{"id":17799,"date":"2016-12-03T17:36:50","date_gmt":"2016-12-03T16:36:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/?p=17799"},"modified":"2016-12-04T19:30:14","modified_gmt":"2016-12-04T18:30:14","slug":"metaphoremetonymie-ii-chabert-et-le-reste-de-saumon-de-belle-bouchere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2016\/12\/metaphoremetonymie-ii-chabert-et-le-reste-de-saumon-de-belle-bouchere\/","title":{"rendered":"m\u00e9taphore\/m\u00e9tonymie II. chabert et le reste de saumon de belle bouch\u00e8re"},"content":{"rendered":"<h3>\u00a0Jacques-Alain Miller, <em>La clinique lacanienne<\/em>, cours du 3 f\u00e9vrier 1982<\/h3>\n<p>SOURCE : <a href=\"http:\/\/jonathanleroy.be\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/1981-1982-Scansions-dans-lenseignement-de-Jacques-Lacan-JA-Miller.pdf\" target=\"_blank\">http:\/\/jonathanleroy.be\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/1981-1982-Scansions-dans-lenseignement-de-Jacques-Lacan-JA-Miller.pdf<\/a><\/p>\n<p>Extrait :<\/p>\n<p style=\"border-style: solid; border-size: 1px; font-size: 22px; padding: 8px;\"><strong>La belle bouch\u00e8re, donc.\u00a0 Elle nous embarrasse<\/strong>.\u00a0 Elle nous embarrasse parce que toute l&rsquo;analyse du d\u00e9sir de l&rsquo;hyst\u00e9rique est l\u00e0 pr\u00e9sent\u00e9e <strong>comme une affaire de signifiants<\/strong>. Dans son d\u00e9sir, elle est tout enti\u00e8re une affaire de signifiants.<\/p>\n<p>Vous vous souvenez avec quel brio Lacan resserre sa m\u00e9taphore et sa m\u00e9tonymie.<\/p>\n<p>Il fait valoir que dans le r\u00eave, qui est tr\u00e8s bref, <strong>tout tourne autour du saumon<\/strong>, du <strong>signifiant saumon<\/strong> qui, puisque la belle bouch\u00e8re pr\u00e9cise que c&rsquo;est en fait du caviar qu&rsquo;elle d\u00e9sire, est <strong>un signifiant substitu\u00e9 au caviar<\/strong>. Il y a donc l\u00e0 <strong>m\u00e9taphore<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Du c\u00f4t\u00e9 de la m\u00e9tonymie<\/strong>, il faut passer par une double d\u00e9tente. Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est que le <strong>caviar<\/strong> comme signifiant? C&rsquo;est un signifiant qui dans l&rsquo;existence de la patiente a pour signifi\u00e9 le <strong>d\u00e9sir insatisfait<\/strong>, insatisfait simplement parce qu&rsquo;elle se refuse au moyen de le satisfaire. Elle dit bien qu&rsquo;elle pense au caviar, mais que, \u00e9tant donn\u00e9 son prix, elle se refuse \u00e0 se le faire acheter. C&rsquo;est pourtant \u00e0 sa port\u00e9e de bouch\u00e8re. Les bouchers peuvent aller acheter des choses \u00e0 la poissonnerie. Nous avons donc ce d\u00e9sir insatisfait, et Lacan pr\u00e9sente alors les choses en disant que ce rapport est un <strong>rapport de m\u00e9tonymie entre le d\u00e9sir comme insatisfait et le d\u00e9sir de caviar<\/strong>. \u00c7a demande, pour \u00eatre convaincant, d&rsquo;\u00eatre support\u00e9 par la rh\u00e9torique de Lacan.<\/p>\n<p>C&rsquo;est un exemple amusant, qui montre <br \/>\n d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 cette <strong>m\u00e9taphore du saumon substitu\u00e9 au caviar<\/strong>, <br \/>\n et de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 <strong>la m\u00e9tonymie du d\u00e9sir insatisfait en rapport au caviar<\/strong>.<\/p>\n<p>Vous me direz que c&rsquo;est tir\u00e9 par les cheveux, mais \u00e7a ne me d\u00e9range pas.<\/p>\n<p>Dans toute cette affaire, et jusqu&rsquo;\u00e0 la fin, <strong>le saumon<\/strong> est bien la seule chose qui figure dans le r\u00eave, et il est trait\u00e9 par Lacan, tout du long, comme un <strong>simple signifiant de substitution<\/strong>, un signifiant de substitution du caviar.