{"id":12920,"date":"2013-11-15T13:26:55","date_gmt":"2013-11-15T11:26:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/?p=12920"},"modified":"2015-01-22T15:07:38","modified_gmt":"2015-01-22T13:07:38","slug":"traumen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2013\/11\/traumen\/","title":{"rendered":"Les points sur le U"},"content":{"rendered":"<p>Je m\u2019\u00e9tais couch\u00e9e raisonnablement t\u00f4t, apr\u00e8s une journ\u00e9e particuli\u00e8rement banale &#8211;&nbsp; j\u2019avais d\u00fb regarder quelques \u00e9pisodes de s\u00e9rie ( la finale d&rsquo;<em><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=LBq_J08srVA\" target=\"_blank\">Enlightened<\/a><\/em>), je n\u2019avais pas eu envie de lire, cela je m\u2019en souviens, et je m\u2019appr\u00eatais \u00e0 m\u2019endormir dans un sentiment inhabituel de satisfaction. <span style=\"color: #444444;\">Soudain, couch\u00e9e sur le c\u00f4t\u00e9 &#8211; c&rsquo;est autre chose. Une sensation dont j\u2019aurais probablement tout oubli\u00e9 si je n\u2019avais rapidement jet\u00e9 ces quelques notes le lendemain matin<\/span>&#8211; des mots que la nuit-m\u00eame je m&rsquo;\u00e9tais r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, anxieuse de les retenir, m\u00eame si je les notai ensuite un peu \u00e0 contrec\u0153ur, consciente encore de tout ce qui s&rsquo;y perdait &nbsp;:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab Nuit<br \/>\n\t\tCorps sous couette, souffrance vide<br \/>\n\t\tcorps &amp; mots<br \/>\n\t\tCertain souvenir<br \/>\n\t\tDes mots<br \/>\n\t\tS\u2019en viennent, s\u2019en vont<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">&#8212; L\u2019id\u00e9e d\u2019un livre, l\u2019intituler \u00ab Trauma \u00bb et qu\u2019il n\u2019y soit jamais racont\u00e9. &#8211;<\/p>\n<p>Trauma. Tr\u00e9ma. Umlaut. (( Umlaut (Wikipedia) : En phon\u00e9tique, le processus d\u2019 Umlaut (de l\u2019allemand <i>um<\/i>-, \u00ab autour, transformation \u00bb + <i>Laut<\/i>, \u00abson \u00bb), ou m\u00e9taphonie (terme grec de m\u00eame sens ; ne pas confondre avec le paronyme <i>m\u00e9tatonie<\/i>) ou encore inflexion, d\u00e9signe le changement de timbre d\u2019une voyelle \u00e0 la suite de l\u2019amu\u00efssement d\u2019une autre voyelle dans une syllabe suivante. La voyelle alt\u00e9r\u00e9e garde pour ainsi dire une trace de la voyelle disparue en r\u00e9cup\u00e9rant une de ses caract\u00e9ristiques. C\u2019est un type complexe de dilation. ))<br \/>\n\t\tTrauma. Tr\u00e9ma. Umlaut.<br \/>\n\t\tCes points sur le u que je restituai \u00e0 mon nom au sortir de l\u2019analyse.<br \/>\n\t\tM\u00fcller, l\u2019\u00fc en double i. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il y avait eu les&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.journeesecf.fr\/category\/archive-des-43emes\/\" target=\"_blank\">Journ\u00e9es d\u2019\u00e9tude de l&rsquo;ECF<\/a> (( l&rsquo;\u00c9cole de la Cause freudienne)) <a href=\"http:\/\/www.journeesecf.fr\/category\/archive-des-43emes\/\" target=\"_blank\">sur le trauma<\/a>.