{"id":300,"date":"2021-06-02T22:37:23","date_gmt":"2021-06-02T21:37:23","guid":{"rendered":"https:\/\/leseditionsdesjours.wordpress.com\/?p=300"},"modified":"2021-06-02T22:37:23","modified_gmt":"2021-06-02T21:37:23","slug":"un-exercice-de-lecture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2021\/06\/un-exercice-de-lecture\/","title":{"rendered":"Un exercice de lecture"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">par Esthela Solano* <\/h2>\n\n\n\n<p>source: <a href=\"https:\/\/www.psychaanalyse.com\/pdf\/lacan_LECTURES.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/www.psychaanalyse.com\/pdf\/lacan_LECTURES.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Le S\u00e9minaire \u00ab R.S.I \u00bb1, d\u2019une grande complexit\u00e9, inaugure le passage de l\u2019enseignement de Jacques Lacan \u00e0 ce que Jacques-Alain Miller a nomm\u00e9 <strong>\u00ab le tout dernier enseignement\u00bb<\/strong>. <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"titre3\"><strong>Quel est l\u2019int\u00e9r\u00eat de Lacan au moment de ce S\u00e9minaire? <\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Celui de toujours, <strong>celui de la pratique analytique<\/strong>, au sens de <strong>l\u2019op\u00e9ration analytique<\/strong>. Dans ce S\u00e9minaire il se pose \u00e0 plusieurs reprises la question qui l\u2019a occup\u00e9 tout au long de son enseignement et qu\u2019il reformule dans la le\u00e7on du 14 janvier 1975, de la fa\u00e7on suivante : <strong>\u00ab Qu\u2019est-ce qu\u2019implique que la psychanalyse op\u00e8re ? \u00bb<\/strong>2.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette question, qui concerne <strong>l\u2019op\u00e9ration du discours analytique<\/strong>, ne va pas sans comporter un questionnement de l\u2019interpr\u00e9tation analytique s\u2019agissant de savoir ce \u00e0 quoi l\u2019interpr\u00e9tation doit r\u00e9pondre <strong>pour \u00eatre efficace au niveau de la jouissance du sympt\u00f4me<\/strong>. \u00c0 l\u2019horizon de cette question nous trouvons dans ce S\u00e9minaire une interrogation sur la <strong>passe<\/strong> comme vis\u00e9e ultime de l\u2019analyse, c\u2019est-\u00e0-dire <strong>le passage de l\u2019analysant \u00e0 l\u2019analyste<\/strong>. Lacan aborde en effet la passe dans les termes suivants : \u00abcette passe par quoi en somme, ce dont il s\u2019agit, c\u2019est que chacun apporte sa pierre au discours analytique en t\u00e9moignant de comment on y entre \u00bb3.<\/p>\n\n\n\n<p>Au centre de ce S\u00e9minaire, <strong>on trouve en cascade une red\u00e9finition de la pratique analytique d\u00e9duite d\u2019une red\u00e9finition de la fonction du sympt\u00f4me, laquelle comporte une red\u00e9finition de la fonction du p\u00e8re. L\u2019outil de r\u00e9f\u00e9rence de ce questionnement est le n\u0153ud borrom\u00e9en, <\/strong>\u00ab c\u2019est de l\u2019exp\u00e9rience analytique dont il rend compte. L\u00e0 est son prix \u00bb4. Ce nouvel instrument permettra de repenser \u00e0 nouveaux frais, l\u2019exp\u00e9rience analytique. Ce que nous savons de Lacan analyste confirme cette coh\u00e9rence entre sa pratique et sa th\u00e9orie des n\u0153uds borrom\u00e9ens. <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"titre2\"><strong>En guise d\u2019introduction, quelques rappels concernant la logique borrom\u00e9enne <\/strong><\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote alignleft is-style-default\"><blockquote><p><strong>Le noeud borrom\u00e9en se d\u00e9finit de trois ronds de ficelles nou\u00e9s de fa\u00e7on telle que si l\u2019un des trois se lib\u00e8re, l\u2019ensemble se d\u00e9noue.<\/strong><\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est par les travaux du math\u00e9maticien Georges Th. Guilbaud que Lacan d\u00e9couvre le n\u0153ud borrom\u00e9en. Il se d\u00e9finit d\u2019une propri\u00e9t\u00e9 essentielle : <strong>trois ronds de ficelles sont nou\u00e9s de fa\u00e7on telle que si l\u2019un des trois se lib\u00e8re, l\u2019ensemble se d\u00e9noue. <\/strong>J.-A. Miller parlera \u00e0 ce propos de la trinarit\u00e9 du n\u0153ud. Cette trinarit\u00e9 n\u2019est fond\u00e9e sur rien d\u2019autre que sur la <strong>consistance du rond de ficelle<\/strong>, chacun des trois ronds correspondant aux registres du <strong>r\u00e9el<\/strong>, du <strong>symbolique<\/strong> et de <strong>l\u2019imaginaire<\/strong>. Leur logique ne r\u00e9pond pas \u00e0 une logique du nombre ordinal, laquelle veut que 1,2,3 constituent une suite ordonn\u00e9e impliquant la distinction : \u00ab plus grand que, plus petit que \u00bb qui donne l\u2019assise d\u2019une hi\u00e9rarchie. Au tout d\u00e9but de l\u2019enseignement de Lacan, on trouve un ordonnancement hi\u00e9rarchique des registres symbolique, imaginaire et r\u00e9el o\u00f9 le premier pr\u00e9domine sur les deux autres. Dans les termes de la logique borom\u00e9enne, r\u00e9el, symbolique et imaginaire deviennent \u00e9quivalents. La fonction borrom\u00e9enne comporte d\u00e9sormais la dimension du cardinal c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il y a le 1, il y a le 2, il y a le 3. On peut indiff\u00e9remment \u00e9crire 231 ou 321 ou 132&#8230; <\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi cette rupture d\u2019avec l\u2019ordinal ? Pour mettre en \u00e9vidence que <strong>l\u2019id\u00e9e d\u2019ordre et de hi\u00e9rarchie rel\u00e8ve d\u2019une g\u00e9om\u00e9trie imaginaire<\/strong>. J.-A. Miller rappelle, dans son cours \u00ab Pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es \u00bb5, que <strong>la topologie borrom\u00e9enne est con\u00e7ue comme une tentative de d\u00e9passer la conception m\u00e9trique de l\u2019espace<\/strong> dans laquelle nous sommes immerg\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>Cette derni\u00e8re provient de la <strong>g\u00e9om\u00e9trie inaugur\u00e9e par les Grecs. Cette g\u00e9om\u00e9trie imaginaire est solidaire du miroir, elle a servi de base \u00e0 tout ce qui d\u00e9coule de la mesure et de l\u2019ordre. Lacan place le n\u0153ud borrom\u00e9en comme antith\u00e9tique \u00e0 la conception m\u00e9trique voire imaginaire de l\u2019espace. <\/strong>De fait, le n\u0153ud borrom\u00e9en ne s\u2019imagine pas et il faut en passer par la manipulation ; ce qui n\u2019emp\u00eache pas de s\u2019embrouiller ! <strong>Le n\u0153ud inaugure donc un autre rapport o\u00f9 l\u2019imaginaire et l\u2019ordinal ne sont pas dominants. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote alignright is-style-default\"><blockquote><p> <strong>\u00ab Le rond de ficelle est certainement la plus \u00e9minente repr\u00e9sentation de l\u2019Un en ce sens qu\u2019il n\u2019enferme qu\u2019un trou \u00bb<\/strong><\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019ambition de Lacan \u00e9tait d\u2019<strong>extraire la psychanalyse d\u2019une g\u00e9om\u00e9trie euclidienne.<\/strong> Il \u00e9nonce d\u00e8s le S\u00e9minaire <em>Encore<\/em> que le n\u0153ud borrom\u00e9en se supporte du rond de ficelle : <strong>\u00ab Le rond de ficelle est certainement la plus \u00e9minente repr\u00e9sentation de l\u2019Un en ce sens qu\u2019il n\u2019enferme qu\u2019un trou \u00bb<\/strong>6. <strong>Un simple rond de ficelle donne acc\u00e8s \u00e0 la repr\u00e9sentation de l\u2019Un comme isolant un trou.