samedi 14 novembre 2015 @ 19h47

bascules de bassin

méditation, séance du 13 novembre 2015

Bassin, bascules de bassin beaucoup plus faciles couchée qu’assise. Couchée, ventre inexistant. Dès qu’assise, ventre là. Et, qui plus est, c’est comme si toute cette région était paralysée. Repère-avant devient impossible à repérer, à cause de l’épaisseur. Où est-ce qu’il s’arrête, le ventre, le corps ? Où est la limite, la peau ? J’avais pensé que c’était une raison probablement pour laquelle il fallait travailler les abdos. Et travailler « musculairement » le repère avant. En position assise, repère arrière également difficile à trouver, aussi parce que mouvements paraissent impossibles. Toute cette région coincée. Du coup, ça m’est au fond plus facile de sentir ou d’imaginer le tantien que les repères. (Je viens de me rendre compte que j’écrivais les repaires plutôt que les repères.) Donc hier, pour la méditation, pendant la méditation, je ne trouvais pas le repère avant. Et je réfléchissais à tout cet espace dans le ventre, et à ce qui en était accessible à la représentation…. et à la sensation. Je pensais que c’était peut-être un lieu qui avait été imaginairement fort investi, détesté par moi à l’adolescence, quand je me trouvais trop grosse. Je pensais à ce qu’une des profs de taï-chi avait dit, qu’on ne savait pas ce qu’il y avait là, dans le corps, que les Chinois y mettaient des vallées, des montagnes et des rivières… Qu’on pouvait y mettre ce qu’on voulait. Moi, je ne sais pas ce que je veux y mettre. J’aurais plutôt d’abord des choses à enlever (à tout le moins y aurait-il des représentations dont j’aurais à me séparer). À moins qu’on ne puisse avoir à faire avec ce qu’il y a. Ce qu’il y a, vraiment dans le corps, réellement, est-il accessible à la sensation ? A un moment, je me suis ensuite rendue compte que j’étais mal assise, que j’avais dû m’affaisser, j’ai mis mes mains sur mes genoux et je me suis redressée. Un pli à l’intérieur du ventre s’est effacé, ce qui a rendu le travail plus facile. C’est par ce pli, que j’avais pu sentir que j’avais un « gros » ventre, à l’époque comme aujourd’hui, c’est le pli qui était douloureux, inconfortable. Le reste du ventre est comme inaccessible à la sensation, « muet ». Je retiens que ce ventre n’était pas aimé et que ce ventre « représentait » un peu tout le corps. Le corps, la chair, cet en-trop. Moi-même, en trop. —- Je pensais à ce que Lacan disait de la jouissance, que ce qui s’exprimait dans le racisme, c’était la jouissance de l’autre qu’on ne supportait pas, l’idée qu’on s’en faisait (ou plutôt qu’on manquait à s’en faire, puisque la jouissance est ce qui échappe au langage) dont on se s’imaginait qu’elle se faisait, qu’elle avait lieu à vos dépens. Pourquoi faut-il qu’on se sente menacé par la jouissance de l’autre? Autrefois, danses « folkloriques » , on créait des espaces balisés de jouissance à plusieurs, peut-on dire ça ? Taï chi un peu comme ça. Avec cet indéniable plus de « l’ancestralité ». Comme si l’on renouait, retrouvait des ancêtres, un peu chinois bien sûr. Mais, ça compte. Des ancêtres, une culture, soit la mise en place de balises symboliques (de repères) dans la jungle du réel (du corps). Et puis, les « routes » de chi dans le corps, repérables, sensibles, énonçables, traçables. —– Taï-chi, labilité des frontières (que je ressens très fortement). Mais : repères avant et arrière (endroits précis du corps qu’il m’est difficile de repérer justement) et puis surtout tantien. —– Le chi est-il présent dans littérature chinoise, japonaise ?

dimanche 6 décembre 2015 @ 16h09

un petit peu de chi pour le réveil?!

#taïchi #réveil 3ème jour que je fais au réveil la technique de chi indiquée par Nicole.
Je croyais que j’allais m’en souvenir, mais je ne ne suis pas sûre d’avoir bien retenu.
Non, c’est le 4ème jour. Le 1er jour, quand je l’ai fait, après j’avais mal à un drôle d’endroit, je dirais près du tong,  à droite du tong. Ça a bougé pendant la journée. Ça me faisait mal quand je marchais, vraiment mal. Mais le lendemain matin, la douleur était partie et n’est pas revenue quand j’ai refait la technique. J’étais rassurée.

Donc. Assise ou en tailleur sur le lit .
D’abord ( et c’est là que je ne suis pas sûre), respiration en 3 temps :
1/ Inspiration  par le nez.
Démarrée dans le tantien, puis par les basses côtes, puis par les « ouïes » des côtes médianes, enfin par les clavicules.
2/ Retenir  un moment l’inspir à ce niveau. Et recommencer en repartant du bas, sans expiration –  tantien, basses côtes, médium côtes, clavicules.
(Puis, mais je ne suis pas sûre, finir par le haut du dos, puis sommet du crâne).
3/ Ensuite, expiration complète en enroulant la colonne, jusqu’à ce que les poumons soit vidés. (Quand on fait ça, du moins ça l’a fait aujourd’hui, on peut faire descendre le chi dans le bas corps.)
Faire cette respiration deux fois.
————-
Ensuite. Doigts qui poussent dans repère avant, pousser boule vers l’avant dans une courte inspiration, le plus fort et rapidement possible. S’arranger pour avoir un expir plus long que l’inspir. Faire ça 50 x.
—————
Refaire ensuite première technique, de nouveau. Les inspirs montants en trois temps, suivis d’expirs enroulés.
Faire tout ça 3 x en tout.

C’est assez difficile. Mais, on ne sait pas vrai ce qu’on fait et on n’a pas le temps de réfléchir.

 Ça me paraît une technique efficace pour apprendre la respiration subombilicale.

Jusqu’à aujourd’hui, j’ai à chaque fois dû aller aux toilettes juste après. Et puis, eh bien tendance à l’euphorie pendant la journée.

Weird.

dimanche 13 décembre 2015 @ 15h51

ne calcule ni ne juge – la conscience et l’inconscient

#sevrage #Paroxétine 5ème jour de diminution Paroxétine (=Deroxat). J’ai commencé à réduire le 9 décembre 2015. Je suis passée de 1 Deroxat à 1/2. Je ne m’attendais pas à ce que ça soit si difficile. Confusion. Tout ce que je puis dire.

#méditation Hier, ATELIER DE MÉDITATION. N. propose un petit exercice de non-interprétation qu’elle appelle également exercice de non-identification. Je ne peux m’empêcher de comprendre/d’interpréter : délaissement du symbolique, oubli des mots, donc interprétation rendue impossible et chute des identifications. (c’est bien au symbolique d’abord que l’on s’accroche, auquel on s’identifie – au symbolique, à un mot, à un signifiant  :  tel le Christ sur sa croix :: se souvenir de Michel Tournier :::   « Méfie-toi, dit-il dans le Roi des Aulnesqu’à force de porter ta croix, elle ne finisse par te porter! »   C’est bien ça, l’identification symbolique, de ça qu’il s’agit de décrocher). Quelqu’un dit « désapprendre« .    N. de raconter l’histoire d’un sage en méditation dont l’un des disciples, à son grand effroi, s’aperçoit qu’un serpent l’approche, lui grimpe dessus, le traverse, et,  à la fin de la méditation, lui rapporte : « Maître, maître, il y avait un serpent, il vous est passé dessus ! » Et le Maître de répondre : « C’était donc ça, cette chose gluante et glissante qui m’est passé dessus… » (le récit que j’en rapporte est approximatif, hélas). N. ajoute que la conscience, celle à laquelle elle voudrait qu’on atteigne par ces méditations, n’interprète ni ne juge. La formule (il est possible que je me trompe dans mon souvenir) est très proche de celle de Freud : l’inconscient ne calcule ni ne juge. Elle n’a donc donné aucune consigne pour la méditation, si ce n’est de garder ça à l’esprit.

#lettre je me suis gardée hier d’écrire à N. (me méfie du transfert, de l’amour, me méfie de moi-même, et peur de faire peur, peur de paraître vraiment trop en demande, que de trop laisser transparaître ma demande. du coup, j’écris plutôt ici.)

