{"id":10207,"date":"2007-05-07T11:08:01","date_gmt":"2007-05-07T09:08:01","guid":{"rendered":"http:\/\/historyze.org\/disparates\/2007-05-07\/premier-samedi-2007-13h02\/"},"modified":"2013-09-13T12:08:35","modified_gmt":"2013-09-13T10:08:35","slug":"premier-samedi-2007-13h02","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2007\/05\/premier-samedi-2007-13h02\/","title":{"rendered":"premier samedi 2007, 13h02"},"content":{"rendered":"<p>Mauvaise nuit que cette nuit o\u00f9 un souvenir est redevenu mauvais. Comme la semaine derni\u00e8re, je m\u2019attelle maitenant \u00e0 \u00e9crire la derni\u00e8re s\u00e9ance et ses suites. Je n\u2019en ai pas envie ou \u00e7a me fait plut\u00f4t peur, mon esprit est vide, en fait je redoute de ne pas y arriver. Essayer de le faire sans y penser. Plonger, ou plut\u00f4t descendre les marches qui p\u00e9n\u00e8trent la piscine. Tant que je ne le fais pas, je crains de rest\u00e9e h\u00e9b\u00e9t\u00e9e, h\u00e9b\u00e9t\u00e9e et tent\u00e9e de garder les yeux clos. Tr\u00eave de pr\u00e9cautions oratoires, ouvrons l\u2019\u0153il, allons-y. J\u2019ai abandonn\u00e9 Fred \u00e0 Jules (le pauvre. Le stylobille roule sur le carnet).<\/p>\n<p>S\u00e9ance : J\u2019ai commenc\u00e9 en reprenant ce que j\u2019avais d\u00e9couvert ici en \u00e9crivant. H\u00e9 zut, Jules pleure devant la porte. Je suis repartie de l\u2019id\u00e9e d\u2019un avant et d\u2019un apr\u00e8s le certain \u00e9v\u00e9nement en cause cette nuit, dont j\u2019ai dit que je ne voulais pas le raconter, dont j\u2019ai parl\u00e9 en disant que j\u2019y avais \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e \u00e0 la m\u00e9chancet\u00e9. A cause duquel, il me semble que je perds maintenant les mots. Il me semble que c\u2019est d\u00e9j\u00e0 tout, que je n\u2019ai rien \u00e0 ajouter. Je sais que ce n\u2019est pas vrai. Jules pleure, Jules hurle m\u00eame, je ferme les yeux. Ce terme que j\u2019ai utilis\u00e9 m\u2019a frapp\u00e9e, de \u00ab m\u00e9chancet\u00e9 \u00bb. Non point d\u2019ailleurs celui-l\u00e0, mais ceux de \u00ab gens qui avaient \u00e9t\u00e9 m\u00e9chants avec moi \u00bb. Et que c\u2019\u00e9tait cela qui dans ce qui m\u2019\u00e9tait arriv\u00e9 m\u2019avait \u00ab frapp\u00e9e \u00bb, avait compt\u00e9 \u2013 plut\u00f4t l\u2019aspect m\u00e9chant que l\u2019aspect sexuel. <\/p>\n<p>J&rsquo;ajoute que s&rsquo;il m&rsquo;a frapp\u00e9, ce signifiant de \u00ab m\u00e9chancet\u00e9 \u00bb, c&rsquo;est qu&rsquo;il est depuis longtemps pr\u00e9sent dans mon analyse, c&rsquo;est un signifiant que je connais bien, mais pas sous cet aspect-l\u00e0. Je me suis trouv\u00e9e moi-m\u00eame \u00ab m\u00e9chante \u00bb. Longtemps, je me suis moi-m\u00eame trouv\u00e9e \u00ab m\u00e9chante \u00bb. C&rsquo;est ce qui m&rsquo;a effleur\u00e9e, en s\u00e9ance. Par apr\u00e8s, il m&rsquo;a sembl\u00e9 que ce signifiant prenait l\u00e0 une coloration sexuelle. Plut\u00f4t que de dire \u00ab j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9  abus\u00e9e, sexuellement, abus\u00e9e \u00bb, j&rsquo;ai dit \u00ab on a \u00e9t\u00e9 m\u00e9chant avec moi \u00bb. Je n&rsquo;ai pu m&#8217;emp\u00eacher, y repensant le lendemain, de penser que la m\u00e9chancet\u00e9 \u00e9tait venue couvrir le sexuel. J&rsquo;ai dit que ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9 n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 compris. je pense que c&rsquo;est cette collusion brutale de la m\u00e9chancet\u00e9 et du sexuel qui a fait \u00ab\u00a0trauma\u00a0\u00bb. J&rsquo;ai repens\u00e9 aux paroles de mon p\u00e8re, durant ses d\u00e9lires, \u00e0 la fin de sa vie, \u00e0 propos de l&rsquo;horreur du rapport sexuel, de la violence, de la brutalit\u00e9, de l&rsquo;horreur. Enfin, l&rsquo;\u00e9nigme reste enti\u00e8re. J&rsquo;ai rencontr\u00e9 quelque chose que je n&rsquo;ai pas aval\u00e9, qui n&rsquo;est pas pass\u00e9. J\u2019ajoute que cette id\u00e9e de m\u00e9chancet\u00e9 ne m\u2019est venue qu\u2019au moment o\u00f9 je me trouvais devoir parler de ce souvenir. Pour ma part, je n\u2019avais jamais jusque l\u00e0 pens\u00e9 \u00e7a en ces termes-l\u00e0. Au cours des insomnies qui ont suivi, je ne cessais de me repasser le film de ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s d\u00e9sagr\u00e9able, et c\u2019est ce qui m\u2019est arriv\u00e9 vendredi.