{"id":20362,"date":"2021-05-15T06:06:00","date_gmt":"2021-05-15T05:06:00","guid":{"rendered":"https:\/\/leseditionsdesjours.wordpress.com\/?p=95"},"modified":"2025-01-11T10:08:41","modified_gmt":"2025-01-11T09:08:41","slug":"a-helene-parker-je-ne-vous-ai-toujours-pas-envoye-lautre-lettre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2021\/05\/a-helene-parker-je-ne-vous-ai-toujours-pas-envoye-lautre-lettre\/","title":{"rendered":"\u00e0 H\u00e9l\u00e8ne Parker &#8211; je ne vous ai toujours pas envoy\u00e9 l&rsquo;autre lettre,"},"content":{"rendered":"\n<p>Donn, <strong>samedi 15 mai 2021 \u00e0 06:10<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>je ne vous ai toujours pas envoy\u00e9 l&rsquo;autre lettre, sur le tai chi. et puis celle sur <a href=\"https:\/\/disparates.org\/iota\/2021\/05\/22\/reve-lautre-femme-la-vie-la\/\">le r\u00eave de la villa<\/a>, le trajet consacr\u00e9 \u00e0 me battre pour ne pas rencontrer la (jalousie) de celle dont je suis l&rsquo;autre femme. <\/p>\n\n\n\n<p>c&rsquo;est que j&rsquo;ai pass\u00e9 un jour ou deux \u00e0 essayer de capter ce qu&rsquo;arrive \u00e0 saisir Eric Laurent d&rsquo;une <strong>identification \u00e0 la Chose dans la m\u00e9lancolie, au travers du Fort-Da<\/strong> (dans <a href=\"https:\/\/disparates.org\/iota\/2021\/06\/01\/eric-laurent-melancolie-douleur-dexister-lachete-morale-ornicar-47\/\"><em>\u00ab\u00a0M\u00e9lancolie, douleur d\u2019exister, l\u00e2chet\u00e9 morale\u00a0\u00bb, Ornicar? 47, <\/em>1988<em>.<\/em><\/a>). cela me devient de plus en plus \u00e9nigmatique, j&rsquo;ai beau scruter ces quelques paragraphes, m&rsquo;attendant \u00e0 un \u00e9clair, je n&rsquo;y arrive pas, je ne comprends pas et je m&rsquo;en veux. <\/p>\n\n\n\n<p>je reconnais d&rsquo; ailleurs dans cette interrogation une perplexit\u00e9 que je connais face \u00e0 bon nombre de textes. <\/p>\n\n\n\n<p>ce n&rsquo;est pas tout \u00e0 fait le sentiment que j&rsquo;\u00e9prouve face \u00e0 celui de Catherine dont le nom m&rsquo;\u00e9chappe, Millot. non, ses textes sont limpides. face \u00e0 ses textes, son \u0153uvre, <strong>il me semble pourtant \u00e9galement \u00eatre en dette <\/strong>et je vous l&rsquo;ai exprim\u00e9 correctement par \u00e9crit.<\/p>\n\n\n\n<p>il y a comme une r\u00e9sistance. (il y a comme la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un travail.) la r\u00e9sistance du trou du savoir.<\/p>\n\n\n\n<p>cela fait 2 jours que nous sommes dans les affaires de ma belle-m\u00e8re, dont nous vidons l&rsquo;appartement, et j&rsquo;ai lu tout ce qu&rsquo;elle a laiss\u00e9 comme textes &#8211; que je n&rsquo;ai pas cess\u00e9 de lire et relire et ch\u00e9rir. (ces textes, des riens, des tout petits riens, des tout petits textes, sur des bouts de papiers ou dans des agendas, o\u00f9 s&rsquo;\u00e9tire, dans une sorte d&rsquo;effarement, dans ses derni\u00e8res ann\u00e9es, son d\u00e9litement.) la derni\u00e8re fois que nous \u00e9tions venus l\u00e0, j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 capt\u00e9e par les photos de mon beau-p\u00e8re. que laissons-nous derri\u00e8re nous. qu&rsquo;adviendra-t-il de ce que nous laissons.