{"id":205,"date":"2021-05-22T20:42:54","date_gmt":"2021-05-22T19:42:54","guid":{"rendered":"https:\/\/leseditionsdesjours.wordpress.com\/?p=205"},"modified":"2021-05-22T20:42:54","modified_gmt":"2021-05-22T19:42:54","slug":"reve-lautre-femme-la-vie-la","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2021\/05\/reve-lautre-femme-la-vie-la\/","title":{"rendered":"R\u00eave &#8211; L&rsquo;autre femme \/ La vie l\u00e0"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#d4e4ee;line-height:1.6;\">R\u00eave<br>Il y a une autre femme.<br>Il y a une autre femme. Mais c&rsquo;est peut-\u00eatre moi. <br>Dans le r\u00eave, c&rsquo;est comme si je n&rsquo;\u00e9tais pas moi, mais l&rsquo;autre femme. <br>Je ne sais pas o\u00f9 est moi. <br>Il y a cette sensation d&rsquo;un manque de moi. <br><br>( D&rsquo;\u00eatre l\u00e0, en ombre dans un coin de image, en bas, \u00e0 droite, en trou dans l&rsquo;image. C&rsquo;est depuis ce trou, cette ombre, que j&rsquo;assiste au r\u00eave. Rien de dramatique: c&rsquo;est le prolongement de ma\u00a0 conscience de r\u00eaveuse, sa silhouette dans l&rsquo;image. Je me vois voir, assister au r\u00eave.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#d4e4ee;line-height:1.6;\">Il y a une deuxi\u00e8me fois. C&rsquo;est la deuxi\u00e8me fois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#d4e4ee;line-height:1.6;\">Je suis seule. Je ou elle. Il y a beaucoup de choses qui se passent, que je fais, je ne sais pas lesquelles, je ne sais plus. Une suite d&rsquo;actions qui se passent dans un lieu ou qui aboutissent \u00e0 un lieu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#d4e4ee;line-height:1.6;\">Il s&rsquo;agit par ces actions d&rsquo;\u00e9viter l&rsquo;affrontement. D&rsquo;\u00e9viter \u00e0 toutes forces l&rsquo;affrontement. Avec la femme. Celle dont je serais l&rsquo;autre. Qui n&rsquo;appara\u00eet pas dans le r\u00eave.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#d4e4ee;line-height:1.6;\">L&rsquo;affrontement est \u00e9vit\u00e9. N&rsquo;a pas lieu.<br>Alors, <strong>il y <\/strong>a Claude.<br>Il y a un grand soulagement. Aussi chez Claude, \u00e9tonnement que j&rsquo;y sois arriv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#d4e4ee;line-height:1.6;\">Je ne sais si je suis l&rsquo;autre femme de Claude. J&rsquo;ai pens\u00e9 \u00e0 Claude r\u00e9cemment. \u00c0 sa mort. \u00c0 son suicide possible. \u00c0 mon amour pour lui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#d4e4ee;line-height:1.6;\">Nous partons en voiture, une voiture d\u00e9capotable, comme une jeep, jaune. Je ne pense pas que ce soit Claude qui conduit. Plut\u00f4t \u00c9douard.<br>Soudain, nous sommes attaqu\u00e9s. Par monstre d&rsquo;une puissance extr\u00eame qui nous envoie des projectiles. Il veut nous d\u00e9truire, c&rsquo;est certain. <br><br>Violence inou\u00efe.<br><br>Monstre n&rsquo;appara\u00eet pas. Mais le souffle de sa col\u00e8re, de sa volont\u00e9\u00a0 de nous d\u00e9truire, de me d\u00e9truire, prend possession de tout, de tout l&rsquo;espace. Tel un ouragan.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#d4e4ee;line-height:1.6;\">Edouard fait des man\u0153uvres curieuses avec la voiture. Apr\u00e8s des embard\u00e9es rapides et folles, des envol\u00e9es, il s&rsquo;arr\u00eate en travers de la route. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#d4e4ee;line-height:1.6;\">C&rsquo;est cet arr\u00eat, cette immobilisation, plut\u00f4t que la fuite \u00e9perdue, qui fait paradoxalement obstacle, barrage au monstre.<br>Immobilisation de la voiture comme celle du paquebot coinc\u00e9 r\u00e9cemment\u00a0 dans le canal de Suez.<br>Notre arr\u00eat devrait nous exposer, nous prot\u00e8ge.<br>Nous sommes sauv\u00e9s. Moment de vide, de suspension.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#d4e4ee;line-height:1.6;\">Alors monstre envoie derni\u00e8re arme. C&rsquo;est un papillon. Il effleure cou d&rsquo;\u00c9douard. Il lui a enlev\u00e9 toute volont\u00e9. \u00c9douard n&rsquo;a plus la moindre volont\u00e9.<br>J&rsquo;y pense. Je ne sais plus s&rsquo;il s&rsquo;agit de volont\u00e9 ou de d\u00e9sir. Je me demande si je dois le quitter, quitter Edouard. Je me r\u00e9veille<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6;\"><strong>Lieu<\/strong><br>Le lieu\u00a0 est une maison, une villa, inconnue, j&rsquo;y suis seule, immense, \u00e9voque maison dans film Duras, sur la c\u00f4te normande, <em>Baxter, Vera Baxter<\/em>. La maison, la villa, je la vois de de l&rsquo;int\u00e9rieur et de l&rsquo;ext\u00e9rieur. Comme dans le film. C&rsquo;est l&rsquo;aboutissement. Elle constitue le lieu d&rsquo;aboutissement de toutes les actions entreprises pour \u00ab\u00a0\u00e9viter l&rsquo;affrontement\u00a0\u00bb. A moins qu&rsquo;elle n&rsquo;ai constitu\u00e9  le lieu o\u00f9 se sont d\u00e9roul\u00e9es toutes les actions. Derni\u00e8re image de la maison : un mur en b\u00e9ton que je longe, \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, alors que j&rsquo;en ressors. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-luminous-vivid-amber-background-color has-background\"><strong><em>Baxter, Vera Baxter<\/em><\/strong> est actuellement visible sur Mubi : <a href=\"https:\/\/mubi.com\/fr\/films\/baxter-vera-baxter\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/mubi.com\/fr\/films\/baxter-vera-baxter <\/a><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6;\"><strong>Claude<\/strong> <br>A plus de pr\u00e9sence que ce que j&rsquo;arrive \u00e0 en dire. Sommes ensemble un moment. Peut-\u00eatre dans la maison. C&rsquo;est sa pr\u00e9sence \u00e0 lui, Claude, tr\u00e8s forte, son souvenir. Quel pr\u00e9nom, Claude ! Quel amour, encore, dans ce nom.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-rich is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<span class=\"embed-youtube\" style=\"text-align:center; display: block;\"><iframe class=\"youtube-player\" width=\"900\" height=\"507\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/TPt8HQzmQag?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent\" allowfullscreen=\"true\" style=\"border:0;\" sandbox=\"allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation allow-popups-to-escape-sandbox\"><\/iframe><\/span>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6;\"><br><strong>L&rsquo;autre femme<\/strong><br>Au r\u00e9veil, c&rsquo;est de cette pr\u00e9sence dont je me souviens d&rsquo;abord. Il y a l&rsquo;ombre noire de mon buste, de dos, et cette pr\u00e9sence tout alentour. Que j&rsquo;essaie de me rem\u00e9morer. Avec cette \u00e9trange impression d&rsquo;\u00eatre alors l&rsquo;autre femme et de ne pas y \u00eatre, de manquer. Je peine \u00e0 l&rsquo;avouer : mais je pense \u00e0 ma m\u00e8re. Tout de suite, je pense \u00e0 elle. Est-elle alors la femme (qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas dans le r\u00eave) dont je suis l&rsquo;autre (qu&rsquo;il y a)? Je n&rsquo;y suis pas autrement que comme autre de cette femme, ma m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6;\"><br><strong>La jalousie<\/strong><br>Elle est pr\u00e9sente. Elle est crainte. Je me souviens que j&rsquo;ai toujours craint la jalousie. Ce sont les foudres de cette jalousie qui sont craintes. Et \u00e9vit\u00e9es.<br>J&rsquo;ai craint la jalousie de ma m\u00e8re. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6;\"><br><strong>L&rsquo;autre femme<\/strong><br>Pr\u00e9sences des autres femmes dans ma vie. Qui m&rsquo;on fait croire \u00e0 mon hyst\u00e9rie. J&rsquo;ai aim\u00e9 Jean-Marc, instantan\u00e9ment, que j&rsquo;ai vu donner ostensiblement, devant tous, \u00e0 une femme les signes de son amour : dans un bistrot, grand costume noir,&nbsp; il s&rsquo;approche d&rsquo;elle \u00e0 pas rapides, s&rsquo;agenouille et lui tend la rose qu&rsquo;il a au passage devant le bar, subtilis\u00e9e d&rsquo;un vase qui s&rsquo;y trouvait. Et j&rsquo;ai aim\u00e9 Claude qui si extraordinairement aimait Nadine. Nadine partie. J&rsquo;ai follement aim\u00e9 Jean-Marc. Cela a dur\u00e9 un an, deux ans, peut-\u00eatre trois. Et profond\u00e9ment aim\u00e9 Claude, jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6;\"><br><strong>Claude<\/strong><br>Je me demande au r\u00e9veil s&rsquo;il est l\u00e0 en lieu et place de mon p\u00e8re. Ils s&rsquo;\u00e9taient rencontr\u00e9s, s&rsquo;appr\u00e9ciaient. Je pense que mon p\u00e8re avait m\u00eame rencontr\u00e9 Claude sans moi. Claude \u00e9tait plus vieux que moi. Aurait pu \u00eatre mon p\u00e8re. Claude buvait. Mais Claude prenait mon doigt, le trempait dans un seau d&rsquo;encre s\u00e9rigraphique, me disait : Tu sens ? Mais Claude aimait la pluie. La nuit je marchais avec lui au milieu de la rue. Il me disait Tu es d\u00e9l\u00e9t\u00e8re. J&rsquo;ai fait une chose affreuse.  <\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6;\"><strong>Ce que j&rsquo;ai fait, accompli<\/strong><br>Il y a le sentiment que ce que j&rsquo;ai fait, accompli, pour \u00e9viter l&rsquo;affrontement est immense, est extraordinaire. H\u00e9ro\u00efque. C&rsquo;est dr\u00f4le que je n&rsquo;aie plus le moindre souvenir de ce dont il s&rsquo;agit. Seul souvenir : c&rsquo;est un trajet accompli. Qui aboutit \u00e0 cette maison. Se termine \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, le mur en b\u00e9ton clair long\u00e9, je quitte le lieu. Comme Vera Baxter \u00e0 la fin du film. Avec Claude.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6;\"><br><strong>La perte de la volont\u00e9 <\/strong><br>Je suis \u00e9tonn\u00e9e, je me dis: c&rsquo;est moi qui n&rsquo;ai plus de volont\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6;\"><br><strong>Le monstre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6;\"><br><strong>Vera Baxter<\/strong><br>J&rsquo;ai d\u00fb chercher son nom sur internet, je ne m&rsquo;en souvenais plus. Pour moi, il consonne avec celui de l&rsquo;analyste aussi. Parker, Vera Parker. Je ne sais plus ce qu&rsquo;il arrive \u00e0 Vera Baxter. Elle aimait son mari. Il n&rsquo;y a