&nbsp; Je n\u2019y \u00e9tais pas all\u00e9e mais j\u2019en avais lu de nombreux textes pr\u00e9paratoires sur un blog publi\u00e9 par les directrices de ces Journ\u00e9es (( Mmes Marie-H\u00e9l\u00e8ne Brousse et Christiane Alberti, toutes deux psychanalystes et membres de l&rsquo;ECF )). Je m\u2019\u00e9tais alors dit que je n\u2019avais <strong>aucun souvenir de trauma<\/strong>, que je n\u2019avais rien rep\u00e9r\u00e9 comme tel au cours de mon analyse. Je ne manque pas bien s\u00fbr de mauvais souvenirs, &nbsp;et c\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019un d\u2019entre-eux qui m&rsquo;\u00e9tait revenu cette nuit-l\u00e0, &nbsp;ses mots. Mais je ne leur ai jamais accord\u00e9 de \u00ab&nbsp;valeur&nbsp;\u00bb traumatique. Ce sont de mauvais souvenirs. Point.&nbsp;Ils ne me semblent pas rattach\u00e9s \u00e0 grand chose de ce que je suis devenue &#8212; j&rsquo;irais jusqu&rsquo;\u00e0 dire qu&rsquo;ils ne me paraissent pas faire partie de mon histoire (&nbsp;ou alors aux endroits qui s&rsquo;arr\u00eatent sur un gouffre, dont les chemins ne sont plus repris,&nbsp; bords oubli\u00e9s d&rsquo;un monde sinon rond). A moins qu&rsquo;ils n&rsquo;appartiennent \u00e0 l&rsquo;histoire honteuse &nbsp;(&nbsp;ne pas raconter non pas \u00e0 cause de l&rsquo;indicible mais \u00e0 cause de la honte). J&rsquo;ai cherch\u00e9 \u00e0 les oublier, cela oui, et ce n&rsquo;est pas eux que j&rsquo;ai oubli\u00e9s, mais la souffrance qui se liait \u00e0 eux. Ils sont vid\u00e9s. Autant que l\u2019\u00e9tait mon corps cette nuit-l\u00e0. <strong>Lourd, recourb\u00e9 en virgule sur rien, seul. Absolument,<\/strong> fondamentalement. Devenu seul et les mots, vides, sont juste l\u00e0 &#8211; satellites, mouches.&nbsp; le corps est la souffrance et la souffrance est vide. C&rsquo;est une impression unique qui vient (&nbsp;subrepticement) en suite de ce travail de l\u2019\u00c9cole de la Cause freudienne sur le traumatisme. En r\u00e9ponse inattendue.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas, il n\u2019existe pas, me dis-je, d\u2019interpr\u00e9tation de ces mauvais souvenirs, de possibilit\u00e9 d&rsquo;interpr\u00e9tation. &nbsp;Je ne sais pas ce qu&rsquo;ils m&rsquo;ont fait. De son c\u00f4t\u00e9, mon corps, lui, a-t-il pu \u00ab\u00a0arr\u00eater une interpr\u00e9tation&nbsp;\u00bb&nbsp;? Qu\u2019il ait nou\u00e9 des liens sp\u00e9ciaux \u00e0 certains mots de ces souvenirs, certains signifiants, sans m\u2019inclure dans la partie, est possible. C\u2019est bien ce que donne \u00e0 penser ma transcription de cette nuit-l\u00e0. La juxtaposition des mots et le corps, le vide de leur relation, la souffrance de ce lien en souffrance. Les mots \u00e9tant la souffrance m\u00eame, du corps seul, vides de sens,&nbsp; en un endroit d\u2019\u00e9tranget\u00e9.<\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait comme \u00e7a. Comme je le dis, l\u00e0.<\/p>\n<p>Il y aura eu une&nbsp;<i>fa\u00e7on<\/i>&nbsp;d\u2019interpr\u00e9tation de mon corps, de la part de mon corps, de mon corps en cet endroit in\u00e9dit de solitude ; mais rien qui aie pu, aurait d\u00fb \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 par moi et rejou\u00e9 dans un sc\u00e9nario fantasmatique quelconque, destin\u00e9 \u00e0 \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9. Plut\u00f4t s\u2019agirait-il d\u2019une inscription.