{"id":1240,"date":"2021-09-12T18:38:23","date_gmt":"2021-09-12T17:38:23","guid":{"rendered":"https:\/\/leseditionsdesjours.wordpress.com\/?p=1240"},"modified":"2025-01-11T15:26:23","modified_gmt":"2025-01-11T14:26:23","slug":"melancolie-et-psychose-ordinaire-sophie-marret-maleval","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2021\/09\/melancolie-et-psychose-ordinaire-sophie-marret-maleval\/","title":{"rendered":"M\u00e9lancolie et psychose ordinaire, Sophie Marret-Maleval"},"content":{"rendered":"\n<p>En 1998, Jacques-Alain Miller introduisait le terme de <strong>\u00ab&nbsp;psychose ordinaire&nbsp;\u00bb pour \u00e9voquer les formes non d\u00e9clench\u00e9es ou temp\u00e9r\u00e9es de la psychose<\/strong>, sur lesquelles la clinique contemporaine, dans le sillage du dernier enseignement de Lacan, a conduit \u00e0 mettre l\u2019accent. En effet la psychose est de structure pour Lacan, cons\u00e9quence de la forclusion du Nom-du-P\u00e8re dont les effets peuvent se rep\u00e9rer dans un temps d\u2019avant le d\u00e9clenchement. Dans un r\u00e9cent article, J.-A. Miller pr\u00e9cise&nbsp;: \u00ab&nbsp;la psychose ordinaire n\u2019a pas de d\u00e9finition rigide&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no2\">[1]<\/a><\/strong>&nbsp;; il la d\u00e9finit ainsi&nbsp;: peut-\u00eatre que \u00abla psychose ordinaire est une psychose qui n\u2019est pas manifeste jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9clenchement&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no3\">[2]<\/a><\/strong> La psychose ordinaire s\u2019oppose \u00e0 l\u2019extraordinaire des formes d\u00e9clench\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Lacan r\u00e9duit, dans son dernier enseignement, le Nom-du-P\u00e8re au noyau du sympt\u00f4me \u2013 soit \u00e0 une fonction de nomination du r\u00e9el \u2013 \u00e0 partir duquel se nouent les \u00e9l\u00e9ments de la structure du sujet (r\u00e9el, symbolique et imaginaire). <\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Lacan r\u00e9duit, dans son dernier enseignement, <strong>le Nom-du-P\u00e8re au noyau du sympt\u00f4me<\/strong> \u2013 soit <strong>\u00e0 une fonction de nomination du r\u00e9el <\/strong>\u2013 \u00e0 partir duquel se nouent les \u00e9l\u00e9ments de la structure du sujet (r\u00e9el, symbolique et imaginaire). <strong>Son int\u00e9r\u00eat pour Joyce le conduisit en outre \u00e0 rompre plus encore avec toute conception d\u00e9ficitaire de la psychose, en mettant l\u2019accent sur les possibilit\u00e9s offertes au sujet de rem\u00e9dier \u00e0 la forclusion initiale<\/strong>. Il ouvrait ainsi la voie de l\u2019ordinaire de la psychose, dont les grandes formes psychiatriques ne sont plus que des r\u00e9alisations particuli\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>J.-A. Miller invite \u00e0 un rep\u00e9rage plus fin de la structure en l\u2019absence de signes cliniques apparents de d\u00e9clenchement, sans ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9l\u00e9mentaires, par exemple. L\u2019enjeu est d\u2019importance, car si la clinique du <em>sinthome<\/em> gomme les diff\u00e9rences entre n\u00e9vrose et psychose, elle ne les abolit pas pour autant&nbsp;; l\u2019incidence du rep\u00e9rage de la structure sur la conduite de la cure reste essentielle. D\u00e8s lors, les particularit\u00e9s des \u00e9l\u00e9ments diagnostiques de la m\u00e9lancolie s\u2019av\u00e8rent un rep\u00e8re diagnostique pr\u00e9cieux.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La psychose contemporaine<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le dernier enseignement de Lacan nous convie \u00e0 affiner nos outils. Il a contribu\u00e9 \u00e0 une extension consid\u00e9rable du champ de la psychose, dans ses formes les plus vari\u00e9es,<strong> de la simple <em>clocherie<\/em> de l\u2019\u00eatre aux grandes formes psychiatriques, tandis que la psychose venait se ranger dans ses formes discr\u00e8tes au rang de drame ordinaire, se trouvant aussi banalis\u00e9e.<\/strong> \u00ab&nbsp;En fin de compte, note J.-A. Miller, nous nous sommes mis sous le signe d\u2019une sorte de clinique du capiton g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9&nbsp;\u00bb. Il en vient ainsi \u00e0 opposer deux mod\u00e8les de la psychose, <strong>la forme ch\u00eane et la forme roseau<\/strong>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Disons que lorsque le sympt\u00f4me est du mod\u00e8le ch\u00eane, quand la temp\u00eate arrive le d\u00e9clenchement est patent. Lorsque la structure tient plut\u00f4t sous l\u2019aspect roseau, que le sujet a \u00e9labor\u00e9 un sympt\u00f4me en glissade, \u00e0 la d\u00e9rive, le cas ne pr\u00eate pas \u00e0 un franc d\u00e9clenchement. [\u2026] Les psychoses ordinaires sont principalement de type roseau&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no4\">[3]<\/a><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019affinement conceptuel du dernier enseignement de Lacan a conduit \u00e0 un rep\u00e9rage plus fr\u00e9quent du mod\u00e8le roseau, qui fait souvent l\u2019ordinaire de notre clinique, et si les neuroleptiques ont contribu\u00e9 \u00e0 gommer les manifestations aigu\u00ebs des psychoses, il semble que la pr\u00e9valence actuelle du mod\u00e8le roseau sur celui du ch\u00eane r\u00e9sulte \u00e9galement du changement de discours \u00e0 notre \u00e9poque.<br>L\u2019\u00e9poque n\u2019est plus \u00e0 un r\u00e9glage sur l\u2019Autre, mais plut\u00f4t sur le particulier du sympt\u00f4me. C\u2019est ainsi que J.-A. Miller peut affirmer&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;ce qui est coh\u00e9rent avec l\u2019\u00e9poque de l\u2019Autre qui n\u2019existe pas [celle du d\u00e9faut de garantie de la v\u00e9rit\u00e9 et du d\u00e9clin des id\u00e9aux], c\u2019est la psychose ordinaire&nbsp;\u00bb<\/strong> \u2013 soit la voie du bricolage, du capitonnage de la fuite du sens. La psychose ordinaire, <strong>\u00ab&nbsp;c\u2019est la psychose \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la d\u00e9mocratie&nbsp;\u00bb\u202f<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no5\">[4]<\/a><\/strong>, note encore \u00c9ric Laurent. \u00ab&nbsp;Quand nous disons \u201cpsychose ordinaire\u201d, poursuit-il, nous ne nous attachons plus seulement aux grandes exceptions qui ont constitu\u00e9 la clinique du regard et la premi\u00e8re clinique psychanalytique&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no6\">[5]<\/a><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre appui diagnostique est requis, fourni par l\u2019abord lacanien du langage, rel\u00e8ve-t-il, <strong>pla\u00e7ant l\u2019accent sur la fuite du sens<\/strong>. Il est frappant de constater, n\u00e9anmoins, l<strong>a fr\u00e9quence de la convocation de la m\u00e9lancolie en lien avec la psychose ordinaire<\/strong>, dans ce volume issu de la conversation d\u2019Antibes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le mod\u00e8le de la m\u00e9lancolie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>J.