{"id":26129,"date":"2025-02-18T19:55:07","date_gmt":"2025-02-18T18:55:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/?p=26129"},"modified":"2025-03-08T11:39:18","modified_gmt":"2025-03-08T10:39:18","slug":"boost-02-porte-derobee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2025\/02\/boost-02-porte-derobee\/","title":{"rendered":"#boost 02 \u00a0|\u00a0porte d\u00e9rob\u00e9e (prop 1)"},"content":{"rendered":"\n<p>petite il \u00e9tait un endroit que je regagnais parfois o\u00f9 je parvenais en poussant dans la porte d\u00e9rob\u00e9e d&rsquo;un mur du couloir dans la mont\u00e9e d&rsquo;escalier\u00a0que rien ne laissait deviner que j&rsquo;\u00e9tais seule \u00e0 conna\u00eetre je me souviens de la grande ouverture d\u00e9chirure du sentiment d&rsquo;\u00eatre petite de l&rsquo;extraordinaire d&rsquo;un mur qui s&rsquo;ouvre de la profondeur des espaces qui s&rsquo;ouvraient \u00e0 moi comme une succession ouverte en \u00e9ventail de pi\u00e8ces d&rsquo;espaces de vie d&rsquo;appartements que j&rsquo;explorais lentement o\u00f9 je r\u00eavais de pouvoir m&rsquo;installer et vivre qu&rsquo;aucune lumi\u00e8re du dehors ne p\u00e9n\u00e9trait sans qu&rsquo;il y fasse compl\u00e8tement sombre o\u00f9 je ne rencontrais personne dont les lieux se modifiaient quelque peu \u00e0 chacune de mes visites c&rsquo;\u00e9tait comme un r\u00eave si ce n&rsquo;est que ce n&rsquo;en \u00e9tait pas un j&rsquo;avais d&rsquo;autres secrets semblables. la porte est ouverte bris\u00e9e une petite vitre est bris\u00e9e la double porte vitr\u00e9e est bris\u00e9e je la passe mon fr\u00e8re est dans la cour enfant ses courts et doux cheveux roux ses lunettes fines ses yeux bleus dans le vide il ne dit rien je vois sa fr\u00eale silhouette immobile en culottes courtes il tient une main devant lui je regarde le sol et vois du sang qu&rsquo;il ne voit pas un goutte \u00e0 goutte il est possible que je le lui d\u00e9signe le sorte de sa torpeur qu&rsquo;il tressaille d&rsquo;effroi. de la petite cuisine de ma m\u00e8re au premier \u00e9tage c\u00f4t\u00e9 cour une porte donne sur le vide barr\u00e9e seulement d&rsquo;un garde-corps assez bas que personne ne passe jamais sauf un mainate il est\u00a0 vrai qui s&rsquo;installe quelques jours dans la cuisine auquel ma m\u00e8re s\u2019attache il dit quelques mots puis repart par o\u00f9 il est venu s\u2019envole.\u00a0 blottie dans l\u2019ombre du couloir longtemps ma main repose sur la poign\u00e9e de porte que finalement j&rsquo;enclenche j&rsquo;ouvre la porte de la salle \u00e0 manger je n&rsquo;arrive pas \u00e0 dormir et suis redescendue trouver mes parents j&rsquo;invente cette sale histoire que mon fr\u00e8re me r\u00e9veille je me fais consoler re\u00e7ois une tasse de lait chaud je le referai plusieurs fois jusqu\u2019\u00e0 ce que mon p\u00e8re n\u2019interroge l\u2019enfant fluet et que face \u00e0 l\u2019innocence extr\u00eame que d\u00e9gagent ses yeux sa stup\u00e9fiante beaut\u00e9 ne d\u00e9couvre le pot aux roses mes mensonges. la porte peinte \u00e9crue qu&rsquo;il faut pousser de l&rsquo;atelier de mon p\u00e8re dont on traverse la premi\u00e8re pi\u00e8ce celle o\u00f9 se trouve le grand canap\u00e9-lit\u00a0 o\u00f9 il nous sermonne quelquefois gentils\u00e9rieusement qui donne sur la rue pour parvenir \u00e0 la salle de bain autre porte \u00e9crue pi\u00e8ce de la longueur de la baignoire de la largeur de l\u2019\u00e9vier surmont\u00e9 probablement d\u2019un petit n\u00e9on qui clignote parfois fen\u00eatre o\u00f9 descendent des stores en bois toujours ferm\u00e9s sur le tapis apr\u00e8s le bain je m&rsquo;agenouille me recroqueville parfois sous une grande serviette qui me recouvre enti\u00e8rement et j&rsquo;attends de s\u00e9cher. porte de rue porte de rue vitr\u00e9e devant laquelle mon p\u00e8re me tend riant une lettre que je me suis \u00e9crite \u00e0 moi-m\u00eame porte de bois blond devant laquelle je suis avec ma m\u00e8re qui me presse \u00e0 sortir