<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p>Le S\u00e9minaire <em>Encore<\/em> inaugure dans l\u2019enseignement de Lacan, comme J.-A. Miller l\u2019a mis en \u00e9vidence, une coupure. <strong>La probl\u00e9matique de la jouissance y vient au premier plan. <\/strong>Le point de d\u00e9part n\u2019est plus l\u2019Autre en tant que l\u2019Autre du langage mais <strong>l\u2019Un en tant que tel e<\/strong>t ceci, dans la mesure <strong>o\u00f9 la jouissance rel\u00e8ve de l\u2019Un et ne fonde aucun rapport \u00e0 l\u2019Autre <\/strong>: \u00ab la jouissance, en tant que sexuelle est phallique, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle ne se rapporte pas \u00e0 l\u2019Autre comme tel \u00bb.7<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le phallus en tant que symbole rel\u00e8ve de l\u2019Un et pas de l\u2019Autre<\/strong>. Et cet Un ne vas sans comporter le trou du non-rapport. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le principe du non-rapport entre l\u2019Un de la jouissance et l\u2019Autre du langage est mis en avant depuis ce S\u00e9minaire. <\/strong>Dans cette perspective, le r\u00e9el, l\u2019imaginaire et le symbolique rel\u00e8vent chacun de l\u2019Un. Ce qui fonde le nouage de ces trois ronds en tant que trois Un, c\u2019est le principe de non-rapport entre eux. Dans le S\u00e9minaire \u00ab R.S.I. \u00bb, Lacan distingue trois effets correspondant \u00e0 ces trois Un. <\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Un effet de sens provenant du symbolique, <\/strong><\/li><li><strong>un effet de jouissance qui est le propre de l\u2019imaginaire en tant qu\u2019il rel\u00e8ve du corps <\/strong><\/li><li><strong>et un effet de non-rapport qui caract\u00e9rise le r\u00e9el.<\/strong> <\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de ces trois effets, de la distinction et de l\u2019\u00e9quivalence des trois registres, Jacques Lacan \u00e9tablit quelques correspondances selon les propri\u00e9t\u00e9s de ces trois registres. <\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>La propri\u00e9t\u00e9 du registre imaginaire est de l\u2019ordre de la consistance. <\/strong>C\u2019est ce qui tient ensemble, c\u2019est le propre de la consistance. <strong>\u00c0 cet \u00e9gard, le corps consiste,<\/strong> il tient ensemble avant de se dissoudre. La corde consiste elle aussi, le rond de ficelle \u00e9galement et en ce sens, chaque rond de ficelle a sa propre consistance. <\/li><li><strong>La caract\u00e9ristique propre au symbolique, isol\u00e9e par Lacan dans ce S\u00e9minaire, c\u2019est celle du trou.<\/strong> Le registre du trou n\u2019est pas le m\u00eame que celui du manque. <br><strong>Tout au long de son premier enseignement Lacan nous avait conduit \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir en terme de manque. J.-A. Miller a mis en \u00e9vidence la perspective structuraliste de la cat\u00e9gorie du manque, puisqu\u2019il comporte la notion de place. <\/strong>\u00c0 une m\u00eame place, peuvent venir s\u2019inscrire diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments. La notion du manque est solidaire de la notion de place et d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui s\u2019y inscrivent. Le trou n\u2019est pas du m\u00eame ordre que celui de la place puisqu\u2019il implique son absence, aussi bien que celle de l\u2019\u00e9l\u00e9ment. <br><strong>Dans ce sens, le trou est le propre du symbolique parce que le signifiant fait trou <\/strong>dans le r\u00e9el. Selon Lacan, <strong>le symbolique tout entier, tourne autour d\u2019un trou qu\u2019il qualifie \u00ab d\u2019inviolable \u00bb<\/strong>, c\u2019est-\u00e0-dire irr\u00e9ductible, \u00e9quivalent \u00e0 <em>l\u2019Urverdr\u00e4ngt<\/em>, au refoulement originaire et dont l\u2019\u00e9criture correspond au math\u00e8me S(A barr\u00e9). <strong>Il y a d\u2019un c\u00f4t\u00e9, la correspondance du symbolique au trou <\/strong>et de l\u2019autre, le fait que chaque registre, chaque rond de ficelle, enferme un trou. <\/li><li><strong>Il y a enfin le registre du r\u00e9el qui correspond \u00e0 l\u2019ordre de l\u2019ex-sistence. <\/strong><br>L\u2019\u00e9tymologie provient de <em>exsistere<\/em> veut dire \u00ab sortir de \u00bb. Le pr\u00e9fixe ex veut dire \u00ab sortir de \u00bb et le verbe <em>sistere<\/em> renvoie \u00e0 \u00ab \u00eatre plac\u00e9 \u00bb , ainsi exsistere veut dire \u00eatre plac\u00e9 hors de. <strong>Le r\u00e9el ex-siste en dehors de l\u2019imaginaire et du symbolique<\/strong> : de l\u2019imaginaire parce qu\u2019il rel\u00e8ve de l\u2019irrepr\u00e9sentable et du symbolique parce qu\u2019il rel\u00e8ve du hors-sens. <br>Cependant, dans la mise \u00e0 plat du n\u0153ud borrom\u00e9en, l\u2019ex-sistence d\u00e9signe ce qui se trouve en dehors du champ d\u00e9limit\u00e9 par chaque rond de ficelle, lui-m\u00eame con\u00e7u comme enfermant un trou. L\u2019ex-sistence est corr\u00e9lative au trou dans la mesure o\u00f9 pour Lacan pour que quelque chose ex-siste, il faut un trou. <\/li><\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Apr\u00e8s ces rappels, je vais vous faire part de ma lecture r\u00e9cente du S\u00e9minaire \u00ab R.S.I. \u00bb.<\/h2>\n\n\n\n<p>Venir \u00e0 Montpellier m\u2019a amen\u00e9e \u00e0 relire pour la \u00e9ni\u00e8me fois le S\u00e9minaire \u00ab R.S.I. \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusque-l\u00e0, chaque lecture m\u2019avait permis de prendre un petit bout par-ci, un petit bout par-l\u00e0, mais cette lecture fut d\u00e9tonnante puisque, pour la premi\u00e8re fois, j\u2019ai attrap\u00e9 un fil conducteur. Cela est en grande partie li\u00e9 au fait que j\u2019anime \u00e0 Paris, avec Serge Cottet, l\u2019Atelier de psychanalyse appliqu\u00e9e. Cette ann\u00e9e, le texte de r\u00e9f\u00e9rence est Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse8. J\u2019\u00e9tais donc plong\u00e9e samedi dernier dans les chapitres IV et VII qui traitent du sympt\u00f4me phobique. C\u2019est en revenant sur le S\u00e9minaire \u00ab R.S.I. \u00bb que je travaillais dans la perspective de cette conf\u00e9rence, que je suis tomb\u00e9e sur ceci : tout au long du S\u00e9minaire, <strong>Lacan entretient une conversation avec Freud, c\u2019est limpide<\/strong> !<\/p>\n\n\n\n<p>Cette conversation comporte une relecture critique de deux textes de Freud : \u00ab Le moi et le \u00e7a \u00bb9 et <em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em>10. Dans cette discussion avec Freud, Lacan red\u00e9finit le sympt\u00f4me et donne une nouvelle lecture de l\u2019angoisse. L\u2019\u00e9laboration du sympt\u00f4me se poursuivra l\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s dans le S\u00e9minaire <em>Le sinthome<\/em>11, avec l\u2019\u0153uvre de Joyce et aboutira \u00e0 la construction du concept de \u00ab sinthome \u00bb. Poursuivons ce parcours. <\/p>\n\n\n\n<p>Le 17 d\u00e9cembre 1974, Lacan commente ainsi ce que Freud appelle le moi : \u00ab <strong>La fonction du moi est une fonction imaginaire <\/strong>.