{"id":14895,"date":"2014-12-12T14:20:20","date_gmt":"2014-12-12T12:20:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/?p=14895"},"modified":"2015-01-01T16:03:23","modified_gmt":"2015-01-01T14:03:23","slug":"variations-sur-deux-notes-par-philippe-cullard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2014\/12\/variations-sur-deux-notes-par-philippe-cullard\/","title":{"rendered":"Variations sur Deux notes, Philippe Cullard"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/1971-Mere-et-enfant.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"14904\" data-permalink=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2014\/12\/variations-sur-deux-notes-par-philippe-cullard\/1971-mere-et-enfant\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/1971-Mere-et-enfant.jpg?fit=776%2C1361&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"776,1361\" data-comments-opened=\"1\" data-image-title=\"Jacques Muller, M\u00e8re et enfant, 1971\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/1971-Mere-et-enfant.jpg?fit=583%2C1024&amp;ssl=1\" class=\"alignleft wp-image-14904 size-medium\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/1971-Mere-et-enfant-267x470.jpg?resize=267%2C470&#038;ssl=1\" alt=\"Jacques Muller, M\u00e8re et enfant, 1971\" width=\"267\" height=\"470\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/1971-Mere-et-enfant.jpg?resize=267%2C470&amp;ssl=1 267w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/1971-Mere-et-enfant.jpg?resize=85%2C150&amp;ssl=1 85w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/1971-Mere-et-enfant.jpg?resize=583%2C1024&amp;ssl=1 583w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/1971-Mere-et-enfant.jpg?resize=28%2C50&amp;ssl=1 28w\" sizes=\"(max-width: 267px) 100vw, 267px\" \/><\/a><span style=\"font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt; color: #000000;\">Expos\u00e9 \u00e0 Strasbourg le 7 mars 1999, \u00e0 la Journ\u00e9e d&rsquo;\u00e9tude Metz-Nancy-Strasbourg, \u00ab\u00a0L&rsquo;enfant, l&rsquo;adolescent et l&rsquo;agressivit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<div class=\"decentre\">\n<p>La partition de la symptomatologie infantile que Lacan expose, en quelques lignes denses, dans ses <a title=\"Deux notes sur l\u2019enfant, J. Lacan\" href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2014\/deux-notes-sur-lenfant-j-lacan\/\">\u00ab\u00a0Deux notes\u00a0\u00bb<\/a> (( Lacan (J.), \u00ab\u00a0Deux notes sur l&rsquo;enfant\u00a0\u00bb, <em>Ornicar?<\/em>, n\u00b0 37, Paris, Navarin \u00e9diteur, 1986, p. 13-14. ))\u00a0 remises \u00e0 Jenny Aubry, peut en imposer, \u00e0 une premi\u00e8re lecture &#8211; parfois retenue dans notre communaut\u00e9 &#8211; pour une correspondance avec la dichotomie classique n\u00e9vrose-psychose.<\/p>\n<p>Cependant, dans le commentaire de Jacques-Alain Miller intitul\u00e9 \u00ab\u00a0L&rsquo;enfant et l&rsquo;objet\u00a0\u00bb (( Miller (J.A.), \u00ab\u00a0L&rsquo;enfant et l&rsquo;objet\u00a0\u00ab\u00a0, Colloque EEP \u00e0 Lausanne, 1er et 2 juin 1996,\u00a0 <em>La petite girafe<\/em>, 18, Institut du champ freudien, d\u00e9cembre 2003, p. 7. )) , cette division de Lacan en, d&rsquo;une part, sympt\u00f4me relevant du couple des parents, et d&rsquo;autre part, sympt\u00f4me du ressort de la relation pr\u00e9valente m\u00e8re-enfant, n&rsquo;est clairement plus r\u00e9f\u00e9rable \u00e0 cette opposition simple de structure. Ce commentaire constitue, au surplus, une synth\u00e8se lumineuse de l&rsquo;enseignement de Lacan et balise, de fa\u00e7on tout \u00e0 fait renouvel\u00e9e, le champ clinique et th\u00e9orique de