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mardi 15 décembre 2015 @ 15h49

d’ici à ce que, tous les matins

#matin #Paroxétine #sevrage 6 jours que je diminue la Paroxétine.
#taïchi Hier, j’ai décidé que d’ici à ce que ça se calme (je revois le Dr G dans une semaine), je ferais du taï chi tous les matins. D’abord les exercices qu’a indiqués Nicole pour un réveil en pleine forme, ensuite les 108,  y compris la 3ème section que je connais pas, avec le DVD de Nicole.

Cette 3è section, c’est très amusant. Elle me paraît différente, ponctuée de çà de là  de petites fantaisies, je me sens un peu comme une extra-terrestre quand je la fais, elle contient une sorte d’accélération, d’urgence joyeuse, enfin, c’est l’effet qu’elle me fait, surtout maintenant que je ne la connais pas, ce que j’aime beaucoup, beaucoup ne pas savoir quel mouvement va suivre. Il me semble que le taï chi qu’on fait alors est beaucoup plus près du taï chi qu’il va falloir ensuite reconquérir, que l’on perdra au fur et à mesure que l’on apprendra la forme… Donc, j’en profite… Je profite de la découverte. Là, je viens juste de terminer. Et je dois dire que ça me fait vraiment du bien.

Faudrait que je retrouve le DVD des 24, pour le soir.

#après-midi pas facile, et la mort de l’ami chabert, pas facile. yeux tout gonflés. paupières si lourdes. faut s’accrocher.

mercredi 16 décembre 2015 @ 11h10

Sevrage Paroxetine, 4ème jour

Hillary Express

Je viens juste de commander mon premier repas
curry et riz
tout seul dans un restaurant japonais.
Quel triomphe !
Je me sens comme un bébé risquant son premier pas hésitant.
Gare à toi, Mont-Everest !

Tokyo, Le 16 mai 1976

Richard Brautigam, Journal Japonais

Matin matin matin ,  mercredi . Réveillée en forme et… en appétit… C’est ce que je veux, je veux ça, avoir envie. Me réveiller, avoir envie, vouloir.  Mangé des céréales au chocolat de Jules, parce qu’il n’y en n’avait plus des miennes et dorénavant ce sera ça, ce sera bon.

Suis sûre que dois ce réveil à la séance de taï chi d’hier soir, cours de 24,  pourtant, commencée sous de mauvais auspices puisqu’étais arrivée en retard. Avais oublié de descendre à mon arrêt (Cité Universitaire),  descendue 2 arrêts plus loin, plongée que j’étais dans lecture de Richard Brautigan, Journal japonais, magnifique. C’est le journal de RB au Japon, qu’il tient en haïkus. Un délice.

Pour le télécharger et comme moi risquer de rater son arrêt : R. Brautigam au format epub, c’est là, merci.

//

Technique (je note ce dont je me souviens)

Assise.

Horloge midi – 6 heures, 3 heures – 9 heures, sur repère avant, pas trop grosse (l’horloge).

Inspirer successivement dans midi, 6 h, 3 h, 9h avec, à chaque fois, expir dans repère avant. Ensuite inspirer en même temps dans midi, 6 h, expir repère avant, puis dans 3h, 9h, expir dans repère avant.

Bon. Y a plein de choses que j’ai déjà oublié!

Peut-être prendre carnet de notes, noter sur place pendant ou après le cours. Ah, oui, après, c’était depuis repère avant, traversée jusqu’au tantien, essayer d’atteindre le tantien. Et, je ne sais plus ce qu’il en était de la respiration. Puis traversée du ventre en passant par Tantien jusqu’au repère arrière. Et je ne sais plus ce qu’il en était de la respiration !

Elle parlait de « tracer une petite ligne ». C’est probablement Inspir dans repère avant expir en traçant petite ligne jusqu’au tantien. Puis, pareil depuis repère arrière.

Puis faut arriver à la ligne qui fasse repère avant- Tantien- repère arrière.

Mais peut-être que ça fait inspir dans les repères avant et arrière en même temps en traçant lignes vers tantien et expirer dans tantien.

———- j’étais descendue deux arrêts trop loin. je n’étais encore jamais venue là. ———————- alice

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mercredi 13 janvier 2016 @ 10h02

mercredi 13 janvier, Sevrage Anafranil, Jour 1

hier vu docteur G. j’arrête donc aujourd’hui l’Anafranil. Je suis assez contente. il ne me reste plus qu’un demi Deroxat (Paroxetine)

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Illustrations issues du livre de V. Stevanovitch, La voie de l’énergie, chez Dangles

mardi 16 février 2016 @ 13h32

… que l’Amour est fils de Poros et de Penia

mardi 16 février 2016

taï chi tout à l’heure, à 19 heures. je n’en ai pas fait de toute la semaine dernière, j’allais mal,  il faisait froid, je voulais rester à la maison. il y avait eu le symposium tout le week-end. symposium de taï chi  où, après m’être désistée et n’être pas allée aider le samedi matin à 7 heures, offrant la dégoulinante excuse des mes angoisses,  je m’étais plus tard surprise à me plaindre encore, à S, toujours, et de mon genoux cette fois, ce qui m’a semblé trop, ce qui m’a dévoilé/révélé quelque chose de ma position, posture ( me donner à plaindre). quelles que soient mes difficultés, il faut que je mette un frein à ça (que j’aille voir ailleurs).

(Il y a des jouissances auxquelles il faut résister, comme celle où je suis l’incarnation de Penia, du pur manque; à mon âge, je ne dois plus trop m’attendre à ce que ça puisse encore exercer la moindre séduction,  que du contraire, c’est clair il faut que je résiste au désir de n’être que totalement démunie, ça ne peut que faire peur.  il faut que je passe à une version plus samouraï de moi-même : ne jamais se plaindre, ne jamais se montrer démuni !)

[ sur Poros et Penia,  respectivement père et mère d’Eros: http://auriol.free.fr/psychanalyse/eros.htm – mais j’aimerais retrouver les textes dans Lacan, plutôt :

" ... qui ne sait, depuis que Platon l'a dit, que l'Amour est fils de Poros et de Penia? [...] Si je vous amène à ce propos la formule, que l'amour, c'est donner ce qu'on n'a pas, il n'y a rien là de forcé, histoire de vous sortir un peu de mes bateaux. Il est évident qu'il s'agit bien de cela, puisque la pauvre Aporia par définition et par structure n'a rien à donner, que son manque, aporia, constitutif. L'expression donner ce qu'on n'a pas se trouve écrite en toutes lettres à l'indice 201a du texte du Banquet, [...] C'est exactement la formule, calquée à propos du discours. Il s'agit là de donner un discours, une explication valable, sans l'avoir. "

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c’est surtout du transfert dont je me méfie. comment appeler ça autrement, comment nommer cela, quand on veut se faire bien voir par la maîtresse et le désespoir où l’on plonge quand la maîtresse ne fait pas attention à vous… la maîtresse ici étant n,  la pauvre…  j’étais tout à fait prête à l’aimer, mais. il ne faut pas. il faut prendre ce qu’il y a à prendre et au moment où on le prend et qui est aussi ce  pour quoi on a payé.  pas plus. patience. maniement du tout et du pas-tout. le tout étant la jouissance, la maman et la dépendance. pas-tout, c’est autre chose. une façon d’être adulte, de supporter l’impatience. se mettre pas-toute au taï chi.

pas-toute malgré qu’on s’y trouve dépendant de personnes qui vous apportent un enseignement. c’est là, que le transfert se noue.  la relation à ces personnes, il faut la travailler,  lui laisser son temps, il n’y a pas de raison qu’elle soit plus simple que n’importe quelle autre, et surtout, refuser de tomber, refuser d’aller plonger dans la dépendance. c’est d’autant plus difficile avec le taï chi que ce qu’on y apprend, approche, paraît vraiment à même de transformer la vie complètement.

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dimanche 21 février 2016 @ 7h38

dimanche 21 février 2016 – méditation et acquérir un corps, encore

6:20 – aime assez écrire dans le noir sur mon téléphone quand tout le monde dort (même si j’aurais bien dormi encore un peu). beaucoup de rêves, encore. pu acheter hier chez Gibert  Mon cours de cuisine : les basiques indiens (aux éditions Marabout).  par ce livre que me suis initiée à la cuisine indienne, mais dû le rendre à la bibliothèque, where it belonged. or çà, vais donc pouvoir continuer à utiliser les épices que j’ai achetées, même que j’ai encore des étagères à leur construire. pu sans problème m’inscrire et participer aux ateliers de relaxation et de méditation hier (NOT AM I HATED).  

