le goût de la castration

Comment donnerai-je à  mon enfant le « goût de la castration». Si la castration se situe du côté de l’histoire, du tranchant de la date, de la coupure dans le temps. Du côté de la parole, du renoncement à une vérité toute, à une identification ultime, définitive. Comment la rendre suffisamment séduisante qu’il ait le goût la force de sortir du tout à la consommation immédiate, du tout à  l’immédiateté, l’instant ? Il faudrait pour cela que j’aie pour moi-même mieux pu jouir de ces choses que je voudrais lui donner à  mon tour, après qu’elles m’aient été donné par mes parents – l’art, la culture, le goût de la lecture, de la science, du savoir. Que j’apprenne à en jouir plus surtout qu’elles se dégagent de leur vêture d’idéal, à  moins qu’il ne s’agisse de ne plus les prendre comme les moyens du maître, l’instrument qui l’installe, l’établit. Que je puisse apprendre à  me réjouir de la relativité propre à n’importe quel savoir et que mon désir de certitude s’en tienne à  celle-là . Que ce ne soit plus mon être que j’aie à défendre quand la parole je veux prendre, que j’apprenne le courage de défendre ce dont je veux parler. Que je n’aille plus à  vouloir me confondre avec ce dont je voudrais parler. Que j’ose séparer ces choses de moi pour apprendre à elles les défendre et à en apprendre le partage. Comment sortir du silence ? De mon silence et pourquoi m’y contiens-je ? Silence mien depuis l’enfance. Silence de ma mère. Pour partie, silence d’hystérique gardé sur l’inestimable valeur de ce que je vaux comme petit a, comme innommable, comme femme. Et pourquoi faut-il que ça soit si difficile de faire exister ça et malgré tout prendre part au commerce des hommes. Comment cette chose peut-elle être si forte qu’elle me tienne absolument à  l’écart de la culture, si je considère que la culture commence du moment où un discours s’organise et s’adresse. C’est que je m’y veux toute à  cet endroit, toute à cet objet, par où d’ailleurs je le trahis, parce qu’il n’existe qu’en reste, nulle part incarné, d’une division que ma parole, la mienne, seule peut opérer.

d’hier

– la fiction, j’en rêve…
– vous en REVEZ?
– ben oui, pour me débarrasser de la psychanalyse. me débarrasser de moi.

au sortir: je n’ai pas du tout envie qu’on pense que je veux voudrais devrais pourrais écrire de la fiction. qu’on pense que mon désir soit là . et qu’à  nouveau on veuille m’en embarrasser.

le jour après: mais souligner que je « rêve » de la fiction, n’implique pas nécessairement qu’on pense que mon désir soit là .

je veux me débarrasser de l’écriture. je veux me débarrasser de mon lien malade à  l’écriture. je veux justement cesser de « rêver » d’écrire. ça en passe par écrire. ça en passe par écrire, ça en passe par le faire. ce blog pourrait me le permettre.

je ne pense pas que je puisse retourner à  la fiction. et il est vrai que la psychanalyse, la pratique de la psychanalyse, a entraîné que je me suis passionnée pour la fiction que j’y découvrais, que j’y construisais, de ma vie.

se faire honte

jarrivenchantéelaveillej’ai
luterminédanslavoiture
la
note de miller sur la honte

(je ne dis pas que ce n’est pas pénible d’écrire tout ça, ça l’est)

à l’analyste mardi je dis :
« le problème, ça a toujours été de signer. comme si…»
là, j’hésite presque longuement.
je crois que je lui ai dit « …comme si rien n’était à la hauteur, ne pourrait être à la hauteur de ce nom».

surprise, pas convaincue, j’ajoute que non, ce n’est pas ça.

je parle de la note de miller, sur la honte. je n’en dis pas vraiment grand chose. mais ça me mène tout de même à dire que je crois que maintenant je pourrais signer de mon nom.
il se lève, se dirige vers la porte, me demande comment va mon fils. je lui dis qu’il dit « maman. mam… maman».

c’est comme ça.


souvenir de la note de miller

un jour lacan dit: « je veux vous faire honte» (certains s’en seraient scandalisés).

lisant, je me dis, est-ce que c’est ça que je me fais, quand j’écris, quand je me fais lire :
est-ce que je me fais honte ? est-ce que c’est ça ? et pourquoi ça serait bien, ça serait mieux, vaudrait mieux ? se faire honte, plutôt que pas.

lacan dit (moi, je dis toujours ce que dit lacan), ça ne sont pas ses mots, exacts, il dit
« … ça n’est pas si courant que ça mourir de honte ».

il lacan dit, « ça s’est perdu, la honte». est-ce qu’il dit que ça s’est perdu avec le capitalisme, je ne sais plus – pour le coup j’ai peur d’avoir mal retenu : passons.

la honte, l’honneur – ça s’est perdu.

tout cela qui vous vient de ce que vous êtes liés à un S1, explique miller. je lis un « S1 », je pense « nom du père ». je pense « nom de mon père ». je pense « mon nom».
le S1, le nom propre. c’est une lecture, il y en a d’autres. (un S1, pas un autre, d’aucun autre.)

s’est perdu. la honte, l’honneur. ce qui fait qu’il y a quelque chose dans le nom, votre nom, le nom propre, qui serait au-delà de vous. dont il faille se montrer digne. pour quoi, à l’occasion, on doive mourir. miller dit, dans le S1, c’est l’être-pour-la-mort.

pour tout vous dire, jusqu’à là, jusqu’à cette lecture, je pensais que le S1, il fallait le laisser tomber. que du S1 identificatoire, s’agissait de se désidentifier.

je crois que ce à quoi j’ai pensé, en séance, et que je n’ai pas dit, c’est « le nom, mon nom, ça n’existe pas. »

« ça n’existe pas », ça n’ex-siste pas, ça indique bien, jusqu’à quel point j’ai maintenu ça comme un réel : ça n’ex-siste pas au symbolique. c’est un nom, c’est un signifiant, mais mon « ça n’existe pas » indique bien qu’il n’est pas pour moi un signifiant comme les autres. il ne rentre pas dans la danse, le  commerce, je l’ai installé en position d’exception, dont aucune signification n’est digne – ce qui pourrait même valoir comme définition du phallus. « je le suis », ou plutôt « il m’est ». il me « m’êtrise ». et se faire « m’êtriser » par « l’être-pour-la-mort », ça explique peut-être certaines de mes tendances. la honte, encore, dit lacan quelque part, c’est affaire d’« hontologie ».

le nom, il ne s’agit pas de l’être. et pourtant de le porter.

ça me rappelle un texte de cet allemand, écrivain allemand, dont j’oublie le nom (toujours j’oublie les noms propres, les nom d’auteurs) qui disait « faites gaffe à porter la croix si vous ne voulez finir porté par elle ». je crois, en ce moment, que c’est de ça dont il s’agit, le nom, aussi pénible que ça soit, il faut le porter, tout en faisant gaffe à ne pas finir mourir en croix sur lui.

il n’est pas allemand, l’écrivain, c’est tournier, michel, et le bouquin c’est « le roi des aulnes ». (toute une histoire d’ailleurs où il n’est question que de porter. de la passion du portage.)

il faut le porter et il faut s’en montrer digne. mon nom, ça a toujours été le nom de mon père. je n’ai jamais pu le faire mien.

l’« hontologie », comme toute affaire d’être, c’est affaire de jouissance. donc miller dit, le S1, il faut s’en séparer bien sûr, le « désêtre », mais il ne faut pas ignorer qu’il est là, faire comme s’il n’y était pas. le S1, c’est le signifiant de ce qui vous est le plus intime, de la jouissance la plus inconnue.

et puis, pour les autres, pris parmi les autres, il redevient un signifiant quelconque (même si, à coup de savoir-faire, il leur imprime sa signature). donc, si je signe… un texte, il parlera de ce que je suis, de mes limites, erreurs, errements, etcetera. à mes yeux, il tombe de son piédestal, la statue bascule. ce que je n’ai pas dit non plus, en séance, je ne sais pas pourquoi ce n’est pas sorti, mais c’était l’idée que si je signais, on saurait, on allait savoir qq chose de mon désir. comme si le désir, à tout prix, devait rester le plus secret. et moi aussi.

j’ai fait ces recherches sur la honte, à cause de celle qui m’envahit quand j’écris. plus précisément, quand je signe. quand j’écris mon nom. quand j’assume la paternité d’un texte.

