merc 21 oct, encore – écrit pour eux mais non envoyé à mes frères
— le casseur c'est ta soeur

Publié le Catégorisé comme brouillonne de vie Aucun commentaire sur merc 21 oct, encore – écrit pour eux mais non envoyé à mes frères
— le casseur c'est ta soeur

ce que j’écris à mes frères et ne leur envoie pas:

« sommes allés à la première manif des lycéens, mais j’étais mal, j’avais peur et avons quitté bien avant Nation, à Voltaire. or, tout se passait très bien. c’est quand le cortège est arrivé à Nation, que les flics ont chargé nassé gazé frappé, les combats ont duré longtemps.
donc ne voulais pas rejoindre la manif du 17. d’autant que j’entendais que la police avaient pris d’assaut la place de la république, et ce avant même le départ de la manif, dans quelle optique, je me le demande. attaquer au moment où personne ne s’y attendait? étouffer le truc dans l’œuf? attiser la rage ? ça n’a fait que renforcer les déterminations et disperser les manifestants dans les rues. dans Paris.

nous, nous avons rejoint la manif quand ils sont arrivés sous nos fenêtres, non pas le cortège mais les gens. tellement de monde, qui allaient et qui venaient. sommes montés en haut de la rue, à Barbès. là, marée humaine, des jeunes surtout, des lycéens. qui venaient de République pour la place de Clichy. calmes. souriants. foule dense, où se perdaient quelques touristes circonspects ou enthousiastes, qui prenaient des photos, il faisait beau. sommes sortis de la manif au Moulin Rouge. cependant que police pas intervenue avant la place de Clichy, quand elle a dispersé la manifestation, les poussant d’ailleurs vers les beaux quartiers où ils étaient déjà, parce qu’ils étaient partout.

« Polariser le débat sur les casseurs permet surtout de le dépolitiser, preuve en est la dernière intervention simpliste et fallacieuses du ministre de l’intérieur (« vous êtes pro casseur ou pro CRS ») comme s’il n’y avait pas 99% de la population coincée entre les deux. »

alors, les casseurs. la casse. qui sont cela seulement dont on parle aujourd’hui. au nom des petits commerçants qui ont été laissé délibérément abandonnés à leur sort, ainsi que tant de témoignages l’indique,t. permettant de ne pas parler de toutes les violences subies par les corps. de ne pas parler de tous ceux qui se sont fait tabasser, gazer, arrêter. des coups de matraques, des coups de bottes, à plusieurs sur un seul, des corps subissant des attouchements sexuels, des corps traînés au sol, du danger réel des gaz, etc. des gardes à vue humiliantes, atterrantes, et maintenant de tous ceux qui passent en comparution immédiate, qu’on pousse à reconnaître des faits qu’ils n’ont pas commis pour pouvoir sortir de garde à vue et qui se retrouvent avec des condamnations et un casier judiciaire. il ne s’agit que de marquer les corps et les esprits. les marquer à vie. et de jeunes qui, pour certains, n’osent plus sortir de chez eux.

les hôpitaux sont débordés. il y a eu deux morts à Paris. qui en parle ? il y a eu encore des éborgnés, encore des mains arrachées.

une fois de plus, toutes les images sont là, tous les films sont filmés, qui ne sont vus que par ceux déjà convaincus (la faute à l’algo, l’algorithme.)

les flics se plaignent, mais souffrent principalement de traumatismes sonores et de blessures dues à leur propres grenades. ils portent les armures et sont équipés d’armes de guerre. là, où les manifestants n’ont pas le droit de porter des masques pour se protéger des gaz.

manifester est un droit.

alors oui, ils ont eu chaud ce week-end, et se sont retrouvés sans munition tellement ils ont abusé dès la première heure. ils doivent être pas mal stressés, fatigués.

Les casseurs qui sait qui ils sont ? entre les faux manifestants (vrais flics), les vrais blacks blocks, les gens très politisés, les anarchistes, les autonomes, ceux qui s’en prennent aux multinationales ou au mobilier anti-sdf, ceux qui sont là pour décrédibiliser le mouvement, entre les fascistes venus ajouter leur grain de sel (le GUD s’est manifesté), et ceux des banlieues, où le mouvement du 17 est né, sur TikTok, venus là pour faire la révolution, dans la suite des gilets jaunes et avec eux, qui ont même cru qu’ils atteindraient Macron, qui ont cru qu’ils participeraient à quelque chose de grand, ceux échauffés par des années de violences subies, par l’injustice et la peur. les laissés-pour-comptes. étreints par le sentiment d’être les parias de la société. les hommes non-blancs. enfin. que dire de cette entité des « casseurs » qui en dise l’unité et la disparité. le désespoir, la violence, l’adrénaline, la revanche. la joie, il est vrai, ils le disent, ils la montrent. la joie mauvaise parfois des pilleurs. et moi-même, des images, des témoignages, m’ont choquée. que tentent de rattraper des cagnottes mises en place par des internautes alors indignés. qui le racontera ? et ajouter encore que ces casseurs-pilleurs, où les casseurs ne sont pas toujours les pilleurs, ne constitueront jamais qu’une mince part de la masse globale. j’ai lu qu’il s’agirait d’une dizaine de pourcent. et qu’an plus qu’on attaque la foule, la masse, au plus ceux qui sont venus la paix dans le cœur sortent de la manif, du piège, et la laissent aux plus énervés, à ceux qui n’ont rien à perdre, tout à gagner. ce qui a peut-être été ce qui a motivé l’attaque de 2 ou 3 heures à République. place de la République ensuite abandonnée aux casseurs et aux pilleurs.

moi aussi, j’aurais aimé dire : non à la violence – et vu, mes fréquentations, j’en ai presque honte ; mais, une fois encore : où est la violence? et pourquoi faudrait-il que ceux qui sont frappés ne puissent frapper en retour?

/https://youtu.be/63-sAhW3Y50?si=U1VsVD4epuahfltm

il se trouve que c’est la guerre. la guerre des riches contre les pauvres. everybody knows. je voudrais être moins pessimiste. »

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