 

atelier de méditation du 20.2.2016

l’atelier de méditation a eu lieu après une longue séance de relaxation d’une heure et demi. 
tout de suite, me suis demandée comment j’allais tenir assise
n. demande de faire attention aux « sensations » = à ce que l’on ressent dans le corps. 
demande d’en nommer une. 
« désordre »,  je dis, « sensation que ça tourne à l’intérieur, que ça cherche sa place ». 
sensation d’ailleurs assez forte, tout de suite, en même temps que douleurs dans la cuisse gauche m’empêchent de me tenir en tailleur comme j’en ai l’habitude; pour une fois j’allonge mes jambes. 
n. parle, demande de distinguer sensation, émotion et pensée. 
et dit qu’à chaque fois que l’on réussira à distinguer dans quel registre on est, on sera centré. 
peut-être ai-je mal compris. 
suis en fait très vite partie dans la méditation, dans la sensation justement. 
n. parle. 
amène une sorte de relaxation assise, avec redressement de la colonne vertébrale, empilement des vertèbres une à une « dans le liquide chaud ». 
tantien
je ne sais pas comment je tiens assise. je ne comprends pas. 
n. parle de la force et de la sécurité qu’on peut ressentir à ce niveau là, du tantien, dans le bas du ventre, entre les hanches, et je pense que non, aucune force, ou très peu de force ou je ne sais quelle force. 
et quand elle dit que ça gonfle, je me dis non, ça ne gonfle pas, et je sens que ça gonfle
que ça prend de l’extension, dans le ventre. 
alors même que je me dis qu’il n’y a pas de force là, que je n’en ai pas, que j’en manque, qu’il n’y a rien, alors qu’en pensée, je nie ce qu’elle dit, je sens une force dont je pense qu’elle n’est pas la mienne, j’observe que dans mon corps ça se passe exactement comme elle dit. 
après la phase d’expansion du tantien, phase de rétractation.
n. demande de réduire petit à petit la boule, au rythme de la respiration, jusqu’à ce qu’elle devienne tout petite, très dense. 
je l’observe, je le ressens, même si c’est petitement, c’est là, en même temps que je prends conscience de la sensation de vide en moi. et du peu de foi que j’ai en moi. 
donc, il y a une force mais je ne sais pas ce quelle est, ni si c’est la mienne – est-ce qu’il ne s’agit pas essentiellement de la force des gens autour de moi
quand je songe à cela, aux autres, je ressens quelque chose d’encore plus fort, chaud, émouvant. 
 
la méditation commence. 
 
toutes les douleurs ont disparu, mon corps continue son mouvement en spirale de l’intérieur, tantôt plutôt vers la gauche, tantôt vers la droite. je ne sais pas si je ne suis pas parfois vraiment penchée. je ressens beaucoup de choses et, comme pendant la relaxation, je pense aux autres. 
pendant la relaxation, je pensais à F, à son dos.
là, je pense à lui ainsi qu’aux personnes présentes dans la salle. 
la sensation devient alors beaucoup plus forte. de plénitude, de chaleur. c’est agréable en même temps qu’épuisant. une sorte de tension qui vous dépasse, qui vous fait vivre un peu au-delà de vous-même. 
et à nouveau, cette sensation, émouvante, de recevoir, d’acquérir un corps
de temps en temps, je veux penser à ma voisine de droite, je veux être avec elle, la soutenir, parce que j’ai été touchée par ce qu’elle a dit avant qu’on ne commence. qu’elle avait trop de trucs dans sa tête et qu’elle ne pouvait pas ne pas écrire. pendant la relaxation, je l’avais entendue griffonner, j’avais trouvé ça étonnant, intéressant, compliqué, mais je l’avais accepté. là, elle venait d’expliquer que c’était nécessaire pour elle. 
après la méditation, cette jeune fille a dit qu’elle avait eu un « trauma cérébral » (c’est possible ça ?) 
 
après la méditation, beaucoup d’eau à coulé sur mes joues. 
 
Je ne sais pas si j’ai de la force en moi, ni comment cette force peut coïncider/coexister avec le vide. mais j’ai une assez grande capacité à sentir (imaginer ?) la « force » autour de moi, et ça me fait pleurer. 
les pensées disaient : rien. je sentais l’absence et cette absence était comme un manque au creux du ventre. en même temps qu’avec la voix de n., ce dont elle parlait, cela m’arrivait. je ressentais une « présence », quelque chose que je ne peux pas vraiment qualifier de « force », mais c’était agréable, émouvant. 
vendredi 18 mars 2016 @ 15h03

l’anatomie à revoir

vendredi, 10h26, F grippé, médecin passé, médicaments achetés, enfin recouchés. je vais vite fermer la porte pour qu’il fasse plus noir encore. mioum. ah, et maintenant, dormir ou écrire ? fermer les yeux un moment.

d’hier
taï chi
cours de n.

au sol,
sur le dos, jambes pliées (pieds rapprochés des fesses),
relevés, enroulés de la colonne, en partant du coccyx

(du coccyx,  dis-je, crois-je, c’est que j’ai toute mon anatomie à revoir, que dis-je, à voir ? à étudier (je songe parfois à me mettre au dessin). je ressens cela comme nécessaire et cette nécessité participe de ce sentiment de « ravoir » un corps, de gagner un corps avec le taï chi.)

enroulés du dos,  donc –
coccyx, sacrum, lombaires, dorsales, cervicales, occiput.
ce ne sont pas tout à fait ces points-là que n nomme, mais d’autres, des points qu’elle dit « charnières », ceux-là sont ceux dont je connais à peu près les noms.

n. incite à sentir chaque point, chaque endroit du parcours, incite à insister sur les « blancs » – les endroits où ça sent rien, où y a rien à sentir, à y insister, à s’y attarder, à y respirer.

ensuite, assis, chercher la position confortable

(cette position assise, en tailleur, est très importante, je le pressens de mieux  en mieux. position d’éveil, d’ouverture, d’écoute. a priori inconfortable. position à trouver chercher, qui entraîne une intelligence, une rencontre du corps particulière, où la zone du ventre est centrale.)

/ je n’arrive plus à tenir mon téléphone dans ma main gauche, ankylosée, douloureuse. repos. /

Image extraite de La voie de l'énergie par Vlady Stevanovitch chez Dangles

Image extraite de La voie de l’énergie par Vlady Stevanovitch chez Dangles

n engage « petite circulation« . remontée du chi le long de la colonne (même trajet que celui qu’on vient d’échauffer couché). puis, redescente depuis le sommet du crâne – en passant par point entre les 2 yeux, sternum, creux de l’estomac, repère avant) jusqu’au tong. n. demande que nous portions la même attention aux « blancs », que nous trouvions le moyen de faire en sorte que le trajet, le circuit devienne de plus en plus continu.

insister  sur les blancs, s’y attarder un peu, y respirer, « imaginer » en pensée le tracé du trajet.

et là, c’est très intéressant parce que je retrouve le même blanc que celui rencontré, nommé lors de la dernière méditation, que j’avais appelé, rencontré trouvé éprouvé : « manque ». c’est bien toute la zone du ventre qui est totalement absente, insensible, muette, qui ne répond pas du tout, comme insensibilisée, endormie, anesthésiée. et je retrouve des questions qui m’étaient déjà apparues avec le taï chi (tout de suite, avec le travail sur les repères, ces points-limites), des questions ou des réponses plutôt, concernant cette zone de mon corps, le ventre. ce ventre qu’on se reproche tellement d’avoir, fille, puis jeune fille, puis femme, ce ventre qu’il ne faudrait tellement pas avoir, dont les standards, les canons actuels de la beauté ne veulent en tout cas pas : l’impératif majeur : l’interdit majeur : pas de ventre. il ne faut pas avoir de ventre, quand ce ventre, on le sent, on l’a, au départ, on le sent, on l’a, alors on souffre de lui, on souffre à lui, on le déteste, on ne veut plus de lui, on ne veut pas de lui, on ne veut surtout pas de lui. Et là, voilà, avec le taï chi, eh bien, il faut qu’il revienne. on l’a tellement détesté qu’on avait fini par en perdre la sensation (voire même jusqu’à un certain point l’usage),  et maintenant, il faut qu’il revienne, on peut le faire revenir, on peut recommencer à avoir un ventre. c’est comme une réconciliation, 20, 30 ans plus tard. on a passé 30 ans sans ventre, dans le déni de son ventre, de son corps, et on en sort. et je sens, ce blanc qu’elle dit, n, et je suis contente. j’insiste, j’essaie de sentir, je ne sens rien, je ne sens pas, ou de façon minime, mais je suis contente, parce que je sais que ça va revenir. que je vais recommencer à avoir un ventre et quelque chose dedans. lui, mon ventre, il gargouille. puis celui de ma voisine, que j’aime bien, de 80 ans. alors, je souris. et je laisse le sourire là.

