{"id":219,"date":"2008-10-08T10:13:04","date_gmt":"2008-10-08T09:13:04","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/delta\/?p=219"},"modified":"2010-03-10T11:03:34","modified_gmt":"2010-03-10T10:03:34","slug":"interview-jacques-alain-miller-amour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/delta\/2008\/10\/interview-jacques-alain-miller-amour\/","title":{"rendered":"Interview de Jacques-Alain Miller, Psychologies Magazine, octobre 2008, n\u00b0 278"},"content":{"rendered":"<p>Interview de Jacques-Alain Miller, <em>Psychologies Magazine<\/em>, octobre 2008, n\u00b0  278<br \/>\nPropos recueillis par Hanna Waar<\/p>\n<p><strong>Psychologies : La psychanalyse enseigne-t-elle  quelque chose sur l\u2019amour ?<br \/>\n<\/strong>Jacques-Alain Miller : Beaucoup, car c\u2019est une  exp\u00e9rience dont le ressort est l\u2019amour. Il s\u2019agit de cet amour automatique, et  le plus souvent inconscient, que l\u2019analysant porte \u00e0 l\u2019analyste et qui s\u2019appelle  le transfert. C\u2019est un amour factice, mais il est de la m\u00eame \u00e9toffe que l\u2019amour  vrai. Il met au jour sa m\u00e9canique :<strong> l\u2019amour s\u2019adresse \u00e0 celui dont vous pensez  qu\u2019il conna\u00eet votre v\u00e9rit\u00e9 vraie. Mais l\u2019amour permet d\u2019imaginer que cette  v\u00e9rit\u00e9 sera aimable, agr\u00e9able, alors qu\u2019elle est en fait bien difficile \u00e0  supporter.<\/strong><\/p>\n<p><strong>P : Alors, c\u2019est quoi aimer vraiment ?<br \/>\n<\/strong>J-A Miller : Aimer vraiment quelqu\u2019un, <strong>c\u2019est croire qu\u2019en  l\u2019aimant, on acc\u00e9dera \u00e0 une v\u00e9rit\u00e9 sur soi. <\/strong>On aime celui ou celle qui rec\u00e8le la  r\u00e9ponse, ou une r\u00e9ponse, \u00e0 notre question : \u00ab Qui suis-je ? \u00bb<\/p>\n<p><strong>P  : Pourquoi certains savent-ils aimer et d\u2019autres pas ?<\/strong><br \/>\nJ-A Miller :  Certains savent provoquer l\u2019amour chez l\u2019autre, les <em>serial lovers, <\/em>si je  puis dire, hommes et femmes. Ils savent sur quels boutons appuyer pour se faire  aimer. Mais eux n\u2019aiment pas n\u00e9cessairement, ils jouent plut\u00f4t au chat et \u00e0 la  souris avec leurs proies. <strong>Pour aimer, il faut avouer son manque, et reconna\u00eetre  que l\u2019on a besoin de l\u2019autre, qu\u2019il vous manque. <\/strong>Ceux qui croient \u00eatre complets  touts seuls, ou veulent l\u2019\u00eatre, ne savent pas aimer. Et parfois, ils le  constatent douloureusement. Ils manipulent, tirent des ficelles, mais ne  connaissent de l\u2019amour ni le risque, ni les d\u00e9lices.<\/p>\n<p><strong>P : \u00ab\u00a0\u00catre  complet tout seul\u00a0\u00bb : seul un homme peut croire \u00e7a\u2026<\/strong><br \/>\nJ-A Miller :  Bien vu ! \u00ab\u00a0Aimer, disait Lacan, c\u2019est donner ce qu\u2019on n\u2019a pas.\u00a0\u00bb. Ce qui veut  dire : aimer, c\u2019est reconna\u00eetre son manque et le donner \u00e0 l\u2019autre, le placer  dans l\u2019autre. Ce n\u2019est pas donner ce que l\u2019on poss\u00e8de, des biens, des cadeaux,  c\u2019est donner quelque chose que l\u2019on ne poss\u00e8de pas, qui va au-del\u00e0 de soi-m\u00eame.  Pour \u00e7a, il faut assurer son manque, sa \u00ab\u00a0castration\u00a0\u00bb, comme disait Freud. Et  cela, c\u2019est essentiellement f\u00e9minin. On n\u2019aime vraiment qu\u2019\u00e0 partir d\u2019une  position f\u00e9minine. Aimer f\u00e9minise. C\u2019est pourquoi l\u2019amour est toujours un peu  comique chez un homme. Mais s\u2019il se laisse intimider par le ridicule, c\u2019est  qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, il n\u2019est pas assur\u00e9 de sa virilit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>P : Aimer  serait plus difficile pour les hommes\u00a0?