La Force de l’Art" – Grand Palais
du 9 mai au 25 juin 2006
Nef du Grand Palais – Porte principale, avenue Winston Churchill – Paris 8eme.
Djamel Tatah est représenté dans les espaces d’exposition d’Eric de Chassey et de Richard Leydier
"Natascha Ivanova et Djamel Tatah" – Galerie Jérôme Ladiray
du 12 mai au 7 juin 2006
Espace du Lieu dit – 87 rue Beauvoisine – 76000 Rouen
"Maud Haya Baviera, Valérie Jouve, Natasha Lesueur, Lucie Orta, Djamel Tatah"
du 19 mai au 10 juin 2006
Sylvester Works, Sylvester Street, Sheffield
England

djamel tatah non, je ne connais pas . c’est lui auquel se référait hier brice cauvin non je ne connais pas sur france culture qui parlait de son film, « de particulier à particulier », en disait que pour les décors avait choisi de s’inspirer des couleurs de djamel tatah .

the things we write, like the walls in the streets we pass by, like the walls we pass through, silent

the machines, they go to fast for me

in the morning

// 2 mai 2006, 8 heures 22

/ j’aurai commencé la journée avec des harengs sauce moutarde de chez Ikéa / j’aurai également commencé la journée avec une douche prise / j’aurai commencé la journée comme une vraie travailleuse — aujourd’hui, c’est 5 heures que je dois faire. j’ai dimanche fait mon planning du mois, c’est presque enthousiasmant : si ça marchait / je n’ai pas casé, nulle part, l’écriture. travail, uniquement travail, 5 heures par jour, week-end non-compris.

hier encore une fois, j’ai regardé la télévision. qu’on veuille tenir cet aveu pour un mea culpa. il y a eu alexandre le bienheureux, dont j’avais gardé un souvenir d’enfance assez joyeux, qui a été déçu – légèrement.  on voit quelques minutes du film et du haut de toute son expérience, on sait à quoi on a affaire, on n’est pas libre de continuer à regarder ou pas ;  en ce qui me concerne : contrainte je suis de continuer à regarder des conneries. surtout des conneries. ensuite, un film de mocky, avec bourvil, un drôle de paroissien, c’est ça? je ne sais plus.

maintenant, je dois travailler. (en vérité, je n’ai que 4 heures à faire, parce que hier, j’en ai fait 6, 6h 14, plus précisément).

l’infinie perturbation

peur d’être trop inconsciente vraiment trop inconsciente et alors quoi il n’y aurait pas moyen d’en savoir plus / ils aiment et ils ne savent pas qu’ils aiment ils détestent et ils ne savent pas qu’ils détestent ils désirent et ils ne savent pas qu’ils désirent ils jouissent et ils ne savent pas qu’ils jouissent.

croyez que je n’y crois plus, à ce que je fais, ici. ce blog. (ça ne me fait plusvibrer).

dans mes liens, j’ai rajouté un lien sur jiveziplak, parce qu’elle
c’est elle, ce site, qui m’avait fait reprendre un blog.

avant ça, l’autre qui m’avait fait rêver d’en prendre un, quelle perturbation, à ce moment-là, ç’avait été, comment s’appelle-t-elle déjà, virginie despentes. virgine despentes, écrivain, avait ouvert un blog. je m’attendais à ce qu’elle y parle de ce qui m’avait dérangée dans ses écrits, non. à cette époque-là, j’étais très sensible à ce que les femmes écrivaient pouvaient écrire de leur sexualité. à ce moment-là, ça me dérangeait terriblement, dans ma propre vie amoureuse, cette idée de n’être pas comme elles. j’aurais voulu  chercher tracer pointer ce qui d’elle_à elle_à elle aurait pu faire lien, j’aurais voulu qu’elles, qu’elles toutes m’en disent plus, et que je m’y retrouve. ne pas m’y retrouver alors que je croyais en ce qu’elles disaient, c’était l’infinie perturbation. je me souviens d’une image qu’elle avait publié sur son blog, v. despentes, qui est venue m’encombrer au moment des gestes les plus. ensuite, à force d’être perturbée,
le temps, l’écriture, les cris, les pleurs, les angoisses, les explications, l’analyse,
j’aurai compris que la norme qu’il m’aurait plu d’établir, la norme de la sexualité féminine, il n’y en n’avait pas. compris, renoncé. bah bah bah. (malgré que toujours je n’aime pas déteste continue de détester la pornographie, et probablement qu’au travers de cette détestation je continue d’aimer à ce que je crois, continue de croire, de la sexualité féminine. à cette époque, j’étais très grands chevaux sur ces choses, très bataille, guerroyère, avec la tête secouée et la main portée à la bouche puis sur le coeur.)

il y avait eu un grand croire à la jouissance féminine. eh bien, la jouissance féminine n’est pas ce qu’on croit.

syndrome

Troubles musculosquelettiques de la main et du poignetouille. quelques heures de petit ménage feront suffiront peut-être à diversifier mes activités (à quoi il est important de veiller sous peine de).

description (auto)

d’un pantalon BENETTON noir, indéfroissable, dont même les plis ne se déplient pas, d’un costume acheté sur le temps de midi à l’innovation, grand magasin, en face du boulot, à l’époque où je et que je ne te connaissais pas encore. d’une chemise MUJI, achetée avec toi à l’occasion d’un vernissage de mon père, à paris celle-là, et que j’ai eu la bêtise de laver en machine malgré les recommandations du petit vendeur. d’un pull noir, ZARA, acheté à l’occasion de je ne sais plus quelle occasion, cache-coeur un peu stretch trop petit trop serrant qui me fait l’effet de porter un corset, dont les gestes pour le passer au-dessus ma tête quand je m’habille/déshabille sont malaisés – ensuite j’étais allée chez le coiffeur, et son décolleté, du pull, lui trop expansif, l’avait poussé à me raconter de longues histoires insensées de chiens dangereux, interdits, qu’il promenait la nuit en forêt. il était très, très mignon, un peu jeune, je ne lui ai cependant pas laissé mon numéro de téléphone, rapport probablement à son exaltation, ses nuits passées au bois ; toi et moi, ne nous étions pas encore vus. des cheveux que j’ai attachés au-dessus de ma tête au moment de prendre ma douche et qui si je les dénoue montreront qu’ils sont trop longs – oui mais propres, et puis sains. le visage quant à lui marqué d’une nuit d’insomnie d’inquiétudes, de la prise d’un anti-inflammatoire, de la visite de tante Sidonie (moment hormonal à l’origine de troubles divers dont celui de rétention d’eau), des 5 cigarettes fumées hier, et par l’âge, habituel. qui plus est c’est lundi, le travail reprend qui n’a jamais cessé. mais tu es là.

avec tout ça, je doute que vous me puissiez jamais me reconnaître.

en ce qui me concerne, non. simplement non.

maintenant, vous voyez, je me suis levée, c’est en pleine nuit, je me suis dit que j’allais compléter les notes du cours de MHB, prises ici. puisque j’ai commencé. j’ai mis la radio, c’est bien, ça me tient compagnie comme on dit, je ne sais pas du tout de quoi ils parlent, ils parlent. c’est très rare, ça quand même, que je me réveille à 3 heures du mat. demain, c’est dimanche. après-demain, c’est de nouveau lundi, ça, c’est très fatiguant.

(ne pas se coucher sur le temps)

aller à contre-courant. résister au flux, à l’accumulation, ne pas se coucher sur le temps. ce qui était défaut hier, revenir en arrière, devenu qualité aujourd’hui. nouveau titre de blog, le pas en arrière. j’ai reculé sans que mes yeux ne quittent l’horizon de mes paupières closes.

(quel point de capiton?)

(l’ouverture, le pleur

ce qui me fait pleurer,

ce qui ouvre la chute le trou la faille,
ouverte à l’enterrement de ma tante (x-x)
ouverte à la foire face à cette attraction qui (2-0)
ouverte quand j’ai vu ces femmes danser entrer en transe (1-0)
ouverte au concert de avec les ballons qui s’envolent (2-0)
ouverte parfois quand (1-x)

du moindre (vers sa résolution)

moi qui suis incapable du moindre rendez-vous.
et puis il y a le rendez-vous que nul ne saurait manquer. dont nul cependant ne connaît ni le jour ni l’heure.
il ne serait de rendez-vous qui ne se fixe qui ne rende gorge à cet impossible-là, à l’impossible de ce rendez-vous immanquable.
telle que vous me voyez, fixée à cette heure impossible.
le rendez-vous qui a mangé tous les autres.
moindre rendez-vous dégorgé du grand mangeur.

 

 

liste (du détestable)

liste de tout ce que je déteste : tout ce qui me fait passer de l’état insortable à l’état présentable (à commencer par « m’habiller »)

ir se mens on ge blême

MAINTENANT C’EST FAIT et je le sais bien qu’il n’y a pas d’énigme, des choses, j’attends. j’attends, ma chère, et je songe, ma chère

à lever l’ancre à décamper à m’ortir d’ici . je dis : cétacé. et combien de fois faut-il que je le répète: vous me manquez et le reste
il y a des choses.
et ce goût de d’ire, c’est assez (elle crie), tu m’entends. assez (plus bas).
je ne suis pas celle qui crie, ou je le suis aussi, je le sais bien, va comment vous/ tu écrîtes.

ma très douée . ma trop, peut-être, prends garde . oh le doux mot, prends garde à toi.


ils ont ditQui ? présentez
vous / RE:présentez vous/
si je n’avais qu’une seule idée à exprimer ce soir
Mise en demeure / Erreur technique veuillez retrouver un guide opérant
/ il existait 4 enfants à éviter / nous l’avons attendu longtemps,
mais ça valait la peine / s’en balance, qui trousse l’ourlet de tes
jupes…et amoureusement, sans te laisser aller à aucun trouble /
approchez, je suis nu

Dernière
chose
: il reste

(mais à vrai dire, je ne m’en souviens pas

====================================
d i s p a r ition

approchez, je suis nu. je suis triste et noue. et ta voix. d’ailleurs je ne prendrai pas soin de toi, ni toi ni aucun, je te connais, depuis très longtemps. c’est comme ça voilà, donc va-t-en, laisse-moi encore.

est-ce que tu travailles est-ce que tu es là est-ce que tu vas
m’accueillir alors comme ça vraiment crois-tu que je t’ai crue, jamais / mangée nue plutôt et en désordre et violemment parce que ça fait du bien / mais tu n’es pas là dedans, tu es ailleurs, tu es ailleurs, dans la grande tristesse le grand chambard et moi, je
m’en
nuie vois-tu, tais-toi souverainement : abrite-moi je t’aimais bien, tu sais,

ne pas se coucher sur le temps

ne pas se coucher sur le temps,
ne pas faire 1 avec lui,
qu’il puisse y a voir un avant un après
le passé le futur
de la perspective, du relief,
et puis des sauts, aussi, des sauts dans le temps

[perspective, le moment de son invention, dans l’histoire de l’art, à la renaissance, ce moment, pour daniel arasse, de l’introduction du sujet dans la peinture, en son point de fuite / il faut du tiers pour faire l’histoire, un décollement de soi, un décollement du corps, un point à l’infini, un mensonge / le désir regarde devant, regarde derrière (habite avant, habite après) – or ça, or ça, et comment faire pour qu’il ne se confonde pas avec l’idéal / le lieu de l’énonciation, le lieu du sujet de l’énonciation, en ses instants mêmes qui sont de jouissance, ] desserrer l’étau de nos bras de nos jambes du corps de l’instant, faire avec la peur et la chute / pieux vœux, bavardages /
l’histoire, qui n’est pas le temps, tient compte du fait qu’il passe, de ce réel-là. qu’il passe, c’est-à-dire jusqu’à sa dissolution finale, disparition.
tout du long de ceci je ne pense qu’aux blogs, à ce blog du jour qui vient se coucher sur celui de la veille, l’envoie à tout jamais aux oubliettes, dont il n’est probablement jamais ressorti. c’est qu’il me semble y être dans une parole, une parole silencieuse, qui ne cesse pas, si je ne m’en trouve plus angoissée, je n’ai pas trouvé encore comment faire pour y couper. j’aimerais qu’un objet s’en extraie que je puisse tenir en main et dont je puisse apprécier chacune des dimensions coutures. je voudrais sortir de la linéarité de ce récit aveugle. c’est ça, pour moi, « ne pas se coucher sur le temps », ce serait sortir de cette dimension pauvre de la linéarité. ce serait sauver qq chose.

(coupure & sujet

d’où il appert clairement que c’est la coupure qui fait le sujet – je pense ici à celle dans le temps, celle du rendez-vous par exemple. qui paradoxalement détache l’objet. décolle désadhère détache. désidentifie.

done

j’ajouterai que j’ai également lu un bouquin d’échenoz qui n’a d’autre mérite que d’être rapide à lire + fait quelques tentatives, vaines, pour me rapprocher du poulet masala.

journée presque claire, froide. soirée maussade.

nb: bien sûr, j’ai également changé le template du lieu. demain c’est fête de noël à la halte-garderie. j’achèterai un gâteau. no news from ji.

poulet massala

Les recettes sont données pour 6 personnes

2 kg de poulet coupé en morceaux pas trop gros
3 oignons
6 gousses d’ail
5 tomates
2 pommes canada ou reinette
1 boîte de 400 g de lait de coco
1 c. à soupe de gingembre frais
1 bâton de annelle
3 anis étoilés
15 cosse de cardamome
50 g. de poudre de curry ou massala (mélange d’épices)
1 yaourt bulgare
4c. à soupe d’huile
1 citron vert 1 bouquet de coriandre fraîche
sel

Faites retirer la peau du poulet par le volailler ou le faire soi-même, c’est très facile. Mélanger la poudre de massala avec le lait de coco. On obtient une pâte épaisse. Enduire chaque morceau de poulet d’une bonne épaisseur de cette pâte et laisser mariner 2 heures environ à température ambiante.

Dans une cocotte, faire revenir dans 2. à soupe d’huile les oignons hachés et l’ail écrasés. Quand le mélange est blond, ajouter le gingembre épluché et râpé, l’anis étoilé, la cannelle, la cardamome. Bien mélanger le tout à l’aide d’une cuillère en bois en laissant chauffer les épices quelques minutes pour qu’elles développent leur parfum. Ajouter alors les pommes épluchées et râpées. Laisser mijoter à petit feu 10 mn

Dans une poêle antiadhésive, faire revenir les morceaux de poulet dans le restant d’huile jusqu’à ce qu’ils soient légèrement dorés de tous les côtés. Les mettre au fur et à mesure dans la cocotte. Ajouter enfin les tomates épépinées et concassées et le restant de pâte de lait de coco-massala. Saler peu et laisser cuire à petit feu pendant 30 à 40 minutes selon la grosseur des morceaux de poulet. Goûter pour vérifier l’assaisonnement. Juste avant de servir, verser le yaourt. Mélanger bien tout.

Servir le poulet recouvert de fines tranches de citron vert et de coriandre fraîche ciselée.

Chutney de banane

3 bananes mûres (mais pas trop)
50 g de raisons secs
1 noix de gingembre frais
2 c. à soupe de sucre
1 c. à café de piment en poudre (plus ou moins selon le goût)
1 c. à café de poudre de cumin
2 citrons verts, 1 pincée de sel

Eplucher les bananes, les couper en fines rondelles dans un saladier. Les arroser aussitôt du jus des citrons verts. Ajouter les épices, le gingembre épluché et râpé, le sucre, le sel et les raisins secs cuits 5 mn dans de l’eau bouillante. Mélanger le tout. Ce chutney peut se conserver 2 jours au frais.

Chutney de mangue fraîche

2 belles mangues pas trop mûres
1 citron vert
1 petit piment
sel

Eplucher les mangues et couper la chair en petits cubes. Arroser de jus de citron vert. Saler légèrement. Retirer les pépins du piment et le hacher très finement. Ajouter à la mangue petit à petit en prenant soin de goûter (pour bien doser le piment). Mettre au frais jusqu’au moment de servir.

cheveux hier

et le coiffeur hier qui me dit : c’est parce que je suis un homme que j’ai pu couper tout ça. si ça avait été une femme, elle aurait hésité, hésité et vous seriez sortie pareille qu’en rentrant. les cris des femmes, quand il a coupé. « sébastien! si un jour tu me fais ça, je te… » moi, je ne sais pas. (ça fait une quantité énorme de cheveux en moins.)

les muettes voix des pensées

réveillée une fois de plus à 4h30. furieuse, j’avais peur. je me suis levée, allée au salon, me suis dit voilà, je ne le saurais pas, jamais, le pourquoi de mes réveils, il fallait m’y résoudre, à ça. c’est alors que j’ai eu l’idée de la voix. je me réveille, j’écoute. je me réveille, j’entends. je me suis dit, c’est ça, ce serait pour ça que je me réveille, pour entendre cette voix. la voix de mes pensées.

j’avais un ami poète qui disait que quand il écrivait, il entendait une certaine voix, qu’il écrivait pour entendre cette voix-là. moi, ce serait pareil, alors, point d’interrogation, ce serait pareil, j’écrirais pour entendre cette voix, ma voix, pensée, ma voix qui dans ma tête résonne. qu’a-t-elle donc de si attrayant? que de vouloir l’entendre, je me gâche le sommeil, le sommeil, la vie.

et s’agirait-il vraiment de ma voix, est-ce ma voix qui importe, n’importe quelle voix n’y conviendrait-il pas ? qu’une phrase résonne. une phrase ou la parole? que ça ne cesse, de parler. ne cesse. (que ça parle. (d’1 voix sanx voix)).

et s’agit-il aussi, encore de cette/ma voix douce dont j’ai pu écrire ici qu’elle me manquait quand j’écrivais? que je continuerais d’entendre sous le martèlement des touches, dans le ralentissement du débit, cette voix qui, fût-elle transformée, appauvrie, à l’écrit ne passe pas. je le sais, ne passe plus.

on me disait autrefois, quelquefois, on m’a dit, ah quand je te lis, je t’entends. c’était un temps, où je faisais nettement plus d’efforts, pour écrire. où je me relisais, où je passais un temps fou, à me relire, à réécrire, à écrire, jusqu’à ce que j’entende. jusqu’à ce que la voix sonne, différente. mais trêve de nostalgie, si je n’écris plus comme ça, c’est que ça n’était pas ma voie.

pour noël, jules a reçu beaucoup de jouets, trop peut-être, me disais-je hier, ce sont des jouets qui parlent, il a une chaise qui parle, des livres qui parlent et une grenouille qui parle; parfois, il les actionne tous à la fois, y ajoute encore les mélodies de son petit synthétiseur ; j’observais ça, hier, et je me disais que c’était peut-être triste, ces jouets d’enfants solitaires. je m’étais alors vaguement demandée s’il s’agissait déjà d’un certain besoin d’entendre de la voix. allez savoir.

un moment, j’aurai également pensé, plus tôt dans la journée, que les femmes peut-être, les mères, s’entendaient avec les enfants, à cause de ça justement aussi, qu’elles aimaient ça, être dans la voix, simplement, loin du sens – ce n’est que maintenant que j’écris, que toutes ces rapprochements viennent à se faire. je veux dire que moi, ça me plaît, les chansonnettes, les ritournelles de jules. enfin, ces voix-là, sont elles loin d’être muettes.

(et puis, il y a « la haine », ces 2 mots, que j’entends souvent. « la haine ».) et jules se lève qui va mettre un disque.

cailloux choux, genoux (607)

que je me réveille la nuit continue de me désespérer. surtout quand il s’agit alors de n’éprouver rien d’autre qu’un sentiment de fin du monde.

sommes de retour à paris. n’ai pas osé rester seule à bruxelles avec jules – d’un peu de tristesse seulement peux m’en trouver affectée, que j’observe profonde et menue – ce dernier trait faisant sa force, aussi la mienne, ce pourquoi même ma colère de cette nuit n’aurait pas dû naître; or et en quoi franchement ces insomnies ne se justifient pas, il me semble, sont à combattre (aussi hardiment que possible) (et je pourrais devrais également vous donner des chevaliers tracés à l’encre noire sur blanc papier, d’une blancheur qui évoquerait celle de mon sein, point final).

*

nouvel an par moi promu promis à l’art de la conversation à quoi je le contraire que j’excelle, à quoi je suis très piètre, ce d’autant plus que ces dernières années m’y ont vu de moins en moins m’exercer, que les mots semblent n’avoir plus d’autre motif que celui de me quitter, je veux dire que je les perds et qu’ils vivent de plus en plus nombreux sur le bout de ma langue où le confort ne prime pas (banlieue).

il s’agira d’anlayser ce que.

grand A : l’art de la conversation requiert des partenaires, à tout le moins à ça on ne peut.

mon art de la conversation requerra, soit que je trouve le moyen de faire passer dans la parole la matière première de mes pensées et surabondante, soit que que je trouve le moyen de m’intéresser aux choses, et de partager ce nouvel intérêt, qui a priori ne m’intéressent pas.
et a foritiori intéressent d’autant moins mon surmoi. – ce dont la pensée m’est venue au fil de l’écriture de l’avant-précédent post (le recouvrement du surmoi et de la parole pensée, dont la voix ne s’entend que dans la tête).

il pourrait donc s’agir de reprendre sur mon surmoi le pouvoir (voeu 3° donc) – s’il se trouve avère que c’est bien de ce vilain que je suis la victime accablée.

si ça se trouve, je pousuivrai ici la liste de mes bonnes intentions, plus tard.

bas, je vous salue,

nous voilà quittant l’hiver, la couleur pourpre et les épices, les reflets et les soupes,

kiss kiss,

(bijou, chou, suite)

dans mes intentions, rentre également de circuler dans la ville de paris – aussi froide puisse-t-elle être (hivernal), aussi parce que j’ai un fils (qui n’eut pas la moindre plainte tant que nous fûmes à bruxelles où notre temps passâmes à grimper, dévaler des rues pavées ainsi qu’à pousser de battantes portes de tavernes, et à qui je ne souhaite les miennes de difficultés de circulation ) / dans mon combat contre (mutisme? solitude?), plus sûr allié : culture, qui ne le sait ? les révoltés du / évidemment, toutes pieuses intentions passées quoi faire que penser comment ré, dès qu’une fois tête levée seul bordel est observé et s’obstinent sempiternelles ritounelles julesques // dans l’oral aveu de mes voeux, le 31 décembre de l’année dernière, à mon frère jean-françois le grand, je dis d’abord, parlai, d’intention de bavardage. dans le passage à l’écrit, hier, ce voeu prit le grade d’art // le soir du réveillon, presque rude discussion autour du cynisme – qui trouva à rapidement s’emboutir dans une définition du dictionnaire, robert, robert // à noël, toi, tu m’as offert un disque de jac berrocal, fatal encounters – sur la couverture un homme, torse nu, que j’ai d’abord pris pour une femme, pointe un revolver sur

silhouette de 2 jeunes femmes dans l’entrebâillement d’1 porte (journal)

jules dort encore, je me réveille à peine. pris un médicament hier, et voilà – comment c’est que j’ai dormi ! les yeux bouffis comme jamais, au point que je me demande si jules me reconnaîtra…

mes efforts pour bavarder :

au moins 1/2 heure hier avec Patricia… qui me conseille (elle ne sait pas ce qu’elle dit) de sortir, ne fût-ce qu’un tout petit peu (enfin, au bout d’une 1/2 heure en sommes arrivées à la conclusion que ce qu’il me fallait c’est de la « déprogrammation ».)

nuit d’avant-hier pratiquement toute blanche, m’avait épuisée, cette conversation m’a fait du bien, rendu quelques forces – et bonne humeur -, j’ai pu travailler, sans faire de conneries (productif, le bavardage).

avec les dames de la halte, la halte garderie, aussi, me suis montrée très souriante et fait de grands efforts pour combattre ma « parano ». raconté « spontanément » la visite du matin à la ménagerie du cirque (lequel déjà, ah zut, celui dont je ne sais pas pourquoi il ne s’appelle plus le cirque Jean Richard, parce qu’il est mort probablement, ça commence par un P : PINDER), où jules a eu peur des chevaux (mais les stalles étaient sombres et je viens juste d’essayer de lui apprendre/montrer/mimer/dessiner comment les chevaux hennissent et se cabrent. ça, à cause d’une petite boîte ronde que je lui ai trouvée/offerte, d’où sort le son d’un hennissement), a eu peur des éléphants, qui pourtant n’étaient pas très énormes mais en contrepartie avaient quelque chose que je qualifierais d’extrêmement réel : gris, sales et râpés – c’est de l’ordre de ce que jules cherche chez les animaux, enfin, c’est ce que j’imagine, crois, ce qui le fascine, leurs cris, leurs poils, qu’ils fassent peur, peur un peu, là, c’était trop. idem, pour les chameaux, en plus drôle, de mon point de vue, incongru. les tigres, et lion et panthère, étaient eux extrêmement beaux, impressionnants, et m’ont de fait plus effrayée que jules, à qui je n’arrêtais pas de répéter, que non, ce n’étaient pas des chats – le bond que j’ai fait, en arrière quand 2 tigres se sont rués l’un sur l’autre, debout tous les deux, rugissants. de loin, la lionne nous a regardé droit dans l’os, belle, se léchant les babines. enfin, tout ça, j’ai raconté aux dames ! (ce point d’exclamation me rappelle ce livre que je lis en ce moment, de Pamela Des Barres, qui reprend de nombreux extraits de son journal d’adolescente).

jules se réveille à son tour. 10h49.

dernière nuit d’insomnie (« l’incroyable soulagement »)

cette nuit d’insomnie fut la dernière.

jeudi dernier, l’analyste m’a conseillé (« excusez-moi mais je vais vous donner une leçon»)… de prendre des médicaments pour dormir ( » le corps d’un côté, la pensée de l’autre, et quand le corps ne fonctionne plus, faut agir sur le corps, pensée n’y pourra rien, horloge biologique, etc. ») le soulagement qui fut le mien. quelque chose d’incroyable. je ne sais pas très bien ce qui a été touché. mais, même ici cela s’observe, même dans ce blog, cela fait si longtemps que j’ai des problèmes de sommeil que je m’escrime à vouloir prendre comme un symptôme, que je cherche à traiter à force de raison raisonnante. alors voilà de cela, simplement, je vais être soulagée.

c’est le psychanalyste lui-même, au cours de la dernière séance, qui a téléphoné, pour moi au docteur G, que je remettais d’appeler depuis 2005. j’en ai été bouleversée.

est-ce que tous les problèmes, toutes les façons, enfin sont-elles si nombreuses, que j’ai eu de traiter la pensée, d’aborder les problèmes que mes pensées me posaient, puisque c’est elles que j’accusais de mes insomnies, d’être à l’origine de mes insomnies, est-ce que ces problèmes, ce problème que j’ai avec la pensée, s’en évaporera pour autant ? c’est ce qu’on verra. c’est un peu curieux, parce que ça a été l’objet principal, me semble-t-il, enfin maintenant, de ce que j’ai pu exposer analyser observer ici (dans le blog).

cette nuit d’insomnie donc fut la dernière puisque j’ai vu ce cher docteur g, ce matin-même.

avant-dernière (4.I.2007)

il aura également été question du bavardage. là que j’ai pu/dû dire qu’il me fallait rappeler le psychiatre (j’aurais pu/dû l’écrire tout de suite, cette séance, je n’en avais pas envie, je ne sais pas pourquoi. )

j’aurai dû vouloir dire mon sérieux, mon trop de sérieux quand il s’agit de parler. que la parole ne puisse être le lieu que de sujets graves. de sujets auxquels je tienne. auxquels il soit très difficile de toucher. et comment, depuis que je connais f., ce trait s’est atténué. l’exemple alors que j’ai voulu donner. de sujet grave. le mot que je n’arrivais même pas à dire. je pensais « shoah ». le dire, impossible – je pensais à f., qui ne supporte pas qu’on utilise ce terme dont il dit qu’il fut apporté, qu’il s’est imposé, dans le discours courant, par un film, celui de lanzmann.

Shoah est aussi le titre d’un film documentaire de neuf heures trente réalisé en 1985 par Claude Lanzmann et portant sur la Shoah. Composé de témoignages, ce film est exempt de tout document d’archives. Il évoque les événements avec une précision verbale implacable et montre aussi l’actualité toujours vivace du danger antisémite. C’est ce film qui a imposé en français l’usage du nom Shoah après le choix du réalisateur pour le mot hébreu qu’on trouvait déjà par exemple dans le texte hébreu de la Déclaration d’Indépendance de l’État d’Israël de 1948.
Voir la page de Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Shoah#_note-0

et aussi vrai que je ne comprends pas les raisons qu’il m’a mille fois données, f., que je soupçonne de simplement recouvrir, chez lui comme chez moi, une difficulté à nommer ces « événements-là », je ne suis pas moi-même, au cours de cette séance, arrivée à prononcer ce mot. j’ai tourné autour – j’aurai cité « les camps », mais qu’est-ce que ça veut dire, j’aurai dit, peut-être, « la guerre », ou « les juifs ».

hm. continuerai ça plus tard.

ou est-ce que j’essaie encore de noter en vitesse : je n’ai pas manqué de m’étonner un peu de ce que voulant parler de ma difficulté de à parler (dit-on « difficulté de parler », dit-on « difficulté à parler « ? c’est le genre de doute qui me prend ces derniers-temps et qui pourrait m’empêcher de dire une phrase à laquelle je pense, faute de / à l’anlayste je dis que les mots qui me manquent sont les « mots de transition » / peut-on les appeler ainsi ? et quand ce genre de doute vous atteint, vous allez chercher où, la réponse? grammaire? / décidément, je pense qu’on dit plutôt « difficulté à »)… je disais donc que je me suis étonnée de ce que voulant parler de ma difficulté à parler je prenne comme exemple du sérieux pour moi de la parole un événement qui pour moi fut majeur, dans l’histoire, et à propos duquel il m’est même difficile d’écrire.

toutes les fois qu’il a été question de ce sujet, mon coeur s’est emporté, mon âme. c’est une souffrance, ou ça l’était, ça le serait devenu moins, j’aurais pris de la distance, mais ça a été une souffrance réelle, un emportement, quelque chose qui me fait sortir de moi-même, qui me poursuit des jours durant, qui m’a poursuivie des jours durant. si d’aventure, quand d’aventure je me trouvais conforntée à des paroles qui d’une façon ou d’une autre « attaquaient » ce sujet-là, voulaient le prendre autrement qu’avec les pincettes, la componction d’usage (mais là, c’est moi qui). (tu dis que tu es « ironique », que tu te reconnais dans la définition du dictionnaire). ainsi quand s. a remis en cause l’existence même des camps. (l’arrachement à l’intérieur, cette sorte de cri, ça a duré des jours, des semaines, de tourmentes.)

enfin tout ça pour dire qu’on n’a peut-être pas à s’étonner d’avoir des difficultés à parler, si parler signifie parler de cette chose pour laquelle on n’a soi-même pas de mot.

comment trouver la bonne distance?

(plus tard, y revenir, à l’ironie.)

(monday morning, vraiment)

vraiment dormi, cette fois, toute la nuit. à plusieurs reprises réveillée, à partir de 5h30, mais rendormie à chaque fois dans les 5 mnutes. il me semble que j’ai beaucoup de choses à faire aujourd’hui :

  • rassembler déclarations d’impôt bruxelloises
  • rassembler fiches de salaire parisiennes
  • téléphoner à la halte, demander si
  • dessiner un plan pour pat.
  • lui téléphoner

est-ce que vraiment, une fois ça fait, ça serait fini? j’ai peine à le croire.

  • il y a les cheveux aussi
  • et la préparation de la réunion de mercredi

et alors, vraiment, ça s’arrêterait là? je n’ai plus qu’à m’y mettre?

  • m’arranger pour que jules ait un pantalon demain
  • poste
  • paiement partena

il n’y a vraiment pas de quoi s’en faire?

névrosé de guerre

séance. invitée à parler de mon père. en sortant je pense à ce fait, qu’il ne serait jamais arrivé qu’il ne parle pas de la guerre. quelle qu’était la personne qu’il rencontre, il fallait toujours qu’il lui parle de la guerre. (le jour où il lut un bouquin de freud et m’annonça gravement : je suis un névrosé de guerre.)

mon père, lui, parlait de la guerre.
mon père parlait sans difficulté.
il pouvait parler avec n’importe qui.
il parlait de l’histoire, il parlait des actualités, il parlait de l’art, il parlait de la guerre.
il était d’un commerce agréable, ne manquait pas d’humour, et avait toujours qq chose à vous apprendre à propos de la guerre.
c’est une chose presque étrange, pas désagréable, de se retrouver à dire de son père qu’il était un homme sympathique.
mon père était un homme vraiment sympathique. il faut bien le dire.

chose,

elle a travaillé, travaillé. j’ai cassé mon ongle, celui de l’index de la main gauche, et ça ne se voit pas encore, parce qu’il tient encore un peu, et qu’il y a du vernis, 2 couches. de rouge à lèvres, aussi, 2 couches. elle, elle a joué avec les oreillers (seule au dortoir des filles. sotte, et ses larmes coulaient). nous, nous en avons trop. (moi l’amour, c’est à plat; je dis). (l’amour à plat, le bon départ, plaqué pour les verticales.) ne faites pas attention, n’essayez pas. elle m’épate. tenez. bises.

pulsion dem ort point d’inter rogation

hier soir voyais film où meurt, trop jeune, une mère, et d’un cancer. ah, ah, me disais-je, comme moi-même, j’aimerais, d’un cancer, et trop jeune, et ne pas me soigner, alors. rêverie qui m’accompagne depuis longtemps, maladie grave et ne pas me soigner, mourir.

en journée avais pensé, hier donc encore, un dimanche passé à rien d’autre que lire – tu dis que je suis silencieuse depuis quelques temps, c’est possible -, hier donc, me suis demandé, si… hélàs je n’arrive pas à reproduire cette sorte de question qui me vient par morceaux qui ne prennent pas la file indienne pour former une phrase, c’est à propos de la mort, de mon désir de mort, est-ce que jules va sentir ça? est-ce que jules sait ça déjà? est-ce une calamité?

après le film, alors, avant d’aller me coucher, plutôt que de les écrire, ces pensées, parce que je ne savais pas où, j’ai décidé de t’en parler rapidement. et puis, on ne sait si parler ne sera pas curatif. également, j’avais pensé en parler à l’analyste. tu m’avais dit la veille que tu savais pourquoi j’étais si silencieuse, depuis une semaine, tu m’as dit que c’était à cause de la

(retour vers le secret)

je vais donc essayer d’écrire de l’autre côté de la barrière. c’est-à-dire sans public continuer d’écrire dans ce blog, puisque des tonnes de choses ici sont commencées, et parce que je me sens bien incapable de faire autre chose. cette autre chose, je ne sais pas ce qu’elle est. elle est ce que j’imagine que je ne saurais pas faire. le blog me convient parce qu’il me permet l’un petit peu quand je veux et sans nécessairement de fil, de continuité, sinon celle des jours, ce qui, je l’ai déjà fait remarquer autrefois, se rapproche de la façon dont se fomentent les choses en analyse. ce dont je ne sais quelle conclusion tirer, si ce n’est que je suis une addicted à l’analyse. le blog est ce qui ne me convient pas, mais je ne sais comment entamer autre chose, l’autre chose. il est peut-être inutile d’ajouter qu’écrire ici m’est désagréable. le sentiment que ça me procure est très loin de celui que j’ai pu décrire quand j’ai parlé de celui de faire ce que je devais, d’être au plus proche de ce que je pensais avoir à faire lors de certains travaux d’écriture, de certains moments d’écriture.

je voudrais également changer le mot de passe qui permet d’accéder à ce blog devenu privé, et m’assurer ainsi que frédéric non plus ne pourra pas lire ce que j’écris ici. je veux tenter d’écrire des choses secrètes. je n’ai pas encore changé ce mot de passe.

je ne sais pas s’il est bon que je cultive en moi cet amour du secret, mais comme il est ce qui souvent a fait obstacle à la possibilité d’écrire, pourquoi ne pas le tenter, tenter d’écrire ce qu’il m’a semblé impossible d’écrire si ce n’était secrètement. pourquoi ne pas me donner un temps du secret. vérifier si une chose autre peut s’en trouver secrétée.

hier, j’aurais dû travailler, aujourd’hui, je devrais travailler, et je ne le fais pas, puisque je tourne ici en rond.

tout vient effectivement

… les perversions de la sensualité des femmes

« Qui sondera jamais les perversions de la sensualité des femmes ? Qui comprendra leurs invraisemblables caprices et l’assouvissement étrange des plus étranges fantaisies ?
Chaque matin, dès l’aurore, elle partait au galop par les plaines et les bois ; et chaque fois, elle rentrait alanguie, comme après des frénésies d’amour.
J’avais compris ! j’étais jaloux maintenant du cheval nerveux et galopant ; jaloux du vent qui caressait son visage quand elle allait d’une course folle ; jaloux des feuilles qui baisaient, en passant, ses oreilles ; des gouttes de soleil qui lui tombaient sur le front à travers les branches ; jaloux de la selle qui la portait et qu’elle étreignait de sa cuisse.
C’était tout cela qui la faisait heureuse, qui l’exaltait, l’assouvissait, l’épuisait et me la rendait ensuite insensible et presque pâmée. » (Guy de Maupassant, Fou ?)

Tous télé-guidés

Par Jean BAUDRILLARD

LIBERATION.FR : mardi 6 mars 2007

Ce texte est paru dans Libération du 7 septembre 2001

 

Avec Loft Story, la télévision a réussi une opération fantastique de consensualisation dirigée, un véritable coup de force, une OPA sur la société entière ­ formidable réussite dans la voie d’une télémorphose intégrale de la société. Elle a créé un événement (ou mieux, un non-événement) où tout le monde s’est trouvé pris au piège. «Un fait social total», dirait Mauss ­ sinon que dans d’autres cultures, cela signifiait la puissance convergente de tous les éléments du social, alors qu’ici, cela marque pour toute une société, l’élévation au stade parodique d’une farce intégrale, d’un retour image implacable sur sa propre réalité.

Ce que la critique la plus radicale, l’imagination la plus subversive, ce que nulle dérision situationniste n’aurait pu faire… c’est la télé qui l’a fait. Elle s’est révélée la plus forte dans la science des solutions imaginaires. Mais, si c’est la télé qui l’a fait, c’est nous qui l’avons voulu. Inutile de mettre en cause les puissances médiatiques, les puissances d’argent, voire la stupidité du public pour laisser espérer qu’il y ait une alternative. Le fait est que nous sommes engagés dans une socialisation intégrale, technique et expérimentale, qui aboutit à l’enchaînement automatique des individus dans des processus consensuels sans appel.Société désormais sans contrat, sans règles ni système de valeurs autre qu’une complicité réflexe, sans autre logique que celle d’une contagion immédiate, d’une promiscuité qui nous mêle les uns aux autres dans un immense être indivisible.

Nous sommes devenus des êtres individués, c’est-à-dire non divisibles en eux-mêmes et virtuellement indifférenciés. Cette individuation dont nous sommes si fiers n’a donc rien d’une liberté personnelle, c’est au contraire le signe d’une promiscuité générale. Corollaire de cette promiscuité: cette «convivialité exclusive» qu’on voit fleurir partout, que ce soit dans le huis clos du Loft, ou celui des ghettos de luxe et de loisirs, ou de n’importe quel espace où se recrée comme une niche expérimentale où il ne s’agit pas tant de sauvegarder un territoire symbolique que de s’enfermer avec sa propre image et de vivre en complicité incestueuse avec elle, avec tous les effets de transparence et de réfraction qui sont ceux d’un écran total.

Ça bouge encore, mais juste assez pour se donner, au-delà de la fin, l’illusion rétrospective de la réalité, ou celle du social, mais réduite à une interaction désespérée avec soi-même. Cette promiscuité, faite d’implosion sociale, d’involution mentale et d’interaction «on line», ce désaveu profond de toute dimension conflictuelle, sont-ils une conséquence accidentelle de l’évolution moderne des sociétés ou bien une condition naturelle de l’homme, qui finalement n’aurait de cesse de renier son être social comme une dimension artificielle? L’être humain est-il un être social? Il serait intéressant de voir ce qu’il en sera dans le futur d’un être sans structure sociale profonde, sans système ordonné de relations et de valeurs, dans la pure continuité des réseaux, en pilotage automatique et en coma dépassé en quelque sorte, contrevenant ainsi à tous les présupposés de l’anthropologie. Mais n’a-t-on pas de l’homme, comme le dit Stanislaw Lec, une conception trop anthropologique? Promiscuité et enfermement se résument dans l’idée originale de soumettre un groupe à une expérience d’isolation sensorielle, afin d’enregistrer le comportement des molécules humaines sous vide, dans le dessein peut-être de les voir s’entre-déchirer dans cette promiscuité artificielle. On n’en est pas venu là, mais cette microsituation existentielle vaut comme métaphore universelle de l’être moderne enfermé dans son Loft personnel, qui n’est plus son univers physique et mental, mais son univers tactile et digital, celui du «corps spectral» de Turing, celui de l’homme numérique pris dans le dédale des réseaux, et devenu sa propre souris (blanche).

