{"id":110,"date":"2008-04-24T09:50:27","date_gmt":"2008-04-24T08:50:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/delta\/?p=110"},"modified":"2008-11-15T17:08:35","modified_gmt":"2008-11-15T16:08:35","slug":"journal-12","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/delta\/2008\/04\/journal-12\/","title":{"rendered":"journal (o\u00f9 il sera plut\u00f4t question de l&rsquo;hyst\u00e9rie, cette fois)"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00e0 faire<\/strong> ( petit <em>a<\/em> faire)<br \/>\n10:49 j&rsquo;aurai beau faire, ma vie n&rsquo;est faite que de choses \u00e0 faire. je me demande si les autres c&rsquo;est comme \u00e7a aussi. d&rsquo;une pauvret\u00e9. jules est l\u00e0. j&rsquo;ai mis un vieux disque \u00e0 moi, Beethoven (pathetique sonata pour piano). c&rsquo;est tr\u00e8s rare que je mette de la musique. et surtout de la musique \u00e0 moi. tiens, une griffe. quand jules \u00e9tait petit petit, b\u00e9b\u00e9, je lui mettais parfois un disque \u00e0 moi. \u00e7a m&rsquo;inqui\u00e9tait tellement alors que je ne puisse pas lui apprendre, l\u00e9guer \u00e7a, que moi j&rsquo;avais re\u00e7u de mes parents, qui avait baign\u00e9 mon enfance, que je connais par c\u0153ur, mais. ces musiques que je connais bien, dont je ne connais jamais les auteurs. sur le bout de la langue. musique en perte d&rsquo;auteur. le probl\u00e8me, c&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 chaque fois \u00e7a le faisait atrocement pleurer, les musiques que je lui mettais. enfin, l\u00e0, il est assis dans une caisse et il \u00e9coute.<\/p>\n<p><strong>les noms d&rsquo;auteur<\/strong><br \/>\n11:13 la caisse s&rsquo;est renvers\u00e9e. maintenant, c&rsquo;est l&rsquo;autre face. je n&rsquo;ai jamais su vraiment, je veux dire avec certitude &#8211; j&rsquo;ai toujours pens\u00e9 qu&rsquo;il y aurait un jour moyen d&rsquo;\u00eatre s\u00fbre, de savoir avec certitude -, je n&rsquo;ai jamais su, compris, pourquoi je n&rsquo;arrivais pas \u00e0 retenir <strong>les noms des auteurs. les noms des auteurs, les dates, les noms des pays, toutes ces choses utiles dans la conversation.<\/strong> j&rsquo;ai longtemps pens\u00e9 que c&rsquo;\u00e9tait une affaire de femmes, que c&rsquo;est les femmes, qui ne retenaient pas ce genre de choses. je me suis un temps \u00ab battue \u00bb pour trouver le moyen de faire la conversation avec ce qui n&rsquo;est pas les noms, les noms propres et les dates, mais \u00e7a a \u00e9t\u00e9 en vain. je pensais donc, que c&rsquo;\u00e9tait affaire de femmes, d&rsquo;hyst\u00e9rie. voil\u00e0.<br \/>\nd&rsquo;une part que les femmes se refusent de savoir ce genre de choses, enfin, les hyst\u00e9riques, au nom d&rsquo;une chose sans nom justement, leur secret, tr\u00e9sor, v\u00e9rit\u00e9, qui ne tol\u00e9rerait aucun nom ; d&rsquo;autre part qu&rsquo;elles soient dans le d\u00e9sir, tout de m\u00eame, d&rsquo;un autre  qui le d\u00e9tienne, le connaisse, le leur donne, ce nom, de ce qu&rsquo;elles se refusent \u00e0 nommer. qu&rsquo;il y ait un maitre qui sache. (j&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;\u00e9crire mes m\u00e9moires, on trouvera cela n\u00e9anmoins dans n&rsquo;importe quel bon manuel de psychanalyse). \u00e0 ce sch\u00e9ma classique, s&rsquo;ajoutait ce trait, le fait que mon <strong>p\u00e8re soit artiste. artiste qui ne se sera pas vraiment fait un nom, auquel \u00e9ventuellement m\u00eame il aurait fallu en fabriquer un, mais p\u00e8re suffisamment sacr\u00e9<\/strong> par et pour moi pour que je n&rsquo;aille pas dans ses traces \/  sur ses pas \/ ni surtout que je ne le d\u00e9passe surpasse, quel que d\u00e9sir que je pusse en avoir &#8211; parce que si je le sacrai sacr\u00e9, je le d\u00e9sacralisais aussi bien et plus souvent malheureusement qu&rsquo;\u00e0 mon tour et non sans souffrance, ressentiment. vous pouvez donc mettre cela aussi sur le compte du \u00ab sans foi de l&rsquo;hyst\u00e9rique \u00bb.  le manque m\u00eame de foi m&#8217;emp\u00eache de croire \/ retenir le moindre nom, propre, d&rsquo;auteur, de cr\u00e9ateur. tandis que, le d\u00e9sir toujours est l\u00e0, reste, qu&rsquo;il y en ait au_moins_un qui.