-A. Miller, suivant Hubertus Tellenbach et Karl Kraus, et citant le rapport de la section clinique d\u2019Aix-Marseille du volume de la convention d\u2019Antibes, y \u00e9voque <strong>\u00ab&nbsp;le copiage d\u2019une sorte d\u2019id\u00e9al, non pas du moi, mais d\u2019une norme sociale&nbsp;\u00bb <\/strong>dans la <strong>m\u00e9lancolie. <\/strong>Les auteurs notent que<strong> les personnalit\u00e9s pr\u00e9-m\u00e9lancoliques <\/strong>sont \u00ab&nbsp;plus <strong>facilement typifi\u00e9es et reconnaissables dans les cultures o\u00f9 les normes sociales sont plus clairement d\u00e9finies, voire impos\u00e9es, comme c\u2019est le cas au Japon et en Allemagne&nbsp;\u00bb<\/strong>&nbsp;; J.-A. Miller en conclut&nbsp;: \u00ab&nbsp;c\u2019est une notation fort utile&nbsp;: \u00e0 partir du moment o\u00f9 les normes se diversifient, on est \u00e9videmment \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la psychose ordinaire. Ce qui est coh\u00e9rent avec l\u2019\u00e9poque de l\u2019Autre qui n\u2019existe pas, c\u2019est la psychose ordinaire&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no7\">[6]<\/a><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Au d\u00e9faut de la tenue phallique r\u00e9pond la suridentification \u00e0 une norme.<\/strong> \u00c9. Laurent poursuit&nbsp;: \u00ab&nbsp;<strong>Je trouve f\u00e9cond de prendre la notion de suridentification dans le cadre g\u00e9n\u00e9ral de la psychose ordinaire. En un sens, ces travaux confortent l\u2019id\u00e9e que l\u2019identification dans la m\u00e9lancolie s\u2019aborde de la m\u00eame fa\u00e7on que dans les autres psychoses, avec suridentification de traits parfaitement normaux. En un autre sens, la suridentification normale souligne que la norme d\u2019identification est folle.&nbsp;<\/strong>\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no8\">[7]<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Du fait m\u00eame de cette folie de la norme d\u2019identification relev\u00e9e par \u00c9. Laurent, la possibilit\u00e9 d\u2019une normalisation de la psychose se d\u00e9gage, par la voie de la suridentification \u00e0 des traits sp\u00e9cifiques d\u2019une norme sociale, soit \u00e0 la \u00ab&nbsp;capture dans l\u2019imaginaire d\u2019une s\u00e9rie de traits [\u2026] qui donnent une coh\u00e9sion imaginaire au sujet pr\u00e9-m\u00e9lancolique&nbsp;\u00bb, capture susceptible \u00ab&nbsp;d\u2019endiguer le d\u00e9bordement de jouissance&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no9\">[8]<\/a><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>Le sinthome<\/em>, Lacan met l\u2019accent, en ce qui concerne Joyce, sur le d\u00e9faut de sa tenue phallique, associ\u00e9e au <strong>d\u00e9nouage de l\u2019imaginaire<\/strong> auquel l\u2019\u00e9crivain a suppl\u00e9\u00e9 par son art. L\u2019absence de d\u00e9clenchement chez celui-ci nous porte \u00e0 consid\u00e9rer qu\u2019il rel\u00e8ve de la psychose ordinaire. Si la clinique borrom\u00e9enne nous conduit \u00e0 une appr\u00e9hension plus fine de la psychose \u00e0 partir des effets subtils d\u2019un nouage d\u00e9fectueux des \u00e9l\u00e9ments de la structure, Lacan place en particulier l\u2019accent dans ce S\u00e9minaire sur la mani\u00e8re dont le d\u00e9tachement de l\u2019imaginaire affecte l\u2019identification. C\u2019est d\u2019ailleurs par une<strong> suridentification \u00e0 l\u2019artiste<\/strong>, que l\u2019on rep\u00e8re dans <em>Portrait de l\u2019artiste<\/em>, que Joyce proc\u00e8de au \u00ab&nbsp;raboutage de l\u2019Ego&nbsp;\u00bb, soit suppl\u00e9e au d\u00e9faut de la repr\u00e9sentation de lui-m\u00eame\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no10\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">[9]<\/a><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en ce sens que l<strong>e mod\u00e8le de la m\u00e9lancolie s\u2019av\u00e8re int\u00e9ressant \u00e0 rapprocher de la psychose ordinaire<\/strong>, comme rep\u00e8re diagnostique. Il ne s\u2019agit pas tant d\u2019\u00e9noncer, comme le fait Fran\u00e7ois Morel dans la Convention d\u2019Antibes que \u00ab&nbsp;la m\u00e9lancolie est [\u2026] une psychose ordinaire&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no11\">[10]<\/a><\/strong>, mais plut\u00f4t de souligner comment la psychose ordinaire masque souvent une position m\u00e9lancolique pouvant conduire \u00e0 penser <strong>le fond m\u00e9lancolique de toute psychose<\/strong>.<br>H. Tellenbach, psychiatre d\u2019orientation ph\u00e9nom\u00e9nologique cherchant \u00e0 d\u00e9gager les structures de la conscience, relevait la <strong>proximit\u00e9 de la m\u00e9lancolie avec la n\u00e9vrose obsessionnelle, notamment par l\u2019attachement des sujets m\u00e9lancoliques \u00e0 l\u2019ordre et la propret\u00e9, ainsi que par leur sens du devoir et leur s\u00e9rieux.<\/strong> L\u2019\u00e9tat pr\u00e9-m\u00e9lancolique s\u2019av\u00e8re ainsi parfois difficilement discernable de la n\u00e9vrose. Soulignant qu\u2019Abraham et Freud constatent \u00ab&nbsp;<strong>la parent\u00e9 structurale des maniaco-m\u00e9lancolies avec les n\u00e9vros\u00e9s obsessionnels<\/strong>&nbsp;\u00bb, H. Tellenbach indique&nbsp;: \u00ab&nbsp;Que le <em>typus melancholicus<\/em> [\u2026] pr\u00e9sente des \u00e9l\u00e9ments qui rel\u00e8vent de la sph\u00e8re de l\u2019obsession, c\u2019est incontestable. Allons plus loin&nbsp;: en anticipant sur les d\u00e9veloppements ult\u00e9rieurs, on peut constater que du dossier des \u00e9tats d\u2019obsession, aujourd\u2019hui encore assez informe, il est possible de d\u00e9gager un <em>typus<\/em> d\u2019obs\u00e9d\u00e9 qui [\u2026] est analogue au <em>typus melancholicus<\/em>. Je pense aux phobies d\u2019impulsion [\u2026] sous leurs diff\u00e9rentes formes&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no12\">[11]<\/a><\/strong> H. Tellenbach s\u2019attache d\u2019ailleurs \u00e0 la d\u00e9finition d\u2019un type m\u00e9lancolique, plut\u00f4t qu\u2019aux formes d\u00e9clench\u00e9es de la maladie, type qu\u2019il d\u00e9finit ainsi&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous entendrons donc par <em>typus<\/em> m\u00e9lancolique le genre de nature constitu\u00e9e par une certaine structure, rep\u00e9rable de fa\u00e7on empirique, qui ob\u00e9issant \u00e0 son potentiel, incline vers le champ de gravitation de la m\u00e9lancolie.