{"id":11067,"date":"2013-04-03T11:19:05","date_gmt":"2013-04-03T10:19:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/?p=11067"},"modified":"2013-04-12T14:47:26","modified_gmt":"2013-04-12T12:47:26","slug":"prose-et-poesie-de-houellebecq","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2013\/04\/prose-et-poesie-de-houellebecq\/","title":{"rendered":"Les \u00e9crivains, les lecteurs et les m\u00e9dias &#8211; Prose et po\u00e9sie chez Houellebecq"},"content":{"rendered":"<p><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"11135\" data-permalink=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2013\/04\/prose-et-poesie-de-houellebecq\/03-04-2013-15-39-40\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/03-04-2013-15-39-40-e1365770811742.jpg?fit=387%2C492&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"387,492\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"03-04-2013 15-39-40\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/03-04-2013-15-39-40-e1365770811742.jpg?fit=353%2C450&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/03-04-2013-15-39-40-e1365770811742.jpg?fit=387%2C492&amp;ssl=1\" class=\"alignnone size-full wp-image-11135\" alt=\"03-04-2013 15-39-40\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/03-04-2013-15-39-40-e1365770811742.jpg?resize=387%2C492&#038;ssl=1\" width=\"387\" height=\"492\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/03-04-2013-15-39-40-e1365770811742.jpg?w=387&amp;ssl=1 387w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/03-04-2013-15-39-40-e1365770811742.jpg?resize=117%2C150&amp;ssl=1 117w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/03-04-2013-15-39-40-e1365770811742.jpg?resize=353%2C450&amp;ssl=1 353w\" sizes=\"(max-width: 387px) 100vw, 387px\" \/><\/p>\n<p>Rien ne pourra faire que Houellebecq en couverture de Lib\u00e9ration,\u00a0 son portrait pleine page + les 4 pages qui lui sont consacr\u00e9es\u00a0 ne fassent partie de la lecture qu&rsquo;on a de lui ni d&rsquo;ailleurs de sa propre \u00e9criture. Et c&rsquo;est comme \u00e7a.<\/p>\n<p>On en sait beaucoup trop des \u00e9crivains aujourd&rsquo;hui. Ainsi par exemple, ce que d\u00e9voile Houellebecq de sa sexualit\u00e9 dans <em>La possibilit\u00e9 d&rsquo;une \u00eele<\/em>, me d\u00e9pla\u00eet-il souverainement. Ce n&rsquo;est pas son \u00e9criture qui est en cause,\u00a0 c&rsquo;est lui,\u00a0 sa petite personne. Qu&rsquo;on me r\u00e9torque que c&rsquo;est de la fiction, je n&rsquo;en crois rien. Houellebecq aime les petites jeunes, les jolis corps fermes, c&rsquo;est la beaut\u00e9 pour lui.\u00a0 Et il ne me donne pas l&rsquo;impression de pouvoir imaginer qu&rsquo;il puisse en \u00eatre autrement. On se situe de l&rsquo;ennuyant c\u00f4t\u00e9 de ce qui ne peut \u00eatre pris que comme une opinion (d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il s&rsquo;agit de sexualit\u00e9<del>. Jusqu&rsquo;\u00e0 un certain point,\u00a0 n&rsquo;y a-til\u00a0 de sexualit\u00e9 que d&rsquo;opinion,\u00a0 elle<\/del> qui ne conna\u00eet pas d&rsquo;universel). Par contre, j&rsquo;aime d&rsquo;autres aspects du livre, les endroits o\u00f9 il ne sait pas o\u00f9 il va. J&rsquo;ai besoin que les choses restent un peu inconnues pour l&rsquo;\u00e9crivain lui-m\u00eame. Quand il en sait trop, \u00e7a m&rsquo;ennuie (d&rsquo;autant qu\u2019\u00e9videmment, c&rsquo;est tout ce qu&rsquo;il ne sait pas qui crie alors).\u00a0 Donc, je n&rsquo;aime pas tout de cet \u00e9crivain, je dois supporter \u00e7a, l&rsquo;accepter. Par contre,\u00a0 j&rsquo;adore sa po\u00e9sie. Je la trouve\u00a0 g\u00e9niale. Peut-\u00eatre est-ce parce qu&rsquo;il y est moins pr\u00e9sent.