{"id":12412,"date":"2013-06-29T12:21:01","date_gmt":"2013-06-29T10:21:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/?p=12412"},"modified":"2013-09-10T17:30:10","modified_gmt":"2013-09-10T15:30:10","slug":"lhypothese-de-linconscient-est-a-verifier-dans-chaque-cure","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2013\/06\/lhypothese-de-linconscient-est-a-verifier-dans-chaque-cure\/","title":{"rendered":"L\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019inconscient est \u00e0 v\u00e9rifier dans chaque cure"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\">Le croyant et la dupe<\/h1>\n<h2 style=\"text-align: center;\">Marie-Fran\u00e7oise De Munck<\/h2>\n<h3>Le th\u00e8me de cet atelier sur les manifestations r\u00e9siduelles n\u2019est pas un th\u00e8me facile \u00e0 traiter car le mat\u00e9riel clinique se rassemble essentiellement par ce qui est recueilli dans les travaux sur la clinique de la passe. Face \u00e0 cette difficult\u00e9, j\u2019ai choisi de l\u2019aborder par la question du destin de la \u00abcroyance\u00a0\u00bb dans la cure. Je vous propose ce bin\u00f4me \u00ab\u00a0le croyant et la dupe\u00a0\u00bb en \u00e9cho \u00e0 celui qui nous rassemble \u00ab\u00a0le curable et l\u2019incurable\u00a0\u00bb.<\/h3>\n<p>La croyance, elle est au d\u00e9part, elle s\u2019\u00e9tablit \u00e0 l\u2019entr\u00e9e en analyse et elle est exigible m\u00eame.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit bien s\u00fbr de la croyance dans l\u2019inconscient, la croyance au sympt\u00f4me. Croire \u00e0 son sympt\u00f4me, c\u2019est supposer au sympt\u00f4me un sens, le sympt\u00f4me veut dire quelque chose qu\u2019il appartient au dispositif de la cure de mettre au jour. (( Je vais me r\u00e9f\u00e9rer ici et pour l\u2019ensemble de ce travail au cours de Colette Soler de l\u2019ann\u00e9e 92-93 sur \u00ab\u00a0Les variables de la fin de la cure\u00a0\u00bb. ))<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Ce qui constitue le sympt\u00f4me, dit Lacan dans RSI, c\u2019est qu\u2019on y croit\u2026 Et qu\u2019est-ce que croire, sinon croire \u00e0 des \u00eatres en tant qu\u2019ils peuvent dire quelque chose\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans ce remarquable resserrement de ce qui fait le mouvement de toute croyance, se loge la fonction du message \u00e0 d\u00e9chiffrer et donc aussi de tous les d\u00e9chiffreurs, interpr\u00e8tes de ces messages\u00a0: les pythies, devins, ex\u00e9g\u00e8tes, conteurs et autres\u2026 Une s\u00e9rie dont dans ce cas, l\u2019analyste fait partie.<\/p>\n<p>Au d\u00e9part donc, \u00ab\u00a0quiconque vient nous pr\u00e9senter un sympt\u00f4me y croit\u00a0\u00bb. Il y croit et\u00a0 par-l\u00e0 se fonde le transfert comme adresse au sujet suppos\u00e9 savoir.<\/p>\n<p><strong>La croyance dans l\u2019inconscient est aussi ce qui sens\u00e9 fonder le lien des analystes entre eux<\/strong>. Lacan ne d\u00e9non\u00e7ait-il pas chez les analystes de l\u2019IPA le refus de croire en l\u2019inconscient pour se recruter\u00a0? Cette n\u00e9cessit\u00e9 pourtant est aussi ce qui entra\u00eene dans l\u2019opinion commune, une suspicion \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la psychanalyse. Si les communaut\u00e9s analytiques peuvent appara\u00eetre comme des sectes, c\u2019est en raison de ce qu\u2019elles partagent seulement des croyances. Dans la psychanalyse, comme dans la science, la foi pr\u00e9c\u00e8de la preuve. <strong>L\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019inconscient est \u00e0 v\u00e9rifier dans chaque cure.