Le coup d’éclat, c’est de livrer au regard des foules cette situation proprement insupportable, de leur en faire savourer les péripéties dans une orgie sans lendemain. Bel exploit, mais qui ne s’arrêtera pas là. Bientôt viendront, comme une suite logique, les snuff movies et les supplices corporels télévisés. La mort doit, elle aussi, entrer en scène, non pas du tout comme sacrifice, mais comme péripétie expérimentale ­ partout niée et combattue techniquement ­ mais ressurgissant sur les écrans comme performance de synthèse (ainsi ce revival télévisuel, d’une cruauté infantile, de la guerre des tranchées ou des combats du Pacifique).

Mais, et c’est là l’ironie de toutes ces mascarades expérimentales, parallèlement à la multiplication de ces spectacles de violence, grandit l’incertitude quant à leur équivalent réel, et donc la suspicion quant à l’image. Plus on avance dans l’orgie de l’image et du regard, moins on peut y croire. Les deux paroxysmes, celui de la violence de l’image et celui de son discrédit, croissent selon la même fonction exponentielle. Du coup, toutes les images sont au fond déjà des images de synthèse. D’ailleurs, le Loft aurait aussi bien pu être fabriqué avec des images de synthèse ­ et il le sera plus tard. Les gestes, les discours, les acteurs répondent déjà à toutes les conditions de préfabrication, de figuration programmée. De même qu’on clonera plus tard biologiquement les être humains, qui, au fond, ont déjà mentalement et culturellement un profil de clones. Même isolation sensorielle, même curiosité abyssale dans l’activité sexuelle de Catherine Millet (1). Peut-on pénétrer plus avant, plus loin même que le sexuel? Peut-on posséder à fond et être possédée à fond? En poussant le sexe jusqu’à l’absurde, en l’arrachant au principe même de plaisir, elle l’arrache aussi à son principe de réalité, et force là aussi à poser la question: qu’en est-il de l’être sexuel? La sexualité ne serait-elle, contrairement à l’évidence naturelle, qu’une hypothèse? Vérifiée comme elle l’est ici jusqu’à l’épuisement, elle laisse songeur. Vérifiée au-delà de sa fin, elle ne sait tout simplement plus ce qu’elle est ni ce qu’elle signifie.

Même tentation abyssale dans le cas du Loft, mais cette fois, ouverte sur un autre abîme, celui du vide et de l’insignifiance. Aller toujours plus profond vers cette véritable scène primitive de la modernité ­ où est le secret de la banalité, de cette nullité surexposée, éclairée, informée de tous côtés et qui ne laisse plus rien voir à force de transparence? Le mystère devient celui de cet aveu forcé de la vie telle qu’elle est ­ objet d’effroi, mais en même temps vertige de plonger dans ces limbes d’une existence sous vide et dénuée de toute signification.

Le XXe siècle aura vu toutes sortes de crimes ­ Auschwitz, Hiroshima, génocides ­, mais le seul véritable crime parfait, c’est, selon les termes de Heidegger, «la seconde chute de l’homme, la chute dans la banalité». Violence meurtrière de la banalité qui justement, dans son indifférence et sa monotonie, est la forme la plus subtile d’extermination. Un véritable théâtre de la cruauté, de notre cruauté à nous, complètement dédramatisée et sans une goutte de sang. Crime parfait en ce qu’il efface ses propres traces, mais surtout en ce que, de ce meurtre, nous sommes à la fois les auteurs et les victimes. Tant que cette distinction existe, le crime n’est pas parfait. Or, dans tous les crimes historiques que nous connaissons, la distinction est claire. Il n’y a que dans le suicide que le meurtrier et la victime se confondent, et dans ce sens, l’immersion dans la banalité est bien l’équivalent d’un suicide de l’espèce. Quelque part au cœur de cette banalité et de son événement crucial, nous portons le deuil de cette existence résiduelle, de cette incertitude et de cette désillusion.

Il y a, dans toute cette histoire de Loft, quelque chose comme un travail de deuil collectif qui lie entre eux les criminels que nous sommes tous. Et là est notre vraie corruption, dans la consommation de ce deuil et de cette déception, source d’une jouissance contrariée. A la lumière de cette promiscuité, de cette convivialité truquée, de cette incertitude et de cette désillusion, tout est à revoir. Avec Loft Story: l’évidence de l’être humain comme être social. Avec Catherine Millet: l’évidence de l’être humain comme être sexuel. Avec le surcroît de transparence et d’information: l’évidence de la réalité tout court. Sexués, certes, nous le sommes (Catherine Millet aussi) mais sexuels? Socialisés, nous le sommes (et souvent de force), mais des êtres sociaux? C’est à voir. Réalisés, oui, mais réels? Rien n’est moins sûr.

Tout ceci serait catastrophique, s’il y avait une vérité du social, une vérité du sexuel, une vérité du réel. Heureusement, ce ne sont que des hypothèses et si elles prennent aujourd’hui des formes monstrueuses, elles n’en restent pas moins des hypothèses, à jamais invérifiables. La vérité, si elle existait, ce serait le sexe. Le sexe et le désir seraient le fin mot de l’histoire… mais il n’y en a pas. Autant dire que le danger d’une opération systématique du social, du réel et du sexuel n’est lui-même que virtuel.

D’où, l’autre question, en guise d’interrogation finale: QUI RIAIT DANS LE LOFT? Dans ce monde immatériel sans une trace d’humour, quel monstre pouvait bien rire dans les coulisses? Quelle divinité sarcastique pouvait bien rire dans son for intérieur? L’humain trop humain a dû se retourner dans sa tombe. Mais comme on sait, les convulsions des hommes servent à la distraction des Dieux… qui ne peuvent qu’en rire. Qui fut en d’autres lieux une forme de torture expérimentale. Mais ne sommes-nous pas en train d’explorer toutes les formes historiques de torture, servies à doses homéopathiques, en guise de culture de masse ou d’avant-garde? C’est un des thèmes principaux de l’art contemporain.

(1) Catherine Millet, La Vie sexuelle de Catherine M., Le Seuil, 2001, 104,5 francs (15,93 euros).

ce qui est mal, c’est que je n’arrive plus à parler avec frédéric en ce moment. j’ai des tas de petites choses à lui dire, et, no way, ça ne sort pas. dès que je fais un petit effort, la situation se dégrade, je m’énerve. nous devrions partir en vacances bientôt, c’est peut-être ça qui est en cause, je ne sais pas. les vacances m’angoissent toujours.

(j’entendais baudrillard ce matin qui disait que les causes, c’était bien le moins intéressant, le plus trivial, et que les effets, par contre, quand il y en avait, ça, c’était étonnant. disait également que nous vivions une époque de cause, et que c’était parce qu’on s’occupait à ce point des causes, qu’on obtenait parfois des effets étonnants, dramatique (11 septembre). mais, je n’ai rien compris.)

séance très rassurante ce matin. je n’ai pas le courage d’en parler maintenant. (pris des notes en sortant.)

faut s’accrocher.

séance, 8 mars 2007

En arrivant, je reviens sur la séance précédente. Comment depuis cette séance, je ne me sens pas bien. Ce que j’y ai dit, ce qu’il a dit, sur quoi il revient. Dit qu’il n’aurait pas dû dire ça, n’aurait pas dû dire qu’il ne fallait « jamais en rabattre sur l’œuvre ». Que ça portait trop à l’idéalisation. J’explique que l’œuvre est pour moi un mot impossible. A cause du père que j’ai eu ( moi, justement, « artiste sans œuvre »). Peut-être qu’il y aurait moyen, dis-je, de le rendre un peu plus possible, ce mot. Il acquiesce

[père avec œuvre, moi sans.]

Je parle des sempiternels doutes mis sur tout. De Frédéric, sa façon de ne vouloir s’en tenir à rien d’établi, de toujours faire table rase, dénigrer systématiquement les canons (de la beauté, de l’art). J’explique. Il dit « C’est cartésien ».

Je parle du soulagement que j’ai éprouvé en semaine, me disant que cette position n’était pas tenable tout le temps, qu’on ne pouvait pas tout le temps savoir, que précisément il y avait toujours un temps pour savoir et que le reste du temps c’était du souvenir, du souvenir de savoir, du reste, que cela suffisait. (A l’instant où j’écris ceci, je ne comprends plus bien ce qui m’a soulagée là-dedans, ni quelle serait la nature de ce reste.)

Je cherche à donner un exemple pour parler de Frédéric, je n’en trouve qu’un, très mauvais. Je dis qu’il pourrait par exemple remettre en cause Picasso, je choisis cet exemple là, parce que c’est un nom très connu, ce qui à certains égards semble être ce que principalement Frédéric aurait à lui reprocher, ce qui le rendrait suspect à ses yeux, de n’être avant tout qu’un nom. Et qu’il faudrait alors pouvoir lui démontrer que Picasso, au delà de son nom, c’est très bien. Ce que je n’arrive pas à faire. Même s’il a pu m’arriver de me sentir proche de Picasso, d’avoir donc « su des choses de Picasso », que j’aurais pu dire, dont j’aurais pu témoigner. Ce qu’il m’en reste de ce « savoir », la seule chose qui m’en reste, au moment où Frédéric me demande de prouver que Picasso c’est bien, c’est le souvenir de l’avoir aimé. Un reste d’amour en guise de preuve.

(Est-ce que ce souvenir d’amour est suffisant? Il ne semble pourtant pas. Or, il y a au moins un endroit où me semble-t-il nous nous rejoignons, Frédéric et moi dans notre appréhension des choses : c’est l’ignorance. J’y pense, après-coup, après-coup de ce que j’ai dit en séance. Nous serions dans la même qualité d’approche des choses, le même manque. Un savoir qui ne parie que sur l’amour, la sensation immédiate, l’oubli. Un savoir acculturé, séparé de l’histoire ( une « façon de savoir » que ne s’occupe in fine que de l’inconscient). Et la certitude que j’essaie de lever ici ne saurait tenir qu’à une question de culture. Mais bien d’histoire. Il y aurait dans la certitude une main tendue à l’universel. Enfin, qu’est-ce qui ferait le lien de l’histoire et de l’universel? Le temps. Nous n’aimerions que trop le particulier. Comment faire pour qu’il se rejoignent, le particulier et l’universel?

J’explique que j’ai souvent pensé qu’il fallait, au moment où l’on sait une chose, en témoigner, d’une façon ou d’une autre, qu’il ne fallait pas laisser passer ce moment. J’ajoute qu’aujourd’hui, mon sentiment a évolué. Que je ne suis plus aussi affectée du fait que rarement je ne partage, témoigne de ce que je sais au moment où je le sais.

Il me dit que ce dont je parle ressemble évoque le fonctionnement de l’inconscient, par battement. Me dit que si ma position a changé par rapport à ca, c’est que peut-être ma position a changé par rapport à l’inconscient. Je lui dis que c’est possible, mais que je ne suis pas sûre que ce soit en bien. C’est ce qui me fera penser au sortir de la séance que je suis effectivement amoureuse de l’inconscient et que je « cède sur mon désir de l’inconscient ».

Je lui parle de la question qui m’a taraudée pendant la semaine, si je n’étais pas quelqu’un qui pourrait céder sur son désir. J’essaie d’expliquer le lien entre ça et mes doutes. Qui ne laisse la place à aucune certitude.

Dernière phrase : « Mais est-ce qu’on ne peut pas s’accorder plus de certitudes ? »

En sortant, je me dis : Je n’ai pas à ma portée d’autre savoir que l’inconscient. Vous, disposez d’une autre forme, de savoir, moi pas. Trop amoureuse de l’inconscient. Et je pense alors que c’est à cause, ce serait à cause, ce pourrait être à cause de ce trop grand amour de l’inconscient, désir de l’inconscient, que je n’ai pas d’accès à d’autres formes de savoir. Une forme de savoir de type plus universitaire qui me permettrait de répondre à Frédéric, de parler à Frédéric de Picasso.

Plus tard, je pense qu’il faut s’accrocher. Il faut s’accrocher.

[L’inconscient et le doute pourraient fort avoir à voir, à faire ensemble. Le sujet de l’inconscient est le sujet du doute. Céder sur son désir pourrait n’être pas la même chose que céder sur son désir de l’inconscient. Il y a cependant un point de certitude au cœur de l’inconscient, un point d’attraction, que je connais bien. Dont j’ai le souvenir.]

Tout ceci est trop embrouillé.

médications

Je suis contente parce qu’aujourd’hui j’ai vu le docteur G. et qu’il pense que je ne devrais pas divorcer à cause du Stilnox. Je lui expliquais la situation en ce moment, comment je suis particulièrement « taiseuse », lui croit que c’est probablement un effet du Solian qui me fait prendre trop de distance. résultat, on change les doses. C’est bien. C’est ennuyeux de ne pas toujours savoir jusqu’où on est jouet des médicaments, mais en même temps, j’adore ça, les médicaments. Qui m’ont déjà bien aidée. Là, on diminue le Stilnox, le Solian, et on augmente le Deroxat. C’est bien, il me semble. Puis, je le revois dans dix jours.

De toutes façons, par ailleurs, l’analyse continue.

un petit coup de déprime

coup de déprime en ce moment. qui me donne à penser qu’éventuellement écrire un petit peu ici m’aiderait.

trop de routine. trop d’habitudes.

pas assez de lecture
pas assez d’écriture
pas assez d’étude
pas assez de sport
pas assez d’amis
pas assez de rencontres

trop de sommeil, trop de travail

difficile d’être seule, de travailler et de garder jules en même temps. et même si j’étais seule, sans jules, je pense que j’aurais ces jours de découragement, où je ne sais pas quoi faire, où j’ai seulement envie de dormir, et où je ne travaille pas.

journal

tout de même, c’est curieux, ce coup de déprime. pourrais pleurer. préférerais dormir. comment est-ce que j’ai pu tenir, jusqu’ici? qu’est-ce qui m’a fait tenir? qu’est-ce qui a disparu? ce pourrait être physique. d’ailleurs, ça l’est. ce pourrait être de l’angoisse.

et puis pour jules, heureusement, une réserve de sourires et de rires conservée.

enfin, je sais que ça va passer. comme c’est étrange, tout de même, de devoir en passer par là. mais, je ne sais pas de quel côté les changements, les améliorations vont venir. puis-je compter sur l’analyse? est-ce sur l’analyse que je compte? j’essaie d’imaginer ce qui me ferait vraiment plaisir. et je pense que ce serait l’idée de voir des gens, des gens que j’aimerais bien. comment est-ce qu’on se fait des amis? est-ce que ce serait écrire, qui me ferait du bien. quand j’y pense, je pense tout de suite au temps que cela prendrait. et cela me paraît irréalisable. il ne me semble raisonnablement pas avoir le temps d’écrire. est-ce que c’est vrai. j’écris à frédéric que je dois faire des efforts pour tout. j’écris ici que c’est physique, parce que j’ai de drôles de moments, une sorte de nausée, d’asphyxie. est-ce que je sais, ce qui ne va pas? s’agit-il seulement du travail que j’ai à fournir? ou s’agit-il du changement de dose dans les médicaments? est-cil possible que çe soit ça? on a diminué le solian et le stillnox et augmenté le déroxat. s’il s’agit de ça, ça devrait aller mieux alors.

et puis, trop tard, maintenant, pour « apprendre » à écrire. vraiment, ça serait s’y mettre tard.

plus simplement, peut-être que je n’aime plus mon travail… ce serait ennuyeux. ce serait curieux. parce qu’enfin bon, pourquoi? je pense que cela seulement qui est en cause, c’est d’avoir peur de ne pas arriver à faire ce que je dois faire. vraiment peur. est-ce qu’avant, je n’avais pas peur? est-ce que j’ai maintenant des choses plus difficles à faire qu’avant? ou est-ce que le fait d’être totalement dépendante, du point de vue du temps que je peux y consacrer, de jules? est-ce que le fait de pouvoir travailler plus, avant, m’aidait à aimer ce que je fais? moi, qui aime à être plongée dans quelque chose? plongée dans ce que je fais? alors que maintenant, je ne peux plus travailler que par à-coups. et alors, que le plsu difficle , c’est tout de même de s’y mettre. et que moi, je ne cesse pas de devoir m’y re-mettre?

d’ailleurs ai-je jamais vraiment aimé mon travail? n’ai-je pas plutôt aimé m’y absorber?

journal

ça va déjà mieux. hier soir, j’ai lu le résumé du cours de JAM, de L. Solano, et relu mes propres notes. relu aussi des cours de Lacan, de « L’insu-que-sait de l’une-bévue s’aile à mourre », en rapport avec ce cours. c’est un cours vraiment très bien, et il possible que ce soit ce cours, aussi, qui me bouleverse. tout y est chamboulé.

il y a encore cours aujourd’hui, tout à l’heure. patricia vient pour garder jules. et j’ai tout préparé pour son repas.

maintenant, il faut que je travaille. mais il faut encore que je m’habille, également.

Séance et 10 heures 30 très précises

Ah, si c’était possible, aujourd’hui, je ne ferais rien, rien, rien, et ce serait pure paresse. Ennui aussi d’avoir à faire un travail difficile.

Séance

Je parle de mon coup de cafard. De ma solitude. Et de cette solitude avec certaines choses que j’ai lues sur la passe ainsi que le texte de Miller intitulé « L’interprétation à l’envers ». Ma solitude avec ces textes, depuis ces textes. Que rien ne semble pouvoir crever.
En vérité, je me souviens de peu de choses de ce que j’ai dit.
Si ce n’est que j’ai terminé en disant que je voudrais « que ça soit maintenant, tout de suite, pas tout à l’heure. » Mais je ne sais plus de quoi je parlais. Plus du tout.
Il a conclu en me donnant rendez-vous jeudi prochain, à « 10 heures 30 très précises« . Au moment où nous sommes séparés, m’a lancé un regard appuyé.

Si c’est possible, j’essaierai d’en écrire plus. Maintenant, j’essaie de me mettre au boulot. Julos dort, s’est endormi directement après la garderie.

Ah oui, j’ai parlé du cours de Miller. j’ai dit qu’il était possible que moi coup de cafard ait été lié à ce qui se disait là, en analyse, mais également à ce qui se dit au cours de Jacques-Alain Miller. Oui, tout cela est troublant. Ces choses et les textes dont je parlais plus haut sont liées.

J’ai parlé de ma mort aussi, comment je mourrais comme une « quelconque », les traces que je ne laisserais pas. Et puis aussi de ce que je m’étais dit, à la lecture de la correspondance de Truman Capote, à propos du fait que je ne me mettrais pas à écrire maintenant.

J’ai été obligée de boire un café avant la séance. J’ai alors relu mes notes prises hier, au cours. Contente qu’elles soient bonnes. Et maintenant, contente même de pouvoir l’écrire, que je suis contente.

oui, décidemment ça va mieux. les jours gris sont loin. ça ne veut pas dire que ça ne reste pas difficile de travailler… est-ce que je devrais demander au psychiatre de diminuer les somnifères, est-ce que c’est ça, ce ne serait pas ça, qui me donne le sentiment d’être fatiguée comme ça, d’avoir à me réveiller, à boire une tasse de café en plus?

journal

Passons, ce jour, à l’heure d’été. C’est mon ordinateur, que j’allume à l’instant, qui me l’apprend.

F. dormi jusqu’à maintenant. Moi, c’était hier. hier dormi jusqu’à midi. qui plus est, l’après-midi, encore dormi, endormie, lisant ce livre que je m’efforce de finir, de la correspondance de Truman capote, Un plaisir trop bref. Avons également fait des courses sous la pluie au Monoprix. Et c’est tout. S’il y avait eu la télé, aurais passé la journée, la soirée, à la regarder. C’est plus clair, plus net, sans télé. Je crois que je ne suis pas loin de l’ennui. Comme clarté, on peut mieux faire, mais c’est plus clair, ce possible ennui, qu’une journée de télé.

Je me demandais ce matin, si je pourrais faire ce qu’il faut pour « comprendre » ce qu’il en est de l’Un-Corps, ce que JAM avance avec sa notion de Un-Corps.

Moi, j’aimerais bien, encore des jours et des jours de congé.

Mais déjà demain, c’est lundi.

Ah.

Je me demande si demain je vois le psychiatre. J’ai décidé d’arrêter de fumer. Ca n’est pas facile. C’est à cause de Jules, petit Jules qui tousse le matin. Avoir la toux du fumeur à son âge, c’est précoce. Il faut changer l’heure de toutes les horloges. Et faire à manger à Julos.

Avons oublié de lui acheter de la crème pour les fesses, il a un peu de diarrhée, qui traîne depuis des jours et jours. Lui avons acheté un médicament, hier, mais pas de crème, or il n’y en a plus. Je mets des patchs de nicotine.

Je ne sais pas comment me mettre à l’étude des nœuds, des nœuds de Lacan. Il en est encore beaucoup question dans « L‘Insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre » auquel se réfère Jacques-Alain Miller pour le moment.

journal

donc, voilà, oui, heure d’été. très mauvaise idée que j’ai eue, d’arrêter de fumer. très. hier soir, mangé, à l’affilée, un cheese-cake au citron (j’avais oublié qu’il existait des choses aussi bonnes) et une glace. si manger ne faisait pas grossir, je n’aurais aucune difficulté à manger plutôt que de fumer. terminé hier le livre de Truman Capote. Pas sans regrets. il est long, il me paraissait tout le temps raconter la même chose, mais je m’y étais habituée. je déteste me détacher d’un livre, l’oublier. j’ai commencé Ulysse de Joyce.

C’est à cause de Lacan que je le lirais, enfin, cela va peut-être sans dire. J’ai imprimé une leçon de plus de L’insu, trouvée sur internet, mais les nœuds m’arrêtent. Me suis réveillée ce matin pensant que je pourrais faire un cartel, tout en rejetant cette idée avec horreur.

Je ne pense pas que je pourrais vraiment approcher ce que Lacan a vécu en lisant Joyce, qui le lisait probablement en anglais. Je me suis quant à moi acheté la nouvelle traduction.

En le lisant hier, je suis tombée sur le mot de cassonade, qui m’a mis l’eau à la bouche, dont je ne pensais plus qu’il existait encore.

Il faudrait travailler aujourd’hui.

petites notes au gré du jour

15:44 (je n’y arriverai pas, à faire ce boulot, les inscriptions, voilà, c’est trop compliqué.)

15:54 (je ne sais pas si c’est le fait que ce soit compliqué qui est en cause. je voudrais ne faire ce que j’ai envie de faire et rien d’autre. le week end que je viens de passer à ne rien faire d’autre que lire, parce que je ne n’avais pas d’autre envie, me convient parfaitement.)

16:04 (je viens de me faire envoyer le programme de bobigny, parce que j’ai envie d’aller au spectacle)

16:30 (en fait, je ferais mieux de foncer, au plus vite c’est fini, au mieux c’est)

16:58 (j’ai de la chance, jules dort. j’écoute la radio, émission documentaire sur les tous petits. mais ça vient de terminer.)

17:28 (ça roule. jules dort)

17:32 (julos le joli se réveille. fin du boulot).

20:08 (reprise boulot pour 5 minutes. j’ai acheté : des bonbons à la nicotine, des bonbons sans sucre, des pilules pour maigrir. indispensable pour commencer une nouvelle vie.)

21:59 (julos prend son bain avec son père, ses cheveux sont lavés. bonbon en bouche à la nicotine. stan va arriver (retour d’italie). musique joyeuse. demain, il faudrait que je me pèse. oh non.)

22:07 (stan est là. jules est heureux. c’est le moment de décider si je vais fumer ou non. hè hè)

to be or not, obsessionnelle

10:30

[zut, j’ai grossi. pris 3 kg. en combien de temps exactement, je ne sais pas, devrais vérifier. nouvelle chaise dans bureau ; ça tire en de tous autres endroits dans mon corps – je ne sais pas si c’est bien, c’est étrange. fort occupée par aérophagie et constipation, ces 3 derniers jours !!! quelle honte, d’écrire ce genre de choses. il me manque du café. bon, cette semaine, je me surveille, poids, et on voit. dois vérifier aussi quand j’aurai mon prochain rendez-vous psychiatre. écris tout ceci parce que devrais écrire autre chose que je remets tous les jours d’écrire depuis vendredi passé.]

j’avais lu un texte, de serge cottet, sur la névrose obsessionnelle, qui m’avait fort découragée parce qu’il m’avait semblé y lire que je n’étais pas obsessionnelle. c’est idiot. c’est quelque chose dont je n’ai jamais parlé en analyse, cela fait des années maintenant que je me demande si je ne suis pas obsessionnelle, et qu’en réalité, je pense que je le suis – sans en parler à un analyste. le premier, YD, m’ayant un jour, il y a très longtemps, au tout début de mon analyse fait comprendre, signifié, que certainement, non, je n’étais pas obsessionnelle.

j’ai relu ensuite l’article, deux jours après, et me suis disputée à son propos avec frédéric. c’est la dispute qui est intéressante. c’est là que j’y ai compris, vu certaines choses. là que j’ai compris comment cet article malgré tout me disait obsessionnelle. mais la dispute qui est difficile à écrire. il faut que je fasse réparer mon vélo. au cours de cette dispute je me suis vu reprocher à frédéric d’empêcher la conversation pour un motif qui n’en constituait pas un du tout. je me demande si j’arriverai à expliquer ça à l’analyste, plus facilement que ce que je n’y arrive ici. il était mentionné dans l’article que l’obsessionnel faisait taire l’analyste, que l’obsessionnel ne supportait pas « le signifiant de l’Autre », et moi, qui pensais à ces choses, j’ai crié à frédéric de se taire – ce qui était à l’état brut, ce dont il s’agissait. et j’ai vu que ce qui s’était passé, c’était qu’en vérité, c’était moi qui avait empêché la conversation, arrêté la conversation, tout en l’en accusant. on hésite à mettre à plat certaines choses, parce qu’elle peuvent alors apparaître fort plates. il y a très peu de choses que je doive ajouter à ce que je viens d’écrire, qui paraitra fort court. pourtant je crois pouvoir dire que ma vie s’en est trouvé changée,

« […] l’affirmation par la patiente de la toute-puissance du phallus est tout à fait corrélée à son insurrection contre le savoir supposé de son analyste : elle le fait taire.
L’intolérance au signifiant de l’Autre, notamment à la volonté maternelle, masque en même temps une haine du père qui n’a rien de prégénital. »

que c’était quelque chose de central, dans ma vie : que l’autre se taise. ou dois-je écrire, devenu central. mais que l’angoisse vient de là, l’angoisse telle qu’elle s’est présentée, s’est montrée ces dernières années, les années avec frédéric.

je n’arrive pas à continuer.

15:11

Jules à la halte. Il fait très beau. Moi, faudrait que je me remette au boulot, et comme à chaque fois. Coincée sur la chaise, je me demande si je vais m’y faire.

16:08

misère, viens de manger tout mon hibou en chocolat. misère

after

jeudi, treize heures, jules au lit malade, s’est recouché à midi, faut que je me remette au boulot, ça n’était pas facile du tout, olala, olala, de parler à l’analyste, ce matin. dû, n’ai pas pu faire autrement, faire l’aveu de ce que je me croyais « obsessionnelle ». j’avais passé 2 jours à déborder de tous côtés de toutes sortes de choses à lui dire, de révélations, etc. et là, subitement plus rien.

tout s’en est allé. et il y aurait eu moins encore, si je n’avais relu mes notes d’ici, juste avant la séance. ai-je tort, raison d’écrire, là n’est pas la question.

je lui ai dit que j’empêchais frédéric de parler, que je m’étais rendu compte, que c’était moi, non lui, qui empêchais. comme rien de plus ne me venait, j’ai ajouté donc que j’avais lu un article sur l’obsession, et que…

après ça, c’était fini, n’ai plus rien pu ajouter. bah.

journal

depuis samedi, jour où j’ai vu le dr. g., je ne prends plus de somnifère. ça a l’air ok. j’espérais me réveiller plus facilement le matin, mais ça n’est pas encore le cas. je rêve énormément le matin, des rêves très longs, qui se succèdent sans discontinuer. quand je me force à me lever vers 10heures, quand véritablement je m’arrache à l’un de ces rêves, il me faut une heure pour émerger.

j’ai remaigri… de 300 grammes… en réalité, je pèse moins en ce moment que ce que j’ai pesé en moyenne tout au long de ma vie. c’est après l’accouchement que j’ai beaucoup maigri.

je ne fume plus. évidemment, stan sera là, ces jours-ci, et je ne sais pas, si je fumerai de ses cigarettes ou si j’essaie de m’en empêcher. je pense que fumer un peu n’est pas grave.

c’est lundi, la fenêtre du bureau est ouverte, c’est très agréable.

je ne sais pas si nous irons florence. j’ai surmonté ma peur hier et commencé à lire le guide que frédéric a acheté.

les voyages m’angoissent terriblement.

une fois que je suis partie, c’est ok.

le matin, il faudrait que je me lève plus t ôt.

dans l’ensemble, désœuvrée plutôt qu’ennuyée.

là, je vais essayer de me mettre au boulot: je déteste.

traîner, j’adore.

en une semaine, les arbres se sont couverts de feuilles. aussi le lierre sur le mur en face de moi.

journal (qu’on n’aille pas croire que)

je préférerais que f. ne s’aperçoive pas que je lis des choses sur florence, qu’il n’aille pas croire que je voudrais y aller, et que ça ne rende pas plus sûr encore notre départ. malheureusement, hier, il a vu que je lisais le guide. et ce soir, je crains qu’il ne découvre le livre que j’ai sorti, sur la renaissance. autant d’un signes qui pourraient donner à croire que j’aimerais y aller. je préférerais ne pas y aller.

imp……. sort

incroyable difficulté donc à sortir, toujours elle, plus éclatante en ce moment que l’été revient et qu’il est question que nous partions en vacances. ce que je ne souhaite pas, redoute, peut-être, probablement, certainement, uniquement parce que je ne sais vraiment pas quoi prendre dans la valise, quels vêtements, aucun ne me semble convenir, pas le moindre, et alors comment faire, puisqu’en vacances, on n’est jamais chez soi, où l’on ne peut pas se retrancher quand on ne sait comment s’habiller, se montrer, sortir.

sauvage!

mais, le téléphone non plus, je n’aime pas. j’évite. quand il sonne, il m’est parfois impossible de décrocher. et cela n’a rien à voir avec les vêtements. je suis devenue sauvage, je suis devenue sauvage.

hier je ne serai finalement pas sortie. mes vêtements

ne me satisfaisaient pas et je ne suis pas arrivée non plus à faire cette chose simple qui aurait consisté à repasser celui qui m’aurait mieux convenu. c’est que parfois je ne sais pas quoi faire. certaines idées me frôlent, mais je n’arrive pas à les retenir. j’ai pensé un moment tenter de m’asseoir et de les mettre par écrit, mais cette idée-là non plus n’a pu fixer mon attention. le temps a passé, et j’ai fini par attendre le retour de frédéric.

téléphone

je viens d’avoir le coup de fil redouté. je n’avais pas le choix, décrocher, il le fallait. pourtant il peut se dire des choses intéressantes au téléphone, importantes même. maintenant, malheureusement, j’en attends un autre. le résultat d’un autre coup de fil que j’ai demandé qu’on passe à ma place. j’ai connu quelqu’un qui avait plus peur encore que moi, de répondre. qui n’y arrivait pas du tout.

par esseuse pa rais seuse

pa raishier et aujourd’hui, avons dû nous lever tôt, jules et la moi, parce qu’il devait aller à la garderie. à la garderie, il pleurait, ne voulait pas rester. curieux. probablement la fatigue. il se couche de plus en plus tard.

devenue paresseuse. il faudrait maintenant que je travaille. la fenêtre est ouverte, c’est agréable, ça, très. mon nouveau siège paraît me convenir. je me demande par quel bout je vais traiter le fait que je ne sache jamais comment m’habiller. il était question du « se donner à voir » des obsessionnels dans le dernier article que j’ai lu, sur l’obsession, de serge cottet. je pense qu’il se référait à un article de e. solano-suarez. il faudrait vérifier, chercher ensuite cet article, éventuellement aller à la bibliothèque de l’école. mes nouvelles chaussures me font mal aux pieds, j’ai mis une veste verte aujourd’hui, sur mon pull bleu. pas de crème sur le visage, peau tire. dehors, les pleurs d’un enfant résonnent. je me suis pré-inscrite par internet à l’assédic, il y a deux jours. malheureusement, le rv qui m’a été fixé, le 25, est celui du rv de la réunion de l’ecf. misère.

p a t + carreaux du BU

il faudrait que je demande à patricia de nettoyer les carreaux du bureau, ici, de sorte qu’il fasse aussi clair quand les fenêtres sont fermées.

bonnes intentions

je vais essayer cette semaine de me lever plus tôt (réveil mis à huit heures). ce matin suis arrivée à me lever à 8h20! enfin, être levée, ne veut encore rien dire et à cette heure, si je suis lavée, si j’ai fait de la gymnastique, et si jules est levé, je ne suis toujours pas habillée, pas plus que je ne suis au travail.

j’ai décidé d’essayer d’éveiller jules aussi, plus tôt. d’ordinaire je le laisse dormir de façon à pouvoir en profiter. or, le soir, il se couche tard, trop tard, et ne veut pas de sieste l’après-midi. ce matin, compromis, lendemain d’élections aussi, ai-jee mis la radio dans la cuisine, pensant que ça le réveillerait. il l’est maintenant, a pris son biberon, et m’a l’air en forme.

voilà que les oiseaux se sont tu.

le plus chiant, c’est de se mettre au boulot.

je fais d’incroyables rêves dont je ne me souviens en rien.

eh oui, de la gym! j’en ai fait hier, mais hier, c’était dimanche, et j’ai pensé, sans y croire nullement, que je pourrais en faire tous les matins; m’en rappelant ce matin, aussi parce que mes muscles, mon corps s’en souvenait, également à cause de mon immense fatigue, j’en ai refait, mais sans illusion (quant à la possibilité que je m’y astreigne tous les jours).

to do?

un carnet dans lequel je noterais tout ce que je devrais/souhaiterais faire. qui me suivrait partout. je crois parfois que ça serait la solution, mais elle n’est pas applicable.

comment s’habiller

quoi faire pour toujours avoir de quoi s’habiller? là, en cas d’urgence, j’ai la robe (urgence = sortie) qui se boutonne devant. mais, peut-être que pour plus de sûreté, ou pour prendre un peu d’avance, je ferais mieux d’en laver une autre, d’autant que celle-là, pour le moment, est un peu trop petite…

journal

fait quantités de choses, mais j’ai toujours pas travaillé. il est 6 heures vingt-sept. je suis arrivée à endormir jules. j’ai mis quelques photos de lui sur son blog. je me demande combien je pèse. 65, 1, je parie. zut, ça, zut. je suis contente de m’être « levée tôt » ce matin, huit heures vingt, ça n’est pas vraiment tôt. je suis contente qu’il soit dix-huit heures trente. je suis contente du temps qu’il fait.

to do (mardi)

c’est idiot, ce matin, mon réveil n’a pas sonné. la batterie de mon portable, que j’utilise comme réveil, est tombée à plat! c’est dommage. j’avais vraiment apprécié hier d’être arrivée à me lever. oh, il n’était qu’une heure plus tard, quand j’ai ouvert l’œil, mais, je le regrette. j’ai fait de la gym, oui, sans y croire plus qu’hier et après avoir longuement hésité. et, hélas, j’ai constaté que je pensais 65,5, ce qui est plus que jamais ces deux dernières années et très regrettable. il est possible que ce soit un effet du solian, mes seins étant également très gonflés, douloureux, ces deux symptômes – prise de poids et montée de lait – faisant partie des effets secondaires de ce médicament. je ne fume toujours pas, non plus, malgré que je continue d’en avoir très envie. il me faut une heure, une heure et demi, le matin, pour sortir du ralenti. il fait beau. il faudrait que j’arrive à faire régime – régime aujourd’hui. aussi que je me dise que je dois attendre la fin du traitement solian pour savoir où ça en est réellement. j’ai deux causes possbibles de grossissement : le solian et l’arrêt de la cigarette.

  1. ophtalmo (en trouver un)
  2. écrire pat, couvertures
  3. rechercher vitamines oubliées chez médecin (téléphoner avant)
  4. il faudra aussi récupérer le réveil à la mairie
  5. 16 heures quart : épilation à l’institut
  6. appeler école pour inscrire jules
  7. tél. à jardin d’enfants

gym

ce serait marrant d’arriver à le faire, quand même, de la gym, tous les jours. je me suis souvent dit que je faisais partie des gens qui n’y arrivaient pas. il y a les gens qui y arrivent, qui le font. je ne sais pas ce qui différencient ces deux types de personnes. ce doit être peu de choses. enfin, après être arrivée à en faire deux jours d’affilée, cela ne laisse vraiment présager de rien. l’expérience passée me rappelle que 2 fois, c’est très peu. très très peu.

piscine : j’y ai renoncé. là aussi, il y a les gens qui y vont, à la piscine.

la gym, pendant toutes ma scolarité, j’ai essayé d’y échapper. à cette époque il s’agissait de timidité, d’une peur atroce d’évoluer, et peu vêtue, devant les autres. s’il n’y avait eu, ette peur d’être vue, j’aurais beaucoup aimé la gym. je n’aimais pas le sport non, le volley, parce que cela se faisait en groupe, et que le groupe me faisait peur. j’observais chez les autres complicité, cris, rire, et je n’en faisait pas partie.

Mercredi, 25 avril 2007

Je n’ai plus d’accès à la base de donnée du blog. Je suis dans Word… Ce matin, Julos réveillé à huit heures moins le quart, et nous a réveillés. Réveil sonné à huit heures. Moi, finalement levée à huit heures vingt – pas mal. La catastrophe est la suivante : je pèse 65,8 kg. Pourquoi, Bon Dieu, pourquoi ??? C’est vrai que hier, j’ai le soir mangé, une petite crème de riz, mais cela ne mérite pas une prise de poids de 300 grammes, me semble-t-il. Bon, trêve de jérémiades, poursuivons cette observation, voyons, attendons, voir. Mail de Meda, hier, qui me demande des nouvelles et des nouvelles du blog. Faut que je réponde. Je voudrais répondre. Là, je combats les restants de fatigue et souhaite mettre la journée en place. Quel dommage que je n’ai plus accès à la base de données. Bah. Jules qui s’est réveillé si tôt et s’est endormi hier si tard, risque d’être embêtant aujourd’hui.

  • première chose : préparer papiers pour inscription aux Assédic tout à l’heure (14 h.)
  • gym
  • ophtalmo (appeler)
  • vérifier où se trouve le 151 rue de Bercy
  • retrouver le code de FL
  • me remettre au boulot inscriptions
  • m’habiller, habiller Jules
  • acheter le rouge à lèvres que j’ai essayé hier ou avant-hier chez Yves Rocher, lorsque je me ‘y suis fait épiler
  • manger à midi trente. partir à une heure et quart
  • rechercher vitamines oubliées chez médecin
  • récupérer le réveil laissé à la mairie
  • DEROXAT
  • penser à ce que vais mettre demain
  • soir, poncer pieds
  • couper ongles de la main droite
  • prendre RV Yves Rocher mains

(Les voisins du dessus arrosent leurs plantes d’une si extraordinaire façon, que j’ai cru qu’il pleuvait, qu’il faisait beau et qu’il pleuvait. Je me suis rapprochée de la fenêtre, j’ai invité Jules à me rejoindre pour découvrir l’arc-en-ciel….)
(Je lis en ce moment Hélène Bessette, en attendant de trouver ça bien et en pensant que je le relirai une deuxième fois, parce que probablement, je le lis mal, trop vite, et que je dois rater quelque chose. Duras : Lisez Hélène Bessette. Je l’ai découverte récemment sur un site internet qui lui était consacré. J’ai été séduite, intriguée, par la correspondance que j’ai y ai lue, qu’elle a entretenue avec Queneau, très admirateur également, qui l’a beaucoup soutenue. )
(Il est neuf heures trente, dehors, il y a toujours du bruit. Est-ce que j’écris ici pour me réveiller ? Oui. Aussi.)

mercredi 25 avril suite

j’ai fait des milliards de trucs. maintenant, il faut absolument que je travaille. ai-je envie de mettre les virgules au bon endroit? en fait, oui. les maujuscules, non, trop lent. mais les virgules. les virugles, c’est où je veux. pas la grammaire. enfin, cesser d’y penser, sinon, ça ne sera plus du tout naturel. je doist ravailler. travailler. jules dort, ça tombe bien, il a fait très chaud, ça s’améliore, là, on dirait. bises, bises.

j’ai fait des milliards de trucs. je pense que cette fois, je resterai contente du rouge à lèvres que j’ai acheté, de sa couleur. je vais me faire un café. c’est très agréable d’entendre les bruits du dehors, quand ce bruit n’est pas celui de machines électriques. oiseaux. cris d’enfants. voix de femme. voix d’homme. bruits de vaisselle (le resto en bas). je dois travailler. je vais me faire un café.

cette façon d’agir, de m’organiser est assez incr agréable. évidemment, je ne travaille pas beaucoup mais.

