{"id":1509,"date":"2021-09-17T11:07:00","date_gmt":"2021-09-17T10:07:00","guid":{"rendered":"https:\/\/leseditionsdesjours.wordpress.com\/?p=1509"},"modified":"2026-01-04T17:02:42","modified_gmt":"2026-01-04T16:02:42","slug":"jeudi-16-sept-reve-2-1-chiens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2021\/09\/jeudi-16-sept-reve-2-1-chiens\/","title":{"rendered":"jeudi 16 sept. &#8211; r\u00eave :: 2 + 1 chiens"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">&#8230;r\u00eave du jeudi 16<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p style=\"line-height:2\">j&rsquo;ai deux chiens identiques, je les re\u00e7ois. deux jeunes chiens noirs et maigres, au poil ras. ils courent dans tous les sens. <br>.<br>j&rsquo;ai un grand chien, plut\u00f4t grand et blanc, au poil long. je le prom\u00e8ne, je fais des activit\u00e9s avec lui.<br>.<br>\u00e0 un moment, des laisses sont mises.<br>.<br>je me souviens avec effroi des jeunes chiens noirs, oubli\u00e9s, disparus. ils doivent \u00eatre attach\u00e9s quelque part. je les retrouve, debout, immobiles, c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te dans un&nbsp; carton que j&rsquo;ouvre, ils sont li\u00e9s, j&rsquo;\u00f4te leur laisse, leurs liens, qui sont des sortes de bandages sur les yeux,&nbsp; ferm\u00e9s, que je d\u00e9tache. ils gardent les yeux ferm\u00e9s, coll\u00e9s. c&rsquo;est affreux en fait, ils sont dans un sale \u00e9tat. je suis tr\u00e8s triste.<br>.<br>le gros chien blanc est toujours l\u00e0. ils sont trois chiens. je crois que j&rsquo;ai le sentiment que je ne dois plus l&rsquo;oublier.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">associations&#8230;<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">quel chien?<\/h3>\n\n\n\n<p>#<strong>d\u00e9pendance<\/strong> <br><strong>Il y avait eu la veille du r\u00eave <\/strong>une pens\u00e9e aux chiens et aux chats, \u00e0 ce qui les s\u00e9pare. J&rsquo;avais pens\u00e9 \u00e0 cette sorte de malchance des chiens, \u00e0 leur ultra-d\u00e9pendance aux humains. J&rsquo;avoue me trouver moi-m\u00eame extr\u00eamement d\u00e9pendante&#8230;.<\/p>\n\n\n\n<p>#<strong>masochisme<\/strong> (<strong>et place vide du sujet<\/strong>)<br><strong>Avant \u00e7a, peut-\u00eatre y a-t-il eu <a href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2021\/09\/un-chien-maltraite-nayant-rien-a-dire-sur-son-sort-nayant-plus-droit-a-la-parole-voue-a-disparaitre-le-retour-du-fort-da\/\" title=\"un chien maltrait\u00e9 n\u2019ayant rien \u00e0 dire sur son sort, n\u2019ayant plus droit \u00e0 la parole \u2013 vou\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre (le retour du Fort-Da)\">cet extrait du livre d&rsquo;Eric Laurent, <em>L&rsquo;envers de la biopolitique<\/em><\/a><\/strong><sup data-fn=\"bdd79114-b86c-4d44-af21-e2bc3a5f381d\" class=\"fn\"><a id=\"bdd79114-b86c-4d44-af21-e2bc3a5f381d-link\" href=\"#bdd79114-b86c-4d44-af21-e2bc3a5f381d\">1<\/a><\/sup>, publi\u00e9 ici le 7 septembre, o\u00f9 il est question du fantasme du masochisme d&rsquo;\u00eatre trait\u00e9 comme une chose qui \u00ab\u00a0\u00e0 la limite, se marchande, se vend, se maltraite, est annul\u00e9 dans toute esp\u00e8ce ce possibilit\u00e9 votive (au sens de v\u0153u) de se saisir comme autonome. Il est trait\u00e9 comme un chien, dirons-nous, et non pas pas n&rsquo;importe quel chien &#8211; un chien qu&rsquo;on maltraite, et, pr\u00e9cis\u00e9ment, comme un chien d\u00e9j\u00e0 maltrait\u00e9.