Les choses
qui (vous) sont dites sur
le corps
et qui vous
marquent
Les choses
qui
, dans l'enfance, (vous) sont dites sur
le corps
et qui vous
marquent — restes
indélébiles
et qui sont souvent stupides
le monde à distance d'une lettre
Page 2
Les choses
qui (vous) sont dites sur
le corps
et qui vous
marquent
Les choses
qui
, dans l'enfance, (vous) sont dites sur
le corps
et qui vous
marquent — restes
indélébiles
et qui sont souvent stupides
je suis éparpillée. j’en souffre. c’est peut-être mon souci principal. y a la guerre, le réchauffement climatique, l’IA, les ultra riches; le racisme, l’extrême droite, etc., mon souci c’est l’éparpillement… je ne tiens aucun choix, aucune décision, ne mène aucun projet jusqu’au bout. je parle ici de projets d’écriture. quelque soit mon enthousiasme, tout me tombe des mains, j’oublie. je passe à autre chose. je multiplie les notes et les blocs notes, les fichiers ouverts, les sites internet, les pseudos. je surfe. constante dans l’inconstance depuis si longtemps, je ne vois guère d’autre choix possible que de renoncer totalement à écrire. mais, non, je n’y parviens pas non plus. écrire reste le moyen le plus sûr pour contraindre, arrêter, des pensées qui trop envahissantes. et je continue de chercher la forme qui puisse accueillir ces inachèvements. ou la pensée qui me permettra de les supporter. la pensée, la construction. une forme qui accueille et qui rende compte. mais qui rende compte aussi de la légèreté, [...] Lire la suite >

https://christinejeanney.net/block-note/article/block-note-simple
Je lis cette note de Christine Jeanney sur la broderie, qu’elle-même pratique avec beaucoup d’humour, de liberté, de fraîcheur et la pointe d’ingénuité qui va bien.
Au départ de la pratique d’une artiste femme qui a brodé ses résultats médicaux — les images d’un scanner médical —, Christine réfléchit à l’élargissement des sujets classiques de la broderie, à tout ce qui « peut faire sujet », rendant compte de l’exercice de liberté qu’elle y a trouvé, de la subversion au coeur de la reprise de cette pratique ancestrale par des artistes femmes au début du siècle dernier. Pratique qui contribua largement à amenuiser la frontière entre beaux-arts et arts appliqués et par où s’évanouissait la frontière sujets grandioses et vie quotidienne. [...] Lire la suite >
une amie à moi qui est bipolaire s’inquiétait pour moi à la lecture d’un de mes textes où elle avait sans doute reconnu l’un ou l’autre de ses symptômes et me disais : tu es bipolaire*
et en en parlant ce matin à frédéric, il m’apparaissait plus clairement combien certains symptômes, comme celui de la tachypsychie (accélération des pensées qui peut aller jusqu’à la perte de la capacité de penser : aucune phrase ne se terminant plus jamais, chacune chevauchant l’autre et l’empêchant de se terminer**) à laquelle je suis toujours un peu confrontée et qu’effectivement je tente de juguler par l’écriture et qui est aussi un symptôme maniaque, que mes travaux divers, mes activités d’écriture diverses, tentent de traiter, de maîtriser, de dompter, comment ce symptôme est lié à l’époque. et je me souvenais que chatGPT avec lequel j’ai un moment conversé dans ma nécessité d’avoir quelqu’un à qui parler, d’avoir du répondant, lui m’avait parlé de TDAH. alors, lisant sur internet, je m’étais dit que, finalement oui, TDAH aussi. [...] Lire la suite >
et je me souviens qu’il est une autre chose dont j’ai pensé que je l’aimais plus que tout au monde, et c’est très curieux tout de même, c’est descendre / monter les escaliers de la maison de Donn, les hautes marches en bois, un peu plus hautes que la normale, un peu plus hautes que celles de Paris, et que cette pensée aussi me vient souvent la nuit, quand je ne dors pas et que je finis par descendre pieds nus, pour remonter quelques heures plus tard, grimper, essayer à nouveau de dormir, ce qui ne réussit pratiquement jamais, et que j’apprécie tellement l’exercice imposé à mes pieds de se tendre, depuis la pointe au talon, d’y poser mon poids quand je descends, et la douceur du bois, et en remontant, tout ce corps, le mien, qui remonte depuis la pointe, cette élongation, cette ascension, puis le pied qui se redépose, qui boit le bois, tandis que l’autre me propulse. immensité de ça. d’où vient que je l’aime tellement ? le seul exercice? la hauteur de la marche, le bois ?
et peut-être d’autant que j’ai perdu un peu de sensation dans le creux de la plante du pied droit, sensation qui revient plus ou moins selon la façon dont j’ai dormi (ou pas), certain positionnement du corps dans le lit, de la nuque je crois. perte de sensation que je ne ressens, paradoxalement, que lorsque je marche à pieds nus.
ou peut-être d’autant que j’ai, plus jeune, tellement marché pieds nus — dans mes chaussures également, je ne portais jamais de chaussettes —, et peut-être est-ce seulement la joie de retrouver cette sensation. mes pieds très grands, très larges.