<br \/>\npour ce qui est de la g\u00e9ographie et de l&rsquo;histoire, \u00e7a n&rsquo;est pas moins clair, c&rsquo;est simplement plus global. c&rsquo;est le savoir dans son ensemble qu&rsquo;il convient l\u00e0 de consid\u00e9rer, le savoir qui tient \/ attient au signifiant qui est consid\u00e9r\u00e9 comme suspect, en tant qu&rsquo;il ne colle pas \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, elle sublim\u00e9e, magnifi\u00e9e (et faisant la mati\u00e8re m\u00eame de la s\u00e9duction, du pouvoir de s\u00e9duction- sinon). et c&rsquo;est la n\u00e9cessaire fabrication, d&rsquo;un autre, d&rsquo;un homme par exemple qui sache, beaucoup, \u00e9norm\u00e9ment, qui aille jusqu&rsquo;\u00e0 conna\u00eetre, le les mots de ce qui n&rsquo;en n&rsquo;a pas.<\/p>\n<p>l&rsquo;histoire, ayant ceci de plus, qu&rsquo;elle touche au temps. alors qu&rsquo;une bonne v\u00e9rit\u00e9, convenablement r\u00eav\u00e9e, ne saurait \u00eatre qu&rsquo;intemporelle. comporte la croyance, le d\u00e9sir de l&rsquo;intemporel. cet intemporel qui fait le r\u00e9el de l&rsquo;inconscient, mais aussi celui du signifiant. non qu&rsquo;un signifiant ne puisse appartenir \u00e0 une \u00e9poque, mais, en soi, d\u00e8s qu&rsquo;il na\u00eet, il est de sa nature d&rsquo;\u00eatre comme de tout temps. vous ne me croirez pas, je le sens.<\/p>\n<p>nous pourrons pareillement dire de l&rsquo;in-savoir de la g\u00e9ographie qu&rsquo;il touche au savoir de ce qui n&rsquo;est ni l\u00e0 ni ailleurs, de ce qui est incorporel. dont la nature du signifiant et de l&rsquo;esprit se rapprochent, et qui pourtant fait le secret du corps de l&rsquo;hyst\u00e9rique.<\/p>\n<p>voil\u00e0, cela fait tr\u00e8s longtemps que je sais ces choses et je pensais que \u00e7a me permettrait de pouvoir tout de m\u00eame sortir des domaines des savoirs impossibles pour aller vers les possibles. eh bien non, faites-moi \u00e9couter beethoven, je ne retrouverai pas son nom, alors que je connais sa musique par c\u0153ur et par corps et par hors corps (et dans la conversation \u00e7a ne le fait toujours pas, et pour se faire des amis, \u00e7a ne le fait toujours pas non plus).<\/p>\n<p>bises,<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00e0 faire ( petit a faire) 10:49 j&rsquo;aurai beau faire, ma vie n&rsquo;est faite que de choses \u00e0 faire. je me demande si les autres c&rsquo;est comme \u00e7a aussi. d&rsquo;une pauvret\u00e9. jules est l\u00e0. j&rsquo;ai mis un vieux disque \u00e0 moi, Beethoven (pathetique sonata pour piano). c&rsquo;est tr\u00e8s rare que je mette de la musique. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[145],"tags":[113,185,114,112,149,115],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/delta\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/110"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/delta\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/delta\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/delta\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/delta\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=110"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/delta\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/110\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/delta\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=110"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/delta\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=110"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/delta\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=110"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}