  • copie des bulletins de paie EURL
  • enveloppe
  • poste
  • vérifier où se trouve l’anpe
  • feuilleter le dossier qu’on m’a donné
  • voir le film de manoel de oliveira

décidement, demain, je n’aurai pas beaucoup de temps pour travailler. zut. partie la matinée. anpe l’après-midi. j’avais oubli que demain matin je ne pourrais pas travailler.

vendredi 27

épuisée hier, douleur dans les jambes et les bras et le haut du dos, par course vers l’anpe pour arriver à temps + poussette (35 min. à l’aller, une heure au retour)

école des enfants: sympa, très. jules beaucoup amusé, nous aussi. barbecue hier où nous étions invités pour faire connaissance. seul hic: c’est loin, injoignable en transport en commun, sinon à prendre 3 bus. possibilité d’y aller à vélo, traverser le bois de vincennes, ce qui en fait est un grand bien – mais fatiguant, difficile.

dimanche 29 avril

moins chaud, courbaturée toujours, 200 grammes de perdu, ah, et ne prends plus de solian (censé me faire grossir, gonfler mes seins et avoir provoqué l’arrêt de mes règles). vu hier le dernier film de oliveira, sommes ensuite allés boire un verre, fort agréable en terrasse, où nous avons vraiment bu et beaucoup parlé.

je ne sais pas comment je vais me conditionner pour arriver à écrire autour de la dernière séance.

premier samedi 2007, 13h02

Mauvaise nuit que cette nuit où un souvenir est redevenu mauvais. Comme la semaine dernière, je m’attelle maitenant à écrire la dernière séance et ses suites. Je n’en ai pas envie ou ça me fait plutôt peur, mon esprit est vide, en fait je redoute de ne pas y arriver. Essayer de le faire sans y penser. Plonger, ou plutôt descendre les marches qui pénètrent la piscine. Tant que je ne le fais pas, je crains de restée hébétée, hébétée et tentée de garder les yeux clos. Trêve de précautions oratoires, ouvrons l’œil, allons-y. J’ai abandonné Fred à Jules (le pauvre. Le stylobille roule sur le carnet).

Séance : J’ai commencé en reprenant ce que j’avais découvert ici en écrivant. Hé zut, Jules pleure devant la porte. Je suis repartie de l’idée d’un avant et d’un après le certain événement en cause cette nuit, dont j’ai dit que je ne voulais pas le raconter, dont j’ai parlé en disant que j’y avais été confrontée à la méchanceté. A cause duquel, il me semble que je perds maintenant les mots. Il me semble que c’est déjà tout, que je n’ai rien à ajouter. Je sais que ce n’est pas vrai. Jules pleure, Jules hurle même, je ferme les yeux. Ce terme que j’ai utilisé m’a frappée, de « méchanceté ». Non point d’ailleurs celui-là, mais ceux de « gens qui avaient été méchants avec moi ». Et que c’était cela qui dans ce qui m’était arrivé m’avait « frappée », avait compté – plutôt l’aspect méchant que l’aspect sexuel.

J’ajoute que s’il m’a frappé, ce signifiant de « méchanceté », c’est qu’il est depuis longtemps présent dans mon analyse, c’est un signifiant que je connais bien, mais pas sous cet aspect-là. Je me suis trouvée moi-même « méchante ». Longtemps, je me suis moi-même trouvée « méchante ». C’est ce qui m’a effleurée, en séance. Par après, il m’a semblé que ce signifiant prenait là une coloration sexuelle. Plutôt que de dire « j’ai été abusée, sexuellement, abusée », j’ai dit « on a été méchant avec moi ». Je n’ai pu m’empêcher, y repensant le lendemain, de penser que la méchanceté était venue couvrir le sexuel. J’ai dit que ce qui s’était passé n’avait pas été compris. je pense que c’est cette collusion brutale de la méchanceté et du sexuel qui a fait « trauma ». J’ai repensé aux paroles de mon père, durant ses délires, à la fin de sa vie, à propos de l’horreur du rapport sexuel, de la violence, de la brutalité, de l’horreur. Enfin, l’énigme reste entière. J’ai rencontré quelque chose que je n’ai pas avalé, qui n’est pas passé. J’ajoute que cette idée de méchanceté ne m’est venue qu’au moment où je me trouvais devoir parler de ce souvenir. Pour ma part, je n’avais jamais jusque là pensé ça en ces termes-là. Au cours des insomnies qui ont suivi, je ne cessais de me repasser le film de ce qui s’était passé. C’était très désagréable, et c’est ce qui m’est arrivé vendredi.

En séance, je dis qu’à cette époque, je couchais avec tout le monde, j’étais un peu « innocente ». Comment le dire cela n’avait pas d’importance cela n’était pour moi ni bien ni mal, ce qui arrivait à mon corps n’avait pas d’importance. Il me semblait que les hommes voulaient cela, que cela leur faisait plaisir. Cela ne m’en faisait pas le moindre, mais cela ne me faisait pas mal non plus. Ma mère m’avait dit que c’était « la plus belle chose du monde » et je devais penser, plus ou moins consciemment, avec chacun d’entre eux, que nous nous marierions et aurions beaucoup d’enfants. C’est à ça que je pensais quand je disais que j’étais plutôt innocente. Je ferme les yeux. Je suis sur le lit dans la chambre. Je glisse mes jambes sous la couette, je m’étire. Jules a cessé de pleurer.

Ne se pourrait-il qu’on reste les yeux fermés.

Jules a recommencé à pleurer. Peut-être faut-il lui céder, y aller ? Dormir. Un phrase hier dans un article [1] me fait penser que pour moi effectivement mon corps n’était pas sacré (ou est-ce déjà là quelque chose de déduit de mes expériences, ce qui désagréable à réaliser). D’où la difficulté pour moi de plaindre, par exemple, de « viol ». Enfin, c’est ce que je crois. D’où l’impossibilité de me plaindre tout court. Même à moi-même. Revenant de cette nuit, avec les deux hommes, celle que je ne veux pas raconter, je n’étais malheureuse. J’avais les yeux ouverts. Je suis tombée. Comme je l’ai dit en séance, quelque chose n’a pas été compris. Il a fallu que je me lève pour Jules. Frédéric est venu me chercher. Je ne suis pas sûre de reprendre.

[1] On comprend mieux alors, qu’à l’opposé, le touche-à-tout ne peut être pris au sérieux, il est celui qui n’a aucun tabou car il ne discerne pas entre le profane et le sacré. Autrement dit, il ne respecte rien car il fait fi du réel. (« Odor di femina. Le séminaire sur la lettre volée » Yasmine Grasser sur le site de la Cause freudienne (LEL 37)). Je ne dirais pas de moi que je ne « respectais rien », mais bien éventuellement que j’aie pu faire « fi du réel ». Ou que c’était ce qui m’avait été transmis, l’amour, une sorte d’amour faisant « fi du réel », du réel du sexe. Et c’était là, ce qu’il y avait à apprendre, à rencontrer, et que la rencontre fut mauvaise – mais se peut-il autrement ? Et que ce qui trouva des mots, fut reconnu, fut la méchanceté, le mépris, cela qui fit son chemin dans ma conscience. Mais il n’arriva pas que je me révolte, je le répète, je suis tombée, lentement. Un peu plus tard, je restai une semaine au lit, à dormir, ne voulant plus me lever.

week end

très affaiblie par ces souvenirs.

et toujours cette grande fatigue, incroyable.

ça s’est très mal passé, samedi, quand frédéric est rentré dans la chambre pendant que j’écrivais – ce que je viens de retaper ici -, rentré avec jules, disant que jules devait être rassuré, voir sa mère, qu’il fallait lui expliquer (ce que j’avais fait). Je me suis levée, alors. j’ai donné à manger à jules. puis, je n’ai plus voulu écrire. sous prétexte qu’on m’en empêchait. malheureusement, je me suis fâchée, très fort, et devant jules, j’ai accusé frédéric de toutes sorttes de choses. il a fallu que je dorme pour me récupérer. ensuite, nous avons été faire des coursses. le soir, de peur de ne pas m’endormir, de recommencer à penser à ce souvenir mauvais, j’ai pris un somnifère. hier, nous avons été voir une expo. sarkozy a été élu.

muji (lendemain de week end)

je sais comment m’habiller, je ne pourrais pas me mettre au boulot, c’est mal, c’est mal, c’est mal, j’ai besoin de douceur, de me traiter doucement, pourquoi est-ce que je ne travaillerais pas, peut-être parce que jules est là, que c’est difficile de travailler en sa présence, peut-être parce que je ne me remets pas d’avoir crié devant lui samedi, que j’ai peur qu’il ait attrapé peur de moi, qu’il faut retrouver une confiance, complicité, lui donner du bon, j’ai décidé d’aller chez muji, m’acheter des cahiers, jules aime le métro, nous irons en métro, voilà, voilà, voilà, il ne me reste plus qu’à m’habiller, je sais comment m’habiller, je sais comment m’habiller, ensuite, il faudra que j’habille jules, puis, nous partons.

combattre l’envie de dormir.

enfermée dans la chambre (venue aux faits)

samedi 12 mai 12:57

rêve de cette nuit. ma mère à la clinique. on découvre qu’elle est très malade. qu’elle a un cancer, je ne sais plus de quoi, des poumons peut-être, enfin, ça reste vague. on lui dit qu’elle doit se reposer. on lui dit qu’elle doit se faire aider. je suis là, on me fait comprendre que je dois l’aider, absolument. je vais de mon côté à un hôpital. je suis malade aussi. on me met des pansements. beaucoup. je vais voir ma mère, je lui dis que je suis très malade. moi aussi, très malade. je lui dis « mais tu sais, c’est vrai, je suis très malade. » elle n’a pas l’air de me prendre au sérieux. nous sommes à l’hôpital. je crois qu’elle est en soins intensifs. on la traite comme si elle était très malade. qu’elle pourrait mourir.
je me retrouve à l’école des dames de marie, où j’ai fait mes humanités. je crois que je suis sur une sorte de chaise roulante. j’explique que je suis très malade, je découvre mes plaies. ma chair est à vif.

Rêve d’il y a plusieurs nuits. Irène me propose que nous vivions ensemble. Elle me fait visiter un appartement qui doit lui appartenir, très grand, très beau, mais tout y est très ancien, vieux, poussiéreux, sombre. L’appartement est si grand que je lui demande ce que nous ferions si nous entrions en froid, avions un petit problème, parce qu’il serait facile que nous vivions chacune dans un coin de l’appartement, sans nous rencontrer jamais, et que je redoute cela, de longues bouderies. Je lui reparle de cela par deux fois. Elle ne me répond pas. Elle a l’air désireuse de vivre avec moi. Me fait ensuite visiter un autre appartement, moins grand, plus vide, plus ancien encore, me semble-t-il, avec une sorte d’odeur de moisi. Je l’interroge sur les chambres. elle me montre la sienne, puis apparaît la mienne. Je lui parle de Jules, je lui dis que je ne peux pas me séparer de lui. Je lui demande si elle me fera payer plus cher parce que je suis avec Jules, parce qu’il y a une personne en plus. Je m’aperçois qu’il y a un petit lit pour Jules dans ma chambre. Je lui dis que je ne veux pas ça, que Jules dorme ma chambre. Une petite chambre pour lui apparaît.

A quoi sert de raconter des rêves, si on a aucune idée de la façon dont les interpréter. J’ai dû faire ce dernier rêve mercredi, juste avant la séance de jeudi. J’ai la nausée, une terrible nausée, il faut que j’arrête d’écrire.

13 :21. Nausée. Je préfère écrire à la main plutôt qu’à l’ordinateur. Je me suis enfermée dans la chambre, couchée sur le lit. Je passe beaucoup de temps sur le lit en ce moment, peut-être cela correspond-il aux heures que je passais devant la télé quand nous en avions une, avant qu’elle ne cesse de fonctionner en décembre de cette année. A la place, je rêve ou je lis – ou je dors. Et je préfère le lit, la chambre au salon. J’aime beaucoup cet endroit – qui n’est pourtant pas très bien aménagé. J’aime la lumière et les arbres devant la fenêtre. Jules ne s’apercevra pas de mon absence, Stan, son frère, son grand frère, son demi-frère, le fils de Frédéric, est là – et Jules l’aime énormément. Ce que je voudrais, c’est poser ma tête sur l’oreiller et fermer les yeux. Je suis ici à écrire pour dire que lors de la dernière séance, j’ai raconté ce qui m’était arrivé. Je ne suis d’ailleurs ici, à écrire, que pour raconter ce qui s’est passé en séance. Je vais fermer les yeux deux minutes.
Fermer les yeux, c’est proprement délicieux.
Heureusement qu’il fait plus froid ces jours-ci, c’est moins confortable, à moins que je ne me glisse sous la couette. C’est que je suis un peu inquiète d’être si encline à me coucher. (Les maisons du rêve avec Irène sont des maisons de « grand-mère », abandonnées. Je préfère la première, malgré sa taille, sa grande taille, à la deuxième, vraiment trop vieille.) Je m’émerveille de ces phrases qui me viennent, de leur déroulement, de leurs virgules, du mot qui suit. Finalement, le point, et je ferme les yeux.
tout ça pour. tout ça pour ne pas. Ne pas. Je lève les yeux, le vert de l’arbre, le soleil qui joue dans ses feuilles, ce vert dont Walser R. s’émerveille dans le livre que je lis en ce moment. Ce n’est pas que du vert que je m’émerveille – l’arbre devant la fenêtre est jeune encore et sa taille s’ajuste parfaitement dans l’encadrement de la fenêtre, le vent faisant jouer son corps mince. Il ne me semble pas avoir jamais été d’humeur aussi « contemplative » que ces jours-ci. enfin, je rêve beaucoup aussi, je rêvasse. D’une incroyable paresse. Tout de même, je m’étonne (tout ça pour ne pas), je m’étonnais hier, regardant l’arbre bouger, couchée sur ce même lit, sur le dos plutôt, face à lui, et ressentant ses mouvements dans mon corps-même, immobile, versée, déversée. « Les faits. » Les suivants : l’âge ? 16, 17 ? Les nuits, une boîte de nuit, où j’allais seule, le Richard, depuis le jour de mes seize ans. Je dansais, je dansais, je ne buvais, pas d’alcool. « Les faits. »J’ai moi-même souvent dit que je couchais avec tout le monde, n’importe qui, un jour dans la rue, me suis-je souvenue hier, à cette époque. Assez souvent pour que je le croie je l’ai dit – parce que de souvenirs, je n’en ai pas tant. Assez joué. Silence jusqu’à ce que. Silence ! Deux hommes, 2 jeunes hommes, deux amis, un blond, un brun. toujours au bar. Jeunes et beaux. Leurs deux amies, blondes, très minces, leurs pantalons serrés, chaussures pointues, coiffures « lionnes » (tout ça, pas dit, en séance). Silence. Silence (mais le soleil dans l’arbre, c’est important). Je ne sais pas, plus du tout, comment je suis arrivée dans l’appartement de l’un d’entre eux, le blond. Un très grand appartement, « moderne », en banlieue me semble-t-il, car c’était loin de la ville, du centre-ville. Loin. dans la chambre, nous avons fait l’amour, je ne me souviens plus de son nom, puis il est parti, me laissant seule, là. J’étais au lit, dans le lit, quand le deuxième est arrivé, son copain, le brun. Il s’est couché dans le lit, c’était la nuit, m’a parlé, le lit était très grand, m’a demandé qui j’étais, si je connaissais son copain depuis longtemps. J’ai répondu que non, que cela datait du soir même. Son comportement a alors changé, comme sis ma réponse l’y autorisait. Il m’a fait l’amour. m’a retournée sur le ventre. M’a enculée. Ce que je n’ai pas pu raconter en séance. Est-ce que j’ai crié de douleur. J’ai eu mal. ensuite m’a fait lever. M’a dit de partir, de m’en aller. (C’est incroyable comme les mots se suivent, s’enchaînent). Dans le hall, comme il s’apprêtait à fermer la porte, je lui ai demandé de l’argent, pour prendre un taxi, je lui ai dit que je n’en avais pas. Je ne savais pas où j’étais. Il m’a ri au nez, m’a dit : « Quoi, moi, qui fais travailler des filles, alors qu’il y a en ce moment-même des filles qui travaillent pour moi, toi, tu me demandes de l’argent !!! » et il a fermé la porte. Je suis rentrée en stop. J’étais silencieuse, dans une voiture, la nuit. Je veux dire qu’une sorte d’énorme silence m’a prise, m’a entonnée.
Tiens, plus de papier.
Pourquoi est-ce que quelques jours plus tard, je suis retournée à cette boîte. Pourquoi est-ce que je me suis approchée du garçon au bar, comment, le blond, lui ai-je laissé me dire, d’un ton moquer que je lui avais filé je ne sais quelle maladie « honteuse ». « Tu veux la voir, ma bite, viens, viens voir, tu veux voir dans quel état tu l’as mise ? ». Je me suis éloignée, comment ai-je fait ? Qu’ai-je dit ? en montant les escaliers pour sortir, un jeune qui les connaissait m’a rejointe, m’a dit, mais vraiment gentiment, m’a demandé « pourquoi je faisais ça ». M’a dit que je ne devais plus le faire. Je l’ai écoutée. Les arbres. Il y a beaucoup de vent. Et là-bas, derrière, le ciel. Un bout de ciel.
Tu vois, je ne sais pas pourquoi pendant des nuits, et des nuits, j’ai repensé à ce qui s’était passé. Et c’est vrai, c’était comme de tomber dans un trou. Jamais je n’avais raconté cette histoire. Je n’aurais jamais cru que je le puisse. l’écrire non plus.

Le rêve aux grand appartement, avec Irène :
Irène est une amie dont je n’ai pas pris l’amitié au sérieux, que j’ai perdue à cause de ça, que j’ai aimée plus que ce que je ne croyais – et pas seulement à cause de sa liaison avec mon frère, comme j’ai pu le croire et si j’en crois les nombreuses fois où je repense à elle. J’ai deux frères, que j’aime beaucoup.
Dans le rêve, l’appartement était très grand, comme j’ai pu écrire que l’appartement des 2 garçons était très grand. Et il est aussi vieux que le leur était moderne, aussi poussiéreux que mon souvenir.
Je ne sais pas pourquoi je m’inquiète que nous puissions y vivre séparés. Amies, mais séparées, vivant ensemble mais séparées, nous boudant. J’ai beaucoup boudé dans mon enfance, trop longuement, et il est arrivé avec Anne, une amie homosexuelle, que nous nous soyons boudées plusieurs mois, alors que nous travaillions l’une à côté de l’autre, que nous soyons parties en vacances ensemble, et que nous nous aimions beaucoup.
Maintenant que j’y pense, les deux amies des deux garçons, toujours habillées, coiffées de la même façon, étaient peut-être jumelles. Je me suis demandée, après, si elles « travaillaient » pour ces hommes.
Ces 4 jeunes gens détonnaient fort dans la boîte de nuit. Ils étaient beaux, différents, arrogants, méprisants. Fascinants.

Le rêve avec ma mère cette nuit :
Je ne vois pas le rapport de ce rêve avec tout ceci. Nous étions malades, ma mère ne faisait pas attention à moi, nous étions malades, elle était malade comme la Desperate Housewive vue la veille à la télévision, malade de trop de travail, malade d’être mère. Dans le rêve, je suis écorchée vive sous les pansements. Peut-être cela a-t-il à voir avec ce que j’ai dit de la façon dont je n’ai plus su comment m’habiller après cet événement, comment je n’ai plus pu sortir, comment j’ai totalement perdu mon image. Mais quel rapport avec ma mère ? Elle y a un cancer des poumons, je crois. C’est son torse qui est atteint, tandis que moi, ça se passe plutôt dans la partie inférieure de mon corps. Mon père est mort des poumons. Ma mère est si malade qu’un médecin ferme la porte de sa chambre. Parce qu’elle va peut-être mourir. L’école où je retourne dans mon rêve date de l’époque visée par le souvenir aux deux garçons. Ma mère m’avait dit que quand elle était jeune, elle avait rêvé d’être torturée, pour l’épreuve de sa foi, et qu’elle était brûlée à petit feu, sur des charbons ardents.

le lendemain, dimanche, 14 :18, sur le lit. fenêtre ouverte, vent dans les arbres, ravie.

pict5513.jpgpict5514.jpgpict5515.jpgpict5516.jpgpict5523.jpgpict5525.jpg

revenir sur ce que j’ai écrit hier, à propos des 2 rêves :
c’est non, c’est non, c’est idiot, ça n’est pas ça, faut laisser tomber, ces interprétation bidons.

2 frères, 2 amies, 2 amis, grand appartement, ancien/moderne, 1 brun/1blond, 2 blondes, jumelles, reflet, méchants/méchante, faire travailler/travailler

il ne faut pas laisser tomber:

les mères et leur maladies de mère, qui sont en réalité, 1 maladie de femme, 1 maladie mortelle. 1 maladie de jouissance – brûlée vive.

pict5528.jpg

quand l’histoire, la scène, devient un rêve (et retour sur la paire)

Deux séances non racontées.

Une Anna est venue loger ici
– amie de F.

Il y a deux séances donc
– y suis allée avec des pieds de plomb – rien, me semblait-il, à dire. Fatiguée de ce que j’avais commencé à développer ici autour des rêves et de la scène (l’histoire) (des 2 hommes). En séance, lapsus: au lieu d’en parler d’« histoire », je parle de « rêve ». Il, l’analyste, tape du pied. Me dit quelque chose, quoi, je ne sais plus. Puis me parle du fait que c’est quand on ne sait plus quoi dire que ça commence, l’analyse, la psychanalyse. C’était lors donc de l’avant-dernière séance. Et c’est depuis que je n’écris plus ici, à propos des séances. Cours de Miller aussi, troublant. J’ai fait aussi beaucoup de rêves dont je ne me souvenais plus. Dans l’un, je ne retrouvais d’une paire qu’une seule chaussure. Dans un autre, apparaissait à un moment donné, en bas à gauche dans l’image du rêve, un sceau. J’ai retrouvé le mot hier, après l’avoir cherché. Un sceau en cire, de forme ronde et dont le motif était effrayant, m’a réveillée.

Cours de Miller sur le tout dernier enseignement de Lacan (TDE)
, remise à plat, en cause par Lacan lui-même, à la fin de sa vie, de toute son œuvre :
– le sujet supposé savoir
– l’inconscient structuré comme un langage
– la définition du sujet
– la primauté du signifiant sur les registres de l’imaginaire et du réel.
Et son idée d’approcher le réel via l’imaginaire. Ça, c’est pour moi, ce qu’il y a de plus mystérieux.


Et puis, mais non, mais non
, tu le vois bien, qu’il ne faut pas laisser tomber :

2 frères, 2 amies, 2 amis, grand appartement, ancien/moderne, 1 brun/1blond, 2 blondes, jumelles, reflet, méchants/méchante, faire travailler/travailler

Alors qu’ici-même je peux aujourd’hui écrire que d’une paire (de chaussures) en rêve, je n’en retrouve plus qu’une : (c’est que jamais les 2 ne font la paire).

(l’art ) et le temps

Anyone can write a sentence on a sheet of paper. Everybody can do it! And why don’t they? Because they don’t find it relevant to spend ten or fifteen minutes every day with this kind of practice. OK, it helps that I’m an artist, while they do other things; but I want to believe that it’s the only thing that makes a difference, just because I decided to spend these fifteen minutes. It’s only about that, because I take the time to do it.

matin

dans le miroir sale gueule, la gorge en feu et même les oreilles, enflammées / ce qu’il me faudrait c’est un incroyable massage de la poitrine, non pas les seins, la poitrine, les poumons.

Les livres ou la vie – La lettre perdue

De la réunion à l’intersection, de l’aliénation à la séparation. Dans l’aller vers la séparation.

Lacan Jacques, Séminaire XI, p. 194

Tandis que le premier temps [l’aliénation] est fondé sur la sous-structure de la réunion, le second est fondé sur la sous-structure qu’on appelle intersection ou produit. Elle vient justement à se situer dans cette même lunule où vous retrouverez la forme de la béance, du bord.
L’intersection de deux ensembles est constituée par les éléments qui appartiennent au deux ensemble. C’est ici que va se produire l’opération seconde […] Je l’appellerai, introduisant ici mon second nouveau terme, la séparation.

Nous y sommes, m’étais posée la question de ce qu’il y aurait eu dans l’intersection des Livres et de la Vie. Ce qu’ils auraient eu en commun.

Je reprends mon petit schéma :

les-livres-ou-la-vie

Dans l’intersection, la « lunule », ce qui est commun à la vie et aux livres, d’instinct, à la va-comme-je-te-pousse, je dirais la lettre. (Ce qui se perd, ce qui se récupère, la lettre, le réel de la lettre.)

les frontières de l’intime par Gérad Wajcman

Les hasards de l’internet m’amènent à cet article, de Gérard Wajcman, psychanalyste, membre de l’ECF, Intime exposé, intime extorqué. J’en reproduis ici quelques extraits. L’intime est  une notion qui m’intéresse beaucoup. Ce qu’il en advient aujourd’hui, la façon effectivement dont il est, et peut-être plus souvent qu’à son tour, exposé; les limites, à tracer pour chacun, qu’imposerait son dévoilement. Habituée de la psychanalyse, où ce dévoilement, mais confiné à l’intérieur des  4 murs du cabinet de l’analyste, est convoqué,

Intime exposé, intime extorqué • Gérard Wajcman


l’espace où le sujet peut se tenir et s’éprouver hors du regard de l’Autre. Un espace en exclusion interne, une île, ce qu’on nomme à l’occasion le chez-soi, où le sujet échappe à la supposition même d’être regardé. C’est la possibilité du caché.

Je dirais qu’il n’y a de sujet que s’il peut ne pas être vu. Entendons ici le sujet moderne, qui pense, et donc qui est – autant dire que le sujet regardé ne pense pas. Donc, au temps moderne, l’intime, le territoire secret, de l’ombre ou de l’opaque, est le lieu même du sujet.

L’intime se découpe sur le fond d’un Autre benthamien, au regard importun, intrus ou envahissant – qui veut tout voir et tout savoir tout le temps. Il s’agit alors de dire ce qui peut faire limite à ce désir sans limite. On peut invoquer la loi. Mais la loi préserve le privé ; ou, plutôt, le privé c’est cette part qui peut être protégée par la loi.

Là encore, il faut entendre qu’on parle de liberté réelle, de liberté matérielle. Parce que, comme le soutient Jean-Claude Milner, la véritable question de la liberté, c’est de dire comment obtenir que le plus faible puisse être effectivement libre en face du plus fort. Si les garanties juridiques et institutionnelles sont précieuses, elles restent assez illusoires. C’est-à-dire que, comme l’intime, la doctrine des libertés, ne se fonde pas sur le droit, mais sur la force. En vérité, dit Milner, nous sommes tous convaincus d’une chose: mis à part les contes de fées où le faible devient fort (c’est-à-dire le rêve révolutionnaire), il n’y a pour les libertés réelles qu’un seul garant: c’est le droit au secret, unique limite matérielle au pouvoir de l’Autre – qu’on nomme là l’état, les institutions ou la société.

Il ne saurait y avoir de sujet sans secret, autant dire de sujet entièrement transparent. Tout rêve de transparence emporte avec la dissolution de toute opacité celle du sujet lui-même. La démocratie est bien sûr animée d’un idéal de transparence, mais elle concerne en principe le pouvoir, non les sujets.

C’est que dans les faits, notre démocratie paraît animée d’une volonté parfaitement opposée: d’un côté, l’Autre tend à s’opacifier toujours plus et, de l’autre, les sujets sont rendus toujours plus transparents.

la défense de l’intime et du secret est proprement une cause de la psychanalyse.

Considérons en premier lieu l’acte du pouvoir. Soit le fait que l’Autre vient mettre son nez, son œil dans l’intimité. C’est une tendance lourde.

Dans le sens de cette criminalisation rampante généralisée de la société, on peut mettre en lumière certaines procédures actuelles au service d’une politique dite préventive de la criminalité. La prévention est devenue un maître mot de l’époque.

Je peux parler en particulier du rapport de l’Inserm sur la prévention de la délinquance, « Troubles des conduites chez l’enfant et l’adolescent », une « expertise collective »…

C’est qu’il y a donc une autre façon de passer la frontière de l’intime: dans l’autre sens. Cela concerne ceux qui, hors de toute contrainte, ouvrent leur intimité, qui l’avouent ou l’exposent. En fait, c’est là le sens le plus immédiat des « images honteuses », qui ne sont pas des images volées mais délibérément exhibées. Il faut entendre qu’il ne s’agit pas pour le sujet d’une renonciation au droit au secret, mais, au contraire, d’un acte libre, d’un certain exercice de ce droit.

Ce qui caractérise notre temps, c’est que, en plus de se dire dans le secret du cabinet de l’analyste, l’intime aujourd’hui se publie, s’étale sur les écrans et s’expose sur les murs des musées. J’ajoute: sans honte.

après avoir lu Daniel Arasse, il y aurait quelque crédit à tenir La Venus d’Urbin de Titien pour le paradigme des « images honteuses ». Cette femme nue couchée qui se caresse en nous souriant est une image honteuse à certains égards sans honte. Sauf que, et c’est là le point, cette image intime n’était alors destinée qu’à l’intimité d’un seul regard, celui de Guidobaldo della Rovere qui avait commandé cette pin up à Titien pour son usage exclusif – ce qui pose d’ailleurs un réel problème non pas quant à l’exposition d’une telle peinture aujourd’hui, mais à son effet de sens dans un lieu public d’art. L’intime allait alors à l’intime. Aujourd’hui il va au musée, ce grand lieu de la démocratie du regard,

Mon hypothèse est que l’actualité de l’ostension des images de l’intime ne relève pas seulement de l’exercice moderne d’une liberté, mais constitue, paradoxalement, une réponse à la menace sur l’intime. Bien sûr, à la menace hypermoderne d’un regard illimité sur l’intime, on pourrait tenir que le voile est une réponse. Or on assiste dans l’art à un mouvement aussi de dévoilement, ce qui pourraît être après tout parfaitement en phase avec le désir d’omnivoyance du maître moderne. Or les images de l’art y font en vérité arrêt. Il faut donc dire en quoi, et pourquoi.

On est tenté de penser que ce qui était jadis un attribut divin, l’omnivoyance de Dieu, son pouvoir de tout voir sans être vu, est devenu aujourd’hui un attribut du pouvoir séculaire armé par la science et la technique.

je suis supposé représenter un discours (de la psyschanalyse) dont on a pu dire que allait lui aussi dans le sens de l’extorsion de l’intime. Foucault l’a dit. Le tout-dire irait droit à la confession – l’église et le communisme ont pratiqué ça.

Tout le problème se circonscrit alors dans deux questions qui impliquent deux barrières. La première est éthique: si l’analyste dispose de l’omnivoyance, cela donne toute sa valeur au fait qu’il n’en use pas. Ce qui ne repose que sur un choix éthique à quoi l’analyse est suspendue : dans sa fonction d’écoute, l’analyste est non-voyant (c’est peut-être ce qui lui confère le pouvoir, comme Tirésias, de voir loin). La seconde barrière serait réelle: est-ce que du pouvoir de voir tout il suit que tout peut se voir? En vérité, le problème se joue là, parce que cela appelle la question d’une limite au regard, fondée non sur l’interdit, sur un choix ou sur une quelconque contingence, mais sur un impossible, sur le réel.

Tout cela ne prend sens que si on met la psychanalyse en perspective dans le siècle. Jacques-Alain Miller s’y est employé brillamment dans une émission de radio récente. Il faut en effet dire que le premier effet de la psychanalyse dans notre monde, c’est qu’elle a modifié le sens commun en clamant haut sa réclame: tout dire fait du bien. C’est en tout cas comme ça que la société l’a interprétée. Aujourd’hui, on peut considérer que l’idée des bienfaits du tout dire est entrée dans le sens commun. Avant, jadis, il y avait des choses qui ne fallait pas dire. Le sacré pouvait être offensé par un dire. Il faut mesurer que cela donnait du coup au fait de dire toute sa valeur. L’instance de la censure a eu du coup au cours des âges un rôle important, et Freud n’a pas manqué de reconnaître cette importance, en donnant à la notion de censure une place dans sa théorie. Les écrivains connaissaient le problème, du temps où le fait de dire comptait. Le partenaire de l’écrivain, c’était la censure. C’est Léo Strauss qui a mis en évidence le rôle de la persécution dans l’art d’écrire, qui obligeait à une écriture de la dissimulation, un « art d’écrire entre les lignes », de sorte que tous les écrits devaient être des messages chiffrés. Même le Rousseau des Confessions, à qui j’ai fait plus haut allusion, et qui professait une franchise sans limite, avoue qu’il emploie un certain art d’écrire afin de ne pas dévoiler aux méchants ce qu’il pense vraiment. Reste qu’aujourd’hui on doit constater que le tout dire a triomphé. Nous somme à l’âge d’Internet qui va à l’évidence vers le tout dire.

On peut photographier le fonctionnement intime des organes sexuels, mobiliser pour cela la science et les techniques les plus sophistiquées, cela ne ne risque pas de livrer le secret du sexe, de comment marche le human desire et l’étonnante machine des sexes dont nul n’a les plans. Contrairement à la machine à caca que, comme par hasard, Wim Delvoye lui-même s’est attaché à construire, avec une réussite totale. En sorte que la Cloaca-Turbo (qui donne aussi la vision d’un mécanisme de l’intérieur du corps) et l’image X-Rays d’un acte sexuel seraient les pendants inverses l’une de l’autre: image d’une machine qui marche d’un côté, image d’une machine qui marche pas de l’autre. Plus exactement, je dirais que ces images X-Rays, qui rencontrent le célèbre dessin anatomique de Léonard figurant un coït en coupe, montrent surtout qu’il y a quelque chose qu’on ne peut pas voir: comment ça marche, l’amour, ce qui serait le secret de la sexualité. C’est leur dimension critique: elles s’adressent aussi aux médecins et à tous pour dire: la recherche de la transparence du corps est un fantasme, parce qu’il y a quelque chose qu’on ne pourra jamais voir, jamais savoir, et donc jamais maitriser: le rapport sexuel. Vous pouvez radiographier le corps, autopsier le corps, le rendre aussi transparent que vous voudrez, vous ne verrez jamais le secret du rapport sexuel. Voilà ce qui au bout du compte résiste définitivement à la volonté du maître que « ça marche ». Le savoir expert se cassant les dents sur le rapport sexuel, ce pourrait être le titre de la série des images de Wim Delvoye.

Il est du coup assez amusant de relever que la première image aux rayons X faite par Röntgen, inventeur de la radiographie en 1895 – même année de naissance que la psychanalyse et le cinéma -, fut celle de la main de sa femme, et que ce qu’on y voit d’abord, c’est l’ombre noire de son alliance. Comme quoi, ce que la première image de l’intérieur du corps d’une femme révèle d’abord, c’est la présence d’un homme, plus exactement d’un mari – pour qui elle ne saurait avoir aucun secret. ça explique sans doute cette image. On se demande en effet ce que Röntgen avait en tête quand il a décidé de réalisé comme première image une radiographie du corps de sa femme? On pourrait se dire que Wim Delvoye montre ce que Röntgen avait en tête. Faut pas rêver.

Les livres ou la vie (5)

Aussi, encore, il restera à (re)trouver, décrire, ce qui dans Imre Kertesz m’a menée à ces… constatations. Et puis, aussi, il faudra, mais ça ce sera beaucoup plus difficile, et peut-être que ça ne sera pas possible, retrouver ce qui m’a amenée à penser que – mais qu’était-ce donc, et je me demande si je ne l’ai pas écrit, quelque part, franchement, ça serait souhaitable, car il ne me reste rien, vraiment, sinon ces termes : « après Auschwitz ». Et peut-être : « Ecrire après Auschwitz ». Mais non, ça n’est pas ça. Est-ce que ça va revenir ? Est-ce que ça peut revenir ? Est-ce que ça doit revenir ?

Il y a eu une nuit très dense, très insomniaque, où je me suis levée finalement. Et j’aurai essayé d’écrire quelque part, quelque chose à ce propos. Une lettre. Voilà, c’est ça. C’était ça, la grande terrible idée, écrire à Imre Kertesz. En ai-je eu des nuits à lui écrire, en pensée. C’est là que je me suis rendu compte, de l’importance, pour moi, des lettres. Ces lettres non-écrites. Pensées.

Et, il y a eu le grand chambardement, mais c’est une autre histoire, et c’était avant ça, de la passe de JAM (Jacques-Alain Miller).

les lettres ou la vie (7) – correspondance-matière (et être l’être perdue)

c’est peut-être bien vrai que ce sont les lettres qui me rendent folle pensais-je ce matin, au réveil, les CORRESPONDANCES. écoutez, c’est drôle, je me suis rendu compte de ceci ( c’est vrai que je n’arrête pas de me RENDRE COMPTE de trucs, et peut-être bien possible que je ne cesse de me rendre compte des MÊMES trucs, qui plus est, que j’oublie, ensuite, et qui me reviennent, plus tard, comme venus de nulle part – OUBLI – mais comme vous aussi, vous aussi, vous oubliez, OUBLIEZ), les hommes que j’ai connus, cela s’est fait :

soit au départ d’une correspondance
soit parce qu’ils m’ont vue danser
( parfois même, il y a eu les 2, ils m’ont écrit après m’avoir vu danser)

ceci viendrait à la suite de ce que j’écrivais là, à propos de la lettre perdue : à penser que je la retrouve, dans la correspondance, je me mets à aimer, j’entre en amour ( quant à LA DANSE, à croire qu’il y a en moi quelque corps-respondance – être l’être perdue, être l’être perdue, être l’être perdue, être l’être perdue, comme un halètement).

(ici c’est : écrits posthumes, lettres pour la mort.)

au matin, invasions de pensées

d’abord un rêve, qui a curieusement trait à un texte écrit il y a quelques temps et que je viens de rendre public sur disparates.

intitulé enfermée dans la chambre (venue aux faits), la publication de ce texte m’avait parue impossible et, bloquée, j’avais fermé le blog. récemment, au moment de créer ce blog-ci, j’ai rouvert disparates au public et j’ai laissé le texte, sans trop réfléchir et sans même le relire, sans vouloir le relire.

le rêve de cette nuit touchait directement à ce que j’y  » révélais », des trucs dont je vois mal qu’ils puissent se dire ailleurs que dans l’intimité d’un cabinet d’analyste, quand seulement ils y arrivent.

il se trouve également que les faits que j’y raconte, je doute qu’ils puissent influer encore sur ma vie aujourd’hui, je ne peux pas le croire, je ne comprends seulement pas qu’ils continuent de me poursuivre. c’est pourquoi j’avais fermé disparates. je racontais là quelque chose qui en devient une histoire, qui est devenu une histoire, une histoire à laquelle semblent me ramener certains de mes symptômes actuels, sans que j’accepte de reconnaître le lien qui les lie, pour la raison que ce lien me parait trop facile. traumatisme conséquences. petite histoire conséquences. ( la question devient donc: puisqu’un lien persiste, ne fût-ce qu’au travers de mes rêves, quelle est la nature de ce lien?)