<\/p>\n\n\n\n<p>mais ce n&rsquo;est pas ce que je voulais vous dire, ce que je pensais arriver \u00e0 vous dire. il s&rsquo;agit de ces <a href=\"https:\/\/disparates.org\/iota\/2021\/05\/20\/lappel-du-vide\/\">pages de Millot dans Ab\u00eemes <s>int\u00e9rieurs<\/s> ordinaires <\/a>que je voulais retrouver, recopier, travailler. <\/p>\n\n\n\n<p>elle y parle d&rsquo;un certain <strong>\u00e9tat de vacance qu&rsquo;il lui a toujours fallu pr\u00e9server, que j&rsquo;appellerais un <mark>\u00e9tat de r\u00e9serve<\/mark><\/strong>. sa description est tr\u00e8s proche de ce que je connais moi-m\u00eame, dont il me semble vous avoir parl\u00e9. elle s&rsquo;y interroge sur ce qu&rsquo;il convient d&rsquo;en faire, de ce vide \u00e0 m\u00e9nager \u00e0 tout prix, et trouve \u00e0 l&rsquo;engager dans l&rsquo;\u00e9criture. elle parle m\u00eame finalement, je crois, de division: elle renonce au vide \u00e0 plein-temps et se fait <strong>mi-analyste, mi-\u00e9crivain<\/strong>. ce qui correspond exactement \u00e0 ce que j&rsquo;aurais moi-m\u00eame esp\u00e9r\u00e9, voulu. ce qui me paraissait le plus proche de mon \u00eatre. je n&rsquo;y suis pas arriv\u00e9e. lacan m&rsquo;a-t-il manqu\u00e9&#8230;. ;) pour ch\u00e9rir et d\u00e9fendre cet \u00e9tat, qu&rsquo;il nomme en latin: <em><strong>otium cum dignitate<\/strong><\/em>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>moi, c&rsquo;est des ann\u00e9es d&rsquo;analyse qu&rsquo;il m&rsquo;aura fallu pour d\u00e9busquer mon go\u00fbt du rien, des ann\u00e9es \u00e0 m&rsquo;en sentir poursuivie comme d&rsquo;une fatalit\u00e9. des ann\u00e9es pour m&rsquo;y faire, faute d&rsquo;arriver \u00e0 m&rsquo;en d\u00e9faire. des ann\u00e9es pour apprendre \u00e0 revendiquer une attitude, un mode de vie, qui jusque l\u00e0 s&rsquo;imposait \u00e0 moi, \u00e0 tout instant heurtant ma propension \u00e0 la culpabilit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;auto-accusation. des ann\u00e9es pour apprendre \u00e0 reconna\u00eetre et \u00e0 ch\u00e9rir ma faute, ce go\u00fbt malgr\u00e9 moi de ce qui manque au nom, cette incessante qu\u00eate, d\u00e9sir, volont\u00e9 int\u00e9rieure, n&rsquo;\u00e9coutant qu&rsquo;elle-m\u00eame, impitoyable, sourde \u00e0 mes d\u00e9sespoirs. il fallait, et faut encore, que je trouve \u00e0 cet immod\u00e9r\u00e9 go\u00fbt du rien, ce constant appel du vide, un mode d&rsquo;existence, de d\u00e9ploiement dans ma vie, auquel je puisse activement et consciemment m&rsquo;associer. que le jouir inconscient trouve un chemin de conscience.<\/p>\n\n\n\n<p>rejoindre la volont\u00e9 de ce qui est d&rsquo;abord subi. parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre volont\u00e9.  <\/p>\n\n\n\n<p>il y eu le tai chi, bien s\u00fbr. s&rsquo;offrant en oraison silencieuse possible (je reprends ici un terme que je red\u00e9couvre dans un autre livre de C. Millot que je lis actuellement, sur cette incroyable Mme Guyon, <em>La vie parfaite <\/em>\u00e7a s&rsquo;appelle, le livre).  o\u00f9 une forme de jouissance est cultiv\u00e9e pour elle-m\u00eame, en toute conscience, dans une grande attention au corps, v\u00e9cu comme un nouveau pays que l&rsquo;on apprend \u00e0 parcourir.   <\/p>\n\n\n\n<p>personnellement, je n&rsquo;ai pas v\u00e9cu cette vacance dont parle Catherine Millot, dans la puret\u00e9 qu&rsquo;elle d\u00e9crit. de m\u00eame que je n&rsquo;ai pas v\u00e9cu de d\u00e9sir qui se soit franchement d\u00e9nud\u00e9, d\u00e9voil\u00e9, d\u00e9cid\u00e9 comme le sien. ou ai-je mis plus de temps \u00e0 le reconna\u00eetre. (ou ai-je eu \u00e0 affronter des d\u00e9mons qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas connus.) il y avait une attente. une attente de quelque chose. il y avait cet \u00e9tat o\u00f9 l&rsquo;attente finit pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0 la chose attendue. o\u00f9 ce qui se voit pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 l&rsquo;est \u00e0 d\u00e9faut de ce qui est attendu et ne vient pas. <strong>une