{"id":20694,"date":"2023-01-28T11:13:51","date_gmt":"2023-01-28T10:13:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/?p=20694"},"modified":"2026-05-01T12:45:34","modified_gmt":"2026-05-01T10:45:34","slug":"samedi-28-janvier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2023\/01\/samedi-28-janvier\/","title":{"rendered":"samedi 28 janvier, 9h25 &#8211; trop de HHC"},"content":{"rendered":"\r\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>samedi 28 janvier 2023<\/strong><\/span><br \/>9:25 Hier, <strong>3 gouttes + hhc<\/strong> (trop fort)<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p><span style=\"background-color: #000000; color: #ffffff;\">Dans le noir de la chambre<\/span><br \/>\u00c9tranges pens\u00e9es cette nuit. Et sentiment de corps d\u00e9localis\u00e9. Je ne m&rsquo;en suis pas rendue compte tout de suite, seulement quand j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de m&rsquo;\u00e9loigner de mes pens\u00e9es en me concentrant sur corps. Mon corps n&rsquo;\u00e9tait pas l\u00e0 o\u00f9 je m&rsquo;attendais qu&rsquo;il soit. Je l\u2019attribue au HHC.<\/p>\r\n<p>Je voulais faire l&rsquo;exercice de relaxation \u00ab\u00a0lourd\u00a0\u00bb, lequel consiste \u00e0 penser \u00ab\u00a0lourd\u00a0\u00bb et \u00e0 envoyer cette pens\u00e9e dans le corps, dans chacune de ses parties, une \u00e0 une, en essayant de n&rsquo;en oublier aucune, en le remontant par exemple, depuis les pieds jusqu&rsquo;\u00e0 la t\u00eate &#8211;\u00a0 orteils, pieds, mollets, genoux, cuisses, etc. Je me suis rendue compte qu&rsquo;il me fallait <em>chercher<\/em> chacune de ces parties. J&rsquo;avais en fait voulu commencer par \u00ab\u00a0fesses\u00a0\u00bb et j&rsquo;ai d\u00e9couvert une sensation tr\u00e8s \u00e9trange (tr\u00e8s ample, tr\u00e8s \u00e9cras\u00e9, d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0, \u00e9tal\u00e9, bassine, bassin plut\u00f4t d\u00e9bordant d&rsquo;un liquide fonc\u00e9). Ce que je faisais \u00e9tait probablement utile, mais je devais d\u00e9j\u00e0 me trouver dans un\u00a0 \u00e9tat de relaxation passablement avanc\u00e9. Je me suis alors concentr\u00e9e sur les parties du corps qui touchaient le matelas,\u00a0 mais quand j&rsquo;ai voulu trouver le dessus du corps, je ne le trouvais pas, \u00e7a ne correspondait pas. Le dessus de la cuisse n&rsquo;\u00e9tait pas en face de son dessous. Et c&rsquo;est sans parler de l&rsquo;int\u00e9rieur. J&rsquo;ai continu\u00e9 cependant. En me raccrochant au \u00ab\u00a0tantien\u00a0\u00bb<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"1\" data-mfn-post-scope=\"000000000000093b0000000000000000_20694\"><a href=\"javascript:void(0)\"  title=\"Le tantien, tout comme cet exercice de relaxation, l&rsquo;exp\u00e9rience que j&rsquo;en ai, remonte aux ann\u00e9es tai chi, que je ne pratique plus aujourd&rsquo;hui, dont la sorte particuli\u00e8re de saoir que j&rsquo;en ai tir\u00e9 continue de faire partie de moi.\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000000000093b0000000000000000_20694-1\">1<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000000000093b0000000000000000_20694-1\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"1\">Le tantien, tout comme cet exercice de relaxation, l&rsquo;exp\u00e9rience que j&rsquo;en ai, remonte aux ann\u00e9es tai chi, que je ne pratique plus aujourd&rsquo;hui, dont la sorte particuli\u00e8re de saoir que j&rsquo;en ai tir\u00e9 continue de faire partie de moi.