( actuellement, je peux (il est dans mes possibilités de) croire que l’enjeu du rêve tourne autour :

  • du sexe tout de même quand même bien sûr et d’abord, comme si ça n’était pas d’ailleurs toujours ça,
  • de ce qui supporte de s’écrire (et dont il semble que l’inconscient aime à s’emparer) : les petites histoires, ce qui supporte de devenir une petite histoire, avec des personnages, des protagonistes, des méchants, des bons, un bourreau, sa victime – le fantasme ou son « horreur du vide« ,
  • du quoi faire de ce qu’on dit, a dit, dirait à un psychanalyste,
  • du trop grand prix que j’accorde à mes pensées, que je n’arrive pas à dévaluer. ce serait elle qui les aime, les petites histoires.)*

( je refuse de me faire enculer, l’homme prend une autre femme alors. ils le font. je suis à l’extérieur du bâtiment ( c’est un bâtiment d’école, les dames de marie, à bruxelles, école qu’aurait fondée mon arrière-grand oncle, raison pour laquelle on m’y avait inscrite, j’avais déjà re-rêvé de ce bâtiment dans le rêve également repris dans le texte susmentionné), où ils sont, le font, je vois un professeur arriver, je les préviens, attention, attention. ils sortent, mais : drame, il y a drame, grand drame, très grand drame, le professeur s’en occupe, de la femme ( la tout juste enculée) en grand danger, que s’est-il passé : elle, la femme, est atteinte d’une maladie qui l’empêche absolument d’être enculée, sous peine d’en mourir. elle me dit que si elle s’est laissée faire, c’est qu’elle l’aimait (!) j’essaye de convaincre l’homme qu’il ne doit plus jamais le faire, mais ce n’est pas sûr que j’y arrive.)

* il m’apparaît que je n’ai pas grand chose vraiment à faire avec l’écriture : je suis seulement trop encombrée de pensées, pensées qui « NE CESSENT PAS DE S’ECRIRE » – ainsi que j’ai essayé de le traiter par le passé dans to be or (dont on aura quelques traces dans ce texte : l’a-pensée, que ma paresse m’a poussé à rechercher, histoire de n’avoir pas une fois de plus à réinventer la roue.)

c’est pourquoi il faut que je trouve le moyen de pouvoir renoncer à mes pensées, dont il faut bien dire, aussi encombrantes soient-elles, qu’elles me passionnent, que je les trouve passionnantes, que je ne trouve pas grand chose qui puisse leur faire concurrence, mais dont le motif est HONTEUX, donc, puisqu’il y s’agit de croire et de faire croire que TOUT pourrait s’écrire, alors qu’on sait bien, tous autant qu’on est, que le rapport sexuel ne s’écrit pas. d’où il découle que l’effort que je fais, que je ferais, d’écrire dans ce blog, est un HONNETETE, puisque j’y mets à l’épreuve une CROYANCE, laquelle ne devrait en sortir que VAINCUE ( terrassée)**- moi de même par la même occasion. j’ajoute : de croyance ne voulons pas, nous conviennent seules les certitudes. ( je suis à peu près persuadée qu’autour de tout cela, j’avais déjà tourné aussi bien dans disparates que dans to be or, ça ne servit donc à rien, puisque je ne peux m’empêcher d’y revenir. sommes-nous donc condamnés à tourner en rond, condamnés?)

autre autre autre question annexe : mais que faire de tout cet or ces pépites qui s’accumulent dans l’intimité d’un cabinet d’analyste quand d’analyste on ne se destine pas (plus?) à embrasser la profession? question CRUCIALE s’il en est.

** je ne dis pas qu’ils ne soient pas nombreux de-par-l’internet, à y arriver, à écrire, sans en sortir, de cette illusion qu’on-pourrait-tout-écrire et sans s’en sortir très bien, et même très très bien; quant à moi : non, je ne veux pas, m’en sortir, non, c’est vaincue que je me veux, c’est vaincue que je dois être (et même incessamment sous peu, car je commence à en avoir un peu marre).

( la suite du rêve, vous la voulez? non, eh bien vous devriez, la voilà : je trouve en fait que cet homme, qui a été coucher avec cette autre femme, aurait mieux fait de rester avec moi, j’avais pensé qu’éventuellement ça me donnerait plus de prix, à ses tendres yeux, si je refusais de me faire enculer, mais on dirait bien que non. je pense que s’il apprenait que j’ai un enfant, son intérêt pour moi augmenterait, je cherche mon enfant, mais je ne le trouve plus, d’ailleurs en fait, ce n’est pas mon enfant que je cherche, mais mon chat, ma chatte, Mélusine, mais je ne la trouve plus, je la cherche partout dans l’énorme grenier ( grand-maternel), il y a d’autres chats, mais d’elle, il n’y a pas. je m’inquiète pour sa vie.) je cause encore un coup avec celle donc qui d’être enculée mourrerait, qui me dit que ce n’est peut-être pas de cette maladie-là qu’elle est malade, mais d’une autre, comment vérifier. je cause, prends par le bras un homme encore autre, grand, massif, on s’embrasse, il m’entraîne à sa suite vers un autre grenier, plus petit, où se niche un nid d’amour, il veut faire l’amour avec moi, je lui explique que ce n’est pas possible parce que j’ai déjà fait l’amour avec un autre ce jour-là, et que ça me ferait une mauvaise réputation, laquelle d’ailleurs déjà me poursuit, il me dit que ça n’a pas d’importance. je pense qu’il sera secrètement triste de coucher avec moi, moi couchant avec lui comme s’il était n’importe qui. il essaye de m’entraîner donc dans un lit qui est le mien, qui se trouve en haut d’une échelle, échelle de laquelle je faille tomber dans le vide, mais non. c’est la fin du rêve, l’homme est dans le lit, m’attend, résolu, moi, je suis en haut de l’échelle, non-tombée.)

éventuellement, j’ajoute, petit passage par Kertész : ce qui m’aura époustouflée, renversée, le pas qu’il entonne et dans lequel j’aurai voulu m’insinuer : sa réponse, via l’écriture, à l’impératif que comporte, à mes yeux, le réel, d’en rendre compte.

il fut un temps où j’imaginai cette image, probablement scandaleuse, impossible : les grilles façon camp de la mort, dans lesquelles il y aurait ces mots, non pas « Arbeit macht frei » ou « Jedem das Seine » mais « Il n’y a pas de rapport sexuel ».

je veux donc dire que je peux pas croire au « traumatisme » que rapporte ces rêves, mais que je crois à celui qui implique que le rapport sexuel ne pourrait s’écrire (ne cesse pas de ne pas s’écrire). raison ici raisonnante, à laquelle mes rêves ne semblent pas vouloir plier.

avoir recours à la métaphore paternelle ça n’est qu’une duperie au regard de l’énigme d’une jouissance qui exclut le sens.

l’analyse se sert de la métaphore paternelle pour résoudre la question de la jouissance, elle se sert de la métaphore paternelle et disons de son bataclan conceptuel habituel pour tamponner l’énigme de la jouissance et la faire virer au sens, mais ça n’est […] qu’une duperie. avoir recours à la métaphore paternelle ça n’est qu’une duperie au regard de l’énigme d’une jouissance qui exclut le sens.

alors, c’est là où Lacan, sur la fin de l’analyse, n’a pu dire que ceci […] que la fin de l’analyse, c’est une construction de l’analysant. c’est le sens de sa question : qu’est-ce qui pousse quiconque à s’hystoriser de lui-même surtout après une analyse ? qu’est-ce qui pousse un analysant à narrer son analyse, à en faire un récit qui ait du sens, surtout après une analyse – ce qui veut dire que l’analyse devrait lui avoir appris ce qui, de la jouissance, exclut le sens.

donc pourquoi tramer un récit qui rendrait compte, dans le sens, de la fixité de la jouissance ? […]

ca laisse ouvert un ordre de récit qui est néanmoins concevable à condition de préserver sa propre incomplétude. le récit de passe, tel que Lacan le fait miroiter sans en donner les coordonnées, c’est un récit qui doit comporter essentiellement le caractère de l’allusion, de ce qui n’est pas dit en plein, ni en direct, mais un récit qui traduit le contournement de ce qui, au gré du sens, apparaît comme un vide.

Extrait du cours de jacques-alain miller du 19 mars 2008

les frontières de la publication

les frontières de la publication sont pour moi difficiles à dresser.

longtemps, je me suis intéressée, passionnée, pour toutes ces auteurs-femmes qui racontent leur vie, celles dont on dit également qu’elles font de l’auto-fiction. d’abord, et surtout, parce que j’étais avide de ce qu’elles auraient eu à me dire de LEUR vie sexuelle, ensuite parce qu’elles « cédaient » à cela, simplement parler d’elles-mêmes, un point c’est tout, et publier. leur vie devenait livre.

la voie dont j’aurais aimé qu’elle la traçât pour moi, de VIRGINIE DESPENTES, et que je ne sus pas suivre, tant il est vrai, qu’elle écrit, selon moi, quant à elle, de la FICTION : c’est-à-dire qu’elle, elle sait le faire. mettre une distance entre sa vie et le livre qu’elle écrit. pourquoi dès lors la citai-je ici ? le sexe, son genre (féminin), qu’elle soit femme et auteur. et contemporaine.

je ne dis pas que VIRGINIE DESPENTES ne m’ait pas fait du mal, ce n’est pas ce que je dis, je dis même le contraire, je vous dirai le mal qu’elle me fit.

(très sincèrement, j’aurais aimé que des livres, que des femmes, en disent quelque chose de comment ça fonctionne la jouissance féminine, le désir au féminin.)

j’ai espéré, voulu, prendre leurs livres A LA LETTRE. mais, que je ne m’y retrouve pas, que je ne me retrouve pas dans LEURS lettres quand MOI je faisais l’amour, ou dans ce que MOI, je pouvais vivre du désir, n’a eu de cesse de me PERTURBER, BLESSER, TORTURER.

(quelle donc pouvait être cette confiance que la mienne, que je plaçai en leurs écrits.)

elles y allaient tout de go, franco de port, et ça n’avait rien à voir avec ce que par exemple une DURAS, MARGUERITE, avait pu écrire. rien de ce que MARGUERITE écrivit jamais ne me fit de tort. (et si de MARGUERITE le style un moment me marqua au point que je pus croire écrire dans sa voix, je compris vite et facilement et sans encombre, sans dommage, qu’elle était inimitable. elle, c’est un roc. éternel, unique. )

mais leur franco de port, leur tout de go, et sans fards, à elles, DESPENTES VIRGINIE, ANGOT CHRISTINE, et qui donc encore, je crois qu’il m’en manque une, je parle de celles qui furent importantes pour moi, c’est-à-dire qui me perturbèrent, il me semblait que je pourrais l’imiter, rentrer dans leur imitation  (imitation à ma portée).

d’abord, donc, et cela va presque sans dire, je les aimai femmes. en tant que femmes (oui, va sans dire). (je ne mentionnerai pas ici, la je-ne-sais-plus-comment-elle-s-appelle que d’emblée je considérai comme une traîtresse, menteuse, conne.)

or, après m’être laissé travaillée ainsi par elles des années durant, à leur écrire des lettres, des lettres en pensée, bien sûr, venant de moi, à quoi s’attendre d’autre, des lettres rêvées, où on aurait discuté, elles et moi, de ces choses, du sexe, de l’amour et de la mort, et à comparer mes émois (sexuels, amoureux) aux leurs, je finis par comprendre, mais réellement, comprendre, c’est-à-dire que ça ne devait pas être qu’intellectuel, puisque dans les faits elles cessèrent de me perturber, je finis par comprendre, que ce que j’avais espéré, que s’écrivît quelque chose qui fût de l’ordre de l’UNIVERSEL, à propos de la sexualité féminine, ne s’écrirait pas – moi, cela, je l’avais VOULU. et je ne sais si j’y ai vraiment renoncé.

or donc, et au vu et à cause de la façon dont j’avais souffert, de leurs écrits, je décidai qu’il devenait pour moi dès lors impératif, s’il m’arrivait jamais d’écrire à propos de la/ma sexualité, que je fasse entendre qu’il ne s’agirait jamais que de la mienne. de sorte qu’aucune (femme) ne pût en souffrir, de ne pas se reconnaître, dans ma loi à moi – si d’aventure j’en venais à en transcrire un brin. je m’établissais donc là, quant à moi, une première frontière à la publication/cité de mon intime. (un pas- que je mettais, de moi-même, à mon tout. (et non pas le pas- qui s’imposait de lui même, non pas le pas- de réel, extérieur/intérieur à moi, je me comprends, la nuance est probablement importante.)

(c’est MARGUERITE DURAS qui me donna l’envie d’écrire. tout de suite alors, la découvrant, je sus, il m’apparut, que je ne voudrais ne saurais écrire rien d’autre qu’autour de l’amour. (c’était pas très malin, mais c’était avant que vraiment je ne connaisse des garçons, je ne savais pas encore alors que l’amour ne m’irait pas de soi. je n’ai pas l’amour fort facile, c’est le moins que l’on puisse dire.))

(MARGUERITE elle, c’était une voix, et elle a le grand sens du drame, et de la folie, de la folie des femmes. j’aimais ça. et toujours, et c’est ce que je veux. et encore. et encore.)

première frontière donc, admise et appelée. la deuxième, vraiment difficile. la deuxième. c’est ANGOT qui m’y amena. au plus ça allait, au plus, elle, et d’ailleurs également une autre de ses consœurs, au plus elle donnait les noms des personnes dont elle parlait. jusqu’à ce qu’un jour je l’entendis à la radio « révéler » un truc à propos de son ex-mari, où il me sembla que vraiment, elle dépassait les limites (ce qui mit fin à ma propre tentation, de dépassement). les limites en tout cas du respect de l’autre, de votre prochain. qu’on en fasse ce qu’on veut de son propre intime, c’est une chose, de là à dévoiler la vie privée des autres, c’est un pas que je ne peux pas faire. que je décidai de ne pas faire.

la deuxième frontière donc, c’était ça, et c’était très compliqué, comment parler du rapport amoureux, sexuel, de l’amour, sans parler de celui avec lequel on s’y exerce. j’avais été véritablement fascinée à lire les noms que ces auteurs donnaient de leurs proches, et à me demander comment, d’où, de quel point elles s’y autorisaient. la science ? l’écriture ? leur « travail sur elles-mêmes » ? on a beau me dire que tout cela n’est jamais que de la fiction, je veux bien, mais y a un moment où.

advint donc, la deuxième frontière.

en séance, je veux dire sur le divan de psychanalyse, no problemo, on balance. on donne les noms, on dénonce. or moi, dont la nature, la structure, me porte à dénoncer, comment, dans ce cas, écrire un TRAITRE mot (le moindre) (l’impossible livraison de mon tonton, voir le petit billet jean livre sterling sur ce même site ) ?

j’en étais réduite, et je le suis toujours, soit à ne rêver que d’écrire, soit de mes proches à attendre la mort (que je ne suis pourtant pas sûre de réellement désirer.)

(et c’est comme ça que je me suis vue réduite au secret. kertesz, lui dit que c’est de la nature de l’écriture, le secret, de la nature de l’écriture, il dit de très belles choses, là dessus, qui pourraient presque vous, me réconcilier, avec le secret.)

et si je me donne des allures parfois pontifiantes, c’est aussi parce que j’essaie d’en dire quelque chose, de mes secrets, qui prît une allure scientifique, où l’on parlât de petits a et de petits b et aussi d’inconnue x. sans que de noms aucun soit cité, sauf ceux bien sûr tombés dans le domaine public. allures pontifiantes et airs d’universel.

ça n’est pas la meilleure des voies, il lui manque le rire, il lui manque le style. ( j’en avais pris, pourtant, au départ, me semble-t-il une meilleure de voie, c’était au moment où j’ai rencontré frédéric, et que j’ai commencé à écrire dans 2balles, là, nous y arrivions, à ne parler que par allusions ( pour reprendre le terme utilisé par Jacques-Alain Miller : «c’est un récit qui doit comporter essentiellement le caractère de l’allusion, de ce qui n’est pas dit en plein, ni en direct, mais un récit qui traduit le contournement de ce qui, au gré du sens, apparaît comme un vide…» enfin, je n’ai pas tenu le coup longtemps, j’ai déraillé vite. ) je dis nous, parce qu’il y s’agissait d’un dialogue.)

bon, j’ai été suffisamment longue, je m’arrête là. pour aujourd’hui.

que sais-je saurais-je, de la mort, cette idée que je n’ai même pas ( comme ces faux souvenirs qui traînent et qui ne sont plus que des mots).

aujourd’hui, c’est bien autre chose.

( pour y retourner tout de même, à mes petits amusements personnels;
quand, j’ai, commencé
une analyse
je venais de terminer le livre de Pierre Rey, « une saison chez lacan », je pensais alors, comme issue de mon analyse, j’espérais : soit devenir écrivain comme pierre rey, soit me suicider, comme son ami, le gros, celui dont lacan, chez qui il était également en analyse, – avait dit : mais qu’auriez-vous voulu qu’il fît d’autre? à cette alternative, s’ajoutait la possibilité que mon analyste me dise, comme lacan avait pu le dire à pierre rey, « mais pourquoi est-ce que vous ne seriez pas analyste? » je n’aurais quant à moi pas refusé.
)

( autrement dit même pas les livres ou la vie, mais les livres ou la mort.)

( ces choses que j’écris. dont j’ai un jour commencé à parler en analyse. et puis reparlé. et reparlé encore, avec de plus en plus de facilité. dont il ne resterait qu’une marque, une cicatrice (une signature?)  est-ce qu’à une souffrance vécue, ne se lie pas toujours  – un cri, ait-il ou non été émis-  une jouissance? qu’est-ce qui se résout, se précipite, au moment où vous subissez quelque chose, où vous êtes victime ? ces choses peuvent-elles se penser en dehors de la relation bourreau/victime. à quoi touche, tend, cette relation ? de quoi tend-elle à se faire la traduction ?)

(j’ai repensé à certains termes que j’ai utilisés ici, qui ne sont vraiment pas de moi, que je ne reconnais toujours pas, que je vais devoir effacer.)

(maitenant voilà, depuis notre conversation, j’ai un peu honte d’écrire ici.)

( les soleils noirs.)

de la vérité à la satisfaction

Extraits du dernier cours de Jacques-Alain Miller (mercredi 26 mars)

… la fin de la psychanalyse … beaucoup plus fuyante

… tout dernier enseignement de Lacan, met en cause l’interprétation de la psychanalyse comme expérience de vérité et qu’il semble introduire la psychanalyse comme expérience de satisfaction. La satisfaction n’apparaît pas, n’apparaît plus comme un obstacle à la découverte de la vérité. En particulier, la satisfaction du symptôme n’apparaît plus comme un obstacle à la découverte de la vérité. Mais c’est la satisfaction elle-même qui apparaît comme une fin.

… « L’Esp d’un laps » … Le texte commence par une récusation de la fonction de l’attention : il commence par dire qu’il suffit qu’on fasse attention à ce qui est dans l’inconscient pour qu’on sorte de l’inconscient. … Et j’isole cette maxime qu’y formule Lacan en disant : Il n’y a pas de vérité qui – virgule – à passer par l’attention, ne mente.

… Et donc Lacan nous prévient de garder l’accent de vérité à sa place, c’est-à-dire à la place où la vérité surprend l’attention, où elle passe, où elle fuse comme un lapsus, que dire la vérité c’est toujours un acte manqué.

… Le déchiffrage c’est une pratique, la pulsion c’est une élucubration – d’ailleurs Freud l’amène comme ça, comme un mythe.

La sublimation ne repousse pas la pulsion, la sublimation procure une voie artificielle à la satisfaction de la pulsion. C’est-à-dire, elle consiste essentiellement dans l’investissement libidinal d’un substitut au but naturel de la pulsion…

Comment est-ce que, à la fin de l’analyse, le sujet supposé savoir est marqué d’un désêtre, pour permettre l’émergence de l’objet petit a ? Lacan, dans sa « Proposition », dit : C’est un virage. C’est un virage de l’être inessentiel du sujet supposé savoir au réel.

…. Avant le virage de son tout dernier enseignement on peut dire que Lacan formulait : Il n’y a de réel que par la logique. On n’isole le réel que par l’impossible, et l’impossible ne peut être déterminé que par la trame d’une logique. Et donc, la parole du patient, même si elle paraît liquide, cette parole est habitée par un algorithme invariable, qui doit conduire à l’émergence de l’objet petit a.

Cette conviction on peut dire est celle qui est mise en question dans le tout dernier enseignement de Lacan. La notion même de cet algorithme est ébranlée par la notion, mise au premier plan, qu’on ne peut que mentir sur le réel, qu’il y a une inadéquation du signifiant au réel.

… incompatibilité du désir avec la parole / l’incompatibilité de la jouissance avec le sens.

… L’analyse est donc moins l’attente de l’émergence d’une vérité que l’attente d’une satisfaction qui convienne. Et, d’une certaine façon, c’est par après que l’obtention de cette satisfaction donne lieu à l’élaboration d’une vérité.

il me semble que l’analysant que nous présente Lacan – c’est comme ça qu’il a interprété l’analysant, et spécialement l’analysant à la fin de l’analyse -, il a à construire, et il n’y a de fin de l’analyse qu’à la condition que l’analysant construise.

… à l’époque de la psychanalyse liquide, la fin de l’analyse dépend d’une décision de l’analysant, c’est-à-dire, elle dépend de sa capacité à assumer cette fin comme une feinte cause – je ne dis pas sainte cause -, comme une feinte cause, où il ne s’agit pas tant de la dire, ou de ne pas la dire, mais – je reviens à ce mot – d’y faire allusion.

Emergeant de la guerre, un livre que j'ai fait,


Ne me fermez pas vos portes, fières bibliothèques,
Car ce qui manquait sur vos rayons bien garnis, et dont pourtant vous aviez grand besoin,
je l’apporte
Emergeant de la guerre, un livre que j’ai fait,
Les mots de mon livre ne sont rien, son élan est tout,
Un livre distinct, non relié au reste ni perçu par l’intellect,
Mais ses latences non dites vous passionneront à chaque page.
Walt Whitman, 1867

et (le blog de WW) : http://blogwaltwhitman.blogspot.com/

journal (révélation)

3 lettres, 3 lettres, non 2, dont 1 redoublée. hélas, 3 x, et damnation. a-t-il fallu qu’à moi ça arrive ? faut-il qu’à moi ça arrive ? inavouable, inavouable,
inavouable ( oh
(foutrerie de la psychanalyse, démangeaisons) ( mais je n’ai plus peur de rien, que j’ai atteint le fin fond du ridic))

( de près ou de loin trait à « les livres ou la vie ? » – de près, trait. feuille feuille feuille (immaculaison) et saletés).

( plus que jamais voguer droite et le regard fier, au dessus
vagues et mêlées)

Par quelle voie l’excrément entre-t-il dans la subjectivation ? Eh bien, il y entre par l’intermédiaire de la demande l’Autre, représentée en l’occasion par la mère.
Jacques Lacan, Séminaire X, L’angoisse, Les cinq formes de l’objet petit a, De l’anal à l’idéal, Seuil, p. 348

En revanche, c’est au niveau anal qu’il a pour la première fois l’occasion de se reconnaître dans un objet.

En revanche, c’est au niveau anal qu’il a pour la première fois l’occasion de se reconnaître dans un objet. Mais ici, n’allons pas trop vite.

Quelque chose en cet objet tourne. il s’agit de la demande de la mère. Elle tourne Garde-le. Donne-leEt si je le donne, où est-ce que ça va ? L’importance déterminante des deux temps de la demande, […]

En quoi ces deux temps sont-ils importants? En ceci que le petit tas en question est obtenu à la demande, et il est admiré – Quel beau caca! Mais le second temps de cette demande implique qu’il soit, si je puis dire, désavoué, parce que ce beau caca, on apprend tout de même à l’enfant qu’il ne faut pas garder trop de relations avec lui, si ce n’est par la voie bien connue, que l’analyse a également repérée, des satisfactions sublimatoires. S’il s’en barbouille – chacun sait que c’est avec cela qu’on le fait -, on préfère tout de même lui indiquer qu’il vaut mieux le faire avec autre chose, […]

Dans ce premier rapport avec la demande de l’Autre, nous nous trouvons donc au niveau d’une reconnaissance ambiguë. Ce qui est là, c’est à la fois lui, et ça ne doit pas être lui, et même plus loin, ça n’est pas de lui.

Nous progressons, les satisfactions se dessinent, et nous pourrions bien voir là l’origine de l’ambivalence obsessionnelle. Nous pourrions l’inscrire dans une formule, celle-ci, ( a ◊ $ ) où a est la cause de cette ambivalence, de ce oui-et-non. C’est de moi, ce symptôme, mais néanmoins ce n’est pas de moi. Les mauvaises pensées que j’ai […]

Seulement, je vous fais remarquer que cette structure fondée sur la demande laisse hors de son circuit ce qui doit nous intéresser si la thérorie que je vous expose est correcte, à la savoir la liaison au désir. On peut donc penser que l’introduction d’une autre dimension, externe, étrangère, celle du désir, et nommément du désir sexuel, fera passer au second plan, balayera ce que nous avons ici d’un certain rapport où le sujet se constitue comme divisé, ambivalent, en relation avec la demande de l’Autre. En fait, il n’en est rien.

Nous savons déjà pourquoi le désir seul ne le balaie pas, loin de là. C’est que, par sa duplicité même, l’objet vient à pouvoir symboliser merveilleusement, au moins par l’un de ses temps, ce dont il s’agira à l’avènement du stade phallique, à savoir […]

Jacques Lacan, Séminaire X, L’angoisse, Les cinq formes de l’objet petit a, De l’anal à l’idéal, Seuil, p. 350, 351.

symptôme (mise en page)

il est neuf heures vingt-six. 9 h. 26. i know i should’nt come here, write here, i won’t stay. spend too much time here.
changed the template completely, again, yesterday. added an image or two, to the first post, this one.
c’est incroyable, puisque j’aurai également passé le week end à adapter le précédent template (hemingway).

qu’est-ce qu’un template? un modèle wordpress? c’est la partie visuelle du site, les fichiers qui commandent à la partie image, habillage. le précédent s’appelait Hemingway, n’était pas de moi. celui-ci est de moi, c’est to-be-or, le template de mon premier blog, dont il porte le nom. il ne fonctionne pas bien sur internet explorer. je rêve donc de le refaire, mais je dois m’en empêcher.

aujourd’hui, 17 novembre, je rajoute : mise en page, habillage, recherche d’une corps-respondance. cette impossible image. (et entre-temps le blog a changé de template un nombre devenu incalculable de fois. celui-ci, j’espère, c’est le bon.)

le livre sur "rien"

je me doute bien que je suis plutôt du côté du vide (plein) que du rien, comme le dit (si bien) éric chevillard.1 tant pis. même si ça me donne un peu la honte. j’essaierai tout de même de lire ce livre de pierre senges dont il parle… il est vrai aussi qu’il doit avoir raison quand il dit qu’ils sont peu nombreux ceux qui s’intéressent à la littérature.2

LIENS :

Notes:
  1. « De Beigbeder à Angot, le « rien » est omniprésent. Alors que chez vous je trouve énormément de vie, de matière littéraire. C’est le style qui différencie le « livre sur rien » du livre vide ?
    Je le crois. Un livre vide est affreusement plein : de vent (l’air du temps), de considérations vaines, de bavardages complaisants et oiseux, de détails sans intérêt, et surtout de mots dont aucun n’est pertinent. Livres vides, c’est-à-dire surchargés tout comme le sont les croûtes en peinture. Aucun rapport, donc, avec le livre sur rien qui est le ciel enclos, la chair faite verbe. Le livre sur rien, ce serait le grand déménagement du monde hors de ses greniers et de ses caves. Sur le trottoir, les encombrants, tout ce qui pèse et depuis toujours nous plombe, on s’en va, on laisse tout, on existera dans la langue, dans le livre sur rien, fait de mots justes et si bien articulés que rien précisément dans les phrases qui le constituent ne grippe ni ne grince. On approchait ce bonheur dans l’eau, dans l’air, dans la musique, mais ce n’était pas ça encore, trop de limbes, tandis que livre sur rien réjouit l’intelligence, elle se trouve là enfin dans son élément… »
    []
  2. La littérature ne concerne de toute façon vraiment qu’un très petit nombre de gens, parmi lesquels une bonne moitié de simulateurs. N’oublions jamais que presque tout le monde vit sans littérature et s’en passe aussi aisément que d’une cornemuse ou d’un hibou dans le grenier. []

… j’appris un peu plus tard qu’il donnait des cours de littérature à l’université, ce qui lui procurait stabilité économique et temps pour se consacrer à la lecture et à la recherche, qu’il avait déjà deux enfants, un garçon et une fille.

les-vacances
toutes les photos sont de jules. prises le jour où nous avons fait le sapin de noël. au premier jour des vacances. maintenant, c’est fini, les vacances.
sont finies

lire forme d’inconscience

il a recommencé à neiger. ça ne va pas du tout. rien à voir avec la neige : les vacances sont finies.

/

ce n’est que quand frédéric est là que je peux me sentir quitte de l’obligation de travailler.

l’amour facile en ce moment et cela m’est nouveau. l’amour m’est facile, cela m’est nouveau ( question des préliminaires, d’ailleurs, au passage, tant que j’y suis, balayée. point ne m’en faut. il fallait n’y pas penser.)

nuance,

il faudrait juste qu’il apprenne à s’endormir ma lampe de chevet allumée. phrase qui n’est pas belle.

je l’aime. si seulement il pouvait s’endormir dans ma lumière. essai de phrase belle.

il faudrait juste qu’il apprenne à s’endormir malgré la lumière de ma lampe de  chevet // juste faudrait-il qu’allumée je puisse garder la lumière de ma lampe de chevet // que je n’aie pas à éteindre ma lumière pour qu’il puisse s’endormir // qu’allumée je puisse garder ma lampe de chevet // qu’il puisse s’endormir dans la lumière // ne pourrait-il apprendre à dormir la lumière allumée //  le seul problème c’est qu’il faut toujours que j’éteigne ma lumière quand il veut s’endormir et alors que je n’ai pas du tout envie de dormir //

ces jours-ci le soir quand je me couche, j’ai l’impression qu’une nouvelle journée commence.

voir même que j’aie besoin de lire pour m’endormir //

{ liRe (remembrance) –

après la pensée,

{ liRe

m’a protégée de biendesattouchements.

liRe je peux le vouloir lire est ce quejeveuxqu’onmelaissedonclire et la paix.

lirejepeuxlevouloir lirejepeuxlevouloir lirejepeuxlevouloir.

LiRe, je peux le vouloir.

ah mais laisse-moi liRe

{ Avant c’était plutôt

ah mais laisse-moi penser

LiRe, à vrai dire, m’endort.

LiRe m’endort.

LiRe, m’endort bien.

J’aime, à m’endormir en lisant.

Je ne retiens RIen de ce que je lis.

Ce que je lis glisse sur moi comme l’eau sur le miroir (du moment qu’il ne comporte pas de tache de graisse. Qu’il n’est pas GRAIS S EU X.

L’EAU est détournée de son cours par la graisse, la contourne.

Ma conscience liseuse est lisse et elle est propre. L’essentiel est qu’elle ne retient rien. Mais c’est extrême

ET

ma pensée s’arrête. Or, cela est juste esperluette bon —

tout ce qui arrête la pensée est bon maintenant il faut que j’arrête d’écrire car je ne vais toujours pas arriver à établir ce qui distinguerait une bonne d’une mauvaise pensée.

une bonne pensée une pensée souhaitable une pensée productrice. les bonnes pensées les bonnes idées les bonnes réflexions, et puis les mienneslesmauvaises qui me minentetdont d’ailleurs je ne souffre plus, en fait. (j’ai tant pensé à certaines pensées qu’il m’arrive encore (de penser) qu’elles sont
d’actu.a lité! erreurs, trois fois).

en certaines époques de la vie on peut souffrir il arrive que l’on souffre de mauvaises pensées. que l’on en soit dévoré. dévorée , dévorante / le plus souvent ça fait ruminée , ruminante – c’est LES pensées : CHEWING-GUM.

les mauvaises pensées sont inhibitrices, envahissantes et inhibitrices. (beau ont-elles comporter des hi et des hi : mauvaises elles sont, mauvaises elles sont (comme dirait jules). or et qu’ajouter que dire de l’inhibition? se souvenir qu’elle
vitenlisièreduréel. ce à quoi la production jamais ne saurait prétendre. mots que j’ajoute car
– j’ai du mal à promouvoir la production et démouvoir l’inhi bition.

J’éteins.

//

il a recommencé à neige. tout ce qui a été écrit ci-dessus, après la neige, l’a été il y a quelques jours, quelques soirs.

Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons

même l’ignorance ne peut rien contre cela qui nous environne. tu pleurais hier soir. petit. viens encore. pleure. petit. dis. la maladie aussi nous attend. il faudra du courage, encore dire oui. nous ne sommes responsables que de nous-mêmes, c’est ce que je crois. la lumière est dedans. la lumière est dehors.

 vouloir ce qui est proche, vouloir ce qui vous arrive, même qui vous arrive à l’improviste, et vous fait mal

« La joie est l’affect spinoziste du rapport au réel, l’affect auquel on peut atteindre lorsqu’on ne croit plus aux caprices du sort, mais lorsqu’on s’égale à lui, que l’on s’accorde avec lui, sur un mode qui est proche de l’éternel retour de Nietzsche : vouloir ce qui est proche, vouloir ce qui vous arrive, même qui vous arrive à l’improviste, et vous fait mal.» Jacques-Alain Miller, « Les us du laps », 26 janvier 2000.

 

on m’a si souvent dit que j’avais un accent étranger

ma mentalité de midinette m’a joué  un petit tour.

de l’utilité d’être parfois un peu parano : se ressituer dans l’adversité, le sentiment de l’adversité, voire le sentiment imaginaire de l’adversité, sortir de la concorde du nous.  de quel nous parlais-je ? celui d’une communauté qu’il me plaît à imaginer, à laquelle je me souhaite appartenir // la solitude d’une cause et  ses communautaires moments.  j’en connais moi ( dans leur nuit)  qui ne se connaissent aucune cause. or  moi non plus moi non plus,  je ne la connais (communauté d’insavoir). j’en sais. j’en saurais. moi qui suis fille du doute et de

qui donc est cette insistante pasiphaé ?

ôter au doute sa coloration d’angoisse et c’est la certitude (de la poésie) / mais non mais non, je l’ai déjà dit, rien, je ne comprends, rien, à la poésie / OÙ résonnent les voix qui la disent ? (où le peuvent-elles) dans quelles aires ? trouveraient-elles à s’incarner (reviendraient-elles dans un corps, descendraient), je comprendrais . Mais dans le silence d’une pensée, le bavardeux (si, j’y insiste) silence d’une pensée : non. sombre.

il reste encore à dénoncer les liens de la voix et de la pensée.

[ le gros pouah ces voix sans chair

poésie et – s’agit-il, l’accueil d’une voix qui ne fût pas la sienne. l’étrange erre.


/ il dit : lisez lisez même si vous n’y comprenez rien on a presque envie de dire : surtout
surtout si vous n’y comprenez rien / soit vivez vivez


_ chantait mourir pour des idées d’accord mais de mort lente. je n’ose pas te le dire, mais la mort ne me fait pas peur (ni plus que les idées).


moi, c’est mon ordinateur que j’allume pour savoir quelle température il fait dehors.

il faut qu’une porte soit ouverte et fermée

image0039

8.

moins quatre degrés.

sans que je comprenne pourquoi, et sans que je veuille d’ailleurs comprendre pourquoi, une porte s’est fermée dont  je m’éloigne. c’est le soir, c’est le noir, c’est l’image qui me vient à l’esprit. sous les paupières, je me vois m’éloignant dans un brouillard sombre et parcouru de fumées.

bouleversée, disais-je.

comme si tout ce que je  faisais s’était trouvé remis en  cause. je ne suis plus du tout qui j’étais.

or il semble que je sache y faire, face à ce genre de phénomène.  qui si exceptionnellement souvent m’arrive. que je sache y faire aussi bien qu’un anxiolytique.  mes « fortifications à la vauban ». mais c’est qui ce Vauban ?

comme si
toutes petites cases de la pensée,  du souvenir se fermaient. toutes sauf celle qui observe ces fermetures et sait qu’il faut le silence.

évidemment, je me traite avec grande douceur, à quoi je suis  d’ailleurs étonnamment  régulièrement obligée. je sais que je reviendrai petit à petit à moi et que ce sera comme si rien n’avait changé.

ce que j’aurai laissé derrière moi, je ne saurai pas ce que c’était. il ne s’agira pas, en cette occurrence, d’une grande perte; cela je ne le crois pas. non. de quelque chose qui se résout au mieux de cette façon là. se tranchant.

le retranchement.

=

ou encore me serais-je trouvée soudainement submergée par ce qui aura pu m’apparaître comme une aporie. submergée, dégoûtée. dans une trop grande conscience de ça . comme si à défaut de savoir absolument, « maintenant tout de suite , pas tt à l’heure », il valait mieux ne plus rien savoir du tout. n’en rien savoir (non que je croie avoir atteint ce point fatidique).  revenir ensuite lentement,  la conscience moins affûtée. revenir à moi-même (ma vraie nature).

=

j’ose cependant croire que quelque chose se sera résolu.


ne me dérange pas finalement d’avoir des économies à faire, ça me ramène à mon enfance. que nous ayons des économies à faire. est-ce que je ne suis pas tout le temps dans le nous? nous, lui et moi. et j. notre famille.


9.

en cachette hier soir j’ai pris un demi-xanax. j ‘aime assez ces petites drogues et j’ai eu envie d’imaginer que je pouvais en avoir besoin parce que je changeais le dosage de mes patches, passe  de 15 à 7 mg. inutile de souffrir du manque de nicotine.

je pars à montreuil sous bois. chez pgplastique.

image0040

image0044image0045






image0046

//

 

10.

repris un demi xanax hier soir (m’énervais plus qu’il ne faut). me réveille ce matin avec l’envie de fumer.

je n’arrive pas à m’intégrer dans la sphère internet. je me trouve très sympathique mais pas les autres. à 4 exceptions près. jivezi, absCisse, guy mercier et charles de zohiloff.

les lettres. une lettre
il faut qu’elle soit ouverte, à un moment donné,  un temps t,
pour savoir si elle est morte ou vive. à moins que la sagesse ne
consiste à la maintenir en son incertitude.
il faut qu’une porte soit ouverte et fermée.

l’heure de nulle part, mais à un instant t.


//

11. la bouche aux clous de girofle.  aspirine 1000 toutes 4 heures. visite nina. galette. pas pour moi non merci, désolée. vraiment. je ferai un jour le compte du nombre de vraiment sur ce blog. jules nous fourgue un joli futur antérieur. tristesse incroyable, pour des raisons dont je ne souhaite pas parler ici.



(8-11 janvier 2009)

La possibilité d’avoir peur s’approche comme s’approche le vent d’une capitale de province. Tears in my hand.

Telepathe – Devil´s Trident (Planning To Rock Remix) from Darío Peña on Vimeo

12.1

Le bruit lent des voitures.

Allongée nue à l’exception de son slip au fond d’une cave sous les couvertures, c’est l’hiver la peau brûle surtout les cuisses. Draps rêches. Cette fois, c’est le soir. De petits cœurs battent faiblement sous la peau, seule la lampe de chevet est allumée. Nul bruit, personne n’habite au-dessus. Elle, couchée sur le dos, éteint. Se tourne sur le côté, visage tourné vers la rue. Écarte d’elle les couvertures. C’est une époque où il n’y a pas encore internet. Songe à JL qui quelque part raconte comment, une nuit après avoir traversé Dieu sait quelle plaine sibérienne, il rejoint une femme qui l’attend dans une grange, la pénètre et fournaise. A la surprise de découvrir une fournaise entre ses cuisses. Elle, glisse une main, s’étonne de la découvrir glacée, entre ses jambes. Frissonne. Ramène le drap sur ses jambes. Ses pensées vont vers Marcel Proust. Elle songe au lit de l’écrivain. Son lit, sa chambre, son asthme, se couche sur le dos, glisse son poing fermé sous son slip pour s’endormir.

Ecrit suite à la lecture de la nouvelle intitulée Le secret du mal de Roberto Bolaño.