<\/p>\n<p>Ce qui donc appara\u00eet comme la <strong>cause du d\u00e9sir<\/strong> dans ce r\u00eave, c&rsquo;est le <strong>manque-\u00e0-\u00eatre<\/strong>.<\/p>\n<p><!--more-->Lacan dit que le <strong>d\u00e9sir est la m\u00e9tonymie du manque-\u00e0-\u00eatre<\/strong>, et c&rsquo;est l\u00e0 un terme qui est strictement invisible dans cette histoire, c&rsquo;est un terme qui n&rsquo;est saisissable nulle part et qui appara\u00eet comme cause du d\u00e9sir, comme cause de la m\u00e9tonymie du d\u00e9sir. On voit bien ce qui, dans la suite de l&rsquo;enseignement de Lacan, va changer, pour donner place \u00e0 ceci, qu&rsquo;il y a une cause du d\u00e9sir et que cette cause est l&rsquo;objet <em>a<\/em>. Ce qu&rsquo;avant il a expliqu\u00e9 tout du long, c&rsquo;est que la cause du d\u00e9sir est le manque-\u00e0-\u00eatre, et c&rsquo;est exactement \u00e0 \u00e7a qu&rsquo;il substitue ensuite que la cause du d\u00e9sir est ce petit <em>a <\/em>comme r\u00e9el, c&rsquo;est-\u00e0-dire le plus-de-jouir.<\/p>\n<p>On le voit tr\u00e8s bien lorsqu&rsquo;on lit dans cet esprit ce texte de Lacan o\u00f9 il parle de la cha\u00eene signifiante \u00ab\u00a0qui am\u00e8ne au jour le manque-\u00e0-\u00eatre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;est-ce que cet \u00ab\u00a0am\u00e8ne au jour le manque-\u00e0-\u00eatre\u00a0\u00bb d\u00e9signe l\u00e0?<\/p>\n<p>\u00c7a fait <strong>du manque-\u00e0-\u00eatre un effet de signifiant<\/strong>, et pr\u00e9cis\u00e9ment <strong>un effet qui se ballade entre sujet et objet<\/strong>. Disons que le manque-\u00e0-\u00eatre est assez proche de ce que Lacan construira comme <strong>le sujet barr\u00e9<\/strong>. Mais c&rsquo;est en m\u00eame temps un manque-\u00e0-\u00eatre qui <strong>doit causer le d\u00e9sir<\/strong>. Il y a donc, dans tout ce texte, comme une \u00e9quivoque. Il y a une \u00e9quivoque si on le relit \u00e0 partir de la construction ult\u00e9rieure de Lacan, l&rsquo;\u00e9quivoque m\u00eame que la partition s\u00e9parant le sujet barr\u00e9 et l&rsquo;objet <em>a <\/em>va r\u00e9soudre. C&rsquo;est bien l\u00e0 qu&rsquo;appara\u00eet le paradoxe.<\/p>\n<p>En effet, apr\u00e8s avoir centr\u00e9 les choses sur ce manque-\u00e0-\u00eatre comme cause du d\u00e9sir, et n&rsquo;avoir impliqu\u00e9 le saumon que comme signifiant de substitution, on nous r\u00e9v\u00e8le, \u00e0 la fin, <strong>dans un coup de savate magistral<\/strong>, le saumon comme objet phallique.<\/p>\n<p><strong>Alors que dans toute l&rsquo;\u00e9laboration, il n&rsquo;est qu&rsquo;un simple signifiant de substitution, il surgit \u00e0 la fin comme objet phallique, comme phallus, maigre comme l&rsquo;amie de l&rsquo;hyst\u00e9rique est maigre<\/strong>. Lacan tire toute cette probl\u00e9matique du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;identification au phallus, du d\u00e9sir d&rsquo;\u00eatre le phallus.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il faut peut-\u00eatre donner sa valeur \u00e0 l&rsquo;abus qu&rsquo;il y a \u00e0 impliquer dans cette affaire un phallus complet comme le saumon, celui qu&rsquo;on n&rsquo;a pas encore mang\u00e9, celui qu&rsquo;on va d\u00e9couvrir. Or, le saumon dont il s&rsquo;agit dans le r\u00eave, ce n&rsquo;est pas celui-l\u00e0, mais un <em>reste de saumon<\/em>.<\/p>\n<p>Est-ce qu&rsquo;on ne peut pas donner toute sa valeur \u00e0 ce que l&rsquo;hyst\u00e9rique a sur les bras, \u00e0 savoir son reste de saumon? Ce qui se pr\u00e9sente \u00e0 la fin de l&rsquo;affaire n&rsquo;est pas tellement le phallus glorieux de l&rsquo;identification hyst\u00e9rique, c&rsquo;est au contraire <strong>un reste de ce phallus glorieux<\/strong>. Ce qui est la fin ne para\u00eet pas pouvoir s&rsquo;\u00e9crire comme le phallus glorieux d\u00e9voil\u00e9 par le mythe du <em>Myst\u00e8re<\/em>, mais comme un reste.