\u00bb12 C\u2019est un petit commentaire mais on s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019\u00e0 partir de ce moment l\u00e0, il ne l\u00e2chera pas sa proie. D\u00e9finissons ensemble le moi et le \u00e7a freudien. Je le rappelle rapidement sans quoi nous ne pouvons pas suivre le cheminement de Lacan. <\/p>\n\n\n\n<p>Freud \u00e9labore la distinction topique de ces deux notions dans son texte <strong>\u00ab Le moi et le \u00e7a \u00bb<\/strong>13, texte de 1923, l\u2019ann\u00e9e de la d\u00e9couverte de sa maladie. Il red\u00e9finit certaines questions fondamentales comme celle de l\u2019organisation g\u00e9nitale infantile et bouleverse la m\u00e9tapsychologie en reformulant la premi\u00e8re topique. Cette d\u00e9marche s\u2019inscrit \u00e0 la suite de son texte \u00ab Au-del\u00e0 du principe du plaisir \u00bb14, en tirant les cons\u00e9quences de la d\u00e9couverte de la fonction de r\u00e9p\u00e9tition et de la pulsion de mort. C\u2019est dans cet esprit que Freud r\u00e9\u00e9labore la topique aboutissant \u00e0 ce texte \u00ab Le moi et le \u00e7a \u00bb15. Le terme de \u00e7a est emprunt\u00e9 \u00e0 Groddeck qui avait \u00e9crit l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente <em>Le livre du \u00e7a<\/em>16. Groddeck correspond avec Freud depuis 1917. Le texte freudien fait appara\u00eetre un terme in\u00e9dit qui est celui de surmoi. <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans cette deuxi\u00e8me topique que Freud reformule la repr\u00e9sentation de l\u2019appareil psychique. Celui-ci est d\u00e9sormais con\u00e7u comme une trinarit\u00e9 c\u2019est-\u00e0-dire repr\u00e9sent\u00e9 par trois instances. Leur introduction et leur distinction se fait, ainsi qu\u2019un nouveau rapport de la fonction \u00e9conomique et dynamique de la libido. Nous trouvons dans le texte de Freud, l\u2019introduction d\u2019une triplicit\u00e9 : le moi, le \u00e7a et le surmoi (non diff\u00e9renci\u00e9 de l\u2019Id\u00e9al du moi). <\/p>\n\n\n\n<p>Le moi est pr\u00e9sent\u00e9 comme ayant une certaine ind\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard du \u00e7a et du surmoi. Le moi a beaucoup \u00e0 faire puisqu\u2019il commande l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la motilit\u00e9, il contr\u00f4le les d\u00e9charges d\u2019excitations pulsionnelles, il veille au refoulement et r\u00e9siste aux injonctions du \u00e7a et du surmoi. Cette construction freudienne aboutit \u00e0 la repr\u00e9sentation de l\u2019appareil psychique o\u00f9 se diff\u00e9rencient sur une surface, l\u2019espace du moi, du \u00e7a et du refoulement. <strong>Freud d\u00e9finit le \u00e7a comme \u00e9tant le lieu des pulsions. Le moi appara\u00eet comme la partie du \u00e7a modifi\u00e9e sous l\u2019influence directe du monde ext\u00e9rieur par l\u2019interm\u00e9diaire des perceptions conscientes. <\/strong>Le moi garde finalement une certaine continuit\u00e9 avec le \u00e7a puisqu\u2019il n\u2019en est qu\u2019une diff\u00e9renciation superficielle. Il a comme mission d\u2019imposer le principe de r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la place du principe de plaisir, plaisir qui r\u00e8gne sans limitation dans le \u00e7a, qui est l\u2019espace de la pulsion. Du c\u00f4t\u00e9 du moi, nous avons affaire aux <strong>perceptions<\/strong>. Arriv\u00e9e \u00e0 ce point, je voudrais faire valoir le propos de Freud donnant lieu \u00e0 un commentaire de Lacan. Freud dit en effet : <strong>Le moi est avant tout un moi corporel. Le corps propre est d\u2019abord une surface \u00e0 laquelle correspond la topique du moi. <\/strong>Vous trouverez cela dans le chapitre II du texte de Freud. Il y a dans la traduction anglaise une petite note ajout\u00e9e en 1927 (avec l\u2019accord de Freud) qui a toute son importance. On peut y lire ceci : <strong>\u00ab Le moi peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une projection mentale de la surface du corps et de plus il repr\u00e9sente la surface de l\u2019appareil mental \u00bb<\/strong>17. <\/p>\n\n\n\n<p>Il est donc question dans ce passage, <strong>d\u2019espace, de surface du corps et de la mise en continuit\u00e9<\/strong>, et dans cet espace psychique, des trois instances repr\u00e9sent\u00e9es : <strong>moi, \u00e7a et surmoi.<\/strong> Dans la le\u00e7on du 17 d\u00e9cembre 1974 du S\u00e9minaire nous trouvons une interpr\u00e9tation du moi corporel freudien, lorsque Lacan dit : \u00ab <strong>[c\u2019est] dans le sac du corps que se trouve figur\u00e9 le moi <\/strong>\u00bb18. Sac qui peut tout aussi bien \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 par un cercle. Comme nous l\u2019avions rappel\u00e9, avec le n\u0153ud borrom\u00e9en, Lacan se propose de sortir la psychanalyse <strong>des pr\u00e9suppos\u00e9s de la g\u00e9om\u00e9trie euclidienne et de la d\u00e9finition de l\u2019espace qui en d\u00e9rive<\/strong>. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote is-style-default\"><blockquote><p>\u00ab <strong>La mise \u00e0 plat du n\u0153ud borrom\u00e9en est autre chose que la surface. Elle suppose une toute autre dit-mension que la continuit\u00e9 implicite \u00e0 l\u2019espace<\/strong> \u00bb. <br> \u00ab <strong>Les n\u0153uds, dans leurs complications, sont bien faits pour nous faire relativer les pr\u00e9tendues trois dimensions de l\u2019Espace, seulement fond\u00e9es sur la traduction que nous faisons de notre corps en un volume de solide<\/strong> \u00bb.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Rappelons <strong>les propri\u00e9t\u00e9s de l\u2019espace g\u00e9om\u00e9trique euclidien d\u00e9clin\u00e9es par Poincarr\u00e9.<\/strong> L\u2019espace g\u00e9om\u00e9trique euclidien est <strong>continu<\/strong>, il a t<strong>rois dimensions et il est homog\u00e8ne <\/strong>; tous ces points sont identiques entre eux. Nous pouvons en cons\u00e9quence constater que <strong>l\u2019espace de l\u2019appareil psychique freudien, celui de sa deuxi\u00e8me topique, est un espace continu aussi bien qu\u2019homog\u00e8ne.<\/strong> Dans le S\u00e9minaire <em>Encore<\/em>, Lacan avait d\u00e9j\u00e0 fait remarquer cette distinction entre l\u2019espace m\u00e9trique et le n\u0153ud borrom\u00e9en : \u00ab <strong>La mise \u00e0 plat du n\u0153ud borrom\u00e9en est autre chose que la surface. Elle suppose une toute autre dit-mension que la continuit\u00e9 implicite \u00e0 l\u2019espace<\/strong> \u00bb19. Lacan veut nous extraire de la mise en continuit\u00e9. Il l\u2019exprime d\u00e9j\u00e0 dans <em>Encore<\/em> : \u00ab <strong>Les n\u0153uds, dans leurs complications, sont bien faits pour nous faire relativer les pr\u00e9tendues trois dimensions de l\u2019Espace, seulement fond\u00e9es sur la traduction que nous faisons de notre corps en un volume de solide<\/strong> \u00bb20. Autrement dit, les propri\u00e9t\u00e9s de l\u2019espace m\u00e9trique sont <strong>command\u00e9es par la g\u00e9om\u00e9trie de l\u2019image sp\u00e9culaire<\/strong>. La forme de l\u2019espace s\u2019en trouve assujettie, ajoute-t-il, et cela par le <strong>biais du regard et de la sph\u00e9ricit\u00e9 qu\u2019il introduit<\/strong>. <strong>Lacan veut donc d\u00e9solidariser la psychanalyse de la conception m\u00e9trique de l\u2019espace qui est soumise<\/strong> \u00e0 l\u2019engluement imaginaire, voire au <strong>rapport \u00e0 notre propre image, si\u00e8ge de la conception du monde sph\u00e9rique<\/strong>. <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Comment Lacan va-t-il proc\u00e9der ? <\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote is-style-default\"><blockquote><p>\u00ab <strong>L\u2019homme aime son image comme ce qui lui est le plus prochain, c\u2019est-\u00e0-dire son corps. Simplement son corps il n\u2019en a strictement aucune id\u00e9e, il croit que c\u2019est moi, chacun croit que c\u2019est soi, mais c\u2019est un trou et puis au-dehors il y a l\u2019image et avec cette image il fait le monde <\/strong>\u00bb<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Il va trouer le moi. <\/strong>Il va faire un trou dans l\u2019espace du moi corporel freudien21. Lacan attribue l\u2019op\u00e9ration de trouage \u00e0 Freud avan\u00e7ant qu\u2019il a lui-m\u00eame pr\u00e9sent\u00e9 le moi comme un trou. Et il le justifie en disant simplement que le moi isol\u00e9 par Freud se sp\u00e9cifie d\u2019\u00eatre un trou. <strong>En effet le moi est ouvert au monde, il doit laisser entrer le monde. Cela a pour cons\u00e9quence que le sac du corps qui pr\u00e9figure le moi soit bouch\u00e9 par la perception. <\/strong>Lacan op\u00e8re ainsi une torsion, celle du trouage de la dimension imaginaire du moi freudien : Le moi au fond, n\u2019est qu\u2019un trou. C\u2019est en lisant la conf\u00e9rence de Nice du 30 novembre 1974 que nous le comprenons mieux encore : \u00ab <strong>L\u2019homme aime son image comme ce qui lui est le plus prochain, c\u2019est-\u00e0-dire son corps. Simplement son corps il n\u2019en a strictement aucune id\u00e9e, il croit que c\u2019est moi, chacun croit que c\u2019est soi, mais c\u2019est un trou et puis au-dehors il y a l\u2019image et avec cette image il fait le monde <\/strong>\u00bb22. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote alignright\"><blockquote><p>Chez Lacan, le monde qui vient boucher le moi n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une repr\u00e9sentation sph\u00e9rique provenant de notre repr\u00e9sentation du corps. Lacan est all\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 dire que toute la philosophie grecque est marqu\u00e9e dans sa pens\u00e9e, par la topologie sph\u00e9rique qui rel\u00e8ve de l\u2019imaginaire du corps. <\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Lacan extrait ce qui est de l\u2019ordre du recouvrement imaginaire dans le moi pour concevoir \u00e0 la place, le ph\u00e9nom\u00e8ne du trou qui ex-siste. <strong>Il s\u2019agit en d\u00e9finitive, de ce qui rel\u00e8ve dans le moi, du r\u00e9el, du non-repr\u00e9sentable. <\/strong>Chez Lacan, <strong>le monde qui vient boucher le moi n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une repr\u00e9sentation sph\u00e9rique provenant de notre repr\u00e9sentation du corps. Lacan est all\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 dire que toute la philosophie grecque est marqu\u00e9e dans sa pens\u00e9e, par la topologie sph\u00e9rique qui rel\u00e8ve de l\u2019imaginaire du corps. <\/strong>Se servant du trou comme outil, Lacan va relire les instances de la triplicit\u00e9 freudienne. <strong>Une fois qu\u2019il a trou\u00e9 le moi, il va lire les pulsions de vie et de mort freudiennes, comme relevant du trou de la vie et de la mort qui en tant que r\u00e9el caract\u00e9rise le \u00e7a freudien. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans le symbolique, le trou se caract\u00e9rise par <em>l\u2019Urverdrangt<\/em><\/strong><em>, <\/em>c\u2019est-\u00e0-dire par quelque chose \u00e0 quoi nous ne pouvons donner de nom ni de sens : c\u2019est un impossible, irr\u00e9ductible. Comment le trou dans le symbolique appara\u00eet-il dans la deuxi\u00e8me topique freudienne? Cela se con\u00e7oit facilement si l\u2019on applique <strong>le principe d\u2019extraction de ce qui le bouche. Le trou dans le symbolique est bouch\u00e9<\/strong>, dans la construction freudienne,<strong> par l\u2019identification premi\u00e8re au P\u00e8re<\/strong>, d\u2019o\u00f9 provient l<strong>\u2019Id\u00e9al du moi<\/strong>. L\u2019Id\u00e9al du moi d\u00e9rive de la premi\u00e8re et la plus importante identification, celle qui va pr\u00e9cis\u00e9ment produire une sorte de <strong>fermeture de ce trou symbolique. Cette identification vient \u00e0 la place du signifiant qui manque dans l\u2019Autre pour nommer l\u2019\u00eatre du sujet. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J.-A. Miller a produit le math\u00e8me suivant : <strong>I(A) barr\u00e9 sur S(A) barr\u00e9<\/strong>. Dans le S\u00e9minaire \u00ab R.S.I. \u00bb Lacan propose la relecture suivante : le \u00e7a rel\u00e8ve du r\u00e9el, le moi de l\u2019imaginaire et l\u2019Id\u00e9al du moi, du symbolique. La mise \u00e0 plat du n\u0153ud borrom\u00e9en comporte la prise en compte du trou, de la consistance et de l\u2019ex-sistence, et implique en cons\u00e9quence <strong>l\u2019impossible mise en continuit\u00e9 de l\u2019appareil psychique<\/strong> : \u00ab Mon petit n\u0153ud borrom\u00e9en est destin\u00e9 \u00e0 vous montrer que l\u2019existence est de sa nature ex-sistence, ce qui est <strong>ex<\/strong> c\u2019est <strong>ce qui tourne autour du consistant et fait intervalle\u00bb<\/strong>.23<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote alignleft\"><blockquote><p>Le concept d\u2019ex-sistence <strong>s\u2019oppose \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019un cercle qui distingue le dehors et le dedans<\/strong>. Le trou d\u2019une corde pos\u00e9e \u00e0 plat ne d\u00e9limite pas un dedans et un dehors puisque c\u2019est la m\u00eame chose, avance Lacan.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit pour Lacan de <strong>d\u00e9placer la psychanalyse<\/strong>, <strong>de la d\u00e9coller de la pens\u00e9e qui fait cercle et pour laquelle ce qui est dedans diff\u00e8re de ce qui est dehors<\/strong>. Le concept d\u2019ex-sistence <strong>s\u2019oppose \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019un cercle qui distingue le dehors et le dedans<\/strong>. Le trou d\u2019une corde pos\u00e9e \u00e0 plat ne d\u00e9limite pas un dedans et un dehors puisque c\u2019est la m\u00eame chose, avance Lacan. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cela l\u2019ex-sistence, seulement pour la caract\u00e9riser il faut quelque chose qui ait fonction de trou. <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pourquoi importe-t-il autant \u00e0 Lacan <strong>de se d\u00e9coller des donn\u00e9es cart\u00e9siennes de l\u2019Espace et de la pens\u00e9e qui fait cercle ? <\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Parce-que cela concerne l\u2019op\u00e9ration de l\u2019analyste.  <\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de quoi l\u2019analyste op\u00e8re-t-il ? Lacan rappelle que l\u2019analyste n\u2019op\u00e8re qu\u2019\u00e0 partir du sens mais il ajoute : <strong>vous n\u2019op\u00e9rez qu\u2019\u00e0 le r\u00e9duire, ce sens. <\/strong>Qu\u2019est-ce que le sens ? Dans le S\u00e9minaire \u00ab R.S.I. \u00bb, le sens est d\u00e9fini comme un effet provenant du symbolique et qui retentit dans l\u2019imaginaire. Quelque chose dans l\u2019imaginaire, r\u00e9pond \u00e0 cet effet. Qu\u2019est-ce qui r\u00e9pond au niveau de l\u2019imaginaire ? Le propre de l\u2019effet de sens, c\u2019est qu\u2019une fois que la phrase est capitonn\u00e9e, dans l\u2019apr\u00e8s-coup, on a l\u2019impression d\u2019y comprendre quelque chose. <strong>Selon Lacan, cet effet de sens est tout \u00e0 fait sph\u00e9rique. <\/strong>Pourquoi ? Ce qui domine dans la parole c\u2019est le malentendu. <strong>D\u00e8s lors, l\u2019effet de sens donne l\u2019impression d\u2019avoir attrap\u00e9 quelque chose au niveau de la signification, quelque chose qui se ferme et qui fait croire \u00e0 la communication. <\/strong>Lacan compare l\u2019effet de sens \u00e0 ce qui domine dans l\u2019imaginaire \u00e0 savoir, <strong>la bonne forme. <\/strong>L\u2019imaginaire se soutient de notre propre rapport \u00e0 l\u2019image comme bonne forme au sens de la <em>Gestalt<\/em>. L\u2019enfant acc\u00e8de \u00e0 cette forme compl\u00e8te, totalisante, qui fait Un au moment du stade du miroir. Il y aurait donc une parent\u00e9 entre la \u00ab bonne forme \u00bb de l\u2019image et la \u00ab bonne forme \u00bb de l\u2019effet de sens. <\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, l\u2019op\u00e9ration analytique est happ\u00e9e dans la d\u00e9bilit\u00e9 mentale si elle suit la pente de l\u2019effet de sens qui rel\u00e8ve du rapport \u00e0 la \u00ab bonne forme \u00bb. Si elle se laissait guider par les effets de sens, l\u2019interpr\u00e9tation deviendrait d\u00e9bile. <strong>D\u00e9bilit\u00e9 du mental lorsqu\u2019il se coince du c\u00f4t\u00e9 de la \u00ab bonne forme\u00bb c\u2019est-\u00e0-dire de ce qui se ferme comme effet de sens sph\u00e9rique. <\/strong>Le r\u00e9el de la jouissance ne peut \u00eatre ainsi attrap\u00e9, puisque la bonne forme et la sph\u00e9ricit\u00e9 de l\u2019effet de sens voilent, recouvrent le hors-sens de la jouissance du sympt\u00f4me. <strong>La jouissance se trouve dans un autre registre que celui du sens. <\/strong>Lacan dit c\u2019est d\u2019autre chose que du sens qu\u2019il s\u2019agit dans la jouissance. \u00ab Autre chose que du sens \u00bb veut dire que la jouissance comporte du hors-sens. <\/p>\n\n\n\n<p>Une fois la triplicit\u00e9 du moi et du \u00e7a trou\u00e9e, <strong>Lacan s\u2019attaque \u00e0 la triplicit\u00e9 de l\u2019inhibition, du sympt\u00f4me et de l\u2019angoisse<\/strong>. Il s\u2019y r\u00e9f\u00e8re \u00e0 plusieurs reprises dans le S\u00e9minaire \u00ab R.S.I. \u00bb. Rappelons la place de <em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em>24 dans l\u2019\u0153uvre de Freud. Il s\u2019agit d\u2019un texte de 1926 qui comporte une relecture du sympt\u00f4me et plus fondamentalement, de la fonction de l\u2019angoisse. Freud met ici en application la triplicit\u00e9 d\u00e9gag\u00e9e dans sa deuxi\u00e8me topique avec \u00ab Le moi et le \u00e7a\u00bb25. Il \u00e9crit ce texte en r\u00e9ponse \u00e0 Otto Rank qui, dans <strong><em>Le traumatisme de la naissance<\/em><\/strong>26, fait de l\u2019angoisse de la naissance, le c\u0153ur du sympt\u00f4me. Freud \u00e9labore alors une nouvelle th\u00e9orie du sympt\u00f4me et de l\u2019angoisse, oppos\u00e9e \u00e0 celle de sa <em>M\u00e9tapsychologie27<\/em>. Freud concevait que le refoulement de la pulsion comportait d\u2019une part le refoulement de son repr\u00e9sentant et d\u2019autre part, la transformation en angoisse du quantum d\u2019affects qui se voyait refuser l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la conscience. L\u2019angoisse \u00e9tait donc une cons\u00e9quence du refoulement de la pulsion. Dans <em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em>28, c\u2019est l\u2019<strong>angoisse qui est cause du refoulement<\/strong>. Le signal d\u2019angoisse v\u00e9cu au niveau du moi comme un signe de d\u00e9plaisir, de <strong>Unlust<\/strong>, engendre l\u2019op\u00e9ration de refoulement de la pulsion. La conception de la m\u00e9tapsychologie s\u2019en trouve compl\u00e8tement modifi\u00e9e. Dans ce texte, Freud mettra \u00e0 profit sa nouvelle topique et sa nouvelle th\u00e9orie du sympt\u00f4me en revisitant les cas de l\u2019Homme aux loups et du petit Hans. Cela permet \u00e0 Freud une nouvelle \u00e9laboration de sa th\u00e9orie du sympt\u00f4me et de l\u2019angoisse. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans le S\u00e9minaire \u00ab R.S.I. \u00bb, Lacan entreprend une lecture borrom\u00e9enne de <em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em>29 en rappelant, le 17 d\u00e9cembre 1974, que ces trois termes sont aussi h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes que les termes de r\u00e9el, symbolique et imaginaire. <\/strong>Tout au long du S\u00e9minaire \u00ab R.S.I. \u00bb il est question de la clinique du petit Hans r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9e \u00e0 la lumi\u00e8re du n\u0153ud borrom\u00e9en. Le S\u00e9minaireIV, La relation d\u2019objet30 fut l\u2019objet d\u2019une relecture d\u00e9taill\u00e9e du cas gr\u00e2ce aux outils d\u00e9gag\u00e9s de la linguistique via Saussure et Jakobson. \u00c0 la lumi\u00e8re de la cat\u00e9gorie du signifiant et du signifi\u00e9, de la m\u00e9taphore et de la m\u00e9tonymie, Lacan aboutira \u00e0 la construction de la m\u00e9taphore paternelle, qu\u2019il reprendra dans le texte \u00ab D\u2019une question pr\u00e9liminaire \u00e0 tout traitement possible de la psychose \u00bb31, lorsqu\u2019il s\u2019occupe du Pr\u00e9sident Schreber. Il applique son travail sur le petit Hans au Pr\u00e9sident Schreber pour en d\u00e9duire la m\u00e9taphore paternelle agissante dans les n\u00e9vroses et forclose dans les psychoses. Le commentaire du petit Hans dans le <em>S\u00e9minaire IV<\/em> est une lecture structuraliste centr\u00e9e autour de la notion fondamentale du manque d\u2019objet. Lacan y diff\u00e9rencie <strong>trois types de manque <\/strong>et trois types d\u2019op\u00e9rations qu\u2019il d\u00e9cline en <strong>castration, frustration et privation<\/strong>. La lecture du S\u00e9minaire \u00ab R.S.I. \u00bbn\u2019est pas structuraliste mais borrom\u00e9enne. Elle n\u2019est pas centr\u00e9e sur la cat\u00e9gorie du manque ni sur la d\u00e9faillance de la m\u00e9taphore paternelle mais bien autour de la <strong>cat\u00e9gorie du trou et de la jouissance hors-sens<\/strong>, au c\u0153ur du sympt\u00f4me. <strong>Au centre du cas du petit Hans, Lacan rep\u00e8rera la fonction nodale de la jouissance phallique et avancera le c\u00f4t\u00e9 hors-sens de cette m\u00eame jouissance. <\/strong>Ce qui est au principe de la phobie de l\u2019enfant ce n\u2019est pas l\u2019angoisse de castration, au sens d\u2019une op\u00e9ration dont le p\u00e8re comme agent menace l\u2019enfant selon la logique oedipienne. Non, au c\u0153ur de la phobie il y a l\u2019angoisse certes, mais <strong>Lacan red\u00e9finit l\u2019angoisse comme \u00e9tant ce quelque chose qui, de l\u2019int\u00e9rieur du corps <em>ex-siste,<\/em> et qui l\u2019\u00e9veille et le tourmente. <\/strong>Le lieu de l\u2019angoisse se situe <strong>dans le corps<\/strong> et non pas \u00e0 sa surface. <strong>Le corps est ici compris comme substance jouissante. Pourquoi y a-t-il de l\u2019angoisse ? Parce-que quelque chose tourmente le corps, un hors-corps qui tourmente le corps \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. <\/strong>Cette ex-sistence rel\u00e8ve de la fonction phallique. C\u2019est la fonction phallique qui embarrasse l\u2019enfant. <strong>Hans ne parvient pas \u00e0 se d\u00e9brouiller de l\u2019association du corps et de la jouissance phallique.