<sup data-fn=\"d21cdf73-7d32-44e7-bac0-911b495fa2c8\" class=\"fn\"><a id=\"d21cdf73-7d32-44e7-bac0-911b495fa2c8-link\" href=\"#d21cdf73-7d32-44e7-bac0-911b495fa2c8\">2<\/a><\/sup>\u00a0\u00bb Dans le <em>S\u00e9minaire VI<\/em>, ajoute Eric Laurent, Lacan \u00e9labore \u00ab\u00a0le masochisme en tant qu&rsquo;il est articul\u00e9 \u00e0 la<strong> place vide du sujet qui, r\u00e9duit \u00e0 un chien maltrait\u00e9 n&rsquo;ayant rien \u00e0 dire sur son sort, <em>n&rsquo;ayant plus droit \u00e0 la parole<\/em> &#8211; c&rsquo;est la donn\u00e9e essentielle &#8211; est vou\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre.<\/strong>\u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote is-style-default\"><blockquote><p><strong>\u00ab\u00a0La m\u00e9lancolie, sacrifice suicide, s&rsquo;identifie \u00e0 cette mort du sujet qui se nomme dans le m\u00eame temps o\u00f9 il s&rsquo;\u00e9ternise.\u00a0\u00bb<\/strong> <\/p><cite>Eric Laurent, Ornicar? 47, \u00ab\u00a0M\u00e9lancolie, douleur d&rsquo;exister, l\u00e2chet\u00e9 morale\u00a0\u00bb, p. 10.<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">le lien <strong>a-a&rsquo;<\/strong> de la relation imaginaire<\/h3>\n\n\n\n<p>Le lendemain du r\u00eave, ce matin me r\u00e9veillant, m&rsquo;est venue cette id\u00e9e pour une interpr\u00e9tation en 3 points:<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li style=\"padding-right:var(--wp--preset--spacing--30);padding-left:var(--wp--preset--spacing--30)\">Etre partie de a &#8211; a&rsquo;, l&rsquo;identification imaginaire au double, au petit autre.<\/li>\n\n\n\n<li style=\"padding-right:var(--wp--preset--spacing--30);padding-left:var(--wp--preset--spacing--30)\">Avoir rencontr\u00e9 le chien blanc, le grand chien blanc. Celui aussi du semblant. Je pense \u00e0 Lacan.<\/li>\n\n\n\n<li style=\"padding-right:var(--wp--preset--spacing--30);padding-left:var(--wp--preset--spacing--30)\">Et puis&#8230; me souvenir qu&rsquo;ils sont l\u00e0, qu&rsquo;ils sont l\u00e0 aussi, les petits autres de l&rsquo;identification, toujours.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Je ne vois pas trop bien ce qu&rsquo;il y a de satisfaisant dans cette interpr\u00e9tation, mais je l&rsquo;ai tout de suite trouv\u00e9e grosse d&rsquo;une signification que je n&rsquo;aper\u00e7ois pas encore. <\/p>\n\n\n\n<p>A propos du lien a-a&rsquo;, de la relation imaginaire au petit autre, je commencerai par \u00e9voquer une sorte de souvenir-\u00e9cran o\u00f9 je me vois debout dans un bus, ou un tram, me tenant du bras droit \u00e0 une barre en hauteur, tr\u00e8s pr\u00e8s de la fen\u00eatre, soudainement rappel\u00e9e \u00e0 une phrase de Lacan dans le s\u00e9minaire que je lis alors, l&rsquo;un des premiers, le premier peut-\u00eatre, o\u00f9 il \u00e9laborait le sch\u00e9ma L et o\u00f9, citant une jeune femme qui le lui avait comment\u00e9,  il r\u00e9pliquait, en substance, \u00ab\u00a0la pauvre, elle ne sait pas encore&#8230; que sa vie ne fera jamais rien d&rsquo;autre qu&rsquo;osciller entre a et a'\u00a0\u00bb. Cela m&rsquo;aura marqu\u00e9e. Est-ce que c&rsquo;est \u00e0 cause de cette remarque que j&rsquo;ai toujours eu l&rsquo;impression de quelque chose d&rsquo;obscur quand il \u00e9tait question de cette relation imaginaire, a-a&rsquo;, au