Auto

écrit pour n’être ni lu ni relu

dans « auto-publication » il y a « auto- » (il y a « self-« )

le neuf de novembre je reprends une analyse

séances 1 & 2

la semaine dernière, séance 1 :
– Vous trouvez que j’ai l’air soûl?

je reprends la dessus hier, séance 2.

être l’alcool de l’autre. et c’est comme si c’était reparti pour un tour. que je revienne sur ces histoires m’étonne. reparti pour un tour, des accents différents, des échos différents, mais dans ce que je raconte j’entends toute une série de signifiants qui sont toujours présents dans ma vie, délestés aujourd’hui d’une bonne part de leur poids dramatique. il y a rue, fille de rue, mon nom; travail, travail de rue, fille de joie. cette rue où je n’arrive toujours pas à aller aujourd’hui – mais qui encore m’enchante exalte dès que j’y descends. il y a gangster, bandit, mon oncle – cet oncle même, encore, qui régulièrement, ici, aussi, dans les blogs veut revenir -ma « méchanceté »? mon « goût pour la mort »?

je parle de l’inhibition, l’inhibition étendue à toutes choses, tant qu’il ne s’agit pas de l’amour, c’est le mot que j’utilise, qui n’est pas le bon, le bon, c’est celui qui désignerait le « faire l’amour » (voir l’article ici sur la petite cuisinière de freud).

je parle des rendez-vous que je ne sais pas prendre (mais bon sang, tout de même, pourquoi faut-il qu’à tout prix je me maintienne ici, à l’intérieur, qui veux-je incarner à rester enfermée?)

je parle du rêve que je viens de faire, de la présence de ma mère, elle est là, elle vient à ma deuxième séance, tout tourne autour d’elle, la séance tourne à la réunion de travail pour elle. je déclare alors à l’analyste qui reste muet, bienveillant mais muet, que l’analyse ne peut pas reprendre dans ces conditions. je lui en veux qu’il ne la chasse pas (et le chasse lui – qui est une femme, en fait, dans le rêve – une de celles avec qui je travaille).

(il y avait un numéro de quarto très bien sur la solitude des femmes, faudrait que je le retrouve.)

– Vous trouvez que j’ai l’air soûl ?

Reprend là-dessus.  Resserre un peu les cuisses, saisit les doigts de la main droite dans la main gauche, les yeux baissent. Être l’alcool de l’autre, lui manquer. C’est donc reparti pour un tour ( s’étonne). Des mots qui lui viennent, n’entend que ceux qui reviennent. Rue, fille de rue, son nom. Travail, travail de rue, fille de joie. Rue où elle tarde encore à aller aujourd’hui, qui  l’enchante dès qu’elle y descend. La lu. La lu. Grande lumière, foison. Redresser la tête, pénombre. Est-ce qu’elle récite, quel crédit lui sera-t-il accordé ?  L’histoire maintenant :  le bandit ( il fait une remarque sur ce mot, le corrige[1]),  le gangster, son oncle, « fou »  ( sa « méchanceté » ? son « goût pour la mort » ?)  Pour finir sur  l’inhibition, l’inhibition étendue à toutes choses tant qu’il ne s’agit pas de l’amour, le mot qu’elle utilise, qui n’est pas le bon, le bon serait celui qui désignerait le « faire l’amour » (sans mot dire d’ailleurs de l’amour qu’elle ne fait pas).  Oh Freud et ta cuisinière.  Combien vers toi monteraient de prières ménagères.

En ayant fini, s’éloignant d’une flaque de silence, elle parle du rêve fait la veille, trop plein de la présence de sa mère. Qui vient à cette deuxième séance, l’accapare, la transforme en réunion de travail pour elle, la mère. Virginie déclare alors à l’analyste, resté muet, bienveillant mais muet, que l’analyse ne peut reprendre en ces conditions. Qu’elle lui en veut qu’il ne la chasse pas, ne chasse pas sa mère, le chasse alors lui – qui est une femme en fait, dans le rêve, une des femmes avec qui elle travaille, psychanalyste également.

À Louise, elle avait dit :  «  Je m’aime prisonnière », ainsi qu’elle se l’était formulé le jour où elle s’était aperçue qu’elle ressortait régulièrement ce volume de la bibliothèque, « La prisonnière » de Proust. Elle lui avait ajouté : «  Et Guy est un excellent gardien. Un excellent protecteur. » « Protecteur », le mot pouvait bien être un peu dérangeant.

( L’homme que son oncle avait tué était un « proxénète », un ami à lui qu’il s’était mis à soupçonner de vouloir  « mettre à la rue » (« protéger », « soutenir »), une femme, « sa petite rose des champs », dont il était platoniquement amoureux.)

Quels sont les mots mis entre guillemets.

 ( Théorie : Fantasmatiquement, dans la relation proxénète/prostituée quelque chose s’arrange pour les femmes. Quelque chose se voit fixé, rentre dans le commerce des hommes. Le rapport sexuel, cet impossible, cesse de ne plus s’écrire, il a un prix, il passe à la marchandise. Ce qui manquait à la valeur ( l’inestimable secret) la retrouve, s’en soulage, tandis qu’à sa vérité d’objet, d’objet perdu, vient se substituer la valeur de déchet, d’être-pour-le-déchet, de toute marchandise. )



[1]     De quoi s’agit-il quand il fait cela, que fait-il ? qu’il écoute ? qu’il connaît le sens des mots, que les mots ont un sens, que du dictionnaire le sens des mots ne feraient pas de tort aux histoires qu’elle raconte ?

séances 1 & 2 (des suites)

à delphes, j’avais dit « je m’aime prisonnière » – je me l’étais formulé ainsi le jour où je m’étais aperçue que je ressortais régulièrement « la prisonnière » de proust. j’avais ajouté : « et f. est un excellent gardien. un excellent protecteur. » du moins est-ce ainsi que je me le concocte, ainsi qu’il me le faut imaginer.

« protecteur », le mot m’avait quelque peu dérangée.

(l’homme que mon oncle a tué était un « proxénète », un ami à lui, mais qu’il s’est mis à soupçonner de vouloir mettre à la rue, « protéger », « soutenir », une femme, « sa petite rose des champs », dont il était platoniquement amoureux.)

