Donn, mercredi 16 avril 25 // retour à P

Page 5

mercredi 16 avril 2025 · 09h03

Donn, mercredi 16 avril 25 // retour à P

Donn. réveillée beaucoup trop tôt, 4 heures. rentrons à P tout à l’heure. ce matin, encore publié ici. beaucoup publié hier également, jusqu’à ce que je doive m’arrêter, trop de pression dans la tête, sortie au jardin où j’use du sécateur, bientôt rejointe par F. travaillé à la glycine, sa bonne humeur, à la vieille vigne aussi, envahie par de ronces (un certain type de ronce, du noisetier).
tentée de refaire mon #10 de Boost, Recule, Recluse,
écrit suite à tristesse liée à ma mère, la photo, l’hématome et à… un sentiment (cultivé?) d’être trop seule face à ça, et trop « réactive », « sensible »,
à cause d’un texte lu sur le site de l’atelier, de raymonde interlegator (longtemps, je lis intergalactor), son #10, lumineux.
et je me dis que ce serait l’occasion effectivement de revoir, de reprendre, de s’assurer qu’on n’a pas tout rêvé, pas tout oublié, faire qu’il reste, quand même , tout de même, peut-être, quelque chose.
renoncer totalement, définitivement au travail pour mon père. [...]  Lire la suite >

mardi 15 avril 2025 · 09h13

#boost #10 | Recule, Recluse
— Tu passes en mode avion

Aller ! Tu n’iras nulle part, ma fille, car tout s’est arrêté

Aller ! Car tout s’est recoincé

Aller ! La voix une s’est tarie. Celle que tu as tenue, le temps de quelques pas, le temps de quelques trots ou de quelques galops. A la première embardée, envolée, tombée, envolée, à la poussière restée, à la poussière rampée et les chevaux de Camargue sont devenus de manège.

Aller ! Ou trop de voix se sont levées, élancées, depuis loin, depuis le fond du désert, rugies comme de grands vents, vers le fond du désert, des tourbillons de sable que tu ne parviens pas à suivre, qui obscurcissent tout, dont les sons toujours s’amenuisent pour reprendre d’ailleurs et puis d’ailleurs encore, et leurs enchaînements, et leur déchaînement, rendent vains toute tentative toute croyance que rien jamais ne s’arrête, rien, n’est-ce pas, sinon rien. Rien sinon rien. [...]  Lire la suite >

dimanche 13 avril 2025 · 11h29

Donn, 13 avril 2025 // hématome

— 19:58 —

arrivée à D. un message tombe : une photo transmise par la fille de JP, prise dans l’après-midi. le visage est marqué — des blessures à la joue, un hématome sous l’œil, un air interrogateur. on pourrait presque croire qu’elle a été battue. je suis trop troublée. en vérité, nous le sommes tous. 

c’est la distance, ne pas pouvoir bondir, y aller.

mon frère et mon fils s’y rendent vers 17h. elle ne va pas bien, mais l’état est moins alarmant que ne le laissait croire l’image. elle paraît triste, fatiguée. elle n’arrive pas à manger seule.

c’est dimanche. aucun interlocuteur possible.