petit autre? <\/p>\n\n\n\n<p>Concernant cette relation, dont j&rsquo;ai r\u00e9cemment entrepris la traque apr\u00e8s l&rsquo;avoir copieusement ignor\u00e9e, j&rsquo;ai r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par une lecture sur <a href=\"https:\/\/disparates.org\/iota\/2021\/09\/07\/limmixtion-des-sujets-une-difficulte-theorique\/\"><strong>l&rsquo;immixtion des sujets dans la psychose<\/strong><\/a> par L. Fainsilber<a href=\"https:\/\/disparates.org\/iota\/2021\/09\/07\/limmixtion-des-sujets-une-difficulte-theorique\/\">,<\/a> que j&rsquo;avais d&rsquo;ailleurs \u00e9galement republi\u00e9e ici. <\/p>\n\n\n\n<p>Tandis qu&rsquo;apr\u00e8s avoir fait ce r\u00eave, je relisais hier l&rsquo;article de Jean-Claude Encalado sur <strong><a href=\"https:\/\/encalado.com\/2018\/03\/12\/la-melancolie-de-louis-althusser\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">la m\u00e9lancolie d&rsquo;Althusser<\/a><\/strong>. J&rsquo;y ai trouv\u00e9 des choses tr\u00e8s simples, tr\u00e8s clairement articul\u00e9es sur l&rsquo;identification imaginaire dans la psychose  qui m&rsquo;ont frapp\u00e9e et qui certainement auront entra\u00een\u00e9 cette interpr\u00e9tation du r\u00eave.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Claude Encalado d\u00e9crit la relation imaginaire d&rsquo;Althusser \u00e0 son grand-p\u00e8re, \u00e0 son ami Paul, \u00e0 d&rsquo;autres encore, des professeurs, et finalement \u00e0 H\u00e9l\u00e8ne Rytmann. Il en parle comme de la relation qui vient suppl\u00e9er au d\u00e9faut phallique :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avec le grand p\u00e8re<\/strong> : \u00ab\u00a0<em>Et pendant toutes ces activit\u00e9s qu\u2019il accomplit avec son grand p\u00e8re, il se sent l\u00e0 dans un corps d\u2019homme.<\/em>\u00ab\u00a0<br><strong>Avec l&rsquo;ami Paul<\/strong> : \u00ab\u00a0<em>Il trouve en Paul un appui imaginaire&nbsp;: \u00ab <\/em>Il a ce que je n\u2019ai pas : le courage. <em>\u00bb Il est costaud, il est courageux, et dans leur d\u00e9tresse, dans leur solitude, ils vont trouver refuge dans leur association.<\/em>\u00ab\u00a0<br><strong>Avec Monsieur Richard<\/strong> : \u00ab\u00a0<em>professeur de fran\u00e7ais, un pur esprit, un \u00eatre d\u00e9tach\u00e9 de la chair. \u00ab&nbsp;<\/em>Je m\u2019identifiai compl\u00e8tement \u00e0 lui (tout y pr\u00eatait), j\u2019imitai aussit\u00f4t son \u00e9criture, [\u2026] adoptai ses go\u00fbts, ses jugements, imitai m\u00eame sa voix et ses inflexions tendres. [\u2026] Mani\u00e8re de r\u00e9gler mon rapport \u00e0 un p\u00e8re absent en me donnant un p\u00e8re imaginaire.&nbsp;\u00bb <em>Comme il le dit clairement, \u00e0 la forclusion paternelle, r\u00e9pond une figure imaginaire : un professeur de lettres<\/em>.\u00a0\u00bb<br><strong>Ce qui se passera avec H\u00e9l\u00e8ne Rytman<\/strong> est plus subtil. Elle deviendra sa femme. Il ira d&rsquo;abord vers elle tout \u00e0 l&rsquo;\u00e9lan de la sauver &#8211; elle est dans un \u00e9tat lamentable -, puis il passera par un moment d&rsquo;angoisse extr\u00eame provoqu\u00e9 par leur premier rapport sexuel, qui le conduit en h\u00f4pital psychiatrique, \u00e0 Sainte Anne, o\u00f9 il est soign\u00e9 pour d\u00e9mence pr\u00e9coce et dont il n&rsquo;est pas s\u00fbr de pouvoir jamais sortir. H\u00e9l\u00e8ne le sauvera, parvenant \u00e0 introduire