<\/p>\n<p>Je serais capable d&rsquo;impliquer cette id\u00e9e-l\u00e0 \u00e0 Lacan lui-m\u00eame. En effet, de quoi parle-t-il? De quoi parle-t-il quand il parle de cette identification derni\u00e8re d&rsquo;\u00eatre le phallus?<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Fut-il un phallus un peu maigre, voil\u00e0 t-il pas l&rsquo;identification derni\u00e8re au signifiant du d\u00e9sir\u00a0? Allons-nous avoir \u00e0 \u00e9peler le r\u00f4le du signifiant pour nous retrouver sur les bras le complexe de castration, et cette envie de p\u00e9nis dont Dieu puisse nous tenir quitte, quand Freud parvenu \u00e0 cette croix ne savait plus o\u00f9 se tirer, n&rsquo;apercevant au-del\u00e0 que le d\u00e9sert de l&rsquo;analyse.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Autrement dit, la question sous-jacente \u00e0 cette histoire, c&rsquo;est bien celle de <strong>l&rsquo;au-del\u00e0 du complexe de castration<\/strong>, et cela pour Lacan lui-m\u00eame &#8211; l&rsquo;au-del\u00e0 du complexe de castration qu&rsquo;il a formul\u00e9 une bonne fois pour toutes dans son enseignement, au moins jusqu&rsquo;aux n\u0153uds.<\/p>\n<p>Le complexe de castration &#8211; il le dit en toutes lettres et d\u00e8s 1958 &#8211; est certainement l&rsquo;os sur lequel Freud a but\u00e9 dans son exp\u00e9rience analytique, et c&rsquo;est seulement la distinction entre l&rsquo;objet et le phallus de la castration, entre l&rsquo;objet comme plus-de-jouir et le phallus de la castration, qui permet, aux yeux de Lacan, d&rsquo;aller au-del\u00e0 de cette croix, non de faire refleurir le d\u00e9sir de l&rsquo;analyse mais peut-\u00eatre son d\u00e9sert.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, ce d\u00e9sert, si je puis me permettre, n&rsquo;est pas un dessert. Le dessert qu&rsquo;on nous pr\u00e9sente avec ce saumon superbe, c&rsquo;est tout \u00e0 fait diff\u00e9rent du reste de saumon auquel l&rsquo;hyst\u00e9rique est accroch\u00e9e. Le saumon magnifique du repas m\u00e9riterait, lui, d&rsquo;\u00eatre glorifi\u00e9 ainsi, mais ce qui est en cause dans le r\u00eave de l&rsquo;hyst\u00e9rique, c&rsquo;est ce qui demeure une fois que la consommation en a \u00e9t\u00e9 faite.<\/p>\n<p>Elle est l\u00e0 camp\u00e9e, in\u00e9branlable, sur son reste de saumon, par rapport \u00e0 ce que sont les satisfactions de jouissance alimentaire. C&rsquo;est une position \u00e9minente des femmes du XIXe si\u00e8cle. Il y a quelqu&rsquo;un qui a parl\u00e9 tr\u00e8s bien de cette renonciation \u00e0 la jouissance alimentaire \u00e0 une certaine \u00e9poque, sp\u00e9cialement au XIXe si\u00e8cle. C&rsquo;est Sartre. Si vous lisez &#8211; cela ne se fait plus beaucoup &#8211; la <em>Critique de la raison dialectique<\/em>, vous avez, vers la fin de l&rsquo;ouvrage, des pages tout \u00e0 fait \u00e9blouissantes sur la renonciation \u00e0 la jouissance alimentaire chez les gens distingu\u00e9s, et sp\u00e9cialement chez les femmes de la troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de la bourgeoisie fran\u00e7aise apr\u00e8s la R\u00e9volution. Eh bien, c&rsquo;est \u00e7a qui supporte ce r\u00eave: la renonciation \u00e0 ces satisfactions alimentaires. Cela m&rsquo;a fait penser exactement \u00e0 ce qu&rsquo;exploite Flaubert au d\u00e9tour d&rsquo;une page de <em>Madame Bovary<\/em>. Je vais vous lire ce petit passage qui exploite ce clivage entre la jouissance abondante de la nourriture et une image superbe de f\u00e9minit\u00e9 qui est d&rsquo;un tout autre ordre. C&rsquo;est un paragraphe tout \u00e0 fait inou\u00ef.