{"id":5650,"date":"2006-05-16T08:47:28","date_gmt":"2006-05-16T07:47:28","guid":{"rendered":"http:\/\/historyze.org\/disparates\/?p=427"},"modified":"2006-05-16T08:47:28","modified_gmt":"2006-05-16T07:47:28","slug":"souvenir-du-seminaire-de-marie-helene-brousse-hier-soir-notes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/delta\/2006\/05\/souvenir-du-seminaire-de-marie-helene-brousse-hier-soir-notes\/","title":{"rendered":"SOUVENIR DU SEMINAIRE DE MARIE-HELENE BROUSSE"},"content":{"rendered":"<h3><strong>Notes prises au s\u00e9minaire du 15 mai 2006. <\/strong><br \/>\nS\u00e9minaire d\u2019\u00c9tude 1 de l&rsquo;ECF, anim\u00e9 par Marie-H\u00e9l\u00e8ne Brousse.<br \/>\nCommentaire du texte de Jacques Lacan sur \u201cLes noms du p\u00e8re\u201d<\/h3>\n<p>Question de Marie-H&eacute;l&egrave;ne Brousse: <strong>pourquoi faut-il que Lacan doive ramener l&rsquo;Eglise quand il en vient &agrave; parler des Noms-du-P&egrave;re?<\/strong> Quel est le lien, le rapport de cet Autre qui est Dieu au Nom-du-P&egrave;re? Comment, pourquoi l&rsquo;objet<em> a<\/em> va-t-il le faire retourner aux P&egrave;res de l&rsquo;Eglise?<\/p>\n<blockquote><p>N\u00e9anmoins, quels que soient les prestiges de la dialectique h\u00e9g\u00e9lienne \u2013 quels que soient ses effets, <em>via <\/em>Marx, par lequel elle est entr\u00e9e dans le monde, achevant ainsi ce dont Hegel \u00e9tait la signification, \u00e0 savoir la subversion d\u2019un ordre politique et social fond\u00e9 sur l\u2019<em>Ecclesia<\/em>, l\u2019Eglise \u2013 quelle que soit ici sa r\u00e9ussite \u2013 quelle  que soit la valeur de ce qu\u2019elle soutient dans les incidences politiques de sa r\u00e9alisation, la dialectique h\u00e9g\u00e9lienne est fausse. Elle est contredite par l\u2019attestation des sciences de la nature que par le progr\u00e8s historique de la science fondamentale, \u00e0 savoir les math\u00e9matiques.<br \/>\nJacques Lacan, Des Noms-du-P&egrave;re, Editions du Seuil, Collection Champ freudien, janvier 2005, pp. 74-75.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Pourquoi Lacan dit-il qu&rsquo;elle est fausse, la dialectique h&eacute;g&eacute;lienne, <\/strong>alors que tout de m&ecirc;me, c&rsquo;est &quot;rentr&eacute; dans le monde&quot;, &ccedil;a fonctionne bien, c&rsquo;est solide &#8211; <strong>th&egrave;se\/antith&egrave;se\/synth&egrave;se<\/strong>. Alors pourquoi Lacan dit-il qu&rsquo;elle est contredite par les avanc&eacute;e de la science et en particulier des math&eacute;matiques? <strong>Parce que de synth&egrave;se, il n&rsquo;y en a pas, et que la science, elle, s&rsquo;en passe parfaitement, de la synth&egrave;se. Ce n&#8217;est pas par la synth&egrave;se que progresse le savoir scientifique. Une th&egrave;se s&rsquo;av&egrave;re-t-elle fausse, elle est jet&eacute;e, &ccedil;a devient un d&eacute;chet.