{"id":26055,"date":"2025-02-15T16:40:34","date_gmt":"2025-02-15T15:40:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/?p=26055"},"modified":"2025-03-08T19:08:48","modified_gmt":"2025-03-08T18:08:48","slug":"boost-01-nuit-dete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2025\/02\/boost-01-nuit-dete\/","title":{"rendered":"#boost 01 | nuit d&rsquo;\u00e9t\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\">ST2 \/ liminaire<\/p>\n\n\n\n<p>Dans terreur, il y a terre. Cette nuit-l\u00e0, j\u2019entends&nbsp;: dans terreur, il y a terre.<\/p>\n\n\n\n<p>ST4<\/p>\n\n\n\n<p>Erre&nbsp;: lieu d\u2019errance. Ton erre favorite. Comme une erreur.<\/p>\n\n\n\n<p>ST2<\/p>\n\n\n\n<p>Vers les trois heures, j\u2019ai ouvert \u00e0 la terreur des coupables, mon ma\u00eetre. La nuit avan\u00e7ant, \u00e0 entendre ses jugements s\u00e9v\u00e8res, j\u2019ai eu besoin de mordre, de mordre la poussi\u00e8re, et j\u2019ai mordu la terre, sa pomme. Elle \u00e9tait fra\u00eeche et boueuse et je me repaissais loin des regards, avilie, les yeux sur la fen\u00eatre ouverte \u00e0 l\u2019absence des dieux et des pierres des yeux. Dans la chambre flottait les cendres d\u2019une fine lune. Je roulais au sol.<\/p>\n\n\n\n<p>ST4<\/p>\n\n\n\n<p>Atterrer. D\u2019abord, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 litt\u00e9ralement \u00ab&nbsp;mettre \u00e0 terre&nbsp;\u00bb. C\u2019est petit \u00e0 petit que s\u2019est insinu\u00e9e la notion d\u2019abattement psychologique intense proche de l\u2019effroi, de la stupeur, voire de la terreur qui cloue au sol et emp\u00eache de bouger. Illustration, dans l\u2019\u00e9volution de la langue, d\u2019un passage du concret (renverser physiquement) \u00e0 l\u2019abstrait (accabler moralement). L\u2019\u00e9volution inverse se voit aussi (ainsi ce soir-l\u00e0, cette nuit-l\u00e0, le corps \u00e9coute la langue.)<\/p>\n\n\n\n<p>ST2<\/p>\n\n\n\n<p>Ce soir-l\u00e0, cette nuit-l\u00e0, la langue est de terre. Et la terre se fait langue. Et la terre se souvient de toutes les terres de la terre. Et le corps est pris par ces souvenirs de la terre. Pass\u00e9e \u00e0 la langue, la terre en perd son orthographe. La terre n\u2019est plus qu\u2019ou\u00efe. Je l\u2019entends entendre, \u00e7a fait un grand silence qui agrandit la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p>ST1 ST2<\/p>\n\n\n\n<p>Au travers des plafonds et des planchers, au travers des vides, la terre fait son travail et me supporte. Je&nbsp;<em>comptais<\/em>&nbsp;sur elle, il me semble que je la&nbsp;<em>savais<\/em>. N\u2019\u00e9tais-je elle. Il faisait si noir. Je laissai les invocations. Il y avait. Ce qu\u2019il y avait. La forte pr\u00e9sence des grands champs retourn\u00e9s \u00e0 quelques m\u00e8tres de l\u00e0. Leur odeur. Les terres \u00e9ventr\u00e9es o\u00f9 je me baignais. Les vol\u00e9es de coups de b\u00eache encore en m\u00e9moire. Les br\u00e8ches ouvertes. Lait noir jusqu\u2019\u00e0 la naus\u00e9e. Tout suintait et mes aisselles. Les cuisses de presque quel corps je dirais collaient et je tirais \u00e0 moi une couverture inutile et r\u00eache. Ne m\u00e9ritant plus rien, vers les cinq heures, la terre m\u2019avait rapatri\u00e9e \u00e0 sa version sale de la cave, version noire humide obscure propice peut-\u00eatre aux rats que je n\u2019avais pas vus. Mais au matin tout a chang\u00e9. Vous savez le changement du matin. L\u2019astre se levait, de nulle part, du fond de la fatigue, je revenais \u00e0 moi dans la douceur de la chambre aux murs roses, sous les fen\u00eatres blanches, la juste terreur con\u00e7ue de mon crime s\u2019\u00e9tant \u00e9vanouie, emport\u00e9e par les brumes de l\u2019aube naissante. Dans le chant des oiseaux, je regardais la lumi\u00e8re arriver. Lait blanc du jour.