<\/p>\n<p style=\"font-size: 64px; line-height: 124px; color: #ffffff; background-color: #000109; vertical-align: middle; text-align: center; padding: 20px; width: 224px; margin-left: 20px; float: right; background-position: 50% 50%;\">\u00fc<\/p>\n<p>De p\u00fcr douleur, dont l\u2019un des noms s\u2019est donn\u00e9, aper\u00e7u alors, dans l\u2019<i>Umlaut<\/i>&nbsp;de mon nom, le tr\u00e9ma, les points sur le \u00ab&nbsp;u&nbsp;\u00bb&#8230;<\/p>\n<p>Oui, c\u2019est dr\u00f4le, tout d\u2019un coup j\u2019ai vu \u00e7a, que dans tr\u00e9ma, il y avait trauma.<\/p>\n<p>Au d\u00e9part, il y avait un tr\u00e9ma sur le u de mon nom et sur celui des autres membres de ma famille. Or ce tr\u00e9ma, au gr\u00e9 des passages par les guichets de l\u2019administration belge, s\u2019est vu dispara\u00eetre. Moi-m\u00eame, ni d\u2019ailleurs mes parents, je ne l\u2019apposais pas \u00e0 mon nom, puisque ce n\u2019\u00e9tait pas fran\u00e7ais. C\u2019\u00e9tait un petit en-trop.&nbsp; Mais quand mon analyse s\u2019est interrompue, brusquement interrompue et que je suis venue m\u2019installer \u00e0 Paris, j\u2019ai voulu restituer ce tr\u00e9ma \u00e0 mon nom, et je l\u2019ai, \u00e0 partir de l\u00e0, retrac\u00e9 sur le \u00ab&nbsp;u&nbsp;\u00bb.&nbsp; J\u2019ai fait cela sans r\u00e9fl\u00e9chir, &nbsp;je l\u2019ai fait et je m\u2019y suis tenue. Me s\u00e9parant d\u2019ailleurs sur ce point et avec plaisir du reste de ma famille, qui continue d\u2019\u00e9crire ce nom sans ses points dus.<\/p>\n<p style=\"font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 10px; width: 220px; float: left; padding: 5px; margin-right: 20px;\">\u2026 que \u00ab&nbsp;le d\u00e9sir de l\u2019analyste n\u2019est pas un d\u00e9sir pur \u00bb et que \u00ab c\u2019est un d\u00e9sir d\u2019obtenir la diff\u00e9rence absolue \u00bb. Il pr\u00e9cise alors que la diff\u00e9rence dont il s\u2019agit est celle qui \u00ab&nbsp;intervient\u00bb quand le sujet, \u00ab&nbsp;confront\u00e9 au signifiant primordial\u00bb, \u00ab&nbsp;vient\u00bb, pour la premi\u00e8re fois, \u00ab en position de s\u2019y assujettir\u00bb. &#8211;<a href=\"http:\/\/www.congresamp2014.com\/fr\/template.php?file=Textos\/Desir-de-lanalyste_Pierre-Naveau.html\" target=\"_blank\">Pierre Naveau, D\u00e9sir de l\u2019analyste<\/a><\/p>\n<p>Donc, la proximit\u00e9 inhabituelle o\u00f9 j\u2019\u00e9tais de mon corps, d\u2019une certaine vie de mon corps, non li\u00e9e \u00e0 ma conscience, mais \u00e0 des signifiants vides de sens, sans pathos, me permettait de relever dans&nbsp; le tr\u00e9ma de mon nom sa r\u00e9sonance avec le terme trauma ; pointait ce &nbsp;\u00ab&nbsp;u\u00bb, ce &nbsp;\u00ab\u00a0u\u00a0\u00bb aussi de l\u2019avoir \u00ab\u00a0eu\u00a0\u00bb,&nbsp; du corps \u00ab\u00a0eu\u00a0\u00bb.&nbsp; J\u2019assistais \u00e0 sa solitude, elle d\u2019ordinaire inaper\u00e7ue, et percevais les mots qui la hantent. Et m\u00eame si mon corps est aujourd\u2019hui couvert de mille petits points (mini tumeurs b\u00e9nignes qu&rsquo;une dermatologue patiente et blonde m\u2019enl\u00e8ve \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 depuis peu), en devint-il, au moment de ces \u00e9v\u00e9nements, de cet \u00e9ventuel trauma, pour autant plus sexuellement malade qu\u2019il ne l\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 ? N\u2019\u00e9tais-je pas sans savoir d\u00e9j\u00e0 ce qu\u2019il y avait \u00e0 (ne pas) savoir du sexuel ? Non, non non, non. &nbsp;D\u00e9n\u00e9gation, pourquoi niai-je mon ignorance d&rsquo;alors&nbsp;?