<\/span>, au centre du corps, que je sentais pr\u00e9cis\u00e9ment.\u00a0 J&rsquo;ai essay\u00e9 soit de retrouver sensation \u00ab\u00a0normale\u00a0\u00bb, soit de me laisser aller dans la sensation anormale.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Je me suis alors <span style=\"font-size: 14pt; background-color: #ff99cc;\">retrouv\u00e9e avec des pens\u00e9es assez raisonnables, il me semble.<\/span><br \/>Je pensais \u00e0 la <strong>solitude<\/strong>, \u00e0 ma solitude, et je me demandais ce que je pouvais faire. Sans trouver. Je me suis vue, perp\u00e9tuellement assise dans mon fauteuil, dans mon canap\u00e9, <strong>mon coin de canap\u00e9<\/strong>, et n&rsquo;en sortant pas. Je me suis demand\u00e9e ce que je pouvais trouver pour en sortir.<br \/>J&rsquo;ai eu des pens\u00e9es inqui\u00e9tantes quant \u00e0 l&rsquo;avenir et \u00e0 la pension, ce sujet \u00e9tant d&rsquo;actualit\u00e9 en ce moment, et au fait sur je pourrais me retrouver seule et sans argent et \u00e0 la rue.<br \/>En temps normal, je ne peux penser qu&rsquo;au suicide comme recours.<br \/>J&rsquo;essayais d&rsquo;envisager autre chose.<br \/>Je pensais \u00e0 ce qu&rsquo;il m&rsquo;est <strong>impossible de faire, tout ce qu&rsquo;il m&rsquo;est impossible de faire.<\/strong><br \/>Je pensais \u00e0 ce qu&rsquo;il m&rsquo;est impossible de faire parce que j&rsquo;attendrais de ma m\u00e8re qu&rsquo;elle le fasse pour moi (<strong>le maintien n\u00e9cessaire de cette d\u00e9pendance<\/strong>) et l&rsquo;angoisse qui me prend d\u00e8s que je prends son r\u00f4le (d&rsquo;elle qui m&rsquo;aide). Et la peur de rater.<br \/>Cette relation de d\u00e9pendance est d\u00e9sangoissante pour moi.<br \/>Sortir de ce r\u00f4le, de ce sch\u00e9ma, c&rsquo;est l&rsquo;angoisse.<br \/>Il arrive pourtant que j&rsquo;y arrive.<br \/>Mais c&rsquo;est peut-\u00eatre plut\u00f4t quand F n&rsquo;est pas l\u00e0.<br \/>Comme lorsqu&rsquo;il \u00e9tait \u00e0 la clinique.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<h4 class=\"wp-block-heading\">l&rsquo;inhibition due \u00e0 un simili travail de deuil<\/h4>\r\n\r\n\r\n\r\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-right is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\r\n<p>Dans le deuil, nous trouvions que l\u2019inhibition et l\u2019absence d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9taient compl\u00e8tement expliqu\u00e9es par le travail du deuil qui absorbe le moi. <strong>La perte inconnue qui se produit dans la m\u00e9lancolie aura pour cons\u00e9quence un travail int\u00e9rieur semblable, et sera, de ce fait, responsable de l\u2019inhibition de la m\u00e9lancolie.<\/strong> La seule diff\u00e9rence, c\u2019est que l\u2019inhibition du m\u00e9lancolique nous fait l\u2019impression d\u2019une \u00e9nigme, parce que <strong>nous ne pouvons pas voir ce qui absorbe si compl\u00e8tement les malades<\/strong>.<\/p>\r\n<cite><em>Sigmund Freud,<\/em> Deuil et m\u00e9lancolie<\/cite><\/blockquote>\r\n\r\n\r\n\r\n<p><strong>Je pensais \u00e0 l&rsquo;inhibition, \u00e0 ce que j&rsquo;avais lu hier dans Freud sur la nature inconnue de ce qui mobilise tellement le m\u00e9lancolique dans son \u00ab\u00a0travail de deuil\u00a0\u00bb<\/strong>, travail qui \u00e9voque la fa\u00e7on que j&rsquo;ai de me consacrer \u00e0 ma maladie. <span style=\"font-size: 18pt;\"><span style=\"color: #ff00ff;\"><strong>Je me consacre \u00e0 quelque chose, mais \u00e0 quoi ? Qui para\u00eet vital. <a href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2023\/01\/samedi-14-janvier-cette-entreprise-de-traduction-constante-de-ce-qui-arrive-de-ce-qui-excede-la-signification\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Est-ce que je n&rsquo;avais pas lu l\u00e0-dessus plus t\u00f4t ce mois-ci?