<\/p>\n<p>C&rsquo;est seulement \u00e0 sa fin que surgit ce qui pour moi s&rsquo;articule avec cette belle bouch\u00e8re:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Emma se sentit, en entrant, envelopp\u00e9e par un air chaud, m\u00e9lange du parfum des fleurs et du beau linge, du fumet des viandes et de l&rsquo;odeur des truffes. Les bougies des cand\u00e9labres allongeaient les flammes sur les cloches d&rsquo;argent; les cristaux \u00e0 facettes, couverts d&rsquo;une bu\u00e9e mate, se renvoyaient les rayons p\u00e2les; des bouquets \u00e9taient en ligne sur toute la longueur de la table, et, dans les assiettes \u00e0 large bordure, les serviettes, arrang\u00e9es en mani\u00e8re de bonnet d&rsquo;\u00e9v\u00eaque [c&rsquo;est le cross-cap] , tenaient entre le b\u00e2illement de leurs deux plis chacune un petit pain de forme ovale. Les pattes rouges des homards d\u00e9passaient les plats; de gros fruits dans des corbeilles \u00e0 jour s&rsquo;\u00e9talaient sur la mousse; les cailles avaient leurs plumes, des fum\u00e9es montaient; et, en bas de soie, en culotte courte, en cravate blanche, en jabot, grave comme un juge, le ma\u00eetre d&rsquo;h\u00f4tel, passant entre les \u00e9paules des convives les plats tout d\u00e9coup\u00e9s, faisait d&rsquo;un coup de sa cuiller sauter pour vous le morceau qu&rsquo;on choisissait. Sur le grand po\u00eale de porcelaine \u00e0 baguettes de cuivre, une statue de femme drap\u00e9e jusqu&rsquo;au menton regardait immobile la salle pleine de monde.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Voil\u00e0. C&rsquo;est un paragraphe de Flaubert. C&rsquo;est \u00e0 pleurer quand on lit \u00e7a, tellement c&rsquo;est bien fait! Je dirai que cette incroyable statue de femme drap\u00e9e jusqu&rsquo;au menton au milieu de ce gobergeage g\u00e9n\u00e9ral, c&rsquo;est, dans sa soit-disante impassibilit\u00e9, l&rsquo;\u00e9quivalent de notre hyst\u00e9rique recroquevill\u00e9e sur son reste de saumon.<\/p>\n<p><strong>Il faut donc redistinguer m\u00e9taphore et m\u00e9tonymie.<\/strong> La premi\u00e8re joue, dit Lacan, sur \u00ab\u00a0des effets de langage pr\u00e9alables \u00e0 la signifiance du sujet\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;est- ce que \u00e7a veut dire? \u00c7a veut dire que <strong>l\u00e0 o\u00f9 il y a m\u00e9taphore, on est en fait au point o\u00f9 le signifiant n&rsquo;est pas encore le repr\u00e9sentant du sujet<\/strong>. Ce qui est <strong>vraiment la repr\u00e9sentation d&rsquo;un signifiant pour un autre, c&rsquo;est la m\u00e9tonymie<\/strong>. Pour qu&rsquo;il y ait repr\u00e9sentation du sujet, il faut qu&rsquo;il y ait, dans une cha\u00eene et dans une articulation, un signifiant valant pour un autre. Dans la m\u00e9taphore, il n&rsquo;y a pas \u00e0 proprement parler repr\u00e9sentation du sujet. <strong>La repr\u00e9sentation, c&rsquo;est ce que Lacan pr\u00e9sente comme le propre de la m\u00e9tonymie.<\/strong><\/p>\n<p>Mais est-ce que le sujet est absent dans la m\u00e9taphore? Voyez les termes que Lacan emploie. <strong>Il dit que dans la m\u00e9taphore est rendue pr\u00e9sente cette signifiance du sujet<\/strong>, mais comme en court-circuit, comme globalement, pas de fa\u00e7on articul\u00e9e <strong>mais de fa\u00e7on massive, et je dirai mortifiante<\/strong> pour le sujet. C&rsquo;est pour \u00e7a que Lacan peut dire, dans ce passage de <em>Radiophonie<\/em> que je vous ai signal\u00e9 et qu&rsquo;il faut mettre en balance avec \u00ab\u00a0L&rsquo;instance de la lettre\u00a0\u00bb, que le signifiant dans la m\u00e9taphore ne joue pas encore du repr\u00e9sentant. Ca veut dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas \u00e0 proprement parler repr\u00e9sentation du sujet, mais <strong>pr\u00e9sentification de la signifiance du sujet<\/strong> comme en court-circuit. <strong>La m\u00e9tonymie, c&rsquo;est le long circuit<\/strong>, et c&rsquo;est donc normalement du c\u00f4t\u00e9 de la m\u00e9tonymie que s&rsquo;effectue cette repr\u00e9sentation du sujet. Mais ce qu&rsquo;il s&rsquo;agit de saisir, c&rsquo;est <strong>en quoi la m\u00e9tonymie joue en m\u00eame temps de la jouissance<\/strong>.