après, exercice encore augmenté, en intensité, si c’est possible, ben si. serrer le tong, au moment de l’inspiration,  tout de suite « ça  » monte très fort, et le relâcher avec l’expiration, quand ça redescend sur l’avant du corps – visage, ligne dans le visage, point entre les deux yeux, gorge, sternum, ventre – jusqu’à retour tong. et là, de nouveau, resserrer, remonter, etc.

et c’est très fort, presque trop, c’est intense disons, on s’accroche, on y va. n dit que maintenant il ne va plus y avoir de blancs, que normalement il ne devrait plus y avoir de blancs, que ça coule, à flux continu. ça monte vers le sommet de crâne, de là, voilà, ça coule vers le bas, c’est comme une rivière, c’est comme ça. comment c’est. voilà, c’est comme ça.

après ça, encore taï chi debout.

quelques onze (quelques exercices dit des onze exercices de santé chinois, de qi gong). l’exercice dit (je crois) du soleil. « voilà, on fait ça, vous sentez ça, et après ça, vous faites quoi, vous en faites quoi. vous continuez comment. vous continuez à venir au cours de taï chi, en retard et entre 2 RV ?  » voix égale.

puis,  108. avec encore cet incroyable truc du tong, serrer/lâcher.

des rires, et sérieux, sans relâche. (ce meilleur ménage : séririeux ;))

au sortir, Cath, – pfiouf, c’était bien aujourd’hui. – ah, oui, c’était bien, intense. tu as raison de le dire. c’était bien aujourd’hui.
 
j’ajoute qu’on dort très très bien au soir, qui commence très tôt,  de ce genre de séance. ça bouleverse, ça épuise.
 
bien,  j’ai commencé à parler de ce dont je voulais parler. 

demain, atelier méditation. en soirée,  séance spéciale d’initiation, ouverte aux amis. et zut, F malade! moi qui pensais qu’il pourrait venir avec ju!!!

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dimanche 20 mars 2016 @ 13h31

un manque ici recouvre un autre manque

dimanche, lendemain des ateliers
atelier chi et santé suivi par atelier de méditation
avais la veille envoyé à n.  l’ensemble  des textes écrits jusqu’à présent sur la méditation et le taï chi (qu’il serait d’ailleurs bon que je relise, analyse) –  du coup, n’étais plus dans la belle et bonne distance, indifférence que j’avais fini par atteindre

1. chi et santé

travail sur le plexus solaire (encore un de ces endroits dont je ne ne suis jamais sûre, au moment où il est nommé, d’où il se trouve…) 

peau d’abord, puis sous la peau, puis très profond /  main gauche sur plexus côté gauche, main droite posée en antenne  / main droite « déplace » sorte de vague souterraine (que l’on a mis un certain temps à réveiller) côté gauche, du haut vers bas, du pouce vers le petit doigt de la main placée sur le plexus, puis redirige le tout vers tantien

ce qui a été remarquable, c’est l’effet que ça m’a fait. ressenti non pas au niveau du plexus, mais dans le pied gauche, dans le haut du pied gauche !!!

c’était la révolution dans le pied. 

ce qu’il y avait à sentir au niveau du plexus solaire, je ne le ressentais pas là, mais au niveau du pied gauche, très très nettement et même très agréablement, et même des deux pieds. et  je ne m’en suis sur le moment même pas tellement étonnée, je me suis juste dit, voilà, c’est ça, c’est un déplacement (comme on parle de déplacement en psychanalyse) et la facilité que j’éprouve dans le tai chi avec les pieds, ma sensibilité particulière de ce côté-là, vient de ce que les sensations perdues, réprimées, anesthésiées au niveau du ventre, se sont déplacées, sont allées s’exprimer au niveau des pieds. bon sang, pourquoi ça m’arrive à moi, pourquoi ça m’arrive et que je doive le raconter!!!)

je l’éprouve et j’en suis certaine, mais je n’en suis pas moins convaincue que cela peut paraître, doit paraître complètemement débile.

bon, je ne peux pas chercher plus loin pour le moment. faut que je me dépêche de dire un mot ou deux de la méditation qui a suivi, puis que je passe aux véritables actions de la journée (construire le lit de jules).

(f. qui se réveille, qui est malade mais qui va mieux,  dit qu’il veut du steak haché. donc, faut que je me dépêche encore plus.)

2. méditation

après un long travail sur la posture, durant la méditation, je n’arrive à remarquer que certains craquements  que j’entends au niveau du plafond, au-dessus de moi, vers la droite. parfois rejoints par d’autres craquements  plutôt provenants  de la gauche et du bas. heureusement la forte respiration de mon voisin s’est entre-temps faite plus discrète, mais je ne parviens à rien trouver d’exaltant aux craquements que j’entends. veux-je d’eux, me dis-je, veux-je de ces craquements, non, je ne veux pas de ces craquements. j’ai beau faire, je ne leur trouve RIEN et leur rien s’étend à tout.

pour la première fois, je me demande ce que je fous là.  j’y suis sans attache, ni sens.

à un moment, la faille discrète du chant d’un oiseau, la lumière du printemps qu’il annonce, le souvenir de la nature, pourrait venir éclairer mon visage, mais je rejette cette échappée factice, facile. je m’en tiens à ce pesant ennui. ce repli.

de penser à f et j ramène peut-être un peu de sens. je ne sais pas si je ne culpabilise pas un peu. est-il vrai que l’autre soit nécessaire à l’advenue du sens. mais quid alors de la fondamentale solitude, qu’est-elle? elle et son absurdité? et l’est-elle, absurde ou n’est-ce que la culpabilité qui parle. et que générerait-elle?  de quoi est-elle d’office coupable, cette solitude? et si ce n’est pas le sens qu’on cherche là, dans ces séances de méditation, si c’est au contraire vers la rencontre de son absence que l’on s’avance : alors quoi? (et qu’on viendrait à la trouver : alors quoi?)

n. propose alors, en  fin de méditation, d’accueillir en soi quelqu’un, je ne sais plus quels étaient ses termes, elle a réactivé la respiration en l’évoquant, en l’associant peut-être à une « douce chaleur dans la poitrine », un creux où accueillir un autre, laisser venir quelqu’un, sans d’ailleurs chercher à choisir la personne. mais je ne veux d’aucun, sinon f et jules.  ainsi peut-être vraiment n’est-ce que la culpabilité qui a « parlé », qui a agi, dans l’aperçu, l’entrevoiement de ma coupable solitude.

(coupable : de ce qu’aucun sens ne s’y lie. qu’in-dé-cens.)

il s’agit là déjà de longs développements sur ce que j’ai ressenti. fondamentalement, il n’y avait guère plus que ces craquements que j’entendais occasionnellement, du désappointement et finalement, un peu de  chaleur recherchée côté f et j.

après, la méditation, et par curiosité de ce qu’elle pourrait en dire, n, de ce que j’ai ressenti,  je parle de ces craquements, de ce rien, du vide. mon sentiment est très neutre. elle parle. elle entend : rien. elle sourit. peut-être n’est-ce qu’à elle que j’ai voulu dire : tout cela n’est rien. 

( jules a acheté le steak haché)

sortant de là, je pense à ces termes de Lacan : « un manque ici recouvre un autre manque« . 

et je songe qu’il va bien falloir que je m’en détache de cet objet, rien, qui n’est pas rien, comme le disait d’ailleurs n. puisque le rien n’est pas le vide. 

rien n’est le nom d’un manque, n’est que l’objet, l’enforme qui vient recouvrir un autre manque, plus fondamental, plus vide.

en sortant, j’aurai pensé (voulant dire : cela sera ce qui s’est pensé) : il était donc là, c’est lui qui sera venu se présenter, cet objet que je connais : ce rien dont il faut que je me détache. et peut-être est-ce lui qui a couvert le vide du mot d’ennui (comme d’un vernis). 

car que sait-on du manque, que connaît-on sinon tous les avatars que l’on en forge, que l’on enforme

(le détachement du rien : au travail de quoi je suis. peut-être ce travail est-il infini. peut-être n’y aura-t-il rien de plus que ça :  ce mouvement de détachement, de décollement. ou pas. ce que je fais ici : rien. le blog : quel pour-rien me permet-il de le faire? (c’est parce qu’il est fait pour rien que j’arrive à le faire) à la gloire du rien dans nul achèvement (et donc surtout pas de livre). c’est le le blog en lieu et place du le-livre. je suis en guerre contre les idéaux, car ils m’ont rendue impuissante. car ils m’ont condamnée à ne rien-faire. car l’idéal chez moi est toujours de l’Autre , à portée de l’Autre (Sbarré flèche S1), l’idéal est S1, et à S1 : je désobéis. tandis que rien est le nom de ce que j’ai dans le ventre. S barré flèche S1 et Sbarré sur petit a – petitau nom de rien. avatar : rien. ce rien de réel. on aimerait dire : il y a juste lieu de s’en décoller, de ne pas s’y identifier.)