&nbsp; Mais ce que je savais surtout ne pas savoir, qui couvrait tout le reste,&nbsp; c\u2019\u00e9tait la possible m\u00e9chancet\u00e9 des hommes. Ce que je ne savais pas. C\u2019est. Je ne savais pas qu\u2019il pouvait m\u2019arriver des malheurs. Je me croyais prot\u00e9g\u00e9e. De Dieu. Je pensais que mon innocence me prot\u00e9geait. Je ne perdais pas mon innocence, mais elle rencontrait dans le monde des r\u00e9ponses auxquelles elle ne s\u2019attendait pas. Et ces mauvaises r\u00e9ponses \u00e9taient sexuelles. Et ces mauvaises r\u00e9ponses furent recouvertes par la m\u00e9chancet\u00e9 &#8211; qu&rsquo;il \u00e9tait \u00e0 ma port\u00e9e, alors, de conna\u00eetre d\u00e9j\u00e0. Que sus-je alors de plus? Que je n&rsquo;\u00e9tais pas la princesse charmante &#8211; et que me restait-il alors \u00e0 <em>\u00eatre<\/em>?&nbsp; Que le monde r\u00e9siste \u00e0 la saintet\u00e9. Que le monde r\u00e9siste \u00e0 Dieu. Qu\u2019un corps n\u2019appelle pas que l\u2019amour. &nbsp;Cependant, je restai p\u00fcre. Alors que le sexe se s\u00e9parait de l\u2019amour.<\/p>\n<p>C\u2019est quoi la puret\u00e9?<\/p>\n<p>Dieu, le sexe, l\u2019amour, Un.<\/p>\n<p>Conviendrait-il aujourd\u2019hui que je ram\u00e8ne \u00e0 ces souvenirs leurs tristes affects? M\u00eame tristes, malencontreuses, horribles \u00e9ventuellement, ces histoires racont\u00e9es, le pathos qu\u2019elles appellent, dont elles rel\u00e8vent en surface, <strong>n\u2019est pas ce qui compte<\/strong>.&nbsp; C&rsquo;est pourquoi je ne les ai jamais consid\u00e9r\u00e9es comme des traumas, et que j&rsquo;ai accept\u00e9 que mon analyste ne les trait\u00e2t pas comme tel.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<br \/>\n\t*&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;*<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cela dit. Par ailleurs. D&rsquo;un point de vue strictement th\u00e9orique (( et donc fonci\u00e8rement pratique )).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Comme le traumatisme n&rsquo;\u00e9tait pas tellement&nbsp;en vogue avant que l&rsquo;ECF ne d\u00e9cide de lui consacrer ses Journ\u00e9es, j&rsquo;avais suppos\u00e9 &#8211; parce que je ne suis la vie de cette \u00c9cole qu&rsquo;\u00e0 une certaine distance &#8211; que cette remise \u00e0 l&rsquo;honneur devait faire <strong>suite au cours de Jacques-Alain Miller en 2011 sur <em>L&rsquo;\u00eatre et l&rsquo;Un<\/em><\/strong> (que j&rsquo;avais tr\u00e8s bien suivi). O\u00f9 l&rsquo;on apprenait que l&rsquo;\u00eatre \u00e9tait de sens = de l&rsquo;infinie interpr\u00e9tation, du fantasme, tandis que le Un concerne ce qui n&rsquo;arrive jamais qu&rsquo;une fois, le traumatisme dans ce qu&rsquo;il a d&rsquo;inassimilable au symbolique, vou\u00e9 \u00e0 la seule r\u00e9it\u00e9ration de sa marque (hors sens).<\/p>\n<p>L&rsquo;Un est la marque de ce qui manque \u00e0 la repr\u00e9sentation, de ce qui n&rsquo;appartient pas et n&rsquo;est jamais destin\u00e9 \u00e0 appartenir au symbolique ; cet Un dans sa nudit\u00e9, dans son isolement, dans sa s\u00e9paration, est ce dont on peut seulement constater l&rsquo;existence, sans le faire rentrer dans l&rsquo;essence = le sens, les mots, la pens\u00e9e ou la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p>Par rapport \u00e0 quoi, il est int\u00e9ressant de distinguer r\u00e9p\u00e9tition et r\u00e9-it\u00e9ration.