&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no13\">[12]<\/a><\/strong> En d\u2019autres termes, il fait du type m\u00e9lancolique une entit\u00e9 \u2013 une nature, voire une structure \u2013, <strong>aux manifestations discr\u00e8tes dans les formes pr\u00e9-m\u00e9lancoliques et qui pr\u00e9sente un caract\u00e8re banal semblable \u00e0 celui de la n\u00e9vrose.<\/strong><br>Freud indique pour sa part&nbsp;: \u00ab&nbsp;La m\u00e9lancolie dont le concept est d\u00e9fini, m\u00eame dans la psychiatrie descriptive, de fa\u00e7on variable, se pr\u00e9sente sous des formes cliniques diverses dont il n\u2019est pas certain qu\u2019on puisse les rassembler en une unit\u00e9, et parmi lesquelles certaines font penser plut\u00f4t \u00e0 des affections somatiques qu\u2019\u00e0 des affections psychog\u00e8nes.&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no14\">[13]<\/a><\/strong> <strong>Si la forme d\u00e9clench\u00e9e est suffisamment caract\u00e9ristique pour ne pas laisser douter de la psychose, l\u2019\u00e9tat pr\u00e9-m\u00e9lancolique, ou le type m\u00e9lancolique de H. Tellenbach, nous enseigne sur les \u00e9l\u00e9ments diagnostiques de la psychose non-d\u00e9clench\u00e9e ou psychose ordinaire.<\/strong> J.-A. Miller pr\u00e9cise, pour sa part, qu\u2019il a introduit le terme de \u00ab&nbsp;psychose ordinaire&nbsp;\u00bb pour rendre compte des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par les cliniciens \u00e0 trancher entre psychose et n\u00e9vrose&nbsp;: \u00ab&nbsp;si vous ne reconnaissez pas la structure tr\u00e8s pr\u00e9cise de la n\u00e9vrose du patient, vous pouvez parier ou vous devez essayer de parier que c\u2019est une psychose dissimul\u00e9e, une psychose voil\u00e9e&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no15\">[14]<\/a><\/strong>. Le questionnement diagnostique ouvert par le type m\u00e9lancolique, rejoint celui qui s\u2019av\u00e8re sous-jacent \u00e0 l\u2019introduction du terme de \u00ab&nbsp;psychose ordinaire&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une description tr\u00e8s pr\u00e9cise, H. Tellenbach caract\u00e9rise ainsi le <em>typus melancholicus<\/em> \u00e0 partir d\u2019\u00e9l\u00e9ments diagnostiques que l\u2019on peut regrouper en trois orientations majeures. Il rel\u00e8ve, \u00e0 la suite de Freud, <strong>les troubles de l\u2019identification du sujet m\u00e9lancolique et pr\u00e9-m\u00e9lancolique<\/strong>&nbsp;: <strong>son identification narcissique avec l\u2019objet aim\u00e9<\/strong> (qu\u2019il reprend d\u2019Abraham et Freud), <strong>le sentiment de \u00ab&nbsp;communaut\u00e9 symbiotique&nbsp;\u00bb avec l\u2019autre par lequel \u00ab&nbsp;la souffrance d\u2019autrui est votre propre souffrance, et la maladie de l\u2019autre vous rend parfois malade avec lui&nbsp;<\/strong>\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no16\">[15]<\/a><\/strong>. Il note la sensibilit\u00e9 de ces sujets, qui d\u00e9passe la moyenne, ainsi que leurs difficult\u00e9s \u00e0 se s\u00e9parer, de leur fille pour les femmes notamment. Il lie cette extr\u00eame sensibilit\u00e9 \u00e0 la place que tiennent pour ces sujets <strong>le sentiment de la faute et la sensibilit\u00e9 au jugement d\u2019autrui<\/strong>. L\u2019on sait que la <strong>m\u00e9lancolie d\u00e9clench\u00e9e se caract\u00e9rise notamment par des auto-reproches qui semblent, soit \u00e9nigmatiques, soit excessifs \u00e0 l\u2019entourage.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>H. Tellenbach pointe, par ailleurs, les strat\u00e9gies d\u00e9ploy\u00e9es par ces sujets pour rem\u00e9dier \u00e0 ces troubles de l\u2019identification primordiale, pour \u00ab&nbsp;tenir en ordre <em>le fond<\/em> de l\u2019homme&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no17\">[16]<\/a><\/strong>&nbsp;: <strong>l\u2019hyper-normalit\u00e9, l\u2019hypertrophie du devoir qui les conduit souvent \u00e0 exercer une masse de travail sup\u00e9rieure \u00e0 la moyenne avec l\u2019impression constante de ne jamais en faire assez, l\u2019\u00ab&nbsp;identit\u00e9 immuable de l\u2019\u00eatre et du para\u00eetre&nbsp;\u00bb\u202f<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no18\">[17]<\/a>, la pente \u00e0 \u00ab&nbsp;ex\u00e9cuter sans recul un r\u00f4le prescrit&nbsp;\u00bb\u202f<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no19\">[18]<\/a><\/strong>, soit la suridentification \u00e0 une norme. K. Kraus, rappelle H. Tellenbach, note que le sujet maniaco-d\u00e9pressif <strong>\u00ab&nbsp;ne peut plus se d\u00e9faire de cette ali\u00e9nation dans un r\u00f4le ou dans l\u2019anonymat&nbsp;\u00bb<\/strong>\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no20\">[19]<\/a><\/strong>. Cette description pr\u00e9cise montre que Tellenbach met nettement l\u2019accent sur les troubles de l\u2019imaginaire et ceux de l\u2019identification primordiale.<\/p>\n\n\n\n<p>Il note enfin que pour le sujet m\u00e9lancolique, <strong>\u00ab&nbsp;il manque un contenu \u00e0 la vie&nbsp;\u00bb, et ajoute&nbsp;: \u00ab&nbsp;on ne peut \u00eatre soi-m\u00eame son propre contenu&nbsp;\u00bb<\/strong>\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no21\">[20]<\/a><\/strong>. Il situe l\u00e0 les cons\u00e9quences de <strong>la non-extraction de l\u2019objet<\/strong> qui fait d\u00e9faut pour orienter l\u2019existence du sujet, ce qui retentit dans le champ du sens. Lacan rel\u00e8ve que \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9nigme, c\u2019est le comble du sens&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no22\">[21]<\/a><\/strong>&nbsp;: <strong>le d\u00e9tachement de l\u2019imaginaire laisse Joyce en proie \u00e0 la perplexit\u00e9<\/strong>, comme en attestent ses \u00e9piphanies dont la signification \u00e9chappe \u2013 la signification \u00e9tant ce qui tranche et fait choix dans l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 du sens, et qui ressortit de la conjonction du symbolique et de l\u2019imaginaire. Freud insiste ainsi sur le caract\u00e8re d\u2019\u00e9nigme de l\u2019inhibition m\u00e9lancolique\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no23\">[22]<\/a><\/strong>&nbsp;; il laisse d\u00e9j\u00e0 entendre que les troubles de l\u2019imaginaire affectent le sens.