<\/p>\n\n\n\n<p>ST3<\/p>\n\n\n\n<p>Quand tout l\u2019or du monde fut install\u00e9,&nbsp;j\u2019ai coul\u00e9 dans les escaliers toute ma masse molle, coul\u00e9e marche \u00e0 marche, c\u2019est un chat qui m\u2019avait enseign\u00e9e, vers la porte et le dehors, les escaliers encore puis la terre, enfin, la terre, la terre, enfin, dont je ne sais encore que dire tant j\u2019\u00e9tais encore moi, je dis tant j\u2019\u00e9tais encore moi-m\u00eame, vous comprenez, me d\u00e9cidant cependant \u2013 comme me saisissaient sa fra\u00eecheur sa duret\u00e9 son \u00e9tranget\u00e9 \u2013 \u00e0 prendre possession d\u2019elle, la terre, \u00e0 me glisser sous le masque de son alt\u00e9rit\u00e9. Ici, tout est difficile \u00e0 dire, car la terre \u00e0 cet endroit est parcourue de plantounettes fines, je les appelle ici ainsi faute de conna\u00eetre leurs noms, de milliards de plantounettes o\u00f9 trainaient \u00e9galement feuilles et branches s\u00e8ches, coques abandonn\u00e9es de noisettes. J\u2019\u00e9tais arriv\u00e9e \u00e0 ce que j\u2019avais voulu, l\u2019oubli, sans plus, mes doigts agripp\u00e9s dans la terre, j\u2019y coulais. Vous savez bien comment on fait, on y va un os \u00e0 la fois, o\u00f9 quelques os \u00e0 la fois, et puis les muscles, les muscles par paquet, les faisceaux de muscles, le seau de la peau, sa nasse, on les confie au grave, \u00e0 la gravit\u00e9 de la terre et on s\u2019enfonce, on s\u2019\u00e9tale. Bref.<\/p>\n\n\n\n<p>ST4<\/p>\n\n\n\n<p>Se terrer&nbsp; : \u00ab&nbsp;\u00catre terr\u00e9, \u00eatre couvert de terre.&nbsp; Se terrer, se cacher sous terre, en parlant de certains animaux.&nbsp; Se cacher \u00e0 l\u2019abri du danger ou vivre hors du contact avec autrui&nbsp;\u00bb. Mais encore : \u00ab&nbsp;Se mettre \u00e0 couvert du feu de l\u2019ennemi par des travaux de terre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>ST1<\/p>\n\n\n\n<p>Les travaux de la nuit port\u00e8rent. Je ne basculerais ce jour-l\u00e0 dans aucune tranch\u00e9e. Je resterais beaucoup allong\u00e9e assistant depuis le sol \u00e0 de nombreuses joutes de lumi\u00e8re, de v\u00e9ritables tournois. Mais aucune tranch\u00e9e de terre ce jour-l\u00e0 ne me prendrait, je ne serais alourdie d\u2019aucun casque ni barda, j\u2019\u00e9crirais au soleil dans le sable du bord de l\u2019\u00e9tang. Il n\u2019y aurait&nbsp; ni ennui ni guerre o\u00f9 m\u2019enfoncer ni ver \u00e0 m\u00e2chonner. Aucun cauchemar vivant. De quelques v\u00eatements all\u00e9g\u00e9e, j\u2019aurais regard\u00e9 \u00e0 travers les roseaux, le ch\u00eane ployer. Aur\u00e8le aurait dit : c\u2019est la terre \u00e0 l\u2019envers, aujourd\u2019hui. C\u2019\u00e9tait la terre \u00e0 l\u2019envers. Non que je tienne \u00e0 tout prix \u00e0 terminer sur une note gaie. Pour ce jour-l\u00e0, c\u2019\u00e9tait assez.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Codicille<\/strong>&nbsp;: Ma 2\u00e8me proposition pour l\u2019atelier \u00ab&nbsp;Tarkos, 4 strates&nbsp;\u00bb. Premier jet \u00e9crit lisant Tarkos. \u00c9crit au d\u00e9part de ce bout de phrase qui me revenait \u00ab&nbsp;<em>Dans terreur, il y a terre<\/em>&nbsp;\u00bb que j\u2019attribuais de fa\u00e7on en partie erron\u00e9e \u00e0 Lacan dans le s\u00e9minaire 2, son travail autour du \u00ab&nbsp;famillionnaire&nbsp;\u00bb, qui m\u2019a amen\u00e9e \u00e0 rechercher les \u00e9tymologies d\u2019atterer. Voir :&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.littre.org\/definition\/atterrer\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/www.littre.org\/definition\/atterrer<\/a>&nbsp; Ces recherches ont fait mes S4, qui ont guid\u00e9 l\u2019ensemble, jusqu\u2019au bout. Je voulais de l\u2019\u00e9tat de terre, me laisser guider par le \u00ab&nbsp;ter&nbsp;\u00bb de terre, de terreur et d\u2019atterr\u00e9, le ter qui r\u00e9sonne aussi avec le taire. Et quand j\u2019ai visit\u00e9 la page de la terreur dans le Littr\u00e9 et que je suis tomb\u00e9e sur : \u00ab&nbsp;<em>Il est la terreur des coupables, se dit d\u2019un juge s\u00e9v\u00e8re<\/em>\u00ab&nbsp;, le texte \u00e9tait lanc\u00e9. (J\u2019avoue j\u2019avais aim\u00e9 aussi : \u00ab&nbsp;<em>Il y a des maladies qui atterrent jusques \u00e0 nos desirs et nostre cognoissance<\/em>\u00ab&nbsp;.) Au bout de quelques jours, une nuit, je me suis effray\u00e9e du manque de la terre, de l\u2019artificialit\u00e9 de ce que j\u2019avais \u00e9crit, de mes seuls jeux de mots, d\u2019une \u00e9criture qui m\u2019apparaissait