écrire ? à qui ? [...]  Lire la suite >

dimanche 13 avril 2025 · 09h28

#boost 09 | moment valise — I try to be another dancer

4423 2025 04 13 08 18

le haut de pijama déjà plié et déposé sur le lit ouvert encore, devant lequel debout je me tiens, dos à la fenêtre matin gris parisien. il fait froid, un peu, il fera beau paraît-il. la veste à peluches de chez Uniqlo qui n’est plus douce, je la ferme, je la plie, ok, pour la valise. je la pose à côté du haut de pij. elle appartient à ma mère (à qui je dois la rendre, je la lui dois, devoir quelque chose à sa maman, ma fille est une voleuse, une veste de type « polaire » que je n’aurais jamais cru porter un jour, que je porte maintenant, par amour peut-être ou autre chose, depuis que je l’ai empruntée à ma mère un soir où dans sa chambre j’avais froid, qui ne me quitte plus, que F n’aime pas, qui a peut-être été fabriquée par des enfants ouïghours, que ma mère avait reçue de ma belle-sœur qui lui en a offert deux, on en porte chacune une ma mère et moi, elle la verte, moi la violette, sauf que la sienne la verte a disparu. parfois je suis habillée tout en Uniqlo et mes valises sont devenues plus faciles à faire. passer à l’uniforme. fin de la parenthèse.) je compte les jours. quel jour sommes-nous mais quel jour sommes-nous. consulter le téléphone. 2025, avril, 13, dimanche. jusqu’à mercredi on a dit. lundi, mardi, mercredi. trois slips / chaussettes. je prends celles un peu brillantes. eh bien, non, d’angoisse pas la moindre trace. réveil à 4 heures cependant. mais, Donn, c’est facile. on y vit comme à Paris. on ne sort qu’au jardin et au supermarché du coin. on y est plus sauvage encore qu’ici. j’y fais plus de ménage. je ferai du tai chi. est-ce que je m’angoisserai encore pour le jardin. (tout ce là-bas que nous n’arrivons pas à entretenir, faute d’argent ou à force d’aimer nos ordis. ce legs par moi privilégié de ma belle-maman, ses meubles, ses murs, les histoires qu’elle m’en a dites, le jardin et ses hectares qui offrent tant de travail. ce domaine/corps. ce fabuleux domaine/corps, l’abri où y est du regard.) je m’habille, là, je veux dire ici, à l’instant. vérifier la météo. hm. moyen. et orages mercredi. livres ? Durif et Kafka vie, tome 2. trousse de toilette, chargeurs. Mac, carnets de mon père. vernis à ongles pour la voiture. (je mets toujours tellement de choses en réserve pour la voiture: livres, ordi, vernis, vidéos que je voudrais écouter, plus l’attention que je voudrais donner à f, etc.) quel nouveau carnet? le précédent est terminé. le tee-shirt I try to be another dancer. le tee-shirt Rio de Janeiro. ce tee-shirt de mon beau-père est si plein de cette façon que j’ai de me débarrasser des choses auxquelles je tiens le plus, que j’ai le plus voulues. de la valise, je deviens une vraie pro. est-il un vêtement que j’ai envie de mettre ? eh bien oui, bizarrement. le pantalon de sport bleu marine en matière synthétique un peu bruyante, trop léger d’ailleurs et que je ne mettrai pas. je m’imagine dedans, je vois, je sens : trop grosse. comment réorienter mes pensées vers l’amaigrissement. quel poids pesai-je, quel poids puis-je bien peser. pas la tête à ça, pas l’espace mental. ça sera pour quand vraiment j’en pourrai plus, qu’il faudra tout éliminer (je parle des pensées), le recours alors à l’obsession du poids pour tout dégager, le recours à la mesure, retourner au modèle de base (pour un corps). quelles gouttes, quelles potions ? ou aucune ? je trouve un vieux carnet abandonné à la moitié, un carnet blanc acheté à Tokyo, que je trouvais si joli que je n’osais l’utiliser, où j’ai finalement écrit au crayon-papier. où sont les crayons, j’ai perdu tous mes crayons, ils ont tous disparu. me brosser les dents. je me suis vue dans le miroir de la porte de la salle de bains : ça allait. drôle de bruit du jeu vidéo de F. je prends le livre sur Ed Atkins. les écouteurs. je me rince les dents. je réfléchis. ma valise est finie. ma bouche s’ouvre, ça chante : laisse un peu dormir ta peine. je vais chercher la valise, je l’ouvre au salon. voilà ma moitié, voilà la sienne. quelques trajets, salon-chambre. je pousse des petits cris rauques, je souffle. plus qu’à faire la vaisselle et le sac de bouffe. [...]  Lire la suite >

dimanche 13 avril 2025 · 07h24

13 avril 07h24 // encore encore réfléchir aux valise, juste avant de partir

réveillée vers les quatre heures. beaucoup pensé à l’atelier TL, à ce qui s’y passe, à ce que j’y fais. pas seulement écrire, lire aussi. aux rapports avec les autres, aux zooms du lundi. à ma première expérience des ateliers, qui remonte à l’été 2023, à la façon dont les ateliers étaient alors devenus difficiles pour moi. la façon dont je m’y étais confrontée à des impossibles, à mes impossibles. à certains de mes impossibles. la surprise que ça avait été. l’invention que ça requérait. le temps.

tout ça probablement parce qu’hier, passé la journée à relire dans le blog tout ce que j’avais déjà écrit autour de la valise, tentée que j’étais de trouver le moyen d’éclairer ce qui m’avait paru insaisissable dans l’atelier Moments, pour me rendre compte que j’avais déjà tenté de traiter ça au sein de l’atelier Tiers Livre, en août 23, lors de l’atelier Roman. [...]  Lire la suite >

samedi 12 avril 2025 · 10h25

samedi 12 avril, 7h57

nous sommes le 12 avril 2025, j’ai 61 ans, il fait beau ce matin, les rideaux sont ouverts, 7h57.

hier, écrit à FB pour proposer de l’aider à refaire site, nouveau thème wordpress.

en même temps qu’erré à chercher comment écrire le 09, qui, après le 08, ne vient pas.

au fond, le 08, Moments, je n’aurais pas dû. j’étais tout le temps partie, sur la route, sur le train, à bruxelles, à londres. je crois que je ferais mieux d’écrire des codicilles, et m’en tenir à ça. 