<\/p>\n<p>Il y a l\u00e0 un <strong>paradoxe<\/strong> que vous voyez traverser les <em>Ecrits<\/em> de Lacan, o\u00f9 celui-ci essaye p\u00e9niblement de situer la m\u00e9tonymie <strong>entre la repr\u00e9sentation du sujet<\/strong> et ce qu&rsquo;il appelle lui-m\u00eame <strong>la comptabilit\u00e9 de la jouissance<\/strong>.<\/p>\n<p>Pour la m\u00e9taphore, il faut que je fasse un petit effort. Je dois dire que je ne l&rsquo;ai pas fait d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, mais nagu\u00e8re, dans un s\u00e9minaire, o\u00f9 je m&rsquo;\u00e9tais dit qu&rsquo;il fallait quand m\u00eame que j&rsquo;am\u00e8ne un autre exemple de m\u00e9taphore que l&rsquo;exemple sempiternel de \u00ab\u00a0sa gerbe n&rsquo;\u00e9tait pas avare ni haineuse\u00bb, qui, \u00e0 force d&rsquo;\u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9, \u00e9tait devenu un petit peu ennuyeux. Je m&rsquo;\u00e9tais dit &#8211; et il faut croire que j&rsquo;\u00e9tais bien inspir\u00e9 &#8211; que je prendrais le premier livre venu dans la biblioth\u00e8que litt\u00e9raire, et que je cueillerais la premi\u00e8re m\u00e9taphore que j&rsquo;y trouverais.<\/p>\n<p>Je suis tomb\u00e9 sur <strong>Balzac<\/strong>. J&rsquo;ai quand m\u00eame regard\u00e9 les titres et j&rsquo;ai pris <strong><em>Le Colonel Chabert<\/em><\/strong>. Je suis tomb\u00e9 effectivement tout de suite sur une m\u00e9taphore, et m\u00eame une m\u00e9taphore qui me para\u00eet tout \u00e0 fait exemplaire.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 comment commence <em>Le Colonel Chabert <\/em>:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0&#8211; Allons! encore notre vieux carrick!\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C&rsquo;est certainement encore plus \u00e9nigmatique pour nous que pour les lecteurs de ce temps-l\u00e0, puisque nous n&rsquo;avons presque plus l&rsquo;id\u00e9e de ce qu&rsquo;est un carrick. Ce qui est encore plus beau dans la somme de hasards qui a produit le fait que je tombe sur cette m\u00e9taphore, c&rsquo;est qu&rsquo;en plus, dans les lieux o\u00f9 se d\u00e9roulait ce s\u00e9minaire, c&rsquo;est-\u00e0-dire rue de Navarin, il y avait une gravure o\u00f9 il y avait un carrick. Le carrick est un manteau du XIXe si\u00e8cle, avec des capes superpos\u00e9es les unes aux autres. On refait \u00e7a un peu aujourd&rsquo;hui. Vous avez le manteau puis, par dessus, une petite cape, et \u00e0 l&rsquo;occasion une deuxi\u00e8me et une troisi\u00e8me. Dans cette image, que j&rsquo;avais choisie pour <em>Ornicar<\/em>? , il y avait donc justement un carrick repr\u00e9sent\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Allons! encore notre vieux carrick!\u00a0\u00bb Ca d\u00e9signe quoi? Il faut lire la suite du texte pour s&rsquo;en apercevoir. Il y a l&rsquo;\u00e9tude d&rsquo;un avou\u00e9 avec tous les clercs de notaire. Ils sont pench\u00e9s par la fen\u00eatre, et celui qui voit arriver le colonel Chabert prononce cette m\u00e9taphore. <strong>Autrement dit, dans le texte m\u00eame, ce colonel Chabert est pr\u00e9sent\u00e9 d&#8217;embl\u00e9e comme m\u00e9taphoris\u00e9<\/strong>. <strong>C&rsquo;est exactement une m\u00e9taphore. Ce n&rsquo;est certainement pas une m\u00e9tonymie, puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de ressemblance ou de connexion entre le carrick et le colonel Chabert. <\/strong>Si on d\u00e9signe la personne par une partie de sa