{"id":22780,"date":"2023-09-18T16:54:00","date_gmt":"2023-09-18T14:54:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/?p=22780"},"modified":"2024-09-18T17:15:13","modified_gmt":"2024-09-18T15:15:13","slug":"12bis-retour-sur-la-fiction","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2023\/09\/12bis-retour-sur-la-fiction\/","title":{"rendered":"#12bis | retour sur la fiction"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<span class=\"embed-youtube\" style=\"text-align:center; display: block;\"><iframe class=\"youtube-player\" width=\"940\" height=\"529\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/bS5oWxeBbbA?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent\" allowfullscreen=\"true\" style=\"border:0;\" sandbox=\"allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation allow-popups-to-escape-sandbox\"><\/iframe><\/span>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"scholie has-subtle-background-color has-background has-small-font-size\">un peu n&rsquo;imp. premier essai de vid\u00e9o, de lecture. je relis mon texte, en le corrigeant. 2 x d&rsquo;ailleurs. la deuxi\u00e8me commence \u00e0 09:10. je le referai&#8230; je suis tout \u00e0 fait affreuse.<\/p>\n\n\n\n<p>elle disait qu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9cemment rendue compte qu&rsquo;il lui \u00e9tait de plus en plus difficile de croire \u00e0 la fiction, comme si tout devenait r\u00e9el. idem, ajoutait-elle, au cin\u00e9ma : de l&rsquo;impossibilit\u00e9 de voir un film violent : sur sa chaise c&rsquo;est elle qui encaisse les coups, qui g\u00e9mit, qui se projette sur le c\u00f4t\u00e9 tentant d&rsquo;y \u00e9chapper. ou encore : sortir \u00e9puis\u00e9e d&rsquo;un spectacle de danse. c&rsquo;est-\u00e0-dire : toujours faire corps avec ce qu&rsquo;il y a, avec ce qui arrive. et donc il lui semble que pour elle la fiction, tu vois, c&rsquo;est fini. la possibilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire un livre de fiction, \u00e0 plus forte raison un roman&#8230; tu parles. je ne vois pas le rapport. tu ne vois pas le rapport. le rapport va venir, il va venir le rapport, il viendra. alors que justement, alors que de plus en plus, elle en ressent la n\u00e9cessit\u00e9 int\u00e9rieure, de la fiction. de quoi croire? oui, \u00e0 quoi croire. je crois qu&rsquo;une fiction, on y croit. voil\u00e0. donc, partout o\u00f9 on dit ouin ouin c&rsquo;est de la fiction \u00e9cartez-moi \u00e7a, faites venir la v\u00e9rit\u00e9 ou pire la science, elle dit mais non, dans son for int\u00e9rieur elle le dit, mais non, son fort for, n&rsquo;\u00e9cartez rien, gardez, gardez tout. bien, l\u00e0 dessus elle ne dira rien de plus. elle, tenez, elle a cru, en Dieu, elle ne s&rsquo;en trouvait pas mal, \u00e7a lui faisait de la compagnie, des discussions. et des sensations en paga\u00efe? pas tant que \u00e7a, non, elle aurait bien aim\u00e9, les trucs des mystiques, \u00e7a lui aurait plu, mais elle non, rien de \u00e7a, juste qu&rsquo;elle papotait avec Dieu, un peu tout le temps. c&rsquo;\u00e9tait \u00e7a, sa sensation, ce qui lui faisait sensation. \u00e7a n&rsquo;est pas si mauvais. ben non, en fait, non. qu&rsquo;est-ce qui compte finalement? pas sombrer dans le d\u00e9sespoir, \u00e7a compte, par exemple. pour ma part, je dirais, \u00e7a compte. c&rsquo;est s\u00fbr, \u00e7a compte.  apr\u00e8s, y a eu la psychanalyse, <em>toussatoussa<\/em>. enfin pas jeter le b\u00e9b\u00e9 avec l&rsquo;eau du bain, c&rsquo;est ce que je dis toujours, et \u00e0 raison, puis on va pas s&rsquo;attarder \u00e0 ca maintenant, on en garde pour plus tard, voila. elle dirait : une fiction au lieu que le vide, une fiction, n&rsquo;importe laquelle, plut\u00f4t que le vide. et ce serait mal dit. une voix dans l&rsquo;ombre ajouterait, de fa\u00e7on presqu&rsquo;inaudible : c&rsquo;est que cela viserait quelque chose comme le spectre d&rsquo;un goulot d&rsquo;effroi. d&rsquo;un goulot d&rsquo;effroi ! d&rsquo;\u00e9tranglement. c&rsquo;est vrai qu&rsquo;on conna\u00eet, faut bien le dire, quand \u00e7a s&rsquo;\u00e9trangle. elle essaierait de dire autrement : la fiction comme lien, comme liant, comme ce qui lierait les choses les unes aux autres. elle dirait : la fiction plut\u00f4t que le r\u00e9el, le r\u00e9el nu, qui n&rsquo;est jamais vraiment rencontr\u00e9, qui d&rsquo;ailleurs parfois manque, manquerait, auquel on en appelle, peut-\u00eatre ne sachant pas vraiment ce qu&rsquo;on fait, mais auquel il ne faudrait pas rester trop longtemps r\u00e9duit. elle dit : je parle de ce qui existe, des choses qui existent, chacune individuellement, les unes \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des autres, sans que rien ne les lie ni ne les d\u00e9lie, indiff\u00e9remment. cela existe-t-il? est-ce que tu n&rsquo;as pas l&rsquo;impression que cela existe? moi je ne sais plus si cela existe. ce moment o\u00f9 les choses ne disent plus rien. la sorte d&rsquo;ennui qui en ressort. le rideau que cela jette. mais le rideau, quel rideau.  