pas une autre femme. Si il y en a une. Et m\u00eame de nombreuses autres. M\u00eame, elles viennent \u00e0 la villa. Je me souviens seulement de l&rsquo;amour d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 de cette femme pour son mari. De l&rsquo;immensit\u00e9 de la villa. Elle l&rsquo;aimait. Il n&rsquo;\u00e9tait pas l\u00e0. Il lui envoyait de l&rsquo;argent. <br>Dans le film, \u00e0 un moment, elle est sur le point de dire quelque chose. <br>Elle r\u00e9pondait alors \u00e0 des questions, les questions d&rsquo;une autre femme venue la voir dans la villa. Cette parole est emp\u00each\u00e9e par la survenue, la mont\u00e9e d&rsquo;une musique, \u00e9norme. Musique de Carlos d&rsquo;Alessi. Elle ne dira pas. Elle ne va pas dire ce qu&rsquo;elle \u00e9tait sur le point de dire. A partir de l\u00e0, l&rsquo;autre femme lui retirera, lui enl\u00e8vera \u00e0 jamais la possibilit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9sente dans le r\u00e9cit.<br>Je me souviens de mon d\u00e9sappointement profond. D\u00e9sappointement profond de ce que cette parole ait \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9e, coup\u00e9e. <br> <br>Je ne sais plus ce qui pouvait sembler me lier \u00e0 cette femme. <br>Rien qui aie \u00e0 voir avec la jalousie, me semble-t-il. <br>Son silence peut-\u00eatre. La parole coup\u00e9e. L&rsquo;apparole. Sa chair si chair quand elle est vue nue. Ecoeurante, non? Un peu. Chair nue d\u00e9pos\u00e9e comme aucune. Viande \u00e0 la peau blanche. Fine couche de graisse. Elle aurait \u00e9t\u00e9 rousse, elle est rousse. Dot\u00e9e de quelques bijoux incongrus, maquill\u00e9e. Si blanche. A-t-il \u00e9t\u00e9 parl\u00e9 de la qualit\u00e9 d\u00e9rangeante de ce tableau de femme nue, de cette odalisque, qu&rsquo;en fait Marguerite Duras. Ou suis-je seule \u00e0 le voir? Et ce qui se joue avec son mari. Ce qu&rsquo;il ne lui donne pas. Sa parole, la parole. Et ce qu&rsquo;il lui donne. L&rsquo;argent, plut\u00f4t que la parole. <br>J&rsquo;avais envoy\u00e9 un article (voir ci-dessous) \u00e0 Edouard qui soulignait \u00e7a. L&rsquo;avoir o\u00f9 il se situe, ce mari, qui la creuse, son d\u00e9s\u00eatre. Et la fa\u00e7on dont au cours du film Vera perdra d\u00e9finitivement la parole, sera soustraite au r\u00e9cit, \u00e0 la possibilit\u00e9 du r\u00e9cit. <br>Claude \u00e9tait un \u00eatre de paroles et d&rsquo;\u00e9criture. Nous nous parlions, \u00e9crivions sans cesse. Il m&rsquo;aimait plus que je ne l&rsquo;aimais mais nous nous aimions. Comme nuls autres. \u00c7a n&rsquo;\u00e9tait pas un amour de mariage. C&rsquo;\u00e9tait plut\u00f4t incestueux. Moins p\u00e8re\/fille que fr\u00e8re\/s\u0153ur. Nous vivions s\u00e9par\u00e9s du monde. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6;\"><br><strong>La maison, que puis-je en dire ? <\/strong><br>Talent de Duras pour filmer les lieux d\u00e9sert\u00e9s. Dans le film V\u00e9ra cherche un lieu de vill\u00e9giature. Elle visite cette villa, tr\u00e8s ch\u00e8re, qui n&rsquo;est pas la celle o\u00f9 ils avaient l&rsquo;habitude de s\u00e9journer\u00a0ensemble, avec son mari. Cette villa aussi vide et ch\u00e8re qu&rsquo;elle (le prix que son mari est pr\u00eat \u00e0 payer, le prix qu&rsquo;il a pay\u00e9 Cayre (Depardieu), pour qu&rsquo;il devienne l&rsquo;amant de sa femme. Un million ? ) Ces jours-ci moi-m\u00eame tent\u00e9e d&rsquo;habiter les murs de notre appartement, autrement. Je le ressens un peu comme un \u00e9largissement de mon corps, la possibilit\u00e9 d&rsquo;un nid, de rentrer \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de moi. Mais la villa n&rsquo;a peut-\u00eatre pas autant d&rsquo;importance que \u00e7a. La villa est \u00e9trang\u00e8re, vide.