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La m\u00e9lancolie freudienne<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;Deuil et m\u00e9lancolie&nbsp;\u00bb, Freud caract\u00e9rise la m\u00e9lancolie par <strong>une d\u00e9pression profond\u00e9ment douloureuse, la suspension de l\u2019int\u00e9r\u00eat pour le monde ext\u00e9rieur, la perte de la capacit\u00e9 d\u2019aimer, l\u2019inhibition de toute activit\u00e9, la diminution du sentiment d\u2019estime de soi qui se manifeste en autoreproches ou auto-injures pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 l\u2019attente d\u00e9lirante du ch\u00e2timent<\/strong>. Il diff\u00e9rencie la m\u00e9lancolie du deuil \u00e0 partir du manque d\u2019estime de soi, qui fait d\u00e9faut dans le deuil\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no24\">[23]<\/a><\/strong>. <strong>La m\u00e9lancolie est rapport\u00e9e \u00e0 la perte d\u2019un objet aim\u00e9 ou \u00e0 une perte d\u2019une nature plus morale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Freud constate qu\u2019il est parfois difficile de reconna\u00eetre ce qui a \u00e9t\u00e9 perdu. Il indique que <strong>la perte de l\u2019objet est \u00ab&nbsp;soustraite \u00e0 la conscience&nbsp;\u00bb<\/strong>. Il insiste alors sur la diminution extraordinaire du sentiment d\u2019estime de soi, sur \u00ab&nbsp;un immense appauvrissement du moi&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dans le deuil, le monde est devenu pauvre et vide, dans la m\u00e9lancolie c\u2019est le moi lui-m\u00eame&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no25\">[24]<\/a><\/strong>. Le moi est tenu pour d\u00e9pourvu de valeur. Il rel\u00e8ve que la perte concerne le moi. Freud situe pareillement au principe de la m\u00e9lancolie <strong>un d\u00e9ficit des identifications imaginaires<\/strong>. Il rel\u00e8ve, par ailleurs, la part de jouissance convoqu\u00e9e quand il souligne comment la fonction de la honte devient inop\u00e9rante quand le sujet <strong>\u00ab&nbsp;s\u2019\u00e9panche aupr\u00e8s d\u2019autrui de fa\u00e7on importune, trouvant satisfaction \u00e0 s\u2019exposer \u00e0 nu&nbsp;\u00bb<\/strong>&nbsp;: \u00ab&nbsp;c\u2019est l\u2019aversion morale du malade \u00e0 l\u2019\u00e9gard de son propre moi qui vient au premier plan&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no26\">[25]<\/a><\/strong>. Freud d\u00e9crit alors ainsi le processus qui conduit \u00e0 l\u2019accablement m\u00e9lancolique&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Il n\u2019est [\u2026] pas difficile de reconstruire ce processus. Il existait d\u2019abord un choix d\u2019objet, une liaison de la libido \u00e0 une personne d\u00e9termin\u00e9e&nbsp;; sous l\u2019influence d\u2019un pr\u00e9judice r\u00e9el ou d\u2019une <strong>d\u00e9ception<\/strong> de la part de la personne aim\u00e9e, cette relation fut \u00e9branl\u00e9e. Le r\u00e9sultat ne fut pas celui qui aurait \u00e9t\u00e9 normal, \u00e0 savoir un retrait de la libido de cet objet et son d\u00e9placement sur un nouvel objet, mais un r\u00e9sultat diff\u00e9rent, qui semble exiger pour se produire plusieurs conditions. L\u2019investissement d\u2019objet s\u2019av\u00e9ra peu r\u00e9sistant, il fut supprim\u00e9, <strong>mais la libido libre ne fut pas d\u00e9plac\u00e9e sur un autre objet, elle fut retir\u00e9e dans le moi<\/strong>. Mais l\u00e0, elle ne fut pas utilis\u00e9e de fa\u00e7on quelconque&nbsp;: elle servit \u00e0 \u00e9tablir une <strong>identification du moi avec l\u2019objet abandonn\u00e9<\/strong>. <strong>L\u2019ombre de l\u2019objet tomba ainsi sur le moi qui put alors \u00eatre jug\u00e9 par une instance particuli\u00e8re comme un objet, comme l\u2019objet abandonn\u00e9<\/strong>&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no27\">[26]<\/a><\/strong>.Freud rel\u00e8ve alors que \u00ab&nbsp;l\u2019identification narcissique avec l\u2019objet devient le substitut de l\u2019investissement d\u2019amour&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no28\">[27]<\/a><\/strong>. Il note \u00e0 nouveau la part de jouissance impliqu\u00e9e dans le processus, quand il \u00e9nonce que \u00ab&nbsp;la torture que s\u2019inflige le m\u00e9lancolique et qui, indubitablement, lui procure de la jouissance, repr\u00e9sente, comme le ph\u00e9nom\u00e8ne correspondant dans la n\u00e9vrose obsessionnelle, <strong>la satisfaction des tendances sadiques haineuses qui, visant un objet, ont subi de cette fa\u00e7on un retournement sur la personne propre<\/strong>&nbsp;\u00bb. Ainsi, la maladie devient parfois <strong>un moyen de torturer l\u2019entourage du sujet sans avoir \u00e0 leur manifester d\u2019hostilit\u00e9 ouverte<\/strong>\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no29\">[28]<\/a><\/strong>. \u00ab&nbsp;<strong>Seul ce sadisme vient r\u00e9soudre l\u2019\u00e9nigme de la tendance au suicide qui rend la m\u00e9lancolie si int\u00e9ressante \u2013 et si dangereuse&nbsp;<\/strong>\u00bb, ajoute Freud. Il pr\u00e9cise que \u00ab&nbsp;Le moi ne peut se tuer lui-m\u00eame que lorsqu\u2019il peut se traiter lui-m\u00eame comme un objet&nbsp;\u00bb, et que, dans cet \u00e9tat, le moi est \u00ab&nbsp;\u00e9cras\u00e9 par l\u2019objet&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no30\">[29]<\/a><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9. Laurent souligne que pour Freud, le m\u00e9lancolique ne s\u2019identifie pas tant \u00e0 un objet imaginaire qu\u2019\u00e0 la Chose<\/strong> [<em>das Ding<\/em>], ce qui est d\u00e9ductible de la distinction faite entre l\u2019identification narcissique et l\u2019identification hyst\u00e9rique. \u00ab&nbsp;Freud souligne que l\u2019identification narcissique qu\u2019il voit \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la m\u00e9lancolie est la m\u00eame, en son principe, que celle qu\u2019il d\u00e9signe dans la schizophr\u00e9nie. <strong>L\u2019objet, en tant qu\u2019il est abandonn\u00e9 par le sujet, ne rel\u00e8ve plus de la cat\u00e9gorie de <em>Sachen<\/em>, c\u2019est un objet qui vient en place de <em>das Ding<\/em>, de la chose toujours d\u00e9j\u00e0 perdue<\/strong>&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no31\">[30]<\/a><\/strong>. \u00c9. Laurent rel\u00e8ve que la seconde version que Freud donne de l\u2019identification m\u00e9lancolique dans \u00ab&nbsp;Le moi et le \u00e7a&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no32\">[31]<\/a><\/strong>, comme identification au p\u00e8re mort, n\u2019est pas antinomique \u00e0 cette premi\u00e8re version&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il nous faut pour cela reconna\u00eetre dans la modalit\u00e9 sp\u00e9cifique d\u2019<strong>identification au p\u00e8re en jeu dans les psychoses<\/strong>, ce que Lacan a isol\u00e9 sous le nom de <strong>forclusion<\/strong> du Nom-du-P\u00e8re, d\u00e9signant le r\u00e9gime d\u2019identification qui a alors lieu. C\u2019est ce m\u00e9canisme signifiant m\u00eame qui permet cette modalit\u00e9 de retour de la jouissance qu\u2019est