<\/strong> Lacan fera la m\u00eame ann\u00e9e une conf\u00e9rence \u00e0 Gen\u00e8ve sur le sympt\u00f4me32 o\u00f9 il sera question de Hans et de ce qui se trouve au principe de sa phobie \u00e0 savoir, la rencontre avec sa propre \u00e9rection, laquelle n\u2019est pas auto-\u00e9rotique, d\u2019apr\u00e8s Lacan. L\u2019\u00e9rection est v\u00e9cue par l\u2019enfant comme ce qu\u2019il y a de plus h\u00e9t\u00e9ro, d\u2019\u00e9trange, d\u2019incompr\u00e9hensible, d\u2019ext\u00e9rieur au corps. <strong>Mais qu\u2019est-ce que c\u2019est que \u00e7a ? s\u2019interrogent les enfants. <\/strong>Il y a l\u00e0 q<strong>uelque chose d\u2019un non-sens dont le si\u00e8ge est une jouissance qui prend en otage un organe et que l\u2019enfant ne parvient ni \u00e0 expliquer ni \u00e0 y donner du sens.<\/strong> Lacan ajoute : Ce truc bizarre, il va l\u2019incarner dans un objet externe, par exemple un cheval qui rue, qui piaffe, qui se renverse, qui tombe par terre. Ce qui comporte la preuve que, pour l\u2019enfant, cette jouissance \u00e9trange ex-siste \u00e0 son corps comme un cheval qui rue, qui donne des coups de pieds ou qui tombe \u00e0 terre. Dans la s\u00e9rie des conf\u00e9rences am\u00e9ricaines, la m\u00eame ann\u00e9e, Lacan l\u2019exprime ainsi: \u00ab En quoi consiste donc la phobie du petit Hans? Dans le fait qu\u2019il constate soudainement qu\u2019il a un petit organe qui bouge, qu\u2019il veut y donner un sens, mais aussi loin que ce sens aille, aucun petit gar\u00e7on n\u2019\u00e9prouvera jamais que ce p\u00e9nis lui soit attach\u00e9 naturellement. Je veux dire qu\u2019il pense, l\u2019enfant, que ce p\u00e9nis qui bouge, il appartient \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du corps. <strong>C\u2019est pourquoi il le regarde comme une chose s\u00e9par\u00e9e, comme un cheval qui commence \u00e0 se soulever et \u00e0 ruer.<\/strong> \u00bb33 <\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 Freud qui fait de l\u2019angoisse de castration, angoisse de perte de l\u2019organe d\u00e9riv\u00e9e de la menace provenant du p\u00e8re, le c\u0153ur de la formation du sympt\u00f4me phobique, Lacan dans le S\u00e9minaire \u00ab R.S.I. \u00bb donne une axiomatique borrom\u00e9enne de l\u2019angoisse, en indiquant qu\u2019elle provient justement de ce <strong>discord entre la jouissance et le corps propre<\/strong>. L\u2019angoisse pr\u00e9sentifie en effet le hors-sens de la jouissance en tant que telle. Interrogeons d\u00e8s lors la fonction du cheval. La th\u00e8se freudienne consiste \u00e0 dire que c\u2019est un artifice qui permet de donner corps \u00e0 l\u2019angoisse en la propulsant au dehors. Le cheval capture l\u2019angoisse et, \u00e0 condition d\u2019\u00e9viter l\u2019animal, cela fait gagner une certaine autonomie par rapport \u00e0 l\u2019angoisse. Par ailleurs, le cheval procure un nom \u00e0 Hans, il lui permet de d\u00e9signer son angoisse : le cheval vient comme nom, nommer le hors-sens de la jouissance qui est en cause dans cette angoisse l\u00e0. Voil\u00e0 pourquoi Lacan dit que l\u2019angoisse ne part ni de l\u2019imaginaire, ni du symbolique. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019angoisse part du r\u00e9el, c\u2019est le signe du r\u00e9el et en ce sens, elle ne trompe pas car elle signe la rencontre avec le hors-sens. <\/strong>Pourquoi la sexualit\u00e9 est-elle donc traumatique ? La jouissance hors-sens fait trou dans le symbolique qui est d\u00e8s lors, absolument d\u00e9bile \u00e0 recouvrir ce hors-sens. Le registre symbolique se trouve, par rapport \u00e0 la jouissance sexuelle, trou\u00e9. Quel est le b\u00e9n\u00e9fice du sympt\u00f4me phobique du petit Hans ? Hans ne peut plus sortir dans la rue parce qu\u2019il risque de retrouver un cheval mais s\u2019il l\u2019\u00e9vite, il n\u2019est pas angoiss\u00e9. Freud rel\u00e8ve le gain du sympt\u00f4me sur l\u2019angoisse gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019inhibition. <strong>Lacan, lui, indique que le cheval permet de circonscrire le champ de l\u2019angoisse tandis que le corps de l\u2019enfant se trouve frapp\u00e9 d\u2019inhibition dans sa fonction motrice. Il red\u00e9finit ainsi l\u2019inhibition en disant qu\u2019elle affecte le corps<\/strong> &#8211; donc l\u2019imaginaire &#8211; et qu\u2019elle r\u00e9sulte de l\u2019intrusion de l\u2019imaginaire dans le trou du symbolique. Cela signifie que l\u2019inhibition affecte le corps chaque fois qu\u2019il est saisi dans ses fonctions, par le hors-sens impos\u00e9 par le refoulement. <strong>Le corps est affect\u00e9 par le refoulement, autrement dit par le trou du symbolique. <\/strong>Et c\u2019est de l\u00e0 que provient l\u2019inhibition de ses fonctions c\u2019est-\u00e0-dire, chaque fois qu\u2019un signifiant manque pour donner du sens \u00e0 ce qui affecte le corps. Je vous ai pr\u00e9sent\u00e9 la nouvelle lecture de Hans, la red\u00e9finition de l\u2019angoisse, la red\u00e9finition de l\u2019inhibition, et nous arrivons au moment crucial de ce S\u00e9minaire qui comporte <strong>une red\u00e9finition du sympt\u00f4me<\/strong>. <\/p>\n\n\n\n<p>Je rappelle rapidement que dans <em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em>34 Freud \u00e9crit, \u00e0 propos du sympt\u00f4me de Hans : <strong>Un seul et unique trait en fait une n\u00e9vrose, c\u2019est la substitution du cheval au p\u00e8re<\/strong>. Selon Freud, le sympt\u00f4me est un compromis : la haine du p\u00e8re est une motion refoul\u00e9e qui se transforme en son contraire, l\u2019enfant craint d\u00e8s lors sa vengeance sous les esp\u00e8ces de la castration. Le cheval se substitue au p\u00e8re (Hans craint d\u2019\u00eatre mordu par le cheval) \u00e0 la place de l\u2019angoisse d\u2019\u00eatre ch\u00e2tr\u00e9 par lui. Cette substitution signe, selon Freud, le sympt\u00f4me n\u00e9vrotique chez l\u2019enfant. <strong>Dans son premier enseignement, Lacan a fait de cette substitution la cl\u00e9 du sympt\u00f4me sous les esp\u00e8ces de la m\u00e9taphore qui comporte cette op\u00e9ration de substitution d\u2019un signifiant par un autre. <\/strong>Cela veut dire que, dans la correction apport\u00e9e par le sympt\u00f4me \u00e0 la d\u00e9faillance de la m\u00e9taphore paternelle chez Hans, <strong>le cheval appara\u00eet comme un Nom-du-P\u00e8re de substitution<\/strong>. <strong>La d\u00e9finition du sympt\u00f4me dans le S\u00e9minaire \u00ab R.S.I. \u00bbn\u2019est pas du tout articul\u00e9e par Lacan, en termes de substitution ou de m\u00e9taphore parce que cette perspective comporte la pr\u00e9dominance du symbolique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Comment red\u00e9finir le sympt\u00f4me dans la perspective de l\u2019\u00e9quivalence entre r\u00e9el, imaginaire et symbolique? <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote alignleft\"><blockquote><p><strong>La peur du cheval assure pour Hans une fonction, celle de prendre en charge cette jouissance \u00e9nigmatique qui est pour lui, hors-sens. C\u2019est une fa\u00e7on de la nommer et de l\u2019incarner en dehors de lui. Dans cette perspective, le sympt\u00f4me assure une fonction de nomination. Lacan la con\u00e7oit comme \u00e9tant de l\u2019ordre de ce qui s\u2019\u00e9crit par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019une