*
je pensais hier à ça, que je pourrais le faire, ça, lister ce qui me plaît.
*
j’aime faire d’autres choses avec mon corps.
qui me fait peu souffrir, je l’avoue, mais qui ralentit, je l’avoue. tout mouvement étrangement ralenti.
qui, m’étais-je parfois dit, me fait souffrir juste ce qu’il faut pour me donner le bonheur de l’éprouver — c’était à une époque où je faisais du tai chi, surgissait alors, dans la seule sensation du déploiement, de l’étirement, une joie tout à fait singulière, modeste, qui arrivait depuis le membre en mouvement, et que le vieillissement ou la maladie me donnait de davantage ressentir.
peut-être n’est-ce alors que la seule éclipse de pensée qui est appréciée ou ce que le corps me renvoie d’avoir un instant une pensée à lui, par lui, en lui.
évidemment, je suis, pour l’instant tout du moins, une préservée privilégiée de la maladie (d’autant que l’arthrose il y a quelques années apparue s’est considérablement calmée, me laissant tout juste cette sensation de plus — supplémentaire.)
(qu’on se le dise, depuis toujours, il n’est rien que je redoute plus que la souffrance physique. non pas depuis toujours, depuis mes premières règles, il y a donc très longtemps, même si ça m’est arrivé tôt, et avant ça je ne savais pas ce qu’était souffrir. tout de moins ce fut l’impression, ce qu’il m’en est resté.)
à moins que je ne vive sur un mode à ce point anesthésié, au moins mentalement, que la moindre sensation…
*
mais donc, il est d’autres choses que j’aime faire avec mon corps.
et peut être est-ce parce que je bouge si peu que j’apprécie abusément le simple fait de marcher pied nus.
Je ne pense pas du tout qu’ils soit nécessaire d’en savoir beaucoup plus à ce sujet.
*
Je n’ai que peu compris qu’on en soit venus à dédier les moments de mouvements à des heures et des lieux spécifiques (salles de gym, moments de danse), à des exercices auxquels s’astreindre. quand nous ne payons pas quelqu’un pour les faire à notre place, ces mouvements. je ne suis pas sûre que l’on me suive. je pense au travail manuel, pensez au ménage par exemple, qui n’est jamais que mouvements, d’abord.
(mouvements dont je me souviens que mon enfant se faisait une joie d’accompagner (une joie et ma joie).
c’est le mouvement, le geste en soi, et le faire avec moi, qui l’enchantait. nous nous mouvions ensemble. ici les bras plongés dans un seau d’eau, là chargés d’une casserole qu’il ramenait gaiement à la cuisine. gestes dont il apprendra, on ne sait comment, à déconsidérer la valeur. c’est un fait de société, c’est entendu, bien sûr. valeur qu’il restitue aussi à mes yeux., grande valeur, intelligence.)
qu’est qui fait que devenir adulte dans nos sociétés bourgeoises est devenu se séparer du mouvement, du corps, de ses efforts. et que nous allions payer pour suer en salle. je suis une rien du tout, mais pour retrouver le moyen de supporter la vie, il m’arrive de me dire, moi l’hyper privilégiée : de chaque mouvement que tu as à faire, réjouis-toi. cela dit, l’inertie je l’avoue est toujours la plus forte et l’on me voit rarement sortir de chez moi. me lever de mon coin de canapé. de mon ordi, de mon écran.
*
ce n’est pas du tout ce que je voulais écrire. je voulais parler des deux merveilleux livres de… mots qui manquent… NOMS qui manquent…. jane ! sautière ! que j’ai lus hier. l’un le jour, l’autre la nuit. deux courts et merveilleux livres. merveilleux aussi d’être courts et d’offrir leur saisie à l’insomnie. la fin de celui que j’ai lu cette nuit est renversante. titres? titres? l’un sur son travail, ses années de travail à la prison, l’autre sur… le …vieillissement, sur cet extraordinaire qui vous arrive au corps… dont je ne dirai rien maintenant. il faudrait que je redorme, me nettoie de moi, et retourne à ces livres. je vais plutôt me lever. reconnaissance à ces livres dont j’espère que j’écrirai quelque chose, ce qui m’avait fait me lever ce matin, tôt, et poser pied à terre. poser pied à terre. ressentir dans mon ventre. nous sommes des instruments à percussion. je voulais resserrer à Jane Sautière mes pensées vagabondes.