l&rsquo;enfant dans la psychanalyse, non sans empi\u00e9ter largement sur celui de cet enfant vieilli qu&rsquo;est l&rsquo;adulte. Plus qu&rsquo;un pont, il \u00e9tablit m\u00eame une continuit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Avant d&rsquo;illustrer cette th\u00e8se d&rsquo;un cas, il importe de rapporter bri\u00e8vement l&rsquo;essentiel de ces deux textes compl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>Les \u00ab\u00a0Deux notes\u00a0\u00a0\u00bb qu&rsquo;il convient de lire, comme l&rsquo;a montr\u00e9 Jacques-Alain Miller, en inversant l&rsquo;ordre initial de leur parution s&rsquo;ouvrent sur un constat dont Lacan prend acte: <strong>\u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9chec des utopies communautaires.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Ouverture politique, donc, et \u00e9vocation probable, non seulement du mouvement contestataire de mai 1968 &#8211; puisque ce court manuscrit est dat\u00e9 de 1969 -, mais aussi de ces exp\u00e9riences qui ont jalonn\u00e9 le milieu de notre XX\u00e8me si\u00e8cle, qui visaient toutes, peu ou prou, \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement d&rsquo;un enfant libre, sinon d&rsquo;un homme nouveau, en se passant des fonctions du p\u00e8re et de la m\u00e8re, en tant qu&rsquo;elles impliquent \u00ab\u00a0la relation \u00e0 un d\u00e9sir qui ne soit pas anonyme (1)\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00a0\u00bb\u00a0particularis\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>De cet <strong>\u00ab\u00a0irr\u00e9ductible\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0r\u00e9sidu\u00a0\u00bb<\/strong>\u00a0(1) que constitue cette <strong>famille nucl\u00e9aire<\/strong> &#8211; <strong>seule apte \u00e0 \u00a0\u00bb\u00a0la transmission\u00a0\u00bb de la sociabilit\u00e9<\/strong> -(1), Lacan d\u00e9duit une alternative simple quant au sympt\u00f4me que peut pr\u00e9senter l&rsquo;enfant issu du \u00ab\u00a0conjungo\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Soit, <strong>\u00ab\u00a0le sympt\u00f4me peut repr\u00e9senter la v\u00e9rit\u00e9 du couple familial\u00a0\u00bb<\/strong>. \u00ab\u00a0C&rsquo;est le cas le plus complexe, pr\u00e9cise Lacan, mais le plus ouvert \u00e0 nos interventions (1)\u00a0\u00ab\u00a0. Soit, et c&rsquo;est le th\u00e8me que Lacan d\u00e9veloppe le plus, \u00ab\u00a0<strong>le sympt\u00f4me qui vient \u00e0 dominer<\/strong> \u00a0\u00bb &#8211; ce qui en suppose au moins un autre mineur &#8211; \u00ab\u00a0<strong>ressortit \u00e0 la subjectivit\u00e9 de la m\u00e8re<\/strong>\u00ab\u00a0, et c&rsquo;est alors \u00a0\u00bb\u00a0directement comme corr\u00e9latif d&rsquo;un fantasme que l&rsquo;enfant est int\u00e9ress\u00e9\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Il devient l&rsquo;objet de la m\u00e8re et n&rsquo;a plus de fonction que de r\u00e9v\u00e9ler la v\u00e9rit\u00e9 de cet objet\u00a0\u00ab\u00a0, c&rsquo;est dire qu&rsquo;il \u00ab\u00a0<em>r\u00e9alise<\/em> l&rsquo;objet <em>a<\/em> dans le fantasme (1)\u00a0\u00ab\u00a0. Le d\u00e9veloppement accord\u00e9 \u00e0 ce th\u00e8me constitue sans doute une indication, tant d&rsquo;une avanc\u00e9e th\u00e9orique, que de la prise en compte d&rsquo;une clinique nouvelle, contemporaine du \u00ab\u00a0d\u00e9clin de l'\u00a0\u00bbimago\u00a0\u00bb paternelle\u00a0\u00a0\u00bb et de la prolif\u00e9ration des objets.