<\/strong><br \/>\nJ-A Miller : Oh oui ! M\u00eame  un homme amoureux a des retours d\u2019orgueil, des sursauts d\u2019agressivit\u00e9 contre  l\u2019objet de son amour, parce que cet amour le met dans la position  d\u2019incompl\u00e9tude, de d\u00e9pendance. C\u2019est pourquoi il peut d\u00e9sirer des femmes qu\u2019il  n\u2019aime pas, afin de retrouver la position virile qu\u2019il met en suspens lorsqu\u2019il  aime. Ce principe, Freud l\u2019a appel\u00e9 le \u00ab ravalement de la vie amoureuse \u00bb chez  l\u2019homme : la scission de l\u2019amour et du d\u00e9sir sexuel.<\/p>\n<p><strong>P : Et  chez les femmes ?<\/strong><br \/>\nJ-A Miller : C\u2019est moins habituel. Dans le cas le  plus fr\u00e9quent, il y a d\u00e9doublement du partenaire masculin. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, il est  l\u2019amant qui les fait jouir et qu\u2019elles d\u00e9sirent, mais il est aussi l\u2019homme de  l\u2019amour, qui est f\u00e9minis\u00e9, fonci\u00e8rement ch\u00e2tr\u00e9. Seulement, ce n\u2019est pas  l\u2019anatomie qui commande : il y a des femmes qui adoptent une position masculine.  Il y en a m\u00eame de plus en plus. Un homme pour l\u2019amour, \u00e0 la maison ; et des  hommes pour la jouissance, rencontr\u00e9s sur Internet, dans la rue, dans le  train\u2026<\/p>\n<p><strong>P : Pourquoi \u00ab de plus en plus \u00bb<\/strong><br \/>\nJ-A Miller :  Les st\u00e9r\u00e9otypes socioculturels de la f\u00e9minit\u00e9 et de la virilit\u00e9 sont en pleine  mutation. Les hommes sont invit\u00e9s \u00e0 accueillir leurs \u00e9motions, \u00e0 aimer, \u00e0 se  f\u00e9miniser ; les femmes, elles, connaissent au contraire un certain \u00ab  pousse-\u00e0-l\u2019homme \u00bb : au nom de l\u2019\u00e9galit\u00e9 juridique, elles sont conduites \u00e0  r\u00e9p\u00e9ter \u00ab moi aussi \u00bb. Dans le m\u00eame temps, les homosexuels revendiquent les  droits et les symboles des h\u00e9t\u00e9ros, comme le mariage et la filiation. D\u2019o\u00f9 une  grande instabilit\u00e9 des r\u00f4les, une fluidit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e du th\u00e9\u00e2tre de l\u2019amour,  qui constraste avec la fixit\u00e9 de jadis. L\u2019amour devient \u00ab liquide \u00bb, constate le  sociologue Zygmunt Bauman ((Zygmunt Bauman, L\u2019amour liquide, de la fragilit\u00e9  des liens entre les hommes (Hachette Litt\u00e9ratures, \u00ab Pluriel \u00bb,  2008) )). Chacun est amen\u00e9 \u00e0 inventer son \u00ab style de vie \u00bb  \u00e0 soi, et \u00e0 assumer son mode de jouir et d\u2019aimer. Les sc\u00e9narios traditionnels  tombent en lente d\u00e9su\u00e9tude. La pression sociale pour s\u2019y conformer n\u2019a pas  disparu, mais elle baisse.<\/p>\n<p><strong>P : \u00ab L\u2019amour est toujours r\u00e9ciproque \u00bb  disait Lacan. Est-ce encore vrai dans le contexte actuel ? Qu\u2019est-ce que \u00e7a  signifie ?<\/strong><br \/>\nJ-A Miller : On r\u00e9p\u00e8te cette phrase sans la  comprendre, ou en la comprenant de travers. Cela ne veut pas dire qu\u2019il suffit  d\u2019aimer quelqu\u2019un pour qu\u2019il vous aime. Ce serait absurde. Cela veut dire : \u00ab Si  je t\u2019aime, c\u2019est que tu es aimable. C\u2019est moi qui aime, mais toi, tu es aussi  dans le coup, puisqu\u2019il y a en toi quelque chose qui me fait t\u2019aimer. C\u2019est  r\u00e9ciproque parce qu\u2019il y a un va-et-vient : l\u2019amour que j\u2019ai pour toi est  l\u2019effet en retour de la cause d\u2019amour que tu es pour moi. Donc, tu n\u2019y es pas  pour rien. Mon amour pour toi n\u2019est pas seulement mon affaire, mais aussi la  tienne. Mon amour dit quelque chose de toi que peut-\u00eatre toi-m\u00eame ne connais  pas. \u00bb Cela n\u2019assure pas du tout qu\u2019\u00e0 l\u2019amour de l\u2019un r\u00e9pondra l\u2019amour de  l\u2019autre : \u00e7a, quand \u00e7a se produit, c\u2019est toujours de l\u2019ordre du miracle, ce  n\u2019est pas calculable \u00e0 l\u2019avance.