finalement tellement s\u00e9par\u00e9e de la terre elle-m\u00eame. (Il me semblait que je ne m\u2019y laissais toucher que par des bouts de mots, des bouts de langue, rien de concret). Jusqu\u2019\u00e0 ce que je me rende compte que je me trompais, qu\u2019il y avait bien de la terre partout, dans la langue que j\u2019utilisais, que je ne l\u2019avais ni trahie ni sacrifi\u00e9e. Cela je le lisais chez les autres aussi. Que la terre ne s\u2019oubliait pas. Que c\u2019\u00e9tait la langue dont je voulais, la seule d\u2019ailleurs \u00e0 ma port\u00e9e. Si je n\u2019ai pas abandonn\u00e9, c\u2019est que d\u00e8s le premier jet, certains passages m\u2019ont \u00e9mue. Que j\u2019esp\u00e8re maintenant n\u2019avoir pas trop gonfl\u00e9s. Passages secrets.<\/p>\n\n\n\n<p>SOURCE : <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-01-tarkos-quatre-strates-de-la-terre\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"\">https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-01-tarkos-quatre-strates-de-la-terre\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>VERSIONS :<\/p>\n\n\n\n<p><em>15 f\u00e9vrier 5 heures :<\/em>&nbsp;<em>pas s\u00fbre qu\u2019il faille garder paragraphe sur le \u00ab&nbsp;travail de la terre&nbsp;\u00bb. mais qu\u2019est-ce qu\u2019il reste, si j\u2019enl\u00e8ve \u00e7a. \u00e0 voir, au fond. voir si \u00e7a n\u2019ajoute pas des mots juste pour ajouter des mots. si c&rsquo;est pas de \u00e7a dont j&rsquo;ai eu besoin, m&rsquo;enfoncer m&#8217;embrouissailler dans une savane de mots. oui mais je risque de me retrouver sans plus rien \u00e9crit. je v\u00e9rifie et j\u2019envoie \u00e0 FB. tant pis.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>version du 14 f\u00e9vrier<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>ST2 \/ liminaire<\/p>\n\n\n\n<p>Dans terreur, il y a terre. J\u2019entends ce jour-l\u00e0&nbsp;: dans terreur, il y a terre.<\/p>\n\n\n\n<p>ST4<\/p>\n\n\n\n<p>Ton erre&nbsp;: le lieu de ton errance. Ne dit-on pas&nbsp;: Ton erre favorite. Et c\u2019est comme une erreur.<\/p>\n\n\n\n<p>ST2<\/p>\n\n\n\n<p>Vers les trois heures, j\u2019ai ouvert \u00e0 la terreur des coupables, mon ma\u00eetre. La nuit avan\u00e7ant, \u00e0 entendre ses jugements s\u00e9v\u00e8res, j\u2019ai eu besoin de mordre, de mordre la poussi\u00e8re, et j\u2019ai mordu la terre, sa pomme. Elle \u00e9tait fra\u00eeche et boueuse et je me repaissais loin des regards, dans la chambre, avilie, les yeux sur la fen\u00eatre ouverte \u00e0 l\u2019absence des dieux et des pierres des yeux. Dans la chambre flottait les cendres d\u2019une fine lune. Je roulais au sol.<\/p>\n\n\n\n<p>ST4<\/p>\n\n\n\n<p>Atterrer. D&rsquo;abord, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 litt\u00e9ralement \u00ab&nbsp;mettre \u00e0 terre&nbsp;\u00bb. C&rsquo;est petit \u00e0 petit que s\u2019est insinu\u00e9e la notion d\u2019abattement psychologique intense proche de l\u2019effroi, de la stupeur, voire de la terreur qui cloue au sol et emp\u00eache de bouger. Illustration dans l&rsquo;\u00e9volution de la langue d&rsquo;un passage du concret (renverser physiquement) \u00e0 l&rsquo;abstrait (accabler moralement). L&rsquo;\u00e9volution inverse se voit aussi (ainsi ce soir-l\u00e0, cette nuit-l\u00e0. Le corps \u00e9coute la langue.)<\/p>\n\n\n\n<p>ST2<\/p>\n\n\n\n<p>Ce soir-l\u00e0, cette nuit-l\u00e0, la langue est de terre. Et la terre se fait langue. Et la terre se souvient de toutes les terres de la terre. Et le corps est pris par ces souvenirs de la terre. Pass\u00e9e \u00e0 la langue la terre en perd son orthographe. La terre n&rsquo;est plus qu&rsquo;ou\u00efe. <\/p>\n\n\n\n<p>ST1<\/p>\n\n\n\n<p>Unique mouvement, raffinement supr\u00eame : tant qu\u2019a dur\u00e9 la nuit de la terre aucun grain qui la terre ne hisse, qui le globe discr\u00e8tement n\u2019\u00e9tire, discr\u00e8tement vers l\u2019est n\u2019\u00e9tire, discr\u00e8tement vers la gauche dans l\u2019orbite aggrav\u00e9 du temps. Je le dis pour qui il est utile de le pr\u00e9ciser. Et c\u2019est avec bonheur, car je vous parle ici de la terre en chacun de ses grains, chacune de ses particules, qui conna\u00eet le feu du centre et la surface de l\u2019air, du grand air et de toutes les aires. Cette terre est sainte, s\u2019il en est, autant vous le dire, en effet. Elle, nulle autre.