un autre m\u00e9decin \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital qui infirme le diagnostic, qui parle parle de m\u00e9lancolie grave plut\u00f4t que de d\u00e9mence, il pourra sortir de l&rsquo;h\u00f4pital, non sans \u00eatre pass\u00e9 par les \u00e9lectrochocs. L&rsquo;hospitalisation aura dur\u00e9 plusieurs mois. Au sortir de l\u00e0, il va vers la femme qui l&rsquo;a sauv\u00e9e, la femme au courage et \u00e0 l&rsquo;intelligence d&rsquo;exception, qui dit-il, fait de lui un homme. Il peut la sauver (comme il faut qu&rsquo;il sauve sa m\u00e8re), mais elle aussi, le sauve. Quelques ann\u00e9es plus tard, il la tuera&#8230; dans un moment d&rsquo;\u00e9garement.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne suis pas s\u00fbre que cela \u00e9claire vraiment ce qu&rsquo;il en est dans ce r\u00eave. Pour moi, ces deux petits chiens noirs, b\u00e2tards, m&rsquo;\u00e9voquent cette relation imaginaire. <\/p>\n\n\n\n<p>Une autre chose m&rsquo;avait frapp\u00e9e : ils sont l&rsquo;un et l&rsquo;autre atteints de maniaco-d\u00e9pression, et c&rsquo;est comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une tout autre maladie. Ce qu&rsquo;Althusser d\u00e9crit des terribles difficult\u00e9s d&rsquo;H\u00e9l\u00e8ne est certainement plus proche de ce que je connais que de ses \u00e9pisodes hypomaniaques \u00e0 lui.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" width=\"900\" height=\"723\" data-attachment-id=\"1660\" data-permalink=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-16322930507662324989994709740983\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/wp-16322930507662324989994709740983-e1632294590600.jpg?fit=2242%2C1800&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"2242,1800\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"la terreur fantasmatique d&amp;rsquo;H\u00e9l\u00e8ne de n&amp;rsquo;\u00eatre qu&amp;rsquo;une mauvaise m\u00e8re, une m\u00e8re affreuse, une m\u00e9g\u00e8re \u00e0 faire du mal et mal, et avant tout \u00e0 qui l&amp;rsquo;aimait ou voulait l&amp;rsquo;aimer.\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/wp-16322930507662324989994709740983-e1632294590600.jpg?fit=900%2C722&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/wp-16322930507662324989994709740983-e1632294590600.jpg?resize=900%2C723&#038;ssl=1\" alt=\"Althusser, L'avenir dure longtemps suivi de les faits\" class=\"wp-image-1660\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/wp-16322930507662324989994709740983-e1632294590600.jpg?w=2242&amp;ssl=1 2242w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/wp-16322930507662324989994709740983-e1632294590600.jpg?resize=470%2C377&amp;ssl=1 470w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/wp-16322930507662324989994709740983-e1632294590600.jpg?resize=1024%2C822&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/wp-16322930507662324989994709740983-e1632294590600.jpg?resize=150%2C120&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/wp-16322930507662324989994709740983-e1632294590600.jpg?resize=1536%2C1233&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/wp-16322930507662324989994709740983-e1632294590600.jpg?resize=2048%2C1644&amp;ssl=1 2048w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/wp-16322930507662324989994709740983-e1632294590600.jpg?resize=1568%2C1259&amp;ssl=1 