<\/a> Des choses fondamentales&#8230;<\/strong><\/span><\/span><sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"2\" data-mfn-post-scope=\"000000000000093b0000000000000000_20694\"><a href=\"javascript:void(0)\"  title=\"\u00ab\u00a0La jouissance, qui n\u2019a pas de nom, qui \u00e9chappe au signifiant, se r\u00e9v\u00e8le dans la psychose d\u00e9r\u00e9gul\u00e9e, d\u00e9brid\u00e9e. Donner un nom aux choses innommables qui s\u2019imposent au sujet, aux ph\u00e9nom\u00e8nes qui le p\u00e9n\u00e8trent, qui le rendent perplexes et l\u2019angoissent, serait ainsi l\u2019une des vis\u00e9es du traitement \u00e0 op\u00e9rer avec ces sujets. C\u2019est ce que pr\u00e9conise par exemple E. Laurent lorsqu\u2019il \u00e9crit que le traitement des psychoses est dans le fond \u00ab\u202fune entreprise de traduction constante de ce qui arrive, de ce qui exc\u00e8de la signification\u00bb. Il faut, poursuit-il, \u00ab\u202faider le sujet \u00e0 nommer cette chose innommable. Ce n\u2019est pas l\u2019aider \u00e0 d\u00e9lirer [\u2026]. C\u2019est choisir dans le travail du d\u00e9lire [\u2026] ce qui va vers une nomination possible\u00bb.\u00a0\u00bb\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000000000093b0000000000000000_20694-2\">2<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-000000000000093b0000000000000000_20694-2\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"2\">\u00ab\u00a0La jouissance, qui n\u2019a pas de nom, qui \u00e9chappe au signifiant, se r\u00e9v\u00e8le dans la psychose d\u00e9r\u00e9gul\u00e9e, d\u00e9brid\u00e9e. Donner un nom aux choses innommables qui s\u2019imposent au sujet, aux ph\u00e9nom\u00e8nes qui le p\u00e9n\u00e8trent, qui le rendent perplexes et l\u2019angoissent, serait ainsi l\u2019une des vis\u00e9es du traitement \u00e0 op\u00e9rer avec ces sujets. C\u2019est ce que pr\u00e9conise par exemple E. Laurent lorsqu\u2019il \u00e9crit que le traitement des psychoses est dans le fond \u00ab\u202fune entreprise de traduction constante de ce qui arrive, de ce qui exc\u00e8de la signification\u00bb. Il faut, poursuit-il, \u00ab\u202faider le sujet \u00e0 nommer cette chose innommable. Ce n\u2019est pas l\u2019aider \u00e0 d\u00e9lirer [\u2026]. C\u2019est choisir dans le travail du d\u00e9lire [\u2026] ce qui va vers une nomination possible\u00bb.\u00a0\u00bb<\/span><span style=\"font-size: 18pt;\"><span style=\"color: #ff00ff;\"><strong> Et d\u00e8s que je m&rsquo;\u00e9loigne de cet effort, de construction peut-\u00eatre,<\/strong> comme lors des vacances, des voyages, l&rsquo;angoisse me prend.<\/span> La certitude est que je ne dois pas me rel\u00e2cher, que je dois me maintenir dans un effort, d&rsquo;analyse. Comme ce que\u00a0 je fais maintenant, en \u00e9crivant le matin, ou ce que j&rsquo;aurais fait si j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 artiste. <\/span><\/p>\r\n<p><strong>\u00catre artiste m&rsquo;aurait offert une identit\u00e9<\/strong>, et \u2014 je le crains bien \u2014 cette identit\u00e9 m&rsquo;est inacceptable (apparemment, inacceptable, quelque chose en moi n&rsquo;en veut pas, contre quoi je sans recours).