<\/p>\n<p>Quand le sens se r\u00e9p\u00e8te, il s&rsquo;autorise toutes les variations, il surfe sur tous les glissements, toutes les d\u00e9clinaisons possibles et imaginables propres au symbolique. La r\u00e9it\u00e9ration, elle, est r\u00e9it\u00e9ration du Un en tant que se condense en cet article ind\u00e9fini le r\u00e9el de ce qui a fait trauma. Cette r\u00e9it\u00e9ration est toujours la premi\u00e8re fois, et cette premi\u00e8re fois sera toujours premi\u00e8re et unique fois. Elle n&rsquo;inaugure aucun temps second, au contraire, elle l&rsquo;annule. Elle annule, oublie aussit\u00f4t ce qu&rsquo;elle vient remplacer. Ainsi, l\u00e0 o\u00f9 la perte, l&rsquo;entropie, est le propre de la r\u00e9p\u00e9tition, la r\u00e9it\u00e9ration en ignore tout, est <em>reprise \u00e0 l&rsquo;identique<\/em>, <em>battement<\/em>. De la jouissance, l&rsquo;Un actualise ce qui arrive au corps et qui est perdu pour la repr\u00e9sentation, dont rien n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs su de sa fa\u00e7on de marquer le corps, dont on ne peut que constater l&rsquo;existence, \u00ab\u00a0l&rsquo;il y a\u00a0\u00bb. Il y a de l&rsquo;Un, \u00ab\u00a0<strong>Yad&rsquo;lun<\/strong>\u00a0\u00bb &#8211; ainsi que le transcrira Miller en 2011.<\/p>\n<p>Le sens seul varie. La marque, le Un est toujours d&rsquo;origine. Unique.<\/p>\n<p>C&rsquo;est cet Un, cet irr\u00e9ductible qui se rencontre en fin d\u2019analyse, avec quoi l&rsquo;on reste (&nbsp;\u00e0 moins que ce ne soit plut\u00f4t <em>apr\u00e8s<\/em> l&rsquo;analyse, <em>apr\u00e8s<\/em> la passe) qui rend n\u00e9cessaire l&rsquo;invention d&rsquo;un nouveau mode de cure, de \u00ab post cure \u00bb, \u00ab post passe \u00bb, &nbsp;de cure &nbsp;pour l&rsquo; \u00aboutrepasse \u00bb ainsi qu&rsquo;elle fut nomm\u00e9e par Jacques-Alain Miller. Cure de l\u2019au-del\u00e0 du fantasme qui b\u00e2tisse au d\u00e9part de cet Un, cet Un qui rend compte de l&rsquo;irruption dans la vie d&rsquo;un sujet d&rsquo;un r\u00e9el, la jouissance, que son corps encaisse, dont son corps garde seul le t\u00e9moignage. L&rsquo;outrepasse cherche \u00e0 b\u00e2tir au d\u00e9part de cette percussion originaire, traumatique, l&rsquo;espace qui la r\u00e9percute (outre-corps, au-del\u00e0 du corps, dans le monde).<\/p>\n<p>Solitude alors du sujet avec le reste du trauma dont la blessure reste actuelle, dans un vivre avec qui ne supporte et ne se supporte d&rsquo;aucune th\u00e9orie pr\u00e9\u00e9tablie, mais d&rsquo;une th\u00e9orie toujours \u00e0 r\u00e9inventer et toujours d\u00e9j\u00e0 obsol\u00e8te, qui ne se soutient que de l&rsquo;incompl\u00e9tude et <strong>d&rsquo;une d\u00e9cision \u00e0 reprendre, ind\u00e9finiment.<\/strong><\/p>\n<p>D&rsquo;une d\u00e9cision en raison de ce que l&rsquo; objet r\u00e9el en jeu fonctionne au del\u00e0 des significations, au del\u00e0 du dialectisable, au del\u00e0 des valeurs, <strong>dans une zone de la pulsion o\u00f9 la valeur est indiff\u00e9renci\u00e9e fondamentalement,<\/strong> multiple donc, et ne s&rsquo;arr\u00eate que d&rsquo;une d\u00e9cision du sujet, d\u00e9cision prise sur le doute &#8211; qui ne vaut que pour le moment de cette d\u00e9cision et de l&rsquo;acte qu&rsquo;elle implique. Une th\u00e9orie de l&rsquo;au-del\u00e0 de l&rsquo;analyse, de l&rsquo;au-del\u00e0 du