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, <strong>\u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9 du couple familial\u00a0\u00ab\u00a0<\/strong> et <strong>\u00ab\u00a0identification \u00e0 l&rsquo;id\u00e9al du moi\u00a0\u00bb<\/strong> pour le premier th\u00e8me, <strong>S1<\/strong> ; \u00a0\u00bb\u00a0<strong>v\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;objet <em>a<\/em> dans le fantasme de la m\u00e8re<\/strong>\u00a0\u00a0\u00bb et, quant au m\u00e9canisme, \u00ab\u00a0<strong><em>r\u00e9alisation<\/em><\/strong>\u00ab\u00a0, le terme est soulign\u00e9 par Lacan, pour le second, <strong>S2<\/strong>.<\/p>\n<p><!--more-->Lacan ajoute que cette derni\u00e8re variante, <strong>moins ais\u00e9e \u00e0 mobiliser<\/strong>, est en quelque sorte favoris\u00e9e lorsque l&rsquo;enfant pr\u00e9sente dans le cours de son d\u00e9veloppement <strong>un sympt\u00f4me somatique<\/strong>. Autrement dit, la maladie bien r\u00e9elle d&rsquo;un enfant, avec <strong>son \u00e9ventuel enjeu vital et son si l\u00e9gitime cort\u00e8ge de culpabilit\u00e9 maternelle,<\/strong> de soins et de protections renforc\u00e9s, l&rsquo;expose plus encore. C&rsquo;est un premier rep\u00e8re clinique, susceptible d&rsquo;attirer notre attention, sp\u00e9cialement dans la phase diagnostique, et auquel vont venir s&rsquo;adjoindre deux autres rep\u00e8res que d\u00e9veloppe Jacques-Alain Miller dans son intervention de 1996.<\/p>\n<p>Enfin, et pour clore ce rappel des \u00ab\u00a0Deux notes\u00a0\u00bb, il nous faut remarquer, non sans surprise &#8211; ce fut d&rsquo;ailleurs le point de d\u00e9part de ce travail -, que les termes de <strong>n\u00e9vrose et psychose<\/strong> que l&rsquo;on trouve dans cet \u00e9crit viennent qualifier non l&rsquo;enfant, mais la <strong>structure du d\u00e9sir de la m\u00e8re<\/strong>.<\/p>\n<p>Ces deux termes, n\u00e9vrose et psychose, sont par contre notablement <strong>absents de l&rsquo;expos\u00e9 de Jacques-Alain Miller<\/strong> au Colloque de Lausanne en juin 1996, au profit, semble-t-il, d&rsquo;un usage large de celui de <strong>perversion, paradoxalement agr\u00e9ment\u00e9 du qualificatif de normale<\/strong>.<\/p>\n<p>D&#8217;embl\u00e9e, Jacques-Alain Miller pose, et c&rsquo;est la formulation qui emporte la th\u00e8se, d&rsquo;un \u00ab\u00a0ou\u00a0\u00bb, d&rsquo;un \u00ab\u00a0Vel\u00a0\u00bb particulier, du type \u00a0\u00bb\u00a0la bourse ou la vie !\u00a0\u00ab\u00a0, entre les deux th\u00e8mes du sympt\u00f4me de l&rsquo;enfant, S1 et S2, non homologue \u00e0 la r\u00e9partition n\u00e9vrose-psychose.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La m\u00e8re n&rsquo;est pas suffisamment bonne, dit-il, quand elle v\u00e9hicule seulement l&rsquo;autorit\u00e9 du Nom-du-P\u00e8re, il faut encore que l&rsquo;enfant ne sature pas pour elle le manque dont se supporte son d\u00e9sir (2).\u00a0\u00a0\u00bb Dit autrement, \u00ab\u00a0il y a une condition de pas-tout\u00a0\u00bb, \u00e0 savoir que l&rsquo;objet-enfant, ce<strong> f\u00e9tiche normal de la perversion normale du c\u00f4t\u00e9 femme<\/strong>, \u00ab\u00a0<strong>ne soit pas tout<\/strong> pour le sujet maternel, (\u2026) qu&rsquo;il divise, chez le sujet f\u00e9minin, la m\u00e8re et la femme (2)\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Aussi, Jacques-Alain Miller est-il amen\u00e9 \u00e0 introduire une subdivision nouvelle. \u00ab\u00a0Si, dit-il, l&rsquo;objet-enfant ne divise pas: <br \/>&#8211; <strong>ou il choit<\/strong> comme d\u00e9chet du couple g\u00e9niteur,<br \/>&#8211; <strong>ou il entre avec la m\u00e8re dans une relation duelle<\/strong> qui le suborne au fantasme maternel (2).\u00a0\u00ab\u00a0<\/p>\n<p>Deux rep\u00e8res cliniques pr\u00e9cieux, pour l&rsquo;option S2, sont encore d\u00e9velopp\u00e9s par Jacques-Alain Miller autour de<strong> l&rsquo;angoisse maternelle ou paternelle,<\/strong> si tant est que \u00ab\u00a0l&rsquo;angoisse est bien le seul affect qui ne trompe pas\u00a0\u00bb, comme le rappelle Lacan.