{"id":19564,"date":"2022-12-31T10:39:00","date_gmt":"2022-12-31T09:39:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/?p=19564"},"modified":"2023-01-10T17:44:08","modified_gmt":"2023-01-10T16:44:08","slug":"logique-melancolique-tout-ce-que-je-dis-est-faux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2022\/12\/logique-melancolique-tout-ce-que-je-dis-est-faux\/","title":{"rendered":"logique m\u00e9lancolique : \u00ab Tout ce que je dis est faux\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><strong>La logique m\u00e9lancolique<\/strong> est d\u2019un autre ordre (&#8230;), en ce que le manque y est beaucoup moins apparent. Le m\u00e9lancolique va en effet jusqu\u2019au point de non-retour o\u00f9 se prof\u00e8re, par exemple, cette phrase :<strong> \u00ab Tout ce que je dis est faux\u00bb<\/strong> ((F. Pellion, <em class=\"marquage italique\">M\u00e9lancolie et v\u00e9rit\u00e9<\/em>, chapitre 2, Paris, <span class=\"marquage petitecap\">PUF<\/span>, 2000. Il suffit donc \u00e0 un sujet ordinaire d\u2019\u00eatre m\u00e9lancolique pour produire des \u00e9nonc\u00e9s analogues \u00e0 ceux que l\u2019on rencontre dans les manuels de logique, o\u00f9 ils paraissent fabriqu\u00e9s. (En l\u2019occurrence, cet \u00e9nonc\u00e9-ci se superpose assez bien au paradoxe du menteur, connu depuis l\u2019Antiquit\u00e9 et largement comment\u00e9 par Lacan dans son S\u00e9minaire XI, <em class=\"marquage italique\">Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse<\/em>, Paris, Le Seuil, 1973, sp\u00e9cialement les p. 127-129.)))<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Si \u00ab\u00a0tout ce que je dis est faux\u00a0\u00bb est l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 princeps de la m\u00e9lancolie, alors je ne suis pas m\u00e9lancolique, ou alors, la pratique de la psychanalyse m&rsquo;a suffisamment introduite \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;inconscient que pour survivre. (Si \u00ab\u00a0tout ce que je dis est faux\u00a0\u00bb prend son d\u00e9part d&rsquo;un amour inconditionnel, absolu du vrai, alors la v\u00e9rit\u00e9 entraper\u00e7ue vivement parfois dans mes lectures psychanalytiques ou au travers de mon exp\u00e9rience en analyse, cette v\u00e9rit\u00e9 si bien mi-dite et si bien li\u00e9e \u00e0 une exp\u00e9rience de jouissance propre, unique, est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui tend \u00e0 me fonder comme sujet, non pas du d\u00e9sir de l&rsquo;Autre, mais comme sujet de la jouissance, de l&rsquo;Un. Un tel sujet est impossible &#8211; sinon dans le registre de la v\u00e9rit\u00e9 psychanalytique). Il me semble que j&rsquo;ai pu conna\u00eetre des moments de  \u00ab\u00a0tout ce que je dis est faux\u00a0\u00bb, peut-\u00eatre bien les moments les plus vides,  les plus d\u00e9sappointants, o\u00f9 il ne reste plus aucun point d&rsquo;appui. \u00ab\u00a0Tout ce que je dis est faux\u00a0\u00bb, je peux l\u2019\u00e9prouver aussi en sortant de chez l&rsquo;analyste, \u00e0 me sentir d\u00e9\u00e7ue par rapport \u00e0 ce que j&rsquo;aurais esp\u00e9r\u00e9 pouvoir dire. C&rsquo;est encore ce que je dis quand je dis que l&rsquo;approche du pas-tout lacanien (mon approche th\u00e9orique du pas-tout lacanien) est ce qui m&rsquo;a (dans la pratique) soulag\u00e9e du tout, est ce qui m&rsquo;a aid\u00e9 \u00e0 combattre  l&rsquo;angoisse li\u00e9e au tout. J&rsquo;ai trouv\u00e9 des solutions par le pas-tout.  <\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Cette sentence d\u00e9montre que l\u2019absolutisme de la folie, que le \u00ab Tout \u00bb, ici, signe, n\u2019a pas besoin d\u2019autre chose que du reniement de la v\u00e9rit\u00e9 commune pour s\u2019exprimer. Alors que cette v\u00e9rit\u00e9 commune, qui se fonde sur un \u00ab Certaines choses, parmi ce que je dis, pense, ou crois, sont peut-\u00eatre vraies \u00bb, demeure en fonction dans la d\u00e9pression \u2013 ce qui fait en particulier que le d\u00e9prim\u00e9, au contraire du m\u00e9lancolique, s\u2019estime fond\u00e9 \u00e0 se plaindre de son \u00e9tat. L\u2019\u00e9nonc\u00e9 <strong>\u00ab Tout ce que je dis est faux \u00bb manifeste au contraire qu\u2019il n\u2019y a dans la m\u00e9lancolie pas de vrai, aucun vrai. Elle se situe en cela \u00e0 un moment logiquement oppos\u00e9 de celui de la parano\u00efa<\/strong> : le m\u00e9canisme fondamental de cette derni\u00e8re, l\u2019interpr\u00e9tation, se nourrit au contraire de la v\u00e9rit\u00e9 \u2013 soit, comme le faisait remarquer Freud d\u00e8s 1901, d\u2019un \u00ab Il y a du vrai dans tout cela \u00bb (Freud, 1986<em class=\"marquage italique\">a<\/em>, p. 273). (De m\u00eame, l\u2019hallucination, en tant qu\u2019elle v\u00e9hicule <em class=\"marquage italique\">de la certitude<\/em>, peut \u00e0 la limite \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un cas particulier d\u2019interpr\u00e9tation, comme une interpr\u00e9tation se produisant <em class=\"marquage italique\">malgr\u00e9 le sujet<\/em> (Pellion, 2000<em class=\"marquage italique\">b<\/em>).)<\/p><p>C\u2019est-\u00e0-dire que <strong>le sujet m\u00e9lancolique est priv\u00e9 m\u00eame du recours d\u2019\u00eatre pers\u00e9cut\u00e9.<\/strong> Il faudrait pour cela quelque chose <strong>pr\u00e9alablement d\u00e9limit\u00e9 comme \u00ab premier ext\u00e9rieur \u00bb<\/strong> (Freud, 1992), voire comme<strong> \u00ab monde ext\u00e9rieur r\u00e9el \u00bb<\/strong> (Freud, 1995), selon les expressions de Freud. Soit quelque chose qui soit pourvu d\u2019un minimum de consistance \u00ab ontologique \u00bb.<\/p><p>(&#8230;)<\/p><p>Deux questions se posent alors. D\u2019abord, comment est-il alors possible que la proposition nucl\u00e9aire qui affirme \u00ab tout ce que je dis est faux \u00bb \u2013 et qui rel\u00e8ve, donc, du registre de la <em class=\"marquage italique\">pens\u00e9e<\/em> \u2013, ait pu se rabattre, en environ un si\u00e8cle et demi, sur la collection des manifestations <em class=\"marquage italique\">mat\u00e9rielles<\/em> de la d\u00e9pression ? Ensuite, comment l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 selon Freud \u00ab typique \u00bb de la m\u00e9lancolie rejoint-elle cette pathologie de la v\u00e9rit\u00e9 ?<\/p><p><strong>Les manifestations mat\u00e9rielles de la m\u00e9lancolie regroupent des atteintes du corps<\/strong> dont certaines sont report\u00e9es presque telles quelles de l\u2019antique maladie vers les classifications r\u00e9centes. Ainsi de celles que vise l\u2019expression pr\u00e9c\u00e9demment cit\u00e9e de \u00ab syndrome somatique \u00bb, ou encore, dans le <span class=\"marquage petitecap\">dsm<\/span>-III-R, de celles qui contribuent \u00e0 isoler, au sein des d\u00e9pressions dites \u00ab s\u00e9v\u00e8res \u00bb, un \u00ab type m\u00e9lancolique\u202f\u00bb (( Dont, parmi les neuf <em class=\"marquage italique\">items<\/em> qui le sp\u00e9cifient, six r\u00e9f\u00e8rent directement ou indirectement \u00e0 l\u2019activit\u00e9 du corps : \u00ab Pr\u00e9sence d\u2019au moins cinq des sympt\u00f4mes suivants : 1) Perte d\u2019int\u00e9r\u00eat ou de plaisir pour toutes ou presque toutes les activit\u00e9s ; 2) Manque de r\u00e9activit\u00e9 aux stimulations habituellement agr\u00e9ables [\u2026] ; 3) D\u00e9pression r\u00e9guli\u00e8rement plus marqu\u00e9e le matin ; 4) R\u00e9veil matinal pr\u00e9coce [\u2026] ; 5) Agitation ou ralentissement psychomoteur (non limit\u00e9 \u00e0 des