installation dans la limite de l&rsquo;inhibition. <\/strong>(o\u00f9 l&rsquo;on s&rsquo;est pris \u00e0 ch\u00e9rir les murs de sa prison, \u00e0 force d&rsquo;en parcourir et re-parcourir les moindres contours. mais pourquoi faudrait-il qu&rsquo;il en soit autrement, conna\u00eetre supporte la restriction.) <\/p>\n\n\n\n<p>et il y avait l&rsquo;analyse, la psychanalyse. <\/p>\n\n\n\n<p>aujourd&rsquo;hui encore, vu la fa\u00e7on dont les choses se passent, ce qui me reste d&rsquo;ambition, ce qui pourrait me revenir d&rsquo;ambition, se cristalliserait dans un d\u00e9sir de dire quelque chose de plus sur la m\u00e9lancolie,&nbsp;sur la psychose, la psychose ordinaire. <\/p>\n\n\n\n<p>quelque chose de plus, qui voudrait encore se situer du c\u00f4t\u00e9 de la bonne nouvelle. <\/p>\n\n\n\n<p>malheureusement, comme m\u00e9lancolique, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s aid\u00e9e tout au long de ma vie par la psychanalyse. je veux dire que je n&rsquo;en suis pas une pure et dure. <\/p>\n\n\n\n<p>et je ne pense pas que je puisse renoncer \u00e0 cette identification au cas ou \u00e0 la maladie. si j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 mieux inspir\u00e9e de d\u00e9part, j&rsquo;aurais pu trouver \u00e0 inventer ma propre maladie, comme celle de la mort, de Duras, mais voil\u00e0, non, moi il y a ce besoin de me <strong>suridentifier \u00e0 un cas <\/strong>et je fais tout pour finir par me retrouver dans un livre. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab\u00a0v\u00e9ronique m., un cas de m\u00e9lancolie m\u00e9nag\u00e8re\u00a0\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>vous croyez qu&rsquo;il faudrait se passer de \u00e7a, encore. c&rsquo;est pas \u00e9vident. <\/p>\n\n\n\n<p>je me demandais quelle limite je trouverais au \u00ab\u00a0tout devoir faire\u00a0\u00bb du m\u00e9nage si je ne trouvais plus celle de ma col\u00e8re contre fr\u00e9d\u00e9ric pour m&rsquo;en pr\u00e9server. on en vient finalement \u00e0 ce que je voulais vous dire.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>non-termin\u00e9, non-envoy\u00e9<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Donn, samedi 15 mai 2021 \u00e0 06:10 je ne vous ai toujours pas envoy\u00e9 l&rsquo;autre lettre, sur le tai chi. et puis celle sur le r\u00eave de la villa, le trajet consacr\u00e9 \u00e0 me battre pour ne pas rencontrer la (jalousie) de celle dont je suis l&rsquo;autre femme. c&rsquo;est que j&rsquo;ai pass\u00e9 un jour ou&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2021\/05\/a-helene-parker-je-ne-vous-ai-toujours-pas-envoye-lautre-lettre\/\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">\u00e0 H\u00e9l\u00e8ne Parker &#8211; je ne vous ai toujours pas envoy\u00e9 l&rsquo;autre lettre,<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2015,1976],"tags":[2362,1752,2166,1959,906,1001,2222,2246],"class_list":["post-20362","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-correspondance","category-non-envoye","tag-cas","tag-catherine-millot","tag-dun-cas-de-melancolie-menagere","tag-helene-parker","tag-inhibition","tag-menage","tag-otium-cum-dignitate","tag-suridentification","entry"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20362","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20362"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20362\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20362"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=20362"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=20362"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}