(fantasmatiquement, dans la relation proxénète/prostituée quelque chose s’arrange pour les femmes. quelque chose se voit fixé, retourne au commerce_des_hommes. le rapport sexuel, cet impossible cesse de ne plus s’écrire, il a un prix, il passe à la marchandise. ce qui manquait à la valeur (l’inestimable secret) la retrouve, s’en soulage, tandis qu’à sa vérité d’objet, d’objet perdu, vient se substituer la valeur de déchet, d’être-pour-le-déchet, de toute marchandise. )

des suites

demi-sommeil, des suites encore et encore… révélation: mais non, ça ne tient pas, cette idée que dans les relations amoureuses je m’inscrirais moi comme celle mise à la rue et l’autre comme le souteneur, protecteur. non, même si à presque tous les coups, ou presque toutes les femmes , ça leur fantasmatiquement fait qq chose, ces histoires de putes/maquereau – là j’invente, écoutez , c’est ce que j’imagine, moi, cela fait très longtemps que je cherche à leur trouver des universaux aux femmes , pour le moment j’en suis pratiquement à devoir me contenter de « il n’est pas une femme qui jouisse comme une autre femme » soit « toutes les femmes jouissent différemment les unes des autres » (universel : pour aucune femme il n’y a d’universel de la jouissance.)

cette histoire donc ébauchée ici qui voudrait que je veuille d’un homme qui me protège parce que mon oncle a tué un proxénète, ne tient pas la route, at all, du tout : puisque ce n’est qu’en 1996 que j’ai appris cette histoire.

oui oui bien sûr, mais bon, cela faisait des lustres que je savais ce que je n’étais pas censée savoir, des lustres que ça me travaillait, et n’avais pas des années à l’affilée rencontré des jean-marc, non, des marc et des jean-marc pour alors apprendre, en 1996, que l’homme tué par mon oncle se prénommait jean-marc. les secrets de famille, n’y a-t-il que ça qui se sache.

mais l’important n’est pas là.

cette histoire fait écran. c’est de la petite histoire, de la branlette. et vraiment, comment le dire, mais de tout ça, cette histoire d’oncle que je ramène ces derniers temps sur le devant de la scène, je m’en fous. je m’en fous complètement, c’est même comme si ce n’était plus mon histoire, que ça ne l’avait jamais été. je la raconte, parce que justement, elle se laisse raconter. je la raconte parce qu’il est évident qu’elle comporte des signifiants importants pour moi, et parce que qu’elle comporte tous les éléments d’un roman – je peux vous assurer qu’il est bien des choses qu’ici je me retiens d’avoir la faiblesse de relater.

je pense que le personnage important, et encore, là, c’est purement utilitaire, de parler de personnage, c’est utilitaire en ce sens que ça permet des choses, ça n’est d’abord qu’un moyen, un moyen d’aborder ce qui probablement pourrait s’aborder autrement. que je parle de personnage, c’est aussi qui parle de ma façon de vouloir faire de ma vie un roman ; bref, comme mes moyens sont limités, je continue ma phrase et je dis : je pense que le personnage important ce n’est pas mon oncle, mais c’est ma mère – elle qui vient, qui est présente dans le rêve de la « deuxième séance », elle pour qui je travaille et dont je regrette que l’analyste, présent dans le rêve, ne la chasse pas.< /p>

si donc on délaisse la notion de personnage on retiendra que je vis dans la présence d’un grand Autre, féminin, qui me fait travailler – et par là m’empêche de faire ce que je veux.

les questions alors deviennent : pourquoi faut-il qu’il soit féminin et, mais c’est secondaire, qu’est-ce que c’est que je veux ? de quoi cet autre interdicteur me protège-t-il ?

à brûle-pourpoint on répondra, féminin, maternel, il l’est parce que ce n’est pas le grand autre du désir, barré celui-là, c’est le grand autre du besoin, du besoin assouvissable, par la mère éventuellement, et dont l’assouvissement même entretient l’inassouvissement, c’est l’Autre de la satisfaction pulsionnelle, qui jouit en silence. l’Autre qui ressemble, vachement, à l’Autre de l’obsessionnel.

j’en arrêterai là.

ou j’en profite encore pour noter ceci je lisais récemment une interview de sloterdijk parlant de ce qu’il appelle le « désirisme » en france. il n’y a pas à confondre le désir et le besoin. quand je parle de besoin, je ne parle pas du besoin auquel se référait marx par exemple, je ne parle pas de ce dont on a (tout juste besoin) pour vivre, je veux parler je veux parle du manque éprouvé dont la satisfaction est possible, du manque comblable dans un moment de consommation d’un bien, d’un objet.

en revenant de séance (3), notes prises dans le bus

J’ai pensé que c’était bien ce rien entre nous mais c’est comme si ce rien était encore de trop.

De mon côté, je veux conquérir le monde avec ce rien à dire. Je veux le submerger, je veux l’inonder.

L’amour, ça n’est pas mon régime.

séance 3,

Aujourd’hui, c’est le lendemain de la séance.

(Bon sang combien de temps, je vais tenir le coup, dans ce template, du template de ce blog, je parle. essayer de tenir, le plus longtemps possible.)

J’étais arrivée disant : « J’ai rêvé que je vous donnais deux lettres d’1 mot, mais je ne sais plus lequel. Déjà dans le rêve, je ne savais plus lequel. 2 lettres : 2 L. Double L, j’ajoute, comme disait ma mère quand elle épelait son nom, son nom de femme mariée. Je vous donne ses ces lettres, dans le rêve, et je crois qu’elle sortent de son nom à elle. Mais pas du tout. Elles proviennent du nom de mon père. De mon nom. »

(Fin de journée. je pense que votre nom à vous commence par 1 L et termine par 1 L.)

La veille je m’étais dit, entre moi et moi, il n’y a rien de pire que mon nom. Je ne dis pas que je n’éprouve pas quelques doutes à ce genre de pensées. Mon nom qui me sépare de moi-même.

J’arrive donc, je dis, je vous donne 2 L. Plus tard, je dis, Lui et moi, nous sommes pareils, et à le dire, à ce dire, à devoir dire ce dire, à le dire, vraiment, je ne saurais dire ce qui se produit alors en moi. ce qui se creuse s’étrangle s’étreint, le hoquet le puits la chute qui s’ouvre; comment c’est possible des choses pareilles.

Je veux dire : nous sommes pareils, dans le même manque. (ce manque que je chéris). (double L dans la voix de ma mère).

lendemain (de séance 4)

extraordinairement dormi. réveillée par un bruit extérieur. de longs instants je me demande quel jour on est. vendredi. presque comme si je pourrais en déduire qui je suis. l’impression d’émerger d’un sommeil profond est vraiment agréable.

je pense aux rêve que je viens de faire. je suis sûre que ce sommeil a été rendu possible de par la séance d’hier (pourquoi faut-il que cette phrase, elle, soit si difficile à écrire ?) jules lui aussi dort. c’est si étrange si plaisant que je me demande si je n’ai pas hier par inadvertance pris une quelconque drogue.

le plus étonnant, c’est comment cet analyste m’agrée. et vraiment je ne saurais pas dire à quoi cela tient. est-ce à lui ? ou s’agit-il du moment de ma vie qui convient à ma démarche : être arrivée une fois certains élagages faits.

et de nouveau hier séance je pleure. je pleure. j’avais cette fois acheté des mouchoirs à la pharmacie d’en face, tout en me disant qu’il n’était pas possible que cette fois encore je me remette à pleurer ( couler, m’écouler). et puis voilà. question de lui, les larmes viennent.

le sentiment c’est d’être au cœur de ce qui ne va pas. tiens, voilà que jules se réveille.

au cœur de ce qui ne va pas. au cœur du dire de ce qui ne va pas. comme j’y pensais allongée près de jules qui prenait son biberon dans le grand lit des parents, une chanson me vient à l’esprit : « j’y apprendrai à me taire et mes larmes retenir… »; là, c’est l’instant du dire et les larmes alors coulent.

impossible de continuer d’écrire. bon, si ça se trouve, c’est assez.

s4 (note)

il dit : excusez-moi, c’est un peu bêta, mais, est-ce que ça ne serait pas « prisonnière de l’angoisse »?. (bêta n’est pas le terme, mais je ne me souviens plus duquel).