1568w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/wp-16322930507662324989994709740983-e1632294590600.jpg?w=1800&amp;ssl=1 1800w\" sizes=\"(max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">&#8230;la terreur fantasmatique d&rsquo;H\u00e9l\u00e8ne de n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;une mauvaise m\u00e8re, une m\u00e8re <em>affreuse<\/em>, une m\u00e9g\u00e8re \u00e0 faire du mal et mal, et avant tout \u00e0 qui l&rsquo;aimait ou voulait l&rsquo;aimer. A la volont\u00e9 impuissante d&rsquo;aimer, ne r\u00e9pondait alors que le refus (d\u00e9sir) farouche, obstin\u00e9 et violent de ne pas \u00eatre aim\u00e9e parce qu&rsquo;elle ne le m\u00e9ritait pas, parce qu&rsquo;au font elle n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un affreux petit animal plein de griffes et de sang, d&rsquo;\u00e9pines de fureur. <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>le chien blanc<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Pour ce qui est du chien blanc<\/strong>, ce chien unique, qui a toutes les qualit\u00e9s inverses de celles des deux chiens : il est Un, il est blanc, il est grand, il a le poil long (un peu chien de berger, quand les deux autres sont de tr\u00e8s jolis petits b\u00e2tards noirs)&#8230;. Pourquoi me fait-il penser \u00e0 Lacan ? Je parlais hier de ce que \u00e7a avait \u00e9t\u00e9 pour moi, d&rsquo;avoir pu croire en Lacan. Pendant des ann\u00e9es, je me suis suis b\u00e2tie sur sa lecture, je me suis form\u00e9e \u00e0 son enseignement, il m&rsquo;a apport\u00e9 des choses que je n&rsquo;ai trouv\u00e9es nulle part ailleurs. Il est v\u00e9ritablement le seul qui ait donn\u00e9 du sens \u00e0 ce qui jusque l\u00e0 n&rsquo;en avait aucun, et qui m&rsquo;ait apport\u00e9 l&rsquo;envie de savoir, de d\u00e9couvrir. Le go\u00fbt de Lacan pour le r\u00e9el, les instruments qu&rsquo;il offre pour l&rsquo;aborder&#8230; C&rsquo;est un virus dont on ne veut pas \u00eatre gu\u00e9ri&#8230; Tout dans son enseignement est ouvert au plus myst\u00e9rieux, au plus \u00e9trange, au plus extime&#8230; Si j&rsquo;ai appris \u00e0 m&rsquo;aimer, si je ne suis pas confondue de haine pour moi-m\u00eame comme ce que je lisais sous la plume d&rsquo;Althusser parlant de sa femme, c&rsquo;est par lui, c&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 lui&#8230; M\u00eame m&rsquo;\u00e9tant durant toutes ces ann\u00e9es, plus de vingt, tromp\u00e9e quant \u00e0 mon diagnostic: ce qui ne trompe pas c&rsquo;est la jouissance, la jouissance dans son acception lacanienne, c&rsquo;est d&rsquo;elle j&rsquo;apprenais quelque chose.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cet amour Un pour Lacan, sans faille,<\/strong> dont j&rsquo;ai cru qu&rsquo;il finirait par m&rsquo;apporter m\u00e9tier et communaut\u00e9, ce qui n&rsquo;a nullement \u00e9t\u00e9 le cas, que je deviendrais analyste, que je travaillerais au sein de l&rsquo;Ecole de la Cause freudienne, cet amour a fait de moi une n\u00e9vros\u00e9e mod\u00e8le pendant des ann\u00e9es. C&rsquo;est le discours m\u00eame de Lacan, son go\u00fbt du r\u00e9el, qui a suppl\u00e9\u00e9 au dit d\u00e9faut phallique. La d\u00e9marche analytique conduit \u00e0 toujours chercher \u00e0 traquer le r\u00e9el, en d\u00e9veloppe le go\u00fbt, la volont\u00e9. Et ce go\u00fbt, ce respect m\u00eame je dirais du r\u00e9el, respect je crois natif chez moi, amplifi\u00e9 certainement par la jouissance intellectuelle qu&rsquo;il y a \u00e0 le traquer, \u00e0 le d\u00e9busquer, \u00e0 toujours vouloir aller vers ce qui vous d\u00e9passe, ce dont on se sent \u00e0 la fois le plus s\u00e9par\u00e9 et le plus proche, permet au moins de pointer certaines subtilit\u00e9s de la vie, dont <em>in fine<\/em> aucune loi d\u00e9j\u00e0 \u00e9crite ne r\u00e9pond. C&rsquo;est un d\u00e9fi.