comme un chien, comme un rôti

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jeudi 2 janvier 2025 · 05h26

comme un chien, comme un rôti

Extraits de Kafka, le temps des décisions de Reiner Stach dans le chapitre « Abandon de soi et angoisse de la sexualité »

“ Ma vraie crainte — on ne peut sans doute rien dire ni entendre de pire — est que je ne pourrai jamais te posséder. Que dans le meilleur des cas j’en resterai toujours réduit à embrasser comme un chien insensément fidèle la main que tu me laisseras distraitement, ce qui ne sera pas un signe d’amour, mais seulement un signe du désespoir de l’animal condamné au mutisme et à une distance éternelle. Que je serai assis auprès de toi et que j’éprouverai comme cela est déjà arrivé le souffle et la vie de ton corps à mes côtés et que je serai au fond plus éloigné de toi que maintenant dans ma chambre. Que je ne serai jamais capable de guider ton regard, et qu’il sera vraiment perdu pour moi quand tu regarderas par la fenêtre ou que tu mettras ton visage dans tes mains. Que je passe main dans la main et lié à toi en apparence devant le monde entier et que rien de tout cela ne soit vrai. Bref, que je reste à jamais exclu de toi, même si tu te penches si bas vers moi que cela te met en danger1. »” (p. 403) [...]  Lire la suite >

dimanche 15 décembre 2024 · 06h41

seriously embêtée, by night

embêtée d’avoir envoyé cette lettre à O. mais qu’y puis-je maintenant, c’était une erreur.
suis au salon, fait tout noir, tête tourne. tapoti tapota sur le ptit téléphone. un peu d’Instagragra. Syrie, Jenine, North Gaza, ce si beau texte d’office_for_soft_architecture – zut, what is her name again? Lisa Robertson. I started timid in water and I started timid in the worldly. I started timid all over. I had not story because it was submsersed. I had no education other than to carry. I could’nt seize the words right away. Because most of memory was forbidden. I had to construct it. c’est son travail #riverwork… je recopie ses mots et je me donne un tout petit peu l’impression de les avoir écrits… Traduction DeepL : J’ai commencé timide dans l’eau et j’ai commencé timide dans le monde. J’ai commencé timide partout. Je n’avais pas d’histoire parce qu’elle était submergée. Je n’avais pas d’autre éducation autre que celle de porter. Je ne pouvais pas saisir les mots tout de suite. Parce que presque toute la mémoire était interdite. Je devais la construire. peut-être que je ressens d’autant plus la timidité quand elle écrite en anglais et qu’elle ne se montre pas tout à fait à moi… Ou peut-être que je rate vraiment quelque chose à ne pas savoir comment traduire « in the worldly ». « I started timid in water and I started timid in the worldly. » cette répétition est magnifique.
in the worldly…
worldly adjectif : mondain, terrestre, matériel, The monk renounced his worldly possessions, laïque
c’est la pleine lune. me recoucher.
départ à B toutalheur. oui, c’est ça qui m’a réveillée. ma mère, le médecin que je ne suis pas parvenue à joindre, les infirmières-chefs, etc.
beaucoup à faire avant de partir.
tête tourne. [...]  Lire la suite >

samedi 14 décembre 2024 · 22h12

embêtée

je suis tellement embêtée. j’ai été un moment contente de ce que j’avais écrit et j’en ai parlé à un ami, je lui ai envoyé un mail et lui ai donné l’adresse du site, le pauvre. je ne sais pas comment rattraper ça. j’étais si satisfaite que j’avais même ajouté l’URL dans mon profil instagram… bien sûr l’euphorie n’a pas duré longtemps et au retour de quelques courses de Noël qui m’ont étrangement rendue sourde, j’ai retiré la mention du site sur insta où j’ai traîné un peu tristement tandis que je me demande maintenant qu’écrire à l’ami pour lui épargner d’avoir à me tourner une réponse.  [...]  Lire la suite >

samedi 14 décembre 2024 · 12h44

réfléchir avec la beauté

je me suis levée je suis au salon il fait sombre j’entends le bruit d’un réveil les 4 rideaux sont tirés.