lettre. <\/strong><\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Rappelons ce que Lacan \u00e9nonce le 18 f\u00e9vrier 1975, que le sympt\u00f4me refl\u00e8te dans le r\u00e9el ce qui fait \u00ab qu\u2019il y a quelque chose qui ne marche pas\u00bb35. Cela se traduit subjectivement par un  \u00ab \u00e7a m\u2019arrive et je ne sais pas ce que \u00e7a veut dire, je trouve \u00e7a absurde, insens\u00e9, pourquoi ai-je peur du cheval ? \u00bb Le sympt\u00f4me appara\u00eet comme pur hors-sens. L\u2019id\u00e9e du sens dans le sympt\u00f4me est possible s\u2019il est soumis \u00e0 l\u2019analyse, et dans ces conditions on peut en extraire un bout de savoir. La dimension du sympt\u00f4me est corr\u00e9lative \u00e0 la dimension du parl\u00eatre, c\u2019est-\u00e0-dire des \u00eatres qui ne tiennent leur \u00eatre que de la parole. Il y a quand-m\u00eame, une sorte de coh\u00e9rence entre parler et avoir des sympt\u00f4mes. Le sympt\u00f4me existe parce qu\u2019il a une fonction. <strong>La peur du cheval assure pour Hans une fonction, celle de prendre en charge cette jouissance \u00e9nigmatique qui est pour lui, hors-sens. C\u2019est une fa\u00e7on de la nommer et de l\u2019incarner en dehors de lui. Dans cette perspective, le sympt\u00f4me assure une fonction de nomination. Lacan la con\u00e7oit comme \u00e9tant de l\u2019ordre de ce qui s\u2019\u00e9crit par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019une lettre. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une lettre, ce n\u2019est pas un signifiant. <\/p>\n\n\n\n<p>Quand il y a un signifiant, il y en a toujours un autre et, avec deux, on peut toujours avoir des effets de sens, mais avec la lettre c\u2019est diff\u00e9rent. <strong>Une lettre se r\u00e9p\u00e8te identique \u00e0 elle-m\u00eame. <\/strong>Cela indique que la fonction du sympt\u00f4me en tant qu\u2019il est corr\u00e9l\u00e9 au r\u00e9el, rel\u00e8ve de l\u2019\u00e9criture : de la lettre et non pas du signifiant. <strong>Dans le registre de l\u2019inconscient, n\u2019importe quel signifiant peut venir prendre la fonction d\u2019une lettre de jouissance, selon Lacan.<\/strong> Ce qui ne cesse pas de s\u2019\u00e9crire au titre de sympt\u00f4me, provient de l\u00e0. <strong>Par le biais de la lettre, le sympt\u00f4me r\u00e9alise une fa\u00e7on unique et singuli\u00e8re, de jouir de l\u2019inconscient.<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pourquoi la fonction du sympt\u00f4me peut-elle \u00eatre \u00e9quivalente de la fonction du p\u00e8re ? <\/h2>\n\n\n\n<p>Le p\u00e8re assure dans l\u2019\u00e9criture logique de sa fonction, l\u2019exception. <strong>Le sympt\u00f4me, par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019une lettre soustraite \u00e0 la cha\u00eene signifiante, isol\u00e9e de toute articulation pour fonctionner comme telle, assure la fonction d\u2019exception, celle de la lettre par rapport au signifiant. <\/strong>C\u2019est par l\u2019interm\u00e9diaire de la fonction d\u2019exception que la lettre du sympt\u00f4me serait \u00e9quivalente de la fonction du p\u00e8re. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans RSI, Lacan rappelle qu\u2019il a op\u00e9r\u00e9 sur le Nom-du-P\u00e8re, un passage de l\u2019unique au multiple. Dans cette perspective, il pr\u00e9sente d\u00e9sormais le r\u00e9el, le symbolique et l\u2019imaginaire comme \u00e9tant des Noms-du-P\u00e8re. C<strong>ela signifie que l\u2019on est sorti du Nom-du-P\u00e8re comme relevant du registre symbolique. <\/strong>Lacan nous met ici devant la proposition borrom\u00e9enne qui comporte qu\u2019il y a <strong>des Noms-du-P\u00e8re <\/strong>multiples qui doivent \u00eatre distingu\u00e9s selon les registres du r\u00e9el, du symbolique et de l\u2019imaginaire. <\/p>\n\n\n\n<p>Tirant les le\u00e7ons du cas du petit Hans pour qui le cheval nomme la jouissance impossible, Lacan nous am\u00e8ne vers une d\u00e9finition de la <strong>nomination<\/strong>. Premi\u00e8rement dit-il, la nomination n\u2019a rien \u00e0 voir avec la communication, c\u2019est autre chose. <strong>Nommer quelque chose ce n\u2019est pas communiquer, <\/strong>nommer quelque chose comporte que \u00ab la parlotte \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire <strong>le symbolique, se noue \u00e0 quelque chose de r\u00e9el. <\/strong>Le signifiant \u00ab cheval \u00bb, isol\u00e9 par le petit Hans de sa langue maternelle, rel\u00e8ve de la parlotte. <strong>Ce signifiant se noue \u00e0 quelque chose de r\u00e9el : sa jouissance, impossible \u00e0 nommer, en cons\u00e9quence de quoi il assure pour l\u2019enfant, un effet de nomination. Dans cette perspective, Lacan pose que la fonction du p\u00e8re permet de \u00ab donner un nom aux choses \u00bb.<\/strong> \u00c7a ne veut pas dire un p\u00e8re \u00e9ducateur qui assure un magist\u00e8re de nomination. La fonction de nomination comme \u00e9tant le propre du p\u00e8re, c\u2019est ce qu\u2019accomplit \u00e0 merveille le registre de la <strong>langue toute-seule<\/strong>. Quelle que soit cette nomination, elle ex-siste au r\u00e9el qui est innommable. Il faut d\u00e8s lors s\u2019interroger \u00e0 ce propos si la nomination est le propre du symbolique. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>La relecture du texte <em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em> par Lacan, aboutit \u00e0 la th\u00e9orie de <strong>la nomination comme quatri\u00e8me terme qui vient nouer les trois autres<\/strong>. <br><br>Lacan distingue la <strong>nomination de l\u2019imaginaire en terme d\u2019inhibition, la nomination du symbolique en terme de sympt\u00f4me, la nomination du r\u00e9el en terme d\u2019angoisse<\/strong>. <\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>En effet, si la nomination n\u2019est le propre que du symbolique \u2013 et celle-ci comporte la fonction du p\u00e8re \u2013 alors nous revenons \u00e0 la supr\u00e9matie du symbolique. Mais nous pouvons constater que Lacan dans RSI va concevoir <strong>diff\u00e9rents types de nomination qui se d\u00e9clinent selon les trois registres r\u00e9el, imaginaire et symbolique<\/strong>. La relecture du texte <em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em>36 par Lacan, aboutit \u00e0 la th\u00e9orie de <strong>la nomination comme quatri\u00e8me terme qui vient nouer les trois autres<\/strong>. Lacan distingue la <strong>nomination de l\u2019imaginaire en terme d\u2019inhibition, la nomination du symbolique en terme de sympt\u00f4me, la nomination du r\u00e9el en terme d\u2019angoisse<\/strong>. <\/p>\n\n\n\n<p>Concernant l\u2019inhibition, Lacan nous livre une indication clinique importante, car s<strong>i l\u2019inhibition assure une fonction de nomination, alors il n\u2019est pas question de se pr\u00e9cipiter \u00e0 vouloir lib\u00e9rer le sujet de celle-ci, car elle peut avoir pour fonction de nouer, de faire tenir le n\u0153ud du r\u00e9el, de l\u2019imaginaire et du symbolique.