<br \/>Il s&rsquo;agirait de trouver son identit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de cette identit\u00e9 manquante, absente<strong>,<\/strong> de trouver son identit\u00e9 dans cette qu\u00eate-l\u00e0. Et d\u00e8s que je sors de cette qu\u00eate, angoisse. <br \/>Trouver son identit\u00e9 dans la qu\u00eate : ce que je fais, mais pour moi seule, une identit\u00e9 sans reconnaissance, secr\u00e8te. Voire une identit\u00e9 honteuse. Comme celle que j&rsquo;ai beaucoup fait fonctionner, de malade, de cas (K), dont j&rsquo;esp\u00e8re trouver un jour (pendant longtemps j&rsquo;ai esp\u00e9r\u00e9) la description du fonctionnement dans un livre.\u00a0<\/p>\r\n<p>En quoi consiste cette identit\u00e9 absente : en l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;accoler mon nom \u00e0 tout le reste de moi, de ma personne (corps, voix, etc.) et \u00e0 tout cet effort, d&rsquo;assumer en mon nom, cet effort, ce travail, qui est travail de soute, de souterrain, je suis souterraine. Qui est travail de soute et doit le rester. Je suis rate. Travailleuse de l&rsquo;ombre, rate. Rat au f\u00e9minin. L&rsquo;affamera. La femme rat. <span style=\"color: #339966; font-size: 18pt;\"><strong>C&rsquo;est en cet effort que consiste mon identit\u00e9.<\/strong> <\/span>My true identity.\u00a0<\/p>\r\n<p>(<strong>Imaginaire<\/strong>.<br \/>Je suis, comme m\u00e9lancolique, cens\u00e9e \u00eatre en manque de consistance\/d&rsquo;identit\u00e9 imaginaire. Mais je ne comprends pas ce que \u00e7a veut dire, enfin je comprends que chez moi quelque chose tente de faire tenir ensemble le r\u00e9el et le symbolique, sans la possibilit\u00e9 du recours \u00e0 l&rsquo;imaginaire (qui offrirait la structure, la structure en 3D). (L&rsquo;imaginaire &#8211; L&rsquo;image &#8211; Le corps &#8211; L&rsquo;habit.) Ce blog, de par son \u00e9paisseur, sa monstruosit\u00e9 m\u00eame, m&rsquo;offre un semblant de structure imaginaire, avec ses couloirs, ses d\u00e9tours, sa toute \u00e9criture, sa partout \u00e9criture, mais illisible, sinon pour moi seule).\u00a0 L&rsquo;identit\u00e9 manquante, ce que j&rsquo;ai\u00a0 \u00e0 forger pour y pallier, c&rsquo;est de ce c\u00f4t\u00e9 l\u00e0 que \u00e7a se trouve. Autre exemple : le tai chi m&rsquo;a fourni un moment corps imaginaire par sa fa\u00e7on d&rsquo;aller toucher directement le corps, d&rsquo;y tracer par la sensation des circuits symboliques (circuits remontant \u00e0 des temps imm\u00e9moriaux) et de le recr\u00e9er \u00ab\u00a0litt\u00e9ralement\u00a0\u00bb, de le recr\u00e9er en 3D, et en ne le limitant pas au sac de la peau, en incluant, \u00e0 l&rsquo;envi, la possibilit\u00e9 de l&rsquo;infini, et de lui pr\u00eater une conscience, aussi, une conscience-\u00e0-soi, et de le donner comme source de bonheur, de plaisir.)<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p><strong>Mais quel rapport avec ma m\u00e8re?<\/strong> <br \/>Et l&rsquo;identit\u00e9 trouv\u00e9e dans ma d\u00e9pendance \u00e0 elle?<br \/>Cette identit\u00e9 la maintient \u00e0 distance, nous met dans un rapport. Qui vaut mieux que l&rsquo;absence de rapport, que l&rsquo;identit\u00e9, l&rsquo;identique, le m\u00eame.<br \/>Donc, il y aurait le travail de maintenir cette d\u00e9pendance, afin de n&rsquo;\u00eatre pas engloutie par l&rsquo;identit\u00e9 \u00e0 elle, l&rsquo;\u00eatre elle, qui serait un trou. Puisque la d\u00e9pendance nous donne un r\u00f4le \u00e0 elle et \u00e0 moi.