P\u00e8re, quantique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<br \/>\n\t* *<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cela dit. Je fis \u00e9tat \u00e0 mon psychiatre, le&nbsp;Docteur G, de mes \u00e9lucubrations autour du trauma : les journ\u00e9es d&rsquo;\u00e9tude o\u00f9 je ne m&rsquo;\u00e9tais pas rendue, les traumatismes que je n&rsquo;avais peut-\u00eatre pas subis. <strong>Avoir ou n&rsquo;avoir pas \u00e9t\u00e9 traumatis\u00e9e, telle \u00e9tait devenue la question<\/strong>. &nbsp;Ces \u00e9v\u00e9nements de mon adolescence, en furent ou n&rsquo;en furent-ils pas, des traumatismes?<\/p>\n<p>Int\u00e9ress\u00e9, le docteur G &nbsp;m&rsquo;interroge, je lui r\u00e9ponds, au passage j&rsquo;\u00e9carte rapidement (&nbsp;d&rsquo;un petit geste de la main)&nbsp; la proposition de raconter les \u00e9v\u00e9nements suspects. &nbsp;Apr\u00e8s quoi, j&rsquo;encha\u00eene sur ma trop grande fatigue, dont je ne peux ni ne veux plus. &nbsp;Et dont je finis par dire qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas si neuve que cela (cette fatigue). O\u00f9 &nbsp;donc, je re-bute sur \u00ab\u00a0le\u00a0\u00bb trauma :<\/p>\n<p>&#8211; Au fond, ce n&rsquo;est pas nouveau-nouveau, lui dis-je, cette fatigue. Ainsi, m&rsquo;est-il arriv\u00e9, petite, adolescente, de dormir une semaine enti\u00e8re&#8230; (&nbsp;<em>Un temps d&rsquo;h\u00e9sitation.<\/em>) Pour oublier&#8230;<br \/>\n\t&#8211; Oui, oublier, certainement.<\/p>\n<p>Il est assis en face de moi, dans son fauteuil, dans son costum\u00e9 fonc\u00e9, les jambes crois\u00e9es que terminent ses souliers noirs. Son grand visage clair, sa voix famili\u00e8re.<br \/>\n\t&#8211; Oublier, reprends-je, oui.<br \/>\n\t&#8211; Il s&rsquo;agissait certainement d&rsquo;un traumatisme, vous pensez bien, pour avoir dormi une semaine enti\u00e8re&nbsp;!<\/p>\n<p>L\u00e0-dessus les jambes probablement se d\u00e9croisent-elles. Je m&rsquo;\u00e9tonne, un peu; j&rsquo;opine, du chef.<br \/>\n\t&#8211; Oui, vous pensez? Oui?<br \/>\n\t&#8211; Mais bien s\u00fbr, etc.<\/p>\n<p>Or s\u00fbr n&rsquo;\u00e9tait-ce pas du tout pour celui qui en entendit le r\u00e9cit pour la premi\u00e8re fois. Je parle ici de celui qui me servit d&rsquo;analyste pendant une petite quinzaine d&rsquo;ann\u00e9es, il y a une autre petite dizaine d&rsquo;ann\u00e9es.&nbsp;Si je lui racontai autrefois quelque chose des dits \u00e9v\u00e9nements, il ne m&rsquo;aura pas&nbsp;sembl\u00e9 qu&rsquo;il s&rsquo;y soit arr\u00eat\u00e9, qu&rsquo;il s&rsquo;y soit d&rsquo;une quelconque fa\u00e7on appesanti. Je ne sais pourquoi.&nbsp;C&rsquo;\u00e9tait le tout d\u00e9but de mon analyse. J&rsquo;arrive, je suis couch\u00e9e, j&rsquo;ai lu Freud, un peu, Lacan, un peu, je raconte ce dont je crois que c&rsquo;est ce qui se raconte en analyse, l&rsquo;attendu, le possible trauma.<\/p>\n<p>En retour c&rsquo;est \u00ab\u00a0le silence de l&rsquo;analyste\u00a0\u00bb. J&rsquo;accepte. Je prends. On n&rsquo;est pas sans s&rsquo;\u00e9tonner, on accepte = &nbsp;on interpr\u00e8te. Ne disant rien, dit-il : <em>Ce n&rsquo;est pas \u00e7a, sers-moi autre chose, ne va pas croire (que tu racontes ici la chose&#8230; ad\u00e9quate). Ou :&nbsp; Non, ne va pas (si facilement) t&rsquo;identifier, ne va pas t&rsquo;arr\u00eater. A ces petites choses, tu n&rsquo;as encore rien vu, les grandes