{"id":25987,"date":"2025-02-02T07:10:00","date_gmt":"2025-02-02T06:10:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/?p=25987"},"modified":"2025-02-08T21:22:35","modified_gmt":"2025-02-08T20:22:35","slug":"cest-plus-calme-pour-moi-detre-a-bruxelles-plus-facile-dans-la-maison-de-ma-mere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2025\/02\/cest-plus-calme-pour-moi-detre-a-bruxelles-plus-facile-dans-la-maison-de-ma-mere\/","title":{"rendered":"c&rsquo;est plus calme pour moi d&rsquo;\u00eatre \u00e0 bruxelles, plus facile dans la maison de ma m\u00e8re.\u00a0"},"content":{"rendered":"\n<p>r\u00e9veill\u00e9e un peu trop t\u00f4t. j&rsquo;h\u00e9site \u00e0 refermer les yeux.<\/p>\n\n\n\n<p>c&rsquo;est plus calme pour moi d&rsquo;\u00eatre \u00e0 bruxelles, plus facile dans la maison de ma m\u00e8re.&nbsp; il y a cette envie de maintenir son ordre, l&rsquo;ordre auquel elle s&rsquo;est accroch\u00e9e, par o\u00f9 elle tra\u00e7ait les limites de son labyrinthe ou de son terrier, par o\u00f9 elle s&rsquo;auto-limitait,&nbsp; \u00e9chappait \u00e0 l&rsquo;angoisse. angoisse sur laquelle je mets mes mots. je dis : angoisse du trop ouvert. une maison comme un corps s\u00fbr, avec au mur les toiles de mon p\u00e8re. au mur les portraits d&rsquo;elle, ce corps encore re\u00e7u, le souvenir du logis de son regard. une maison o\u00f9 elle a su donner \u00e0 chaque chose sa place, d&rsquo;o\u00f9 elle a \u00e9vacu\u00e9 les exc\u00e8s,&nbsp; allant&nbsp; toujours l&rsquo;\u00e9conomie.&nbsp; il y a un conservatisme qui n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement politique, qui ne le devient pas pour autant, mais qui trouve peut-\u00eatre sa source dans cette forme d&rsquo;angoisse, d&rsquo;instabilit\u00e9 fonci\u00e8re, de d\u00e9litement perp\u00e9tuel o\u00f9 il faut redresser toujours des parois de sable, o\u00f9 tout vous transperce. je pense \u00e0 ceux dont les corps ne tiennent qu&rsquo;approximativement, qui tendent \u00e0 s&rsquo;\u00e9tendre ou se r\u00e9duire. qui en retirent joie et difficult\u00e9s. je ressens la maison de ma m\u00e8re comme un corps o\u00f9 je suis mieux. un corps stable qu&rsquo;il vaut la peine de chercher \u00e0 entretenir, \u00e0 maintenir. une m\u00e9moire vivante. dans la maison de me m\u00e8re je deviens ma m\u00e8re et les gestes qu&rsquo;elles faisaient que je reprends sont les siens. partout ailleurs, ces gestes deviennent sources d&rsquo;angoisse. ici je me coule en elle. je renonce joyeusement \u00e0 tout. partout ailleurs nulle part ailleurs cela n&rsquo;est possible, partout ailleurs je suis rattrap\u00e9e par une volont\u00e9 d&rsquo;\u00eatre moi-m\u00eame, de me rejoindre, me construire, ne surtout pas rejoindre ce que je ressens alors comme son sacrifice. elle le r\u00e9p\u00e9tait : qui n&rsquo;en n&rsquo;\u00e9tait pas un. sacrifice au service des autres, dans une organisation o\u00f9 elle o\u00f9 elle trouvait sa place, la creusait (envoyant vers le monde ses pseudopodes d\u2019amour, ses bras d\u2019algues). ce qui pour elle a fait corps logeait dans de savants arrangement gravitationnels (probablement autour d\u2019un vide dont chaque corps prenait sa part) &#8211; mon p\u00e8re, son travail d&rsquo;artiste, voire d&rsquo;artiste maudit, mon p\u00e8re, sa parole, sa culture, la maison, la famille, les enfants; et dieu, la certitude de l&rsquo;amour de dieu. les murs en suintent encore, chaque grain de lumi\u00e8re et me couler dans l&rsquo;amour d&rsquo;elle, je ne peux le faire qu&rsquo;ici. en ces temps de maintenant. dans la proximit\u00e9 de la maison de repos. ailleurs, partout ailleurs je ne suis rattrap\u00e9e que par ses d\u00e9mons : \u00eatre une mauvaise m\u00e8re, mal faire, rater. ailleurs, il n&rsquo;y a plus rien. sable sable et tourbillons. un tout \u00e0 toujours refaire. une peur de tomber dans son trou, quand il n&rsquo;y a aucun mur pour me rattraper.<\/p>\n\n\n\n<p>aucun mur, bien s\u00fbr j\u2019exag\u00e8re, si je ne me suis appropri\u00e9 aucune maison, je vis moi aussi au coeur \u00ab\u00a0d\u2019arrangements gravitationnels\u00a0\u00bb (dont les murs restent encore \u00e0 \u00e9crire).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>(Je me demande si je peux donner de l&rsquo;huile de nigelle \u00e0 Ches le petit chat malade).<\/p>\n\n\n\n<p>l\u2019ordre auquel on s\u2019applique on s\u2019accroche . la place que l\u2019on donne , les places que l\u2019on donne . les attributions . l\u2019espace extrait du chaos . soi-m\u00eame extrait.e du chaos . la main mise. les routes trac\u00e9es par les objets situ\u00e9s .&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>publi\u00e9 sur Bluesky : <a href=\"https:\/\/bsky.app\/profile\/disparates.bsky.social\/post\/3lh6lls5tmk2u\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"\">https:\/\/bsky.app\/profile\/disparates.bsky.social\/post\/3lh6lls5tmk2u<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>r\u00e9veill\u00e9e un peu trop t\u00f4t. j&rsquo;h\u00e9site \u00e0 refermer les yeux. c&rsquo;est plus calme pour moi d&rsquo;\u00eatre \u00e0 bruxelles, plus facile dans la maison de ma m\u00e8re.&nbsp; il y a cette envie de maintenir son ordre, l&rsquo;ordre auquel elle s&rsquo;est accroch\u00e9e, par o\u00f9 elle tra\u00e7ait les limites de son labyrinthe ou de son terrier, par o\u00f9&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2025\/02\/cest-plus-calme-pour-moi-detre-a-bruxelles-plus-facile-dans-la-maison-de-ma-mere\/\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">c&rsquo;est plus calme pour moi d&rsquo;\u00eatre \u00e0 bruxelles, plus facile dans la maison de ma m\u00e8re.\u00a0<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-25987","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","entry"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25987","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=25987"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25987\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":25989,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25987\/revisions\/25989"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25987"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=25987"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=25987"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}