<\/p>\n<p>Psychopathologie de la m\u00e8re angoiss\u00e9e tout d&rsquo;abord: \u00ab\u00a0<strong>Plus l&rsquo;enfant comble la m\u00e8re, et plus il l&rsquo;angoisse,<\/strong> conform\u00e9ment \u00e0 la formule selon laquelle c&rsquo;est le manque du manque qui angoisse. La m\u00e8re angoiss\u00e9e, c&rsquo;est d&rsquo;abord <strong>celle qui ne d\u00e9sire pas, ou peu ou mal, en tant que femme<\/strong> (2).\u00a0\u00bb \u00a0 \u00ab\u00a0L&rsquo;acc\u00e8s de la m\u00e8re \u00e0 sa v\u00e9rit\u00e9 (1)\u00a0\u00ab\u00a0, celle d&rsquo;un sujet f\u00e9minin divis\u00e9, est ainsi emp\u00each\u00e9 par la consistance que l&rsquo;enfant peut donner \u00e0 l&rsquo;\u00eatre m\u00e8re. Incidemment, on prendra ici la mesure de \u00ab\u00a0la nature de semblant (( Miller (J.A.), \u00a0\u00bb\u00a0De la nature des semblants\u00a0\u00a0\u00bb (1991-92), cours in\u00e9dit. ))\u00a0\u00a0\u00bb de l&rsquo;objet <em>a<\/em>, dont la consistance logique peut, dans cette occasion, passer au charnel. Incidemment encore, si la v\u00e9rit\u00e9 dit \u00a0\u00bb\u00a0Je parle\u00a0\u00ab\u00a0, le silence de la m\u00e8re sur sa dimension de femme est un autre rep\u00e8re qui se d\u00e9duit.<\/p>\n<p>De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, celui du sujet masculin, la paternit\u00e9 peut \u00e9galement susciter l&rsquo;angoisse, signe alors, non du comblement du d\u00e9sir, mais du manque \u00e0 \u00eatre qui r\u00e9sulte pour lui de \u00a0\u00bb\u00a0l&rsquo;occupation\u00a0\u00a0\u00bb de la m\u00e8re par l&rsquo;enfant. Dans une formulation sym\u00e9trique \u00e0 celle de Lacan concernant la m\u00e8re, une femme pourrait ainsi ali\u00e9ner en elle l&rsquo;acc\u00e8s d&rsquo;un p\u00e8re \u00e0 sa v\u00e9rit\u00e9. C&rsquo;est, peut-\u00eatre, \u00a0\u00bb\u00a0L&rsquo;Homme\u00a0\u00a0\u00bb pervers de \u00ab\u00a0T\u00e9l\u00e9vision\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Par contre, la \u00a0\u00bb\u00a0p\u00e8re-version\u00a0\u00bb (( Lacan (J.), \u00a0\u00bb\u00a0Le S\u00e9minaire XXII, RSI\u00a0\u00a0\u00bb (1974-75), le\u00e7on du 21 janvier 1975.)) normale du p\u00e8re pour le f\u00e9tiche normal d&rsquo;une femme doit en effet s&rsquo;accommoder de cette tromperie, de cette \u00a0\u00bb\u00a0divergence flagrante (2)\u00a0\u00a0\u00bb du d\u00e9sir f\u00e9minin pour l&rsquo;enfant. Faute d&rsquo;y consentir, <strong>le p\u00e8re angoiss\u00e9 \u00ab\u00a0contraint son enfant \u00e0 trouver refuge dans le fantasme maternel (2)\u00a0<\/strong>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>On pourrait donc conclure que si la paternit\u00e9 et la maternit\u00e9 heureuses impliquent le manque \u00e0 \u00eatre, le bonheur est \u2026 dans la castration.<\/p>\n<p>Nous devons encore \u00e9voquer bri\u00e8vement le fondamental <em>S\u00e9minaire XI<\/em>, et remarquer, tout d&rsquo;abord, que cette partition en deux p\u00f4les des \u00ab\u00a0Deux notes\u00a0\u00bb, n&rsquo;est autre que celle de la <strong>\u00ab\u00a0diff\u00e9rence absolue\u00a0\u00bb, I-a<\/strong>, que le d\u00e9sir de l&rsquo;analyste vise \u00e0 obtenir, comme il est conclut par Lacan \u00e0 la fin de ce s\u00e9minaire. Souligner, ensuite, qu&rsquo;elle n&rsquo;est cons\u00e9quente qu&rsquo;au regard de l&rsquo;op\u00e9ration primordiale double, nomm\u00e9e par Lacan \u00ab\u00a0ali\u00e9nation-s\u00e9paration\u00a0\u00bb : ali\u00e9nation signifiante et s\u00e9paration de l&rsquo;objet <em>a<\/em>, qui implique <strong>au terme de la cure la chute des identifications et la <em>d\u00e9r\u00e9alisation<\/em><\/strong>.