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vendredi 25 mars 2016 @ 11h22

Comment la psychanalyse pourrait-elle s’écrire dans le monde chinois ? I

Très heureuse d’avoir trouvé sur le net, sur http://www.lacanchine.com/(une mine), cette thèse de Lu Ya-Chuan1, intitulée (curieusement)2 « Une autre voie pour les Chinois ou Comment la psychanalyse pourrait-elle s’écrire dans le monde chinois ? 路亞娟« 

Je commence tout juste à la lire. Je la trouve passionnante dans la mesure où je me trouve vraiment curieuse de découvrir dans les textes anciens, chinois ou japonais, la présence de ce Chi que je découvre en taï chi, ici appelé Ki, le Souffle.

Il me semble que ces textes n’ont pas dû souvent  être convenablement traduits, puisque les occidentaux (si je ne me trompe) ignorent tout du chi. Comment en effet lire un mot d’on on ignore tout du réel, et pour lequel il n’existe en conséquence pas de mot dans sa propre langue. A la traduction, ce réel ne peut, à mon avis, qu’en grande partie passer à l’as, être mis à la trappe.

Je suis également heureuse de découvrir jusqu’à quel point le corps est central dans la pensée chinoise. Aujourd’hui, cela commence à faire sens pour moi. A certains égards, il me semble, et un peu rapidement dit, que la psychanalyse vous laisse en fin de parcours, seul(e) avec votre corps, sans avoir la moindre idée finalement d’un quoi faire (même si Lacan dit avoir rêver qu’elle puisse déboucher sur une nouvelle érotique) avec lui. Bien sûr, il s’agit d’une ouverture. Bien sûr, il ne s’agit plus que de liberté et d’invention. Comme un nouvel amour.

http://www.lacanchine.com/Lu_01.html

Extraits :

Dans l’antiquité chinoise, il n’y a pas de mot pour dire «corps», mais un grand nombre de mots pour le qualifier selon ses divers aspects et ses diverses fonctions.

[…]

Dans la médecine traditionnelle, le corps est un foyer d’énergie, un lieu d’interaction avec son environnement naturel, lieu qui existe et se définit par rapport à ce qui l’entoure. Le corps n’est donc qu’un support d’échanges. Il ne s’enferme pas sur lui-même, mais s’ouvre au monde, est perçu comme un microcosme qui représente le monde des phénomènes à part entière. Cette vision du corps est propre au taoïsme comme à la médecine. Les Chinois pensent que le corps n’est jamais isolé du cosmos.

[…]

De son côté, la pensée chinoise renvoie aux troubles somatiques dans une dialectique interactive. C’est dans les mouvements rituels du taiji que la pensée s’incarne et le corps se pense. Non-séparation de l’esprit et de la matière, le corps physique et le corps cosmique sont liés l’un à l’autre. La quête taoïste consiste en un travail sur l’individu, son corps et son esprit, afin de s’assimiler au rythme naturel de l’univers. Lacan a écrit à propos de l’image du corps : «Ne cherchez pas le grand Autre ailleurs que dans le corps.» En nous référant à sa remarque, nous pouvons dire que, si le corps est indissociable de l’Autre, la formulation de la psychanalyse va de pair avec la représentation chinoise. Le corps chinois implique avant tout une pratique tangible préalable à tout discours sur lui-même. Citons le postulat des sages anciens : « Le Tao est dans mon corps. » La proposition lacanienne qui sous-entend la dialectique d’intériorité-extériorité rejoint à cet égard la représentation du corps chinois.

[…]

Tout au long de son histoire, la pensée chinoise est celle du Souffle, du Qi 氣, énergie vitale. Le corps est considéré comme un foyer d’énergie, porteur du Souffle. Le Qi 氣 opère au nom de la pulsion et, parce que l’homme est dans un corps, sa sexualité passe par ce corps individuel dans sa recherche d’équilibre entre l’esprit et le matériel. Nous verrons que pour la psychanalyse les différentes pulsions se rassemblent en deux groupes qui fondamentalement s’affrontent. Cette opposition engendre la dynamique qui supporte le sujet et l’anime.

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Notes:
  1. Thèse présentée à Paris VIII en 2010, dirigée par Gérard Wajcman et co-dirigée par Gérard Miller. []
  2. Je suis au fond d’abord  intéressée par la problématique inverse : Comment inscrire le taï chi dans la psychanalyse. Mais aussi, comment, d’ores et déjà, le taï chi se trouve-t-il inscrit dans la psychanalyse. En tout cas, c’est, quant à moi, bien plutôt le monde chinois que j’aimerais importer dans la psychanalyse, sûre qu’elle a beaucoup à y gagner. []
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vendredi 25 mars 2016 @ 14h18

le taï chi légèrement + rapide de MF

25/3/2016

8:37
l’attrait du sommeil au réveil

8h46
décider du caractère sacré du sommeil
se rendormir
taï chi hier, exceptionnellement avec MF,  en remplacement, l’incessance de son taï chi un petit peu rapide.

11h
tout son cours, de MF, comme ça, un poil plus rapide. comme je me coule dans son rythme, il m’apparaît que ma pratique du taï chi incorpore l’arrêt, la mort, au plus près, à chaque instant du mouvement. quand le sien m’en évoque la fuite.  cependant que j’admire, j’envie la constance de son énergie.  il me semble en être toujours au bord de la rupture.
[ d’une tentative, probablement spécieuse (mais tentante),  de rapprochement de concept de pulsion et du chi :
quand il définit la pulsion, Freud parle de konstante Kraft.  plus tard, Lacan intuitionne que le débit de cette force constante puisse être propre à chacun et fixé une fois pour toutes (idée que je trouvais détestable, c’est un peu comme chez les protestants (??), chacun son lot), tant quant à la quantité qu’à la vitesse. peut-être s’agit-il ici de quelque chose de similaire et le rythme du taï chi de chacun lui est-il foncièrement personnel. si ce n’est que c’est un rythme qui se collectivise facilement, et donc se module, pour devenir celui du groupe.]
j’aime à accélérer mon taï chi, à le régler sur celui de MF. et il me semble qu’elle ne déteste pas le mien.
la rapidité (toute relative, faut-il le répéter) de son cours permet également de retenir son esprit de vagabonder.

j’ai rêvé de MF toute la nuit. et ce matin encore.

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samedi 2 avril 2016 @ 13h34

samedi – chi et hystérie

6h26, nuit. j’ai beaucoup publié ici hier, ce qui me met mal à l’aise, me réveille.

je ne publie en général pas au fur et à mesure de ce que j’écris et c’est souvent au moment de publier, que je me relis, corrige, essaie de donner à ce que j’ai écrit l’allure d’un truc fini. je me suis forcée hier à publier beaucoup et vite. j’avais accumulé du retard. je n’aime pas non plus laisser passer trop de temps entre le moment de l’écriture et celui de la publication. écrire me permet de réfléchir à ce qui m’arrive, permet que je ne le subisse pas de trop. le délai que je prends avant publication me permet de prendre un petit peu de distance. et éventuellement de finir par boucler quelque chose, une petite unité de sens, quelque chose qui me permette  d’avancer,  de passer à autre chose.

donc, j’ai été la semaine dernière très tentée d’arrêter le blog, en raison de ce que j’y avais publié (et de ce que j’avais manqué d’y publier), qui continuait de me travailler.  je n’étais plus qu’envahie de maux  qui semblaient me dire :    total dysfonctionnement, retourne te coucher.