Ceux que le désir déserte. (la nouvelle Labyrinthe, fin, Jacques Henric dans le parking pensant à Derrida. Met sa main à son sexe : il bande mais n’éprouve aucun désir.)1

– Voulez-vous effacer définitivement ces 38 documents? – Oui, je le veux.

– love, love, love / night

Notes:
  1. Face à son regard se déploie un monde de contours, un monde de bruits distants. La possibilité d’avoir peur s’approche comme s’approche le vent d’une capitale de province. Henric s’arrête, son coeur s’accélère, il cherche un point de référence, mais si auparavant il était parvenu à entrevoir au moins des ombres et des silhouettes au fond du parking, l’obscurité maintenant lui semble hermétique comme un cercueil vide au fond d’une crypte. Il décide donc de ne pas bouger. Dans ce calme, son cœur peu à peu se rassérène et la mémoire lui apporte les images de ce jour-là. Il se souvient de guyotat, qu’il admire secrètement, en train de draguer ouvertement la petite Carla. Il les voit sourire une fois de plus puis s’éloigner dans une rue où les lumières jaunes se défont et se recomposent par rafales, sans aucun ordre apparent, même si Henric, dans son for intérieur, sait que tout obéit à quelque chose, que tout est causalement lié à quelque chose, que ce qui est gratuit ne survient que très rarement dans la nature humaine. Il porte une main à sa braguette. Ce mouvement, le premier qu’il fait, le fait sursauter. Il bande et cependant il ne ressent aucun genre d’excitation sexuelle.
    Le secret du mal de Roberto Bolaño, « Labyrinthes », pp. 84, 85. []

vêtir ceux qui sont nus

22, midi

une tartine d’angoisse . dites-moi pas que c’est pas parce que je ne pense pas à vous que je pense pas à vous et que vous ne m’écrivez pas . beurre , miel .



une tarte de douleur. la tarte couloeuvre ?

prendre le téléphone en main : se faire aider .  se faraday . nous longions hier la rue des rosiers , le soir était tombé .  il ne faisait pas froid . trois tours de manège au métro saint-paul ,



beurre miel sucre brun tartine tarte .

chercher le numéro de tél. Psychiatre, ancien praticien hospitalier à l’hôpital Sainte-Anne. allo, est-ce que ce serait possible de vous voir ? paris 13è. pouvez-vous le 2 février à 14 heures? oui.

non, pas du tout. ça ne va pas du tout. gros pleurs et suffocations.



22, soir

her

peut – être que cette nui t je rêverai encore d’Anne (W) // quelle affaire l’angoisse quelle drôle d’affaire . // j’ai dû annuler un rendez-vous aujourd’hui qui peut-être justement m’aurait
tirée d’à-faire .


frédéric dort. je l‘aurai épuisé . jules peut-être rêve big air

~~~~~~~

Jacques Muller

after that i took a course in computer programming

her

peut – être que cette nui t je rêverai encore d’Anne (W) // quelle affaire l’angoisse quelle drôle d’affaire .  // j’ai dû annuler un rendez-vous aujourd’hui qui peut-être m’aurait
tirée d’à-faire .

 

frédéric dort. je l‘aurai épuisé . jules peut-être rêve big air

 

 

~~~~~~~

Jacques Muller

dusted

23h59, mardi

nouveau titre de blog : « notes »

you, intriguing French imprint, (est au concert)

(y a des gens je me demande pq ils écrivent pas des livres plutôt que des blogs. y a des gens je comprends parfaitement bien qu’ils écrivent des blogs. il y a des gens dont les livres me manquent. et puis ceux dont les blogs probablement me manqueraient. des gens qui écrivent des livres dont je serais curieuse des blogs. des gens quiécrivent des livres, dont je lis les blogs (pas les livres). des gens qui n’écrivent plus de livres. des gens qui écrivent des blogs rêvant d’écrire des livres. des qui n’écrivent même plus de blog.)

(vais voir si j’ai fini de télécharger le livre film que je voulais voir.)

lunedi : ma vie change et martedi : c’est coui coui

(diffuseur de pensées,fumées)



2211

je le cherche, je l’attends, je suis très volontaire, pour ce qui est de ça. car ah si vous saviez, cela tout qui se / met en travers / met en travers / je m’en fous, j’avance et i l i l  | h_4_ill_1141465_prado1

|  lui qui a la chance d’aimer quand il aime de ne pas quand il n’aimepas  //  moi qui n’ai de sûr que
l’amour de la psychanalyse (et encore, mais)  et celle de mon f i l s (ça oui)

chronophagie

midi, dimanche 1er février,

lendemain de la veille : boire ne me vaut rien.

17 heures.
tandis que pour ma part, je n’ai plus du tout de colère. calme / cette impression d’irréalité après avoir écrit cette lettre, ce mail. l’avoir envoyé. une impression qui à vrai dire ne me laisse pas.

f. pense qu’il n’y a aucun mal à ce que j. joue à des jeux vidéos. il dit qu’il ne fait que devenir indépendant.   je dis à jules : évidemment que tu t’y mettes aujourd’hui ou à 18 ans… je lui dis que je ne sais pas quoi en penser, du fait qu’il joue à la wii. je lui dis que ça me fait peur. c’est vrai. que chez nous, quand nous étions petits, la télévision était interdite. que tout ce qui « chronophage » (terme utilisé par un scientifique l’autre jour à la radio) me fait peur. je lui dis que moi aussi, je fais des choses « chronophages » (le blog), que je n’arrive toujours pas à me mettre d’accord avec ça. est-ce qu’autrefois ce n ‘était pas chronos qui mangeait les petits enfants? les mangés mangeurs.

quel lien renouer avec les idéaux? quand on est encore à vouloir s’en dépêtrer? / il me semble parfois que j’ai toutes les réponses et que je fais plus que touiller dans une casserole vide, sur un feu éteint. / j’ai lu hier des choses très dures sorties de la bouche de flaubert. flaubert, il a la côte celui-là pour le moment. mais, je l’aime, moi aussi. si ce n’est que je ne suis pas méchante. j’aurai pitié de moi. ou ferai partie de ceux dont lui n’aurait pas eu pitié. « le mépris m’aurait quittée avec la colère. »

je me corrige ça oui je me corrige beaucoup c’est ici un constant brouillon. that’s all drafts. mais je jette peu.

et  n’ai aucun sens critique.

lundi 2 janvier

neige. au fond y a peu de chance que ma vie change aujourd’hui (rendez vous est à quatorze heures).

« Tout le rêve de la démocratie, est d’élever le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeois. »

« Je crois que la  foule, le troupeau sera toujours haïssable. Il n’y a d’important qu’un petit groupe d’esprits, toujours les mêmes, et qui se repassent le flambeau »

mais aussi :

« l’artiste ne doit pas plus apparaître dans son œuvre que Dieu dans la Nature« , « l’artiste doit s’arranger de façon à faire croire à la postérité qu’il n’a jamais vécu« 

Flaubert – je tire ça du bouquin de Gaddis, encore, Agonie d’agapè

12:37 j’ai le trac. je transpire trop. j’ai mal au ventre.

12:42 je me sens faible.

2320; je pose les limites

img_1678-copie
oui, j’ai beaucoup pleuré. comme espéré. suffoqué, voulu partir.  » mais, laissez-moi un peu de temps », dit-il.

mardi,

il a neigé il ne neige plus.

* 09:05, faire liste
*09:10 laver les cheveux
* 09:19 ouvrir CielCompta
* 09:20 ouvrir Ciel DevisFactures
* 09:22 sortir papier banques,  * 09:24 ouvrir volets
* 09:29  imprimer factures
* 10:03 refaire café, commencer sécher cheveux, remettre pull + crème mains
* 10:13 imprimer états TVA
* 10:17 rassembler papiers, ranger bureau

STOP STOP STOP :
10:21 : se rendre compte que j’ai rendez-vous à 10 heures !!!!!  téléphoner
10:31, me changer mettre une goutte de parfum partir

* 10:45 terminer cheveux

* partir

a.m.:
* tél. JP
* poste, paquets f
* chercher recette
* cuisiner
* 16:15 : allerchercher jules

11:54, être revenue, écrire : les gens ne reculent devant rien en effet, ils écrivent : On avait remarqué que cet artiste ne reculait pas devant l’illimité mais le convoquait dans chaque travail. ah, ça, moi, je pose les limites (lacan, la jouissance est une limite. bien sûr c’est angoissant.)

12:08 : écrire : j’ai fait beaucoup en prenant soin de n’obtenir aucun résultat. à quoi ma foi je réussis. rater, je sais faire. tout de même est-ce que je suis si antipathique que cela? les gens de l’X.Y.Z. ne sont pas très polis. cela dit.

12:15 : F. va téléphoner, prendre un médicament pour ma dent, ranger le bureau, merefaire un café, préparer l’après-midi

12:27 sur facebook dans religion j’avais écrit « il y a ce que je veux et ce dont je ne veux pas« . la volonté ne nous doit rien. et a cette cruauté de se suffire à elle-même. il y a trop d’objets sur ce bureau. il fait froid. le chauffage est au maximum. jp m’écrit « baci sorellissima » je réponds :  oui.

13:36 : je diminue le chauffage. les belges, djos, jef / réémerger // oui déjà en belg. on me disait que j’avais un accent étranger… ///

13:42 ouvrir la fenêtre lancer une lessive couleurs fragile boire

13:50 refermer la fenêtre, chercher un disque de janacek Leo Janácek, « Lettres intimes ». Janacek a entendu avant que de voir. voyait le monde avec ses oreilles.

Déesse du Bocq de jef lambeau place van meenen
Déesse du Bocq de Jef Lambeau Place Van Meenen

13:54 enlever mon pull, chercher l’aspirateur. les carnets, l’antiride, le fil dentaire. mètre pliant jaune et noir, cables, écouteurs, pince à manche rouge, téléphone, gratoirs pointe sèche,  gommes, crayons, papier vierge, facture, le papier à recycler. agrafe. mots. je tiens en main un objet dont je n’arrive plus à me souvenir du nom. je le range. les agrafes aussi, l’aiguille, les trombones. l’écharpe, la pierre de la tombe de mon père. l’encre noire. le capuchon du feutre à encre argentée. les ciseaux de la couture de mon poignet. les sculptures d’annick. les ciseaux décapsuleurs. la montre en 2 morceaux. les boucles d’oreilles en argent de ma mère. une poignée de porte de l ‘appartement place van meenen, en cuivre. où déposer la montre que je dois réparer. le coffret à bijoux. place toute indiquée. souvenir de djoss marc jean pierre. feuilles mortes, pétale, poussière. djoss parle qq part de l’imbécilité qu’il y aurait à conclure. où est mon casque. j’attends l’heure du coup de fil à jp. la dia d’un paysage noir près de boubon (niger), un phare de vélo, gaddis william, son livre, un éléphant indien vert. du papier photo. le budget annoté par f. un livre intitulé défense de mourir. j’ai perdu la connexion.  je suspends le calendrier chinois. je récupère la connexion. mandarine et verre d’eau. 14:56

16:15 : aller chercher jules
chercher recette petit salé lentilles, gouter, cuisiner, la table, se disputer, mettre jules au lit

légende du lendemain (matin de la veille bouleversée)

Me réveillant je sus que l’air et le gaz, c’était la même chose. Que si j’avais été chambre à air j’étais aussi bien chambre à gaz. L’air, mon être peut-être, dont je n’avais jusqu’alors considéré que la neutralité, le rien, se révélait tant délétère que vital. L’air est le gaz, le risque d’explosion. Si j’en souris, j’en tremblai. Or l’air n’est rien d’autre que ce qui  bouge. Ce qui ne se sait pas assez (ni de moi).
(Lettre X du bel âne Mü)

Les mots seuls sont drôles. Et les petits chats. Les petits pois
sont rouges.

~2401 (just for fun)

tellement de musique ici que j’aime parfois avoir le sentiment d’avoir découvert qq choses toute seule comme une grande de mon côté, tu me diras si . nouveau nom de blog …  l’Agence de l’Amant de MadAme MULLER

http://www.myspace.com/nnobra

julesestunpeuseulnon

A quoi sert l’écriture?
Je puis seulement énumérer les raisons pour lesquelles j’imagine écrire:
1. pour un besoin de plaisir, qui, on le sait bien n’est pas sans rapport avec l’enchantement érotique ;
2. parce que l’écriture décentre la parole, l’individu, la personne, accomplit un travail dont l’origine est indiscernable;
3. pour mettre en œuvre un « don », satisfaire une activité distinctive, opérer une différence;
4. pour être reconnu, gratifié, aimé, contesté, constaté;
5. pour remplir des tâches idéologiques ou contre-idéologiques;
6. pour obéir aux injonctions d’une idéologies secrète, d’une distribution combattante, d’une évaluation permanente ;
7. nour satisfaire ses amis, irriter ses ennemis;
8. pour contribuer à fissurer le système symbolique de notre société;
9. pour produire des sens nouveaux, c’est-à-dire des forces nouvelles, s’emparer des choses d’une façon nouvelle, ébranler et changer la subjugation des sens;
10. enfin, […] pour accréditer ainsi la valeur supérieure  d’une activité pluraliste, sans causalité, finalité ni généralité comme l’est le texte lui-même.






















p i c p u s

rue-de-picpus-12-02-2009-1 rue-de-picpus-12-02-2009-2 rue-de-picpus-12-02-2009-3rue-de-picpus-12-02-2009-3 rue-de-picpus-12-02-2009-4 rue-de-picpus-12-02-2009-5rue-de-picpus-12-02-2009-6

rue de picpus. en allant chez le docteur g.

~(big crop)

crop-3_r1_c1crop-3_r1_c2crop-3_r2_c1crop-3_r2_c2 crop-3_r3_c1 crop-3_r3_c2 crop-3_r4_c1crop-3_r4_c2

photo du 12 février 2009 – en allant chez le docteur G, travaux rue de picpus (jules a déréglé l’appareil. il a rajouté l’affichage de la  date, mais elle n’est pas bonne)

une sortie

snv80052 snv80053 snv800541 snv80057

aujourd’hui sommes allés jules et moi voir delph. et son petit r. photos prises à l’arrêt du bus 62. pour le reste,  je suis triste, encore.

jules aussi a fait des photos:

snv80096

snv80084-2snv80083-2snv80093-2snv80091-2

me suis fait recevoir les cours de barthes sur le neutre, samedi.

retour sur l’a-pensée – introduite à l’autofiction (après l’avoir été au blog, autrefois)

17 février

+
le désir de publier. (c’est quoi ça?)

+
désireux
est-ce que nous ne sommes pas nombreux (à être) désireux d’arrêter quelque chose ( de fumer, de manger, de dépenser, de

+
la veille, j’avais décidé d’arrêter de manger du sucre. après tout, il m’était bien arrivé d’arrêter de fumer. mais pour l’heure je préparais des pâtes aux boulettes, lesquelles, je ne sais pourquoi, brûlaient.

18 février

fine little day

+
à dire vrai
naturellement, je tendrais plutôt à m’éteindre qu’à m’allumer.

+
à vrai dire
j’attends le moment d’aller au lit. je compte les heures.

+
je suis tout à fait capable de me dire (c’est moi qui souligne) que je vais a.r.r.ê.t.e.r d.e m.a.n.g.e.r d.u s.u.c.r.e et de ne pas m’y tenir. plus joli encore : de ne pas en souffrir, de ce manquement à une intention (en pensée formulée).  j’observe. je teste. je constate.

il y a vraiment les choses que je me dis. c’est un monde à part. qui fait sa vie, le bord
de l’inconscience.

comment freud parlait-il des pensées, du pré-conscient? je ne sais plus.

je passerai peut-être les quarante prochaines années à traiter / traiter de ce qui reste des lectures de mes
quarante
premières années.


des pensées en l’air
comme on dit des paroles en l’air. ce sont des pensées en l’air.

 

souvenir d’un article dont le titre associait la pensée & l’autofiction. ça c’est très intéressant. mais l’article ne m’a pas paru tenir ses promesses. une hypothèse de travail. “De la pensée comme autofiction”, par Bernard Comment. à relire, tout de même (dans le Magazine Littéraire n° 482).

je suis vraiment fascinée par la multitude de mondes, de sphères, dont nous sommes faits. mondes parallèles, qui souvent s’indiffèrent, se croisent sans se mêler, se concerter. vivent leur vie. sans – semble-t-il – avoir accès à aucune autre. comme si j’étais habitée d’une multitudes de langues à jamais étrangères les unes aux autres. cela me frappe, depuis toujours. (l’enfance, elle, fait encore sens. à ce qu’il semble.)

oui, vraiment, les mondes se sont démultipliés depuis que_ ( à suivre)

le vin que je bois n’est pas très bon; 2002 serait-elle une mauvaise année; j ‘aurais franchement préféré regarder la télévision.

°oui mais je p(o)ublie°

° rien qui aille au déchet, au rebut. quand tout fait trésor. ° un trésor de mots, car pour le reste, l’appartement se vide.

sur une page, les choses redeviennent une. ou ne s’agit-il que de l’instant de leur écriture?

jakob

~ provoke a frenzy in me and my love provoke a frenzy in

photo0035

Dans une maison à une grande distance brille la lumière d’une fenêtre. Je la vois, et je me sens humain des pieds à la tête. Fernando Pessoa, Le Gardeur de troupeaux via folie m i n u s c u l e

 

photo0036

 

Par-delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant. Baudelaire, Le Spleen de Paris, “Les fenêtres” via folie m i n u s c u l e

photo0027

~chou

(même que j’ai cru m’voir sur la vidéo. j’aime bien un peu de  nostalgie)

sans titre (vrac)

mercredi 4 mars

hm. après les urgences de la salpêtrière la semaine dernière, celles de trousseau hier soir. pas mal . attente si longue que jules a le temps de guérir.

jeudi 5 mars

je n’ai pas la moindre méthode de travail. jules au bain. ce matin, parodontiste. arrivée en retard : j’avais oublié de regarder où elle habitait (!)

+
perdu le (beau) livre emprunté à la bibliothèque que j’avais commencé

+

maxime

lettre

Mike Kelley, Monkey Island Travelogue, 1982-83

(lunule, intersection. la lettre, à l’intersection de la vie et du livre. ma barque.)

+

maxime

r u e

+

paradoxe

en vérité, dès que je sors, dès que je suis dans la rue, je me sens prise d’une immense sensation de liberté (air, vent). ne sors en général que pour des rendez-vous, des courses. à chaque fois je me dis, ça y est, je suis dehors, le monde est beau, c’est magnifique, à chaque fois, je me dis que je vais tâcher de prolonger l’escapade, me balader de ça de là au hasard. mais quelque chose d’autre toujours me retient, et je rentre à la maison. où j’essaie de tout faire pour éviter d’avoir à ressortir.
je sors, je suis surprise. à chaque fois.

+

en vérité, je crains qu’après le lave-vaisselle, la chasse d’eau, le robinet de la salle de douche, celui de la salle de bain, le percolateur, la bouilloire électrique, le lave-linge ne nous quitte également.

+

méthode

pour nettoyer

je vide

je jette

+

retrouvaille

retrouvé

ma ceinture

+
économie
méthode
ESSAYER D’UTILISER TOUTE LA JOURNÉE LA MÊME TASSE LE MÊME VERRE
+
perte

perdu

ma crème de jour

+

perte

perdu

ma brosse à dents électrique

+

le blog. l’inhibition. l’écriture de l’inhibition. en ce qui me concerne. l’inhibition même.

+

maxime
blog
en bord de lettre.


vendredi 6 mars 2009

Car Crash Ctudies, Untitled # 7. 2009. Lightbox #2. 127x157 cm. Ed 1/1+1AP.
Car Crash Ctudies, Untitled # 7. 2009. Lightbox #2. 127×157 cm. Ed 1/1+1AP.

 

+
Car Crash Studies, Untitled # 8. 2009. Lightbox #3. 102x127 cm. Ed 1/1+1AP.
Car Crash Studies, Untitled # 8. 2009. Lightbox #3. 102×127 cm. Ed 1/1+1AP.

+

écris-moi

+

retrouvé livre (de bibliothèque, camille laurens), retrouvé crème (de jour)

ma lâcheté, vous n’imaginez pas.

+

Caspar David Friedrich, La Mer de glaces (confondu à tort avec Le Naufrage de l’Espoir).

Caspar David Friedrich, La Mer de glaces (confondu à tort avec Le Naufrage de l’Espoir).

 

le dimanche 8 mars

mes cheveux sont mouillés. je vais encore attraper froid. je lui ai dit que nous devions nous séparer. que nous devions dorénavant envisager la vie depuis ce point de vue-là. qui plus est je lis ni toi ni moi de camille laurens.

+

sensitive: still from Kate Gilmore “Between A Hard Place” (2008)

still from Kate Gilmore “Between A Hard Place” (2008)

+

(via visualixe)

+

après, j’ai dit au secours (à personne)

+

BROXODENT POWER + | Cliniquement prouvé: La meilleure brosse à dents électrique

+

“Un océan sans rives”?

lundi

– le quitter, mais pourquoi?
perte

sensitive: Erwin Wurm dimanche . my god je suis moi-même tellement perdue .

Erwin Wurm . my god je suis moi-même tellement perdue .

+

Cioch (via Martin Isaac via http://ailleursicipresquesanssoleil.tumblr.com/) (papier, marques de pliures, des gris , des blocs -   the isle of skye , scotland)

(papier, marques de pliures, des gris , des blocs – the isle of skye , scotland)

mercredi

cours de jacques-alain miller. faute d’arriver à faire quoi que ce soit d’autre, j’y vais. malade. la gastro de jules.

14 mars

des jours d’envahissement par la maladie

+

lostandfound:  hessianonullo: (via placidiappunti)

+

lostandfound:  fauxchenaux: (via jocelynwildenstein)

hier, dimanche 15 mars 2009

+

au moins je suis sûre de toujours faire le mauvais choix (printemps ce matin)

+

mais j’adore faire les choses à moitié (me conforme sagement au paradoxe de zénon, bonne fille). et enseigne avec enthousiasme cet art à mon fils.

+

nettoyage de printemps.

en profiter pour apprendre à nager à jules.

+

le nettoyage et l’amour. c’est la même chose, c’est la même chose (savourons bref instant certitude)

+

mon père lui, m’offrait des boîtes (« le bijou, c’est elle » quelle patiente de Freud?). des coffrets.

+

+

de toutes façons, comme disait ma grand-mère, faire et défaire c’est toujours

travailler .

tu sais ce que j’en pense moi de ton ready-made , tu veux, que je te dise, moi , ce que j’en pense , de ton ready-made

je suis extrêmement douée pour faire en sorte qu’il reste toujours quelque chose à faire

contre toute espérance, je deviendrais une faiseuse

l’angoisse est dans le faire, ou plus exactement dans la chose faite, autour, tout autour, c’est promenade, prom prom.

petits, les esprits, aussi, se rencontrent.

je suspends le linge. du linge. toute la semaine dernière je suis restée alitée. j’ai gardé la chambre. f. s’est occupé de tout. a pris soin de tout.

+

yes, i shall remake your ready-made (sarment this i solemnly swear)

+

(via visualixe)

+

des décalcomanies

décal co ma nies

 

+

(via modernitymuscler)

 

+

(via modernitymuscler)

 

+

le bonheur c’est la décoration.

la bouilloire électrique est réparée. frédéric a réparé la bouilloire électrique.

(le salut par l’angoisse)

11:17

c’est parce qu’il finit toujours par y avoir quelque chose d’encore plus angoissant à faire que ce que j’ai à faire que je fais ce que j’ai à faire.

11:31

je vais donc maintenant téléphoner à mme V , aux impôts, c’est très facile, et je vais lui demander ce que je dois faire avec ce 2065-k et elle va me répondre.

f. veut que j’appelle le plombier (peur de rien)

hier, je me suis agenouillée. je ne dis pas ça pour me  vanter ou pour jouer à plus mystique que je ne suis mais. je me suis tout de même demandée si ça n’allait pas changer quelque chose. le fait d’avoir pris cette position, physiquement. il s’agissait de rendre grâce aux difficultés auxquelles je faisais face. (vouloir ce qui vous arrive, même ce qui vous fait mal.) je l’écris ici, mais je ne l’ai pas dit à l’analyste, hier. parlé de jpd dont j’avais rêvé. me suis étonnée d’en parler avec autant d’aménité, de rancoeur. étonnée aussi qu’il me suive, l’analyste. qu’il abonde. je dénonce des collègues.

14:22

pendant 20 minutes perdu puis retrouvé, mon bilan long cône.

18:51

oublié le bilan long cône à la maison. pris le métro dans le mauvais sens en revenant.

Belessed (détail) - Ray Cesar

20 mars 2009

09:49. hier c’était le 1er mars.

09:45. commencement du jour.   Stitching is good for what you havemettre un chèque dans une enveloppe. un nom sur une autre.

09:41. il y a une limite c’est votre corps c’est la seule moi je ne supporte pas qu’on me touche parfois quand on le fait je hurle.

Agenda Bétonsalon09:35 il était écrit : tout est à vendre. et j’ai trouvé ça triste. il était écrit  qu’avez-vous acheté aujourd’hui? et j’ai trouvé ça triste.

abraham a mis un commentaire. il a écrit : lu. (je n’ai pas trouvé ça triste). je m’arrache.

en fait, j’en ai assez.

je ne lis presque pas de blogs, vous savez.

en ce moment, les gens sont malades ou ont des ennuis. comme moi.

je sors. je vais prendre la 6, puis la 4. je vais déposer une enveloppe chez le dentiste. acheter un agenda. ah oui, il faut aussi que je passe à la poste. j’ai beaucoup marché hier, mes jambes sont fatiguées. il faisait beau. des flics, et la gendarmerie aussi, partout. vraiment partout (manif). ah oui, j’ai cette enveloppe à envoyer au labo. j’ai du travail, j’ai peur. abs a publié quelque chose. je ne sais pas si elle est vraiment partie. si elle est en hollande.  frédéric n’a pas connu mon père et il a l’air de s’en méfier. il a vraiment tort.

contre toute attente le livre que je lis en ce moment me plaît. c’est un livre d’umberto eco. de lui c’est le premier livre que je lis. pas le premier que j’achète (!) un homme a perdu la mémoire. un homme de 60 ans a perdu la mémoire. il ne se souviendrait de rien de ce qui l’a/l’aurait touché. il dit qu’il n’a que des souvenirs de papiers. j’aime assez ses souvenirs et ses re-découvertes. la maison de son enfance pleine d’images. le grenier. c’est bien, un grenier. jules. a demandé à goûter à la maison.

it says everything is on sale.

chez Le Tigre : Tentative de réorganisation chronologique de l’affaire dite « de Tarnac »

treize heures seize. ce matin, j’ai fait toutes ces choses et je n’ai pas donné tous ces coups de fil, que j’ai, à donner.  ah, je ne sais pas pourquoi1 /  il faisait très froid, ensoleillé mais  /  l’a.m.  ça va mieux / aujourd’hui, je le dis, c’est le premier jour du printemps.

qu’est-ce que je pourrais faire à manger dimanche pour ma belle-fille et son ami?

dynamicdata:    ffffound:  Eames at 100: Evolving the Legacy

16:40 jules a préféré gouter chez son copain salomon (au 295 de la rue, soit à côté, exactement,  d’ici.). c’est la première fois qu’il va chez un copain.

But to me nothing — the negative, the empty — is exceedingly powerful

but does it float

(via FFFFOUND! | but does it float)

17 heures 41
i’m just a follower.

i’m just a follower. [ i understand
the world.

oui, je ne sais pas pourquoi. je le vois, le monde. et toutes ces/ses images – je parle aussi de ces images que je reprends ici. et je le comprends.]

je dis ça mais en réalité; je fais partie des gens qui disent  « ah oui, moi aussi! »
je suis une suiveuse.
je dis “ah oui, ah oui, (comme c’est drôle), moi aussi”.
ceci, pour revenir sur ma lâcheté.

à bientôt,

vrm vrm

Notes:
  1. ce qui est totalement faux, je sais. je dis le contraire de c e qui est. il ne faut jamais en avoir fini. []

21 (saturday night)

21:11
bad day ou pas jvais mcoucher déjà
( quand jules met sa main sur mon bras je hurle certainement pas. f au concert, jvoudrais fumer, la gorge me gratte. seigneur keskon a trop mangé. quelle drôle de journée. tout ça parce que c’est si difficile entre f et moi. et probablement entre moi et n’importe quel homme de la terre. fumer me satisferait. no télé tonight (je ne sais pas pourquoi). )
et demain no bouchées (à la reine) car nina a annulé. et demain no bouchées.
21:49
boire alors,beness_1100867088_picon
22:28
video0000j’ai essayé de poster un film. mais ça n’a pas marché. bon. j’envoie le texte qui allait avec:
j’ai filmé ces gens qui m’émouvaient. chacun ces souvenirs. à une certaine époque, j’ai passé vraiment beaucoup de temps dans les bistrots, j’avais seize ou dix-sept ans. beaucoup de temps. je ne buvais pas vraiment, même si c’est là que j’ai commencé, appris. cest idiot. mais lalcool était moins cher que l’eau gazeuze. non pas seize ou dix-sept. 22. je me souviens. lambert, qui me demande mon âge. 22. qui rit. qui dit quelque chose sur les flics. il était à sa table de sérigraphie. alors des gens, comme on en voit là, sur cette vidéo, j’en ai beaucoup fréquentés, j’en ai beaucoup regardés, pendant un an ou deux, nuit, après, nuit. et le jour. 7ce soir-là, il s’agissait d’un fils et 213111de sa mère. d’un « mauvais fils ». il était question d’avocat de prison de coups. il était question de coups donnés à la mère. j’avais d’abord remarqué les baskets et les tennis blanches de l’homme, son pantalon de training, blanc, son air un peu endimanché. « les pauvres gens, les prols ». j’ai de l’amour (ou du bonheur à – regarder – « les pauvres gens, les prols » ). je ne sais pas comment le dire d’une façon qui ne soit pas choquante. le fait de parler des « pauvres gens, des prols ». (parfois, l’amour, c’est seulement ça, regarder; n’est-ce pas. je dis l’amour pour dire que je suis là, que je regarde, et que c’est bien.) je suis tordue. à force d’avoir passé du temps avec eux , moi sans rien dire , juste là. lambert disait il faut savoir pouvoir parler avec n’importe qui. claude lambert . il le faisait. lui. parler. vraiment. avec n’importe qui . parler, de cette façon dont on a envie d’entendre parler des choses, à 22 ans. nina, qui ne viendra pas, demain, non pas ce soir, a 22 ans. belle-fille. quand je parle de ma lâcheté, je sais de quoi je parle. mais à cette époque. je pensais qu’ i l suffisait que je sois là. simplement. c’est ce qu’il me semblait. je n’aurais pas pensé à de la lâcheté. j’étais là, avec ma jeunesse, mon corps, mon silence, ma gentillesse, des hommes me suivaient aux toilettes, me faisaient des déclarations enflammées, j’aimais lambert, je buvais avec lui. parfois, je cachais dans mes poches ses gains au jeu – à la passe (le jeu s’appelait comme ça, jeu de dés, très rapide). parfois seuls à table, parfois seuls à une table, nous regardions le monde, nous pleurions. c’est très étrange que j’aie un jour arrêté tout cela (en vérité pas moi, la police – anti-terroriste – ha ha). une page s’est tournée, tout seule. et ce soir je bois un picon vin blanc. santé, lambert.
half-noise: Postcard sent today
23:22
alors aujourd’hui comme les choses glissaient, dérapaient, prenaient plus de temps qu’elles n’auraient dû, et jules, si fatigué, tout d’un coup, j’ai mangé plus, que d’habitude. ce goûter, dans ce lieu, ce glacier italien où, jy pense, les murs repeints me faisaient penser à l’appartement de ma tante, elle que plus tard, j’ai même cru voir arriver, mais en chaise roulante, plus jeune et en moins bon état. j’ai pris une glace énorme, celle dont j’avais vraiment envie, et une noisette; et je sentais que je pourrais me mettre à faire ça, manger, des glaces, des glaces, et encore des glaces, et tous les jours. je pensais à f. qui allait au concert ce soir, et je me disais, je me mangerai des glaces tandis qu’il ira au concert habillé comme un … régisseur de théâtre belge. mais f. m’a fait remarquer que ce n’était pas dans nos moyens (la glace tous les jours). il, frédéric, m’avait fait pleurer, avant ça, au matin. non pas m’avait fait pleurer, avait fait quelque chose qui m’a fait pleurer alors que je passe mon temps à faire des choses qui me feraient pleurer si j’étais une autre que moi, si ce n’étaient pas moi qui les faisait. jules résiste bien, s’en sort bien. le soir quand nina a annoncé qu’elle ne viendrait pas demain j’ai décidé qu’on mangerait aussi ses chips à l’ancienne, sa bouteille de… picon. jules a dit tant pis pour nina. j’ai dit oui. il y a pourtant tellement d’expositions que j’ai putain envie de voir. il ne faut plus aller à la bibliothèque le samedi après-midi, et à trois en plus. j’avais pensé que ce serait bien. maintenant voilà je vais continuer de livre le livre d’umberto eco. la mystérieuse … de loana…
comment cette semaine a-t-elle pu être si fatigante. pourquoi faut-il que j’aie toujours ce sentiment de faire des choses héroïques. j’exagère. tout ça pour oublier que quand on me touche je hurle. revenir sur cette phrase, la sélectionner, la mettre en italiques. les très incroyables rêves de cette nuit. les très incroyables rêves de cette nuit !!!! sauvée tout de même par un homme, très costaud. mon enfant aussi, je crois, sauvé (ou pas?). sauvés par un homme très costaud qui aurait m’achever taillader mettre en pièces et qui ne le fait pas – mon charme – envers et contre le monde qui le lui a commandé pourtant. f. dans ce rêve me trahit. dans ce rêve, eh bien, et pour la première fois de ma vie : le monde entier se retourne contre moi (parce que je ne veux pas participer à une mascarade de relation sexuelle rapport sexuel mise en scène spectaculaire et ridicule comment suis-je arrivée à la dénoncer démontrer démonter,  m’y soustraire, soustraire f et mon enfant, car ces salauds, aussi mon bébé, tâchaient de l’inclure, dans le spectacle rince-l’oeil atroce et télévisuel mais en direct, pauvres cons – car ils la voulaient, leur mise en scène, leur spectacle de merde
enfin, je me suis enfuie, je montais dans un ascenseur, ha ha, j’allais occuper l’appartement, où je ferais je ne sais quoi dont je me réjouissais à l’avance. non, je n’ai pas l’habitude d’avoir le monde contre moi, entier. mais je me suis réveillée, ou jules m’a réveillée.
avoir le monder entier contre soi un monde de cons de salauds et être seule à avoir raison, être vraiment la seule à avoir raison. exaltant et fatiguant. le petit bébé, lui par contre, éliminé.
ici et là, jamais maintenantici et là, jamais maintenant

23:41
je ne sais plus ce que je voulais dire.
23:45
je me suis un petit peu fait draguer au cours de miller mercredi. mais je suis un peu plus jolie cette semaine. je ne sais pas pourquoi. je ne sais plus ce que je voulais dire. au fond, jtrouve que la vie cest de la saloperie.
23:52
si on se regarde dans le miroir et on se dit tiens cest ok, évidemment la vie est un peu plus facile. il lui dit je sais pourquoi les gens aiment tes livres tu n’écris que pour toi-même n’est-ce pas, tu n’écris que pour toi-même. il est totalement affolé par ce qu’elle fait, par son travail, ce qu’elle est. tu te fais terriblement plaisir, tu ne penses à personne . elle répond je ne sais pas, oui peut-être. je ne sais plus où j’ai entendu ce dialogue. pour ce qui est de me trouver un peu mieux que dhab dans le miroir c’est totalement incontrôlable, pour ma part, depuis toujours. surprise, à chaque fois. pour le meilleur ou pour le pire.
00:24
je suis un miroir. je m’arrache au monde perpétuellement il me semble. je m’arrache au monde. je ne suis pas très attachée à la véracité de mes phrases. pas plus qu’à leur vérité. comme elles me viennent comme elles sonnent comme elles me plaisent.  ce que je ne ferais pas pour éviter f, à cause seulement de. parfois, des histoires viennent, non invitées. ex/ j’entends une voix me dire (imaginaire, la voix) fais attention, tu pourrais le perdre. rapport à cette situation où f. sort tout le temps. tout le temps est totalement exagéré, c’est l’histoire qui s’invite, de ça que je parle. ce à quoi je pense : fais attention, tu pourrais le perdre, je sais que ça n’a strictement rien à voir avec ma situation, avec notre situation. mais voilà, cette histoire s’invite, vient se greffer à la situation. cette histoire toute faite et si souvent racontée de par le monde. je ne suis pas claire. j’ai l’impression d’une histoire qui remonte jusqu’à autant en emporte le vent. oui, qu’il l’emporte, le vent. qu’il l’emporte. je crois pourtant que f. ne fait pas suffisamment attention. en vérité, c’est plutôt ça. l’inverse.

chou, genoux

o_mann_10

o_mann_4

(The physically divided are also the conquered and the controlled) becca mann:née à los angeles en 1980 où elle réside_img 1 : Seascape, 2008, Graphite on paper, 28.6 x 29.8 cm ; img 2 : April, oil on canvas, 60 x 60 cm

[24 mars, 10 h. 59m.] j’ai expliqué à jules qu’avant1 les gens s’agenouillaient pour prier dieu. et que, petite, il m’arrivait donc, parfois, de m’agenouiller. je lui ai montré comment. en échange et contre toute attente, il m’a demandé comment il fallait faire pour devenir dieu. je n’ai su que répondre. je lui ai conseillé de demander à son père.

je garde de ma foi religieuse le goût de la prière aux lieux d’abord où elle était douce – où elle est un acquiescement et donne à votre corps cette figure du deux qui est une posture juste et correspondant à une vérité. je garde d’elle son sens de l’au-delà, sa connaissance du désir. le goût du rien (un évanouissement, etc.)

(et parfois jules et moi nous payons-nous une petite tranche d’agenouillement, à deux, au sol, nous dessinons. je dis ça, c’est juste pour l’image. au delà, rien. j’ai bien conscience que cet enfant me rend souvent très heureuse. je me doute que cela ne durera pas. à seize ans, moi-même, j’a i hurlé à ma mère, dans les escaliers, dans la cage d’escalier, que je la haïssais.)

Notes:
  1. évidemment, c’est une sorte de facilité de parler ainsi, de parler d’avant []

la tentée du futur antérieur

« Autrement dit, l’homme de la reprise ne s’estime pas posséder sa propre consistance ontologique, il ne vise donc pas ce qu’il sera mais ce qu’il aura été, il vit au futur antérieur. Il y a pour lui, quelle que soit son activité, une fidélité à lui-même, c’est pourquoi il lui est possible de regarder le passé comme relié à son présent : parce que ce qu’il a entrepris dans le passé composé ce qu’il est, cela peut soutenir son propre sens sans illusions sur sa propre essence toujours déjà inscrite sur le fonds de l’absence ontologique de sa propre mort révélée dans et par l’ennui.« 

oui, j’aurai souvent vécu de ce point de vue là, ou dans sa tentation, du futur antérieur, du point de vue d’après ma vie, de bout au bord de ma tombe.

(t uvois, je te cherche frédéric, et je tombe sur moi.)

ennui, angoisse, divertissement et futur antérieur

non, je connais pas l’ennui, mais je connais l’angoisse. et si je me divertis, c’est pour la vaincre elle. (probablement n’aurai-je pas beaucoup plus que du mépris pour ce qui me divertit).(futur antérieur, point de vue du mort. comptant sur ce qui là, enfin, se fige. se figerait).