s4 (note rapide)

il dit, excusez-moi, je vais vous poser une question vraiment bêta, mais c’est une question, enfin, est-ce que vous en connaissez des prisonnières qui insultent leur gardien? je cherche. non, je n’en connais pas. il répète : c’est une question, je ne comprends pas bien. je dis l’insulte au gardien, c’est le moment de la révolte.

c’est d’ailleurs le moment où le gardien se met à exister.

j’omets de dire que ma mère s’appelle « lut-garde ». « lutte garde ». « lut garde ».

c’est maintenant que l’histoire s’invente. je ne sais pas comment il fait.

s4 (petite note, interventions diverses)

massala, c’est quoi?

c’est un curry spécial, indien, c’est un mélange d’épices.

c’est difficile à préparer?

non, non. c’est surtout les ingrédients, qui sont difficiles à rassembler. à paris, je ne sais pas où il faut aller.
j’omets de dire que je pensais qu’il fallait que j’aille dans le 13ème, où se trouve son cabinet, pour trouver tous ces ingrédients.

vous pensez qu’il n’a pas assez prêté attention au poulet massala?
pleurs, pleurs, pleurs.

au moment où nous nous quittons : vous ne savez pas ce que ça veut dire, massala? non? je vais faire des recherches.

un déplacement est opéré.

s4, n

prisonnière de l’angoisse? je me précipite dans cette brèche ouverte, j’ajoute, d’ailleurs, alors que ça n’a aucun rapport, mais il me fait signe oui de la tête, d’ailleurs, quand ça m’arrive, l’angoisse, je ressens, à ma tête, enfin, je lui décris ce truc, ce qui m’arrive, à la tête quand

ce truc qui me fait signe alors, que c’est du sérieux, que j’ai intérêt à me tenir à carreaux .

séance 5 – en partie privé

En souriant je lui avais dit que faire l’amour me mettait de bonne humeur.

Rattrapée en ce moment par l’angoisse, appelons-ça ainsi, qui à nouveau me réveille le matin.

Je parle du plaisir que je ne supporte plus. Du plaisir sexuel. De ce que j’appelle moi le plaisir sexuel. J’essaie de parler de la distinction que je fais entre plaisir et jouissance, jouissance féminine.

Je parle de celle à quoi il me faudrait absolument dire non, la phallique, de jouissance, et de celle qu’il me faudrait défendre à tout prix, à mon coeur corps défendant, l’Autre – l’Autre jouissance. Je lui précise que je dis ça comme ça pour le dire vite, pour le dire de façon ramassée, que j’utilise ces concepts lacaniens, sans savoir si c’est de la bonne façon.

Il me vient alors à l’esprit que probablement ce problème disparaîtrait si [private] je pouvais le vouloir, si je pouvais « vouloir faire l’amour ». Si dans le rapport sexuel je pouvais me présenter autrement que « passive » – ce ne sont pas les mots que j’ai utilisés, je ne voulais justement pas utiliser ces mots-là. Si je pouvais faire autrement que « subir », ou faire comme si je « subissais » [/private].

Il me demande si je m’explique cela que je lui apprends.

Je reste silencieuse, je cherche. Je lui dis que non.

Mais je vois maintenant, en écrivant, que ce dont je lui ai ensuite parlé, cette demande dont je dis alors dit qu’elle me « rendait haineuse » – La demande vous rend haineuse ? – pourrait servir d’explication.

Il me demande pourquoi, pourquoi elle me rendrait haineuse, la demande. Je lui dis que je ne sais pas. Je n’arrive pas à lui dire ce qu’il me vient à l’esprit, qu’alors j’exposerais mon manque. Qu’au moment de la demande, j’expose mon manque, ce qui me rend très susceptible.

En sortant, je pense qu’à cette demande, je crois toujours qu’il ne sera pas consenti. Que ce que je veux, l’Autre ne le voudra pas, et que c’est ça, qui me met en fureur.

Comme je l’écris, je réalise que ça, c’est moi qui l’imagine, c’est moi qui le met en place. Toujours. Rarement dans la réalité l’Autre s’y est-il opposé, à ce que je voulais. (Ici aussi, il s’agit du gardien, du gardien de la prisonnière, celui qui me protège de mes désirs en les interdisant. Ces désirs que je n’assumerais pas, dont j’ai besoin qu’il me soient interdits. Ca vous a un petit air dramatique comme ça, ça ne l’est que jusqu’à un certain point – de plus en plus je crois que le désir toujours arrive à « faire son chemin » – comme on dirait « faire son trou ». Il est seulement obligé à d’impossibles détours – les défenses en quoi consiste le fantasme l’y obligeant, mais ces défenses étant elles-mêmes toutes empreintes de lui, parce que, je le crois, le désir est le plus fort, et que, quoi qu’il arrive, c’est masqué qu’il s’avance. Du symptôme, il ferait son masque et du fantasme, son scénario.)

Et qu’éventuellement ceci peut-être rapproché de ce que j’avais exposé lors de la séance précédente : cette haine qui m’empêche d’écrire, cette haine que je voudrais écrire – l’inavouable secret. Ces pensées abominables, dont toi tu me dis que nous sommes « tous victimes », dont nous pâtissons tous, et dont je serais la seule à vouloir faire un fromage – Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée.

Au moment de cette séance-là, j’avais pu expliquer la nécessité pour moi de ce que je n’appelais alors pas encore « la haine » – ce mot que je n’ai d’ailleurs pas prononcé, j’avais dit : « haineuse ». Mais je n’arrive pas à en m’en souvenir. Il m’est nécessaire d’être entourée de personnes qui s’opposent à mon désir, nécessaire au point que je doive m’en inventer. L’aveu de l’amour est impossible.

L’aveu de l’amour et l’impossibilité de dire à l’autre « Tu m’as satisfaite petit homme » – c’est la phrase qui me vient à l’esprit, dont je ne sais d’où je la tire, de Lacan je crois, la réponse de la Sphinge à Oedipe, mais où est-ce que ça se trouve ? L’impossibilité de reconnaitre à l’autre qu’il a pu apporter satisfaction. A l’époque j’écrivais « Cette insatisfaction supportable, satisfaite. » L’insatisfaction satisfait mon besoin de faire supporter par l’autre mon propre manque. Il est celui qui ne m’apporte pas ce que je lui demande et il s’agit qu’il le reste : ma demande alors n’a plus lieu d’être, il ne me reste rien à lui demander puisqu’il ne saurait y répondre.

Ce qui se rapproche des termes dans lesquels se trouve prise la Belle bouchère de Freud : « Je te demande de ne pas me donner de saumon (que j’adore) ». A quoi il faut ajouter : Mais de le donner à l’autre femme (sa jolie copine maigre).

Alors quoi tout se tient. Tout se tient et on tourne en rond.

séance 5, des suites, où il est question de l’exaucion

et puis, on le voit bien, on le voit bien, ce n’est pas le désir qui est interdit, c’est la jouissance. si je m’empêche d’exprimer mes désirs, c’est bien que le risque est toujours trop grand qu’ils soient exaucés. de plus en plus le risque de leur exaucion est grand.

avant/après, séance – de l’intime

abominable rêve cette nuit. que je ne peux pas dévoiler ici, vraiment inattendu.