pour aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole et je ne sais si je formule la crainte de me montrer dans la nouvelle jupe de mon uniforme je n\u2019ose pas sortir je ne le veux tellement pas une jupe portefeuille le monde qui s\u2019active se devine derri\u00e8re la vitre de verre bull\u00e9 couverte d&rsquo;une grille en fer forg\u00e9 au soir cette m\u00eame porte par ma m\u00e8re referm\u00e9e sur moi revenant de l\u2019\u00e9cole je me plains de mes dents je veux porter un appareil je veux un appareil elle me raconte qu&rsquo;elle porte un dentier et quelle porte de salle de bain vitr\u00e9e lui a \u00e9t\u00e9 claqu\u00e9e au nez et la douleur nous sommes debout sur le paillasson encastr\u00e9 dans le marbre du sol. l\u00e0 dans l\u2019entr\u00e9e il y aussi la porte en haut de trois marches qui descendent vers la salle de jeu trois marches au-dessus desquelles est suspendu le porte-manteaux et les poches que je fais de mes parents sous un tableau qui me regarde ecce homo me procurant un compl\u00e9ment d&rsquo;argent de poche je suis une voleuse cette porte pass\u00e9e les marches descendues je suis face \u00e0 la petite armoire brune o\u00f9 je cache le fruit de mes larcins des bonbons \u00e0 ma droite la porte de cave vitr\u00e9e \u00e9galement dont je descends quelquefois les escaliers les caves que j&rsquo;explore seule et qui reviennent souvent en r\u00eave en face de moi une porte qui donne sur la cour cette cour qui m\u2019avait \u00e9merveill\u00e9e le jour o\u00f9 nos parents nous avaient fait d\u00e9couvrir cette maison o\u00f9 nous allions dor\u00e9navant vivre \u00e0 ma gauche la petite porte du monte-charge que nous n&rsquo;utilisons pas l&rsquo;\u00e9tage s&rsquo;appelle cuisine-cave[1] c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9tage anciennement des domestiques pour nous devenu l&rsquo;\u00e9tage de la salle de jeu enfin sur la gauche quelques pas \u00e0 faire la porte de la salle de jeu \u00e0 proprement parler porte vitr\u00e9e \u00e0 quatre carreaux transparents que je pousse et trouve mes fr\u00e8res qui jouent ma m\u00e8re fait l\u00e0 ses lessives et m&rsquo;enseigne le piano et m&rsquo;\u00e9nerve. la porte de ma chambre sous les toits j&rsquo;ouvre et vois la lucarne voil\u00e9e de trois jolis rideaux par o\u00f9 un homme qui m&rsquo;attend \u00e0 la sortie de l&rsquo;\u00e9cole puis qui m\u2019entra\u00eene dans sa rue que je n&rsquo;ai pas suivi chez lui m&rsquo;a dit qu&rsquo;il me rejoindrait la nuit. la porte ouverte de la chambre de mes deux fr\u00e8res. la porte close de la chambre de mes parents. la porte du haut grenier que j&rsquo;explore parfois \u00e0 l&rsquo;instar de la cave dont je r\u00eave aussi souvent l&rsquo;\u00e9chelle qu&rsquo;on peut y monter tout y est brun sombre et poussi\u00e9reux aucun objet en particulier dont je me souvienne. la petite barri\u00e8re devant les escaliers que je descends la nuit \u00e0 l&rsquo;adolescence les heures que \u00e7a prend le c\u0153ur qui bat les marches qui craquent pour prendre la porte de rue la double porte de rue vernie blonde.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>[1]&nbsp; en Belgique, cuisine construite en sous-sol ou en rez de jardin&nbsp; dans une maison sur\u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>petite il \u00e9tait un endroit que je regagnais parfois o\u00f9 je parvenais en poussant dans la porte d\u00e9rob\u00e9e d&rsquo;un mur du couloir dans la mont\u00e9e d&rsquo;escalier\u00a0que rien ne laissait deviner que j&rsquo;\u00e9tais seule \u00e0 conna\u00eetre je me souviens de la grande ouverture d\u00e9chirure du sentiment d&rsquo;\u00eatre petite de l&rsquo;extraordinaire d&rsquo;un mur qui s&rsquo;ouvre de la&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2025\/02\/boost-02-porte-derobee\/\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">#boost 02 \u00a0|\u00a0porte d\u00e9rob\u00e9e (prop 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