v\u00eature, au sens o\u00f9 la dame pourrait dire qu&rsquo;elle ne tombe amoureuse que des uniformes, c&rsquo;est-\u00e0-dire des messieurs qui sont \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des uniformes, on pourrait dire qu&rsquo;on a affaire \u00e0 une m\u00e9tonymie. Mais selon les crit\u00e8res de Lacan, on a l\u00e0 affaire \u00e0 une m\u00e9taphore. On a affaire \u00e0 une m\u00e9taphore parce que le mot <em>carrick<\/em> vient \u00e0 la place de <em>notre vieux colonel Chabert<\/em>, que personne n&rsquo;est capable de prononcer puisque personne ne sait que c&rsquo;est le colonel Chabert. <em>Carrick<\/em> s&rsquo;implante dans l&rsquo;expression \u00e0 la place de <em>notre colonel Chabert<\/em>, il le fait tomber. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs d\u00e9j\u00e0 une injure. Ca fait tr\u00e8s bien suite \u00e0 ce que Lacan dit de <strong>la dimension d&rsquo;injure o\u00f9 s&rsquo;origine la m\u00e9taphore<\/strong>. On le voit dans les autres versions du texte, o\u00f9 Balzac dit: \u00ab\u00a0Voil\u00e0 encore le vieux carrick qui monte ici.\u00a0\u00bb L\u00e0, il n&rsquo;y a plus d&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9. Le vieux carrick qui monte est vraiment mis \u00e0 la place de Chabert. Ca v\u00e9rifie syntaxiquement que nous avons bien une m\u00e9taphore et non pas une m\u00e9tonymie. Je dirai que cette m\u00e9taphore est exemplaire dans cette histoire, puisque tout le drame m\u00eame de ce pauvre Chabert est justement d&rsquo;\u00eatre r\u00e9duit \u00e0 l&rsquo;homme sans nom, \u00e0 l&rsquo;homme suppos\u00e9 mort. Sa mort nous est au fond pr\u00e9sent\u00e9e d\u00e8s la premi\u00e8re phrase, et toute l&rsquo;histoire de Chabert est en d\u00e9finitive l&rsquo;histoire de cette m\u00e9taphore de d\u00e9part. Vous savez qu&rsquo;il est suppos\u00e9 \u00eatre mort dans une charge de cavalerie. Il nous est d&rsquo;ailleurs pr\u00e9sent\u00e9 tout de suite bombard\u00e9 par le clerc de notaire avec de la mie de pain. De la m\u00eame fa\u00e7on qu&rsquo;il est suppos\u00e9 \u00eatre mort, enfoui sous des corps, il nous est pr\u00e9sent\u00e9 sous la forme de ce manteau \u00e0 capes superpos\u00e9es.<\/p>\n<p>C&rsquo;est tr\u00e8s amusant si vous lisez la suite. Il est d&rsquo;abord appel\u00e9, du point de vue du scripteur, un \u00ab\u00a0inconnu\u00a0\u00bb. Ensuite les clercs de notaire l&rsquo;appellent \u00ab\u00a0ce chinois-l\u00e0\u00a0\u00bb, ou encore \u00ab\u00a0un fameux cr\u00e2ne\u00a0\u00bb. Ce qui nous est pr\u00e9sent\u00e9 dans ces toutes premi\u00e8res pages, c&rsquo;est toutes les manipulations du langage d&rsquo;o\u00f9 \u00e9merge avec peine cet individu, ce qui reste de vie de lui. Dans cette \u00e9tude de clercs de notaire r\u00e8gnent tous les modes de l&rsquo;\u00e9criture, \u00e0 savoir qu&rsquo;on lit des textes officiels, qu&rsquo;on corrige des orthographes, et Balzac ne fait que les accumuler. En m\u00eame temps que ce registre de l&rsquo;\u00e9criture est parfaitement pr\u00e9sent\u00e9, le registre de la parole l&rsquo;est aussi bien. D\u00e8s que quelqu&rsquo;un s&rsquo;aper\u00e7oit que peut-\u00eatre le colonel Chabert est le colonel Chabert, un des clercs se rend aupr\u00e8s de lui et vous avec ce dialogue:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0&#8211; Monsieur, lui dit Boucard, voulez-vous avoir la complaisance de nous donner votre nom afin que le patron sache si&#8230;? <br \/>\n &#8211; Chabert. <br \/>\n &#8211; Est-ce le colonel mort \u00e0 Eylau? demanda Hor\u00e9, qui, n&rsquo;ayant encore rien dit, \u00e9tait jaloux d&rsquo;ajouter une raillerie \u00e0 toutes les autres. <br \/>\n &#8211; Lui-m\u00eame, monsieur, r\u00e9pondit le bonhomme avec une simplicit\u00e9 antique. <br \/>\n Et il se retira.