(point de vue du suicidé, aussi: de l’attentatée du suicide. tentée, ratée, du s. de ce que l’on dirait du mort, de la morte. )

MON, MES

MON, MES. Le bon usage ancien recommandait un recours aussi parcimonieux que possible au pronom possessif de première personne, surtout lorsque le substantif qu’il introduisait pouvait paraître flatteur pour le possesseur : mon livre, mon éditeur, ma voiture, ma femme, mon notaire, mon château, mon tableau, mon argent, mon avenir, etc. Bien entendu il ne s’agissait pas d’une interdiction absolue, qu’il eût été impossible de respecter. Mais même d’assez longues périphrases étaient excusables dès lors qu’elles permettaient d’éviter le possessif : le livre pour lequel vous avez bien voulu m’inviter, l’éditeur de ce livre, le notaire auquel je me suis adressé, le tableau dont je vous ai parlé, l’avenir…
Quand dans mon bouquin j’me mets à parler de mes droits d’auteur, mon éditeur il a un peu tiqué, forcément.
Alors moi mon opinion sur la question elle est bien simple, et j’crois qu’dans mon livre je peux pas être plus clair : ma réponse elle est non etj’vais vous dire pourquoi.
Renaud Camus, Répertoire des délicatesses du français contemporain, Points.



photo0327 25/05/2009 photo0328

ELITES

ÉLITES. Le terme élites, presque toujours employé au pluriel  désormais, et dans un sens le plus souvent péjoratif, s’est mis à recouvrir en France, environ le tournant du millénaire, les réalités à première vue les plus inattendues, et les plus éloignées de ce qu’il avait pu désigner dans le passé (alors qu’on s’en servait plutôt au singulier,  il est vrai).
C’est un pont-aux-ânes de la pensée socio-journalistique en place que de déplorer la coupure croissante, d’après elle, qui séparerait la masse et les élites. Or on pourrait procéder avec tout autant de pertinence, et peut-être davantage semblerait-il, à l’analyse exactement contraire, dont il ressortirait qu’en le domaine culturel, à tout le moins (et il était par excellence le terrain d’élection de l’élite), une grande unification est en voie d’achèvement, dans la société française, avec pour résultat qu’il n’y a plus d’élite, ni même d’élites.
Continue la lecture

nouvelles pièces et hasard des rencontres


retour vers : les origines de la guerrePour réviser votre leçon : retrouvez les mots manquants du résumé.

2. La « Grande Guerre »

Les deux camps en présence :

D’un coté:Les Empires ………………… avec l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Bulgarie et la …………. Ils sont ……………….. par l’autre camp et vont devoir combattre sur deux ………….. . Leurs liaisons maritimes avec le restant du monde sont coupées par le ………………. maritime anglo-français.

De l’autre :

L’………………….. avec La France, le Royaume-Uni, la Russie, la Serbie, rejoints par l’…………… en 1915. La Russie est ……………. de ses alliés. L’Entente conserve ses liaisons maritimes.

La guerre peut se diviser en trois périodes:

(livre pages 22 et 23)

·1914: l’échec de la guerre de mouvement.

Chaque camp prévoyait une guerre ……………… de mouvement. (définition guerre de mouvement: les armées se combattent en se repoussant profondément sur de grandes distances.)

Par un vaste mouvement tournant l’armée allemande envahit la …………….. puis la ……………. (plan ……………………) d’août à début septembre. Mais l’invasion allemande est arrêtée par la bataille de la ………………. (6 au 12 septembre). Fin novembre une ligne continue de ……………. se stabilise de la mer du nord à la Suisse.

· De 1915 à 1917 trois années de guerre de position.

Les forces des armées ennemies s’……………………. . Aussi les armées s’…………………. sur place et fortifient leurs positions pour tenir (c’est la guerre de ………………….).

A plusieurs reprises des ……………….. sont lancées pour …………… le front ennemi, mais ce furent toutes des échecs sanglants. La plus terrible bataille eut lieu à ………………. de février à juillet 1916.

La guerre qui se prolonge affaiblit surtout les ……………………………………. dont le ravitaillement est coupé par le ……………., mais aussi la …………. qui est isolée.

L’année charnière 1917 : Après leur échec sur Verdun, les Allemands décident alors en janvier 1917 la guerre ……………………………… pour couper le ravitaillement des Franco-Anglais, mais cela entraîne l’entrée en guerre des …………………… (6 avril 1917). Chaque camp est épuisé par le conflit, grèves, ……………………….. se produisent dans chaque camp en 1917. En Russie, la ………………………….. renverse le régime et amène l’arrêt des combats en décembre 1917.

· 1918 : reprise du mouvement et victoire alliée.

Débarrassés du front russe, les Allemands reportent toutes leurs forces sur le front ……………… pour tenter d’écraser les Franco-Anglais avant l’arrivée des …………………… . Mais leurs offensives sont contenues et à partir de juillet sous le commandement du général ………….. avec les renforts américains et les .…………. les Allemands sont contraints au repli et abandonnés par leurs alliés, doivent signer l’……………………… le ll novembre 1918.


marmitage.

2994

panique. aveugle.

le contexte : oublié de prendre mon deroxat hier soir. mis un patch pour ne pas fumer. lu un livre qui m’a perturbée (TD). jules à la maison. qui plus est plus de prescription de deroxat, et plus de deroxat, obligée de fouiller dans papiers. et dois travailler.

présence de jules augmente désordre et sensation de désordre.

to do today (contre l’angoisse, je liste)

  1. retrouver prescription (ou faut-il en france dire « ordonnance »? doute (qui) ajoute au trouble)
  2. re-coiffeur jules
  3. nous habiller (seins nus – à chaque fois que je passe devant fenêtres – embêtants; ah, ah, mettre des rideaux aux
  4. préparer à manger

3012

panique passée. belle chaleur. nue. taches de sang sur pij. avancée du jour. passe à l’habillement.

l’habillement etcaetera (ce qui va, avec).

(cette indécence : ) une tête passée au travers de la fenêtre. l’angoisse passée dans  mini-moulinette de quelques phrases, à peine  – un signe)

(aujourd’hui c’est vendredi)

(ce que ta langue a dit, c’est avec mes oreilles que je l’ai entendu)

pénible vendredi. i hate FREI-DAYS. talk to me not about freedom. for freedom is where i die, where i loose arms and legs, fall, like in a hole). (so talk to me not, never, more, about it. the one who gives me conditions

pina bausch est morte cette semaine. aveu : la danse est mon vrai regret. mais non, faux, elle aussi, aurait constitué une impasse.

Deucalion et Pyrrha : Métamorphose de pierres en humains (1, 313-415)

« Éloignez-vous du temple,
voilez-vous la tête, dénouez la ceinture de vos vêtements
et jetez derrière vos dos les ossements de votre grande mère. »

Ils restèrent longtemps interdits. Et Pyrrha, rompant le silence,
prend d’abord la parole ; elle refuse d’obéir aux ordres de la déesse
et d’une voix tremblante implore son indulgence : elle redoute
d’outrager l’ombre de sa mère en jetant ses os en tous sens.
Cependant, tous deux repensent aux paroles obscures de l’oracle
au sens secret et caché ; ensemble ils les tournent et les retournent.
Puis le fils de Prométhée apaise la fille d’Épiméthée
et la rassure par ces paroles : « Ou mon intuition m’abuse,
ou les oracles respectent la piété et ne conseillent pas un sacrilège.
La grande mère est la terre ; les pierres dans le corps de la terre,
ce sont, à mon avis, ses os, que nous devons jeter derrière nous. »
Bien qu’ébranlée par l’interprétation de son époux, la Titanienne
hésite cependant à espérer, tant tous deux restent défiants
devant les avis des dieux ; mais quel mal y aurait-il à essayer ?
Ils descendent, se voilent la tête, dénouent leurs tuniques
et sur leurs pas, derrière eux, selon l’ordre reçu, lancent les pierres.
Ces pierres – qui le croirait, si l’antiquité n’en témoignait ? –
commencèrent à perdre leur rigidité et leur raideur,
à ramollir progressivement et, une fois ramollies, à prendre forme.
Bientôt, quand elles eurent grandi et pris une nature moins dure,
une certaine forme humaine put sans doute apparaître,
non évidente toutefois, mais comme des ébauches de marbre,
pas assez achevées et très semblables à des statues grossières.
La partie de ces pierres pourtant, constituée de terre mêlée
à des sucs humides, est métamorphosée pour servir de corps ;
la partie solide qui ne peut être pliée se change en ossements ;
ce qui naguère était veine, reste veine, et conserve donc son nom.
En très peu de temps, par la volonté des dieux, les pierres
que lancèrent les mains de l’homme prirent un aspect masculin
et celles jetées par la femme firent reparaître une femme.
C’est pourquoi notre race est dure, rompue à l’effort ;
et nous prouvons ce qu’est l’origine de notre naissance.

OVIDE, MÉTAMORPHOSES, LIVRE I [Trad. et notes de A.-M. Boxus et J. Poucet, Bruxelles, 2005] L’humanité renouvelée (1, 253-415) Le déluge

Désormais dit seulement.

et en septembre en général ça se passe mal

ne pas rater sa rentrée

(dire que pour jules ça ne fait que commencer) (quelle horreur)

de vouloir. Inapaisable vain mini-
mum de vouloir encore.

  Voudrait que tout disparaisse.
Disparaisse la pénombre. dispa-
raisse le vide. Disparaisse le vou-
loir. Disparaisse le vain vouloir
que le vain vouloir disparaisse.

  Dit est mal dit. Chaque fois que
dit dit dit mal dit. Désormais dit
seulement. Désormais plus tantôt
dit et tantôt mal dit. Désormais dit
seulement. Dit pour soit mal dit.

  Retour est encore. Tant mal que
pis encore. Désormais retour seu-
lement. Désormais plus tantôt re-
tour et tantôt retour encore. Dé-
sormais retour seulement. Retour

              48
cap au pire

tourvel, à la fin des liaisons dangereuses, « alors ce sera la guerre » / moi aussi je choisis la guerre / et regarde dans quel état j’R.

je pourrais dire en septembre je m’inscris à un  cours de danse / je DEVRAIS dire en sept … SEPTEMBRE, l’enjeu d’apprendre

je ne m’inscrirai pas car / et puis / pas d’argent. j’inscrirai jules : je fais le mal. je vois le mal partout. le mal est partout. mais à quoi bon dire que je m’inscrirais puisque je ne m’inscrirai pas.

« de la jouissance on peut toujours dire en latin : non decet – elle ne convient pas. la seule qui conviendrait serait celle du rapport sexuel, qui n’existe pas. » (jam, cours du 3 juin 2009) la cause de tous mes ennuis.et donc, je pourrais aussi bien faire de la danse. puisque cette jouissance ou une autre : quoi qu’il en soit non decet. je ne suis pas celle qui fera advenir celle qui decet. enfin, continuerais-je à m’occuper d’amour plutôt que de danse, je serais toujours plus proche, non, de la jouissance-qu’il-faudrait. est-ce ce que je dois m’ôter de la tête?

je ne serais pas devenue psychanalyste parce que je pensais qu’il aurait fallu qu’au moins je sois au clair avec l’amour : ce qui n’est pas le cas. se mettre au clair avec l’amour : pour moi l’enjeu d’une psychanalyse.

qu’l’air ? de l’amour qu’l’air / qu’l’R comme de l’eau de roche.

mon amour n’en a pas tout l’R.

« reste l’amour, que Lacan n’arrache pas à sa racine imaginaire quand il dit que l’amour donne l’illusion du rapport sexuel. C’est ce qui distingue, en propre, la jouissance de l’amour. Il y a une jouissance à parler d’amour, il y a une jouissance à faire l’épreuve de l’amour, il y a une jouissance à écrire des lettres d’amour – ou des mails évidemment – et cette jouissance-là est celle qui, à la fois, est la plus loin et la plus proche, topologiquement, du rapport sexuel qui n’existe pas. » (jacques-alain miller, cours du 3 juin 2009)

par ailleurs

alors pervers /névrosé c’est pareil, c’est jouissance substitutive à « celle qu’il faudrait », jouissance qui se substitue à « celle qu’il faudrait » – seulement chez l’un c’est conscient, chez l’autre pas – inconscient. (d’après milR, 3 juin 09)

ce n’est pas comme si le fait que vous me connaissiez encombre des milliards de panavinengen

paris, 14 juillet

trop de télé hier

aujourd’hui : rien d’autre que du ménage – tandis que je me promettais d’écrire ce que j’avais fait hier. mais pourquoi au fond, écrire,  je ne sais plus.

il y a deux nuits, rêvé qu’on m’avait volé ma selle (?) – la selle de mon vélo, je précise. je voulais m’en aller, m’enfuir, retrouve mon vélo : mais il n’a plus de selle.

étions à donn. ce week-end.

SNV80151-1024

quelques longueurs dans la piscine, du bonheur. manger parler boire et (… grossir). peut-être que nous faisons tous des efforts et ces efforts s’avèrent faciles. des efforts pour être gentils. pour faire attention les uns au autres.

la nuit de samedi à dimanche je me réveille en pensant au fait que si on inscrivait jules à l’école alsacienne comme le souhaite son grand-père, il souffrirait de ce que nous le surclassions.  pourquoi l’inscrire là ? lui offrir toutes ses chances ? lesquelles ? quelle elle est sa classe sociale ?  (existe-t-il une classe sociale qui n’aime pas spécialement l’argent? l’intelligence est permise dans toutes les classes sociales, non ?)

c’est f. qui me m’avait fait remarquer que l’ENS était réservée à une certaine classe sociale – dont, me disait-il-il, nous ne faisons pas partie.

si on l’inscrit dans cette école, il souffrira parce qu’il n’aura pas les vêtements qu’il faut – parce que nous ne les lui offrons pas, que nousne lesaimons pas et que nous n’en avons pas l’argent -, mais aussi parce qu’il n’aura pas l’accent qu’il faut, le discours, les façons, les manières, et les vacances, les voyages, la voiture, les maisons…

est-ce qu’il n’est pas trop petit pour être confronté à tout ça? et en même temps, là où il est, ça n’est pas non plus son « milieu social ».

paris 15 juillet

piscine de paris aujourd’hui. bonheur encore et facilité. seule une phrase me reste du rêve de cette nuit : ce n’est pas comme si le fait que vous me connaissiez encombre des milliards de panavinegen. est-ce qu’on ne dirait pas que ça veut dire quelque chose? pour la dire, il faut « aspirer », « avaler »  le « g » de « panavinegen ». ce n' »st pas un « g » dur, c’est un « g » belge, flamand.

où il sera entre autres question du vendredi seize

mercredi 15 juillet 2009 Bien sûr ce serait mieux de décider le matin de ce que je ferai dans la journée. Et de m’y tenir, je m’y suis (tenue) : j’ai été nager. C’était bon, l’eau. Trois euros. Prendre un abonnement de trois mois? Or/Mais je sais que la fatigue consécutive à l’effort physique m’exaspère. Ce rêve de discipline.

+

De Thierry Levy l’avis sur cette importante affaire  :

La loi, rappelons-le, ne permet pas à la partie civile de faire appel d’un arrêt de cour d’assises. Dans cette affaire, le parquet fait appel sur un ordre du gouvernement que celui-ci a cru pouvoir donner en interprétant de manière extensive les dispositions légales qui lui permettent d' »enjoindre au ministère public d’engager ou de faire engager des poursuites » (article 30 du code de procédure pénale). On crée là un précédent.
[…]
La garde des sceaux n’a pas assisté aux débats, elle n’a entendu ni les parties, ni les témoins, ni les arguments échangés. Sa décision, allant à l’encontre de celle du ou des représentants du ministère public, s’est évadée de la réalité concrète du dossier, a pris un caractère nécessairement politique. Il ne s’agit pas, pour la ministre, de maintenir une cohérence dans une politique pénale, mais de remplir les exigences d’une partie privée. Les parties civiles auront désormais la voie ouverte pour s’adresser au gouvernement quand les décisions de cour d’assises ne leur plairont pas, ce qui est inévitable dans un très grand nombre de cas.
[…]
Ce précédent les invite à contourner, par la voie politique, la loi qui leur interdit de faire appel. La politique des intérêts particuliers s’est introduite dans les prétoires.

Thierry Lévy est un avocat pénaliste du barreau de Paris. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de réflexion sur la justice, dont Eloge de la barbarie judiciaire (éd. Odile Jacob, 2004) dans lesquels il dénonce « la pandémie victimaire« . Son dernier livre est un court essai provocateur intitulé Lévy oblige (Grasset & Fasquelle, 2008).

"L'arrêt rendu est exemplaire à tous points de vue. Il a suivi certaines de mes réquisitions à la lettre et, pour les autres, il a respecté la hiérarchie des responsabilités que j'avais proposée", estime Philippe Bilger, l'avocat général.

+

+

jeudi 16 juillet, voilà, c’est aujourd’hui l’anniversaire de ma mère. de cela je suis sûre.

+

rien, c’est encore trop

faut-il dans la répétition chercher l’éthique / dans la répétition seulement le sens a du sens / le sens n’a de sens que dans la répétition;  là,  il tourne en rond / saisissable dès lors / la jouissance se saisit depuis la répétition / la répétition seule peut faire cause d’une éthique où la certitude fasse foi / puisque le réel est toujours à sa place, cela n’a pas de sens de chercher du sens / sinon dans la répétition

la répétition est ce qui fait obstacle au n’importe quoi / aux mots on peut faire dire n’importe quoi – d’où le doute

on souhaiterait que le sens fût courbe ; or / qu’est-ce qui cependant indique que son objet fût sphérique ? la répétition, l’aller-retour de la répétition. et pourtant on ne le  voudrait pas qu’il fût sphérique. qu’il tînt en un point(g) / c’est pourtant ce qui le donne comme ex-sistant. il n’y a de sens que symbolique. à foison. l’erreur du sens étant toujours de se donner pour définitif. l’erreur du sens quand il recherche la vérité.  excepté dans la répétition, le symptôme. cet incurable.

se dépouiller de l’air d’éternité propre au symbolique. par quel moyen?

une chose sûre : rien c’est encore trop / s’accorde à dire le dit / mais pas la jouissance. qui elle s’en satisfait de ce rond objet.

particules. tourbillons de sable, tourbillons de sable.

ha ha ha !   = Expression familière par laquelle on se moque de grands raisonnements qui ne concluent rien.

+

+

je me suis rendu compte que nous étions le 16 quand j’ai voulu écrire ici. le seize a  alors résonné comme étant la date de l’anniversaire de ma mère. je n’ai pas ce moment-là à proprement parler réalisé que nous étions jeudi et non pas vendredi, ainsi que je le croyais. pensant que nous étions vendredi aujourd’hui, j’avais décidé hier que je n’irais pas à la piscine aujourd’hui vendredi, je veux dire le lendemain, puisque j’avais ce jour-là, rendez-vous à midi avec mon psy. comme donc, je m’apprêtais aujourd’hui à partir chez mon psy, avant que d’avoir pris le temps de téléphoner à ma mère pour lui souhaiter son bon anniversaire du seize et après que je ne sois pas allée à la piscine, j’entendis, dans ma tête, que nous étions le seize et que le seize ça ne résonnait pas comme ce que j’avais retenu, comme résonance, pour la date de mon rendez-vous. mon rendez-vous sonnait en 7, en sept. et c’était un vendredi, cela était sûr. c’est alors que je vérifiai une fois encore et pour toutes la date : jeudi 16 – dégoût total.

et dans mes oreilles encore la voix du jeune xxx dans ce film de la collectionneuse de rohmer que j’ai vu en 3 fois, sur YouTube,

L’école, les filles, Lacan

SNV80190

SNV80191

SNV80193

SNV80194

SNV80198

première promenade à b.
en sortant de l’hôtel.
le 25 ou le 26 juillet.

01.08.09

Malheureusement premier août 2009. Rentrés hier de Berlin.

Rêve de cette nuit  :

[ Dames de Marie / École / Lacan / ( Complot) ]

L’action se tient à l’Ecole des Dames de Marie. Ma classe fomente un complot contre Lacan. Je ne sais plus exactement sous quelle forme. Peut-être s’agit-il d’un écrit. Lacan est le fondateur de l’école, qui n’est pas une école de psychanalyse mais l’école d’enseignement secondaire1 qu’elle était. Les filles sont très remontées contre Lacan. Ma mère est des leurs ! Elles  me tancent, me prennent à partie parce que je ne suis pas d’accord avec elles. Une autre femme est de mon côté, mais qui se tient à l’écart. Je leur demande : « Mais si je suis contre vous, voulez-vous vraiment que je sois avec vous? » Elles me répondent que oui, qu’elles préfèrent que je reste avec elles même si je ne suis pas d’accord avec elles. Je m’éloigne, je réfléchis. Dilemme. Je reviens. Je les entends. Leurs propos me paraissent décidément insupportables. Il est question de l’argent que Lacan gagnait. Il me semble que je dois me séparer d’elles. Je le leur dis. Je m’enfuis pour les dénoncer. J’arrive dans le hall d’entrée de l’école. Je crie « Au secours », je crie en direction du bureau du directeur, qui serait Jacques Lacan, vers le haut, puis, vers la loge de la concierge qui s’ouvre, que je pénètre. Elle est emplie de psychanalystes. Je leur explique ce qui se passe, ce qu’elles ont l’intention de faire, ce qu’elles reprochent à Lacan (argent, folie, etc.). Ils n’ont pas l’air inquiet. Je leur explique qu’on ne peut rien faire contre elles, qu’on ne peut leur mettre aucune pression parce qu’elles sont en dernière année, qu’elles attendent leurs résultats, leur diplôme, et qu’ensuite ce sera les vacances, ce sera fini.

Ils me font sortir. Anne-Marie, ou Anamaria, vient à ma rencontre. Elle me propose de se marier avec moi pour m’empêcher de parler, de les dénoncer. Elle est pourtant déjà mariée avec Carine. Comme j’ai peur d’elles, de leurs représailles, je lui dis qu’ils s’en foutent, qu’ils ne feront rien (alors que je n’en suis pas si sûre). J’explique à Anne-Marie que je lis Lacan depuis 10 ans, que lui seul compte, lui seul et la psychanalyse. Comptent plus que ma famille. Ces propos qui m’apparaissent un peu comme des aveux me surprennent moi-même.

Elle me dit qu’elles vont tout faire contre lui, qu’elles ont même prévu de publier un journal une fois par mois, dans ce but.

Plus tard, je suis couchée sur le ventre dans le hall (froid, marbre) (la sphynge). Un homme se couche sur moi, je ne vois pas son visage, je sais pas si je le connais ou pas. Je n’arrive pas à me dégager. Il me baise. Je me rendrai compte ensuite qu’il  s’y prend de la même façon avec beaucoup d’autres femmes. C’est un psychanalyste.

~

Je suis assez perdue, là et me sens bien en peine du moindre engagement. Oui, tout engagement me paraît précisément impossible. Nécessaire et impossible. Indispensable mais impossible. Comment faire sans m’engager? Septembre deviendrait le mois de l’engagement. Comme si le moindre engagement comportait son contraire, sa trahison. Comme s’il était de sa nature même d’être trahi. Je parle ici de l’engagement dont je semble faire montre dans ce rêve, vis-à-vis de Jacques Lacan. Mais que je vis comme une trahison, vis-à-vis des filles.

L’engagement, la résolution, à quoi s’en tenir?

Dans le rêve, je dis que la psychanalyse est toute ma vie – et je m’en étonne. Je ne sais pas si c’est vrai, mais en même temps, ça me paraît la raison, la vraie raison, la bonne raison. « Tu quitteras père et mère. »

Aucun engagement qui ne comporte sa propre trahison. Et la trahison risque encore d’être l’engagement.

Notes:
  1. « Humanités » en Belgique, à cette époque. []

Berlinpinpin (que je peigne peigne peigne)

Premier août 2009 – 23h59

Disais donc pas trop contente d’être revenue de Berlin.

A Berlin fort impressionné par une exposition Ici les noms des peintres dont je ne me souviens pas.

Berlin / couleurs
Paris / gris

Ce soir, F nous emmène boire un verre tous les 3
dans sa gentillesse nous invite à boire un à verre à
Bastille. C’est pour faire « façon-Berlin ».

Passés à Châtelet (Les Halles) aussi. Là, il dit : A Berlin ça nous aurait plu. Faux faux faux je lui moulin mullerdis que non.

Une exposition sur les rêves.
Une exposition sur les rêves.
Que je trouve si belle. J’achète le catalogue. Quel est le nom de ce peintre?
A Berlin, pensé alors que ne  ferais plus du tout d’internet, plus rien sur un ordinateur, plus rien qui soit « … » mot qui manque

pensé que
je ferais volontiers de la peinture.

Mais, comme je le disais ce matin, impossible d’en seulement former le projet (l’engagement, la trahison).

Je n’ai plus confiance en moi. Et ce « comme mon père ». Père Jacques. Frère Jacques.

Pensé alors – je ne ferais de la peinture que parce que j’en ai envie, que parce que cela me plaît. Je voyais les peintures, et il me semblait que c’était cela qu’elles me disaient. Qu’elles ne pouvaient avoir été peintes dans d’autre optique que celle-là.

ERNST . MAX . (le nom!)

est-ce qu’on ne pourrait pas faire cela. Peindre vraiment n’importe quoi, pour le seul bonheur de peindre. J’ai pensé aussi, plus tard : l’étude. L’étude, l’effort, l’application.

~

Mais à Berlin aussi partout l’histoire et la nation et le passé et la guerre – et l’histoire inventée et l’histoire réinventée – et l’histoire scénarisée, mise en scène, enjolivée – et l’histoire qui n’est pas avalée. Oui, trop d’histoires (dont tous, touristes, de tous pays semblent friands) et trop de touristes pour les gober. Et encore trop et trop de bonne conscience (mur, stasi, monuments commémoratifs, tout mélangé).


Mais les bars si conviviaux et les plantes et les jardins.


La ville s’appliquait à se mettre en bière. Se couvrir d’un saint suaire. C’est ce qu’on se dit parfois. Dans les chemins trop touristiques. Que la ville va vers sa fin à faire commerce de son histoire. Et qu’elle sert une politique qui n’est que capitaliste. C’est ce qu’on se dit parfois. J’ai pu me le dire au bord des larmes. La ville existe tellement fort. Tellement occupée à cela, à s’affirmer, ou qu’est-ce qui cherche à s’y affirmer, apparenter – capitalisme, capitalisme, capitalisme. Il a dû se passer quelque chose, là. Tout de même. Je ne saurai probablement pas quoi.


Mais les bars si convi


Nous étions au Grand Hôtel Esplanade. Dans le quartier Diplomatique.

Nous y avons nagé aussi, aussi souvent que possible, à la piscine. Pour Jules.

C’est vrai que j’ai acheté le catalogue de cette exposition que j’aimais tant.

Fumé, délicieusement. Jamais plus de 2 cigarettes. Et sur la terrasse de l’hôtel. Bu. Mangé. Acheté une robe, une belle robe. Et je suppose que j’ai
beaucoup grossi.

~

Ce soir vu « L ‘audience» de Marco Ferreri. Long beau. Je voudrais tout savoir de ce film. D’une façon générale je voudrais savoir plus.

audience-1972-04-g

l’école les filles lacan saint et martyr lacan j’ai quelque chose à te dire

(suite)

Le rêve de cette nuit : Ce n’est pas la première fois que je rêve du « martyre de la psychanalyse, de Lacan ». Pourquoi est-ce que je la vois comme ça, la psychanalyse, je le vois comme ça, Lacan : réprouvés, honnis.

 » Celui qui n’est pas avec moi est contre moi. «  Christique?

la Passion de la psychanalyse.

La psychanalyse selon Saint Lacan. A la place de la directrice d’école. Mais quelle était son nom à elle, Mme Janssens ?

Le complot. Pourquoi faut-il qu’elles complotent, elles?

Il n’est pas dit que j’étais tant que ça un homme dans le rêve. Il ne s’agit que de femmes, et les femmes se marient entre elles voilà tout. Karine et Anne-marie. Les Dames de Marie. Une école pour filles. Fondée par mon arrière-grand-oncle, chanoine (!)

La directrice m’aimait bien. Mais pourquoi?

Lacan, L’Ecole, les Filles. Ma mère avec elles. Moi contre elles (!)

– On préfère te savoir avec nous, même si tu es contre nous.

(où il est question de l’assomption de son propre sexe)

– Mais je suis contre vous !

Elles, qui complotent contre Lacan, Moi, qui les trahis.

Cette souffrance de les trahir et cette horreur d’elles (cloaca femina, horror feminae horreur de ce qu’elles disent, pensent – leur dénonciation stupide.

Dans le hall d’entrée, je crie, vers le haut : « Lacan, Lacan, j’ai quelque chose à te dire« 

~

Les Berlinois mangent et boivent beaucoup.

~

« L’impossibilité du fer »

duchamp-peigne-fer

~

Des jeunes se baladent une bouteille de bière à la main.

~

Changer d’habitude.

l’école les filles lacan l’impossibilité du fer = le génie

02.08.09

Mme Jenaerts  Jenaerts / S. Jennarts, je crois que c’est plutôt cela, son nom, à la Directrice.

1h50 – je n’arrive pas à dormir.

Jenaerts comme Arzt –> médecin, mot vu en Allemagne sur des façades.

Recherche sur google, c’est Madame Jennaert.

ça se prononçait gêne-art ou encore   je-narre

Lacan/ gêne-art, Lacan / je-narre

Jennaert –> Je venais d’écrire à Jenny /  qui nous avait autrefois expliqué que son nom, ça voulait dire Génie (en grec) / et je n’étais donc pas sûre de la façon dont « Jenny » s’écrivait – et je n’en suis toujours d’ailleurs pas, sûre.

revoilà ma chère lettre G

Lut – G – ar – de

mais pourquoi la trahison des filles le choix du génie

je trahis donc elles complotent

génie je nie  donc parano

lecolelesfilleslacan

anne et jp ; le travail qu’elle ne fait pas et celui que je ne veux plus faire ; l’amour pré-génial

02 08 09

L’amour pré-génial

Cette nuit, rêvé d’AW et de JP. JP est mon frère. Anne W  fut un moment ma meilleure amie. oui, je l’aimais vraiment beaucoup beaucoup. travaille comme psy au C. et était chez l’analyste chez qui je suis maintenant.

1/

Je dois travailler pour JP, il m’engueule du fait de mon retard et de ce que toutes les idées, dans le travail, dit-il, viennent de lui. C’est faux. Je lui raccroche au nez, lui disant que dans ce cas, c’est terminé. J’essaie d’expliquer ce qui vient de se passer à mes parents. Je pense lui envoyer un mail pour lui dire que c’est faux, que les idées ne viennent pas de lui, mais de moi, mais je renonce.

2/

Veux voir Anne W. Sors pour la chercher, suis rue Waelhem (rue de mon adolescence, où habitais avec mes parents et mes frères, à Bruxelles). Au bout de la rue, Anne m’appelle. elle a l’air en forme. Avec d’autres (collègues analystes), ils préparent le prochaine colloque (titre du colloque :  « Le rapport sexuel qui n’existe pas« . Je suis étonnée (de ce qu’elle fasse ça. j’ai honte, mais dans le rêve, je m’étonne de ce qu’elle soit arrivée à ça, à travailler à un colloque, à travailler avec des analystes, ce à quoi, je ne suis pas moi, arrivée). Elle me dit : « Oh! mais tu sais, il y a toujours beaucoup d’intendance. » (soit, oh, mais sais, t’inquiète, je ne fais rien de vraiment intéressant, il ne s’agit que de travail d’intendance… elle est consciente de ce que je suis jalouse, consciente de ce que je n’aurais pas cru qu’elle puisse arriver à ça. c’est triste. )

Je vois  J-C E. (autre ami, analyste, qui lui n’a aucun problème d’ambition). Il me dit qu’il travaille sur le « pré-génital » (bon, là, c’est drôle, je le vois maintenant, en recopiant ces mots, mais pré-génital, ça fait aussi bien pré-GENIE-tal … ce génie dont il fut récemment question) et sur le développement intra-utérin. Il parle de l’amour de sa mère qui a été  » … » (mot qui manque). Je voudrais lui parler de l’amour de ma mère à moi qui aurait été « … » mais je ne trouve  pas le mot (plus « adhérent » encore?)

1/… le « génie » de jean pierre. le travail que je ne veux plus faire.

2/ AW et moi – intendantes.

génie ≈ génital

rien

06.08.09

Maître-mot : désoeuvrée.

Désœuvrement. Je crois que c’est la semaine prochaine déjà que Frédéric retourne au travail et ça me fait  peur peur peur. Il fait chaud. Mais pas dans la maison.

un autre jour, un samedi (je désenvisage)

08 08 09

pas belle -fr  et jl  au pic-nic, moi pas, pas envie, trop de monde, ne sais pas, à quoi , je ressemble, « me sens
pas belle », pas envie
de chercher à m’habiller,  d’être là-bas, à ne pas parler, à des gens que je n’connais

staline – à la bibliothèque pris, à dire vrai au hasard, « les écrits autobiographiques » de Boulgakov. époustouflée par ses lettres à Staline.

culpabilité – me suis pas levée, au lit, paumée. peut-être vais être réglée. gâchée par ce perpétuel sentiment de ne pas savoir si ce que je fais est bien ou mal. cette indétermination, cette impossibilité de trancher. et, si je tranche, c’est pour me condamner. alors quoi, c’est ça ça, c’est ça qui s’appelle culpabilité?

déménagement / désenvisagement – si nous déménageons, ne pourrai plus (envisager / d’avoir/ d’ouvrir/ un cabinet/recevoir,  ici)

oubli – la semaine dernière oublié RV avec cher docteur G. zut. et rezut.

saleté – sale visage gras. m’ai lavée pourtant.

mystère – je n’arrive plus à lire depuis .

to xanax or not to xanax – de nouveau plus le courage de rien. alors quoi, prendre ou ne pas
prendre Xanax.

c’est dur l’adolescence – longtemps ma mère nous a moi et mes frères lavés dans le bain. m’en suis souvenue en mettant jules dans le sien. fils  je te soulève, te prends dessous les bras oups, tes longues jambes, pieds, orteils, un deux trois dans l’eau. ce qui m’a donné envie de faire comme elle, pour lui. ça lui a plu. j’aimerais maintenant que quelqu’un me lave. jules m’aime beaucoup et j’ai peur pour lui. peur de demain et des suites. cet amour. peur qu’il ne grandisse. puis l’adolescence, les boutons, l’acné, les hormones. peur de l’oubli où il va, nous allons, du bel aujourd’hui et de son enfance. son petit corps tout doux. nos rires. perdus.

action – je me suis rendormie. 15:27. me lève :  cinéma.

dimanche

09.08.09

C’est la nuit, mais n’arrive pas à dormir.

Hier donc, vu « Les […] » avec Johnny Depp – et ça m’a plus, beaucoup.

Cela fait plusieurs jours que je n’arrive pas à dormir. Jusqu’à cette nuit, c’était presque avec plaisir. C’était les fenêtres grandes ouvertes – le noir – le rien , juste être là – seule – bien .

Cette nuit les fenêtres sont fermées, les voisins du dessus bruyants, leur bruit désagréable (télévision).

Je ne sais plus du tout quoi faire.L’esprit vide, vidé ; se tenant vide, apeuré. Je voudrais réfléchir. Mais. Plus proche que jamais de […] –> le mot me manque. L‘inhibition ! voilà, c’est ça !

090809

04:06

l’ennui, ce n’est pas tant l’insomnie que d’avoir mangé 1 mousse au café suivie d’une glace au lait d’amande (+ griottes + macarons) // // un moustique m’a chassée du salon, ramenée à mon lit, pour m’en chasser à nouveau. on dirait maintenant qu’il a disparu. // // je vais me laver les dents.

/ tout le monde pour le moment va à Berlin : c’est incroyable. cela seulement pourrait suffire à faire penser que /

je ne sais pas du tout ce que c’est « bien écrire »
mais je sais que je n’y arrive pas.
(toujours une pensée en coin pour FL)

09:10

Endormie finalement. Jules vient de me réveiller. Je fais le café. Jules est dans le « lit.des.parents ». Je suis à la cuisine. Les fenêtres sont ouvertes, c’est bruit et calme. Est-ce que je ferais mieux de retourner dormir? Ou pas ? Est-ce que ces insomnies sont désagréables? Non. Qu’est-ce qui serait vraiment désagréable maintenant ? N’être pas seule. Tous les matins, Jules vient me réveiller. J’essaie de lui échapper aussi longtemps que possible.

~

Voilà, s’est fait, Jules vient maintenant de se lever. J’ai mis mon doigt sur mes lèvres, lui ai servi son petit déjeuner, ai moi-même mangé 2 biscottes.

~

Jules essaie maintenant de capter mon attention. C’est dimanche, c’est le mois d’août, il fait plus calme, et je pourrais suivre la conversation que tient le couple installé à la terrasse du café en bas de chez nous.

Je suis allongée sur le canapé devant les fenêtres. Jules me parle. Est-ce si pénible d’avoir à s’occuper de Jules le matin?

Ce n’est pas ça, mais c’est pour ça que je ne suis pas loin d’aimer mes insomnies actuelles : j’échappe à tout.

Je m’endors. Jules fait caca dans son pot dans le salon en lisant. Je devrais prendre une douche. Mais c’est agréable.

Est-ce que c’est vrai que je fais toujours le mauvais choix quand je suis en situation de choix (entre le bien et le mal). – me lever / prendre une douche / dormir.

11:08

Bon, me suis levée, pris une douche, ai lavé mes cheveux. shampoing, après-shampoing, démêlant.

il va de soi que l’observation de (l’expérience) de ce qui n’es t  pas encore une expérience la transforme.

Jules et F. sont au bain. Me suis recouchée, dans le lit cette fois. Enfin, au moins Frédéric a bien dormi.

Pourquoi est-ce que je m’endormirais? Parce que la situation est très agréable. Les Portugais ont mis la télévision.

Je ferme les yeux. Jules ne dit (toujours ) pas « merci », il dit « marci ».

Je ressens aux alentours du sexe en un point précis mais que je ne parviens pas à situer une sorte de sensation qui témoigne peut-être d’une maladie, fixe, qui n’irradie pas, peut-être douloureuse, au bord du plaisir, ou déjà dedans, persistance, qui évoque aussi celle que j’éprouvais quand j’étais enceinte, plus particulièrement au tout début.

12:05

Hou. Fred sorti du bain – avons fait l’amour, comme Jules y est resté. Profité de ce qu’il croit encore avoir besoin de nous pour en sortir.

Puis rendormie. Réveillée à l’instant par la musique de robot de Jules ( Around the World, Daft Punk)

Vais m’habiller. Pas chaud aujourd’hui.

nuit de lundi à mardi

seigneur, seigneur, impossible de dormir, mais cette fois parce que trop épuisée. tout corps épuisé. viens de prendre 1/2 Xanax en lieu et place de somnifère.

cœur fatigue  vais essayer m’endormir ici  . dans la chambre toujours peur réveiller F.

(dans terreur il y a terre)

je ne sais pas quand, le 12 août peut-être, parce que ma mère est arrivée hier – et je pense qu’elle devait venir le onze

midi situation ok. si ce n’est qu’il faudrait que je voie pour le travail, m’y remette. at least, écrive à DH. ce que je vais faire tout de suite. bien bien, chose faite. pour le moment, mets de l’ordre et nettoie. vais préparer le repas. purée maison + poisson.

nuit de mercredi à jeudi

une fois de plus dans le canapé du salon. cette fois levée pour écrire à cause de ces mots qui dans ma tête se sont mis à  se répéter : « terreur, terreur, terreur… »  d’une façon plutôt stupide et que stupidement ne suis arrivée qu’à écouter. et si entre mes draps je me souvenais encore de ce que je venais de récemment me dire  (= il y a quelques temps à propos d’un rêve où il devait être question de terreur) :  « dans terreur, il y a terre » (me souvenant, de façon erronée, d’un commentaire du fameux  famillionnaire de lacan, dans je ne sais plus quel séminaire) 1,  maintenant que je l’écris, je lis, « dans terreur il y a erreur« . et dans » terre il y a taire« .