[private] j’ai peine à m’en souvenir. je sais seulement que mon père me demande si… certaines caresses. en fait il ne dit rien, mais je comprends. il a son air plaintif, malade. je m’enfuis. je me dis tout de suite que je ne dirai rien à ma mère. puis quand je la vois, je le lui dis aussitôt. elle me pose des questions, je lui dis que ça s’est déjà passé auparavant, elle me dit qu’elle s’en doutait. c’est tout. [/private] en me réveillant je me demande si ça s’est vraiment passé, mais je sais bien que non, je me demande à quoi ça correspond, pourquoi ce rêve-là, et si ça n’expliquerait pas « tous mes problèmes ». j’attends de pouvoir le raconter en séance, tout en doutant qu’il puisse en ressortir quelque chose – du moins dans l’immédiat. tandsi que je vis une sorte de contentement de ce qu’arrive là quelque chose qui tranche. n’a pas sa place dans mes élucubrations actuelles. je ne peux pas le raconter, ce rêve, parce qu’il implique un proche, un très proche. mort, mais proche tout de même. je ne peux pas le raconter parce qu’il comporte une certaine honte, honte pour ce proche. l’air de rien, ce rêve bouscule tout. enfin, c’est un grand mot. crée un point de discontinuité dans le courant continu dans lequel je pensais être.

maintenant, c’est juste l’ennui, la fatigue. je sais que j’ai du boulot, un boulot qui me fait un peu peur, parce qu’il prend trop de temps, que j’ai l’impression de mal le faire. je sais qu’il faudrait que je m’y remette une heure aujourd’hui, et je ne suis pas sûre d’en venir à bout. je ne sais pas pourquoi ça coince. techniquement, il y a un problème que je n’arrive pas à résoudre.

la dernière fois que j’avais vu l’analyste, j’avais fait une sorte de résumé/condensé de la situation, partant d’un post que j’avais relu ici, autour de ce qui me réveillait la nuit : le travail et la colère. m’étant apparu que cette deuxième découlait du premier. le travail me servant de prison et la colère venant de la révolte contre celui qui me tenait enfermé.

et curieusement pendant toute la semaine qui a suivi, il me semble m’être éveillée la nuit avec l’idée que ce n’était pas du tout ça, que c’était bien plus vaste, que je me réveillais pour « résoudre les problèmes du monde ».

endormie hier soir en lisant robert walser, que je découvre.

à propos du rêve, peut-être l’ai-je fait suite à ce dont j’ai parlé hier ici, le problème de « l’intime », cet « intime » qu’il m’intéressait d’écrire, mais que je ne pouvais pas dans la mesure où je ne voulais pas y impliquer mes proches. et voilà que je fais un rêve dont immédiatement je me dis que je ne peux pas l’écrire sur le blog.

pendant longtemps, je me suis intéressée aux écritures dites d’autofiction, parce qu’elles elles étaient à ma portée, aussi parce que s’y disait ce que moi-même il m’intéressait de dire. fascinée de ce que les différents auteurs n’hésitent pas à parler de leurs proches, d’aller même jusqu’à les nommer. petit à petit je m’en suis détournée, m’étant convaincue que je ne pourrais pas, quant à moi, faire de même, que ce « n’était pas ma voie ».

qu’il y ait eu ici la semaine dernière des choses que j’ai pu écrire, mais que je ne me sois pas autorisée à publier, m’a étrangement soulagée, soulagée du « tout écrire ». enfin, je ne suis pas sûre que ce soit de ça qu’il s’agisse, mais il y a eu un soulagement, et cela m’a changée, modifiée. changé, modifié mon rapport à l’écriture. la solution que j’ai trouvée, probablement temporaire, me satisfait. ce plugin de wordpress qui me permet de marquer de façon spécifique du texte que je voudrais réservé à moi seule et qui signale cette réserve au lecteur me convient. qui montre des trous dans l’écriture, et que ces trous soient de mon fait d’y avoir consenti. j’aurais cependant dû m’en trouver angoissée, puisque j’y prenais d’autant plus de distance avec ce que j’aimerais écrire, avec ce que j’aimerais trouver les moyens d’écrire.

c’est tout la faute à la psychanalyse

la fiction, hélas, n’est pas à ma portée. la solution de la fiction. d’ailleurs, même pas sûr que j’en veuille.

les liens de l’écriture, la pensée, la parole.

la pensée est ce qui donne l’idée, le mirage de la possibilité d’un tout écrire. si de cet attrait je pouvais me détacher, le désir d’écrire peut-être me quitterait. et parler fatigue.

le rêve de cette nuit, rêve freudien du « fantasme de séduction » ?

c’est la pensée, cette nuit, de mon incroyable solitude qui m’a réveillée.

dernière nuit d’insomnie (« l’incroyable soulagement »)

cette nuit d’insomnie fut la dernière.

jeudi dernier, l’analyste m’a conseillé (« excusez-moi mais je vais vous donner une leçon»)… de prendre des médicaments pour dormir ( » le corps d’un côté, la pensée de l’autre, et quand le corps ne fonctionne plus, faut agir sur le corps, pensée n’y pourra rien, horloge biologique, etc. ») le soulagement qui fut le mien. quelque chose d’incroyable. je ne sais pas très bien ce qui a été touché. mais, même ici cela s’observe, même dans ce blog, cela fait si longtemps que j’ai des problèmes de sommeil que je m’escrime à vouloir prendre comme un symptôme, que je cherche à traiter à force de raison raisonnante. alors voilà de cela, simplement, je vais être soulagée.

c’est le psychanalyste lui-même, au cours de la dernière séance, qui a téléphoné, pour moi au docteur G, que je remettais d’appeler depuis 2005. j’en ai été bouleversée.

est-ce que tous les problèmes, toutes les façons, enfin sont-elles si nombreuses, que j’ai eu de traiter la pensée, d’aborder les problèmes que mes pensées me posaient, puisque c’est elles que j’accusais de mes insomnies, d’être à l’origine de mes insomnies, est-ce que ces problèmes, ce problème que j’ai avec la pensée, s’en évaporera pour autant ? c’est ce qu’on verra. c’est un peu curieux, parce que ça a été l’objet principal, me semble-t-il, enfin maintenant, de ce que j’ai pu exposer analyser observer ici (dans le blog).

cette nuit d’insomnie donc fut la dernière puisque j’ai vu ce cher docteur g, ce matin-même.

névrosé de guerre

séance. invitée à parler de mon père. en sortant je pense à ce fait, qu’il ne serait jamais arrivé qu’il ne parle pas de la guerre. quelle qu’était la personne qu’il rencontre, il fallait toujours qu’il lui parle de la guerre. (le jour où il lut un bouquin de freud et m’annonça gravement : je suis un névrosé de guerre.)

mon père, lui, parlait de la guerre.
mon père parlait sans difficulté.
il pouvait parler avec n’importe qui.
il parlait de l’histoire, il parlait des actualités, il parlait de l’art, il parlait de la guerre.
il était d’un commerce agréable, ne manquait pas d’humour, et avait toujours qq chose à vous apprendre à propos de la guerre.
c’est une chose presque étrange, pas désagréable, de se retrouver à dire de son père qu’il était un homme sympathique.
mon père était un homme vraiment sympathique. il faut bien le dire.

ce qu’on a, ce qu’on n’a pas

lui : … lacan … l’amour, c’est donner ce qu’on n’a pas, la fête c’est donner ce qu’on a.

(alors je suis très douée pour l’amour, très peu pour la fête).

intelligence

que je lui dise que je n’y pense jamais à « l’intelligence », jamais de cette façon là, de cette façon dont j’en parle, là, en séance. parler de « l’intelligence », c’est une élaboration de ma part. je ne peux vraiment pas dire que j’aime l’intelligence. et les gens m’agacent, qui l’aiment. ça, c’est une conclusion.

… (le point d’où) (pour memo)

– c’est une façon que j’ai de me voir (méchante).

(le point d’où le sujet se voit aimable. «[…] un autre mot lui permettant tout d’un coup de s’apercevoir différente, ce fameux « point d’où » , où elle se verrait différente, et que Lacan développait dans son Séminaire Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse*.»
* Lacan J., Le Séminaire, Livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Paris, Le Seuil, 1973, p. 132 et 211.)