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>D\u00e8s que le sujet fondamentalement mort de la m\u00e9taphore s&rsquo;est ainsi \u00e9clips\u00e9 &#8211; \u00ab\u00a0Et il se retira\u00a0\u00bb -, vous avez ensuite la r\u00e9action de chacun des clercs:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab &#8211; Chouit! &#8211; D\u00e9gomm\u00e9! &#8211; Puff! &#8211; Oh! &#8211; Ah! &#8211; Bioum! &#8211; Ah! le vieux dr\u00f4le! &#8211; Trinn la la trinn trinn! &#8211; Enfonc\u00e9! [&#8230;] Ce fut un torrent de cris, de rires et d&rsquo;exclamations, \u00e0 la peinture duquel on userait toutes les onomatop\u00e9es de la langue.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Balzac mobilise l&rsquo;ensemble des jaculations qui font s\u00e9rie avec la m\u00e9taphore de d\u00e9part. Le fait que cela joue ind\u00e9pendamment du sujet nous est manifest\u00e9. On peut dire que le <em>carrick<\/em> repr\u00e9sente Chabert, mais c&rsquo;est une repr\u00e9sentation tout \u00e0 fait diff\u00e9rente de celle de la repr\u00e9sentation du sujet par un signifiant pour un autre. <strong>Nous avons, au contraire, une repr\u00e9sentation en court-circuit qui est strictement \u00e9quivalente \u00e0 son annulation<\/strong>. Je veux dire que le fonctionnement de la m\u00e9taphore, tel que Lacan le conceptualise, <strong>ne repr\u00e9sente le sujet qu&rsquo;\u00e0 le tuer, qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;annuler. <\/strong>Le colonel Chabert est \u00e0 cet \u00e9gard l&rsquo;exemple le plus probant, le plus massif.<\/p>\n<p><strong>S&rsquo;agissant de la m\u00e9tonymie<\/strong>, et si on essaye de la situer dans le r\u00eave de la belle bouch\u00e8re, <strong>c&rsquo;est le manque-\u00e0-jouir qui est au premier plan<\/strong>. <strong>La m\u00e9tonymie est articul\u00e9e l\u00e0 au manque-\u00e0-jouir.<\/strong> La belle bouch\u00e8re nous pr\u00e9sente la figure du manque-\u00e0-jouir sous les esp\u00e8ces du reste de saumon fum\u00e9. Il faut bien dire que la psychanalyse comme exp\u00e9rience est une mise en sc\u00e8ne de cette renonciation \u00e0 la jouissance, et cela dans sa ph\u00e9nom\u00e9nologie la plus imm\u00e9diate. C&rsquo;est m\u00eame ce qui fait qu&rsquo;un savoir peut s&rsquo;en d\u00e9poser. Le savoir suppose, bien s\u00fbr, toujours une renonciation \u00e0 la jouissance. Je dis <em>bien s\u00fbr<\/em> parce que nous avons <strong>toujours l&rsquo;utopie de savoirs r\u00e9concili\u00e9s avec la jouissance<\/strong>. C&rsquo;est ce que Lacan appelait les sagesses. <strong>C&rsquo;est ce que sont les sagesses antiques ou orientales dans l&rsquo;id\u00e9e que nous nous en faisons. Ce sont des savoirs r\u00e9concili\u00e9s avec la jouissance, et avec les arts \u00e0 l&rsquo;occasion, l&rsquo;art d&rsquo;aimer.<\/strong> C&rsquo;est au contraire de la structure o\u00f9 nous sommes et o\u00f9 tout le monde est ou sera. <em>Sera<\/em> car \u00e0 partir du moment o\u00f9 on baptise les pays du Tiers-monde \u00ab\u00a0pays sous-d\u00e9velopp\u00e9s\u00a0\u00bb, \u00e7a veut dire qu&rsquo;on les promet d\u00e9j\u00e0 \u00e0 notre d\u00e9veloppement. <strong>S&rsquo;il y a encore des petites zones o\u00f9 l&rsquo;on raconte qu&rsquo;on sait y faire avec la jouissance, ce sont d\u00e9j\u00e0 des esp\u00e8ces en voie de disparition.<\/strong> <strong>Pour nous, pour ce qu&rsquo;il en est de notre structure, il y a antinomie entre savoir et jouissance. <\/strong>C&rsquo;est donc au prix d&rsquo;une renonciation \u00e0 la jouissance qu&rsquo;un savoir est possible. <strong>L&rsquo;analyse est la mise en sc\u00e8ne hideuse de ce fait. <\/strong>D&rsquo;une part \u00e7a d\u00e9gage du savoir, et d&rsquo;autre part \u00e7a isole ce qui, au-del\u00e0 de cette renonciation \u00e0 la jouissance, revient comme un reste de saumon fum\u00e9. Ca ne permet pas vraiment de donner \u00e0 d\u00eener &#8211; la belle bouch\u00e8re a bien raison -, \u00e7a permet seulement d&rsquo;isoler le saumon fum\u00e9. <strong>La psychanalyse permet d&rsquo;isoler le reste de saumon fum\u00e9.