la Chose qui tombe sur le moi. C\u2019est de la forclusion du Nom-du-P\u00e8re que se d\u00e9nude le rapport \u00e0 la chose&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no33\">[32]<\/a><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi la logique freudienne nous conduit-elle \u00e0 situer la m\u00e9lancolie comme caract\u00e9ris\u00e9e par une <strong>d\u00e9faillance de l\u2019imaginaire<\/strong>, indice d\u2019une carence de la chasuble phallique qui recouvre l\u2019\u00eatre, cons\u00e9quence de la forclusion du Nom-du-P\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Avec Lacan<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c9. Laurent, montrant qu\u2019\u00ab&nbsp;il y a bien une th\u00e9orie de la m\u00e9lancolie dans l\u2019enseignement de Jacques Lacan&nbsp;\u00bb, souligne que d\u00e8s les \u00ab&nbsp;Complexes familiaux&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no34\">[33]<\/a><\/strong>, Lacan situe la psychose maniaco-d\u00e9pressive \u00ab&nbsp;dans la clinique diff\u00e9rentielle des psychoses&nbsp;\u00bb comme un trouble du narcissisme. \u00ab&nbsp;Environ dix ans plus tard, indique-t-il, en 1946, cet accent est radicalement modifi\u00e9 par la r\u00e9f\u00e9rence directe \u00e0 la pulsion de mort freudienne qui \u00e9carte d\u00e9finitivement les rep\u00e8res jaspersiens&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no35\">[34]<\/a><\/strong>. Dans ce m\u00eame article, \u00c9. Laurent poursuit l\u2019exploration de la trajectoire de Lacan et indique notamment comment, en 1963, il \u00ab&nbsp;pr\u00e9cisera les rapports du narcissisme avec le fantasme&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le sujet m\u00e9lancolique, par la travers\u00e9e de l\u2019image qu\u2019il effectue dans l\u2019impulsion suicide, est pr\u00e9sent\u00e9 comme l\u2019exemple m\u00eame de l\u2019impulsion \u00e0 rejoindre son \u00eatre&nbsp;: \u201ccomme cet objet <em>a<\/em> est d\u2019habitude masqu\u00e9 derri\u00e8re l\u2019image du narcissisme, c\u2019est l\u00e0 ce qui n\u00e9cessite pour la m\u00e9lancolique de passer au travers de sa propre image, de pouvoir atteindre cet objet <em>a<\/em> dont la commande lui \u00e9chappe, dont la chute l\u2019entra\u00eenera dans la pr\u00e9cipitation suicide\u201d.&nbsp;\u00bb Enfin, en 1973, dans <em>T\u00e9l\u00e9vision<\/em>, <strong>Lacan d\u00e9finit la manie \u00e0 partir du rejet de l\u2019inconscient, le retour de \u00ab&nbsp;ce qui est rejet\u00e9 du langage&nbsp;\u00bb.<\/strong> Elle est retour d\u2019une jouissance dans le r\u00e9el corr\u00e9lative de la non-extraction de l\u2019objet <em>a<\/em>.<br>Autrement dit, tout au long de son parcours concernant la m\u00e9lancolie, Lacan part de la <strong>chute des identifications imaginaires, pour mettre enfin l\u2019accent sur l\u2019identification \u00e0 l\u2019objet r\u00e9el<\/strong>, \u00ab&nbsp;hors de toute ponctuation phallique&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no36\">[35]<\/a><\/strong>. Il retrouve les traces freudiennes et pr\u00e9cise la nature de l\u2019identification m\u00e9lancolique \u00e0 l\u2019objet.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on suit la description donn\u00e9e par H. Tellenbach du <em>Typus melancholicus<\/em>, tout concourt en effet \u00e0 sp\u00e9cifier la m\u00e9lancolie \u00e0 partir d\u2019un d\u00e9faut de la tenue phallique et de ses cons\u00e9quences. En dehors des manifestations de la m\u00e9lancolie sous sa forme d\u00e9clench\u00e9e\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no37\">[36]<\/a><\/strong>, il est possible de saisir le param\u00e8tre fondamental de la position m\u00e9lancolique, incluant les formes non d\u00e9clench\u00e9es, \u00e0 partir d\u2019un d\u00e9faut de la tenue phallique et d\u2019une d\u00e9faillance de la marque du trait unaire sur l\u2019objet \u2013 cons\u00e9quence de la forclusion du Nom-du-P\u00e8re et qui r\u00e9v\u00e8le l\u2019identification du sujet \u00e0 l\u2019objet <em>a<\/em>.<br>C\u2019est en ce sens que l\u2019on peut \u00e9voquer le fond m\u00e9lancolique de toute psychose. L\u2019identification \u00e0 l\u2019objet est l\u2019une des cons\u00e9quences de la forclusion et se laisse discerner sous bien des formes dans la plupart des psychoses, y compris la parano\u00efa et la schizophr\u00e9nie, o\u00f9 elle devient manifeste quand les d\u00e9fenses chutent. Elle est le centre diagnostique de la m\u00e9lancolie. C\u2019est ainsi que l\u2019on peut comprendre que les \u00e9l\u00e9ments diagnostiques de la m\u00e9lancolie sont des rep\u00e8res majeurs pour discerner la psychose ordinaire, en dehors des manifestations secondaires de sa forme d\u00e9clench\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>De la m\u00e9lancolie \u00e0 la psychose ordinaire<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Bien des cas de psychose ordinaire se pr\u00e9sentent en faisant porter l\u2019accent sur la question de l\u2019\u00eatre plut\u00f4t que sur celle du d\u00e9sir, dans une constellation de petits signes discrets qui attestent de la carence de la fonction phallique, sans ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9l\u00e9mentaires manifestes. Le rep\u00e9rage de la position d\u2019objet du sujet est en ce cas pr\u00e9cieux \u2013 mais parfois difficile, tant elle reste masqu\u00e9e par des identifications imaginaires \u2013&nbsp;; elle ne peut se saisir qu\u2019\u00e0 condition de rester attentif \u00e0 la nature de la plainte du sujet, mais aussi aux autres \u00e9l\u00e9ments \u00e9vocateurs de la psychose. <strong>L\u2019un de ceux-ci, dans la m\u00e9lancolie, me semble \u00eatre le rapport au sens<\/strong>, comme le rel\u00e8ve Freud qui soul\u00e8ve le caract\u00e8re \u00e9nigmatique de l\u2019inhibition m\u00e9lancolique, ou H. Tellenbach, qui \u00e9voque le sentiment de perte du sens de l\u2019existence. Une certaine perplexit\u00e9 pr\u00e9vaut soudain, un rapport particulier du sujet au sens, un caract\u00e8re d\u2019\u00e9nigme de la vie, une difficult\u00e9 \u00e0 faire sienne son histoire dont il parle avec un d\u00e9tachement teint\u00e9 d\u2019inaffectivit\u00e9, un engluement dans une difficult\u00e9 pr\u00e9sente hors de toute saisie dans une causalit\u00e9.