{"id":27499,"date":"2026-04-22T18:47:47","date_gmt":"2026-04-22T16:47:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/?p=27499"},"modified":"2026-04-27T14:30:34","modified_gmt":"2026-04-27T12:30:34","slug":"ma-pensee-trop-vagabonde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2026\/04\/ma-pensee-trop-vagabonde\/","title":{"rendered":"ma pens\u00e9e trop vagabonde"},"content":{"rendered":"<p>ma pens\u00e9e trop vagabonde. \u00e9crire, n\u2019a jamais d\u2019autre but, n\u2019a plus jamais d\u2019autre but, que de tenter d\u2019en fixer le cours.<br \/>\nchaotique chemineuse clocharde cloche d\u00e9sordonn\u00e9e errante flottante fugitive galvaudeuse heurt\u00e9e mendiant trimardeuse pouilleuse r\u00f4deuse sans-abri sans-logis sdf famili\u00e8re clodo gueuse truande mis\u00e9rable instable boh\u00e9mienne pauvre nomade malandrine clochette boh\u00e8me bande aventuri\u00e8re voyageuse ribeleuse libertine coureuse ambulante r\u00e9tive tra\u00eeni\u00e8re fl\u00e2neuse flottante couche-dehors com\u00e8te chiffonni\u00e8re camp-volante buissonni\u00e8re va-nu-pieds<br \/>\n*<br \/>\nje pense souvent que marcher pieds nus est une des choses que je pr\u00e9f\u00e8re au monde, et qu&rsquo;il faudrait que je l&rsquo;\u00e9crive. checked. m\u00eame la nuit, quand je me l\u00e8ve, oblig\u00e9e par l&rsquo;insomnie et que mes pieds je les pose au sol le plus silencieusement possible, et qu&rsquo;advient une joie discr\u00e8te de tout ce que mon pied re\u00e7oit du sol, qui r\u00e9sonne dans le corps, comme c&rsquo;est \u00e0 chaque pied diff\u00e9rent, et comme j&rsquo;aime cela, dont je ne pense pas que je puisse jamais \u00e9crire grand chose de plus.<\/p>\n<p>et je me souviens qu&rsquo;il est une autre chose dont j&rsquo;ai pens\u00e9 que je l&rsquo;aimais plus que tout au monde, et c&rsquo;est tr\u00e8s curieux tout de m\u00eame, c&rsquo;est descendre \/ monter les escaliers de la maison de Donn, les hautes marches en bois, un peu plus hautes que la normale, un peu plus hautes que celles de Paris, et que cette pens\u00e9e aussi me vient souvent la nuit, quand je ne dors pas et que je finis par descendre pieds nus, pour remonter quelques heures plus tard, grimper, essayer \u00e0 nouveau de dormir, ce qui ne r\u00e9ussit pratiquement jamais, et que j&rsquo;appr\u00e9cie tellement l&rsquo;exercice impos\u00e9 \u00e0 mes pieds de se tendre, depuis la pointe au talon, d&rsquo;y poser mon poids quand je descends, et la douceur du bois, et en remontant, tout ce corps, le mien, qui remonte depuis la pointe, cette \u00e9longation, cette ascension, puis le pied qui se red\u00e9pose, qui boit le bois, tandis que l&rsquo;autre me propulse. immensit\u00e9 de \u00e7a. d&rsquo;o\u00f9 vient que je l\u2019aime tellement ? le seul exercice? la hauteur de la marche, le bois ?<\/p>\n<p>et peut-\u00eatre d&rsquo;autant que j&rsquo;ai perdu un peu de sensation dans le creux de la plante du pied droit, sensation qui revient plus ou moins selon la fa\u00e7on dont j&rsquo;ai dormi (ou pas), certain positionnement du corps dans le lit, de la nuque je crois. perte de sensation que je ne ressens, paradoxalement, que lorsque je marche \u00e0 pieds nus.<\/p>\n<p>ou peut-\u00eatre d&rsquo;autant que j&rsquo;ai, plus jeune, tellement march\u00e9 pieds nus \u2014 dans mes chaussures \u00e9galement, je ne portais jamais de chaussettes \u2014, et peut-\u00eatre est-ce seulement la joie de retrouver cette sensation. mes pieds tr\u00e8s grands, tr\u00e8s larges.<br \/>\n*<br \/>\nje pensais hier \u00e0 \u00e7a, que je pourrais le faire, \u00e7a, lister ce qui me pla\u00eet.<br \/>\n*<br \/>\nj&rsquo;aime faire d&rsquo;autres choses avec mon corps.<br \/>\nqui me fait peu souffrir, je l&rsquo;avoue, mais qui ralentit, je l&rsquo;avoue. tout mouvement \u00e9trangement ralenti.<br \/>\nqui, m\u2019\u00e9tais-je parfois dit, me fait souffrir juste ce qu&rsquo;il faut pour me donner le bonheur de l&rsquo;\u00e9prouver \u2014 c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 je faisais du tai chi, surgissait alors, dans la seule sensation du d\u00e9ploiement, de l&rsquo;\u00e9tirement, une joie tout \u00e0 fait singuli\u00e8re, modeste, qui arrivait depuis le membre en mouvement, et que le vieillissement ou la maladie me donnait de davantage ressentir.<br \/>\npeut-\u00eatre n\u2019est-ce alors que la seule \u00e9clipse de pens\u00e9e qui est appr\u00e9ci\u00e9e ou ce que le corps me renvoie d&rsquo;avoir un instant une pens\u00e9e \u00e0 lui, par lui, en lui.