<\/p>\n<p>Rappeler, enfin, que si le premier de ces deux temps est rapport\u00e9 \u00e0 la \u00ab\u00a0psychologie collective\u00a0\u00bb, c&rsquo;est \u00e0 propos du second qu&rsquo;il \u00e9nonce <strong>que le fantasme de sa mort est agit\u00e9 commun\u00e9ment par l&rsquo;enfant<\/strong>, ce qu&rsquo;exemplifie l&rsquo;anorexie mentale: <strong>\u00ab\u00a0Le premier objet qu&rsquo;il propose \u00e0 ce d\u00e9sir parental dont l&rsquo;objet est inconnu c&rsquo;est sa propre perte\u00a0\u00bb<\/strong>. (( Lacan (J.), \u00ab\u00a0Le S\u00e9minaire XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse\u00a0\u00bb, Paris, \u00c9dition du Seuil, 1973, p. 194 )) C&rsquo;est probablement l\u00e0, le secret, l&rsquo;\u00e9nigme, de bien des tentatives de suicide ou conduites suicidaires, celui aussi de bien des ruptures amoureuses ou institutionnelles. \u00ab\u00a0Peut-il ou peut-elle me perdre\u00a0 \u00a0\u00bb Ce qui nous am\u00e8ne au <strong>paradoxe central de l&rsquo;agressivit\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"14933\" data-permalink=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2014\/12\/variations-sur-deux-notes-par-philippe-cullard\/le-rat-j-bosch-jpg\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/le-rat-j-bosch-jpg.jpg?fit=469%2C335&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"469,335\" data-comments-opened=\"1\" data-image-title=\"Le jardin des d\u00e9lices, j\u00e9rome bosch\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/le-rat-j-bosch-jpg.jpg?fit=469%2C335&amp;ssl=1\" class=\"alignright size-full wp-image-14933\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/le-rat-j-bosch-jpg.jpg?resize=469%2C335&#038;ssl=1\" alt=\"Le jardin des d\u00e9lices, j\u00e9rome bosch\" width=\"469\" height=\"335\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/le-rat-j-bosch-jpg.jpg?w=469&amp;ssl=1 469w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/le-rat-j-bosch-jpg.jpg?resize=150%2C107&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/le-rat-j-bosch-jpg.jpg?resize=50%2C35&amp;ssl=1 50w\" sizes=\"(max-width: 469px) 100vw, 469px\" \/>En effet, \u00ab\u00a0l&rsquo;intention agressive\u00a0\u00bb, \u00e9crit Lacan, dans \u00ab\u00a0L&rsquo;agressivit\u00e9 en psychanalyse\u00a0\u00bb (( Lacan (J.), \u00a0\u00bb\u00a0L&rsquo;agressivit\u00e9 en psychanalyse\u00a0\u00ab\u00a0, \u00ab\u00a0\u00c9crits\u00a0\u00bb, Paris, \u00c9ditions du Seuil, 1966, p. 104. )) trouve une repr\u00e9sentation \u00e9lective dans <strong>\u00ab\u00a0les images de mutilation, de d\u00e9membrement, de dislocation\u00a0\u00bb<\/strong>, soit de <strong>s\u00e9paration<\/strong>, et, cependant, il ne manque pas de rapprocher ces images de tel d\u00e9tail &#8211; images apparemment antinomiques, quoique regroup\u00e9es dans \u00ab\u00a0l&rsquo;atlas des images agressives\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u0153uvre de J\u00e9r\u00f4me Bosch -, soit <strong>\u00ab\u00a0ces sph\u00e8res de verre o\u00f9 sont captifs les partenaires du Jardin des D\u00e9lices\u00a0\u00bb<\/strong>, o\u00f9 il reconna\u00eet la structure narcissique.