<br \/>Donc, le maintien de ce rapport, de cette d\u00e9pendance, \u00e9voque encore le travail que je dois accomplir, celui d\u00e9crit plus haut.<br \/>Tout en cherchant \u00e0 trouver une identit\u00e9 viable qui me permette de sortir de son sillage. Et \u00e0 mon tour d&rsquo;accomplir ce qu&rsquo;elle accomplit.<\/p>\r\n<p>Or ma\u00a0 m\u00e8re prit en charge tout ce qui concerne <strong>le n\u00e9cessaire, le besoin, le r\u00e9el en de\u00e7\u00e0 de sa sublimation ou de son id\u00e9al<\/strong>. C&rsquo;est <del>une<\/del> <del>tentation<\/del> une tentative de le dire. Elle a d\u00e9di\u00e9 le sublime \u00e0 mon p\u00e8re et a pris en charge tout son de\u00e7\u00e0. D&rsquo;o\u00f9 ma tentation de restituer ou d&rsquo;apporter <strong>\u00e0 cet en-de\u00e7\u00e0 sa lettre sublimatoire<\/strong>, sa place du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;id\u00e9al. De sorte que je puisse \u00e0 mon tour l&rsquo;assumer, tout en me distinguant d&rsquo;elle. (Non pas y chercher l&rsquo;indigne (mais l&rsquo;insigne)). <strong>Ce que je fais, je veux faire, l&rsquo;histoire de l&rsquo;art, l&rsquo;histoire tout court, l&rsquo;a pourtant fait, d\u00e9j\u00e0, avant moi.<\/strong> Mais il semble bien, que ce soit toujours \u00e0 refaire. Qu&rsquo;il y aura toujours de l&rsquo;un peu plus sublime pour faire de l&rsquo;ombre \u00e0 ce qui ne vit que de cette ombre faite. Et dans cet effort, j&rsquo;y perds beaucoup. Dans ce combat avec moi-m\u00eame. Car <span style=\"background-color: #ccffff;\"><strong>ce qui tient, \u00e0 l&rsquo;ombre, tient \u00e0 l&rsquo;ombre, avec force.<\/strong> <\/span>Et je pense que c&rsquo;est cette force-l\u00e0 qui me pr\u00e9cipite dans l&rsquo;oubli des \u00e9v\u00e9nements aussi bien que des mots. <strong><span style=\"background-color: #ccffff;\">C&rsquo;est une force anti-id\u00e9al.<\/span> <\/strong>Une forte force. Or, l\u00e0 m\u00eame, en cet instant-m\u00eame, elle ne s&rsquo;\u00e9nerve pas, elle me laisse l&rsquo;\u00e9crire. Jusqu&rsquo;\u00e0 un certain point, elle se laisse passer \u00e0 la m\u00e9taphore. Tout va bien tant que je ne parle que pour moi. (Quel rapprochement possible avec la f\u00e9minit\u00e9 et le f\u00e9minisme (et le Japon, et la Chine, et les arts martiaux)? )\u00a0<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>J&rsquo;\u00e9lucubre \u00e7a maintenant. Et cette nuit, par rapport au fait que je ne pouvais pas \u00eatre ma m\u00e8re et donc <strong>faire ce qu&rsquo;elle faisait<\/strong>, et par rapport au fait que ce qu&rsquo;elle avait fait dans une sorte de sentiment <strong>de service \u00e0 l&rsquo;autre, de sacrifice, et dans un m\u00e9pris int\u00e9gral de sa propre personne,<\/strong> il y avait l&rsquo;id\u00e9e que je pouvais en sortir, peut-\u00eatre, puisque telle se dessine ma volont\u00e9, <strong>en poursuivant et consacrant ce travail de restitution de valeur et de dignit\u00e9 aux t\u00e2ches \u00e0 raz du r\u00e9el auxquelles elle se consacrait<\/strong>. C&rsquo;est-\u00e0-dire de consacrer la grandeur de ces t\u00e2ches.<\/p>\r\n<p>Et donc abandonner l&rsquo;id\u00e9e de d\u00e9sidentification d&rsquo;une m\u00e8re, pour se maintenir uniquement \u00e0 la hauteur du r\u00e9el. Je vois bien qu&rsquo;il faudrait pouvoir pr\u00e9ciser davantage, mais pas pour le moment.