<\/strong><\/p>\n<p>Que devient cette croyance qui est \u00e0 l\u2019entr\u00e9e en analyse\u00a0? Que devient-elle si le trajet d\u2019une cure se r\u00e9sume ainsi\u00a0: <strong>de la croyance au sympt\u00f4me \u00e0 l\u2019identification au sympt\u00f4me<\/strong>\u00a0? Voil\u00e0 sans doute une formule rapide mais qui nous permet de mettre l\u2019accent sur une modification essentielle dans le rapport du sujet \u00e0 son sympt\u00f4me. Nous entendrons ici dans l\u2019identification au sympt\u00f4me <strong>que le sujet cesse d\u2019y croire, cesse d\u2019attendre qu\u2019il dise quelque chose<\/strong>. On ne peut \u00e9videmment cesser d\u2019attendre qu\u2019il dise quelque chose qu\u2019\u00e0 partir du moment o\u00f9 ce sympt\u00f4me a dit ce qu\u2019il avait \u00e0 dire, qu\u2019il a \u00e9puis\u00e9 le sens qu\u2019il portait. Le temps de la cure a r\u00e9duit l\u2019inconscient \u00e0 quelques jalons, quelques traces dont la jouissance (j\u2019ouie-sens) se d\u00e9prend. C. Soler va jusqu\u2019\u00e0 parler de fermeture de l\u2019inconscient, d\u00e9sabonnement de l\u2019inconscient, silence de l\u2019inconscient\u2026 Autrement dit encore, \u00e0 suivre A. N\u2019Gyen, <strong>cette identification au sympt\u00f4me fait ex-ister l\u2019inconscient en le situant hors de soi<\/strong>. Il ne s\u2019agit plus alors de croyance mais bien d\u2019une certitude qui se d\u00e9pose au terme de la cure. <strong>D\u00e9sormais l\u2019inconscient ex-iste et c\u2019est cette certitude qui se v\u00e9rifie dans la passe.<\/strong> C\u2019est m\u00eame, pour reprendre ici un mot de Patricia Seunier au cours de nos rencontres pr\u00e9paratoires, ce qu\u2019il y a d<span style=\"text-decoration: underline;\">\u2019incroyable<\/span> au terme de la cure\u00a0! La v\u00e9rification des effets de l\u2019inconscient aboutit \u00e0 un effet de surprise dont les passants sont d\u00e9rout\u00e9s. Il y a un effet de rupture.<\/p>\n<p>Ils sont d\u00e9rout\u00e9s, ils quittent la route, la voie, ce qui ne veut pas dire qu\u2019ils errent car, pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00e0 suivre Lacan, <strong>ceux qui errent sont ceux qui croient au voyage<\/strong>. \u00ab\u00a0Les non-dupes errent\u00a0\u00bb sont ceux qui <strong>se refusent \u00e0 la capture du langage<\/strong> et il y a un imaginaire qui soutient l\u2019existence des non-dupes, c\u2019est que la vie est un voyage, un voyage qui va de la naissance \u00e0 la mort. Ceux qui ne sont pas dupes de l\u2019inconscient croient dans la voie, dans le sens du voyage. Les non-dupes du coup n\u2019en sont pas moins des croyants.<\/p>\n<p>Nous pouvons maintenant faire avec Lacan un pas suppl\u00e9mentaire, celui qu\u2019il fait dans le s\u00e9minaire de 1973-74\u00a0 sur \u00ab\u00a0les non-dupes-errent\u00a0\u00bb.\u00a0 Lacan nous y propose \u00ab\u00a0une toute autre \u00e9thique, <strong>une \u00e9thique qui se fonderait sur le refus d\u2019\u00eatre non-dupe, sur la fa\u00e7on d\u2019\u00eatre toujours plus fortement dupe de ce savoir, de cet inconscient, qui en fin de compte est notre seul lot de savoir<\/strong>\u00a0\u2026 il faut \u00eatre dupe c\u2019est-\u00e0-dire coller \u00e0 la structure\u00a0\u00bb. (13\/11\/73). \u00catre dupe de l\u2019inconscient d\u00e9signe la <strong>discipline du d\u00e9chiffrage, la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la lettre, \u00e0 la s\u00e9riation, au pas-\u00e0-pas de la lecture<\/strong>. Le trajet de la cure est donc un parcours qui place au d\u00e9part la croyance et qui ne m\u00e8ne pas \u00e0 l\u2019incroyance, mais \u00e0 une certitude, \u00e0 un consentement \u00e0 la structure qui est aussi ce qui peut mener au \u00ab\u00a0pur R\u00e9el\u00a0\u00bb selon le mot de la fin de ce s\u00e9minaire\u00a0: \u00ab\u00a0en se faisant la dupe, nous pouvons nous apercevoir que l\u2019inconscient est sans doute dysharmonique, mais que peut-\u00eatre il nous m\u00e8ne \u00e0 un peu plus de ce R\u00e9el qu\u2019\u00e0 ce tr\u00e8s peu de r\u00e9alit\u00e9 qui est la notre, celle du fantasme, qu\u2019il nous m\u00e8ne au-del\u00e0\u00a0: au pur R\u00e9el\u00a0\u00bb. (( 11\/6\/74 ))<\/p>\n<p>De la croyance \u00e0 un message <strong>\u00e0 la rencontre d\u2019un r\u00e9el silencieux, cause de toute parole<\/strong>.