<\/p>\n\n\n\n<p>ST1 ST2<\/p>\n\n\n\n<p>Au matin, tout a chang\u00e9. Vous savez le changement du matin. Au travers des plafonds et des planchers, au travers des vides, la terre avait fait son travail supportant mon poids au sol \u00e9tal\u00e9. Je comptais sur elle, il me semble que je la <em>savais<\/em>. N&rsquo;\u00e9tais-je elle. Il faisait si noir. Une invocation s&rsquo;imposait \u00e0 moi, dans la terreur de la terre et son adoration, dans la terreur du taire et son abn\u00e9gation. La forte pr\u00e9sence des grands champs retourn\u00e9s \u00e0 quelques m\u00e8tres de l\u00e0. Leur odeur. Des terres \u00e9ventr\u00e9es o\u00f9 je me baignais, ivre peut-\u00eatre, les vol\u00e9es de coups de b\u00eache encore en m\u00e9moire. Les br\u00e8ches ouvertes, lait noir jusqu&rsquo;\u00e0 la naus\u00e9e. Tout suintait et mes aisselles. Les cuisses de presque quel corps je dirais collaient et je tirais \u00e0 moi une couverture inutile et r\u00e8che. Ne m\u00e9ritant plus rien, vers les cinq heures, la terre m\u2019avait rapatri\u00e9e \u00e0 sa version sale de la cave, version noire humide obscure propice peut-\u00eatre aux rats que je n\u2019avais pas vus, petits yeux billes de verre. Mais au matin tout a chang\u00e9. Vous savez le changement du matin. L\u2019astre se levait, de nulle part, du fond de la fatigue, je revenais \u00e0 moi dans la douceur de la chambre aux murs roses, sous les fen\u00eatres blanches, la juste terreur con\u00e7ue de mon crime s\u2019\u00e9tant \u00e9vanouie, emport\u00e9e par les brumes de l&rsquo;aube naissante. Les grains seuls continuaient \u00e0 vaquer, je regardais la lumi\u00e8re arriver. Lait blanc du jour. <\/p>\n\n\n\n<p>S&rsquo;\u00e9parpiller dans le chant des oiseaux. Se rassembler.<\/p>\n\n\n\n<p>ST3<\/p>\n\n\n\n<p>Quand tout l\u2019or du jour fut arriv\u00e9,&nbsp;j\u2019ai coul\u00e9 dans les escaliers toute ma masse molle, coul\u00e9e marche \u00e0 marche, c\u2019est un chat qui m\u2019avait enseign\u00e9e, vers la porte et le dehors, les escaliers encore puis la terre, enfin, la terre, la terre, enfin, dont je ne sais encore que dire tant j\u2019\u00e9tais encore moi, je dis tant j\u2019\u00e9tais encore moi-m\u00eame, vous comprenez, me d\u00e9cidant cependant \u2013 comme me saisissaient sa fra\u00eecheur sa duret\u00e9 son \u00e9tranget\u00e9 \u2013 \u00e0 prendre possession d\u2019elle, la terre, \u00e0 me glisser sous le masque de son alt\u00e9rit\u00e9. Ici, tout est difficile \u00e0 dire, car la terre \u00e0 cet endroit est parcourue de plantounettes fines, je les appelle ici ainsi faute de conna\u00eetre leurs noms, de milliards de plantounettes o\u00f9 trainaient \u00e9galement feuilles et branches s\u00e8ches, coques abandonn\u00e9es de noisettes. J\u2019\u00e9tais arriv\u00e9e \u00e0 ce que j\u2019avais voulu, l\u2019oubli, sans plus, mes doigts agripp\u00e9s dans la terre, j\u2019y coulais. Vous savez bien comment on fait, on y va un os \u00e0 la fois, o\u00f9 quelques os \u00e0 la fois, et puis les muscles, les muscles par paquet, les faisceaux de muscles, le seau de la peau, sa nasse, on les confie au grave, \u00e0 la gravit\u00e9 de la terre et on s\u2019enfonce, on s\u2019\u00e9tale. Bref.<\/p>\n\n\n\n<p>ST4<\/p>\n\n\n\n<p>Se terrer&nbsp; : \u00ab&nbsp;\u00catre terr\u00e9, \u00eatre couvert de terre.&nbsp; Se terrer, se cacher sous terre, en parlant de certains animaux.