<br>Mme A. se plaignait ainsi du surgissement d\u2019angoisses qu\u2019elle ne pouvait relier \u00e0 rien. Une bonne partie du travail avec elle consista \u00e0 rechercher le d\u00e9tail qui avait fait surgir l\u2019angoisse et \u00e0 mettre du sens sur ce qui lui arrivait. Mais il \u00e9tait notable que si cette appropriation de l\u2019exp\u00e9rience dans le sens avait un effet d\u2019apaisement, elle \u00e9tait \u00e0 chaque fois \u00e0 recommencer, ne suffisant pas \u00e0 permettre au sujet de s\u2019en saisir, lorsque survenait une condition similaire \u00e0 celle qui avait pr\u00e9c\u00e9demment provoqu\u00e9 l\u2019angoisse (elle avait pourtant fait de tr\u00e8s longues \u00e9tudes, si bien que cette difficult\u00e9 ne pouvait \u00eatre mise au compte d\u2019un manque de moyens intellectuels). Il fallait la rencontre et mes questions pour que le circuit du sens reprenne, jusqu\u2019\u00e0 ce que les conditions qui suscitaient les \u00e9tats propres \u00e0 l\u2019\u00e9mergence des crises aient pu \u00eatre \u00e9cart\u00e9es.<br>Par ailleurs, <strong>la pr\u00e9sence de la culpabilit\u00e9, conduisant \u00e0 l\u2019interrogation de l\u2019implication que le sujet peut prendre dans ce qui lui arrive, est fr\u00e9quente dans les tableaux de psychose ordinaire<\/strong>, pr\u00eatant souvent \u00e0 confusion diagnostique. \u00c0 cet \u00e9gard, il me semble important de ne pas confondre la manifestation d\u2019une division subjective (qui signe l\u2019\u00e9mergence de l\u2019inconscient), avec <strong>une tendance discr\u00e8te \u00e0 l\u2019autoreproche, indice de l\u2019identification m\u00e9lancolique \u00e0 l\u2019objet<\/strong>.<br>J.-A. Miller situe trois registres dans lesquels rep\u00e9rer les indices de psychose ordinaire&nbsp;: une externalit\u00e9 sociale, une externalit\u00e9 corporelle et une externalit\u00e9 subjective. Concernant l\u2019externalit\u00e9 sociale, il indique&nbsp;: \u00ab&nbsp;le plus clair des indices se trouve dans la relation n\u00e9gative que le sujet a \u00e0 son identification sociale. Quand vous devez admettre que le sujet est incapable de conqu\u00e9rir sa place au soleil, d\u2019assumer sa fonction sociale&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no38\">[37]<\/a><\/strong>, mais il ajoute&nbsp;: \u00ab&nbsp;vous devez aussi \u00eatre sur le qui-vive face aux identifications sociales positives dans la psychose ordinaire. Disons, quand ces sujets investissent trop dans leur boulot, leur position sociale, quand ils ont une identification bien trop intense \u00e0 leur position sociale&nbsp;\u00bb\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no39\">[38]<\/a><\/strong>. Il rejoint l\u00e0 la probl\u00e9matique de la suridentification \u00e0 un r\u00f4le social relev\u00e9 par Kraus et Tellenbach.<br>Il rel\u00e8ve par ailleurs l\u2019externalit\u00e9 du sujet psychotique avec son corps, soit le d\u00e9faut de tenue phallique que Lacan notait chez Joyce, et dont J.-A. Miller souligne qu\u2019il peut s\u2019av\u00e9rer parfois artificiellement compens\u00e9 (piercing, tatouage, mode, etc.).<br>Enfin, il insiste sur l\u2019exp\u00e9rience du vide, de la vacuit\u00e9 que l\u2019on rencontre souvent dans la psychose ordinaire, soulignant que cette exp\u00e9rience diff\u00e8re du vide rencontr\u00e9 dans la n\u00e9vrose par sa nature non dialectique et sa fixit\u00e9. Il insiste sur l\u2019identification avec l\u2019objet <em>a<\/em> comme d\u00e9chet. Il situe comme corr\u00e9lat de l\u2019externalit\u00e9 subjective le rapport au langage, indiquant notamment que le sujet peut se d\u00e9fendre d\u2019une identification au d\u00e9chet par un mani\u00e9risme de la langue. Il \u00e9voque enfin un rapport sp\u00e9cifique aux id\u00e9es, qu\u2019il ne d\u00e9veloppe pas.<br>La d\u00e9clinaison de ces trois externalit\u00e9s retrouve encore les points saillants de la m\u00e9lancolie&nbsp;: d\u00e9faut de tenue phallique, chute des identifications imaginaires, identification \u00e0 l\u2019objet <em>a<\/em>, entra\u00eenant des effets au niveau du sens et du langage, souvent masqu\u00e9s dans la psychose ordinaire par des artifices. Alexandre Stevens pr\u00e9cise que le r\u00e9glage sur l\u2019identification imaginaire est une caract\u00e9ristique possible de la psychose ordinaire\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no40\">[39]<\/a><\/strong>, souvent rencontr\u00e9e.<br>J\u2019ai pu constater que les \u00e9l\u00e9ments diagnostiques de la m\u00e9lancolie furent une aide particuli\u00e8rement pr\u00e9cieuse dans le cas de sujets pour lesquels l\u2019investissement <strong>dans de longues \u00e9tudes avait permis un \u00e9tayage, sans qu\u2019aucun trouble pr\u00e9cis ne se manifeste <\/strong>(si ce n\u2019\u00e9taient des \u00e9pisodes d\u00e9pressifs ant\u00e9rieurs). Ceux-ci venaient \u00e0 la faveur d\u2019une maternit\u00e9, du d\u00e9but de leur vie professionnelle, de l\u2019affirmation d\u2019un choix professionnel, ou encore d\u2019une confrontation \u00e0 la vie amoureuse retard\u00e9e par les \u00e9tudes&nbsp;: <strong>des \u00e9l\u00e9ments impliquant une mise en jeu du d\u00e9sir ou une prise de responsabilit\u00e9.<\/strong><br>Si bien des n\u00e9vros\u00e9s peuvent entamer une cure dans des conditions similaires, il est important de garder \u00e0 l\u2019esprit comment la suridentification \u00e0 une norme peut aussi venir compenser une d\u00e9faillance de l\u2019identification primordiale et de la tenue phallique qui devient apparente quand le sujet se trouve au pied du mur d\u2019une d\u00e9cision importante. <strong>Il convient \u00e9galement de saisir comment l\u2019engagement dans un apprentissage peut masquer la carence de la signification phallique et, enfin, de ne pas risquer de confondre avec la division du sujet une certaine facilit\u00e9 \u00e0 se remettre en question, relevant de discrets autoreproches.<\/strong><br>Le transfert en ce cas ne s\u2019engage pas tant sur une supposition de savoir sur l\u2019inconscient que sur une demande de soutien, qui tend \u00e0 le d\u00e9coller de son identification \u00e0 l\u2019objet et \u00e0 s\u2019opposer au laisser tomber, visant une r\u00e9gulation de la jouissance. La mise en fonction du sens, la construction ou un certain usage du langage, peuvent \u00e9galement contribuer \u00e0 restaurer l\u2019imaginaire d\u00e9faillant.<br>Si la psychose ordinaire pr\u00e9sente un empan plus large que celui de la m\u00e9lancolie\u202f<strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#no41\">[40]<\/a><\/strong>, la forme <em>princeps<\/em> de celle-ci constitue n\u00e9anmoins une boussole diagnostique pr\u00e9cieuse de la psychose ordinaire, r\u00e9v\u00e9lant des points de fragilit\u00e9 majeurs de la structure, ainsi que les modalit\u00e9s de leur compensation.