Méchante – C’est certainement un point d’où je me vois aimable par ma mère. Un point de l ‘épreuve d’amour de ma mère.

dernière séance (sur l’oeuvre d’une vie)

sur « l’œuvre ». le mot n’est pas de moi, de l’a.

parfois, quand je veux écrire, tout se ferme. concernant ce qui se dit en séance, de plus en plus, ça se ferme. ça ne veut pas.

« Mais est-ce que vous ne me parlez pas de l’oeuvre? Est-ce qu’il ne s’agit pas d’une définition de l’oeuvre, exactement ? » Je dis « oui ». Je dis « oui, oui… » Je suis étonnée. En pensée, j’ajoute que probablement s’il fallait mettre un mot sur ce que je viens de dire, ce serait celui-là. Fin de séance, il ajoute encore, l’a., enfin, je ne me souviens plus des termes exacts : « Il ne faut pas renoncer à l’œuvre, jamais ». « Il ne faut pas en rabattre sur l’œuvre. »

(Ce mot!)

Qu’avais-je dit? J’avais posé la question de ma mort, de ce qui se passerait. Non, j’avais évoqué la possibilité que la mort survienne prochainement, et alors, j’aurais pu en penser quoi, de ma vie, à cet instant-là? Ce n’étaient pas les mots, les miens étaient plein de points de suspension. Bien plus pleins de trous. J’avais évoqué la possibilité d’une autre mort, d’un autre moment, où, oui, j’aurais pu me dire, c’est bien, c’est bon, c’est ok.

Je lui avais parlé de ce qu’il m’est arrivé de ressentir au cours des périodes où j’écrivais. Ces moment-là où je me rapproche probablement le plus de ce que j’attends idéalement de moi. Il y a eu des périodes de ma vie, des périodes d’écriture dans ma vie, où j’avais le sentiment, très exceptionnel, unique, de faire ce que je devais. Que c’était cette chose-là, aucune autre. (Ce que ça procure comme sensation, comme sentiment. La différence est absolue, avec tout ce que j’ai pu connaiître).

(tout à l’heure dans la rue, j’ai pensé que le plus difficile à admettre, c’était la solitude, la solitude avec tout ce qu’on vit. la solitude complète. le blog m’a donné l’illusion de croire à la possibilité que cette solitude soit rompue. à une transmission intégrale de ce que je vivais.)

et puis, lui, qui vient avec ce presque gros mot-là, de l’œuvre.

malgré la difficulté, je veux écrire sur ce qui se dit en séance, parce que c’est important. c’est très important.

j’ai des difficultés avec les valeurs. les mots pleins de ces valeurs.

il m’est arrivé cette semaine de penser qu’il ne fallait plus perpétuellement les interroger. qu’il ne fallait plus perpétuellement penser devoir les remettre en cause. il y a des choses qui sont comme elles sont et c’est comme ça. qui sont comme ça pour moi, et c’est comme ça. je pense que f. et moi vivons trop dans la remise en question.

je ne sais pas si ça a un rapport, mais pendant toute la séance, je pensais à cette expression de Lacan : « céder sur son désir ». est-ce que je suis quelqu’un qui pourrait céder sur son désir ? (est-ce que ça a à voir avec le fait que je ne « croie plus en rien ». est-ce que « ne plus croire en rien » ou se croire devoir toujours réinterroger tout ce qui pourrait m’apparaître comme « grand mot », est-ce que ça a à voir avec le fait de « céder sur son désir » ?)

on ne saurait tout le temps interroger tout, puisque simplement on ne sait, ne saurait tout le temps tout. (parfois ne reste que le reste de ce que l’on a su, et c’est suffisant.) il y a, y aurait un temps pour le savoir d’une chose. une chose a son moment de savoir (moins son temps pour comprendre, quoique, que son instant de voir).

pendant la séance je parle de cette chanson de je-ne-sais-plus-qui qui dit « … au fond, je voudrais être juste quelqu’un de bien, quelqu’un de bien, sans grand destin, une amie à qui l’on tient… » comment cette petite chanson m’a émue aux larmes. et comment, à certains égards, cette chanson ne voudrait-elle pas dire : « je voudrais pouvoir céder sur mon désir à mon aise, vivre sans faire de vague, « dire bonjour à la boulangère ». et que ça soit suffisant. »

c’est difficile pour moi de penser qu’il pourrait y avoir des choses qui auraient moins de valeur. c’est très difficile. (je crois que j’ai un analyste qui pourrait donner une définition du mot « valeur ». je pense que j’ai un analyste qui n’a renoncé à la définition d’aucun mot.)

phrase facile : on pourrait faire des petites choses, sa grande œuvre. exactement, phrase facile. le genre de facilité que je m’accorde difficilement.

nous vivons une époque sans majuscule. où les phrases ont perdu leurs majuscules. comme je l’ai dit des milliards de fois, une époque de la pulsion, où tout se vaut, une époque du n’importe quoi, du spectacle, de l’objet. je l’ai dit des milliards de fois. (tiens, je me demande si les Allemands, eux, cessent de mettre des majuscule à chaque substantif…) Les majuscules d’entrée de jeu, d’annonce. d’annonce, de rupture. (la parenthèse, ça serait le contraire de la rupture, c’est la continuité, l’ajout, l’accumulation, le petit truc en plus. je n’ai rien contre. c’est l’ajout d’une voix aussi. d’une différence de ton.)

à propos des blogs, à propos de ce qui m’est arrivé pendant que j’essayais de faire un blog, la subversion de mon rapport à l’écriture, je dis : « c’est la faute à la psychanalyse». c’est faux. (la psychanalyse qui a décrété, qui aurait mis ça en place : « quoique tu diras sur le divan, c’est de l’or. Quoique tu dises, n’importe quoi, il en ressortira toujours quelque chose.) c’est faux, ce n’est pas la faute à la psychanalyse. la psychanalyse a tiré bénéfice de la montée sur scène du n’importe quoi. la psychanalyse, historiquement, ça se situe dans le prolongement de ce que le « Dieu (majuscule) est mort » nietzschéen résume parfaitement.

séance, 8 mars 2007

En arrivant, je reviens sur la séance précédente. Comment depuis cette séance, je ne me sens pas bien. Ce que j’y ai dit, ce qu’il a dit, sur quoi il revient. Dit qu’il n’aurait pas dû dire ça, n’aurait pas dû dire qu’il ne fallait « jamais en rabattre sur l’œuvre ». Que ça portait trop à l’idéalisation. J’explique que l’œuvre est pour moi un mot impossible. A cause du père que j’ai eu ( moi, justement, « artiste sans œuvre »). Peut-être qu’il y aurait moyen, dis-je, de le rendre un peu plus possible, ce mot. Il acquiesce

[père avec œuvre, moi sans.]

Je parle des sempiternels doutes mis sur tout. De Frédéric, sa façon de ne vouloir s’en tenir à rien d’établi, de toujours faire table rase, dénigrer systématiquement les canons (de la beauté, de l’art). J’explique. Il dit « C’est cartésien ».

Je parle du soulagement que j’ai éprouvé en semaine, me disant que cette position n’était pas tenable tout le temps, qu’on ne pouvait pas tout le temps savoir, que précisément il y avait toujours un temps pour savoir et que le reste du temps c’était du souvenir, du souvenir de savoir, du reste, que cela suffisait. (A l’instant où j’écris ceci, je ne comprends plus bien ce qui m’a soulagée là-dedans, ni quelle serait la nature de ce reste.)