&nbsp; Se cacher \u00e0 l&rsquo;abri du danger ou vivre hors du contact avec autrui&nbsp;\u00bb. Mais encore : \u00ab&nbsp;Se mettre \u00e0 couvert du feu de l&rsquo;ennemi par des travaux de terre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>ST1<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne basculerais ce jour-l\u00e0 dans aucune tranch\u00e9e. Je resterais beaucoup allong\u00e9e assistant depuis le sol \u00e0 de nombreuses joutes de lumi\u00e8re, de v\u00e9ritables tournois. Mais aucune tranch\u00e9e de terre ce jour-l\u00e0 ne me prendrait, je ne serais alourdie d\u2019aucun casque ni barda, j\u2019\u00e9crirais au soleil dans le sable du bord de l\u2019\u00e9tang. Il n\u2019y aurait&nbsp; ni ennui ni guerre o\u00f9 m\u2019enfoncer ni ver \u00e0 m\u00e2chonner. Aucun cauchemar vivant. De quelques v\u00eatements all\u00e9g\u00e9e, j\u2019aurais regard\u00e9 \u00e0 travers les roseaux, le ch\u00eane ployer. Aur\u00e8le aurait dit : c\u2019est la terre \u00e0 l\u2019envers, aujourd\u2019hui. C\u2019\u00e9tait la terre \u00e0 l\u2019envers. Non que je tienne \u00e0 tout prix \u00e0 terminer sur une note gaie. Pour ce jour-l\u00e0, c\u2019\u00e9tait assez. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">13 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n<p>ST2 \/ liminaire<\/p>\n\n\n\n<p>Dans terreur, il y a terre. J\u2019entends ce jour-l\u00e0&nbsp;: dans terreur, il y a terre.<\/p>\n\n\n\n<p>ST4<\/p>\n\n\n\n<p>Entre nous, ton erre&nbsp;: le lieu de ton errance. Ne dit-on pas&nbsp;: Ton erre favorite. Et c\u2019est comme une erreur.<\/p>\n\n\n\n<p>ST2<\/p>\n\n\n\n<p>Vers les trois heures, j\u2019ai ouvert \u00e0 la terreur des coupables, mon ma\u00eetre. La nuit avan\u00e7ant, \u00e0 entendre ses jugements s\u00e9v\u00e8res, j\u2019ai eu besoin de mordre, de mordre la poussi\u00e8re, et j\u2019ai mordu la terre, sa pomme. Elle \u00e9tait fra\u00eeche et boueuse et je me repaissais loin des regards, dans la chambre, avilie, les yeux sur la fen\u00eatre ouverte \u00e0 l\u2019absence des dieux et des pierres des yeux. Dans la chambre flottait les cendres d\u2019une fine lune.<\/p>\n\n\n\n<p>ST4<\/p>\n\n\n\n<p>Atterrer:&nbsp; D\u2019abord \u00e7a a \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;Renverser par terre, jeter au sol&nbsp;\u00bb. <em>Apr\u00e8s un moment de lutte, il l&rsquo;atterra sous lui<\/em> (c\u2019est dans Bossuet). Ce serait petit \u00e0 petit que la terreur s\u2019est insinu\u00e9e dans atterrer. \u00c7a a donn\u00e9&nbsp;: &nbsp;\u00ab&nbsp;Jeter dans l&rsquo;abattement, l&rsquo;affliction, l&rsquo;\u00e9pouvante.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>ST1<\/p>\n\n\n\n<p>Unique mouvement, raffinement supr\u00eame : tant qu\u2019a dur\u00e9 la nuit de la terre aucun grain qui la terre ne hisse, qui le globe discr\u00e8tement n\u2019\u00e9tire, discr\u00e8tement vers l\u2019est n\u2019\u00e9tire, discr\u00e8tement vers la gauche dans l\u2019orbite aggrav\u00e9 du temps. Je le dis pour qui il est utile de le pr\u00e9ciser. Et c\u2019est avec bonheur, car je vous parle ici de la terre en chacun de ses grains, chacune de ses particules, qui conna\u00eet le feu du centre et la surface de l\u2019air, du grand air et de toutes les aires. Cette terre est sainte, s\u2019il en est, autant vous le dire, en effet. Elle, nulle autre.<\/p>\n\n\n\n<p>ST1 ST2<\/p>\n\n\n\n<p>Au matin, tout a chang\u00e9. Vous savez le changement du matin. Au travers des plafonds et des planchers, au travers des vides, la terre avait fait son travail supportant mon poids au sol \u00e9tal\u00e9. Vers les cinq heures, d\u2019ailleurs, elle m\u2019avait rapatri\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 sa version sale de la cave, version noire humide obscure propice peut-\u00eatre aux rats, que je n\u2019avais pas vus. Mais au matin tout a chang\u00e9. Voil\u00e0 que l\u2019astre maintenant se levait et je revenais \u00e0 moi dans la douceur de la chambre aux murs roses, sous les fen\u00eatres blanches, la juste terreur con\u00e7ue de mon crime s\u2019\u00e9tant \u00e9vanouie, emport\u00e9e par les brumes de cette aube d\u2019\u00e9t\u00e9. Les grains seuls continuaient \u00e0 vaquer, je regardais la lumi\u00e8re arriver. Je buvais.