<\/strong> 1 d&eacute;monstration math&eacute;matique n&rsquo;esp&egrave;re pas de synth&egrave;se dialectique : y a de la perte. Et le fonctionnement de petit a, c&rsquo;est pareil, il n&rsquo;est pas dialectique. <\/p>\n<p>Discours, lui, ob&eacute;it &agrave; la dialectique h&eacute;g&eacute;lienne. Il y a tout un pan du d&eacute;sir qui est fondamentalement dialectique. <\/p>\n<p>Hegel pense qu&rsquo;&agrave; un moment donn&eacute;, &agrave; force de 1, 2,3, de th&egrave;se\/antith&egrave;se\/synth&egrave;se, tout sera int&eacute;gr&eacute;, on atteindra le savoir absolu. Marx s&rsquo;en foutait du prol&eacute;tariat, mais pensait que le prol&eacute;tariat allait pouvoir faire la synth&egrave;se d&eacute;finitive. L&rsquo;Eglise elle aussi r&eacute;cup&egrave;re, fait la synth&egrave;se, quand elle promet, par exemple, la vie &eacute;ternelle. <\/p>\n<\/p>\n<p>Ce Lacan des <em>Noms-du-p&egrave;re<\/em> et du s&eacute;minaire <em>l&rsquo;Angoisse<\/em>, c&rsquo;est du &laquo; Lacan contre Lacan &raquo;, qui se prononce contre la dialectique, qui oppose Kierkegaard &agrave; Hegel. <\/p>\n<blockquote><p>Comme l&rsquo;a vu tout aussit\u00f4t le contemporain du syst\u00e8me de Hegel, qui \u00e9tait alors le Syst\u00e8me tout court, comme l&rsquo;a vu, chant\u00e9, marqu\u00e9 Kerkegaard, l&rsquo;angoisse est ici le signe ou le t\u00e9moin d&rsquo;une b\u00e9ance existentielle. J&rsquo;apporte le t\u00e9moignage que la doctrine freudienne est celle qui en donne l&rsquo;\u00e9claircissement.<br \/>\n<em>Ibid<\/em>., p. 75<\/p><\/blockquote>\n<p>Pourquoi cette opposition ? C&#8217;est qu&rsquo;<strong>il y a l&rsquo;angoisse : la perte est d&eacute;finitive<\/strong>, Lacan y insiste, et c&rsquo;est tant mieux pour vous. (C&#8217;est d&rsquo;ailleurs quand l&rsquo;objet revient, l&rsquo;objet perdu r&eacute;appara&icirc;t, qu&rsquo;il y a l&rsquo;angoisse, que l&rsquo;angoisse &eacute;merge, l&rsquo;objet doit rester perdu). Hors de la perte, point de salut. <strong>La science<\/strong> (qui laisse la perte &agrave; la perte, qui n&rsquo;essaie pas de la r&eacute;cup&eacute;rer, de la faire entrer dans aucun travail de synth&egrave;se) <strong>a sonn&eacute; le tocsin du savoir absolu, du r&ecirc;ve des Lumi&egrave;res. <\/strong><\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui, <strong>ce qui est venu remplacer l&rsquo;Encyclop&eacute;die, ce sont les moteurs de recherche<\/strong>. Seulement l&agrave;, de th&egrave;se \/ antith&egrave;se \/ synth&egrave;se, il n&rsquo;y en a pas. Voil&agrave; le tout, d&eacute;merdez-vous. Le savoir en ligne, en r&eacute;seau ne fait pas ordre, c&rsquo;est le contraire du savoir absolu. Et <strong>il n&rsquo;y a pas de subversion pas de d&eacute;sir sur le net<\/strong> : tout y est. <\/p>\n<p>Kierkegaard est oppos&eacute; &agrave; Hegel, parce que lui prend en consid&eacute;ration l&rsquo;angoisse, l&rsquo;angoisse en tant qu&rsquo;elle fait signe d&rsquo;une b&eacute;ance existentielle. La dialectique ne laisse pas place &agrave; la b&eacute;ance, &ccedil;a marche &ccedil;a roule, on ne peut pas l&rsquo;arr&ecirc;ter, sauf avec l&rsquo;angoisse. <\/p>\n<div style=\"float:right; width:150px; margin-left:16px; margin-bottom:5px\"><a href=\"http:\/\/www.hkcinemagic.com\/fr\/movie.asp?id=8177\"><img border=\"0\"  src=\"http:\/\/www.hkcinemagic.com\/fr\/images\/movie\/header\/GCAF0488_37773b5cce0cacb39800511ece815cd2.jpg\" alt=\"La dialectique peut-elle casser des briques?