\u00a0 Il me faut des livres qui soient d\u00e9tach\u00e9s, qui puissent \u00eatre d\u00e9tach\u00e9s de ceux qui les ont \u00e9crits. \u00c7a,\u00a0 c&rsquo;est tr\u00e8s difficile avec la m\u00e9diatisation, avec la starification. La m\u00e9diatisation va toujours s&rsquo;int\u00e9resser aux personnes. Ce sont les \u0153uvres qui en p\u00e2tissent.<\/p>\n<p>On est oblig\u00e9 de lire aujourd&rsquo;hui en analyste. Les livres des \u00e9crivains sont leurs sympt\u00f4mes. \u00c7a a toujours \u00e9t\u00e9 le cas,\u00a0 bien s\u00fbr,\u00a0 mais \u00e7a a chang\u00e9. Quel que soit l&rsquo;effort de l&rsquo;\u00e9crivain, il n&rsquo;arrive plus que rarement \u00e0 mettre ce sympt\u00f4me en sc\u00e8ne et \u00e0 rendre cette sc\u00e8ne comme l&rsquo;Autre sc\u00e8ne,\u00a0 comme la sc\u00e8ne de l&rsquo;inconscient,\u00a0 de l&rsquo;<em>Unbewusst<\/em>, de ce qui n&rsquo;est <strong>pas<\/strong> su. Une distance s&rsquo;est perdue,\u00a0 au sens brechtien je crois. Et la m\u00e9diatisation,\u00a0 quand elle intervient, vient grossir,\u00a0 intervenir dans ce sympt\u00f4me. En le pervertissant. Pour le lecteur \u00e9galement.\u00a0 Paradoxalement, la m\u00e9diatisation met l&rsquo;\u00e9crivain \u00e0 notre port\u00e9e (au sens de l&rsquo;<em>American Dream<\/em>. Ce qui est possible pour l&rsquo;un,\u00a0 le devient pour tous.) Son image prend le dessus sur son \u00e9criture. Il est starifi\u00e9. Il est oblig\u00e9 de faire avec \u00e7a. \u00c7a rentre dans son combat,\u00a0 dans son calcul aussi.<\/p>\n<p>Si maintenant, je retourne vers le sympt\u00f4me,\u00a0 le livre-sympt\u00f4me contemporain,\u00a0 que pourrais-je en dire de plus? Quelle hypoth\u00e8se\u00a0?<\/p>\n<p>L&rsquo;hypoth\u00e8se,\u00a0 ce serait celle de la croyance au sympt\u00f4me et sa trop grande lisibilit\u00e9. Le sympt\u00f4me se donne comme lisible quand il ne l&rsquo;est fondamentalement pas (ou alors dans une lecture incessante, fluctuante, tr\u00e8s loin du <em>scripta manent<\/em>). Et la charge est laiss\u00e9e au lecteur de lui ramener les doutes (qui ne sont pourtant pas ce qui lui faut), l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 (qui s&rsquo;en rapprocherait,\u00a0 de ce qu&rsquo;il lui faut, car le sympt\u00f4me doit \u00eatre incroyable) et la curiosit\u00e9,\u00a0 l&rsquo;insatisfaction.<\/p>\n<p>C&rsquo;est la part de myst\u00e8re qui manque. Tout est \u00e9clairci. Tout est donn\u00e9 comme \u00e9clairci. Et l&rsquo;au-del\u00e0, eh bien de l&rsquo;au-del\u00e0 la charge est laiss\u00e9e \u00e0 la curiosit\u00e9, au d\u00e9sir du lecteur. Enfin,\u00a0 \u00e7a,\u00a0 c&rsquo;est pour\u00a0 le sympt\u00f4me, tant qu&rsquo;il garde son aspect, sa consistance \u00ab\u00a0classique\u00a0\u00bb de sympt\u00f4me, celui qui est construit,\u00a0 dans le premier temps de l&rsquo;analyse (\u00e9labor\u00e9 par le fantasme).\u00a0<\/p>\n<p>Quand Houellebecq devient po\u00e8te, le myst\u00e8re revient,\u00a0 le myst\u00e8re revient assum\u00e9 par la langue,\u00a0 \u00e0 sa bonne place. Car la place du myst\u00e8re ne se trouve pas du c\u00f4t\u00e9 du sens, mais de ce qui n&rsquo;en n&rsquo;a pas, et dans la jouissance de la langue.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rien ne pourra faire que Houellebecq en couverture de Lib\u00e9ration,\u00a0 son portrait pleine page + les 4 pages qui lui sont consacr\u00e9es\u00a0 ne fassent partie de la lecture qu&rsquo;on a de lui ni d&rsquo;ailleurs de sa propre \u00e9criture. Et c&rsquo;est comme \u00e7a. On en sait beaucoup trop des \u00e9crivains aujourd&rsquo;hui. 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