<\/p>\n<p>En s\u00e9ance, je dis qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque, je couchais avec tout le monde, j\u2019\u00e9tais un peu \u00ab innocente \u00bb. Comment le dire  cela n\u2019avait pas d\u2019importance  cela n\u2019\u00e9tait pour moi ni bien ni mal, ce qui arrivait \u00e0 mon corps n\u2019avait pas d\u2019importance. Il me semblait que les hommes voulaient cela, que cela leur faisait plaisir. Cela ne m\u2019en faisait pas le moindre, mais cela ne me faisait pas mal non plus. Ma m\u00e8re m\u2019avait dit que c\u2019\u00e9tait \u00ab la plus belle  chose du monde \u00bb et je devais penser, plus ou moins consciemment, avec chacun d\u2019entre eux, que nous nous marierions et aurions beaucoup d\u2019enfants. C\u2019est \u00e0 \u00e7a que je pensais quand je disais que j\u2019\u00e9tais plut\u00f4t innocente. Je ferme les yeux. Je suis sur le lit dans la chambre. Je glisse mes jambes sous la couette, je m\u2019\u00e9tire. Jules a cess\u00e9 de pleurer.<\/p>\n<p>Ne se pourrait-il qu\u2019on reste les yeux ferm\u00e9s.<\/p>\n<p>Jules a recommenc\u00e9 \u00e0 pleurer. Peut-\u00eatre faut-il lui c\u00e9der, y aller ? Dormir. Un phrase hier dans un article [1]  me fait penser que pour moi effectivement mon corps n\u2019\u00e9tait pas sacr\u00e9 (ou est-ce d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 quelque chose de d\u00e9duit de mes exp\u00e9riences, ce qui d\u00e9sagr\u00e9able \u00e0 r\u00e9aliser). D\u2019o\u00f9 la difficult\u00e9 pour moi de plaindre, par exemple, de \u00ab viol \u00bb. Enfin, c\u2019est ce que je crois. D\u2019o\u00f9 l\u2019impossibilit\u00e9 de me plaindre tout court. M\u00eame \u00e0 moi-m\u00eame. Revenant de cette nuit, avec les deux hommes, celle que je ne veux pas raconter, je n&rsquo;\u00e9tais malheureuse. J&rsquo;avais les yeux ouverts. Je suis tomb\u00e9e. Comme je l\u2019ai dit en s\u00e9ance, quelque chose n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 compris. Il a fallu que je me l\u00e8ve pour Jules. Fr\u00e9d\u00e9ric est venu me chercher. Je ne suis pas s\u00fbre de reprendre.<\/p>\n<p>[1]  <em>On comprend mieux alors, qu\u2019\u00e0 l\u2019oppos\u00e9, le touche-\u00e0-tout ne peut \u00eatre pris au s\u00e9rieux, il est celui qui n\u2019a aucun tabou car il ne discerne pas entre le profane et le sacr\u00e9. Autrement dit, il ne respecte rien car il fait fi du r\u00e9el.<\/em> (\u00ab Odor di femina. Le s\u00e9minaire sur la lettre vol\u00e9e \u00bb Yasmine Grasser sur le site de la Cause freudienne (LEL 37)). Je ne dirais pas de moi que je ne \u00ab respectais rien \u00bb, mais bien \u00e9ventuellement que j\u2019aie pu faire \u00ab fi du r\u00e9el \u00bb. Ou que c\u2019\u00e9tait ce qui m\u2019avait \u00e9t\u00e9 transmis, l\u2019amour, une sorte d\u2019amour faisant \u00ab fi du r\u00e9el \u00bb, du r\u00e9el du sexe. Et c\u2019\u00e9tait l\u00e0, ce qu\u2019il y avait \u00e0 apprendre, \u00e0 rencontrer, et que la rencontre fut mauvaise \u2013 mais se peut-il autrement ? Et que ce qui trouva des mots, fut reconnu, fut la m\u00e9chancet\u00e9, le m\u00e9pris, cela qui fit son chemin dans ma conscience. Mais il n\u2019arriva pas que je me r\u00e9volte, je le r\u00e9p\u00e8te, je suis tomb\u00e9e, lentement. Un peu plus tard, je restai une semaine au lit, \u00e0 dormir, ne voulant plus me lever.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mauvaise nuit que cette nuit o\u00f9 un souvenir est redevenu mauvais. Comme la semaine derni\u00e8re, je m\u2019attelle maitenant \u00e0 \u00e9crire la derni\u00e8re s\u00e9ance et ses suites. Je n\u2019en ai pas envie ou \u00e7a me fait plut\u00f4t peur, mon esprit est vide, en fait je redoute de ne pas y arriver. 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