{"id":116,"date":"2002-05-09T16:44:55","date_gmt":"2002-05-09T14:44:55","guid":{"rendered":"http:\/\/historyze.org\/to-be-or\/2002-05-09\/116\/"},"modified":"2023-02-06T11:28:04","modified_gmt":"2023-02-06T10:28:04","slug":"116","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2002\/05\/116\/","title":{"rendered":"le salaire de l&rsquo;horreur \/ off cause"},"content":{"rendered":"<div style=\"font-family: Georgia,Times New Roman,Times,serif; color: #666666; line-height: 1.7em;  font-size: 15px;\">\n<p>L\u2019impasse au travail a parfois le visage du rapport que fantasme le sujet \u00e0 celui qui le met au travail. Le rapport fantasmatique. C\u2019est <em>l\u2019Autre qui veut<\/em>, <em>que je travaille<\/em>. <em>Il en jouit<\/em>, <em>que je me meure au travail<\/em>. Je me meurs, je me tue au travail. Meurs, tue-toi. Pour quelle gloire de l\u2019Autre ? Quelle gloire, ou seule subsistance ? Nourris-toi des sueurs de mon labeur. Nourris-toi et tais-toi, nourris-toi, et \u00e9trangle-toi, que je n\u2019entende plus que ta voix.<\/p>\n<p>Mon patron. Ah, mon patron. Ma patronne. Mon chef, mon sup\u00e9rieur. Cette engeance. Qui ne r\u00eave de rien d\u2019autre que de me foutre dehors, sauf que c\u2019est moi qui r\u00eave, ces cauchemars. <em>J\u2019ai r\u00eav\u00e9 cette nuit que mon patron me foutait \u00e0 la porte. <\/em> Pas une seconde sans que je redoute cet instant. O\u00f9 je serai saqu\u00e9e. L\u2019horreur. C\u2019est pourquoi je travaille, je travaille, je travaille, je ne compte pas mes heures, ni mes heures, ni le fruit de ma peur. Mon salaire. Je ne facture pas. Je paie et j\u2019ai honte.<\/p>\n<p>Mais je prends sur moi. Je prends <em>tout <\/em>sur moi. Aussi le travail des autres, des petits autres, des coll\u00e8gues, de ces chers compagnons de rame. Je travaille bien, je suis bien not\u00e9e. Je travaille mal, je ne travaille pas assez, je dois apprendre \u00e0 travailler mieux. Plus vite, plus fort, encore. Je suis riv\u00e9e \u00e0 mon \u00e9cran, clou\u00e9e \u00e0 ma chaise. Au casque, de la musique techno, petits \u00e9couteurs, c\u2019est tellement fort, c\u2019est vraiment bon. D\u2019aucuns disent \u00ab Workoholic \u00bb. Ils le savent, eux, qu\u2019ils jouissent, ils le savent. Nous le savons. Nous le savons. Nous devons travailler, nous travaillons, nous voulons travailler. Nous sommes nombreux. Nous sommes connect\u00e9s.<\/p>\n<p><em>Le client c\u2019est l\u2019ennemi, c\u2019est le con, l\u2019enfoir\u00e9, l\u2019entub\u00e9, celui qui n\u2019y conna\u00eet rien, au moins t\u2019as affaire \u00e0 lui, au mieux tu te portes et y a le suceur de bites d\u2019<\/em>Account Manager<em> pour lui filer ses comptes. Toi, c\u2019est au bytes que tu bosses. Et la caisse enregistre au loin, dans la nuit, tu l\u2019entends au travers des vapeurs de coca. \u00c7a cr\u00e9e une solidarit\u00e9. Forme nouvelle de solidarit\u00e9. <\/em><\/p>\n<p>D\u00e9lire. Un d\u00e9lire o\u00f9 tu peux continuer de subir la tyrannie de l\u2019Autre, tandis que les clics et les tics de tes claviers et autres souris filent \u00e0 l\u2019infini une morne et forte et d\u00e9licieusement d\u00e9l\u00e9t\u00e8re jouissance o\u00f9 ton corps n\u2019est plus pour rien. Tu ne sais plus qui veut. Mais \u00e7a veut. Vachement.<\/p>\n<p><strong>CLN.<\/strong> C\u2019est la nuit. <strong>C\u2019est la nuit, mon amour. C\u2019est la nuit. <\/strong>Le corps ne souffre plus que les jours forc\u00e9s de cong\u00e9. Les jours de sa vie. Alors la migraine est oculaire, alors les vomissements sont compulsifs, alors l\u2019hernie se fait discale. Tu ne marches plus qu\u2019\u00e0 quatre pattes. \u00c9loign\u00e9 du corps virtuel de ton MacOS 9.8, ton corps reprend le crachoir et bave la haine qu\u2019il prend de toi. Le corps te hait. Tu l\u2019as trahi, troqu\u00e9. \u00c9coute, \u00e9coute. De retour au boulot, tu retournes \u00e0 ta mort pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, \u00e0 ton dialogue avec la machine, ton corps retrouve le calme du cadavre. Tout va bien mon amour, tout va bien. Tu es en tr\u00e8s bonne sant\u00e9. Les psychosodramatiques n\u2019ont rien compris. La maladie affecte les corps vivants.<\/p>\n<p>Le signifiant-ma\u00eetre ici, c\u2019est \u00ab Travaille \u00bb, \u00ab Travaille, ton corps paye, la plus-value c\u2019est pour le patron, mais la transsubstantiation du plus de jouir ton \u00eatre assume. \u00bb Tu es le terrain m\u00eame de ce qui se r\u00e9cup\u00e8re de jouissance. Et \u00e7a n\u2019a pas de prix.<\/p>\n<p>Tout ici est b\u00e9n\u00e9fices. Tu assures l\u2019existence d\u2019un Autre r\u00e9el et jouisseur qui jouit. Et tu incarnes la perte m\u00eame. La l\u00e2chet\u00e9 est immense. Cr\u00e8ve.<\/p>\n<p>You don\u2019t even have a name to sign anymore. Of course. Off cause.<\/p>\n<\/div>\n<p><strong>mots-cl\u00e9s:<\/strong> Signifiant-ma\u00eetre, S1, travail, victime, victimisation ; patron, patronne; le corps qui joue sa partie tout seul. le sommeil mort.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019impasse au travail a parfois le visage du rapport que fantasme le sujet \u00e0 celui qui le met au travail. Le rapport fantasmatique. C\u2019est l\u2019Autre qui veut, que je travaille. Il en jouit, que je me meure au travail. Je me meurs, je me tue au travail. Meurs, tue-toi. 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