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-6c531013 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p><strong>Source de la capture: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re32no32\">cairn.info<\/a><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list has-small-font-size\">\n<li><strong>M\u00e9lancolie et psychose ordinaire<\/strong><\/li>\n\n\n\n<li><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/publications-de-Sophie-Marret-Maleval--44194.htm\">Sophie Marret-Maleval<\/a><\/strong><\/li>\n\n\n\n<li>Dans&nbsp; <strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne.htm\">La Cause freudienne<\/a><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2.htm\">2011\/2 (N\u00b0&nbsp;78)<\/a><\/strong>, pages 248 \u00e0 257&nbsp; &nbsp;<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Notes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re2no2\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [1]<\/a><\/strong> <em>La psychose ordinaire. La convention d\u2019Antibes<\/em>, Paris, Seuil \/ Agalma, coll. Le Paon, (dir.) Miller J.-A., 1998.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re3no3\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [2]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong>Miller J.-A., \u00ab&nbsp;Effet retour sur la psychose ordinaire&nbsp;\u00bb, <em>Quarto<\/em>, n\u00b0 94-95, janvier 2009, p. 41 &amp; 44.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re4no4\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [3]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>La psychose ordinaire<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 275 &amp; 276.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re5no5\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [4]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>La psychose ordinaire<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 258.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re6no6\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [5]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>Ibid.<\/em>, p. 259.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re7no7\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [6]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>Ibid.<\/em>, p. 260.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re8no8\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [7]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>Ibid.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re9no9\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [8]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong>Castanet H. &amp; De Georges P., \u00ab&nbsp;Branchements, d\u00e9branchements, rebranchements&nbsp;\u00bb, <em>La psychose ordinaire<\/em>, <em>op. cit<\/em>., p. 40.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re10no10\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [9]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong>Lacan J., <em>Le S\u00e9minaire<\/em>, livre xxiii, <em>Le sinthome<\/em>, Paris, Seuil, 2005, p. 149-150.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re11no11\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [10]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>La psychose ordinaire<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 270.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re12no12\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [11]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong>Tellenbach H., <em>La m\u00e9lancolie<\/em>, Paris, puf, 1979, p. 98.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re13no13\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [12]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>Ibid.<\/em>, p. 96.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re14no14\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [13]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong>Freud S., cit\u00e9 par Tellenbach H., <em>op. cit.<\/em>, p. 147.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re15no15\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [14]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong>Miller J.-A., \u00ab&nbsp;Effet retour sur la psychose ordinaire&nbsp;\u00bb, <em>op. cit.<\/em>, p. 42.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re16no16\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [15]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong>Tellenbach H., <em>op. cit.<\/em>, p. 158.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re17no17\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [16]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>Ibid.<\/em>, p. 137.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re18no18\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [17]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong>Kraus K., cit\u00e9 par Tellenbach H., <em>op.cit.<\/em>, p. 186.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re19no19\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [18]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>Ibid.<\/em>, p. 188.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re20no20\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [19]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>Ibid.<\/em>, p. 185.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re21no21\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [20]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>Ibid.<\/em>, p. 128.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re22no22\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [21]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong>Lacan J., Le S\u00e9minaire, livre xxi, \u00ab&nbsp;Les non-dupes errent&nbsp;\u00bb, le\u00e7on du 13 novembre 1973, in\u00e9dit.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re23no23\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [22]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong>Freud, \u00ab&nbsp;Deuil et m\u00e9lancolie&nbsp;\u00bb, <em>M\u00e9tapsychologie<\/em>, Paris, Gallimard, coll. Id\u00e9es, 1968, p. 152.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re24no24\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [23]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>Ibid.<\/em>, p. 148-149<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re25no25\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [24]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>Ibid.<\/em>, p. 151 &amp; 152.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re26no26\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [25]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>Ibid.<\/em>, p. 154.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re27no27\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [26]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>Ibid.<\/em>, p. 157-158.