\" \/><br \/>\n<span class=\"greytext\">Ren\u00e9 Vi\u00e9net, Tu Guangqi<br \/>\n<em>La dialectique peut-elle casser des briques?<\/em>, 1987<\/span><\/a><\/div>\n<p><strong>La dialectique, la rh&eacute;torique, proc&egrave;de &eacute;minemment de la m&eacute;taphore. La science pas du tout, c&rsquo;est un discours sans m&eacute;taphore<\/strong> (&eacute;ventuellement, proc&egrave;de d&rsquo;une nomination). MHB se r&eacute;f&egrave;re &agrave; un livre de Bachelard, dont je n&rsquo;ai pas not&eacute; le titre, qui montre, en long et en large qu&rsquo;avec la m&eacute;taphore, la science n&rsquo;approche pas le r&eacute;el. Tant qu&rsquo;elle en est pass&eacute;e par des m&eacute;taphores, elle a loup&eacute; le r&eacute;el (exemple de la queue de com&egrave;te, de l&rsquo;&eacute;ponge). <\/p>\n<p>Situationnistes avaient fait film : <em><a href=\"http:\/\/www.hkcinemagic.com\/fr\/movie.asp?id=8177\">La dialectique peut-elle casser des briques?<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p>Freud nous ram\u00e8ne l\u00e0 au coeur de ce qui \u00e9tait pour lui l&rsquo;illusion. Il l&rsquo;appelait selon le mode de son temps, qui est celui d&rsquo;un alibi, la religion. Je l&rsquo;appelle, quant \u00e0 moi, l&rsquo;Eglise.<br \/>\n<em>Ibid<\/em>., p. 75<\/p><\/blockquote>\n<p>Freud parlait de religion (l&rsquo;avenir d&rsquo;une illusion) et ici, Lacan parle de l&rsquo;Eglise. Question de MHB, pourquoi ce changement de terme ? &Ccedil;a ne peut &ecirc;tre sans raison. <\/p>\n<p>C&#8217;est que <strong>Lacan sort de la probl&eacute;matique de Freud, sort du p&egrave;re<\/strong>. Petit <em>a<\/em> vient faire concurrence, concurrence &eacute;pist&eacute;mologique au p&egrave;re. L&#8217;Eglise, c&rsquo;est la religion sans le p&egrave;re. C&#8217;est la police sans le nom. <\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui discours ordonne un mode de jouissance qui ne rel&egrave;ve pas du p&egrave;re. Le signifiant-maitre n&rsquo;est pas forc&eacute;ment le p&egrave;re. <br \/>\n  (On peut dire de petit <em>a<\/em> qu&rsquo;il concoure au discours) <\/p>\n<div style=\"float:left; width:156px; margin-right:6px; margin-bottom:5px\"><a href=\"http:\/\/www.tate.org.uk\/magazine\/issue3\/consume_image2.htm\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.tate.org.uk\/magazine\/issue3\/images\/consume_ishoptherefore_small.jpg\" alt=\"xxxx\" border=\"0\" height=\"154\" vspace=\"4\" width=\"156\"\/><br \/>\n\t<span class=\"greytext\">Barbara Kruger<br \/>\n\t<em>Untitled (I shop therefore I am)<\/em>, 1987<\/span><\/a><\/div>\n<p><strong>Rien que le capitalisme ne puisse r&eacute;cup&eacute;rer. <\/strong> (Aucune subversion possible &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision, rien qu&#8217;elle ne puisse avaler). Souvenir de MHB, s&#8217;&eacute;tait promen&eacute;e &agrave; Londres pendant soldes, entr&eacute;e dans magasin, frapp&eacute;e par grandes banderoles qui affichaient ces textes, auxquels personne d&#8217;ailleurs ne pr&ecirc;tait attention: <\/p>\n<blockquote><p>&quot;I shop, therefore I am&quot;, &quot;Buy me, I&#8217;ll change your life&quot;, et puis quelque chose qui disait &quot;Tu peux m&#8217;acheter, de toutes fa&ccedil;ons, ce n&#8217;est rien, IT&#8217;S NOTHING !