<\/p>\n\n\n\n<p><mark>[ ici parler  du r\u00eave du N, du sang N, et du semblant + lien] <\/mark><\/p>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;y a pas de relation entre l&rsquo;amour de moi-m\u00eame et la haine de moi-m\u00eame. Ce n&rsquo;est que r\u00e9cemment, avec le diagnostic, que j&rsquo;ai pu commencer \u00e0 composer avec quelque chose que je pourrais appeler haine, haine de soi. Que je ressens parfois comme une force venant du dedans, venant de moi, mais toujours totalement inconnue, absolument \u00e9trang\u00e8re. M&rsquo;agissant de l&rsquo;int\u00e9rieur. Je l&rsquo;ai reconnue comme r\u00e9elle. Un r\u00e9el auquel je peux, de fa\u00e7on m\u00eame fabriqu\u00e9e, opposer l&rsquo;amour, l&rsquo;amour de moi-m\u00eame. Il se trouve qu&rsquo;une bonne part de cet amour s&rsquo;est vu augment\u00e9 au travers de la figure de Lacan, de l&rsquo;action lacanienne, de la d\u00e9marche analytique, qui conduit \u00e0 accorder de la valeur au moindre d\u00e9chet. De la valeur au d\u00e9chet m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, tout ceci est extr\u00eamement difficile \u00e0 \u00e9crire et tr\u00e8s mal \u00e9crit. <\/p>\n\n\n\n<p>Toute la maladie n&rsquo;est pas la haine de soi. La haine de soi c&rsquo;est le chien des enfers. Si je l&rsquo;ai peu dite en analyse, si elle a manqu\u00e9 \u00e0 appara\u00eetre, si elle ne s&rsquo;est exprim\u00e9e que dans une haine adress\u00e9e \u00e0 autrui (ce que j&rsquo;ai tent\u00e9 de cerner avec mon histoire d&rsquo;immixtion des sujets), c&rsquo;est que je savais ce qu&rsquo;elle comporte de jouissance et que je me gardais d&rsquo;en faire \u00e9talage. Cette jouissance, je ne voulais pas qu&rsquo;elle soit rep\u00e9r\u00e9e en tant que telle par un analyste. Elle s&rsquo;est manifest\u00e9e autrement. (C&rsquo;est une chose, je me dis parfois, qu&rsquo;on devrait apprendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, la part qu&rsquo;on prend \u00e0 son propre malheur, \u00e7a n&rsquo;est plus tr\u00e8s \u00e0 la mode, et \u00e7a l&rsquo;a parfois \u00e9t\u00e9 trop, je me suis certes accus\u00e9e de trop de torts, mais enfin, se d\u00e9fier davantage de soi ne ferait de tort \u00e0 personne.) Je disais donc : la haine o\u00f9 je suis de moi, je suis arriv\u00e9e \u00e0 la faire payer cher aux autres, aux autres aussi (Freud le dit tr\u00e8s bien), mais elle n&rsquo;est pas tout. Mais, je ne sais plus ce que je voulais dire.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, est-ce que tout \u00e7a nous m\u00e8ne loin du r\u00eave aux chiens, du r\u00eave aux 3 chiens. Dans ce r\u00eave, ce qui compte, c&rsquo;est l&rsquo;oubli des petits chiens. Et l&rsquo;\u00e9tat lamentable dans lequel je les retrouve, enferm\u00e9s dans des cartons, les yeux tout coll\u00e9s. Ils sont un peu comme des chiens empaill\u00e9s, mais toujours en vie. Ils ont cette sorte de raideur de certain jouet que j&rsquo;aurais eu, de chien noir, petit chien noir \u00e0 bascule : exactement, les voil\u00e0, le voil\u00e0. C&rsquo;est un jouet qui ne m&rsquo;a pas appartenu, mais qui se trouvait au ch\u00e2teau d&rsquo;A, et qui avait bien pour moi quelque chose de d\u00e9goutant, tant il \u00e9tait r\u00e9aliste (peut-on s&rsquo;asseoir sur un chien empaill\u00e9, ce qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas, pas vraiment).