<\/p>\n<p>Le croyant et la dupe alors\u00a0?<\/p>\n<p>Ce titre n\u2019emporte pas seulement une clinique du trajet de la cure du croyant \u00e0 la dupe, <strong>mais aussi une clinique de la diff\u00e9rence sexuelle.<\/strong><\/p>\n<p>Je ne vais pas revenir ici sur ce que la croyance religieuse doit \u00e0 la n\u00e9vrose obsessionnelle, point que Freud a largement d\u00e9velopp\u00e9. Mais, avec Lacan, dans le m\u00eame temps o\u00f9 il articule la croyance dans le sympt\u00f4me, il fait d\u2019une femme un sympt\u00f4me pour l\u2019homme. <strong>Si la femme est un sympt\u00f4me pour l\u2019homme, c\u2019est assur\u00e9ment un sympt\u00f4me auquel il croit.<\/strong> Qu\u2019il y croie ou qu\u2019il la croie n\u2019aura pourtant pas la m\u00eame port\u00e9e.<\/p>\n<p>Il y croit dans la mesure ou elle pr\u00e9sentifie, donne corps \u00e0 l\u2019inconscient qui a orient\u00e9 son choix. Il y croit dans la mesure o\u00f9 elle peut dire quelque chose de cet inconscient dont il jouit dans le rapport avec elle. Il y croit en tant que sympt\u00f4me et c\u2019est l\u00e0 que <span style=\"text-decoration: underline;\">la croire<\/span>, croire ce qu\u2019elle dit peut faire bouchon\u2026le bouchon m\u00eame de l\u2019amour.<\/p>\n<p>Toute une clinique de la relation amoureuse peut se d\u00e9velopper \u00e0 partir de l\u00e0.. Car \u00e0 partir du moment o\u00f9 une femme en vient par trop \u00e0 incarner la voix surmoique de l\u2019inconscient pour un homme, diff\u00e9rentes r\u00e9ponses sont possibles\u00a0:<\/p>\n<p>Soit elle devient une obsession qui le harc\u00e8le, soit il lui faudra la faire taire (et les dispositifs dont peuvent user les hommes pour ne pas entendre leur femme(s) sont vari\u00e9s), soit il lui faudra la contr\u00f4ler, surveiller ses moindres propos, tous ses faits et gestes\u2026Nous sommes en plein dans la dimension parano\u00efsante de l\u2019amour. \u00ab\u00a0Qu\u2019il la croie ram\u00e8ne l\u2019amour \u00e0 sa dimension comique, le comique m\u00eame de la psychose\u00a0\u00bb (21\/1\/75).. car le psychotique, ses voix, non seulement il y croit mais surtout il les croit\u00a0! Cette croyance de l\u2019homme lui fait croire qu\u2019il y a La, qu\u2019il y a La femme. Et pourtant, interroge Lacan, il faut se demander si pour y croire, il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de la croire.<\/p>\n<p>On y croit tellement donc, que si d\u2019un c\u00f4t\u00e9 des hommes s\u2019acharnent \u00e0 faire taire leur partenaire, d\u2019autres s\u2019escriment au contraire \u00e0 les faire parler, par la force si on pense aux m\u00e9thodes dont a us\u00e9 l\u2019Eglise\u2026 ou de mani\u00e8re plus douce, par la supplication\u00a0: \u00ab\u00a0\u2026depuis le temps qu\u2019on les supplie, qu\u2019on les supplie \u00e0 genoux \u2013 je parle des analystes femmes \u2013 d\u2019essayer de nous le dire, eh bien motus\u00a0! On n\u2019a jamais rien pu en tirer.\u00a0\u00bb (<em>Encore<\/em> p. 69) Dans ce s\u00e9minaire <em>Encore<\/em>, Lacan ouvre de nouvelles voies par une <strong>v\u00e9ritable profession de foi<\/strong>. Apr\u00e8s avoir fait l\u2019\u00e9loge des \u00e9crits des mystiques, il dit ceci\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>Vous allez tous \u00eatre convaincus que je crois en Dieu. Je crois \u00e0 la jouissance suppl\u00e9mentaire de la femme en tant qu\u2019elle est en plus\u2026\u00a0<\/strong>\u00bb<\/p>\n<p>Ici se d\u00e9gagent d\u2019autres perspectives pour les manifestations r\u00e9siduelles dans le champ de la croyance\u00a0!