sont devant nous<\/em>, je ne demande qu&rsquo;\u00e0, moi. On a confiance en l&rsquo;analyste. Et on se m\u00e9fie de soi aux endroits o\u00f9 il vous est arriv\u00e9 quelque chose, on se m\u00e9fie du drame. On se m\u00e9fie, je parle de moi, de la jouissance qu&rsquo;il y aurait \u00e0 avoir une histoire \u00e0 raconter. On se m\u00e9fie de la jouissance qu&rsquo;il y aurait \u00e0 rentrer dans l&rsquo;histoire. &nbsp;Il ne dit rien parce qu&rsquo;il ne veut pas m&rsquo;influencer. &nbsp;Oui, je le sais. D&rsquo;ailleurs, peut-\u00eatre en aura-t-il&nbsp; dit, des choses, l&rsquo;une ou l&rsquo;autre, et que je ne m&rsquo;en souvienne plus, simplement. &nbsp;Comment on passe d&rsquo;une chose \u00e0 l&rsquo;autre, en analyse,&nbsp;<strong>c&rsquo;est comme un fleuve, qui ne s&rsquo;arr\u00eate pas.<\/strong>&nbsp;Il regarde passer le fleuve.<\/p>\n<p>F, \u00e0 qui je racontais r\u00e9cemment certains de ces \u00e9v\u00e9nements qui me re-visitent ces temps-ci, et qui l\u2019ont toujours fait<strong> dans les moments les plus intimes de notre relation<\/strong>, F en pleurait et me disait qu&rsquo;il&nbsp;<em>savait<\/em>, que je lui avais d\u00e9j\u00e0 racont\u00e9 semblables choses, qu&rsquo;il savait <strong>\u00ab\u00a0qu&rsquo;on m&rsquo;avait fait du mal\u00a0\u00bb<\/strong>, et que l&rsquo;analyse <strong><em>justement<\/em> aurait d\u00fb me gu\u00e9rir<\/strong> de \u00e7a et que \u00e7a ne l&rsquo;avait pas fait.<\/p>\n<p>Alors, j&rsquo;ai pens\u00e9 que j&rsquo;avais d\u00fb croire \u00e7a, aussi, que je gu\u00e9rirais, que j&rsquo;avais d\u00fb croire en une gu\u00e9rison possible, que la vie pourrait me devenir&#8230; sexuellement plus facile&#8230; <strong>Et que \u00e7a aurait \u00e9t\u00e9 une raison de reprendre une analyse<\/strong>. Que \u00e7a avait toujours \u00e9t\u00e9 la raison de la prolonger, l&rsquo;analyse.<\/p>\n<p>Mais quelques jours plus tard, j&rsquo;ai vu que la gu\u00e9rison de \u00e7a, pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00e9tait impossible. Et que jamais je ne saurais ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9 alors \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de moi.<\/p>\n<p>Cela dit, ceci dit. D&rsquo;un autre &nbsp;c\u00f4t\u00e9, mon psychiatre, lui. Ce jour l\u00e0 de mon r\u00e9cit, de mon bout de trauma, a drastiquement <strong>augment\u00e9<\/strong> mes doses d&rsquo;antid\u00e9presseurs (m&rsquo;en a m\u00eame ajout\u00e9 un deuxi\u00e8me et&nbsp;un troisi\u00e8me. \u00c7a n&rsquo;est pas rien).<\/p>\n<p>Comme s&rsquo;il avait voulu par la prescription acter qu&rsquo;il y avait bien eu trauma.<\/p>\n<p>[ Alors c&rsquo; est quoi,&nbsp; cet \u00e9v\u00e9nement traumatique s&rsquo;il en est, qui, \u00e0 un endroit donn\u00e9,&nbsp; est v\u00e9cu exactement comme <strong>n&rsquo;importe quel<\/strong> autre \u00e9v\u00e9nement. Consid\u00e9r\u00e9 comme n&rsquo;importe quel autre \u00e9v\u00e9nement. C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement \u00e0 l&rsquo;endroit <strong>o\u00f9 il est dit<\/strong>. L&rsquo;en dire le r\u00e9duit \u00e0 n&rsquo;importe quoi qui (en)&nbsp; est dit. L&rsquo;en dire le r\u00e9duit. C&rsquo;est le dit qui r\u00e9duit. Le dit du discours rentre dans un r\u00e9gime d&rsquo;\u00e9quivalence. Une chose est dite, et que vaut qu&rsquo;une chose soit dite? <strong>En soi, une chose dite ne vaut rien.