<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne sais ce qui dans les jours pr\u00e9c\u00e9dents m&rsquo;a conduite \u00e0 repenser \u00e0 ce qu&rsquo;a \u00e9t\u00e9 Lacan pour moi. Quel p\u00e8re il a \u00e9t\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, il faudra que j&rsquo;y revienne&#8230; Il reste quand m\u00eame quelques choses possibles \u00e0 en dire. <\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n\n\n<ol class=\"wp-block-footnotes\"><li id=\"bdd79114-b86c-4d44-af21-e2bc3a5f381d\">Cela fait quelques temps que je tente d&rsquo;\u00e9claircir pour moi la part d&rsquo;\u00e9nigme du texte d&rsquo;Eric Laurent sur la m\u00e9lancolie o\u00f9 il situe ce qui se joue pour le m\u00e9lancolique au moment du Fort\/Da, lequel depuis oriente certaines de mes recherches et m&rsquo;a amen\u00e9e \u00e0 retrouver et \u00e0 publier ici une page de son <em>Envers de la biopolitique<\/em>, o\u00f9 il est question du fantasme masochiste d&rsquo;\u00eatre trait\u00e9 comme un chien. Eric Laurent \u00e9crit : <strong>\u00ab\u00a0La m\u00e9lancolie, sacrifice suicide, s&rsquo;identifie \u00e0 cette mort du sujet qui se nomme dans le m\u00eame temps o\u00f9 il s&rsquo;\u00e9ternise.\u00a0\u00bb<br><\/strong>Eric Laurent, Ornicar? 47, \u00ab\u00a0M\u00e9lancolie, douleur d&rsquo;exister, l\u00e2chet\u00e9 morale\u00a0\u00bb, p. 10.<br>\u00a0. <a href=\"#bdd79114-b86c-4d44-af21-e2bc3a5f381d-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 1\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"d21cdf73-7d32-44e7-bac0-911b495fa2c8\">Lacan J, Le S\u00e9minaire, livre VI, <em>Le d\u00e9sir et son interpr\u00e9tation<\/em>, p. 152-153. <a href=\"#d21cdf73-7d32-44e7-bac0-911b495fa2c8-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 2\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8230;r\u00eave du jeudi 16 j&rsquo;ai deux chiens identiques, je les re\u00e7ois. deux jeunes chiens noirs et maigres, au poil ras. ils courent dans tous les sens. .j&rsquo;ai un grand chien, plut\u00f4t grand et blanc, au poil long. je le prom\u00e8ne, je fais des activit\u00e9s avec lui..\u00e0 un moment, des laisses sont mises..je me souviens avec&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2021\/09\/jeudi-16-sept-reve-2-1-chiens\/\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">jeudi 16 sept. &#8211; r\u00eave :: 2 + 1 chiens<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"[{\"content\":\"Cela fait quelques temps que je tente d'\u00e9claircir pour moi la part d'\u00e9nigme du texte d'Eric Laurent sur la m\u00e9lancolie o\u00f9 il situe ce qui se joue pour le m\u00e9lancolique au moment du Fort\/Da, lequel depuis oriente certaines de mes recherches et m'a amen\u00e9e \u00e0 retrouver et \u00e0 publier ici une page de son <em>Envers de la biopolitique<\/em>, o\u00f9 il est question du fantasme masochiste d'\u00eatre trait\u00e9 comme un chien. 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