{"id":26654,"date":"2025-04-17T08:17:39","date_gmt":"2025-04-17T06:17:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/?p=26654"},"modified":"2025-04-17T15:09:59","modified_gmt":"2025-04-17T13:09:59","slug":"anatomie-dun-suicide-dalice-birch-mise-en-scene-christophe-rauck-a-nanterre-amandiers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2025\/04\/anatomie-dun-suicide-dalice-birch-mise-en-scene-christophe-rauck-a-nanterre-amandiers\/","title":{"rendered":"Anatomie d&rsquo;un suicide d&rsquo;Alice Birch, mise en sc\u00e8ne Christophe Rauck, \u00e0 Nanterre-Amandiers"},"content":{"rendered":"\n<p>Paris. Hier soir, <em>Anatomie d&rsquo;un suicide<\/em> d&rsquo;Alice Birch, mise en sc\u00e8ne Christophe Rauck, au th\u00e9\u00e2tre Nanterre-Amandiers.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe title=\"Bande-annonce &quot;Anatomie d&#039;un suicide&quot;\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/1072520141?dnt=1&amp;app_id=122963\" width=\"900\" height=\"506\" frameborder=\"0\" allow=\"autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write; encrypted-media; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-tw-minimal is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-black-color has-purple-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-d615a569a658db29fdcc9eb4f23447e6\">\u00ab\u00a0Trois femmes \u2013 une m\u00e8re, sa fille et sa petite-fille \u2013 se racontent \u00e0 trois \u00e9poques diff\u00e9rentes \u2013 des ann\u00e9es 1970 jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui \u2013 mais leurs histoires incarn\u00e9es simultan\u00e9ment sur sc\u00e8ne s\u2019entrecroisent et se font puissamment \u00e9cho.<br>(&#8230;) L\u2019autrice britannique Alice Birch, sc\u00e9nariste de s\u00e9ries (Normal People, Dead Ringers\u2026), r\u00e9invente la forme dramatique et signe une \u0153uvre percutante et bouleversante, in\u00e9dite en France. A travers le destin de Carol, Anna et Bonnie, elle explore la question de l\u2019h\u00e9ritage familial, mais aussi les tourments du mariage et de la maternit\u00e9.\u00a0\u00bb <br>\u2014 <a href=\"https:\/\/nanterre-amandiers.com\/evenement\/anatomie-dun-suicide-alice-birch-2\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"\"><strong>https:\/\/nanterre-amandiers.com\/evenement\/anatomie-dun-suicide-alice-birch-2<\/strong><\/a>\/<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Je reprends ici un extrait d&rsquo;un article du Monde :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-tw-minimal is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-yellow-background-color has-background\">\u00a0\u00bb Se juxtaposent donc l\u2019histoire de Carol, que l\u2019on d\u00e9couvre en 1969, poignets band\u00e9s, \u00e0 sa sortie de l\u2019h\u00f4pital. Celle d\u2019Anna, qui d\u00e9bute ici en 1992, alors que, en descente de drogue, elle supplie un ami m\u00e9decin de lui fournir la substance qui pourra la calmer. Enfin celle de Bonnie, de nos jours, saisie dans son travail quotidien \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, o\u00f9 elle dirige le service des urgences. Au c\u0153ur de cette constellation o\u00f9 figurent aussi les maris et petits amis \u2013 c\u2019est bien le couple et la maternit\u00e9 comme mod\u00e8les absolus du bonheur qui sont questionn\u00e9s ici \u2013, il y a une maison de famille, foyer de naissance et de mort, \u00e0 la fois refuge et prison.\u00a0\u00bb\u00a0<br><strong>\u2014 Le Monde,\u00a0 Fabienne Darge, 25 mars 2025.<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est \u00e9trange, nulle part, on ne parle de folie. Alors qu&rsquo;il y a surtout \u00e7a quand m\u00eame. Le metteur en sc\u00e8ne, Christophe Rauck, non plus ne parle pas de folie. Pour lui, Pour lui, <strong>\u00ab<\/strong> l\u2019\u00e9criture d\u2019Alice Birch permet d&rsquo;interroger des sujets du quotidien (la maternit\u00e9, le couple, l&rsquo;h\u00e9ritage familial) \u00e0 l&rsquo;endroit du politique. \u00catre une femme dans le monde moderne, qu&rsquo;est-ce que \u00e7a implique concr\u00e8tement ? \u00a0\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/nanterre-amandiers.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/dprod-anatomiedunsuicide-v4.pdf\">https:\/\/nanterre-amandiers.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/dprod-anatomiedunsuicide-v4.