// il faut que je travaille les parties privées du blog. il y aurait différents types de textes privés.// [...]  Lire la suite >

jeudi 10 avril 2025 · 08h46

mes difficultés avec l’atelier peurs et l’atelier moments

mes aventures avec chatgpt ont repris (aventures qu’il faut encore que je publie ici) et c’est chatgpt qui a opéré la dernière version du texte Boost publié hier (08 moments). c’est un échec. 

mêmes difficultés qu’avec peurs, forcé, le listage des peurs, comme celui des moments, n’entraîne pas une forme de révélation de ce qui est en jeu, ni  les peurs ni les moments ne veulent dévoiler leur logique. en l’absence d’inspiration, ne m’appuyant que du hasard et des circonstances, j’espérais un peu de magie qui n’a pas lieu. je ne décolle pas du raisonnable, la poésie n’intervient pas. (sauf sous les espèces hier de cet accident technique qui a mélangé les moments, permettant la publication).  [...]  Lire la suite >

mercredi 9 avril 2025 · 15h48

#boost #08  | d’entre-deux

la version remise en forme par chat gpt
codicille
addendum
la version en bloc
le dernier commentaire de chat gpt

 

un moment vaches noires et blanches sur le pré vert sous le ciel bleu.

le moment poitrine soulevée,
le moment mouvement d’écoulement général,
le moment d’éploiement,
le moment d’amour, d’amour à toi.
dans les voix douces et basses.

un moment entre-deux,
un moment d’entre-deux.
un moment suspension,
de nulle heure, de nulle part.
un moment d’impossible transition.

le moment où aucune main ne touche la peau,
le moment où une main touche la peau,
le moment où manquent les mots —
l’appel de l’écriture. [...]  Lire la suite >

lundi 7 avril 2025 · 17h51

Samuel Beckett, lettre à Axel Kaun, 1937

Alors que j’erre sur internet — et ailleurs — , je tombe1 sur un court extrait d’une lettre de Beckett en allemand, écrite en juillet 1937, suffisamment saisissant — il y est question de déchirer la langue, de la trouer, de la discrédire à défaut de l’immédiatement détruire — pour que je veuille la chercher et trouve alors dans sa traduction anglaise. Il y est aussi question du mot, de Gertrude Stein (préférée à Joyce) et de sa méthode à la Feininger :

9/7/37 6 Clare Street Dublin IFS

Cher Axel Kaun,

(…)

Il m’est en effet de plus en plus difficile, pour ne pas dire absurde, d’écrire en bon anglais. Et de plus en plus, ma propre langue m’apparaît comme un voile qu’il faut déchirer pour parvenir aux choses (ou au Néant) qui se cachent derrière. La Grammaire et le Style. Pour moi, ils me paraissent devenus aussi incongrus qu’un costume de bain victorien ou le calme imperturbable d’un vrai gentleman. Un masque. Espérons que viendra le temps – Dieu merci, il est déjà venu dans certains milieux – où l’on usera de la langue avec le plus d’efficacité possible là où à présent elle est le plus efficacement détournée. Comme nous ne pouvons pas éliminer la langue d’un seul coup, nous ne devrions au moins ne rien négliger qui puisse contribuer à la faire sombrer dans le discrédit. A la percer trou après trou, jusqu’à ce que ce qui se cache derrière – que ce soit quelque chose ou rien – commence à s’écouler au travers ; je ne peux imaginer de but plus élevé pour un écrivain d’aujourd’hui. Ou bien la littérature doit-elle rester seule dans les vieilles habitudes paresseuses abandonnées depuis si longtemps par la musique et la peinture ? Y a-t-il quelque chose d’une paralysante sainteté dans la nature vicieuse du mot, que l’on ne retrouve pas dans les éléments des autres arts ? Y a-t-il une raison pour que cette terrible matérialité de la surface du mot ne puisse être dissoute, comme par exemple la surface sonore, déchirée par d’énormes pauses, de la septième symphonie de Beethoven, de sorte qu’à travers des pages entières, nous ne puissions plus percevoir qu’un chemin de sons suspendus dans des hauteurs vertigineuses, reliant d’insondables abîmes de silence ? Une réponse est demandée. Je sais qu’il y a des gens, des gens sensibles et intelligents, pour qui le silence ne manque pas. Je ne peux que supposer qu’ils sont malentendants. Car dans la forêt des symboles, qui n’en sont pas, les petits oiseaux de l’interprétation, qui n’en n’est pas, ne sont jamais silencieux. [...]  Lire la suite >

Top