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>P : On ne trouve pas son chacun,  sa chacune par hasard. Pourquoi lui ? Pourquoi elle ? <\/strong><br \/>\nJ-A Miller : Il y a ce que Freud a appel\u00e9  <em>Liebesbedingung<\/em>, la condition d\u2019amour, la cause du d\u00e9sir. C\u2019est un trait  particulier \u2013 ou un ensemble de traits \u2013 qui a chez quelqu\u2019un une fonction  d\u00e9terminante dans le choix amoureux. Cela \u00e9chappe totalement aux neurosciences,  parce que c\u2019est propre \u00e0 chacun, \u00e7a tient \u00e0 son histoire singuli\u00e8re et intime.  Des traits parfois infimes sont en jeu. Freud, par exemple, avait rep\u00e9r\u00e9 comme  cause du d\u00e9sir chez l\u2019un de ses patients un \u00e9clat de lumi\u00e8re sur le nez d\u2019une  femme !<\/p>\n<p><strong>P : On a du mal \u00e0 croire \u00e0 un amour fond\u00e9 sur ces  broutilles !<\/strong><br \/>\nJ-A Miller : La r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019inconscient d\u00e9passe la  fiction. Vous n\u2019avez pas id\u00e9e de tout ce qui est fond\u00e9, dans la vie humaine, et  sp\u00e9cialement dans l\u2019amour, sur des bagatelles, des t\u00eates d\u2019\u00e9pingle, des \u00ab divins  d\u00e9tails \u00bb. Il est vrai que c\u2019est surtout chez le m\u00e2le que l\u2019on trouve de telles  causes du d\u00e9sir, qui sont comme des f\u00e9tiches dont la pr\u00e9sence est indispensable  pour d\u00e9clencher le processus amoureux. Des particularit\u00e9s menues, qui rappellent  le p\u00e8re, la m\u00e8re, le fr\u00e8re, la s\u0153ur, tel personnage de l\u2019enfance, jouent aussi  leur r\u00f4le dans le choix amoureux des femmes. Mais la forme f\u00e9minine de l\u2019amour  est plus volontiers \u00e9rotomaniaque que f\u00e9tichiste : elles veulent \u00eatre aim\u00e9es, et  l\u2019int\u00e9r\u00eat, l\u2019amour qu\u2019on leur manifeste, ou qu\u2019elles supposent chez l\u2019autre, est  souvent une condition <em>sine qua non<\/em> pour d\u00e9clencher leur amour, ou au moins leur  consentement. Le ph\u00e9nom\u00e8ne est la base de la drague masculine.<\/p>\n<p><strong>P : Vous ne donnez aucun r\u00f4le aux fantasmes  ?<br \/>\n<\/strong>J-A Miller : Chez les femmes, qu\u2019ils soient conscients ou  inconscients, ils sont d\u00e9terminants pour la position de jouissance plus que pour  le choix amoureux. Et c\u2019est l\u2019inverse pour les hommes. Par exemple, il arrive  qu\u2019une femme ne puisse obtenir la jouissance \u2013 disons, l\u2019orgasme \u2013 qu\u2019\u00e0 la  condition de s\u2019imaginer, durant l\u2019acte lui-m\u00eame, \u00eatre battue, viol\u00e9e, ou \u00eatre  une autre femme, ou encore \u00eatre ailleurs, absente.<\/p>\n<p><strong>P : Et le  fantasme masculin ?<\/strong><br \/>\nJ-A Miller : Il est tr\u00e8s en \u00e9vidence dans le  coup de foudre. L\u2019exemple classique, comment\u00e9 par Lacan, c\u2019est, dans le roman de  Goethe ((<em> Les souffrances du jeune Werther <\/em>de Goethe (LGF, \u00ab  le livre de poche \u00bb, 2008).)), la soudaine passion du jeune Werther pour Charlotte, au moment o\u00f9 il  la voit pour la premi\u00e8re fois, nourrissant la marmaille qui l\u2019entoure. C\u2019est ici  la qualit\u00e9 maternante de la femme qui d\u00e9clenche l\u2019amour. Autre exemple, tir\u00e9 de  ma pratique, celui-l\u00e0 : un patron quiquag\u00e9naire re\u00e7oit les candidates \u00e0 un poste  de secr\u00e9taire : une jeune femme de 20 ans se pr\u00e9sente ; il lui d\u00e9clare aussit\u00f4t  sa flamme. Il se demande ce qui lui a pris, entre en analyse. L\u00e0, il d\u00e9couvre le  d\u00e9clencheur : il avait retrouv\u00e9 en elle des traits qui lui \u00e9voquaient ce qu\u2019il  \u00e9tait lui-m\u00eame \u00e0 20 ans, quand il s\u2019\u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 sa premi\u00e8re embauche. Il  \u00e9tait, en quelque sorte, tomb\u00e9 amoureux de lui-m\u00eame. On retrouve dans ces deux  exemples les deux versants distingu\u00e9s par Freud : on aime ou bien la personne  qui prot\u00e8ge, ici la m\u00e8re, ou bien une image narcissique de soi-m\u00eame.