&quot; <\/p><\/blockquote>\n<p>L&#8217;objet petit a est devenu rentable. (Note de moi-m&ecirc;me, oui, mais est-ce que ce n&#8217;&eacute;tait pas de sa nature m&ecirc;me, est-ce ce qu&#8217;il n&#8217;&eacute;tait pas pr&eacute;destin&eacute; &agrave; &ccedil;a, enfin, de toujours, &agrave; &ecirc;tre r&eacute;cup&eacute;r&eacute;, &agrave; &ecirc;tre rentable. c&#8217;est bien de l&agrave; qu&#8217;il vient, non, de l&#8217;objet de Marx, de la plus-value ?) <\/p>\n<p><strong>L&#8217;Eglise, elle, elle tient contre Marx, elle tient contre le capitalisme, contre la consommation. Le capitalisme n&#8217;a &eacute;corn&eacute; en rien le pouvoir des Eglises. <\/strong>(Terroristes produits du capitalisme). <\/p>\n<\/p>\n<p>\n  La question c&#8217;est : que devient le p&egrave;re quand on a comme boussole l&#8217;objet a. <\/p>\n<p>Oblativit&eacute;, mode de d&eacute;fense contre demande la m&egrave;re. <\/p>\n<p>Orgasme &#8211; moment de s&eacute;paration, de clivage, o&ugrave; se r&eacute;v&egrave;le le clivage entre la jouissance et le d&eacute;sir. Que la jouissance et le d&eacute;sir n&#8217;ont rien &agrave; voir ensemble. <strong>Moment de cette b&eacute;ance<\/strong>, o&ugrave; se r&eacute;v&egrave;le qu&#8217;il n&#8217;y a pas de lien dialectique entre le d&eacute;sir et la jouissance. <\/p>\n<blockquote><p>  Par contre, c&rsquo;est un niveau g&eacute;nital que l&rsquo;enseignement de Freud, et la tradition qui s&rsquo;en conserve, nous situent la b&eacute;ance de la castration.<br \/>\nLes psycho-physiologistes contemporains de Freud en r&eacute;duisent l&rsquo;obstacle &agrave; ce qu&rsquo;ils ont appel&eacute; le m&eacute;canisme de la d&eacute;tumescence fausse, tandis que Freud, lui, depuis le d&eacute;but de son enseignement, articule ce qui, de l&rsquo;orgasme, repr&eacute;sente exactement la m&ecirc;me fonction que l&rsquo;angoisse, quant au sujet. J&rsquo;ai cru devoir vous le montrer l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re. L&rsquo;orgasme est en lui-m&ecirc;me angoisse, pour autant que le d&eacute;sir est &agrave; jamais s&eacute;par&eacute; de la jouissance par une faille centrale.<br \/>\n  Qu&rsquo;on ne nous objecte pas ces moments de paix, de fusion du couple, o&ugrave; chacun peut m&ecirc;me se dire, de l&rsquo;autre, bien content. Nous analystes, allons y regarder de plus pr&egrave;s, pur voir ce qu&rsquo;il y a, dans ces moments, d&rsquo;alibi fondamental, d&rsquo;alibi phallique, o&ugrave; la femme se sublime, en quelque sorte, dans sa fonction de gaine, mais o&ugrave; quelque chose qui va plus loin reste infiniment au-dehors. <br \/>\nJacques Lacan<em>, Ibid<\/em>., pp. 79-80\n<\/p><\/blockquote>\n<p>[&#8230; &agrave; compl&eacute;ter, donc]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes prises au s\u00e9minaire du 15 mai 2006. S\u00e9minaire d\u2019\u00c9tude 1 de l&rsquo;ECF, anim\u00e9 par Marie-H\u00e9l\u00e8ne Brousse. 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