<\/p>\r\n<p><span style=\"background-color: #ff99cc; font-size: 14pt;\">Choisir le raz du r\u00e9el, s&rsquo;y tenir, c&rsquo;est n&rsquo;avoir pas d&rsquo;autre choix, c&rsquo;est choisir d&rsquo;attribuer une valeur \u00e0 ce r\u00e9el.\u00a0<\/span><\/p>\r\n<p>(Or, ce r\u00e9el et ses exigences ne vous engloura-t-il t\u00f4t ou tard ?)<\/p>\r\n<p>Faut-il qu&rsquo;il y ait (encore) de la grandeur ? Qu&rsquo;il n&rsquo;y ait plus la jouissance de l&rsquo;indigne (au moins, \u00e0 tout le moins). Et puis, pouvoir survivre (\u00e0 tout le moins).<\/p>\r\n<p>Et ce <span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>sacrifice de ma m\u00e8re<\/strong><\/span>, curieusement, paradoxalement, me d\u00e9goute \u00e0 un point, m&rsquo;angoisse \u00e0 un point, que j&rsquo;en suis d\u00e9finitivement pr\u00e9serv\u00e9e &#8211; me semble-t-il. <span style=\"font-size: 14pt;\"><em>N&rsquo;\u00eatre pas elle.<\/em> <\/span>Malgr\u00e9 que je sois poursuivie par la culpabilit\u00e9 de ne pas le faire, ce sacrifice. Et malgr\u00e9 qu&rsquo;il trouve d&rsquo;autres guises, ce sacrifice, pour se faufiler, s&rsquo;incarner dans ma vie. (Ainsi, il m&rsquo;est de plus en plus difficile d&rsquo;imposer un choix \u00e0 moi, comme par exemple choisir un film, mais c&rsquo;est, me semble-t-il, je l&rsquo;esp\u00e8re, superficiel, et c&rsquo;est pourquoi j&rsquo;ai tellement besoin d&rsquo;\u00eatre seule.) Par ailleurs, je sais, je sens bien, <strong>que tout cela pourrait trouver encore \u00e0 s&rsquo;inscrire dans une histoire f\u00e9ministe<\/strong>. Or, il me semble que pour le coup j&rsquo;y sacrifierais quelque chose de ce que je tente d&rsquo;\u00e9crire ici. (Pour moi ce qui s&rsquo;impose, de se conformer \u00e0 un r\u00f4le, \u00e0 un r\u00f4le dans la soumission, dans l&rsquo;effacement, ne tient pas, ne peut tenir uniquement au patriarcat, \u00e0 moins que je ne m\u00e9connaisse compl\u00e8tement la nature de ce patriarcat. Pour ce qui est de ma m\u00e8re : elle a \u00e9t\u00e9 angoiss\u00e9e, mais elle a \u00e9t\u00e9 heureuse, vraiment, elle n&rsquo;a jamais cess\u00e9 de nous aimer, elle nous a toujours aim\u00e9s, nous, ses enfants, son mari.) (et ce qui en moi tient \u00e0 l&rsquo;ombre, dont j&rsquo;ai parl\u00e9 plus haut, n&rsquo;est pas un r\u00f4le acquis, n&rsquo;est pas l&rsquo;assimilation de la place des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9, c&rsquo;est autre chose, cela j&rsquo;en suis convaincue.)<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit \u00e7a.<br \/>L&rsquo;id\u00e9e, cette nuit, \u00e9tait de trouver \u00e0 me d\u00e9gager de <strong>l&rsquo;angoisse o\u00f9 me plonge n&rsquo;importe quel faire<\/strong>. <br \/>Et la reconnaissance qui pourrait s&rsquo;ensuivre. <br \/>(Reconnaissance o\u00f9 ce qui ne supporterait aucune reconnaissance sauf \u00e0 \u00eatre reconnu comme m\u00e9connaissable ou inf\u00e2me ne s&rsquo;y retrouverait pas et combat fortement.)<br \/>Je suis devenue totalement virtuelle. Faire, c&rsquo;est d\u00e9tacher les mains du clavier ou du t\u00e9l\u00e9phone.\u00a0<br \/>Je n&rsquo;aurai de solution que par ce que j&rsquo;appelle le r\u00e9el. De toutes fa\u00e7ons. Je n&rsquo;ai que le raz du r\u00e9el. Et toute possibilit\u00e9 de fiction s&rsquo;est \u00e9vapor\u00e9e. Je suis beaucoup trop (convoqu\u00e9e) requise par ce qui arrive, \u00e0 chaque instant. L\u00e2cher \u00e7a&#8230; Alors, chercher \u00e0 faire le m\u00e9nage dans la nudit\u00e9 du geste, dans l&rsquo;oubli du pass\u00e9, et dans une volont\u00e9 de consacrer ce qui simplement va vous permettre de continuer \u00e0 vivre, assumer votre subsistance.