j’ai fait alors ici état de ce que j’avais beaucoup écouté mon corps. écouté, souffert, subi. et, me revenait que l’hystérique (que j’ai été beaucoup plus grandement autrefois qu’aujourd’hui, et dont les tourments me revenaient à la mémoire, attendrissants, d’ailleurs) a tendance à beaucoup écouter son corps (toujours un peu trop débordant de vie et que l’obsessionel aura tendance lui à  cadavériser), sans nécessairement qu’il en ressorte pour elle quoi que ce soit d’intéressant (d’autre que la jouissance inconsciente qu’elle y prend, ressentie comme quelque chose de parasitaire, qui la démarque de la marche du monde,  y fait tache, la détachant du commerce (habituel et symbolique) des hommes1 ).

or, il y a quelque chose d’hystérisant dans le taï chi (enfin,  dans le travail sur le chi, celui qui se fait  indépendamment de la forme,  parce que pendant la forme même, un certain silence revient, voire advient) et dans la pratique de la méditation. ce qu’il y a d’hystérisant, c’est cette écoute du corps laquelle est ici attendue,  requise. l’oreille descend dans le corps pour l’écouter. ce qu’il y a de nouveau, c’est que de cette écoute puisse advenir quelque chose (à quoi une analysante, il est vrai s’attend, mais d’une façon toute différente, cette différence étant probablement ce qui m’intéresse ici). et, qui plus est, que de cette écoute, d’ores et déjà, un certain plaisir soit retiré. ce que dans sa thèse Lu Ya-Chuan  appelle curieusement mais audacieusement :  « la jouissance utile ».

conscience au fond est prise de la jouissance de l’écoute, à l’intérieur du corps, et que cette jouissance est bonne.

et c’est là où il y a problème, où il y a douleur, nœud, que l’on s’attarde, là qu’on peut agir, en intervenant de façon actuelle, directe, sur le corps, en guidant le chi à l’aide des mots, de l’esprit, en influant donc directement sur le corps.  

c’est bien ce que le symptôme hystérique trahit: voilà un mal qui ne tient qu’aux mots et qui ne trouve pas d’explication dans la médecine occidentale.
ce mal, le chi le traite directement, préalablement à toute recherche de sens,  en y mettant directement la main à la pâte. là, où il y a douleur, c’est que ça ne passe pas. et là où ça ne passe pas, on peut faire passer. et c’est l’exercice même auquel on s’attelle, de faire passer, qui offre, paradoxalement, du plaisir. 

Je ne suis pas sûre du tout que cela puisse offrir la moindre espèce d’intérêt.

Notes:
  1. un mot = une chose et où le mot à fini d’achever la chose. elle, vit avec ce qui a continué à vivre. ce qui continue à vivre, il m’apparaît que la médecine chinoise l’appelle chi. []
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lundi 11 avril 2016 @ 14h59

l’enfer (des choses à faire), etc.

la semaine en un clin d’œil

mardi 5 avril

08:30

plusieurs jours que je fais du taï chi tous les jours. les deux derniers, c’était en fait la nuit. même 2 fois par nuit. des inquiétudes me réveillent. pour en venir à bout, je me lève, je fais ça. c’est efficace. je fais plutôt de la méditation, ça fait moins de bruit. pas que le taï chi fasse du bruit mais le plancher craque. enfin, ce matin, 7 heures, j’ai fait les onze (qi gong), qui se font debout mais sur place –  y a moyen de trouver un endroit où le plancher ne craque pas.

9:14 maintenant, je pourrais ne pas dormir. mais si je dors, ça va être délicieux.

9:26

TO DO

cheveux, coco/argile ( 10:58)
RV coiffeur
RV dentiste
stage conte ? (12:10)
mail réponse N (13:49)
stage 24 ?
RV coiffeur jules
RV dermato Jules
Rothko
À manger ce soir ?
cours 24 : 19 à 22h

mercredi 6 avril

MY LIFE AS A TO DO LIST

Tél RV coiffeur (fait à 12:12) ; Tél RV coiffeur Jules (fait à 12:18) ; Tél RV dentiste (fait à 12:26) ; Tél RV dermato Jules (fait à 12:35) ; Tél RV ophtalmo (fait à 13:05) ; Tél opticien (fait à 12:58) ; 24 : Les filles de Jade ; stage 24 ? ; Rothko ; imprimer Rothko ; chercher passage ; À manger ce soir ?

 

jeudi 7 avril

7h44

taï chi – on sait que c’est une façon d’aller vers un mysticisme sans Dieu, une façon d’aller vers la le vide, de couper court avec les élucubrations du fantasme en mettant au jour ce que le corps éprouve comme jouissance dans sa rencontre avec le signifiant, en l’écoutant physiquement. également écoutant, éprouvant cette part de vie dans le corps, indépendante, elle, du signifiant et dont le territoire s’inscrit allègrement en dehors de ses limites, des limites connues de la peau. en se contentant d’éprouver cette jouissance que le langage, que le discours ne peuvent assimiler conduisant l’inconscient symbolique (ce qu’il n’est pas partout) à élucubrer des comportements, des croyances, des tactiques inextricables, d’une complexité hallucinante, qui n’ont d’autre fonction que de recouvrir ce manque signifiant, à la rencontre duquel les pratiques comme le taï chi ou la méditation se proposent d’aller directement. et, pour le dire d’une façon cavalière, n’usant plus du signifiant que pour chevaucher ce manque. cet usage du signifiant comme simple selle devant bientôt lui-même être abandonné. et le manque monté à cru.

dit-elle.

chercher à dire que la tentative de maîtrise de sa vie par le seul usage du signifiant, du discours, conduit forcément à des malaises, à des horreurs. 

09:59

sinon, j’ai encore passé des heures hier soir à consulter des blogs qui m’expliquent comment me débarrasser de mon henné, le mien fonçant de plus en plus, qui plus est prenant est une teinte violine totalement non-souhaitée (la formule du henné que j’utilisais ayant changé), tandis que par en dessous une quantité me semble-t-il considérable de cheveux blancs pousse, rendant presque regretté l’aspect tout au plus négligé jusque-là des repousses face à ce qu’elles me révèlent aujourd’hui des inéluctables transformations physiques qu’elles entraînent, et ce sentiment, que c’est là, maintenant, sous mes yeux, que ça se passe, que je me transforme, pour de bon. j’entre dans un nouveau corps. un nouveau corps plutôt vient-il me recouvrir. (enfin, c’est décidé, je deviendrai donc un poil beaudelairienne et colorierai mes cheveux, mais, je m’accrocherai à cela : toujours au naturel (il en faut des limites); et puis, je les voudrai dorénavant plus clairs, c’est blonde que je décide de terminer ma vie – n’ayant pas eu le cran de le faire du temps de ma jeunesse perdue ( j’espère que je n’irai jamais beaucoup plus loin dans la jeunissisation)).

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14:05, lessive + Rothko

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midi, au sortir du taï chi

vendredi 8, 11:12

heureuse de trouver sur internet la description de ces deux postures. jusque là, je croisais mes jambes plus ou moins au hasard avec plus ou moins de bonheur. là, je suis parée :

Le demi-lotus

le Siddhasana (en sanskrit सिद्धासन / siddhāsana signifiant «posture parfaite » ou « posture de l’adepte ») ou demi lotus [1] est une posture assise exposée dans l’Hatha Yoga Pradipika [2] de Yogi Svatmarama. Celle-ci consiste à placer fermement le talon du pied gauche contre le périnée et le talon du pied droit juste au-dessus de l’organe sexuel. Dans la pratique du Hatha Yoga, il faut se tenir bien droit, appuyer le menton sur la poitrine et regarder fixement l’espace entre les sourcils. C’est par excellence une posture utilisée dans la pratique de la méditation (Dhyāna) et des exercices respiratoires (Pranayama).

↑ Cette posture assise est généralement conseillée dans la pratique de Zazen associée au Bouddhisme zen implanté en Occident car celle-ci est plus facile à tenir que la position du lotus (Padmasana)
↑ Hatha Yoga Pradipika. Svatmarana, Pancham Sinh (I, 37 à 45)

La position birmane

S’installer en posture birmane est relativement simple. Il faut s’asseoir en posant ses mollets à plat devant soi, l’un devant l’autre, généralement le mollet gauche devant le droit, mais rien ne vous empêche de faire l’inverse si vous vous sentez plus à l’aise ainsi. Les pieds sont posés à plat également, la plante tournée vers vous. Les genoux touchent le sol, sauf si vous n’y arrivez pas, auquel cas il ne sert à rien de vous contraindre. Cette posture offre une certaine stabilité très agréable, mais elle demande tout de même un peu plus de maintien volontaire que le lotus. Elle est toutefois bien plus accessible et bien plus simple à endurer lorsque les séances de méditation se font longues.

Samedi 9 avril.