<\/p>\n<p>Ce qu\u2019il dit bien s\u00fbr n\u2019engage que lui, mais tout de m\u00eame, la fin de l\u2019analyse ne se corr\u00e8le-t-elle pas \u00e0 un aper\u00e7u sur le \u00ab\u00a0pas-tout\u00a0\u00bb de la structure\u00a0? Ce champ l\u00e0, o\u00f9 se situe la jouissance f\u00e9minine ne va pas sans dire. Sans la croire tout \u00e0 fait, ou plut\u00f4t \u00a0toute \u00ab\u00a0a\u00a0\u00bb faite\u00a0 peut-\u00eatre la fin de la cure pour un homme peut-elle l\u2019amener \u00e0 \u00ab\u00a0y entendre\u00a0\u00bb quelque chose. Ceci dans la mesure o\u00f9 Lacan met en \u00e9vidence une affinit\u00e9 entre le pas-tout de la structure, son r\u00e9el et la position f\u00e9minine.<\/p>\n<p>\u00a0Et du c\u00f4t\u00e9 femme\u00a0?<\/p>\n<p>L\u00e0 o\u00f9 l\u2019obsessionnel se porte caution de l\u2019Autre, c\u2019est le Sans-Foi qui caract\u00e9rise l\u2019intrigue de l\u2019hyst\u00e9rique, c\u2019est-\u00e0-dire un \u00ab\u00a0<strong>ne pas y croire<\/strong>\u00a0\u00bb. A faire d\u2019elle-m\u00eame le point de r\u00e9f\u00e9rence, le lieu de la V\u00e9rit\u00e9, elle d\u00e9stabilise toute croyance dans la parole du Ma\u00eetre.<\/p>\n<p>Mais si Lacan a pu <strong>insister sur le c\u00f4t\u00e9 sans-Foi de la position hyst\u00e9rique, il a aussi soulign\u00e9 que <span style=\"text-decoration: underline;\">la dupe<\/span> est bien du f\u00e9minin<\/strong>, m\u00eame si cet accent s\u2019efface quand il passe au pluriel des \u00ab\u00a0non dupes errent\u00a0\u00bb. De quel genre est non-dupe\u00a0? Ce mot, la dupe, renvoie \u00e0 la stupidit\u00e9 de l\u2019oiseau appel\u00e9 \u00ab\u00a0huppe\u00a0\u00bb quand il, ou plut\u00f4t elle, se laisse prendre au pi\u00e8ge. Le dictionnaire (le Littr\u00e9) fait en tout cas valoir cet accent sur le f\u00e9minin en corrigeant un M. La Fontaine qui fait un usage erron\u00e9 du mot en le mettant au masculin\u00a0!<\/p>\n<p>Pour accentuer encore le paradoxe, Lacan retire de sa consultation des dictionnaires une citation de Chamfort\u00a0: \u00ab\u00a0Une des meilleures raisons qu\u2019on puisse avoir de ne se marier jamais c\u2019est qu\u2019on n\u2019est pas tout \u00e0 fait la dupe d\u2019une femme tant qu\u2019elle n\u2019est pas la votre\u00a0\u00bb&#8230; Tant qu\u2019elle n\u2019est pas votre femme, ou votre dupe\u00a0? Dans le mariage, la duperie est r\u00e9ciproque\u00a0!<\/p>\n<p>Si ceci s\u2019inscrit dans le fil de l\u2019homme croyant jusqu\u2019\u00e0 la duperie, qu\u2019en est-il c\u00f4t\u00e9 femme\u00a0? <strong>De quoi les femmes sont-elles dupes\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Ici, le Petit Robert que j\u2019ai consult\u00e9, nous apporte une r\u00e9ponse en forme de citation, de Balzac celle-ci\u00a0: \u00ab\u00a0Les femmes sont constamment les dupes et les victimes de leur excessive sensibilit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Alors, les femmes sont-elles dupes d\u2019elles-m\u00eames\u00a0?<br \/>Sont-elles dupes de rester pour elles-m\u00eames leur seule v\u00e9rit\u00e9\u00a0?<br \/>Sont-elles dupes de cette jouissance qu\u2019elles \u00e9prouvent mais dont elles ne savent rien et ne peuvent rien dire\u00a0?<br \/>Sont-elles dupes de l\u2019amour dont le discours et la lettre les entra\u00eenent au-del\u00e0 de l\u2019aim\u00e9\u00a0?<br \/>Sont-elles dupes de l\u2019homme par l\u2019inconscient duquel elles sont choisies\u00a0? L\u00e0, c\u2019est ce que donnerait \u00e0 penser le ravage que peut \u00e0 l\u2019occasion devenir la relation avec un homme.