<br \/>\n\u00e9videmment, je suis, pour l\u2019instant tout du moins, une pr\u00e9serv\u00e9e privil\u00e9gi\u00e9e de la maladie (d\u2019autant que l&rsquo;arthrose il y a quelques ann\u00e9es apparue s\u2019est consid\u00e9rablement calm\u00e9e, me laissant tout juste cette sensation de plus \u2014 suppl\u00e9mentaire.)<br \/>\n(qu&rsquo;on se le dise, depuis toujours, il n&rsquo;est rien que je redoute plus que la souffrance physique. non pas depuis toujours, depuis mes premi\u00e8res r\u00e8gles, il y a donc tr\u00e8s longtemps, m\u00eame si \u00e7a m&rsquo;est arriv\u00e9 t\u00f4t, et avant \u00e7a je ne savais pas ce qu&rsquo;\u00e9tait souffrir. tout de moins ce fut l&rsquo;impression, ce qu&rsquo;il m&rsquo;en est rest\u00e9.)<br \/>\n\u00e0 moins que je ne vive sur un mode \u00e0 ce point anesth\u00e9si\u00e9, au moins mentalement, que la moindre sensation&#8230;<br \/>\n*<br \/>\nmais donc, il est d&rsquo;autres choses que j&rsquo;aime faire avec mon corps.<br \/>\net peut \u00eatre est-ce parce que je bouge si peu que j&rsquo;appr\u00e9cie abus\u00e9ment le simple fait de marcher pied nus.<br \/>\nJe ne pense pas du tout qu&rsquo;ils soit n\u00e9cessaire d&rsquo;en savoir beaucoup plus \u00e0 ce sujet.<br \/>\n*<br \/>\nJe n&rsquo;ai que peu compris qu&rsquo;on en soit venus \u00e0 d\u00e9dier les moments de mouvements \u00e0 des heures et des lieux sp\u00e9cifiques (salles de gym, moments de danse), \u00e0 des exercices auxquels s&rsquo;astreindre. quand nous ne payons pas quelqu&rsquo;un pour les faire \u00e0 notre place, ces mouvements. je ne suis pas s\u00fbre que l\u2019on me suive. je pense au travail manuel, pensez au m\u00e9nage par exemple, qui n&rsquo;est jamais que mouvements, d&rsquo;abord.<br \/>\n(mouvements dont je me souviens que mon enfant se faisait une joie d&rsquo;accompagner (une joie et ma joie).<br \/>\nc\u2019est le mouvement, le geste en soi, et le faire avec moi, qui l\u2019enchantait. nous nous mouvions ensemble. ici les bras plong\u00e9s dans un seau d\u2019eau, l\u00e0 charg\u00e9s d\u2019une casserole qu\u2019il ramenait gaiement \u00e0 la cuisine. gestes dont il apprendra, on ne sait comment, \u00e0 d\u00e9consid\u00e9rer la valeur. c\u2019est un fait de soci\u00e9t\u00e9, c\u2019est entendu, bien s\u00fbr. valeur qu\u2019il restitue aussi \u00e0 mes yeux., grande valeur, intelligence.)<br \/>\nqu&rsquo;est qui fait que devenir adulte dans nos soci\u00e9t\u00e9s bourgeoises est devenu se s\u00e9parer du mouvement, du corps, de ses efforts. et que nous allions payer pour suer en salle. je suis une rien du tout, mais pour retrouver le moyen de supporter la vie, il m&rsquo;arrive de me dire, moi l&rsquo;hyper privil\u00e9gi\u00e9e : de chaque mouvement que tu as \u00e0 faire, r\u00e9jouis-toi. cela dit, l&rsquo;inertie je l&rsquo;avoue est toujours la plus forte et l&rsquo;on me voit rarement sortir de chez moi. me lever de mon coin de canap\u00e9. de mon ordi, de mon \u00e9cran.<br \/>\n*<br \/>\nce n&rsquo;est pas du tout ce que je voulais \u00e9crire. je voulais parler des deux merveilleux livres de&#8230; mots qui manquent&#8230; NOMS qui manquent&#8230;. jane ! sauti\u00e8re ! que j&rsquo;ai lus hier. l&rsquo;un le jour, l&rsquo;autre la nuit. deux courts et merveilleux livres. merveilleux aussi d&rsquo;\u00eatre courts et d&rsquo;offrir leur saisie \u00e0 l&rsquo;insomnie. la fin de celui que j&rsquo;ai lu cette nuit est renversante. titres? titres? l&rsquo;un sur son travail, ses ann\u00e9es de travail \u00e0 la prison, l&rsquo;autre sur&#8230; le \u2026vieillissement, sur cet extraordinaire qui vous arrive au corps\u2026 dont je ne dirai rien maintenant. il faudrait que je redorme, me nettoie de moi, et retourne \u00e0 ces livres. je vais plut\u00f4t me lever. reconnaissance \u00e0 ces livres dont j&rsquo;esp\u00e8re que j&rsquo;\u00e9crirai quelque chose, ce qui m&rsquo;avait fait me lever ce matin, t\u00f4t, et poser pied \u00e0 terre. poser pied \u00e0 terre. ressentir dans mon ventre. nous sommes des instruments \u00e0 percussion. je voulais resserrer \u00e0 Jane Sauti\u00e8re mes pens\u00e9es vagabondes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ma pens\u00e9e trop vagabonde. \u00e9crire, n\u2019a jamais d\u2019autre but, n\u2019a plus jamais d\u2019autre but, que de tenter d\u2019en fixer le cours. chaotique chemineuse clocharde cloche d\u00e9sordonn\u00e9e errante 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