<\/strong> Il faut bien dire que ce qu&rsquo;on d\u00e9crit comme <strong>le th\u00e9\u00e2tralisme de l&rsquo;hyst\u00e9rie n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que la mise en sc\u00e8ne, pour elle-m\u00eame et par elle-m\u00eame, de la renonciation \u00e0 la jouissance.<\/strong> <strong>C&rsquo;est un t\u00e9moignage que le repas est impossible.<\/strong><\/p>\n<p>Il n&rsquo;est pas difficile de s&rsquo;apercevoir de l&rsquo;\u00e9rotisation des voies alimentaires, puisqu&rsquo;il y a quand m\u00eame quelque chose qui est extr\u00eamement r\u00e9pandu \u00e0 cet \u00e9gard comme sympt\u00f4me, et qui t\u00e9moigne que c&rsquo;est bien par le refus de s&rsquo;alimenter que peut \u00e0 l&rsquo;occasion \u00eatre au mieux mise en sc\u00e8ne cette renonciation \u00e0 la jouissance comme sexuelle.<\/p>\n<p>Si on n&rsquo;a pas besoin de remettre en cause toute l&rsquo;analyse de Lacan \u00e0 partir du moment o\u00f9 l&rsquo;on passe du d\u00e9sir \u00e0 la jouissance, <strong>c&rsquo;est qu&rsquo;il y a un statut fondamental du d\u00e9sir que met en valeur l&rsquo;hyst\u00e9rique et qui est l&rsquo;insatisfaction.<\/strong> Si le d\u00e9sir est essentiellement l&rsquo;insatisfaction du d\u00e9sir &#8211; pour continuer \u00e0 d\u00e9sirer du caviar, il faut s&rsquo;en priver <strong>&#8211; eh bien, il faut voir que c&rsquo;est pareil pour la jouissance.<\/strong> C&rsquo;est m\u00eame exactement ce que dit Lacan<strong>: il y a un statut fondamental de la jouissance qui est l&rsquo;insatisfaction.<\/strong> C&rsquo;est ce qu&rsquo;il y a de commun entre le d\u00e9sir et la jouissance, et qui permet finalement que l&rsquo;enseignement de Lacan ne se d\u00e9chire pas comme \u00e7a. Il y a une zone d&rsquo;incertitude, de flou, parce que c&rsquo;est dans les m\u00eames termes que l&rsquo;on peut parler de d\u00e9sir et de jouissance. Mais nous, nous ne sommes pas ici pour faire du flou artistique, nous sommes ici pour accuser les diff\u00e9rences.<\/p>\n<p><strong>Le clivage entre moins-phi et petit a est donc la clef de la th\u00e9orie de la passe<\/strong> chez Lacan. C&rsquo;est aussi bien le ressort de la sublimation.<\/p>\n<p>Je pense que lorsque je reprendrai les choses le 24 f\u00e9vrier, je les reprendrai \u00e0 partir de l\u00e0.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, il y aura, entre temps, la Rencontre internationale, ce grand ramdam que nous avons organis\u00e9 et qui va voir venir beaucoup de personnes qui vont amener leurs cas cliniques. Il est donc possible que \u00e7a me donne d&rsquo;autres id\u00e9es, plut\u00f4t que de continuer purement et simplement sur cette voie. Enfin, c&rsquo;est \u00e0 la fortune du pot.<\/p>\n<p>A la fois prochaine.<\/p>\n<p>Jacques-Alain Miller<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Jacques-Alain Miller, La clinique lacanienne, cours du 3 f\u00e9vrier 1982 SOURCE : http:\/\/jonathanleroy.be\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/1981-1982-Scansions-dans-lenseignement-de-Jacques-Lacan-JA-Miller.pdf Extrait : La belle bouch\u00e8re, donc.\u00a0 Elle nous embarrasse.\u00a0 Elle nous embarrasse parce que toute l&rsquo;analyse du d\u00e9sir de l&rsquo;hyst\u00e9rique est l\u00e0 pr\u00e9sent\u00e9e comme une affaire de signifiants. Dans son d\u00e9sir, elle est tout enti\u00e8re une affaire de signifiants. 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