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;agressivit\u00e9, mieux nomm\u00e9e \u00ab\u00a0pulsion de mort\u00a0\u00bb par Freud,<\/strong> est inh\u00e9rente au processus d&rsquo;assujettissement, elle n&rsquo;est pas moins \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre dans l&rsquo;exp\u00e9rience analytique m\u00eame, \u00e0 l&rsquo;endroit de celui dont le malade attend qu&rsquo;il le lib\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous pouvons quasiment la mesurer dans la modulation revendicatrice qui soutient parfois tout le discours, dans ses suspensions, ses h\u00e9sitations, ses inflexions et ses lapsus, dans les inexactitudes du r\u00e9cit, les irr\u00e9gularit\u00e9s dans l&rsquo;application de la r\u00e8gle, les retards aux s\u00e9ances, les absences calcul\u00e9es, souvent dans les r\u00e9criminations, les reproches, les craintes fantasmatiques, les r\u00e9actions \u00e9motionnelles de col\u00e8re, les d\u00e9monstrations \u00e0 fin intimidante ; les violences proprement dites \u00e9tant aussi rares que l&rsquo;implique la conjoncture de recours qui a men\u00e9 au m\u00e9decin le malade\u00a0\u00bb. (( Lacan (J.), \u00a0\u00bb\u00a0L&rsquo;agressivit\u00e9 en psychanalyse\u00a0\u00ab\u00a0, <em>\u00c9crits<\/em>, Paris, \u00c9ditions du Seuil, 1966, p. 104. ))<\/p>\n<p>Plus prosa\u00efquement dit, il y aurait donc lieu de distinguer une agressivit\u00e9 normale, qui maintient le \u00ab\u00a0un par un\u00a0\u00bb, de l&rsquo;agressivit\u00e9 pathologique, narcissique, qui s&rsquo;y oppose.<\/p>\n<p>[&#8230;]<\/p>\n<\/div>\n<p>SOURCE : <a href=\"http:\/\/wapol.org\/ornicar\/articles\/cll0105.htm\" target=\"_blank\">http:\/\/wapol.org\/ornicar\/articles\/cll0105.htm<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Expos\u00e9 \u00e0 Strasbourg le 7 mars 1999, \u00e0 la Journ\u00e9e d&rsquo;\u00e9tude Metz-Nancy-Strasbourg, \u00ab\u00a0L&rsquo;enfant, l&rsquo;adolescent et l&rsquo;agressivit\u00e9\u00a0\u00bb. La partition de la symptomatologie infantile que Lacan expose, en quelques lignes denses, dans ses \u00ab\u00a0Deux notes\u00a0\u00bb (( Lacan (J.), \u00ab\u00a0Deux notes sur l&rsquo;enfant\u00a0\u00bb, Ornicar?, n\u00b0 37, Paris, Navarin \u00e9diteur, 1986, p. 13-14. ))\u00a0 remises \u00e0 Jenny Aubry, peut en imposer, \u00e0 une premi\u00e8re lecture &#8211; parfois retenue dans notre communaut\u00e9 &#8211; pour une correspondance avec la dichotomie classique n\u00e9vrose-psychose. Cependant, dans le commentaire de Jacques-Alain Miller intitul\u00e9 \u00ab\u00a0L&rsquo;enfant et l&rsquo;objet\u00a0\u00bb (( Miller (J.A.), \u00ab\u00a0L&rsquo;enfant et l&rsquo;objet\u00a0\u00ab\u00a0, Colloque EEP \u00e0 Lausanne, 1er et 2 juin 1996,\u00a0 La petite girafe, 18, Institut du champ freudien, d\u00e9cembre 2003, p. 7. ))&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2014\/12\/variations-sur-deux-notes-par-philippe-cullard\/\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">Variations sur Deux notes, Philippe Cullard<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_eb_attr":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_fdfeed_enabled":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[1063,44],"tags":[900,1622,1623,1616,642,1625,1626,1624,530,1143,1619,507,1617,1230],"class_list":["post-14895","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-copiecolle","category-psychanalyse","tag-angoisse","tag-angoisse-de-la-mere","tag-angoisse-du-pere","tag-enfant","tag-famille","tag-mere-enfant","tag-nevrose-psychose","tag-pere-enfant","tag-perversion","tag-politique","tag-pulsion-de-mort","tag-s1","tag-s2","tag-suicide","entry"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14895","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14895"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14895\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14895"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14895"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14895"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}