~

tout a commencé comme je repensais à jules. sa gentillesse qui m’effraie presque, m’étreint le cœur. sa gentillesse, son amour pour moi.

ces vacances ne sont-elles pas trop longues.

la longueur des vacances pour un enfant. lui, le matin qui vient dans notre lit. qu’est-ce qui le rend si terriblement câlin en ce moment. quelle est cette gentillesse, a-t-il peur, pour moi, pour lui.

grandir, une avancée en solitude – me disais-je – Seigneur, la sienne de solitude, je la perçois déjà m’en effraie.

si peur pour lui –

si peur – que peur qu’il peur de ma peur

songeais me remémorais ces paroles de JF, mon frère (pas le petit, le grand) : « ton inquiétude qui peut faire si mal »

alors cette peur, jusqu’à me dire qu’il vaudrait peut-être mieux que moi je meure, qu’il n’aie pas à vivre cela – que je ne l’empoisonne pas.

que ce n’étaient pas nous 2 qui devions mourir mais moi seule2

ce sont des pensées qui m’ont à peine effleurée – ou plus précisément que je me suis à peine exprimées – articulées.

des phrases venues.

je n’ai pas envie qu’il doive vivre ça, l’adolescence, le sexe, la solitude, les boutons,  l’avancée en solitude –

j’avais dit à FL  « j’ai eu tellement dur – ça a été si dur pour moi ». à quoi il avait rétorqué : » rien ne dit que ça le soit pour lui aussi ».

quand j’avais par le passé à frédéric également exprimé ce genre de pensées – il m’avait dit que  jules n’avait pas que moi – qu’il avait lui, aussi. lui, frédéric –

les oreilles de jules vont mieux aujourd’hui il entendait mieux –

ces vacances …

comment rendre dès aujourd’hui la séparation qui aura lieu demain d’avec nous la plus légère possible ?

j’écris ici ceci – tout ceci – pensant à l’analyste qui me disait la dernière fois que c’était bien ce que je faisais pour m’expliquer la provenance de mes angoisses et qui trouvait que le xanax m’abattait trop. or docteur G. n’a pas eu d’autre idée que le xanax. tout à l’heure, si je ne m’endors pas ou plutôt si les pensées sont trop dures, j’essaierai 1/4 de xanax.

explication calme aujourd’hui avec ma mère. jules, dont je croyais qu’il n’entendait pas, intervient – pose des questions, puis s’en va. nous laisse. ma mère et moi.

lui ai redit, à elle, ma mère, que son « tout pour moi » m’angoissait trop. avons pu en parler calmement – et sans angoisse, justement.

lecture des écrits autob. de Boulgakov passionnante

nous avions pourtant passé une plutôt bonne journée. peut-être trop bonne. je vis pourtant aujourd’hui des moments tellement déli-cieux.

c’est le passé qui garde toujours une si horrible figure. que je revis au travers de la peur que j’ai que jules aie à en passer par là lui aussi.

c’est cette idée qu’il soit un « sujet pulsatilla » qui a mis le feu aux poudre ; cette parole de l’homéopathe. puis mes recherches sur internet -sacré google :   « pulsatilla = dépressif » !!!

quelle bêtise – mais c’est exactement ce que je redoutais pour J.

jules a fait hier une exposition dans mon bureau. non, il a dit une expo.

un très long train, des objets alignés. il dit une sculpture. nous demande, à ma mère et à moi, de chercher un chiffre.

amour amour amour

avec lui et ma mère, nous avons rangé, trié les livres des bibliothèques. comme il m’aide avec plaisir – le nettoyage aussi. ce n’est pas moi qui lui ai demandé de m’aider, c’est lui, qui veut. il s’amuse, nous nous amusions, l’eau. l’eau beaucoup d’eau.

maintenant essayer de dormir.

~

hélàs, fumé.

~

depuis très longtemps, jules est un enfant très délicat – délicat voulant dire pour moi : réagissant avec la plus grande des sollicitudes douceur attention compréhension quand il sent que quelque chose ne va vraiment pas – délicat avec moi donc, je voulais dire. un changement immédiat de comportement, une attention extrême, pleine de générosité. cela est très étonnant. et touchant.

ne plus penser à lui. à moi. sinon je vais faire comme ma mère.

oui, c’est à tomber par terre cette gentillesse des enfants.

~

cette peur d’avoir à revivre à travers lui ma propre adolescence. qu’est-ce qui donc a été alors si terrifiant

seigneur seigneur – j’ose à peine y songer

mais cela n’a pu être si abominable – comment le vérifier ? le vérifier ?  je ne comprends pas – quelle est donc cette tristesse qui domine mes souvenirs.

l’adolescence est le plus abominable des passages.

~

depuis toujours ça a été comme ça. je mesure ce qu’il perd déjà, ce qu’il doit perdre encore, une avancée en perte – depuis le début. alors quoi, c’est ça, c’est ça, « l’économie de la jouissance » ?  on ne peut qu’en mesurer la perte – le progrès de la perte.

mais, une fois que c’est fait, c’est ok. ça peut devenir ok.

5 h. du mat.

Seigneur ! c’est parti pour une nuit complète d’insomnie, non? le pire, c’est que Frédéric ne dort pas non plus et qu’il doit travailler demain.

Mais qu’est-ce que je vais faire, demain?

Ah – s’il ne fait pas trop chaud, nous devrions sortir – j’ai pris le 1/4 de xanax – et mon ventre fait d’incroyables gargouillis.

penser à l’anniversaire de Frédéric.

demain, je boirai moins de café.

~

ah – je ne sais plus quoi faire.

~

il est si heures, trop café, trop fumé. j’allume l’ordi. le type du resto en-bas est déjà au travail. Ce ty pe travaille de six heures  à deux heures du matin tous les jours.

~

la parole. lui apprendre la parole. mais il ne faut plus que je pense à tout ça. je me distrais, je surfe. la fenêtre est ouverte. mes doigts sentent la cigarette. Frédéric dort, j’espère.

6h48 – je vais dormir.

Notes:
  1. « Note du 31 août : Dans terreur il y a terre est une sorte de souvenir inventé qui remonte  à la lecture des Formations de l’inconscient, le séminaire de Jacques Lacan.  Je me souvenais seulement que cela avait un certain trait au « famillionnaire » et  que j’avais peut-être soupçonné Lacan d’avoir forcé le trait du lien qu’il entre terreur et terre. Vérification faite, il n’en est rien (et même au contraire).

    […], j’attends mes exemples du hasard. Celui-ci n’a pas manqué de m’être fourni quelqu’un de mon entourage proche qui, en proie à une traduction, avait eu à chercher dans le dictionnaire le sens du mot atterré, et était demeuré surpris à la pensée de n’en avoir jamais bien compris le sens jusqu’alors. En effet, atterré n’a pas originairement, et dans beaucoup de ses emplois, le sens de frappé de terreur, mais celui de mis-à-terre. (J. Lacan, p. 32)

    Mais tout l’intérêt de la chose est de remarquer que la terreur est introduite par le terre qui est dans atterré. p.33

    Lacan ne tient donc pas du tout à lier atterré à  la terre (de ses origines) mais mais bien plutôt à ce le terre (je le cite), ce morceau de mot « terre » qui  rapproche atterré de terreur. Il ne  lit pas la terre, mais le terre.  Quant à moi j’aurai j’aurais voulu trouver de la terre dans terreur, et j’ai sauté atterré.

    En d’autres termes, la métaphore n’est pas une injection de sens – comme si c’était possible, comme si les sens étaient quelque part, où que ce soit, dans un réservoir. Si le mot atterré apporte un sens nouveau, ce n’est pas en tant qu’il a une signification, mais en tant que signifiant. C’est parce qu’il contient un phonème qui se retrouve dans le mot terreur. C’est par la voie signifiante, celle de l’équivoque, et de l’homonymie, c’est à-dire par la voie de la chose la plus non-sens qui soit, que le mot vient engendrer cette nuance de sens…

    []

  2. puisque c’est à cela qu’il m’était, fin juillet, arrivée de penser, qui m’avait alarmée, déclenché l’alarme, m’avait conduite à décider de  faire ce qu’il fallait pour rendre ce mois d’août qui s’annonçait aussi supportable que possible . à quoi FL s’était proposé de m’accompagner. pour comprendre ce qui toujours m’arrive au mois d’août, ces terribles angoisses, les doutes d’août. les doutes, les affres. et c’est pour y échapper, les vaincre, que je me suis mise à écrire, consciencieusement, ces doutes comme ils me venaient. []

lendemain, (le son du corps) (mon amour de ce son)

13.08.09

charles de zohiloff (série des empêchements)
charles de zohiloff (série des empêchements)

non, non, je n’ai pas dormi avant sept heures trente ce matin.

Viens de voir Détruire dit-elle de Duras. C’est très beau. Les voix d’abord. Je suis encore dans ces voix de Duras. Quand je faisais du théâtre, R. m’avait appris à parler comme les personnages de Duras, comme Duras.1  Je n’avais pas vu ce film. Avais peur d’être déçue, de la trouver pompeuse, ennuyeuse. Tout de suite les voix vous entraînent vous ne savez où. Ça passe à justesse, prescience, vision. C’est ce qu’elle sait, Duras, sa grande connaissance, la voix. Le son, le corps. Le son du corps.

Les choses se sont si bien passées avec ma mère. Parlé encore encore avec elle. De moi. De ce que j’écris ici la nuit, pour me soigner. Et le soir, aussi, à table, à eux, aux autres.

Peut-être faudrait-il parler de tout ça inlassablement jusqu’à ce que les autres eux aussi parlent, parler d’on ne sait pas quoi, jusqu’à ce que l’on sache.

« Toutes les femmes, sont folles. »

Les premières fois où l’on parle d’une chose, la première fois, on pourrait presque croire qu’on touche à la vérité. Que c’est la vérité. On y touche, qu’on y touche elle se dissout, sa douleur aussi.

« Nous sommes des juifs allemands. »

~

— Le déjeuner terminé, Stein apparaît : “ Vous ne m’avez pas dit qu’Alissa était folle. ” Pourquoi dit-il cela ? Comment devons-nous le comprendre ?
(Silence, puis 🙂
C’est l’équivalent de : “ Vous ne m’avez pas dit qu’on pouvait aimer Alissa. ”
La folie, en effet, est ici la capacité d’être équivoque : d’avoir plusieurs sens ou – si l’on préfère – le même sens pour plusieurs personnes.

Notes:
  1. Voici comment il faut faire, ça marchait très bien, avant de dire une phrase, penser « Elle dit :  » et que ce qu’on dise ce soit ce qu' »Elle » dit. (Elle dit : ) Voilà, c’est ça, le truc. []

lendemain, 9 heures – l’âtre éventuel

14.08.09

réveillée par Jules . « forcée » à me lever. sommes à table, cuisine, la petite table carrée, en pin, de la cuisine, j’écris yeux fermés, Jules prend (prend! comme s’il s’agissait de médicament!) mange ses céréales, yeux collés, j’ai oublié hier d’enlever mes lentilles. il fait clair. le babil de Jules, les sons du dehors, le verre qui se fracasse dans les poubelles.

que de rêves!

mon père revenu (de la mort). malade. croisé dans Bruxelles en pijama, plus petit que moi, mais mon père, reconnu, plus petit, senti au moment de nos embrassades. près de la grand-place. « Pourquoi n’as-tu rien dit ? Que fais-tu ici ? » « Je n’étais pas sûr ».

je dois acheter un disque pour mon frère jean-pierre. je  conduis mon père à l’hôpital où je peux rester avec lui. ll a un drôle de trop petit lit/relaxe, qui doit être déplié. ils sont très nombreux, les patients, âgés, allongés sur de semblables sièges, fauteuils de repos.

quand je repars rencontre homme couloir de l’hôpital sortons.

prend tram pour acheter disques. long. me perds. me trompe. trouve disquaire. achète disque. fais comme si je m’y connaissais en musique (ha ha)

dois rentrer prendre le tram, me perds, rencontre homme, puis voyons énorme accident de tram. tram, s’élève dans airs, se retourne, retombe , se fracasse

notre tram ne peut plus partir . allons chez lui, lui, peut-être fils d’africain ou revient d’Afrique. arrivent d’autres femmes. lui au téléphone. parle de sa petite amie qui habite « en bas ». etc. etc. etc.

hier avions terminé paquet de cigarettes mère et moi. quand fume ne bois pas. dès que ne fume plus, bois (soif). donc mangé, beaucoup, trop. mangé parce que plus de cigarette. ne pas me peser.

pas le courage de recopier ces notes sur ordi. et surtout dès que j’y suis, sur l’ordi, me mets à faire autre chose. (or je veux écrire écrire)

oreilles jules guéries.

est-ce que thème de « Détruire dit-elle » ,un des thèmes, n’est pas le même que celui de Lol V. Stein – où Lol regarde de l’extérieur par fenêtre amants. est-ce elle, est-Lol, qui? est-ce que le Stein de « Détruire » a un rapport avec Lol V. ?

Les phrasés, la musique de chacun des personnages, différents. personnage du mari, qui arrive en dernier, le plus proche de la réalité. personnage de Stein, le plus éloigné. si, éloigné, de la réalité, proche de quoi? nu – proche de la voix?

[ entendre la voix n’empêche pas d’entendre (le sens) ]

depuis que j’ai lu Thierry Defize, je n’écris plus, je ne lis plus.

toujours (un peu) peur de l’indécence de ma mère. la possibilité d’indécence.

je recopie ces notes ici le samedi 5 septembre. du rêve, en tout cas, impossible de dire quoi que ce soit. nul souvenir. nulles impressions. (sinon peut-être une impression d’Afrique, mon nom – MU-L-ÂTRE : mon premier petit ami, le garçon avec qui je fais l’amour pour la première fois) (sinon peut-être le disque//mon frère_Frédéric /// disc afric le fric frédéric véronic (n’a pas de fric)) (sinon, cette grande envie de le voir, mon père. sinon, ma tendresse pour lui.) Les fauteuils de repos.

~

Sur Détruire, dit-elle

Maurice Blanchot, un extrait de L’Amitié – Gallimard

* Détruire – Détruire : il a appartenu à un livre (est-ce un  » livre  » ?, un  » film  » ? l’intervalle des deux ?) de nous donner ce mot comme inconnu, proposé par un tout autre langage dont il serait la promesse, langage qui n’a peut-être que ce seul mot à dire. Mais l’entendre est difficile, pour nous qui faisons toujours partie du vieux monde. Et l’entendant, c’est encore nous même que nous entendons, avec notre besoin de sécurité, nos certitudes possessives, nos petits dégoûts, nos longs ressentiments. Détruire est alors, au mieux, la consolation d’un désespoir, un mot d’ordre qui viendrait seulement apaiser en nous les menaces du temps.
Comment l’entendre, et sans nous servir des vocabulaires qu’un savoir au reste légitime, met à notre disposition ? Disons-le calmement : il faut aimer pour détruire, et celui qui pourrait détruire par un pur mouvement d’aimer, ne blesserait pas, ne détruirait pas, donnerait seulement, donnant l’immensité vide où détruire devient un mot non privatif, non positif, la parole neutre qui porte le désir neutre. Détruire. Ce n’est qu’un murmure. Non pas un terme unique, glorifié par son unité, mais un mot qui se multiplie dans un espace raréfié et que celle qui le prononce anonymement, jeune figure venue d’un lieu sans horizon, jeunesse sans âge, d’une jeunesse qui la rend très ancienne ou trop jeune pour paraître seulement jeune. Ainsi les Grecs saluaient en chaque adolescente l’attente d’une parole d’oracle.

samedi matin

15.08.09

nous partons tout à l’heure à la campagne, jusqu’à lundi matin.

fortboyhier, raccompagné ma mère à la gare.
soleil
PC2 → Gambetta
Mc Donald
puis, cherché bus 26 – pas trouvé assez vite (alors qu’il se trouvait juste devant le MacDo) je me suis fâchée très fort, trop fort, sur ma mère, comme si elle. « – nous allons rater le train. – oui, je commence à le croire aussi. – comment, qu’est-ce que tu dis, mais pourquoi tu ne l’as pas dit plus tôt, pourquoi tu n’as pas prévenu,… »  etc. ridicule, je suis ridicule. nous tournons en rond autour de la place.
taxi → Gare du Nord  -dans le taxis nous distrayons le taximan. racontons bêtises. je lui laisse un euro de pourboire. ou deux? il a roulé très vite. « – le train part à trente, on peut y arriver? – on va voir ce qu’on peut faire. » Jules trouve que nous roulons trop vite. soleil. à la gare, stupidement encore, je cours devant, les laissant seuls, avec la valise, pensant arrêter le train.
OK – ouf.  au revoir mère, au revoir enfants. l’entrapercevons, devinons derrière vitre teintée du thalys.
ensuite, bus 26 → entrée parc Buttes Chaumont
plaine de jeux à l’ombre + petite fille (+ âgée que Jules mais qui a le même jouet que lui, jouet Fort Boyard, Jules la suit partout. elle, tout de même grande et petite fille. )
quittons les lieux. promenade avec 2 deux petits garçons blonds et leur parents. edgar, le grand, et sam, le petit (4 ans). glaces smarties.
puis, manège, trois tours, pleurs de jules. enfin grimpé jusqu’au Rosa Bonheur (escalade des grosses pierres chaudes, qui longent le chemin, où peut-être autrefois de l’eau a coulé, où visiblement autrefois de l’eau a coulé). P1020338rLà, à l’extérieur, côte à côte face au parc à une grande table en bois, bu un verre, fait un puzzle et joué à d’autres jeux. j’ai voulu acheté un paquet de cigarettes, une serveuse m’en a donné une. tout ça très agréable. voisins de gauche jouaient dominos. jules bien voulu se joindre à eux, mais.
rentrés. bus → place des Fêtes. Métro ligne 11 → République. Ligne 8 → Daumesnil. Descendus jusqu’à la maison.

Valise

  • 1, 2, 3 pijs
  • préservatifs
  • 2, 4, 6 slips
  • 1, 2, 3 mailltos de bain
  • antipoil jambes
  • j. → chaussons
    2 brosses à dents : 1, 2
  • – chargeur tel véro
    médicaments

Roger et les simili-mystiques

Dimanche matin

Donn, joli Donn, beau Donn, Donn aimé… 10 heures. sommes tous là, en pijama, tous = nous, f v et j + parents de f. mais retournerais bien me coucher.

~

que de rêves.

roue-astralepoursuivie méchamment par Roger et une bande de simili-mystiques (façon l’homéopathe). Roger me coupe à la lame de rasoir, me fait sur le bras de longues coupures et des coupures appuyées comme celles que je me faisais (tentative de suicide). je me demande si je vais mourir.

[ dans ce rêve, des histoires de poisson aussi, dans très peu d’eau. des sortes de vers verts. des petits poissons mangés par de très gros.]

Roger extrêmement fâché sur moi. fou furieux.

ils me poursuivent. essaient de me tuer.

c’est une femme qui va essayer de me sauver. une soldate se sacrifie à l’un des drôles de zigotos, propose qu’il l’encule, elle attachée avec sous les bras je ne sais quelle matière dont je devine qu’elle va la sauver. la matière va la sauver.

plus tard, je vois l’emplacement où a eu lieu le « sacrifice ». entouré des marques sphériques, de type thème astral.

~

[ place van meenem, où j’ai habité, où l’ex analyste est venu habiter aussi. face à hôtel de ville. d’hôtel de ville, il en a été question récemment avec J.  je lui disais que c’était une « mairie » – que c’était comme une mairie, si ce n’est que de plus grande dimension.]

~

pourquoi ce rêve, pourquoi Roger, est-ce que j’ai pensé à lui récemment, pourquoi furieux, pourquoi me suicide-t-il? la soldate. le sacrifice…

~
est-ce que j’ai hier encore raté une occasion de parler? oui.

~

sommes arrivés ici hier, 15 août. avons loué voiture. sommes allés à la piscine j. et moi. ai nagé. eau à 18. enchantement. jules entend maintenant parfaitement bien. en réalité, tout se passe très bien.

nuit. angoisse, fureur.

ne dors pas, furieuse. furieusement travaillé la journée jusqu’à trop maintenant douleurs picotements. ce travail à  l’ordinateur me détraque. tenue éveillé par colère contre X**, ex-analyste, comme si c’était lui qui était  responsable de tout ça. ne sais que faire de cette colère. pourquoi faut-il que je ressente ça. pris une aspirine.

~

plus  tard.
écrit à L
. (analyste actuel) pour me plaindre. appel à l’aide. la seule chose à faire à mon avis qui puisse être efficace. pour ce que j’ai. douleurs membres. aspirines encore. lis maintenant un article de cet ex-analyste, histoire de vérifier. s’il était aussi mauvais que ce que – dans mon oreille droite le bourdonnement d’une abeille (!)

~

oreilles sifflent. serpents sur nos têtes. et je me sens coupable d’avoir voulu que l’autre soit coupable.

Eugène Traktacus. nom d’un roman que j’ai écrit. Qui a le traK et qui accuSe. avait dit JP*. roman qui m’était venu quand j’ai découvert lacan.

Alors quoi, j’ai le trac, j’accuse X* ?

matin, 19 août, mercredi (lendemain dla nuit) (où il sera question de l’amour du psychanalyste)

11:11
reçu réponse de L. à mon mail de cette nuit. promet de me lire. hors or, ce que j’écris (à la main) dans ce carnet est illisible.

14:39
électricité dans les bras. 1 pêche, 32° C, demi-solian, vu docteur G (lui qui)

14:41
plus de pêche

~

ai fait des courses chez SIMPLY MARKET, ça m’a vidé l’esprit. acheté de nouveaux marqueurs. mais continue à écrire avec ce stylo que je tiens de mon père, qui me fait une écriture trop calligraphiée – s’enthousiasme un peu trop pour les boucles- mais qui est agréable.

les majuscules, je n’y arrive pas.1 les minuscules, l’idée le sentiment d’une phrase infinie – une phrase qui n’en finirait pas. quand je pense que j’ai écrit un livre qui s’appelait De très phrases, très. Tant chaque phrase y était travaillée et retravaillée.

~

oublier que L. a promis de me lire, essayer.

~

X**, l’ex-analyste, était-il amoureux de moi ? c’est cette pensée qui me révoltait cette nuit. pensée ne pourrait me venir que dans la nuit, dans l’angoisse. autrement impossible à soutenir. c’est de cela également, à cause de cela que je n’avais pas envie de voir le docteur G. pas envie qu’il acquiesce, renchérisse, m’interroge. s’interroge. vienne à conclure. ce qu’il a fait. il est vrai que je parlais avec un visage de madeleine, éplorée, dans la souffrance, et sans trop le regarder. avançant des anecdotes, puis tentant de les rattraper.

que faire de cela.

est-ce moi qui suis malade.

quand je le lisais cette nuit, il m’a semblé qu‘il n’aurait pu.

qu’est-ce que je fais? je décide d’écrire ce livre auquel je pensais cette nuit? je me débarrasse de cette histoire?

et qu’est-ce qui s’est passé ici, à paris, après. qui a dégonflé vidé le ballon la baudruche qui faisait toute ma vie.

mon désir d’être analyste ne se serait soutenu que de l’inconscience d’être aimée,
soutenue dans ce désir, par mon psychanalyste.

s’agissait-il de transfert? de la forme particulière de mon transfert? me croire aimée.

que faire? écrire? me souvenir?

~

fantasme

est-ce qu’il m’aime?
et s’il m’aimait et ne me le disait ? le péché – à mes yeux, le péché, le grand manquement.
il m’aime de toute façon.
il n’aime même que moi.

– Ah ça, il y en a qui ont de la chance! » quand je lui parle du fait que je vais aider JP à écrire son livre

hasard

il vient habiter près de chez moi. puis, redéménage et habite en face de chez moi, sous ma fenêtre. à mes pieds.

quand je quitte bruxelles, il assiste à tout mon déménagement depuis la fenêtre de son bureau. l’immense élévateur. il sort de chez lui au moment où je pars en voiture. avec ma mère, reprenons la voiture sur la place. il sort de chez lui. me regarde partir.

il n’aimait pas fort, n’être pas aimé.

– Je suis fâchée contre vous!
– Encore !

avant-dernière séance
il s’énerve quand je lui cite L. (qui deviendra par la suite mon analyste). se rassérène quand je lui dis que de toute façon, lui ou un autre, lui L. ou un autre, ce serait pareil : je suis méfiante. je sais qu’il me « décevra » également.

c’est vrai que c’est n’importe quoi

– ah non, je n’irai pas en analyse avec L. non non non, lui, je me le réserve (pour la bagatelle…)
– m’enfin ! c’est n’importe quoi ça, vraiment n’importe quoi !

fantasme

avoir fait ce qu’il voulait. n’avoir plus rien décidé sans l’avoir au préalable consulté. avoir parfois agi contre son gré. mais ce qu’il voulait par dessus tout, pour moi : LES ETUDES !!! histoire de l’art, mathématiques.

j’avais cessé d’y aller. je lui avais écrit une lettre, où je l’attaquais, lui disais que peut-être il ne s’intéressait pas suffisamment au monde, n’était pas suffisamment dans le monde (!) quand j’étais revenue, l’avais rappelé, il s’était montré très froid, n’avait pas voulu que je m’allonge sur le divan, m’avait assise en face de lui. je ne sais plus ce qu’il voulait. pratiquement que je lui promette de plus lui dire des choses pareilles. non, il a commencé en me disant : vous êtes consciente de ce que vous avec fait. non, non, non. je ne voyais pas et je ne vois toujours pas. allons, allons, réfléchissez. écoutez, je veux bien qu’on reprenne, mais plus jamais ça. d’accord. sinon, c’est fini.
le clash.
mon cœur battait à tout rompre, j’étais prête à tout promettre. seigneur, cette peur qu’il m’a mise !

après
son soulagement que je lui annonce que je suis en analyse chez G.

(interrompue par un coup de fil)

Notes:
  1. mettre des majuscules dans mes phrases, à mes mots, aux premiers mots et aux noms… []

jeudi 20 août 2009

10:38

c’est vrai que je vais déjà beaucoup mieux, c’est ce que je viens d’écrire à L., à l’instant. il a eu raison le docteur G. (avec son demi-solian).

je ne sais pas si je dois recopier ce carnet, le retaper. ou continuer comme ça. comme ça, c’est beaucoup plus rapide. c’est ce que je veux. rapide et effectif. dès que je me mettrai à retaper, ça va traîner. mais ce serait aussi une façon de me relire, de me relire avec un peu plus de distance. ah cela dit la distance que je mets à chercher à mettre en page peut devenir infranchissable, absurde. abyssale. j’entends le clavier bien tempéré de bach, au piano, A. Brendel.

23:10

ah. perdu mon téléphone.

23:15

perdu stylo aussi. commencé à recopier ce carnet sur le blog. alors évidemment, perdu encore un temps fou.

je me suis dit : si je me recopie, ça me permettra de me relire. ha ha. ne pas croire que je dis tout, ici. que je n’ai pas mes secrets.

depuis hier, ou avant-hier, non hier, Jules au centre de loisirs. il ne voulait pas, mais il s’amuse bien. bien bien bien. beaucoup. oui, cela se voit, se sent. à son retour, je le mets au bain, où il reste des heures. quel enfant joyeux. a appris à la piscine de reuilly où nous sommes allés la semaine dernière, à n’avoir plus peur de la douche. ah, son plaisir. que cela lui fait du bien, une peur en moins. tu n’entends pas le bruit du marqueur sur le papier.

là, frédéric râle parce qu’il s’est fait piquer par des moustiques. mais il suffit de mettre de la crème.

« a – o  » : jules me disait aujourd’hui : « là-haut, ça s’écrit ‘a – o’. »

cet enfant m’extasie. il a compris un truc, non?

bye bye.

agression

nuit de, de samedi à dimanche, du 22 au 23 août

anniversaire de frédéric
je ne sais pas du tout si c’est le bon moment pour écrire et si je ne ferais pas mieux de retourner dormir, d’autant que je viens de boire une tasse de lait chaud. annick là. travaillé toute la journée, arrivée hier soir. avons beaucoup trop bu.

noter le plus rapidement possible, les cauchemars d’hier.

un puis plusieurs hommes très massifs régulièrement m’attaquent me frappent très violemment – par exemple avec un tronc d’arbre. je ne sais pas comment ils arrivent à trouver autant de façons de frapper. j’ai extrêmement peur et mal. je ne sais comment j’arrive, par moments,  à leur échapper.

je fuis avec d’autres fuyards. est-ce que ce sont des gitans. une jeune femme parmi eux. sont de petite taille, les fuyards, assez misérables et basanés. il y a des enfants aussi. et d’autres femmes, plus âgées, « des tantes ». elles portent de longues et lourdes robes, qui les couvrent complètement, sont un peu épaisses.

sommes parfois obligés de courir très vite.

vais me coucher maintenant, je crois que je pourrais m’endormir.

lundi

pensais que me souviendrais de la suite du rêve mais

A un moment, en ai tellement assez, de me faire agresser que je décide de faire celle à qui ça plaît… sexuellement. je dois avouer que ça marche. un temps. plus tard, ça recommence et je n’arrive plus à recourir à mon stratagème. à un moment donné, je suis morte. et la femme, la jeune fille qui était avec les gitants gitans s’avère être la complice des hommes. elle rit de toutes ses forces avec eux, de la bonne farce qu’elle m’a faite.

mais je ne suis pas tout le temps morte. plus tard, j’en ai tellement assez, que je crie « maman, papa » de toutes mes forces, pour qu’ils me réveillent. mais ne viennent pas. finalement crie : « jean pierre, jean pierre… » me rends compte que suis trop loin de sa maison, me rapproche, mais il ne m’entend pas, ne me réveille pas.

~

cet homme, ces hommes, l’un d’entre-eux, le premier, ressemble à 1 homme qui m’a plus, blond, que j’ai récemment revu en photo sur internet. je ne sais plus comment il s’appelait.

~~

update du 14 septembre (soit aujourd’hui, jour où je recopie ici, sur le blog ces notes prises dans un carnet) :

cet homme, c’est celui du rêve que j’ai retravaillé hier, le deuxième rêve à propos des dames de marie, de l’école. cet homme, c’est l’homme dont nathalie est amoureuse, qui la repousse furieux quand elle lui saute dessus, mais qui peut l’aimer quand elle trouve du travail (place, métier).

quel rapport entre ce rêve et celui où une femme se sacrifie pour me sauver

je t’oppose mon retard alors viens

01:16

Quant à moi, je prendrais bien un peu de retard.

C’est volontiers que je reprendrais de ce délicieux retard.

Vous, enfin, mon bon retard.

La joie qui est la mienne de pouvoir vous annoncer ce retard.

Chronique d’un retard annoncé.

Je me balaie

Tu te balaies

Il se balaie

Nous nous balayons

Longtemps, je me suis balayée de bonne heure!

En retard, à la bonne heure !

Le loup et le retard.

Sur son arbre perché, un retard.

Je suis Jean sans terre. et toi, qui es-tu?

Je suis Jean Sampeur.

Je suis sûre que Jules a cherché à vomir.

La faute, le phallus. Je vous renvoie à ce texte de Sterck-Devos sur l’erreur d’interprétation. Sa conclusion fut qu’il n’y avait pas d’erreur possible. Contre quoi je me révoltai.

Ce retard embrasé,
ce paysage aussi.

Au bout de ses ongles, géographies rouges désuettes

Je l’aime au-delà de tout. Je peux bien le dire, il est mort.

Retard. Retard et séparation. Retard est séparation.

Lapoisse, c’est pas donné comme nom. Ne se balaie pas qui peut.

Les amant zen retard.

Les amants ZAN ont le mérite d’exister.

J’arrive en retard à la nouvelle école.

Le retard est la politesse de l’art.

Il faut décoller, faut-il pas?

Ecrit dans le noir

Raisons

Ensuite, plus ou moins arbitrairement, s’arrêter.

J’ai tellement besoin d’eux.

MATIN

danseur acteur trapéziste fildefiériste analyste.

1er septembre
1er septembre
1er septembre

IL PLeut
et Jules n’a pas 37°2

d’écoler.

bêtises

8:54

La  rentrée de Jules, c’est demain.

Je vois de + en + mal de près, faut que je fasse quelque  chose.

Il a été question, dans ma tête, que j’ouvre un cabinet de psychanalyste – avant toute chose je crois, pour gagner de l’argent (!), ensuite et mais aussi , à cause du rêve Les filles (L’école) Lacan

Ou les filles Ou Lacan et si j’ai l’un je perd les autres. Si je choisis les filles, j’aurai les filles amputées de l’école (savoir ou communauté de savoir? savoir universitaire ou savoir psychanalytique? désir de savoir?)  et de Lacan (génie). Idem, si je choisis Lacan. Si ce n’est que je crois que si je choisis Lacan, je perds tout. L’école, les filles. Et le génie. Ou alors extrêmement solitaire, inconnu, incompris et méconnu (le génie).

Dans les deux cas,  l’Ecole est perdue.  L’école comme cause perdue. D’où, j’en ai déduit, il « faut » aller vers l’école où je deviendrai analyste parmi les autres analystes.

Ce qui est curieux, c’est que là, pour le moment, je n’aurais envie de renoncer à rien de ce qui fait ma vie actuellement.
ni mon analyse,
ni mon analyste,
ni l’écriture de ce journal,
ni sa publication sur internet,
ni mon travail,
ni ma famille,
ni Jules, ni Frédéric – bien évidemment.

Ma vie bien remplie pour le moment, et je n’aimerais comprimer aucun de ses temps de … lATENCE (?)

enfin, c’est comme si j’envisageais de devenir analyste, je perdais perdrais je deviendrais tout à fait autre devrais devenir tout à fait quelqu’un d’autre, plus du tout moi – et que je perdrais tous mes problèmes

vide analyse débats
latence écriture
travail

ha ha

alors alors l’école ? ce que serait l’école ? ce que ça représenterait ? un certain savoir (?)

IMG

dans l’embrasure

Dames de Marie

vendredi 21 août 2009 – matin, heure digitale : 9:51.

cette nuit, rêve encore des Dames de Marie – cours de Chimie / Bio avec prof. contre laquelle nous nous révoltons.
entre 2 cours, nous réunissons, nous plaignons. sommes dans l’encoignure1 l’embrasement2 l’embrasure 3 d’une porte (sortie).
moi + les filles contre prof
révolte
passe, passage, entre 2
[ mon lapsus calami : le coin venu à la place de l’ouverture ; le coin où je vais me coincer : qu’est-ce tu sais dans ton coin?]
Je dis :  » Et tu te rends compte, ce livre, d’Annie Ernaux, qui se passe pendant ses études secondaires, j’en ai lu seulement quelques lignes : insupportable ! insupportable! cette angoisse des examens ! n’ai pas pu continuer. » angoisse, insupportable de l’école (racontée dans un livre)
Finalement, nous retournons en classe, c’est la fin de l’année, les examens sont finis mais nous avons encore cours (et je me demande pourquoi).
Nous attendons l’annonce des résultats.
C’est la dernière année. 6ème. après, fini les Dames de Marie.
c’est fini mais ça continue.
angoisse des résultats.
c’est la dernière année, l’année que j’aurai redoublée pour n’avoir pas voulu passer certains examens.
Il y a Nathalie F. Nathalie n’était déjà plus aux Dames de Marie. Nous avions fait de la danse ensemble. Plus tard, elle a été danseuse chez Béjart.
Elle est très triste, amoureuse. Je crois que je suis moi amoureuse d’elle. Je suis près d’elle, c’est agréable, elle est triste, je triste aussi. (Plus tard, N. rentrée dans compagnie Béjart). Elle s’approche de l’homme dont elle est amoureuse, il est avec deux autres hommes. Elle lui saute dessus, il est furieux, il s’en va. je l’aime, elle une femme, elle aime, elle, un homme, qui lui en éprouve de la fureur contre elle
Mais l’un de ses amis revient et prend emporte deux books de Nathalie (books de présentation de travaux graphiques. Nathalie pas graphiste : Mireille, l’était.) Nathalie reviendra ensuite, radieuse, parce qu’elle a trouvé du travail grâce aux books. L’homme est maintenant amoureux d’elle et moi je suis très très triste. si BOOK/livre/présentation –> alors travail –> alors amour possible
amour d’un home dont je suis en fait moi amoureuse
Entre-temps, comme voulons retourner au cours, sommes arrêtées dans la cour, parce que très en retard. On nous dit : « C’est pas possible ! On va toutes vous faire redoubler!  » PANIQUE REDOUBLER
il y a un bus qui est cassé. il faut le faire remplacer. nous disons qu’on ne peut pas nous demander ça maintenant, sinon on va se faire encore plus remarquer (comme étant celles qui cassent le matériel même si de ce crime nous sommes innocentes), et sommes encore plus sûres d’avoir à redoubler. BUS CASSE
Finalement, pouvons retourner en classe. Mais la prof avec qui nous avions eu des problèmes (et qui en fait un prof qui ME détestait) est partie. Elle en a eu assez. Elle est remplacée par un petit homme. femme (qui me détestait) remplacée par un homme (insignifiant).