<\/p>\n\n\n\n<p>ST3<\/p>\n\n\n\n<p>Quand tout l\u2019or du jour fut arriv\u00e9,&nbsp;j\u2019ai coul\u00e9 dans les escaliers toute ma masse molle, coul\u00e9e marche \u00e0 marche, c\u2019est un chat qui m\u2019avait enseign\u00e9e, vers la porte et le dehors, les escaliers encore puis la terre, enfin, la terre, la terre, enfin, dont je ne sais encore que dire tant j\u2019\u00e9tais encore moi, je dis tant j\u2019\u00e9tais encore moi-m\u00eame, vous comprenez, me d\u00e9cidant cependant \u2013 comme me saisissaient sa fra\u00eecheur sa duret\u00e9 son \u00e9tranget\u00e9 \u2013 \u00e0 prendre possession d\u2019elle, la terre, &nbsp;\u00e0 me glisser sous le masque de son alt\u00e9rit\u00e9. Ici, tout est difficile \u00e0 dire, car la terre \u00e0 cet endroit est parcourue de plantounettes fines, je les appelle ici ainsi faute de conna\u00eetre leurs noms, de milliards de plantounettes o\u00f9 trainaient \u00e9galement feuilles et branches s\u00e8ches, coques abandonn\u00e9es de noisettes. J\u2019\u00e9tais arriv\u00e9e \u00e0 ce que j\u2019avais voulu, l\u2019oubli, sans plus, mes doigts agripp\u00e9s dans la terre, j\u2019y coulais. Vous savez bien comment on fait, on y va un os \u00e0 la fois, o\u00f9 quelques os \u00e0 la fois, et puis les muscles, les &nbsp;muscles par paquet, les faisceaux de muscles, le seau de la peau, on les confie au grave, \u00e0 la gravit\u00e9 de la terre et on s\u2019enfonce, on s\u2019\u00e9tale. Bref.<\/p>\n\n\n\n<p>ST4<\/p>\n\n\n\n<p>Terrer : \u00ab&nbsp;Mettre de la nouvelle terre&nbsp;\u00bb. Se terrer&nbsp; : \u00ab&nbsp;\u00catre terr\u00e9, \u00eatre couvert de terre.&nbsp; Se terrer, se cacher sous terre, en parlant de certains animaux.&nbsp; Se cacher \u00e0 l&rsquo;abri du danger ou vivre hors du contact avec autrui&nbsp;\u00bb. Ou encore : \u00ab&nbsp;Se mettre \u00e0 couvert du feu de l&rsquo;ennemi par des travaux de terre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>ST1<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne basculerais ce jour-l\u00e0 dans aucune tranch\u00e9e. Je resterais beaucoup allong\u00e9e assistant depuis le sol \u00e0 de nombreuses joutes de lumi\u00e8re, de v\u00e9ritables tournois. Mais aucune tranch\u00e9e de terre ce jour-l\u00e0 ne me prendrait, je ne serais alourdie d\u2019aucun casque ni barda, j\u2019\u00e9crirais au soleil dans le sable du bord de l\u2019\u00e9tang. Il n\u2019y aurait&nbsp; ni ennui ni guerre o\u00f9 m\u2019enfoncer ni ver \u00e0 m\u00e2chonner. Aucun cauchemar vivant. De quelques v\u00eatements all\u00e9g\u00e9e, j\u2019aurais regard\u00e9 \u00e0 travers les roseaux, le ch\u00eane ployer. Aur\u00e8le aurait dit : c\u2019est la terre \u00e0 l\u2019envers, aujourd\u2019hui. C\u2019\u00e9tait la terre \u00e0 l\u2019envers. Non que je tienne \u00e0 tout prix \u00e0 terminer sur une note gaie. Pour ce jour-l\u00e0, c\u2019\u00e9tait assez.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">10 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n<p>ST2<\/p>\n\n\n\n<p>Vers les trois heures, l\u2019heure o\u00f9 comme un couvercle le taire fond sur la terre, j\u2019ai ouvert \u00e0 la terreur des coupables, mon ma\u00eetre. Quand la nuit avan\u00e7ant, qu\u2019aucun grain de terre ne hissait, \u00e0 entendre ses jugements s\u00e9v\u00e8res j\u2019ai eu besoin de mordre, j\u2019ai mordu la terre, sa pomme. Et elle \u00e9tait fra\u00eeche et boueuse et je me repaissais loin des regards, dans la chambre avilie les yeux sur la fen\u00eatre ouverte \u00e0 l\u2019absence des dieux et des pierres des yeux. L\u2019absence des pierres des yeux.<\/p>\n\n\n\n<p>ST4<\/p>\n\n\n\n<p>Atterrer:&nbsp; 1 C\u2019est d\u2019abord renverser par terre, jeter au sol. <em>Apr\u00e8s un moment de lutte, il l&rsquo;atterra sous lui<\/em> (Bossuet). 2 Et c&rsquo;est petit \u00e0 petit que la terreur rentre dans atterrer. Jeter dans l&rsquo;abattement, l&rsquo;affliction, l&rsquo;\u00e9pouvante. <\/p>\n\n\n\n<p>ST1<\/p>\n\n\n\n<p>Unique mouvement, raffinement supr\u00eame je le redis&nbsp; : de la terre aucun grain tant qu\u2019a dur\u00e9 la nuit qui la terre ne hisse, je veux dire qui le globe ne hisse dans l\u2019orbite aggrav\u00e9 du temps. Je le dis pour qui il est utile de le pr\u00e9ciser. Et avec bonheur, car je vous parle ici de la terre en chacun de ses grains, chacune de ses particules, qui conna\u00eet le feu du centre et la surface de l\u2019air. Cette terre est sainte, s\u2019il en est, autant vous le dire, en effet. Elle, nulle autre.