Je cherche à donner un exemple pour parler de Frédéric, je n’en trouve qu’un, très mauvais. Je dis qu’il pourrait par exemple remettre en cause Picasso, je choisis cet exemple là, parce que c’est un nom très connu, ce qui à certains égards semble être ce que principalement Frédéric aurait à lui reprocher, ce qui le rendrait suspect à ses yeux, de n’être avant tout qu’un nom. Et qu’il faudrait alors pouvoir lui démontrer que Picasso, au delà de son nom, c’est très bien. Ce que je n’arrive pas à faire. Même s’il a pu m’arriver de me sentir proche de Picasso, d’avoir donc « su des choses de Picasso », que j’aurais pu dire, dont j’aurais pu témoigner. Ce qu’il m’en reste de ce « savoir », la seule chose qui m’en reste, au moment où Frédéric me demande de prouver que Picasso c’est bien, c’est le souvenir de l’avoir aimé. Un reste d’amour en guise de preuve.

(Est-ce que ce souvenir d’amour est suffisant? Il ne semble pourtant pas. Or, il y a au moins un endroit où me semble-t-il nous nous rejoignons, Frédéric et moi dans notre appréhension des choses : c’est l’ignorance. J’y pense, après-coup, après-coup de ce que j’ai dit en séance. Nous serions dans la même qualité d’approche des choses, le même manque. Un savoir qui ne parie que sur l’amour, la sensation immédiate, l’oubli. Un savoir acculturé, séparé de l’histoire ( une « façon de savoir » que ne s’occupe in fine que de l’inconscient). Et la certitude que j’essaie de lever ici ne saurait tenir qu’à une question de culture. Mais bien d’histoire. Il y aurait dans la certitude une main tendue à l’universel. Enfin, qu’est-ce qui ferait le lien de l’histoire et de l’universel? Le temps. Nous n’aimerions que trop le particulier. Comment faire pour qu’il se rejoignent, le particulier et l’universel?

J’explique que j’ai souvent pensé qu’il fallait, au moment où l’on sait une chose, en témoigner, d’une façon ou d’une autre, qu’il ne fallait pas laisser passer ce moment. J’ajoute qu’aujourd’hui, mon sentiment a évolué. Que je ne suis plus aussi affectée du fait que rarement je ne partage, témoigne de ce que je sais au moment où je le sais.

Il me dit que ce dont je parle ressemble évoque le fonctionnement de l’inconscient, par battement. Me dit que si ma position a changé par rapport à ca, c’est que peut-être ma position a changé par rapport à l’inconscient. Je lui dis que c’est possible, mais que je ne suis pas sûre que ce soit en bien. C’est ce qui me fera penser au sortir de la séance que je suis effectivement amoureuse de l’inconscient et que je « cède sur mon désir de l’inconscient ».

Je lui parle de la question qui m’a taraudée pendant la semaine, si je n’étais pas quelqu’un qui pourrait céder sur son désir. J’essaie d’expliquer le lien entre ça et mes doutes. Qui ne laisse la place à aucune certitude.

Dernière phrase : « Mais est-ce qu’on ne peut pas s’accorder plus de certitudes ? »

En sortant, je me dis : Je n’ai pas à ma portée d’autre savoir que l’inconscient. Vous, disposez d’une autre forme, de savoir, moi pas. Trop amoureuse de l’inconscient. Et je pense alors que c’est à cause, ce serait à cause, ce pourrait être à cause de ce trop grand amour de l’inconscient, désir de l’inconscient, que je n’ai pas d’accès à d’autres formes de savoir. Une forme de savoir de type plus universitaire qui me permettrait de répondre à Frédéric, de parler à Frédéric de Picasso.

Plus tard, je pense qu’il faut s’accrocher. Il faut s’accrocher.

[L’inconscient et le doute pourraient fort avoir à voir, à faire ensemble. Le sujet de l’inconscient est le sujet du doute. Céder sur son désir pourrait n’être pas la même chose que céder sur son désir de l’inconscient. Il y a cependant un point de certitude au cœur de l’inconscient, un point d’attraction, que je connais bien. Dont j’ai le souvenir.]

Tout ceci est trop embrouillé.

rêve d’il y a deux jours

Je vais jouer dans une pièce de théâtre. Il y a une sorte d’audition dans un bureau sombre rempli de livres. Je suis assise à une bureau perpendiculaire à un autre bureau et plus bas, petit que lui, auquel est assise la personne qui m’auditionne. C’est un homme. Les bureaux sont couverts de livres. Je dois lire un texte dans un livre ancien – couverture en cuir, pages jaunies.
Les répétitions ont commencé. Nous sommes plusieurs acteurs. Je ne sais plus comment, mais petit à petit mon rôle dans la pièce s’amenuise. J’aide les autres acteurs. Au début, le metteur en scène, c’est Roger. Puis, ça devient mon père. Mon rôle est réduit à rien, à néant. Je m’en rends compte.
Nous sommes juste avant la représentation. Je pensais que j’allais me retirer, mais au lieu de ça, je me mets en colère contre mon père, je lui fonce dessus. Je lui raconte, démontre tout ce qui s’est passé, comment j’ai été éliminée. Je suis furieuse.
J’entends mon père expliquer qu’il n’avait jamais voulu de moi dans la pièce, et que pour se moquer de moi, au début, il m’avait fait lire dans un livre qui avait appartenu à un très bon acteur, très connu, pour que je me rende bien compte que je n’étais rien, risible.
Je me réveille.

En me réveillant, je suis étonnée du rôle de mon père. Comme cela lui ressemble peu, j’imagine que son personnage est là à la place d’une fonction, autre. Je vois vaguement que ça a un rapport avec l’idéal, avec un rôle que je me suis assignée, auquel j’aspire… et dont…. j’imagine que l’autre ne veut pas pour moi.
Tout ceci doit avoir un rapport avec l’écriture et le rôle de l’œuvre dans ma vie. Mon père évidemment aussi, qui, lui, a fait une œuvre. Mais pourquoi faut-il que ce soit mon père même qui m’en empêche.
Que je me mette en colère parle, je pense, de toutes ces colères qui sont les miennes.
(Je pense au père réel.)

Je ne pense pas que ce soit un rêve très important. Mais il se penche sur ce qui a fait l’objet de mes angoisses, ces jours derniers. Angoisse qui s’est apaisée, résolue depuis que j’ai revu l’analyste, et qu’il avait peut-être provoquée. Angoisse autour de l’œuvre, d’une certaine œuvre à laquelle j’ai renoncé, au moins à celle de l’écriture.

after

jeudi, treize heures, jules au lit malade, s’est recouché à midi, faut que je me remette au boulot, ça n’était pas facile du tout, olala, olala, de parler à l’analyste, ce matin. dû, n’ai pas pu faire autrement, faire l’aveu de ce que je me croyais « obsessionnelle ». j’avais passé 2 jours à déborder de tous côtés de toutes sortes de choses à lui dire, de révélations, etc. et là, subitement plus rien.

tout s’en est allé. et il y aurait eu moins encore, si je n’avais relu mes notes d’ici, juste avant la séance. ai-je tort, raison d’écrire, là n’est pas la question.

je lui ai dit que j’empêchais frédéric de parler, que je m’étais rendu compte, que c’était moi, non lui, qui empêchais. comme rien de plus ne me venait, j’ai ajouté donc que j’avais lu un article sur l’obsession, et que…

après ça, c’était fini, n’ai plus rien pu ajouter. bah.