( un homme vient à la place d’une femme)

(et c’est ici que dans le rêve ça passe de NOUS à JE)

Je ne trouve pas de place pour m’asseoir. Je n’arrive pas à prendre de notes. Je me demande à qui je vais pouvoir emprunter des notes ( beaucoup par le passé rêvé de ça, il est vrai que j’avais en réalité beaucoup à le faire, compléter mes notes: je n’allais jamais au cours. les filles au fond n’étaient pas très sympa avec ça. ça devait les énerver que je n’aille pas au cours et que je cherche à ne ne pas en payer les conséquences. d’habitude, je demandais à nathalie, mais je n’étais jamais sûre d’en avoir de complètes. je veux dire que nathalie non plus, ma meilleure amie, ne se montrait pas très « volontaire ». et je n’osais pas trop insister.
le schéma était toujours le même:  » dis, tu me prêterais tes notes? tu peux me les apporter ? – oui oui bien sûr ». et puis, les notes ne venaient jamais. )
pas de place parmi les filles, plus de place, à cause de mes absences ; pas de place, pas de notes.
demande de notes qui n’aboutit pas. comme le début d’une parano
sentiment d’exclusion.
filles et moi nous séparons.
J’essaie de suivre le cours sans prendre note. Debout.
C’est là que je trouve une place auprès de Nathalie. Il y a toutes ces inquiétudes à propos du redoublement. Une fille revient en disant qu’elle a trouvé une place. Je ne sais pas exactement de quoi. C’est lié à l’école et à l’école de Régentes. (ma mère, « régente »). Je me dis mais enfin, nous ne sommes « qu’assistantes-psycho » (!!!)
L’autre trouve du travail. Régente ! comme ma mère = ma mère a du travail
avoir du travail = avoir une place

moi exclue du travail

les filles sont un peu jalouse. une sœur (là, c’est de la vraie romantisation de la part du rêve, parce que des sœurs, aux Dames de Marie, il n’y en avait plus, ou plus qu’une, qui d’ailleurs n’enseignait pas. circulait vieille sans rien faire dans l’école, souriante.) elle lui dit qu’elle a gagné, réussi son année, qu’elle aura donc le travail. Il s’agit de nouveau peut-être de cette Anne-Marie ou Annamaria, celle qui me proposait de se marier avec moi dans le rêve les filles l’école lacan. que dire de cette anne-marie annamaria, c’est une fille très très loin de moi, dont je ne suis pas l’amie pour qui j’éprouve du respect, respect partagé. réciproque, je crois. qui est très « moyenne », sans éclat, sans rien qui ne dépasse, extrêmement sage, en apparence. qui fait tout ce qu’il faut faire. et à qui finalement, les choses réussissent, même si ce n’est pas de façon brillante. elle est gentille.
Puis, il y a l’histoire de Nathalie et de ce type dont elle est amoureuse.
Le rêve finit donc assez tristement pour moi. Je suis seule. JE SUIS SEULE ( barrée des autres filles,
du travail,
d’une place,
de l’amour.)
Et je ne sais pas si je vais redoubler à cause de ce prof qui me déteste, dont je raconte même qu’elle m’a exclue du cours ( et d’ailleurs, c’est même pas sûr qu’elle ne m’ait pas, viré du cours. non, ce n’est pas elle, c’est cette autre prof, qui elle m’aimait. qui m’a exclue de son cours. ha ha. le prof. qui ressemblait à marguerite duras, quand j’y pense.) prof qui ne m’aime pas = prof qui m’aime
prof = celle qui sait
prof m’exclut
celle qui m’aime/me déteste.
prof femme remplacée ensuite par prof homme, insignifiant.
~

Est-ce que tous ces rêves c’est là pour indiquer que le plus dur du mois d’août, c’est ça: septembre qui vient. La rentrée?

les examens de passage. en septembre. celui que je n’ai pas voulu passer sous prétexte que je ne connaissais pas tout.

celui de math où je disais à la prof qu’il ne fallait pas me faire passer, parce que si j’avais tiré au sort l’autre question, je n’aurais pas su répondre, parce que cette démonstration-là je ne savais pas la faire, ou si je la savais, très bien, je n’aurais pas voulu la faire, parce que je ne la comprenais pas.

j’aurais voulu tout (savoir) or pas-tout –> donc, pas digne de passer examens, de réussir

vous savez, les gens disent : « perfectionniste ».

~~~~

Annick vient tout à l’heure, pour le week-end. Je veux auparavant acheter un, des cadeaux pour F, son anniversaire dimanche. J’ai l’impression que je n’aurai pas le temps de travailler, ennuyant.

Notes:
  1. encoignure

    n.f. encoignure [ɑkɔɲyr] (de coin)

    Angle intérieur formé par deux murs qui se rencontrent: Placer un meuble dans une encoignure (coin).Remarque Dans ce mot, -coi- se prononce [kɔ], comme dans cogner.
    On peut aussi prononcer [ɑkwaɲyr] où -coi- se prononce normalement. []

  2. embrasementn.m. embrasement LITT.

    1. Action d’embraser; grand incendie: L’embrasement d’une forêt.
    2. Grande clarté rougeoyante: L’embrasement du ciel au soleil couchant.
    3. Agitation qui conduit à de violents troubles sociaux: Cette loi a engendré de nombreux embrasements dans le pays (effervescence).

    []

  3. embrasure

    n.f. embrasure

    Ouverture pratiquée dans un mur pour recevoir une porte ou une fenêtre: Le chat se tient dans l’embrasure de la fenêtre (encadrement).

    []

j’ai essayé d’envoyer ce commentaire sur un blog mais ça n’a pas marché (elle avait fait ctrl-c avant d’envoyer)

je ne m’y connais pas, comme vous, en poésie (mais j’aime souvent les poètes que vous ramenez ici). et je voudrais vous rapporter quelques souvenirs que j’ai (non que je l’aie connu) à propos de ce qu’il en disait, lacan , des métaphores, de la métaphore : parlait d’elle comme de ce qui sautait le pas.  parlant d’elle disait le pas-de-sens, comme on dirait, disait-il, le pas-de-calais. la métaphore comme un saut. et pour parler de la métonymie – enfin, ces  choses, à un moment donné de son enseignement, bien sûr, ce n’est pas pas figé -, parlant de la métonymie, disait : le peu-de-sens. la glissade, le peu de sens. parce qu’il faut faut-il pas à un moment donné se décoller, non pas du réel, mais de la réalité, se décoller, faire arrêt dans le sens, celui-là même qui rate, le réel, le rate. puisque comme vous dites, c’est une brûlure, ça n’en n’a pas, de sens. le réel. alors, moi, vous savez, je ne sais pas, de quoi il parle, quand il parle, lacan, de métaphore. très franchement. je serais bien incapable d’en reconnaître une s’il m’arrivait d’en croiser. hélas. hélas. et il me souvient, avoir réfléchi, un moment à cela, la devenue impossible métaphore, mais je ne sais plus dans quel sens. toujours est-il qu’encore, je pense veux penser à cette façon que nous avons de vouloir coller, dédoubler, travailler dans le clone, la duplication, le petit autre, le semblable, le plus semblable possible; coller, vous comprenez, je veux dire : l’appareil numérique, le blog, l’instantané. la présence éternelle, et le désir encore de reproduction, mais mécanisée, la photocopie, oh, on m’appelle. au revoir.

RE:(commentaire de commentaire)

je pense que nous vivons une époque qui en est dns les balbutiements des jouissances nouvelles qu’offent les possilbilés toujours plus grandes de ce que j’appelle la réplication de la réalité, voulant souligner que s’il s’agit de représentation, d’une nouvelle présentation de l’objet, le désir étant appelé cà osciller entre l’objet représenté et sa reprensation,  cette une représentaiton le représentation et le désir qui s’y lie de toujours, quand elle se colle à l’instant-même, en direct : what are you doing right now? et tous les outils à notre disposition pour rendre possible peut-être vivons nous une époque où l’objet représenté tend de plus à plus à disparaître au profit de sa représention. une époque où la scène est partout. se donnant comme de plus en

ce qui colle ? ce serait – ce qui colle directement à la réalité, branché en direct : what are you doing  right now?  et le (désir)(besoin)(nécessité) qui se lie de répondre à cette question, de se projeter dans sa propre représentation. se projeter perpétuellement dans sa propre représentation, dans l’absence à soi (fuite). la représentation tenue pour désirable, ce qu’elle est, mais dans le déni de ce qui est représenté, de l’objet-même, qui devient ou deviendrait l’oublié de l’histoire, le rejet.

autant de questions qui interrogent merveilleusement ce qu’il en est non pas pour ma part ce qu’il en est de l’art, mais de ce qui en vaut la peine.

ce que vous dites, je le sens. et j’essaie d’y initier ma pensée qui a tendance à fonctionner en système où elle se fige.

c’est moi qui vous remercie pour votre réponse.

de toute façon il reste la musique.

et voilà qu’arrive Bentham et son « jouer à la punaise vaut bien lire de la poésie si la quantité de plaisir est la même

eva hesse contingence
eva hesse : contingence

« et voilà qu’arrive Bentham et son ‘jouer à la punaise vaut bien lire de la poésie si la quantité de plaisir est la même’

qu’est-ce qui dans cette phrase de Bentham choque Freud ?

ce n’est pas qu’il soit question de plaisir, de jouissance qui pose problème, c’est
l’élision de la qualité.

peut-on faire l’économie de la qualité?

qu’est-ce que la qualité?

quel est le rapport de
la jouissance et
de la quantité,
du nombre,
du chiffre.

// dira-t-on
la jouissance est chiffrage
le désir
déchiffrage. //

(quand Jules
fait son
« exposition » dans
mon
bureau.
s’assoit à côté de son « œuvre » qu’il nous a invitées à regarder, contempler.
il nous interroge:
alors, quel est le chiffre
où est le chiffre
vous le voyez? c’est quoi
le chiffre?
(ici, c’est probablement une interprétation qui est demandée. au moins, cette demande, je l’ai entendue.))

à s’en tenir au chiffre, toutes les équivalences
sont permises. toutes comparaisons équivalentes.

(est-ce que quand il demande quel est le chiffre
Jules déjà déchiffre
ou plutôt nous demande
de déchiffrer.
serions-nous ceux-là, celles-là en l’occurrence, puisqu’il s’agissait de ma mère et moi, qui
connaissons le chiffre.

et le chiffre ici, n’est déjà plus n’importe quel chiffre. c’est le chiffre.

et lui, le sait-il le chiffre?
(son chiffre)

chiffre/déchiffrer
défricher.)

et à quoi tient-elle la qualité. elle est en tout cas ce qui fait obstacle à l’équivalence universelle.

1 = 1
1 pomme ≠ 1 poire
1 pomme a le prix d’une poire
1 euro = 1 euro
mais 1 pomme n’est pas 1 poire

la pulsion est acéphale – l’obsession – l’obsessionnalisation du monde contemporain – l’addiction

la différence, la différentiation

qu’apporte la notion de qualité. devenue si difficile à saisir, retenir. par quelle voie? quel moyen?

/ la qualité tient au trauma. /

A.-M.

IMG_0002

IMG_0003

des anna maria ou anne-marie (voir  l’école les filles lacan et dans l’embrasure), il y en a eu plusieurs. j’en retrouve une. la photo ne date pas de l’époque des dames, mais des filles, de la sagesse (2° et 3° primaire). est-ce que nathalie était malade?  nathalie était peut-être souvent malade.

Anne-Marie la sage.

~

de ce court post, je décide du titre : j’écris : A-M et je pense, alors quoi? Anne-Marie Stretter?
A-M Garavello, A-M Stretter…

treize

 

 

 

c’est aussi aujourd’hui l’anniversaire du (double) meurtre de mon oncle.

               un treize septembre.

jusqu’à ce que j’apprenne cette date, très tardivement, pendant la maladie de mon père, un peu avant sa mort, date que j’ignorais donc avant cela, ce jour était souvent un jour où je tombais amoureuse. j’écrivais des textes, aussi, éclairs, que fièrement je signais.

ceci s’inscrit encore dans la catégorie du mois d’août.

 

 

 

 

retour d’afrique

rapidement j’ajoute, eau au moulin,  à propos de l’homme revenu, d’Afrique, l’Africain :

  1. le premier homme garçon que j’ai connu (au sens biblique) était MULATRE (albert)
    je m’appelle müller, ça vous fait le « MÜL »
    le fantasme de ma mère : mourir martyre, ne pas, trahir, sa foi. mourir, brûlée, vive sur des
    charbons ardents, à petit feu. ça vous fait « LÂTRE »
    ah ma mère, ce grand amour pré-génial
    ah mon lacan rêvé par moi grand saint et martyr de la psychanalyse
  2. L’A-FRIC
    bon, là c’est compliqué. de fric je n’en ai point et déteste m’en faire. j’ai bien pensé à cette chose dite par miller à l’un de ses cours sur ce qui, selon lacan, pouvait motiver un psychanalyste,  une raison d’être analyste, laquelle ajouta-t-il n’avait pas été la sienne : le fric. j’avais pensé, ha ha, moi qui déteste en avoir, qui n’aime rien tant que d’n’a’voir rien, ça pourrait m’en faire, une bonne de cause, d’être analyste, d’me faire un métier, et c’est peut-être ça, qu’il voulait me dire, l’ex-analyste, quand il ne cessait de me répéter  : vous savez, c’est un métier comme un autre. ha ha, mon indignation. mon petit a me ferait du fric….
  3. Le retour
    ce rêve commence par mon père revenu de la mort. et se termine par la rencontre d’une homme revenu d’afrique ou africain
    l’afrique, la mort (mon grand désir)

~pour finir

« Comment on ne devient pas psychanalyste ».

Je ne suis pas sûre d’y avoir compris grand-chose.

A ça, n’être pas devenue analyste.

Mais j’aimerais pouvoir le dire : Je ne serai pas analyste. Je ne le serai pas, je ne le suis pas, voici pourquoi.

En premier, viendrait  probablement ma satisfaction actuelle. Ma grande satisfaction actuelle. La façon dont j’écris, le blog,  cet exercice, dont je me suis longtemps fait le reproche, qui paraît finalement pouvoir répondre de mes années d’analyse. En prolongation de cette pratique, à laquelle encore je m’adonne, de voir un psychanalyste, à un rythme certes moins soutenu qu’à BXL où a eu lieu ma « première tranche », mais toujours régulier.

Gerhard Richter - Overpainted PhotographCette satisfaction qui est la mienne d’être ce que je suis, enfantine peut-être mais, ma complicité, connivence d’avec mon corps, ma façon d’être, cet empilement ce jeu éventail de petites satisfactions qui seraient
comme autant de cartes à jouer habilement maniées mélangées aérées lancées distribuées réparties, retournées, carrées. Elles auraient lieu un peu n’importe où,  n’importe quel lieu du corps, l’instant d’un regard rapidement passé, posé, d’un mouvement, le pli d’un vêtement, la matière d’une tissu, le poids des lunettes sur le nez, l’ombre heureuse d’un arbre sur la route, 3 feuilles rouges dans un marronnier, le couloir sombre de l’appartement.

Et si ça n’a pas été facile, de ne pas devenir analyste, c’est essentiellement parce que pendant quatorze ans, durée donc, de la première tranche, j’ai pensé que c’était ce que je ferais. C’était une certitude. Laquelle s’est effondrée, peu après un claquement de porte. Puisque c’est très brutalement que ma principale analyse s’est terminée. Mon analyste m’a mise à la porte ( je doute qu’il se soit douté que ce serait définitif)  ou j’ai voulu la prendre, j’ai quitté Bruxelles pour Paris.

Arrivée à Paris, les choses ne se sont pas vraiment passées comme j’aurais pu le croire.

Les analystes parisiens m’ont d’abord envoyée chez le psychiatre.

L’un d’entre eux a eu cette drôle d’idée de me dire, pensant peut-être me réconforter, que c’était une très bonne chose que de n’être pas analyste.

J’ai mis du temps à m’en remettre.

Cet analyste m’a alors parlé « d’effondrement de S1 ». Je veux bien le croire. Il n’empêche que je ne suis plus retournée le voir.

Enfin, pour contrebalancer peut-être, cette certitude, qui était la mienne, de devenir, d’être analyste, il y a ce que j’ai pu voir récemment :

On ne devient pas psychanalyste quand on a pris l’école pour ce qu’elle n’est pas. Quand on a pris l’Ecole et la passe, pour c e qu’elles ne sont pas.

Et on ne devient pas psychanalystes parce que les filles, c’est bête. Et qu’on n’est pas arrivée à poursuivre ses études parce qu’on ne savait « pas-tout ».

Cela m’est venu en rêve, le mois dernier, comme j’avais décidé de chercher à en découdre avec les angoisses qui depuis des années me prennent au mois d’août .

Le premier rêve m’a d’abord appris que l’école de mes humanités, les Dames de Marie, et celle de la Cause freudienne se confondaient dans mon esprit.

J’ai rêvé que Jacques Lacan était Directeur des Dames de Marie.

J’ai rêvé que les filles complotaient contre lui et que, malgré leur invitation à « rester avec elles malgré que je sois contre elles », je les ai trahies et dénoncées.

J’ai fait ce dessin

lecolelesfilleslacan

J’ai vu que les filles étaient bêtes, et surtout qu’elles étaient des filles. J’ai vu que Lacan, lui, était un « génie ».

J’y ai reconnu mon aliénation.

Ou les filles ou Lacan, et si j’avais l’un, je perdais les autres. Si je choisis les filles, j’aurai les filles amputées de l’école (savoir ou communauté de savoir? savoir universitaire ou savoir psychanalytique? désir de savoir?)  et de Lacan. Idem, si je choisis Lacan. Si ce n’est que je crois que si je choisis Lacan, je perds tout. L’école, les filles. Et le génie. Ou alors extrêmement solitaire, inconnu, incompris et méconnu (le génie).

Dans les deux cas,  l’école est perdue.  L’école comme cause perdue. C’est là où ça ne passe pas tout.

J’y ai compris ma « parano ». Elles complotent parce que je les trahis, parce que je ne me reconnais pas comme étant des leurs.

Mais elles complotent aussi parce que du martyr, j’ai fait un idéal. Cela, un autre rêve me la rappelé.

Un rêve dont je dirai seulement que mon père y revient de la mort, tandis qu’un homme y revient de l’Afrique.

Je me suis demandé pourquoi l’Afrique. Et je me suis souvenue que le premier homme avec qui j’ai fait l’amour était mulâtre.

Je m’appelle Müller.

C’était bon pour le MUL, mais que venait faire l’ATRE aussi chaude que soit l’Afrique. Et je me suis souvenue que ma mère rêvait, fantasmait de mourir martyre. De ne pas trahir sa foi et de mourir brûlée à petit feu, sur des charbons ardents (maman, pardonne-moi, je sais que tu as honte, mais c’est pour la bonne cause !)

Brûlante Afrique, passion Christique, délétère dira-t-on. Lacan, patron saint et martyr.

Bon. Il y a la question de l’argent aussi. Du fric (Afrique). Mais elle n’est pas résolue. Personnellement, je me préfère sans, mais ça n’est pas pratique. Je passe.

Va donc pour la question du fric, mais je reste avec ma mère.

L’amour. Et celui  des filles. L’homosexualité.

Pour en parler le plus brièvement possible, je dirai, je le qualifierai, cet amour, d’amour « pré-génial ».

Le terme n’est pas complètement de moi, d’un rêve encore. J’ai donc rêvé  également que JC E me disait qu’il travaillait à un texte sur l’amour pré-génital. C’est en transcrivant ces mots que j’ai reconnu le « génie » (de Lacan) à propos duquel j’écrivais la veille.

Donc, ça donnait :

génie ≈ génital

Ma mère, ma mère, ma mère, et le « génital ».

Comment elle s’appelle cette pulsion qui n’existe pas mais qui si « elle existait irait se faire f… dans l’Autre » ?

La pulsion génitale…

(Oui, je connais bien le Séminaire XI, mais ça fait très longtemps que je ne lis plus de psychanalyse. J’ai arrêté le jour où j’ai voulu écrire à mon tour. Mais ça n’a pas marché.)

Laissons là les mères et les filles, restons sûres du génie de Lacan, au passage glissons qu’on a deux frères géniaux.

J’ai donc rêvé beaucoup durant ces vacances. Par  2 fois, de l’Ecole des Dames de Marie, des « filles ». Dans le premier j’étais contre elles, dans le second je commençais avec elles, jusqu’à ce que je me retrouve seule. Dans ce rêve, une « meilleure » amie aimait un homme, mais son amour le mettait en fureur, la rendant très malheureuse. Elle vit cependant son amour payé de retour du moment où elle trouva une place, un travail.

Elle trouve une place et je n’en trouverai plus. De place pour m’asseoir en cours et prendre note. Cela se passe au moment où un professeur, une femme ( qui me déteste sans raison, mais qui ne m’a pas exclue de son cours, ça c’était celle qui m’aimait (sans raison) qui l’a fait) est remplacée par un homme (insignifiant).

Le récit de mon rêve passe alors du « nous » au « je ».

(Un homme vient à la place d’une femme).

Et je perds ma place. Peut-être pas directement à cause de l’homme, mais certainement à cause de mes absences. Je devais être très souvent absente. Tant et si bien que j’ai de longues années durant rêvé avoir à demander des notes, aux autres, qui n’avaient pas spécialement envie de me les passer (elle, n’est jamais là, et elle, n’en voudrait pas, payer, les conséquences !)

Et il m’a semblé, mais les deux choses me sont encore difficiles à coller, à associer, qu’à ce moment-là, je sortais tout le temps. Seule, la nuit. J’attendais que la maison soit endormie, revenais au petit matin. Faisais semblant d’aller à l’école, et revenais dormir dans ma chambre (nous habitions une très grande maison). La nuit, je dansais, je rencontrais des hommes. Ca  ne se sera pas très bien passé. Ou trop bizarrement. J’avais seize ans. Le fait est que je « couchais avec tout le monde » (hommes) – et m’étonnais (probablement) silencieusement (sans que ça se formule exactement) de n’être pas mariée. J’avais cru que c’était comme ça. Un homme, une femme, se rencontraient, se mariaient. Ils faisaient l’amour (« la plus belle chose du monde » avait dit ma mère). Et avaient des enfants (5).

Donc, d’un côté je me faisais baiser, de l’autre, je ne veux plus « pas-tout » connaître.

Dans les rêves de cet été, les choses aussi étaient bien séparées, 2 rêves des Dames et 2 rêves très violents avec des hommes qui veulent me tuer. Dans le premier, une femme me trahit (rit, m’a fait une bonne blague). Dans l’autre, une femme se sacrifie (pour me sauver se fait violer). Je trouve ensuite le lieu du sacrifice, une place vide, dans la terre, cerclée d’une roue astrale. (La roue, mon nom, meunier tu dors, Oh Jacques (mon père) pourquoi m’as-tu abandonnée).

C’est la violence de ces rêves que j’ai du mal à comprendre. La violence et l’effroi, l’épouvante. La même peut-être qui m’a poussée pendant des années, lorsque je faisais l’amour, à chercher, en pensées, les mots pour l’écrire, ce qui se passait, à ce moment-là. Rien qui pour moi, n’aie plus convoqué l’écriture (et l’analyse).

Revenons au « Comment on ne devient pas psychanalyste »… quand on a eu la grande passion de la psychanalyse.

Eventuellement, ajoutons auparavant tout de même ceci.

Dans le premier rêve dont il a été question, « L’école, les filles, Lacan », l’école de la Cause freudienne est également  personnifiée par ses analystes, auxquels je m’adresse (dans la loge de la concierge) pour les prévenir de ce qu’un abominable complot se trame contre Jacques Lacan. Ils n’en sont pas outre mesure alarmés. Et plus tard, après que j’aie refusé l’offre en mariage que me faisait une jeune fille (Anne-Marie, Stretter ?), pour acheter mon silence,  un homme, un psychanalyste (La Sagna ?) me … baise (excusez-moi du mot, j’en ai cherché d’autres, sans succès jusqu’à présent), alors que je suis gentiment allongée, telle la Sphynge en haut des escaliers qui mènent à la loge, dans le couloir d’entrée de l’Ecole (en face de moi, le même grand escalier, qui lui, mène au bureau du Directeur).

Je dis ça à cause de ce terme « baiser ». C’est le même que celui que j’ai utilisé quand je parlais des garçons que je rencontrais lors de mes escapades nocturnes.

J’ajoute, il me baise, et quand je le revois, circuler dans la salle des profs, je m’aperçois qu’il agit de même avec toutes les autres femmes (analystes, elles).

J’avais bien noté ça tout de suite, qu’à ce niveau-là, de l’intersection, la lunule, « ça baisait ».

Ca ne se passe pas au mieux, ça ne s’arrange pas avec l’amour, mais ça a lieu.

Je suis peut-être obligée d’ajouter que c’était là pour mon père péché mortel (j’étais vouée, à son grand désespoir, à l’enfer).

L’assomption de son propre sexe. Le rapport sexuel. L’horror feminae.

Je ne sais pas si l’on devient psychanalyste, pas plus que je ne sais si l’on devient femme.

Mais, je sais que c’est ce qui m’a retenue en analyse, qui m’a empêché de faire une passe de « petite fiancée éternelle » de la psychanalyse, faire qu’au moins ça se fasse, l’amour. Faire qu’il y ait ça dans ma vie. Rester dans la proximité de cet « impossible rapport sexuel, qui ne cesse pas de ne pas s’écrire. » A l’amour, je suis arrivée, venue (pas sans remous, remue-ménage).

Je sais aussi que la psychanalyse et son intelligence peut vous apprendre à vous mettre d’accord avec ce que vous ne pouvez vous empêcher de faire, et qui vous fait souffrir. Elle peut vous apprendre à vivre en dehors de ce que vous aviez tellement espéré, de ce que vous considériez comme la normalité, vous apprendre à apprécier, ô combien, votre a-normalité.

Est-ce que cela suffit à ne pas faire un psychanalyste.

Je veux encore  être analysante, toujours, et que les enjeux qui sont ceux de l’analyse restent brûlants, vivants. Titillants.

Mais je n’ai plus besoin d’être analyste.

Quant à être une femme. Il y a mon homme, il y a mon petit enfant. Nous vivons ensemble. Et ça se passe plutôt bien,

Paris, le 15 septembre 2009

~pour finir encore

il me reste des rêves, faits au mois d’août, que je n’ai pas recopiés ici. et je ne le ferai pas. août déjà trop loin. douceur s’éloigne. l’éloignement de la douceur. une page se tourne.1

(ça sera août adouci, septembre endurcie)

Notes:
  1. un rêve où mon père me reproche « ce qui s’est passé avec l’ex-analyste », veut lui parler. et puis, l’ex-analyste lui-même qui me fait le reproche de l’avoir « traité comme un chien ». mon image idéale d’un belle longue femme avec chien. femme sans peur, seule et complétée, mais est-elle sans désir? alors le lien du désir et de la peur. un rêve où mon oncle vincent se marie, où je critique encore les femmes : eh voilà, ce que c’est devenu, la société, c’est les femmes, qui dirigent, pensai-je dans le rêve, même les jeux. un où roger rentre en prison, en très mauvais état, où je sais qu’il va encore se faire maltraiter (lendemain de cet extraordinaire film de sam peckinpah, la horde sauvage (pas sans lien avec film qui sort, le prophète, que je n’ose pas aller voir. la prison, mon oncle, pas vincent, l’autre). voilà donc, drôle de série sans doute, mon père, l’ex-analyste, l’oncle vincent, l’autre oncle (jp). la belle femme à beau chien que je n’ai pas voulu devenir…  []

intro_004

ne sais plus ce que c’est cette image, mais peux le retrouver.
me rappelle les lotissements derrière les dunes à nieuwpoort, où nous allions rouler, ma tante et moi, en kuistax. lotissements de villas, larges allées désertes, nous étions en juin. cet air artificiel. villégiature, villas de villégiature. des allées, dis-je, des routes plutôt où les voitures étaient interdites, circulation locale exceptée. des trottoirs, au milieu de nulle part des ronds-points. autant de vie que dans un jeu de légos. comme dans ce chien figé qui semble hésiter à emprunter lui aussi le raccourci tracé en diagonale (dans quelle histoire est-il ce chien debout / qui
réparera l’âme des amants tristes
).

l
m
m
j
ven dre di  – sommes malades tous, au lit
s – la semaine prochaine je travaille
d
l un di – presque qu’aussi difficile de ne pas faire régime que de faire régime.
m
mer credi – rien, toujours rien, chipotages, demain demain
jeux dits –   pour le boulot, n’y arrive plus ( à vrai dire texte de la semaine dernière a mis fin a qq chose, conclu, d’une façon à laquelle je ne m’attendais pas, et comme s’il fallait maintenant un après. comme s’il avait conclu, mais avant terme. j’ai accouché d’un bébé qui est toujours dans mon ventre. il me faudrait rester alitée, avec lui, et lui donner, quelques temps encore
le sein le sein, qu’il me nourrisse. et aussi qu’autour de moi, on s’é merveille, on con gratule.)
vendredi  – empêchée
samedi – boulot n’en finit plus et n’ose pas y penser, je n’ose même pas y penser, à vrai dire, ne m’y suis pas mise de la semaine, mais  keski reste à faire misère:

1) écrire à dh
2) le bas de la page
3) le sitemap
4) les pages d’articles
5) arranger pour la navig
6) la homepage

dimanche –  le problème, c’est que ça, ça n’est pas savoir. ça, c’est être informé. (sans compter qu’elle est toujours sujette à caution l’information.) être informé, cela n’est rien. c’est à rejeter.

l – à l’analyste je parle de ne pas aller aux Journées, plus. me dit que je peux, sans problème, me faire rembourser. décidé de ne rien faire sur dans pour le blog tant que boulot pas terminé. en ai confié les clés à f. (du blog : un nouveau mot de passe !)

m –

le fils : ca-na-aucune-importance-papale futur petit beau-fils : nous-allons-prevenir-la-policela petite-fille : grand-père, nous te-demandons-pardon

m.  – aujourd’hui mercredi, fin de septembre. j’essaye de lire, je ne lis pas. nous assistâmes à (un grand rassemblement de mots). hier vîmes  le film de qui marco ferreri la petite voiture. je vais boir un cap uccino. où suis-je au lit. jules est là, c’est mer
credi après-midi . je me décidai à tenter d’écrire, jules me rejoignit.  cher X vous, vous, trom-pez peut-être, et l’homme n’a-t-il, le vieil homme tué sa fem-
me. sa fam-
ille. n’est-elle pas morte. revoyez voulez-vous, cher monsieur, la scène du coup de fil : ils sont tous dans le bureau, où le vieux a laissé a bouteille de poison, ET, la soup-
ière est sur
la table, le bureau. s’ils savent et pardonnent, cela. considérations distinguées.1 inconfort. travailler et être chouette avec jules.

j – peut-être que pourrais ne plus le voir, l’analyste. peut-être. lui dire quoi. quoi, encore. et l’argent. on verra, je ferai peut-être un rêve. impossible tenir rythme du mois d’août, tenir, soutenir, ce rythme.

vendredi, seigneur, tellement travaillé, cette semaine, cet effort, c’est à vomir. concert, tout à l’heure. je m’occupe bien de f.

s
d
l –  impossible me remettre au boulot
m- curieuse cris e de panique – passée déjà mardi 6 octobre. hier lundi jour de lanalyste (crise de panique à la place d’1 rêve?)

m – jules n’a pas voulu aller au centre de loisir. f. je ne sais où. je ne fais plus rien. je ne sais plus rien. je vais faire des crêpes à jules. je ne suis pas malheureuse: inconsciente.

Notes:
  1. or donc, oui, on le  voit aux images : ils savent tout. la bouteille de poison et la soupière sont sur la table. le père a essayé de tuer ses enfants, et ils lui demandent pardon. []

vendredi soir, 23:52, ce qui m’ennuie, c’est d’être maintenant sortie d’un grippa A qui n’a duré que … 48 heures.  et qui plus est, de n’en être pas morte. tandis que

je suis censée rester contagieuse jusqu’à mercredi prochain.

comment je suis tentée de fermer le blog, comment je suis tentée. d’arrêter, de lâcher

la grippe a (h1N1) est une grippette.

il est 11:06, j’arrête d’écrire à 12:06. mardi.

donc, j’ai eu la grippe a. c’est une grippette.

premier soir, de mercredi à jeudi, la semaine dernière. f. absent, en hollande. ressens douleurs un peu partout, courbatures. suis au lit, m’apprêtais à m’endormir. me lève pour chercher thermomètre, ne trouve pas. me rends compte que douleurs m’empêcheront de dormir, prends du paracétamol.

le lendemain matin, jeudi. au réveil, douleurs, courbatures, reprends paracétamol, conduis Jules à l’école. au retour téléphone à f. pour qu’il me dise où se trouve le thermomètre. pense déjà à la grippe a (les courbatures). prends ma température, 37°1, ça n’est pas grand chose. annonce néanmoins  sur facebook que je suis malade. travaille, c’est le matin.

l’après-midi, trop inconfortable, me couche, température monte jusqu’à 38°9. j’espère que je vais bientôt mourir. je me demande si je dois prendre de quoi la faire baisser ou pas, je me demande si je dois appeler un médecin ou me laisser mourir, mais je me demande également comment je vais faire avec jules avec qui je suis encore seule ce soir-là, et qui, si j’ai la grippe a, ne doit pas l’attraper. je renonce momentanément à mourir, j’appelle le médecin qui n’est pas là. sur son répondeur, déclare qu’aimerais simplement un diagnostic, et justifie ce désir du fait de l’existence de mon enfant. le docteur me rappelle. il semble trouver mes questionnements valables, me fait venir à son cabinet. ah oui, ce serait bien la grippe a, dit-il, il n’y a pas d’autres grippes en ce moment. grippe a, par défaut donc. je m’en contenterai. je suis sa première grippe a.

je ressors assez contente. ce diagnostic est celui que je voulais car il est mortel. j’annonce à fred, au téléphone. je vais chercher jules à l’école. lui explique qu’il ne doit pas me toucher. et que ce soir, je ne pourrai pas lui raconter d’histoire (mon pauvre enfant, mon pauvre enfant, ta mère, est indigne). en fait, j’ai beaucoup de fièvre, et la situation est un peu difficile, tendue. je propose à jules de regarder un dvd en échange (de l’histoire). il accepte. si ce n’est qu’à la fin du dvd, il crise. il est teletubbies en ce moment. il crise donc, veut revoir une deuxième fois le dvd. il est très teletubbies en ce moment. j’appelle son père, je suis moyennement patiente, je crois que je voudrais surtout tirer quelque profit de la situation et ne pas lui raconter d’histoire. son père n’est pas convaincant, je raccroche, un peu dépitée. m’énerve, dis à jules, très bien, je vais te raconter une histoire, tu vas tomber malade, toute l’école va tomber malade, et on va fermer l’école et ça sera terrible et voilà ! (je suis trop trop méchante, c’est terrible, c’est horrible) il dit : non, non, non, je veux pas. bien sûr, il ne veut pas ça. il pleure (honte sur moi). je lui dis jules, stp ne sois pas fâché, je suis malade, c’est difficile, tu sais, je ne suis pas bien, ne sois pas fâché stp. bon, je vois que ça va mieux. on se reparle dans une tonalité raisonnable. un peu geignarde mais raisonnable. on va vers la chambre. là, il me dit, quand je m’assieds sur le lit : mais! ne me touche pas ! je sors penaude, punie par où j’ai péché. punie par où j’ai péché.

je vais me coucher, attends son père, lis, dors, lis, prends du paracétamol, lis dors lis. des nouvelles de jg ballard. je n’aime pas tellement l’idée que cette grippe vienne du porc.

le lendemain, vendredi. son père est là, à jules donc. il reste travailler à la maison. il appelle son bureau, ils disent qu’il doit rester à deux mètres de moi ! ho ho. son chef lui dit que je n’ai pas la grippe a, parce que si j’avais la grippe a, j’aurais certainement des courbatures que je n’ai certainement pas. mais j’ai des courbatures, j’ai des courbatures. cette question du diagnostic m’inquiète. je m’en rends nettement compte à ce moment-là. je tiens beaucoup à être affectée d’une maladie mortelle et que cela se sache. je pense à la mort, qui se rapproche, je me couche, je me délecte à l’idée du testament que j’écris mentalement. bonne fille je prends mon paracetamol, par quoi la mort ne devrait tout de même pas être arrêtée, et ma température baisse.

samedi. je dors beaucoup. le matin jusqu’à 2 heures je crois, 14 heures. je suis contente parce que j’ai lu que dans les symptômes de la grippe a, il y avait ça : grande fatigue pouvant aller jusqu’à la prostration. c’est exactement ça, je suis prostrée, je suis prostrée. vaporeuse, évaporée, je téléphone enchantée, mais n’en laissant rien voir, à mon médecin. il n’est pas convaincu, il s’étonne, fatigue ? fatigue ? ah ça, mais ça ne doit pas être la grippe, rien d’autre ? comme symptôme ? ce médecin ne le sait pas encore, ce médecin est un médecin mort, à mes yeux, s’entend. condamné. il sème le doute dans mon esprit. il est très important que j’aie la faculté avec moi, ou, tout du moins, l’un de ses représentants, or ce médecin ne regarde pas internet ! il me dit de le rappeler lundi, tout de même. compte toujours, sur moi, tu m’intéresses. je dis à f. qu’il faudra songer à en changer, de médecin, car ce gars-là n’y connaît rien. inconséquent, f. pense que ce type est très bien, mais s’occupe prudemment de maintenir la distance de 2 mètres entre lui et moi, entre moi et jules. tirerait-il lui aussi une quelconque satisfaction de la situation.

l’après-midi, c’est bonheur. je n’ai plus mal nulle part, je n’ai presque plus de fièvre : 38°1, que je ne ressens curieusement pas, alors que d’ordinaire j’agonise à 37°2, mais, cela se confirme : j’ai mal aux poumons quand je respire. consultation, le soir, d’internet. c’est une complication de la grippe a, une pneumonie virale, lente, insidieuse, pouvant passer inaperçue, moins grave malheureusement que les autres, mais, si je fais bien attention, j’arriverai bien à en mourir, non. mon père en est mort, mon grand père en est mort, ma mère vient récemment de faillir en mourir, ça ne s’invente pas ça, je suis la suivante sur la liste, ça va de soi. joie me pénètre.

nuit de samedi à dimanche : angoisses inexpliquées. qui me maintiennent éveillée. me conduisent à prendre un demi solian.

dimanche : mon état a empiré, j’ai encore plus mal. à chaque respiration. je cache ma douleur pour n’alarmer personne et que je ne sois pas envoyée à l’hôpital et soignée. à chaque respiration, j’ai mal. j’apprends à jules à jouer à Uno, je porte un masque, j’étouffe un peu. on s’amuse bien. mais, je m’inquiète, je ne voudrais pas qu’il attrape cette saloperie qui vous emporte en quelques jours. en m’endormant le soir, je me dis que je suis tout de même bizarre.

à partir de lundi, il n’y a plus rien à dire, car à partir de lundi, il n’y a plus rien eu : je n’ai plus mal. j’éteins toutes les radios pour m’en assurer, fais le calme complet, respire, non, ça ne me fait plus mal, tousse, ah, je tousse, non, ça ne fait plus mal, tu tousses, oui, je tousse. je suis victime d’une grande déception. j’ai 37°5. et pendant la journée, au cours de laquelle je surfe et travaille, je ne suis plus qu’une boule de nausées et de migraines auxquelles je ne prète même pas attention.

aujourd’hui, c’est mardi. je profite encore de ma semaine de quarantaine. ce n’est toujours pas moi qui me lève le matin pour habiller jules. demain c’est fini. le guerrier doit se relever, le dormeur se réveiller.

11:48 : je relis.

12:07 : je publie

la nuit dernière, j’ai rêvé que j’avais de grandes (très grandes) boucles d’oreilles

essaie de me réeiller. vis raiment incoryablement en dehors du monde. hier u film de ruiz.généalogies d’un crime. aant-hier vu  film de bunuel, premier film de la période meicaine, oublié son titre, comédie musicale. commencé autre livre de ballard. un livre qu’il recommande de lire n’importe comment, en le prenant dans n’importe quel endroit. je ne sais pas d’où vient cette fatigue. l’automne? la ménopause ? je ais me faire un café.

toutes les heures twitteur
me parle

1 new tweet.

big_ben_clock

BONG BONG 19 minutes ago from API

autruiche, vie chamboulée,

SNV80593SNV80592

si j’étois une autruche (j’ai un coup de fil à donner et j’hésite)

je suis fatiguée. hello, c’est dix heures huit minutes, c’est lundi et je suis fatiguée. je ne sais pas si je vais donner un certain coup de fil ou pas. est-ce que je le fais, est-ce que je tente de vérifier, encore, la nature de mon lien à la psychanalyse, ce qu’il me reste à en faire. rien. quelque chose. est-ce que j’essaie de débusquer chez moi, encore, « le désir de savoir ». comment est-ce que je fais pour en finir vraiment avec l’idée de (ne pas) devenir psychanalyste. je dors? je continue comme je fais actuellement, je dors, je laisse passer le temps. j’attends. j’ai beaucoup attendu de la psychanalyse, j’ai cru que je lui devais de rester en vie, que je lui aurais dû d’être restée en vie. un psychanalyste, certain psychanalyste pourrait penser que j’aurais encore des choses à lui dire, que ça pourrait encore bouger. je pensais par exemple que la psychanalyse pourrait encore faire que je jouisse mieux. je veux dire sexuellement parlant. ou, quand je lis ce rapprochement entre pas-de-pénis et pas-de-savoir, je me dis, c’est ça, simplement, le savoir m’est resté inaccessible parce que je n’ai pas pu me faire à ça : pas-de-pénis. j’ai pourtant insisté. – à certains égards la psychanalyse ne se supporte pas elle-même. la psychanalyse est insupportable à la psychanalyse même. la psychanalyse est-elle une croyance? ai-je cru à la psychanalyse? la paychanalyse est pleine de promesses, m’a été pleine de promesses, et d’exigence, de promesses d’exigence. alors qu’il est possible qu’elle ne demande rien, que cette promesse-là, ultime, elle ne la tienne pas. et puis toutes les autres, bien sûr, qu’il suffise d’en passer par elle pour devenir une femme, pour, apprendre à supporter le désir et la jouissance. la psychanalyse n’est qu’une pratique. la théorie n’est pas ce que deleuze disait, la vie-même, non, la théorie est la théorie, la théorie, c’est le chant de la sirène psychanalyse. sirène psychanalyse. la psychanalyse n’est pas une femme à queue. de poisson fût-elle. j’aime le vertige. j’aime le gouffre. c’est que je me suis dit en lisant ces mots, à propos de la pulsion de mort, quels étaient-ils? j’ai pensé la pulsion de mort j’ai ça fort, la pulsion de mort, j’aime ça. le reste du temps je dors. ce que sait jacques-alain miller le dépasse en beaucoup d’endroits. poursuivre une analyse sans le transfert? sans ce que j’appelle la confiance? la confiance ? est-ce le transfert, a-ce été le transfert? « je pense que nous pouvons continuer ensemble et essayer de dépasser cette question de la confiance ». me dit-il. du moment où tu parles, il y a transfert. j’aime aussi le vertige des pleurs, ce qu’il en reste, après coup, le vertige de mes pleurs en analyse. je pourrais être analyste, s’il n’y avait pas toutes ces choses à mettre en place pour que cela se fasse, je pourrais. je pourrais, mais être dans l’école c’est ce que je ne pourrais absolument pas, absolument plus. miller sait des choses qu’il n’aurait pas dû savoir, qu’il ne peut savoir que de les avoir entendues sur le divan, qui sont contraires à ce qu’il est. puis il a conclu trop vite, mais on peut faire ça. je pense cependant que le pas-de-plus, à faire, dans la théorie, il ne pourra pas le faire. moi non plus. mais c’est bien quelque chose lié au XXIè siècle et à la longueur du temps. je voudrais simplement que les gens viennent chez moi, nous boirions des verres, je leur ferais à manger aussi, ça serait bon. f. hier faisait de la musique. hier j’ai eu dramatiquement envie de faire l’amour. on peut écrire un mot simplement parce qu’on en a envie. j’ai par contre confiance dans l’angoisse. plus que certains analystes.

il fait glacial

je vais dormir, je vais re-regarder ce film de ruiz. je vais mettre le réveil à l’heure. je vais mettre de la crème sur mes paupières.
hm. sais vraiment pas quoi faire.
bon, vais m’acheter une pomme. faire sécher le linge.

– appuie sur play

Si jamais tu t’accroches à ma légende
Il faut que tu t’en remettes à mon mal
Ne trahis pas, vois la plaie où s’épanche
Tout un monde animal