<\/p>\n\n\n\n<p>ST1 ST2<\/p>\n\n\n\n<p>Au matin, tout a chang\u00e9. Vous savez le changement du matin. La terre avait fait son travail supportant mon poids au sol \u00e9tal\u00e9 au travers des vides, des plafonds et des planchers. La terre d\u2019ailleurs vers 5 heures m\u2019avait rapatri\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 sa version sale de la cave, version noire humide obscure propice peut-\u00eatre aux rats que je n\u2019avais pas vus. Or voil\u00e0 que l\u2019astre maintenant se levait et je revenais \u00e0 moi dans la douceur de la chambre aux murs roses, sous les fen\u00eatres blanches, la juste terreur con\u00e7ue de mon crime s\u2019\u00e9tant \u00e9vanouie emport\u00e9e par les sages brouillards blancs de cette aube d\u2019\u00e9t\u00e9. Les grains seuls continuaient \u00e0 vaquer, je regardais la lumi\u00e8re arriver. Je buvais.<\/p>\n\n\n\n<p>ST3<\/p>\n\n\n\n<p>Quand tout l\u2019or du jour fut arriv\u00e9,&nbsp; j\u2019ai coul\u00e9 dans les escaliers toute ma masse molle coul\u00e9e marche \u00e0 marche, c\u2019est un chat qui m\u2019avait enseign\u00e9e, vers la porte et le dehors, les escaliers encore puis la terre, enfin, la terre la terre, enfin, dont je ne sais encore que dire tant j\u2019\u00e9tais encore moi, je dis tant j\u2019\u00e9tais encore moi-m\u00eame, vous comprenez, me d\u00e9cidant cependant &#8211; \u00e0 ressentir sa fra\u00eecheur sa duret\u00e9 son \u00e9tranget\u00e9 &#8211; \u00e0 prendre possession d\u2019elle, \u00e0 me glisser sous le masque de doux lin de son alt\u00e9rit\u00e9. Ici, tout est difficile \u00e0 dire, car la terre l\u00e0 est parcourue de plantounettes fines, je les appelle ici faute de conna\u00eetre leurs noms, de milliards de jeunes plantounettes o\u00f9 trainaient \u00e9galement feuilles et branches s\u00e8ches et coques abandonn\u00e9es de noisettes. J\u2019\u00e9tais arriv\u00e9e \u00e0 ce que j\u2019avais voulu, l\u2019oubli, mes doigts agripp\u00e9s dans la terre, j\u2019y coulais. Vous savez bien comment on fait, on y va un os \u00e0 la fois, o\u00f9 quelques os \u00e0 la fois, et puis les muscles aussi, les paquets de muscles, les faisceaux de muscles, le seau de la peau, on les confie au grave, \u00e0 la gravit\u00e9 de la terre et on s\u2019enfonce, on s\u2019\u00e9tale. Bref.<\/p>\n\n\n\n<p>ST4<\/p>\n\n\n\n<p>Terrer : Mettre de la nouvelle terre. Se terrer&nbsp; : \u00catre terr\u00e9, \u00eatre couvert de terre.&nbsp; Se terrer, se cacher sous terre, en parlant de certains animaux.&nbsp; Se cacher \u00e0 l&rsquo;abri du danger ou vivre hors du contact avec autrui. Ou encore : se mettre \u00e0 couvert du feu de l&rsquo;ennemi par des travaux de terre.<\/p>\n\n\n\n<p>ST1<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne basculerais ce jour-l\u00e0 dans aucune tranch\u00e9e. Je resterais beaucoup allong\u00e9e assistant depuis le sol \u00e0 de nombreuses joutes de lumi\u00e8re, de v\u00e9ritables tournois. Mais aucune tranch\u00e9e de terre ce jour-l\u00e0 ne me prendrait, je ne serais alourdie d\u2019aucun casque ni barda, j\u2019\u00e9crirais au soleil dans le sable du bord de l\u2019\u00e9tang. Il n\u2019y aurait&nbsp; ni ennui ni guerre o\u00f9 m\u2019enfoncer ni ver \u00e0 m\u00e2chonner. Aucun cauchemar vivant. De quelques v\u00eatements all\u00e9g\u00e9e, j\u2019aurais regard\u00e9 \u00e0 travers les roseaux, le ch\u00eane ployer. Aur\u00e8le aurait rappel\u00e9 : c\u2019est la terre \u00e0 l\u2019envers, aujourd\u2019hui. C\u2019\u00e9tait la terre \u00e0 l\u2019envers. Non que je tienne \u00e0 tout prix \u00e0 terminer sur une note gaie. Pour ce jour-l\u00e0, c\u2019\u00e9tait assez..