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6;\">La vie-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle est la vie-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6;\">Cela aussi qu&rsquo;a \u00e9t\u00e9 ma vie. Ses murs \u00e9trangers, \u00e9trangers \u00e0 jamais, de location, \u00e0 distance, cet enclos n\u00e9anmoins de la domesticit\u00e9. La muette solitude qui telle une flamme l&rsquo;habite, un feu follet, la parcourt. La musique du dehors.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6;\">Peut-\u00eatre que j&rsquo;ai r\u00eav\u00e9 cela parce que j&rsquo;ai renonc\u00e9 \u00e0 travailler. J&rsquo;ai renonc\u00e9 \u00e0 ne pas \u00eatre une femme entretenue. Ce \u00e0 quoi je pensais r\u00e9cemment. Ce que j&rsquo;ai r\u00e9pondu \u00e0 un m\u00e9decin qui m&rsquo;interrogeait : je ne travaille plus (depuis la fin du premier confinement, je ne travaille plus). <br><br>Mais, non. Mais si. J&rsquo;ai r\u00eav\u00e9 de la crainte de la jalousie (de ma m\u00e8re) et des strat\u00e9gies auxquelles \u00e7a m&rsquo;a men\u00e9e (pour ne pas d\u00e9passer la m\u00e8re), qui m&rsquo;ont permis de vivre cette vie-l\u00e0. Enferm\u00e9e, cach\u00e9e, comme ma m\u00e8re, loin d&rsquo;elle. L&rsquo;homme de paroles que j&rsquo;aimais est mort. Mon p\u00e8re est mort. L&rsquo;homme est mort suicid\u00e9. Dans le combat contre les forces obscures, j&rsquo;ai perdu ma volont\u00e9 et je m&rsquo;en suis remise \u00e0 un homme qui en manquait \u00e9galement singuli\u00e8rement. Il s&rsquo;est agi de se tenir immobile,\u00a0\u00e0 l&rsquo;arr\u00eat. Pour contrer le flux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le papillon ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"line-height:1.6;\">Ce qui vous effleure. <br>Se rapprocher de ce qui vous effleure.<br>Y concentrer sa pr\u00e9sence. Y trouver sa pr\u00e9sence. En recevoir la pr\u00e9sence.<br>Se faire semblable \u00e0 l&rsquo;effleurement.<br>Pr\u00e9sence ultime.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<p><strong>Voir aussi : <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"yui_patched_v3_11_0_1_1626000538537_652\" style=\"line-height:1.6;\">Brown Llewellyn. <strong>L&rsquo;enjeu de la prostitution :\u00a0<em>V\u00e9ra Baxter\u00a0<\/em>de Marguerite Duras<\/strong>. In:\u00a0<em>Litt\u00e9rature<\/em>, n\u00b0108, 1997. pp. 15-24 : <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/litt_0047-4800_1997_num_108_4_2447\" target=\"_blank\">www.persee.fr\/doc\/litt_0047-4800_1997_num_108_4_2447<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<div style=\"height:100px;\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00eaveIl y a une autre femme.Il y a une autre femme. Mais c&rsquo;est peut-\u00eatre moi. Dans le r\u00eave, c&rsquo;est comme si je n&rsquo;\u00e9tais pas moi, mais l&rsquo;autre femme. Je ne sais pas o\u00f9 est moi. Il y a cette sensation d&rsquo;un manque de moi. 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