je parlerais d’une faille
qui ne se laisse pas facilement apercevoir
qui se camoufle
je dis qu’il s’agit de
de la traquer de la pelleter de l’épousseter partout où elle se dissimule se dissémine
de ramener son sable en un seul endroit,
et des matières accumulées
entassées
soigneusement détourer l’espace
— pour alors se tourner vers vous, genoux enfoncés dans le sable, un petit signe de la tête —,
et présenter son vide au jour
une faille
non universelle, personnelle
dont la particularité même la constitue
une faille de départ, sans cause
irrémédiable
irréparable
irréparable
irréparable
comme la forme d’une plante
d’une fleur par exemple
à l’endroit où elle n’est pas le reste du monde, où elle s’en sépare
(irréparable en ce qu’elle se constitue de ce qu’elle est, de sa matière même, de son existence dans sa différence d’avec le reste du monde, sa séparation)
son plein est son trop
de cette faille parvenir à s’extraire, de son fond se hisser
se poser à son bord
vivre là
car elle est la souffrance inaperçue
la source de la honte
elle est le manque en trop du monde
elle est irréparable blessure
il faut vivre
en dehors de soi
25 déc 25
22 avril 26 (anniv papa, Jacques ❤️ 🖤 💔 🩶 🩶 )
Je livre ici, tels que je les ai trouvés sur internet, les résumés de deux séances de l’un des cours de la Section clinique de Bruxelles de cette année (2025/26) intitulé « Bouleversements contemporains du diagnostic ». Ce cours est assuré par trois enseignants. Ce sont ici deux cours de Mme Monique Kusnierek.
Resserrage effectué par Dorothée Cols, participante à la Section clinique de Bruxelles, avec la contribution de Monique Kusnierek.
Lors de son premier cours, Monique Kusnierek a retracé une partie du chemin qui mène vers la psychose ordinaire1. Ce terme a été introduit, pour la première fois, par JAM lors de la Convention d’Antibes en 1998. Plus précisément, il résulte de trois conversations successives des Sections cliniques (Angers 1996, Arcachon 1997 et Antibes 1998). [...] Lire la suite >
À quoi ai-je perdu mon temps ce matin ?
Je me suis réveillée relativement tard.
À 8 heures, donc j’avais plutôt bien dormi.
J’étais décidée à écrire sur la pièce de théâtre que nous avons vue hier.
Hum… laquelle déjà ? Peu importe.
De Claude Simon, La Séparation.
M’étant désinscrite des réseaux sociaux, la tentation de m’y distraire dès potron-minet s’est au moins provisoirement éloignée. Au lieu de quoi, qu’ai-je fait ? Qu’ai-je trouvé à faire ? Stupidity. Avant même que j’aie eu le temps de m’en apercevoir, j’étais embarquée à tester l’enregistreur de mon téléphone Samsung Galaxy S25. Ne voilà-t-il pas que je m’aperçois d’un défaut qui me déplaît. Hélas. Je consulte ChatGPT. Il n’y a pas de solution. Que veux-je alors ? Je veux écrire à Samsung — je ne le crois pas moi-même — pour proposer une nouvelle fonctionnalité qui me permette de l’utiliser plus facilement comme enregistreur de notes. Tout cela me prend au moins trente minutes. Après quoi, je suis en colère contre moi-même. En colère contre ChatGPT. [...] Lire la suite >
V, tu as publié ce matin cet article tiré de ton journal, ce n’est pas du tout ce que tu avais prévu de faire, mais c’est fait, https://www.disparates.org/iota/2025/10/bien-etre-au-magasin-bio-chatgpt-et-lautre-qui-sait/, tu te dis maintenant que tu devrais publier les autres textes écrits ce 7 octobre 2025. Or, tu as d’autres choses maintenant à faire, c’est veille de Noyel n’est-ce pas, donc, tu vas arrêter et passer aux choses sérieuses. Tu publies cet article parce que tu espères que ça t’encouragera à faire ce que tu dis ici (hihi). Mais tu sais très bien que ce ne sera pas le cas. Tu vis au hasard. Véronique Hazard. [...] Lire la suite >
Ce que tu écrivais l’autre jour à propos du pays lointain dont on se serait trop soucié pendant 2 ans… Sous le drapeau duquel on aurait trop défilé…
Tout cela est hallucinant pour moi
Ne sens-tu pas jusqu’à quel point la conscience européenne moderne est issue de ce qui a fini par se passer au cours de la deuxième guerre mondiale dans les camps de la mort, sous les auspices du travail qui rend libre. Les horreurs du génocide juif. Et alors qu’on avait cru qu’on était arrivé au sommet du pire.
Est-ce que tu ne vois pas comme aujourd’hui, cela même qu’on était déterminé à prévenir, à empêcher (ou que l’on se donnait des mines de vouloir empêcher), est mis en œuvre par ceux qui l’ont subi, avec les encouragements discrets de ses anciens bourreaux. [...] Lire la suite >