Avril, 28 ou 29, dimanche, 16h28, 2007

Je voudrais arriver à écrire à propos de la dernière séance, de jeudi, mais je ne me souviens de rien. J’écris au porte-mine, dans un carnet de dessin, c’est plaisant. Je suis couchée sur le lit, la fenêtre de la chambre est ouverte. On attend l’orage. Malgré le bruit qui persiste, j’aime le calme des dimanches. Jules m’embête, il n’a pas voulu faire sa sieste, il est joliment habillé, d’un short vert et d’un petit sweat rayé, dans les verts également. Il s’est installé sur mon dos. Frédéric, lui, est dans la salle, lit ; cela ne lui arrive pas souvent. Il faudra que je lui demande ce qu’il lit. Ca sent le dimanche à plein nez. Avec cette chance que demain ce soit congé. Congé ? Vraiment ? Frédéric prend-il congé ? Fait-il le pont – c’est le premier mardi – Fête des travailleurs. Mamyline probablement nous enverra du muguet. J’ai aujourd’hui planté des fleurs dans la jardinière de la fenêtre de la chambre et réparé une porte d’armoire cassée dans la cuisine. Dimanche, encore, dimanche toujours. Je crois que par la fenêtre derrière moi, Jules regarde dehors des enfants rouler à vélo. Retour à séance ? Ou l’oubli vaut-il mieux ? (Jamais, je n’aurai le courage de recopier tout ceci dans le blog ; je trouve mon écriture vieillotte).

Séance. Je dis que les habits sont ce qui me sépare du monde – les habits, les difficultés que j’éprouve à m’habiller, les angoisses que ça cause, le temps que ça prend, le temps que ça prenait, beaucoup plus avant, les retards où ça me mettait, à l’école, au travail plus tard. La recherche où j’étais d’un vêtement auquel je colle. Mon renoncement, ma perte aujourd’hui, de ce vêtement avec lequel je fasse une.

Il me demande si je me souviens de la première fois où j’ai eu ces doutes vestimentaires. Je suis obligée de lui répondre que non. Je n’en m’en souviens, souvenais pas. Il me semble que c’est de toujours. (Je me rends compte que ce qui a provoqué l’oubli de cette séance-là, c’est l’abondance même des souvenirs qu’elle a provoquée).

Je suis amenée à parler du « viol », que je ne fais que mentionner en précisant que je déteste ce mot, utiliser ce mot pour ce qui s’est passé. Il y a eu ça, puis d’autres choses dont je n’ai pas le cœur à parler – ces choses donc après lesquelles, il se dessine que mon rapport aux vêtements aurait changé.

Avant, les sorties, les vêtements provocants (il dit « le défi au père »). Le shopping, seule, les achats, les vols dans les magasins, l’argent volé à mes parents. Et si déjà j’y mettrais du temps, je finissais toujours par trouver comment m’habiller. Et je sortais, guerrière.

Après, finalement Roger, le théâtre, puis le déménagement. J’habite seule. Et petit à petit, je n’ai plus su, comment m’habiller. Et petit à petit, ça s’est précisé, je n’arrivais plus à m’habiller, je n’arrivais plus à acheter de vêtements. Je ne sortais pas faute de savoir comment m’habiller. L’orage est attendu. Il fait sombre. Jules a quitté la pièce. La difficulté de plus en plus grande à acheter des vêtements. Ceux autour desquels je tournais pendant des heures, jusqu’à ce que je m’en retourne chez moi, dépitée, de tristesse morte. Idem pour le coiffeur. L’excuse prise de l’argent que je n’avais pas. De l’argent, je ne parle pas en séance, je ne m’en souviens qu’après. En même temps, je maigris. Je cesse d’être boulimique. Mes réponses, toujours les mêmes quand on m’invite à sortir : je ne sais pas comment m’habiller. L’impossibilité de sortir seule, l’impossibilité d’être belle. Si d’aventure, il m’arrive de malgré tout acquérir un vêtement que j’aime vraiment – à l’ancienne, à la façon d’avant – le vêtement aussitôt donné. Donné à une autre femme. Donné à l’autre femme.

Enfin, je lui parle de l’angoisse quand le weekend arrive et qu’il va falloir sortir – donc s’habiller. Cette angoisse qui me rend agressive, à laquelle j’échappe en me terrant dans mon lit. Je parle de ce à quoi j’ai renoncé – être bien habillée, l’image avec laquelle, je serais totalement en accord, je ne ferais qu’une.

D’avant à après, il y aurait la séduction devenue impossible. Le vêtement, c’était le sexe, la femme. Après, ça aurait été l’insupportable de ça – l’insupportable du désir de l’autre.

Je ne sais pas si ça peut être réduit comme ça. On entend les roulements de tambour du tonnerre. Jules fait des bêtises.

J’aime en été, la fraîcheur et le calme avant l’orage.

le lendemain, dimanche, 14 :18, sur le lit. fenêtre ouverte, vent dans les arbres, ravie.

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revenir sur ce que j’ai écrit hier, à propos des 2 rêves :
c’est non, c’est non, c’est idiot, ça n’est pas ça, faut laisser tomber, ces interprétation bidons.

2 frères, 2 amies, 2 amis, grand appartement, ancien/moderne, 1 brun/1blond, 2 blondes, jumelles, reflet, méchants/méchante, faire travailler/travailler

il ne faut pas laisser tomber:

les mères et leur maladies de mère, qui sont en réalité, 1 maladie de femme, 1 maladie mortelle. 1 maladie de jouissance – brûlée vive.

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quand l’histoire, la scène, devient un rêve (et retour sur la paire)

Deux séances non racontées.

Une Anna est venue loger ici
– amie de F.

Il y a deux séances donc
– y suis allée avec des pieds de plomb – rien, me semblait-il, à dire. Fatiguée de ce que j’avais commencé à développer ici autour des rêves et de la scène (l’histoire) (des 2 hommes). En séance, lapsus: au lieu d’en parler d’« histoire », je parle de « rêve ». Il, l’analyste, tape du pied. Me dit quelque chose, quoi, je ne sais plus. Puis me parle du fait que c’est quand on ne sait plus quoi dire que ça commence, l’analyse, la psychanalyse. C’était lors donc de l’avant-dernière séance. Et c’est depuis que je n’écris plus ici, à propos des séances. Cours de Miller aussi, troublant. J’ai fait aussi beaucoup de rêves dont je ne me souvenais plus. Dans l’un, je ne retrouvais d’une paire qu’une seule chaussure. Dans un autre, apparaissait à un moment donné, en bas à gauche dans l’image du rêve, un sceau. J’ai retrouvé le mot hier, après l’avoir cherché. Un sceau en cire, de forme ronde et dont le motif était effrayant, m’a réveillée.

Cours de Miller sur le tout dernier enseignement de Lacan (TDE)
, remise à plat, en cause par Lacan lui-même, à la fin de sa vie, de toute son œuvre :
– le sujet supposé savoir
– l’inconscient structuré comme un langage
– la définition du sujet
– la primauté du signifiant sur les registres de l’imaginaire et du réel.
Et son idée d’approcher le réel via l’imaginaire. Ça, c’est pour moi, ce qu’il y a de plus mystérieux.


Et puis, mais non, mais non
, tu le vois bien, qu’il ne faut pas laisser tomber :

2 frères, 2 amies, 2 amis, grand appartement, ancien/moderne, 1 brun/1blond, 2 blondes, jumelles, reflet, méchants/méchante, faire travailler/travailler

Alors qu’ici-même je peux aujourd’hui écrire que d’une paire (de chaussures) en rêve, je n’en retrouve plus qu’une : (c’est que jamais les 2 ne font la paire).

il faut que je
de ça parle
absolument puisque
cette angoisse depuis
vendredi
absolument arrive à par
ler de ça, lundi, cette angoisse où je plonge à la seule idée d’avoir à
facturer

 …

art – jean //// L’art Jean !

et scène serviette sèche corps nue alix regard arène salle de bain toujours tiberghien 11 ans ////

….

 

bien sûr qu’il y va au désir de l’analyste en revient vaillamment