<\/strong> Cette chose ne trouve de valeur que dans le dire, que dans l&rsquo;acte de dire \/ encore faut-il alors que cet acte soit act\u00e9 \/ qu&rsquo;il aurait fallu acter ce que j&rsquo;en disais au moment o\u00f9 je le disais. Me dis-je. Car sinon c&rsquo;est bient\u00f4t <strong>ma vie enti\u00e8re<\/strong>, <strong>qui<\/strong>, par contagion, confusion, <strong>devient traumatique<\/strong>.)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<br \/>\n\t* *<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Alors voil\u00e0. Les faits. Eh bien les faits, mettons que je ne les raconte pas. Non, que \u00e7a soit impossible, non que je ne l&rsquo;aie d\u00e9j\u00e0 fait. Non que le d\u00e9roul\u00e9 exact des faits ne reporte pas quelque chose de l&rsquo;horribilit\u00e9 des faits, mais que les donner \u00e0 lire me soit insupportable et que sur eux je choisisse de maintenir le voile de la pudeur. Il n&rsquo;y a pas lieu de tout dire, de tout partager. Le d\u00e9roul\u00e9 des faits retrace l&rsquo;horreur et pourtant ce n&rsquo;est pas \u00e7a. <strong>Ces faits ne sont dus ni \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture ni \u00e0 la lecture, qu&rsquo;\u00e0 ma seule solitude.<\/strong> L\u00e0 o\u00f9 je suis seule avec une <em>autre<\/em> \u00e9criture. Que je me d\u00e9merde avec \u00e7a. &nbsp;Je n&rsquo;en rapporterai qu&rsquo;un seul terme, rien de plus.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Seul ce&nbsp;<strong><em>rien de plus<\/em><\/strong>&nbsp;peut rendre&nbsp;compte du d\u00e9roul\u00e9 des faits.&nbsp;L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement c&rsquo;est le malheur, le <em>rien de plus<\/em> r\u00e9pond du malheur.&nbsp;De ce rien, les cons\u00e9quences seront tr\u00e8s nombreuses. De ce rien dont je ne sais s&rsquo;il n&rsquo;eut d&rsquo;autres lieux de naissance qu&rsquo;\u00e0 ce &nbsp;moment-l\u00e0, mais qui certainement trouva alors lieu de se solidifier.<\/p>\n<p>&#8211; Pourquoi trouve-t-on un paysage beau pr\u00e9cis\u00e9ment quand il n&rsquo;y a rien me demandait Jules, mon enfant Jules, l&rsquo;autre jour que nous roulions dans la campagne du Loiret. Pr\u00e9cis\u00e9ment &nbsp;parce qu&rsquo;il pr\u00e9sente rien. (&nbsp;Enfin, tous les lacaniens connaissent cet objet-l\u00e0, le mieux dissimul\u00e9 au monde.) &#8211;<\/p>\n<p><strong>Rien seul est signifiant<\/strong>. &nbsp;De m\u00eame&nbsp;cet autre terme&nbsp;venu&nbsp;le seconder,&nbsp;dans l&rsquo;apr\u00e8s-coup : <strong>ESCALIER<\/strong>. C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui que je m&rsquo;en aper\u00e7ois.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<br \/>\n\t* *<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>;<\/p>\n<p>(A SUIVRE)<\/p>\n<p>15 novembre 2003 \/ 18 avril 2014<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je m\u2019\u00e9tais couch\u00e9e raisonnablement t\u00f4t, apr\u00e8s une journ\u00e9e particuli\u00e8rement banale &#8211;&nbsp; j\u2019avais d\u00fb regarder quelques \u00e9pisodes de s\u00e9rie ( la finale d&rsquo;Enlightened), je n\u2019avais pas eu envie de lire, cela je m\u2019en souviens, et je m\u2019appr\u00eatais \u00e0 m\u2019endormir dans un sentiment inhabituel de satisfaction. 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