9:30, au lit
rétrospectivement, cette semaine : peu de « maux » par rapport à la semaine dernière, mais beaucoup de mots, d’inquiétudes. de nuits trouées de réveils en sursaut. principalement autour du livre et de mes cheveux. j’aurai bu, peut-être, un peu plus également. et essayé de trouver le moyen de combattre ces inquiétudes avec le taï chi.

9:54, toujours au lit
de ces inquiétudes, je suis coutumière, c’est elles qui m’ont conduite à écrire.
cette nuit, à moitié endormie, plusieurs fois me lance dans des prières, des « je vous salue marie…  » (dont la litanie tente de chasser, de repouser, au rouleau compresseur, par leur absence même de signification, les pensées envahisseuses). plusieurs fois aussi, me dis que je veux mourir. c’est plus fort que moi, cela me troue de l’intérieur. le matin, en semaine, quand je me rendors après le départ de J, pour me re-réveiller à 10 h, je suis alors lavée de ça (mais trop gonflée de sommeil).

10:33 mini câlin avec F. il s’est levé, pour une fois avant moi.

11:55 amusante et vivifiante conversation avec F à propos de ça (qui n’est pas drôle) : http://www.liberation.fr/debats/2016/04/01/entre-amis_1443422

revendique le droit d’écrire n’importe quoi et mal.

hier, Speak low when you speak love de Wim Vandekeybus, très mauvais. ennuyeux, long, aucun propos, infantile. danseurs beaucoup trop musclés, et leurs muscles beaucoup trop exhibés. chanteuse gnangnan au possible. j’avais vu, il y a 30 ans le premier spectacle de Wim Vandekeybus, c’était flamboyant, de l’énergie pure. n’en subsistent que muscles et tatouages.

12:14 ces inquiétudes. je ne suis pas sûre que ce soit leur contenu qui compte, qu’il y ait moyen d’en traiter le contenu, de les traiter par leur contenu. autrefois, je disais « mauvaises pensées », « pensées chewing-gum ». j’estimais alors que la teneur de ces pensées n’avait aucune espèce d’ importance. que ça voulait penser et que n’importe quoi pouvait faire office. que c’était pulsionnel. cette façon de voir les choses n’étant pas parvenue à traiter le problème, au contraire des antidépresseurs, j’hésite à le ré-attaquer de cette façon.
et si, contrairement à ce que j’ai voulu considérer jusqu’à présent, ces pensées étaient un tant soit peu nécessaires, pourquoi faut-il qu’elles me fassent mal. ne pourrais-je les assumer simplement pour ce qu’elles sont : je réfléchis. ça fait partie du processus, de la vie. je me réveille la nuit, je réfléchis. pourquoi faut-il que cette réflexion soit inquiète. 

bien sûr, s’agissant du livre avec JC par exemple, l’idée, c’est que je n’y arriverai jamais. donc ici, probablement, la question du contenu compte-t-il : je me trouve engagée dans quelque chose dont je ne vois pas comment je vais arriver à me sortir tête haute, comment je vais me sortir sans m’être une fois de plus complètement rabaissée. ayant à la fois manqué d’intelligence et à ma parole.

(je commençais à voir hier que ce qui me manque dans cette affaire, c’est l’idée de maîtriser la bête, le texte. j’ai l’impression qu’il ne cesse de m’échapper de partout, que rien ne fera que je puisse en retenir quoi que ce soit (pour mon propre compte). qu’est-ce qui dès lors pourrait s’en transmettre à un autre. comment en restituer la « substantifique moelle ». qu’écrit-on dans l’immaîtrise. (quand on songe qu’il ne s’agit ici que de ré-écriture !) il ne m’est donné que d’apercevoir.)

14:29 je pensais avoir RV avec le coiffeur aujourd’hui, à 13h15. d’après la coiffeuse c’était hier. j’en suis terrassée, je retourne me coucher. faiblesse, faiblesse, faiblesse. faiblesse et paresse.

15:03 écrit une demi-heure. là, reposer une demi-heure. boire mon café, fermer les yeux.

16:09 pourquoi faut-il que l’on reste toujours consciencieusement en-dessous de ce qu’on attend de soi. (sans toutefois se risquer à descendre trop bas).

dimanche

10:04:2016_18:03:15

10:04:2016 @ 18:03:15

lundi,

nuit de dimanche à lundi, 4:41
trop bu hier soir
suis une empêchée, fondamentalement
ces derniers jours, prends trop la mouche, m’énerve trop, trop quart de tour, trop violente. et me déteste (tout de suite, dès que j’élève la voix) pour ça, ce qui me rend d’autant plus agressive.
hier, enfin grosse discussion autour du fait que nous n’allons pas à République. finalement F dit, le problème, c’est que nous le voulons trop (et moi, suis très étonnée de ça, qu’il dise ça, parce que pensais qu’il ne voulait pas. il dit, le problème, c’est que si on y va, on devrait y aller tout le temps).
alors, nous serions deux empêchés qui nous empêchons mutuellement très bien.
pourquoi.

Je voudrais ne plus m’énerver.

Je suis simplement tout le temps angoissée.

Je ne veux jamais ce que je veux.

04 :55

nous nous aimons parce que nous nous empêchons très bien.

j ne doit pas croire être ce qui nous empêche. il faut qu’il le sache, qu’il comprenne que nous avons besoin d’être empêchés. or, ce qu’il y a, ce que j sait, c’est que fondamentalement nous ne voulons pas du reste du monde. c’est que nous devons nous faire violence pour sortir. le problème, c’est que nous nous aimons. nous nous apportons beaucoup de joie et nous sommes frileux vis-à-vis de l’extérieur. et puis, parfois, nous étouffons. et je m’énerve.

05:13 moi, quand je veux quelque chose, je ne le veux surtout pas. longtemps, aimer, ça a été comme ça aussi. aimer, c’était ne pas aimer. jusqu’à jules. aimer jules ça a été aimer jules.

il doit y avoir une explication à tout ça.

le problème, c’est les mots. il n’y en a pas un mot qui ne veuille dire ce qu’il dit et son contraire. aimer jules se passait bien des mots. les mots sont venus en plus, mais pas au départ.

(alors quand je dis que je ne veux pas pas ce que je veux, c’est que que peut-être, ce que je veux, c’est que de façon ultime mon vouloir s’accomplisse comme non-vouloir, c’est-à-dire comme mot. il faut pouvoir faire un pas de côté, cesser de chercher à accomplir le mot, qui veut toujours dire son contraire, cesser de chercher à accomplir son équivocité. c’est difficile, parce que le désir de l’équivoque est inconscient. c’est à l’inconscient qu’il est égal de dire qu’une chose soit l’une et son contraire. ça ne compte pas pour lui. pour lui, il y a ce qu’il y a. et cela, qu’en sait-on.)

5:51 le pas de côté, ça peut être l’irruption soudaine de violence, la touche de réel de la colère. ça peut, j’imagine. mais, il vaut mieux que je trouve autre chose.

9:32 j’ai beaucoup écrit n’importe quoi cette nuit. c’est dommage. on peut faire dire n’importe quoi aux mots.

la situation est que je suis en plein je-ne-veux-pas. la situation c’est : que j’ai des choses à faire et que je ne veux pas. pour moi faire, autre chose que rien, c’est angoisser. j’ai des choses à faire, donc j’angoisse. je dois vivre avec ça. Et je dois essayer de faire moins de bruit avec ça. que ça me déborde moins. Parce que ça me rend très triste pour j et f.

12:10 oui, je n’ai plus besoin réfléchir à rien,  tout compris,  sais tout. je ne supporte pas de faire quoi que ce soit. plus précisément : je ne supporte pas de devoir faire quoi que ce soit.

15:07 faire ce que je dois faire m’engoisse (m’anfer).

16:01 seule l’écriture dans le blog me soulage, me guérit. parce qu’il n’est pas ce qu’il doit. parce que sa forme cloche. parce que je ne le dois pas. parce que je dois même m’en empêcher. crainte de biche d’ailleurs à l’idée que si je n’avais pas à m’en empêcher, si j’y étais autorisée, au blog, autorisée, attendue, obligée : je n’y arriverais plus. ça, je ne veux quand même pas le croire. mais ne pas l’écrire, n’y écrire pas, c’est l’enfer aussi. 