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re28no28\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [27]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>Ibid.<\/em>, p. 158.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re29no29\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [28]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>Ibid<\/em>., p. 162.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re30no30\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [29]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>Ibid.<\/em>, p. 162 &amp; 163.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re31no31\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [30]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><br>Laurent \u00c9., \u00ab&nbsp;M\u00e9lancolie, douleur d\u2019exister, l\u00e2chet\u00e9 morale&nbsp;\u00bb, <em>Ornicar&nbsp;?<\/em>, n\u00b0 47, octobre-d\u00e9cembre 1988, p. 12.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re32no32\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [31]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><br><em>Cf.<\/em> Freud S., \u00ab&nbsp;Le moi et le \u00e7a&nbsp;\u00bb, <em>Essais de psychanalyse<\/em>, Paris, Payot, coll. Petite biblioth\u00e8que Payot, 1968.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re33no33\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [32]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><br>Laurent \u00c9., \u00ab&nbsp;M\u00e9lancolie, douleur d\u2019exister, l\u00e2chet\u00e9 morale&nbsp;\u00bb, <em>op. cit.<\/em>, p. 13.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re34no34\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [33]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><br>Lacan J., \u00ab&nbsp;Les complexes familiaux dans la formation de l\u2019individu&nbsp;\u00bb, <em>Autres \u00e9crits<\/em>, Paris, Seuil, 2001.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re35no35\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [34]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><br>Laurent \u00c9., \u00ab&nbsp;M\u00e9lancolie, douleur d\u2019exister, l\u00e2chet\u00e9 morale&nbsp;\u00bb, <em>op. cit.<\/em>, p. 8.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re36no36\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [35]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>Ibid.<\/em>, p. 15.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re37no37\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [36]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><br>Freud en souligne la diversit\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;la m\u00e9lancolie dont le concept est d\u00e9fini, m\u00eame dans la psychiatrie descriptive, de fa\u00e7on variable, se pr\u00e9sente sous des formes cliniques diverses dont il n\u2019est pas certain qu\u2019on puisse les rassembler en une unit\u00e9&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Deuil et m\u00e9lancolie&nbsp;\u00bb, <em>op. cit.<\/em>, p. 147.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re38no38\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [37]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong>Miller, \u00ab&nbsp;Effet retour sur la psychose ordinaire&nbsp;\u00bb, <em>Retour sur la psychose ordinaire<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 45.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re39no39\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [38]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong><em>Ibid<\/em>., p. 45.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re40no40\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [39]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong>Stevens A., \u00ab&nbsp;Mono-sympt\u00f4mes et traits de psychose ordinaire&nbsp;\u00bb, <em>Retour sur la psychose ordinaire<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 62.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re41no41\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; [40]&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/a><\/strong>Jean-Claude Maleval en donne une description pr\u00e9cise \u00e0 partir des troubles de l\u2019imaginaire, du symbolique et du r\u00e9el, <em>cf.<\/em> \u00ab&nbsp;\u00c9l\u00e9ments pour une appr\u00e9hension clinique de la psychose ordinaire&nbsp;\u00bb, texte in\u00e9dit t\u00e9l\u00e9chargeable en ligne \u00e0 l\u2019adresse suivante&nbsp;: <a href=\"http:\/\/w3.erc.univ-tlse2.fr\/seminaires.html\">http:\/\/w3.erc.univ-tlse2.fr\/seminaires.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-6c531013 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p><strong>Source de la capture: <\/strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2-page-248.htm#re32no32\">cairn.info<\/a><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>M\u00e9lancolie et psychose ordinaire<\/strong><\/li>\n\n\n\n<li><strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/publications-de-Sophie-Marret-Maleval--44194.htm\">Sophie Marret-Maleval<\/a><\/strong><\/li>\n\n\n\n<li>Dans&nbsp; <strong><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne.htm\">La Cause freudienne<\/a><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-la-cause-freudienne-2011-2.htm\">2011\/2 (N\u00b0&nbsp;78)<\/a><\/strong>, pages 248 \u00e0 257&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1998, Jacques-Alain Miller introduisait le terme de \u00ab&nbsp;psychose ordinaire&nbsp;\u00bb pour \u00e9voquer les formes non d\u00e9clench\u00e9es ou temp\u00e9r\u00e9es de la psychose, sur lesquelles la clinique contemporaine, dans le sillage du dernier enseignement de Lacan, a conduit \u00e0 mettre l\u2019accent. En effet la psychose est de structure pour Lacan, cons\u00e9quence de la forclusion du Nom-du-P\u00e8re dont&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2021\/09\/melancolie-et-psychose-ordinaire-sophie-marret-maleval\/\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">M\u00e9lancolie et psychose ordinaire, Sophie Marret-Maleval<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[44],"tags":[1953,2217,990,2232,2246],"class_list":["post-1240","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-psychanalyse","tag-melancolie","tag-norme-sociale","tag-psychose","tag-psychose-ordinaire","tag-suridentification","entry"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1240","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1240"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1240\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1240"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1240"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1240"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}