<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Source<\/strong> : <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-01-tarkos-quatre-strates-de-la-terre\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"\">https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-01-tarkos-quatre-strates-de-la-terre\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Codicille<\/strong> : Ma 2\u00e8me proposition pour l&rsquo;atelier \u00ab\u00a0Tarkos, 4 strates\u00a0\u00bb. Premier jet \u00e9crit lisant Tarkos. Ecrit au d\u00e9part de ce bout de phrase qui me revenait \u00ab\u00a0<em>Dans terreur, il y a terre<\/em>\u00a0\u00bb que j&rsquo;attribuais de fa\u00e7on en partie erron\u00e9e \u00e0 Lacan dans le s\u00e9minaire 2, son travail autour du famillionnaire, qui m&rsquo;a amen\u00e9e \u00e0 rechercher les \u00e9tymologies d&rsquo;atterer. Voir : <a href=\"https:\/\/www.littre.org\/definition\/atterrer\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"\">https:\/\/www.littre.org\/definition\/atterrer<\/a>  Atterer voulant d&rsquo;abord simplement dire mettre \u00e0 terre, tandis que la notion de terreur se serait petit \u00e0 petit insinu\u00e9e ensuite, dit le docteur Lacan. Donc, pas tout \u00e0 fait s\u00fbre de mes S4, qui m\u00e9ritent probablement encore d&rsquo;\u00eatre r\u00e9\u00e9crits, mais qui ont guid\u00e9 l&rsquo;ensemble, jusqu&rsquo;au bout.  Je voulais de l&rsquo;atterrement. Je voulais de l&rsquo;\u00e9tat de terre et laisser guider par le \u00ab\u00a0ter\u00a0\u00bb de terre, de terreur et d&rsquo;atterr\u00e9, le ter qui r\u00e9sonne aussi avec le taire. Et quand j&rsquo;ai visit\u00e9 la page de la terreur dans le Littr\u00e9 et que je suis tomb\u00e9e sur : \u00ab\u00a0<em>Il est la terreur des coupables, se dit d&rsquo;un juge s\u00e9v\u00e8re<\/em>\u00ab\u00a0, le texte \u00e9tait lanc\u00e9. (J&rsquo;avoue j&rsquo;avais aim\u00e9 aussi : \u00ab\u00a0<q><em>Il y a des maladies qui atterrent jusques \u00e0 nos desirs et nostre cognoissance<\/em><\/q>\u00ab\u00a0.) Au bout de quelques jours, une nuit, je me suis effray\u00e9e du manque de la terre, de l&rsquo;artificialit\u00e9 de ce que j&rsquo;avais \u00e9crit, du simple jeu de mots, de l&rsquo;\u00e9criture au d\u00e9part de ce qui m&rsquo;a paru tellement s\u00e9par\u00e9 de la terre elle-m\u00eame. (Il me semblait que je ne m&rsquo;y laissais toucher que par des bouts de mots, des bouts de langue, rien de concret). Jusqu&rsquo;\u00e0 ce que je me rende compte que je me trompais, qu&rsquo;il y avait bien de la terre partout, dans la langue que j&rsquo;utilisais, que je ne l&rsquo;avais ni trahie ni sacrifi\u00e9e. Cela je le lisais chez les autres aussi. Que la terre ne s&rsquo;oubliait pas. Que c&rsquo;\u00e9tait la langue dont je voulais, la seule d&rsquo;ailleurs \u00e0 ma port\u00e9e. Si je n&rsquo;ai pas abandonn\u00e9, c&rsquo;est que d\u00e8s le premier jet, certains passages m&rsquo;ont \u00e9mue. Que j&rsquo;esp\u00e8re maintenant n&rsquo;avoir pas trop gonfl\u00e9s. Passages secrets.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ST2 \/ liminaire Dans terreur, il y a terre. Cette nuit-l\u00e0, j\u2019entends&nbsp;: dans terreur, il y a terre. ST4 Erre&nbsp;: lieu d\u2019errance. Ton erre favorite. Comme une erreur. ST2 Vers les trois heures, j\u2019ai ouvert \u00e0 la terreur des coupables, mon ma\u00eetre. La nuit avan\u00e7ant, \u00e0 entendre ses jugements s\u00e9v\u00e8res, j\u2019ai eu besoin de mordre,&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2025\/02\/boost-01-nuit-dete\/\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">#boost 01 | nuit d&rsquo;\u00e9t\u00e9<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":26121,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2482,2338],"tags":[2509,1188,1224],"class_list":["post-26055","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-atelier-boost","category-atelier","tag-01-boost-terre","tag-terre","tag-terreur","entry"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/gisele-celan-lestrange.webp?fit=1000%2C826&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26055","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26055"}],"version-history":[{"count":28,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26055\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":26302,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26055\/revisions\/26302"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/media\/26121"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26055"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=26055"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=26055"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}