<\/p>\n<p><strong>P : On a l\u2019impression d\u2019\u00eatre des marionnettes !<\/strong><br \/>\nJ-A  Miller : Non, entre tel homme et telle femme, rien n\u2019est \u00e9crit d\u2019avance, il n\u2019y  a pas de boussole, pas de rapport pr\u00e9\u00e9tabli. Leur rencontre n\u2019est pas programm\u00e9e  comme celle du spermatozo\u00efde et de l\u2019ovule ; rien \u00e0 voir non plus avec les  g\u00e8nes. Les hommes et les femmes parlent, ils vivent dans un monde de discours,  c\u2019est cela qui est d\u00e9terminant. Les modalit\u00e9s de l\u2019amour sont ultrasensibles \u00e0  la culture ambiante. Chaque civilisation se distingue par la fa\u00e7on dont elle  structure le rapport des sexes. Or, il se trouve qu\u2019en Occident, dans nos  soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 la fois lib\u00e9rales, marchandes et juridiques, le \u00ab multiple \u00bb est en  passe de d\u00e9tr\u00f4ner le \u00ab un \u00bb. Le mod\u00e8le id\u00e9al de \u00ab grand amour de toute la vie \u00bb  c\u00e8de peu \u00e0 peu du terrain devant le <em>speed dating<\/em>, le <em>speed loving<\/em> et toute floraison de sc\u00e9narios amoureux alternatifs, successifs, voire  simultan\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>P : Et l\u2019amour dans la dur\u00e9e ? dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9  ?<\/strong><br \/>\nJ-A Miller : Balzac disait : \u00ab Toute passion qui ne se croit pas  \u00e9ternelle est hideuse. \u00bb (( Honor\u00e9 de Balzac in <em>La com\u00e9die  humaine, <\/em>vol. VI, \u00ab \u00c9tudes de m\u0153urs : sc\u00e8nes de la vie parisienne \u00bb  (Gallimard, 1978) )) Mais le lien peut-il se maintenir pour la vie dans  le registre de la passion ? Plus un homme se consacre \u00e0 une seule femme, plus  elle tend \u00e0 prendre pour lui une signification maternelle : d\u2019autant plus  sublime et intouchable que plus aim\u00e9e. Ce sont les homosexuels mari\u00e9s qui  d\u00e9veloppent le mieux ce culte de la femme : Aragon chante son amour pour Elsa ;  d\u00e8s qu\u2019elle meurt, bonjour les gar\u00e7ons ! Et quand une femme se cramponne \u00e0 un  seul homme, elle le ch\u00e2tre. Donc, le chemin est \u00e9troit. Le meilleur chemin de  l\u2019amour conjugal, c\u2019est l\u2019amiti\u00e9, disait en substance Aristote.<\/p>\n<p><strong>P  : Le probl\u00e8me, c\u2019est que les hommes disent ne pas comprendre ce que veulent les  femmes ; et les femmes, ce que les hommes attendent d\u2019elles\u2026<\/strong><br \/>\nJ-A Miller : Oui. Ce qui objecte \u00e0 la solution  aristot\u00e9licienne, c\u2019est que le dialogue d\u2019un sexe \u00e0 l\u2019autre est impossible,  soupirait Lacan. Les amoureux sont en fait condamn\u00e9s \u00e0 apprendre ind\u00e9finiment la  langue de l\u2019autre, en t\u00e2tonnant, en cherchant les cl\u00e9s, toujours r\u00e9vocables.  L\u2019amour, c\u2019est un labyrinthe de malentendus dont la sortie n\u2019existe pas.<\/p>\n<p>Propos recueillis par H. W.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Interview de Jacques-Alain Miller, Psychologies Magazine, octobre 2008, n\u00b0 278 Propos recueillis par Hanna Waar Psychologies : La psychanalyse enseigne-t-elle quelque chose sur l\u2019amour ? Jacques-Alain Miller : Beaucoup, car c\u2019est une exp\u00e9rience dont le ressort est l\u2019amour. 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