éveillée dans pensées diverses et mauvaises. à propos du grand ratage de me vie . du manque de métier, de travail. d’Annick aussi. et du texte que je n’arrive pas à rattraper, sur les 3 chiens. ou pas suffisamment vite à mon goût.  ce qui  me fait craindre qu’une fois encore je l’abandonne. s’agissant du  texte d’Éric Laurent, sur lequel je retravaillais également hier, il faut que je renonce à y comprendre quelque chose. c’est très étrange, ce texte. il comporte pour moi les plus grandes promesses (de compréhension) et entraîne les plus terribles perplexités. [...]  Lire la suite >

vendredi 13 décembre 2024 · 07h56

certaines œuvres me bouleversent, rares,

certaines œuvres me bouleversent, rares, transforment ma vie (ou me paraissent pleines d’une promesse de transformer ma vie ou m’offrent des pistes), d’autres, les plus nombreuses, je les vois de la même façon dont je regarde le reste du monde.  elles s’ajoutent à ce que je perçois du monde et dont je ne peux, a priori, rien dire. c’est à la fois une expérience, une connaissance et une information supplémentaires, qui n’aboutiront peut-être jamais à un savoir que je puisse exprimer. qui pourraient cependant modifier ma façon de vivre. dont il me semble qu’elles augmentent la connaissance que j’ai du monde. ma connaissance, ma sensibilité, y opèrent des bougés. et puis, il y a celles que je n’aime pas, des fraudes, ou que je ne vois pas. [...]  Lire la suite >

vendredi 13 décembre 2024 · 07h24

que tu puisses ne pas avoir honte de moi

au lit dans le noir dans la chambre
j’essaie de faire en sorte que tu puisses ne pas avoir honte de moi et dernière l’échec apparent, percevoir la réussite.

quel échec ?
la honte de ne pas avoir de métier, d’œuvre, de nom
quelle réussite ?
mince, réussite mince. celle en tout cas d’avoir su – comme je m’en suis rendu compte récemment – me dégager de toutes les situations trop anxiogènes pour moi, me permettant finalement, sans que ça puisse hélas jamais d’aucune façon être universalisable, recommandable, de vivre de façon vraiment privilégiée, à l’abri et souvent bien. (qu’est-ce que je pourrais, de ce que j’ai vécu, faire passer à l’universel? il y a une passion du symptôme. mieux: trouver à se dégager du tout, opter pour le pas-tout.) [...]  Lire la suite >

mardi 10 décembre 2024 · 07h50

s’il te plaît V

s’il te plaît, V, fais ça aujourd’hui. cette soupe non mixée potimarron pois chiche fenouil pousses d’épinards.

et stp, V, aujourd’hui, retravaille au texte 2+1 chiens.
relis le rêve, vois-le.
le noir, le blanc
le n, le b
le n, la haine
le blanc, semblant
fais une phrase sur les chiens (un chien maltraité n’ayant rien à dire sur son sort, n’ayant plus droit à la parole – voué à disparaître), sur l’immixtion des sujets
et écris un texte de présentation des fracassemeurs.

mardi 10 décembre 2024 · 06h39

rien de définitif

pour la première fois depuis longtemps hier, travaillé et écrit hier d’une façon qui m’a rendue contente.

non que je me sois dit, tiens je suis contente de ce que j’ai écrit, mais je me  je me suis rendue compte,  au souper, au dîner, que j’étais contente, joyeuse même.

Je me suis mise à travailler à un vieux rêve de je ne sais quelle année, 2+1 chiens, un rêve très court, que j’avais trouvé beau,  dont je n’avais pas tiré grand chose, mais dont il m’avait semblé qu’il en ressortait quelque chose (de beau) (d’important) qui parvient à dépasser subitement tout ce qui a lieu. [...]  Lire la suite >

lundi 9 décembre 2024 · 06h53

de l’effet de quelques cigarettes (3)

je dois tout à fait renoncer à écrire jamais. et à publier. c’est la conclusion de ces récentes tentatives de travail sur le blog qui m’ont hier complètement démoralisée. j’écris un journal pour moi et basta.

il fallait cependant que j’écrive ceci, si je m’en tiens à ce que je n’écris d’ordinaire pas, à ce qui fait symptôme, c’est déjà bien. je veux écrire comment j’ai été si mal un jour, et pourquoi, et comment le lendemain, tout avait disparu : 

quand je me suis réveillée vendredi, j’étais « mal » – je mets des guillemets parce que je ne sais plus ce que ça recouvre cet « être mal », cet envahissant désagrément dont je n’ai  alors d’autre recours que de me recommander d’avoir la patience d’attendre qu’il passe -, et je ne savais pas pourquoi, mais c’était au point que j’ai eu très envie de fumer, comme si une cigarette allait régler ça, et je pensais que je donnerais le reste du paquet à H, s’il venait au soir, ou à M, ah oui, c’était le jour du concert de F et les membres du groupe devaient venir loger à la maison, les 5 membres, et c’est peut être à cause de ce concert et de cette venue chez nous que j’allais si mal (alors qu’a priori j’aime plutôt ça, a priori ou a posteriori, mais pas quand le moment se rapproche, en vrai). F est parti vers 18h30 pour accueillir les musiciens et préparer la salle,  quand il m’a prévenue qu’ils viendraient ici, les musiciens, avant le concert, je suis sortie m’acheter à manger et des cigarettes[...]  Lire la suite >

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