\u00a0<br \/>C&rsquo;est ma limite possible \u00e0 moi. Ce serait.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Je ne suis pas, jamais, sortie d&rsquo;une certaine famille. Je n&rsquo;ai pas grandi. Je suis toujours ramen\u00e9e en arri\u00e8re.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Me lever, saluer Jules.<\/p>\r\n<h3 class=\"modern-footnotes-list-heading \">Notes en bas de page<\/h3><ul class=\"modern-footnotes-list \"><li><span>1<\/span><div>Le tantien, tout comme cet exercice de relaxation, l&rsquo;exp\u00e9rience que j&rsquo;en ai, remonte aux ann\u00e9es tai chi, que je ne pratique plus aujourd&rsquo;hui, dont la sorte particuli\u00e8re de saoir que j&rsquo;en ai tir\u00e9 continue de faire partie de moi.<\/div><\/li><li><span>2<\/span><div>\u00ab\u00a0La jouissance, qui n\u2019a pas de nom, qui \u00e9chappe au signifiant, se r\u00e9v\u00e8le dans la psychose d\u00e9r\u00e9gul\u00e9e, d\u00e9brid\u00e9e. Donner un nom aux choses innommables qui s\u2019imposent au sujet, aux ph\u00e9nom\u00e8nes qui le p\u00e9n\u00e8trent, qui le rendent perplexes et l\u2019angoissent, serait ainsi l\u2019une des vis\u00e9es du traitement \u00e0 op\u00e9rer avec ces sujets. C\u2019est ce que pr\u00e9conise par exemple E. Laurent lorsqu\u2019il \u00e9crit que le traitement des psychoses est dans le fond \u00ab\u202fune entreprise de traduction constante de ce qui arrive, de ce qui exc\u00e8de la signification\u00bb. Il faut, poursuit-il, \u00ab\u202faider le sujet \u00e0 nommer cette chose innommable. Ce n\u2019est pas l\u2019aider \u00e0 d\u00e9lirer [\u2026]. C\u2019est choisir dans le travail du d\u00e9lire [\u2026] ce qui va vers une nomination possible\u00bb.\u00a0\u00bb<\/div><\/li><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>samedi 28 janvier 20239:25 Hier, 3 gouttes + hhc (trop fort) Dans le noir de la chambre\u00c9tranges pens\u00e9es cette nuit. Et sentiment de corps d\u00e9localis\u00e9. Je ne m&rsquo;en suis pas rendue compte tout de suite, seulement quand j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de m&rsquo;\u00e9loigner de mes pens\u00e9es en me concentrant sur corps. Mon corps n&rsquo;\u00e9tait pas l\u00e0 o\u00f9&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2023\/01\/samedi-28-janvier\/\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">samedi 28 janvier, 9h25 &#8211; trop de HHC<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[900,2362,2166,2102,2002,2103,833,906,745,2064,1953,1001,643,1503,1315,1348,2244,501,1938],"class_list":["post-20694","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","tag-angoisse","tag-cas","tag-dun-cas-de-melancolie-menagere","tag-dependance","tag-deuil","tag-identite","tag-imaginaire","tag-inhibition","tag-k","tag-maladie","tag-melancolie","tag-menage","tag-mere","tag-oubli","tag-reel","tag-sacrifice","tag-solitude","tag-valeur","tag-valise","entry"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20694","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20694"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20694\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20694"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=20694"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=20694"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}