12 novembre 2017

dimanche 12 novembre 2017

Do not think. Ça fait si longtemps que. Je n’ai aucune personnalité. Jamais su quoi dire. Lu hier toute la journée, avant-hier aussi, des articles de psychanalyse, assidûment. Toujours suite à ma recherche à propos de l’article de HP. Lu un article, ou tout au moins une partie de cet article, où elle distingue ce dont elle a souffert par sa mère (« la rumeur de la langue », à partir de laquelle elle a pu construire) et par son père ( la phrase qu’il a dite avant sa naissance et  qui s’est avéré liée à quelque chose qu’elle éprouvait régulièrement dans son corps). Avant ça dans le texte il est également question de la « femme privée » et de son vel « ou mère ou analyste » et de la façon dont elle s’en est sortie, son analyste l’ayant nommée passeur. De  reconnaître ce dans quoi je suis coincée, ma propre privation, ma jouissance d’être privée, qui tellement me pèse en ce moment, cette jouissance qu’il y a à n’avoir pas, et à ne pas parvenir à en sortir, cernée que je suis, blindée par l’angoisse, dès que j’essaie de faire un pas en dehors de ce schéma, mon « tout ou rien« , mon « surtout rien donner« , m’a donné l’envie de l’appeler pour commencer un travail analytique avec elle. Ensuite, j’ai eu les doutes liés à la façon dont elle s’en est sortie : avoir été nommée passeur : cela ne peut plus m’arriver. Alors, qu’elle quelle pourrait être l’issue pour moi. Comme j’étais coincée cette nuit dans ces réflexions, effrayée aussi à l’idée que la reprise d’un travail analytique puisse me faire plus de mal que de bien, ce travail dont je souffre encore aujourd’hui des conséquences, mes mâchonnages d’auto-analyse sans fin, tout ce à quoi j’essaie d’échapper, aussi avec le tai chi, le fait que je sente bien qu’il faut, qu’il me faut parvenir à changer de discours, à investir, créer, mettre au monde, celui lié au tai chi, et à désinvestir, vider encore celui de la psychanalyse. « Un nouvel amour, un nouveau discours ». Mes récentes lectures cependant m’ont donné l’impression qu’il y avait peut-être, malgré tout, encore, moyen d’avancer pour moi, en tenant la corde de la psychanalyse, et peut-être trouver une issue à cette jouissance d’être privée, à cette jouissance de l’objet rien. L’article de Phrasard reposait la question de la responsabilité du sujet, responsabilité par rapport à son désir et difficulté à prendre cette responsabilité liée également à la façon dont les autres n’ont pas assumé leur propre responsabilité, et je ne pouvais m’empêcher de penser à ma mère, responsable sans doute comme mère, mais ayant passé sa vie à se sacrifier. C’est ce qu’elle voulait, disait-elle. C’est son choix. Faut-il lui en vouloir. Je ne pense pas lui en vouloir. Le problème c’est qu’il me semble avoir pris le même chemin qu’elle, et bien malgré moi, et complètement contre mon gré. Et quand je la vois aujourd’hui angoissée, contrainte à la solitude à force d’angoisse, je reconnais cette angoisse comme étant la mienne. Et ce dont elle dit n’avoir pas souffert, qui n’a d’ailleurs été vrai que tant qu’elle était mère et tant que mon père était encore en vie, son sacrifice, moi, qui me refuse à le faire, je m’y vois cependant forcée. Je n’arrive pas à ne pas m’en remettre aux désirs des autres, je cède toujours sur mon désir. Ma jouissance, mauvaise, est là.  Si je pouvais, d’une façon ou d’une autre, affirmer chez moi un désir, m’affirmer dans un désir, je serais rassurée. Et que ce désir soit reconnu, je serais rassurée.  Or, je suis contrainte au secret. Il m’est impossible de faire état de mon désir. J’ai récemment fait de nombreux efforts en ce sens, en parlant à Anton et à Édouard, mais ils ne me semblent pas qu’ils soient payés en retour, même si la vie est un peu plus facile. Aussi, j’ai atteint un certain confort de vie, je suis parvenue à l’organiser de manière à en faire le moins possible, puisque le moindre faire est un enfer, mais je suis dans un vrai sentiment de désœuvrement, et cela ne me paraît pas avoir de sens. Et surtout être nocif pour Anton, que je voudrais pouvoir armer mieux. Comment sortir de mes soliloques privés et me construire l’armature symbolique qui me permette de m’engager dans le monde, dans une communauté, il faut faire concession à la culture, il faut rechercher ce qu’elle comporte de meilleur, et qui ne soit pas vicié par le capitalisme.  Comment supporter d’ailleurs cette prise de l’ensemble du monde de l’art dans le ciment du capitalisme, c’est un défi. Il faut arriver à l’en dégager, c’est aussi un travail du spectateur, on est tous ensemble pris là-dedans. Ce ciment de la mort. 

Retrouver les posts du mois de novembre 2017 | catégories : Hélène Parker | Tags: , |
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