oh je ne sais pas. est-ce qu&rsquo;on aime le r\u00e9el? l&rsquo;aime-t-on le r\u00e9el? elle ajoute : je suis li\u00e9e aux sensations, et je tiens \u00e0 ce qui me lie. ben oui. \u00e0 cause de ce sentiment, parfois, de d\u00e9liaison, voil\u00e0. \u00eatre une chose sans nom parmi les choses sans nom. c&rsquo;est \u00e7a la d\u00e9liaision. <s>est-ce que c&rsquo;est \u00e7a la d\u00e9liaision. ben \u00e7a va, on a compris, pas besoin de r\u00e9p\u00e9ter, non? <\/s>cela n&rsquo;a pas de m\u00e9moire, cela est sans m\u00e9moire, cela est non-rem\u00e9mor\u00e9. mais pourquoi r\u00e9p\u00e9ter \u00e7a trois fois. mais tu est folle. mais je ferais mieux de barrer. est-ce que les sensations sont r\u00e9elles? on tient aux mots qui d\u00e9crivent le r\u00e9el. c&rsquo;est \u00e7a qui est aim\u00e9. je ne tiens pas sp\u00e9cialement \u00e0 la description, je tiens \u00e0 ce qui parle. il ne faut pas chercher plus loin, d\u00e8s que \u00e7a parle, il y a fiction. il y a l&rsquo;aspiration du grand silence. mais d&rsquo;o\u00f9 \u00e7a vient \u00e7a. c&rsquo;est ce qui te vient \u00e0 toi. on dit parole, tu dis silence. c&rsquo;est ce que tu connais, c&rsquo;est ce que je connais. tu connais aussi le long parler, la longue parole continue. je connais. et la parole qui s&rsquo;entame qui se bouscule qui se heurte qui se pr\u00e9cipite. tu parles de la pens\u00e9e, de ses emballements. le recouvrement du vide. la d\u00e9liaision. il faut alors faire quoi. il est possible de prendre alors une chose et de la d\u00e9crire. quant \u00e0 dire que c&rsquo;est possible. laquelle, quand toutes se valent. la sensation, \u00e9crire la seule chose certaine. voil\u00e0. la sensation, c&rsquo;est la certitude. \u00e0 d\u00e9faut de croire : ressentir. mon univers de mots ne tient pas bien. il ne tient que par la colle du r\u00e9el, de la sensation r\u00e9elle. mal dit. ben non c&rsquo;est comme \u00e7a. face aux choses, se dire : est-ce que cela me fait quelque chose, je veux dire : physiquement. tu mens. je crois que je dis toujours la v\u00e9rit\u00e9. sans cette colle, de la sensation, les mondes se d\u00e9litent. il n&rsquo;y a plus de monde. c&rsquo;est l\u00e0 la limite de son intelligence. toujours il faut qu&rsquo;elle interroge le lien, physique, la sensation, et la sensation n&rsquo;appartient qu&rsquo;au pr\u00e9sent. c&rsquo;est l\u00e0 que se perd l&rsquo;histoire, le temps. dira-t-on la sourde angoisse pourtant du temps qui passe. non. dira-t-on : tu inventes. oui. il faut inventer des fictions suffisamment forte qu&rsquo;on puisse s&rsquo;en souvenir quand \u00e7a d\u00e9rape. tu crois que c&rsquo;est possible? des marchepieds d&rsquo;o\u00f9 repartir. je pourrais parler des sensations du temps qui m&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 offertes par la peinture, les mus\u00e9es, la parole de mon p\u00e8re. je pourrais parler de l&rsquo;endroit, du moment o\u00f9 le temps s&rsquo;est fig\u00e9, cet h\u00e9ritage de ton p\u00e8re, oui, la guerre, les camps. alors \u00e7a s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9, pour lui, pour toi. est-ce que tu crois qu&rsquo;il faut y revenir. non. je ne crois pas. tu pleures? c&rsquo;est de l&rsquo;eau. un homme que j&rsquo;ai aim\u00e9 le disait : c&rsquo;est de l&rsquo;eau. je lui disais : tu pleures, Claude ? Claude, tu pleures ? il disait : c&rsquo;est de l&rsquo;eau. c&rsquo;est comme \u00e7a. il pleuvait, il pleurait, c&rsquo;est de l&rsquo;eau. c&rsquo;est la nuit. c&rsquo;est aussi par l\u00e0 qu&rsquo;on survit. \u00e0 le dire, \u00e7a : c&rsquo;est de l&rsquo;eau. le corps r\u00e9agit. tu me parleras de l&rsquo;histoire en peinture? de tout ce que tu veux, tu ne pleures pas pour de vrai. qui le sait. le point de d\u00e9liaison est aussi le point de liaison. l&rsquo;\u00e8re de l&rsquo;en m\u00eame temps. oui. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>un peu n&rsquo;imp. premier essai de vid\u00e9o, de lecture. je relis mon texte, en le corrigeant. 2 x d&rsquo;ailleurs. la deuxi\u00e8me commence \u00e0 09:10. je le referai&#8230; je suis tout \u00e0 fait affreuse. elle disait qu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9cemment rendue compte qu&rsquo;il lui \u00e9tait de plus en plus difficile de croire \u00e0 la fiction, comme si&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2023\/09\/12bis-retour-sur-la-fiction\/\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">#12bis | retour sur la fiction<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2339],"tags":[2386,2342,1490],"class_list":["post-22780","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2023-le-roman","tag-deliaison","tag-fiction","tag-sensation","entry"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22780","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22780"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22780\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22780"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22780"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22780"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}