<\/p>\n<p>\u00a0Nous mettrons ici <strong>le m\u00eame \u00e9cart entre \u00ab\u00a0\u00eatre dupe\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0se faire la dupe\u00a0\u00bb qu\u2019il y a entre \u00eatre l\u2019objet du fantasme d\u2019un homme et accepter de s\u2019en faire l\u2019objet cause du d\u00e9sir.<\/strong> Cet \u00e9cart est celui de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une place de semblant<\/p>\n<p>Se faire l\u2019objet du fantasme masculin conduit une femme \u00e0 cette relation de \u00ab\u00a0ravage\u00a0\u00bb qui caract\u00e9rise aussi bien la relation m\u00e8re-fille quand, enfant, elle se fait objet du d\u00e9sir \u00ab\u00a0pervers\u00a0\u00bb de la m\u00e8re. Tandis qu\u2019accepter de se faire l\u2019objet cause du d\u00e9sir pour un homme, accepter de se pr\u00eater \u00e0 la perversion masculine, souligne<strong> l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une place de semblant<\/strong>.\u00a0 Adopter cette place est une fa\u00e7on pour une femme de se faire <strong>la dupe du choix de l\u2019inconscient<\/strong>.<\/p>\n<p>L\u2019issue donc, de la cure pour une femme ne lui impose-t-elle pas de situer diversement les orientations de son d\u00e9sir dans le partage, le clivage qui est le sien\u00a0?<\/p>\n<p>S\u2019il lui faut consentir \u00e0 se faire l\u2019objet cause du d\u00e9sir de son partenaire, n\u2019a-t-elle pas \u00e0 se faire <strong>la dupe de la \u00ab\u00a0p\u00e8re-version\u00a0\u00bb masculine\u00a0<\/strong>? Ce qui laisse d\u2019un c\u00f4t\u00e9 son rapport \u00e0 l\u2019objet se r\u00e9aliser dans sa propre p\u00e8re-version maternelle et de l\u2019autre, la solitude de son absence \u00e0 elle-m\u00eame quand elle devient pour elle-m\u00eame cet Autre qui n\u2019existe pas.<\/p>\n<p><strong>Se faire la dupe de l\u2019inconscient en fin d\u2019analyse, n\u2019est-ce pas aussi un nouveau nom du destin pulsionnel<\/strong> en fin de cure, une forme de manifestation r\u00e9siduelle de la pulsion\u00a0: \u00ab\u00a0se faire duper\u00a0\u00bb\u2026 se faire du p\u00e8re\u2026pour pouvoir s\u2019en passer\u2026<\/p>\n<p>Sans \u00eatre non-dupe, celui qui se fait la dupe, l\u2019est-il &#8211; ou l\u2019est-elle &#8211; encore vraiment\u00a0? La duplicit\u00e9 de la pulsion est irr\u00e9ductible.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le croyant et la dupe Marie-Fran\u00e7oise De Munck Le th\u00e8me de cet atelier sur les manifestations r\u00e9siduelles n\u2019est pas un th\u00e8me facile \u00e0 traiter car le mat\u00e9riel clinique se rassemble essentiellement par ce qui est recueilli dans les travaux sur la clinique de la passe. Face \u00e0 cette difficult\u00e9, j\u2019ai choisi de l\u2019aborder par la&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2013\/06\/lhypothese-de-linconscient-est-a-verifier-dans-chaque-cure\/\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">L\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019inconscient est \u00e0 v\u00e9rifier dans chaque cure<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[1063,44],"tags":[1443,561,941,1462,1163,706],"class_list":["post-12412","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-copiecolle","category-psychanalyse","tag-croyance","tag-ethique","tag-les-non-dupes-errent","tag-non-dupe","tag-ravage","tag-symptome","entry"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12412","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12412"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12412\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12412"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12412"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12412"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}