plaintes subjectives) ; 6) Anorexie ou perte de poids significative [\u2026] ; 7) Absence de perturbation significative de la personnalit\u00e9 avant la survenue du premier \u00e9pisode d\u00e9pressif majeur ; 8) Un ou plusieurs \u00e9pisodes d\u00e9pressifs majeurs ant\u00e9rieur(s) suivi(s) par une r\u00e9mission compl\u00e8te ou presque compl\u00e8te ; 9) Bonne r\u00e9ponse ant\u00e9rieure \u00e0 un traitement antid\u00e9presseur <em class=\"marquage italique\">somatique<\/em> sp\u00e9cifique et ad\u00e9quat (par ex. tricycliques, \u00e9lectrochocs, <span class=\"marquage petitecap\">imao<\/span>, lithium) \u00bb (American Psychiatric Association. <span class=\"marquage petitecap\">dsm<\/span> III-R, <em class=\"marquage italique\">Crit\u00e8res diagnostiques<\/em>, Paris, Masson, 1989, p. 152).)) r\u00e9siduel.<\/p><p>Les ph\u00e9nom\u00e8nes que ces <em class=\"marquage italique\">items<\/em> d\u00e9crivent sont pris tr\u00e8s au s\u00e9rieux par la psychanalyse aussi : \u00ab h\u00e9morragie libidinale \u00bb, pour Freud (1956<em class=\"marquage italique\">c<\/em>, p. 97) ; \u00ab rupture au joint le plus intime du sentiment de la vie, pour Lacan (1966<em class=\"marquage italique\">a<\/em>, p. 558). Mais, quand le seul regard m\u00e9dical les d\u00e9limite, on n\u00e9glige d\u2019examiner le parall\u00e8le entre leur \u00ab marche\u202f\u00bb (( \u00ab On ne suit pas avec assez de soin, en g\u00e9n\u00e9ral, la marche des maladies mentales \u00bb, Jean-Paul Falret, \u00ab De la folie circulaire \u00bb, <em class=\"marquage italique\">Des maladies mentales et des asiles d\u2019ali\u00e9n\u00e9s<\/em>, Paris, Bailli\u00e8re, 1864, p. 470. )) et le d\u00e9ploiement fautif des id\u00e9es ; ainsi de la succession d\u00e9crite par Cotard entre id\u00e9es de damnation, d\u2019immortalit\u00e9 et d\u2019incurabilit\u00e9 \u2013 que l\u2019on oublie trop souvent de rechercher, alors qu\u2019elles rendent, selon moi, raison de nombre d\u2019\u00e9checs th\u00e9rapeutiques \u2013, <em class=\"marquage italique\">puis<\/em> n\u00e9gations corporelles (Cotard, 1882). Et cette m\u00eame n\u00e9gligence finit par rendre aveugle \u00e0 toute d\u00e9termination qui ne soit pas purement corporelle.<\/p><p>(&#8230;)<\/p><p>La premi\u00e8re de ces questions \u2013 premi\u00e8re en date et en \u00e9tranget\u00e9 \u2013 est celle de savoir comment un \u00abparl\u00eatre\u00bb, pour reprendre le mot de Lacan (1975), peut abjurer sa condition de parl\u00eatre au point de prof\u00e9rer ceci : \u00ab Tout ce que je dis est faux \u00bb (Pellion, 2000a, chap. 2). Il faut pr\u00e9ciser que, m\u00eame si je m\u2019en suis trouv\u00e9 saisi, cette question ne m\u2019\u00e9tait pas sp\u00e9cialement destin\u00e9e, mais fut pos\u00e9e \u00e0 la cantonade du service hospitalier o\u00f9 je travaille et o\u00f9 je faisais alors mon apprentissage.<\/p><p>La seconde question, qui est une fa\u00e7on de commencer \u00e0 apprivoiser la premi\u00e8re, demande si cette proposition <strong>\u00ab Tout ce que je dis est faux \u00bb ne serait pas une sorte de <em>nucleus \u00e9nonciatif<\/em> qui unifierait toutes les manifestations de la vieille affection m\u00e9lancolique <\/strong> ((   Vieille affection, car seule affection mentale avec l\u2019hyst\u00e9rie \u00e0 \u00eatre d\u00e9crite assez constamment de la plus lointaine Antiquit\u00e9 \u00e0 nos jours. ))    <\/p><p>(&#8230;)<\/p><p>Une troisi\u00e8me question s\u2019en d\u00e9duit : celle de la <strong>transformation <\/strong>(Freud, 1956, p. 307-396) <strong>de la proposition nucl\u00e9aire qui dit \u2013 et qui se situe donc avant tout dans le registre de la <em>pens\u00e9e<\/em><\/strong> \u2013 \u00ab Tout ce que je dis est faux \u00bb, en, depuis un si\u00e8cle et demi environ, <strong>la collection bien connue des manifestations <em>mat\u00e9rielles<\/em> de la d\u00e9pression. <\/strong>Je fais ici allusion au poids croissant de ce que la s\u00e9miologie actuelle isole comme \u00ab syndrome somatique \u00bb (Classification internationale des troubles mentaux, p. 100), et dont l\u2019anh\u00e9donie et le ralentissement sont des corollaires en tant, on le voit bien, qu\u2019ils engagent avant tout le corps.