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Nulle part donc mention de la folie, de la psychose. Du trauma, par contre, oui,&nbsp; c&rsquo;est une notion maintenant rentr\u00e9e dans le langage courant et qui s&rsquo;impose \u00e0 toustes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce moi qui suis trop obs\u00e9d\u00e9e par la folie ? Mais o\u00f9 r\u00e9side le politique ici mentionn\u00e9 ? Dans le seul fait de parler de femmes ? Peut-\u00eatre. De deux femmes mari\u00e9es, une m\u00e8re et sa fille, Carol et Anna \u2014&nbsp;respectivement incarn\u00e9es par Audrey Bonnet et  No\u00e9mie Gantier \u2014, \u00e0 des maris qui les aiment,&nbsp; et qui&nbsp;r\u00e9agiront chacune tr\u00e8s diff\u00e9remment \u00e0 la naissance de leur fille? Je veux bien que tout soit politique, mais parler de femmes suffit-il \u00e0 soi seul ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ou dois-je comprendre que le discours se r\u00e9duit \u00e0 dire : c&rsquo;est le mariage et la maternit\u00e9 qui poussent les femmes au suicide ? Ce n&rsquo;est certainement pas ce que la pi\u00e8ce dit. Mais c&rsquo;est ce que j&rsquo;entends dans ce qui se dit d&rsquo;elle. Et ce qui se r\u00e9sout du \u00ab\u00a0trauma interg\u00e9n\u00e9rationnel\u00a0\u00bb au travers des choix de la petite-fille, Bonnie \u2014 jou\u00e9e par Servane Ducorps \u2014, est-ce l\u00e0 la r\u00e9solution politique ? <em>Elle<\/em> trouve cette solution. Mais n&rsquo;est-ce pas la solution du d\u00e9sespoir, est-ce que ce n&rsquo;est pas jeter le b\u00e9b\u00e9 avec l&rsquo;eau du bain ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Du \u00ab\u00a0trauma\u00a0\u00bb dont il serait question, on ne sait rien. Dans son interview, Christophe Rauck mentionne le suicide d&rsquo;un oncle de Carol. Qu&rsquo;est-ce qui est dit disant cela ? Pourtant, beaucoup de choses sont dites et montr\u00e9es et admirablement jou\u00e9es. Dites et montr\u00e9es et jou\u00e9es de l&rsquo;opacit\u00e9 de la folie. (Ce tr\u00e8s beau moment o\u00f9 toute la sc\u00e8ne, du sol au plafond, aux cintres, est couverte de&nbsp; textes&nbsp; projet\u00e9s, qui bougent, se transforment en lettres qui ne veulent plus rien dire dans lesquelles Anna erre comme une \u00e2me en peine.)&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Peut-\u00eatre qu&rsquo;on ne sait plus grand chose de la folie aujourd&rsquo;hui ? Ou ce que l&rsquo;on en a su se d\u00e9fait-il ? Fait-elle toujours aussi peur ? Ou s&rsquo;agit-il, ne la nommant pas, d&rsquo;\u00e9viter de la stigmatiser ? Est-ce le regard sur la folie qui doit changer, qui change, qui se fait plus discret ? Ou les fronti\u00e8res entre folie et normalit\u00e9 sont-elles devenues si poreuses, qu&rsquo;on ne se risque plus \u00e0 les d\u00e9signer ? Au travers des voix d&rsquo;artistes ou d&rsquo;auteurices, la folie est aim\u00e9e parce qu&rsquo;elle ne peut faire autrement que de parler frontalement de la vie, de la mort, du d\u00e9sir de vivre et de mourir, de l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre m\u00e8re ou d&rsquo;\u00eatre p\u00e8re. Parce qu&rsquo;elle a toujours remis en cause toutes les institutions, dont celle du langage.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Qu&rsquo;est-ce que \u00e7a changerait si l&rsquo;on parlait de la pi\u00e8ce en parlant de folie ? Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on dirait de plus ? Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on dirait de moins ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Peut-\u00eatre qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui on se tait pour la laisser prendre la parole ?<\/p>\n\n\n\n<p>Moi-m\u00eame, souvent, je me dis que je me loupe peut-\u00eatre \u00e0 force de mettre ma folie en avant (le fais-je vraiment, \u00e0 mes propres yeux s\u00fbrement), et que si j&rsquo;en parlais non pas comme de folie mais comme d&rsquo;une \u00ab\u00a0normalit\u00e9 diff\u00e9rente\u00a0\u00bb, cela me rendrait les choses plus faciles. Mais n&rsquo;est-ce pas ce que je fais, ce que je cherche \u00e0 faire ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Parler de la folie sans la nommer. Ou, la nommer diff\u00e9remment. Trouver comment la nommer diff\u00e9remment. Non pas comme d&rsquo;une esp\u00e8ce d\u00e9ficiente, mais diff\u00e9rente et avec laquelle on n&rsquo;est pas sans s&rsquo;entendre, sans s&rsquo;enrichir mutuellement ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce que ce n&rsquo;est pas une gageure pour les psychanalystes ? Dire de la folie ce qui la rende entendable. Et, peut-\u00eatre, vivable. Aussi, dire quelque chose de l&rsquo;incurable. Et trouver le moyen de distinguer d\u00e9construire, d\u00e9noncer ce qui du patriarcat a tendu \u00e0 rejeter la folie&nbsp; violemment, voire \u00e0 se construire sur ce rejet, idem d&rsquo;ailleurs sur celui des femmes.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paris. 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