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dimanche 15 mai 2016 @ 15h23

Comment la psychanalyse pourrait-elle s’écrire dans le monde chinois ? partie II

Extraits de la thèse de Lu Ya-Chuan publiée sur http://www.lacanchine.com/Lu_01.html (voir partie I) :

Le Souffle – le Qi 氣 : esprit et matière

Le corps étant considéré dans la médecine chinoise comme un foyer d’énergie, il est un lieu d’interaction avec son environnement naturel. Renfermant la notion d’« énergie » ou « souffle », le Qi 氣 désigne à la fois tout constituant matériel du corps, mais aussi l’immatériel, le spirituel, l’agent des changements dont ce dernier est le lieu, une force vitale et existentielle, telle ou telle fonction à l’œuvre dans le corps, spécialisée le cas échéant dans un domaine ou un autre.

Une généralisation aussi poussée du sens a fini par faire dire qu’en médecine chinoise tout est souffle. Une pareille formulation du Qi 氣 a le mérite de ne pas dissocier la dimension substantielle, celle des «composants» du corps humain et de son fonctionnement.

Loin de représenter une notion abstraite, ce souffle du Qi 氣 , source de l’énergie, est ressenti par le plus profond de l’être jusqu’à sa chair. À la fois esprit et matière, il assure la cohérence organique de la fonction des êtres vivants à tous les niveaux.

Pour reprendre le formule d’Anne Cheng :

« L’unité recherchée par la pensée chinoise tout au long de son évolution est celle du souffle,  influx ou énergie vitale qui anime l’univers entier. Ni au-dessus ni en dehors, mais dans la vie, la pensée est le courant même de la vie. Toute réalité, physique ou mentale, n’étant rien d’autre qu’énergie vitale, l’esprit ne fonctionne pas détaché du corps70. »

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lundi 29 août 2016 @ 9h25

brimborions

Bruxelles 
 
On part tout à l’heure. Qu’allais-je dire. 
 
Il est possible que je me sois éloignée du langage, en tant que support de la pensée, laquelle n’est plus pour moi que ce qui m’empêche de dormir, dont j’ai perdu tout espoir de jamais la coucher sur papier. 
 
Si bien qu’aujourd’hui, il ne m’arrive plus que des brimborions de pensées, comme cette phrase qui s’imposait tout à l’heure : je veux mourir, je veux mourir, je veux mourir… À laquelle j’ai opposé un Je veux vivre fort artificiel à la manière des injonctions que l’on adresse à son corps pour l’entraîner dans un état de relaxation  : Lourd ou Chaud ou encore C’est agréable, ainsi que cela m’est enseigné au cours de Taï Chi. Je ne le fais pas, m’envoyer ce Je veux vivre dans le  corps,  sans en éprouver une sorte de haut-le-coeur, tant cela va chez moi comme à contre-courant, je ne suis pas sûre du tout que cela fonctionne, mais j’ai le vague espoir que cela imprime, aussi simplement que ça, autre chose en moi. Tant il est vrai que ces pensées qui me viennent, ces pensées automatiques, ne me paraissent plus être que des pensées réflexes, dont je me suis déjà dit que je n’avais pas à leur prêter attention, mais qui m’ennuient et dont je ne peux m’empêcher de croire qu’elles expriment quelque chose de fondamental en moi, devenu fondamental, primaire, et qui m’effraie et qui m’attriste. Et que je voudrais ne pas communiquer à mon fils. Or, pour ne pas le lui communiquer, il faut que ça disparaisse. Sinon, ça passera. D’où ces nouvelles injonctions que j’essaie, venues elles de ma conscience, que j’associe, que je mêle à mes exercices de relaxation, de sorte qu’il m’est arrivé de transformer un état fort anxieux en état très agréable. Car il s’agit aussi dans la relaxation et dans la méditation de s’appuyer sur  les endroits du corps douloureux pour aller justement vers le corps, le pénétrer, de même dans les méditations, s’agit-il d’observer ce qui advient, ce qui arrive, l’accident même, cela qui paraît faire obstacle à une unité lisse, à un moi lisse et central, comme au contraire ce qui fait signe du monde et auquel je m’étends alors, nouvellement. Qu’il s’agisse de chants d’oiseaux ou du bruit d’une chasse que l’on tire. Du moins, est-ce ainsi que l’enseigne N et qui me paraît juste. Et, c’est probablement l’un des meilleurs moyens d’ échapper à la répétition et d’accueillir une nouveauté vraiment nouvelle. Et ce « je veux vivre »  peut à l’occasion se marier avec l’un des « C’est agréable, c’est bon » utilisé pour induire, installer, mémoriser l’état de relaxation. 
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samedi 4 janvier 2020 @ 9h10

je suis complètement colisée, je pense arrêter les cours.

Bruxelles

Bribe de rêve 

Ce qui m’est revenu subitement ce matin 

Une sorte d’amphithéâtre, un cours, peut être à l’extérieur ( Colisée –  nous nous étions interrogés sur les 7 merveilles du monde dans la conversation il y a deux jours).

Un homme de l’autre côté du cercle, de l’arène, que j’ai évité, s’adresse à moi en criant (il est plus bas dans les gradins), il me dit « Souviens-toi de …telle date »  (je ne me souviens plus de la date). Je suis dégoutée, je ne sais pas de quelle date il s’agit, mais je crois qu’il s’agit de la date où il m’a embrassée, un baiser dont je ne voulais pas. Sa femme n’est pas loin de là, Frédéric je crois non plus. Je suis dégoutée, la façon dont il s’adresse à moi, sa joie, son enthousiasme, laissent très peu de doutes sur ce dont il s’agit.  Je suis honteuse à l’idée qu’on puisse penser que j’aie voulu ça, que j’aie voulu de ce baiser, que j’aie voulu cet homme. C’est à un cours de quelque chose comme du tai chi, mais c’est un cours qui dure toute la journée, comme un stage, si ce n’est que c’est toute l’année. Au moment où il dit ce qu’il dit, c’est à ce moment que nos conjoints respectifs apparaissent dans le rêve. 

Fait penser à Philippe, du tai chi, le Suisse…. Qui n’aurait jamais fait ce genre de chose. 

Dans ce rêve, il le fait, le fait tout le temps. 

À ce moment-là, je ne sais plus s’il est encore possible pour moi de venir au cours. Je ne sais pas où m’asseoir, j’y réfléchis beaucoup, je ne sais pas comment l’éviter. 

Au début du rêve, nous étions souvent assis à proximité, près de l’entrée de l’amphi, jusqu’à ce qu’un malaise s’installe, que je comprenne qu’il me poursuit… Et jusqu’à ce qu’il m’embrasse de force (partie du rêve dont je ne me souviens pas). 

Je réfléchis beaucoup à la place où m’asseoir. Je pense arrêter les cours.

Je vais, je crois, vers un autre cours. Jules est là aussi, je crois, plus loin. 

Il y a Yves-Noël Genod. 

Il faut passer par des passages où une sorte de sentinelle se tient enserrée au fond d’un amphithéâtre miniature. Guérite en forme d’amphithéâtre. Je pense que la sentinelle est  homosexuelle, mais attirante pour moi. Jules est déjà passé, je le vois qui va devant, vers un autre passage, le cylindre elliptique d’un autre passage. Nous sommes entre 2 de ces points de passage, d’arrêt, de contrôle. 

Je passe, m’avance, puis retourne au point de passage, de frontière, à la limite. C’est l’homme qui m’intéresse, malgré qu’il soit homosexuel. Il est beau. Je voudrais qu’il s’intéresse à moi. 

J’ai dû penser récemment à ces homosexuels qui parfois vont avec des femmes… 

Je ne peux pas raconter beaucoup plus. 

Le rêve est principalement formé de moments où je cherche quelle place prendre dans l’amphi, par rapport à cet homme importun. 

 

Philippe n’a rien de séduisant. Il est petit et gros. Il se teint, je crois, les cheveux.  Il est atteint du cancer. Il a pratiqué les arts martiaux ( sabre, je crois), il a commencé à enseigner le tai chi, dans son club. Il fait un tai chi plus martial. Il se montre sûr de lui. Cela vient de sa pratique du sabre. Il tien Nicole pour un maître, mais pas Martine qu’il n’aime pas, qui l’énerve profondément. Il donne volontiers des conseils. Il se met en une tenue spéciale pour faire du tai chi. Il s’endort pendant les relaxations. Il est marié. Il est très gentil. 

L’homme du rêve ne lui ressemble pas complètement. Il est plus foncé, plus mince. 

C’est tout ce que je peux dire. Ca vient tout de même à un moment où je me demande pourquoi je pense toujours arrêter, devoir arrêter. Où je me sens torturée par cela.

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