<\/p><p>Il reste alors \u00e0 savoir, quatri\u00e8me question, <strong>si les h\u00e9sitations contemporaines quant \u00e0 l\u2019usage de la notion de v\u00e9rit\u00e9 n\u2019ont pas \u00e0 \u00eatre corr\u00e9l\u00e9es \u00e0 cette r\u00e9sorption de la pens\u00e9e dans le corps<\/strong> que le rabattement de la m\u00e9lancolie comme fait psychique sur la d\u00e9pression comme fait m\u00e9dical manifeste.<\/p><p>(&#8230;)<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Que l\u2019on admette ou non \u2013 ce que j\u2019admets sans h\u00e9sitation \u2013 l\u2019appartenance de la m\u00e9lancolie \u00e0 la cat\u00e9gorie des psychoses, la diff\u00e9rence entre parano\u00efa et m\u00e9lancolie doit donc \u00eatre s\u00e9v\u00e8rement maintenue, puisqu\u2019elle repose sur une utilisation de la<strong> logique de l\u2019imaginaire<\/strong> \u2013 d\u00e9finie par Lacan dans \u00ab rsi \u00bb, rappelons-le, \u00e0 partir de la \u00ab<strong> distinction ext\u00e9rieur\/int\u00e9rieur <\/strong>\u00bb (Lacan, 1975, p. 90) \u2013 compl\u00e8tement diff\u00e9rente.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Mais, si cette petite phrase tient dans ce livre une aussi grande place, c\u2019est aussi parce qu\u2019elle guide vers une meilleure mesure de l\u2019incompatibilit\u00e9 qu\u2019il y a entre l\u2019appr\u00e9ciation freudienne de la m\u00e9lancolie comme \u00ab approche de la v\u00e9rit\u00e9 \u00bb (Freud, 1988, p. 259-278) et <strong>l\u2019hypoth\u00e8se lacanienne de la maniaco-d\u00e9pression comme \u00ab rejet de l\u2019inconscient \u00bb<\/strong> (Lacan, 1974). <strong>De fait, rejeter l\u2019inconscient \u00e9quivaut \u00e0 repousser la possibilit\u00e9 d\u2019acc\u00e9der au demi-vrai me concernant que celui-ci rec\u00e8le<\/strong> ; et c\u2019est ce rejet qui, \u00e0 son tour, fonde la possibilit\u00e9 d\u2019un \u00e9nonc\u00e9 aussi radicalement fou que \u00ab<strong> tout ce que je dis est faux <\/strong>\u00bb. Cet \u00e9nonc\u00e9 n\u2019est donc pas une approche de la v\u00e9rit\u00e9, un avant-go\u00fbt de la v\u00e9rit\u00e9 qui vaudrait pour tous les autres, les n\u00e9vros\u00e9s, mais bien, si je puis me permettre l\u2019expression, une <strong>contre-v\u00e9rit\u00e9<\/strong>. Constater cela a son importance, car cela aide \u00e0 \u00e9viter de donner trop de place \u00e0 des choses comme l\u2019empathie et la compr\u00e9hension.<\/p><cite><strong>source<\/strong>: Fr\u00e9d\u00e9ric Peillot &#8211; <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-savoirs-et-cliniques-2004-1-page-103.htm\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-savoirs-et-cliniques-2004-1-page-103.htm\" target=\"_blank\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-savoirs-et-cliniques-2004-1-page-103.htm<\/a><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La logique m\u00e9lancolique est d\u2019un autre ordre (&#8230;), en ce que le manque y est beaucoup moins apparent. Le m\u00e9lancolique va en effet jusqu\u2019au point de non-retour o\u00f9 se prof\u00e8re, par exemple, cette phrase : \u00ab Tout ce que je dis est faux\u00bb ((F. Pellion, M\u00e9lancolie et v\u00e9rit\u00e9, chapitre 2, Paris, PUF, 2000. 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