<\/strong> De m\u00eame pour le sympt\u00f4me et l\u2019angoisse, tous deux con\u00e7us ici comme \u00e9tant une fonction qui fait tenir ensemble R, S et I. Cette reprise d\u2019<em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em>37 \u00e0 la lumi\u00e8re de la relecture du petit Hans, aboutit \u00e0 un resserrage de l\u2019op\u00e9ration analytique. <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bouclons le parcours <\/h2>\n\n\n\n<p>Nous \u00e9tions partis du rappel concernant le <strong>d\u00e9centrage op\u00e9r\u00e9 par Lacan des effets imaginaires, sph\u00e9riques, du sens<\/strong>. Au cours de ce S\u00e9minaire, Lacan aboutira \u00e0 la distinction entre le sens et l\u2019\u00e9quivoque, en disant que l\u2019<strong>\u00e9quivoque est autre chose que le sens<\/strong>. Il s\u2019agit d\u2019obtenir, par le biais de l\u2019\u00e9quivoque signifiante, que l\u2019op\u00e9ration analytique produise des e. Lacan con\u00e7oit que l\u2019op\u00e9ration analytique, voire l\u2019interpr\u00e9tation du sympt\u00f4me, doit jouer sur l\u2019\u00e9quivoque. Le maniement de l\u2019\u00e9quivoque comporte de jouer avec le cristal de la lalangue, dans le registre symbolique, pour faire trou dans la sph\u00e9ricit\u00e9 de l\u2019effet de sens imaginaire. C\u2019est une condition pour avoir une chance de toucher la jouissance hors sens du sympt\u00f4me. <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pour conclure<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans le S\u00e9minaire IV, Lacan produit une lecture structuraliste du cas du petit Hans. Il applique les r\u00e9sultats de cette lecture au cas Schreber, pour en d\u00e9duire d\u2019une part, la m\u00e9taphore paternelle et la fonction attenante du sympt\u00f4me, et d\u2019autre part, sa forclusion dans la psychose. Dans le S\u00e9minaire \u00ab R.S.I. \u00bbLacan prend son point de d\u00e9part de la deuxi\u00e8me topique freudienne en y appliquant la topologie borrom\u00e9enne. Il fera de m\u00eame avec <em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em>38qu\u2019il relit et reformule en s\u2019appuyant sur le cas du petit Hans. L\u2019ann\u00e9e suivante, il fait retour sur la psychose, cette fois via Joyce, pour une reformulation de la th\u00e9orie de la forclusion, des suppl\u00e9ances et du \u00ab sinthome \u00bb. N\u2019y a-t-il pas l\u00e0 un mouvement tr\u00e8s int\u00e9ressant? <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px;\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<div style=\"height:100px;\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">* Conf\u00e9rence prononc\u00e9e au Coll\u00e8ge Clinique de Montpellier dans le cadre du cycle consacr\u00e9 au S\u00e9minaire \u00ab R. S. I.\u00bb.  Esthela Solano est psychanalyste, membre de l&rsquo;ECF.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">1 Lacan J., Le S\u00e9minaire, livre XXII, \u00ab R.S.I. \u00bb, s\u00e9minaires des 10 et 17\/12\/74, <em>Ornicar ?<\/em>, 2, 1975 ; s\u00e9minaires des 14 et 21\/1\/75, <em>Ornicar ?<\/em>, 3, 1975. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">2 Lacan J., Le S\u00e9minaire, livre XXII, \u00ab R.S.I. \u00bb, le\u00e7on du 14 janvier 1975, op.cit. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">3 Lacan J., \u00ab R.S.I. \u00bb, le\u00e7on du 19 novembre 1974, in\u00e9dit. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">4 Lacan J., Le S\u00e9minaire, livre XXII, \u00ab R.S.I. \u00bb, le\u00e7on du 17 d\u00e9cembre 1974, op.cit.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\"><strong>5<\/strong> Miller J.-A., L\u2019orientation lacanienne, \u00ab Pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es \u00bb, enseignement prononc\u00e9 dans le cadre du d\u00e9partement de psychanalyse de Paris VIII, 2004-2005, in\u00e9dit.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">6 Lacan J., Le S\u00e9minaire, livre XX, Encore, Paris, Le Seuil, 1975, p. 115. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">7 Ibid.,p. 14.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">8 Freud S., Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse, coll. Quadrige, Paris, PUF, 2005. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">9 Freud S., \u00ab Le moi et le \u00e7a \u00bb, Essais de psychanalyse, Paris, Petite biblioth\u00e8que de Payot, 2004. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">10 Freud S., Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse, op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">11 Lacan J., Le S\u00e9minaire, livre XXIII, Le sinthome, Paris, Le Seuil, 2005. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">12 Lacan J., Le S\u00e9minaire, livre XXII, \u00ab R.S.I. \u00bb, le\u00e7on du 17 d\u00e9cembre 1974, op.cit. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">13 Freud S., \u00ab Le moi et le \u00e7a \u00bb, op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">14 Freud S., \u00ab Au-del\u00e0 du principe de plaisir \u00bb, Essais de psychanalyse, Paris, Petite biblioth\u00e8que de Payot, 2004.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">15 Freud S., \u00ab Le moi et le \u00e7a \u00bb, op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">16 Groddeck G., Le livre du \u00e7a, Paris, Gallimard, 1963. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">17 Freud S., \u00ab Le moi et le \u00e7a \u00bb, op.cit.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">18 Lacan J., Le S\u00e9minaire, livre XXII, \u00ab R.S.I. \u00bb, op.cit. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">19 Lacan J., Le S\u00e9minaire, livre XX, op.cit., p. 1<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">20. 20Ibid., p. 121. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">21 Ibid., p. 120. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">22 Lacan J., Conf\u00e9rence de Nice (1974), Cahiers cliniques de Nice, juin 1998.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">23 Lacan J., \u00ab R.S.I. \u00bb, le\u00e7on du 15 janvier 1975, in\u00e9dit.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">24 Freud S., Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse, op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">25 Freud S., \u00ab Le moi et le \u00e7a \u00bb, op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">26 Rank O., Le traumatisme de la naissance, Paris, Petite biblioth\u00e8que de Payot, 2002. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">27 Freud S., M\u00e9tapsychologie, Folio Essais, Paris, Gallimard, 1968. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">28 Freud S., Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse, op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">29 Freud S., Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse, op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">30 Lacan J., Le S\u00e9minaire, livre IV, La relation d\u2019objet, Paris, Le Seuil, 1994. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">31 Lacan J., \u00ab D&rsquo;une question pr\u00e9liminaire \u00e0 tout traitement de la psychose \u00bb, \u00c9crits, Paris, Le Seuil, 1966, p. 531. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">32 Lacan J., \u00ab Conf\u00e9rence \u00e0 Gen\u00e8ve sur le sympt\u00f4me \u00bb, Bloc-notes de la psychanalyse, n\u00b0 5, 1985, p. 5-23.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">33 Lacan J., \u00ab Conf\u00e9rences et entretiens dans les universit\u00e9s am\u00e9ricaines \u00bb, Scilicet, n\u00b0 6-7, 1976, p. 7-31.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">34 Freud S., <em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em>, op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">35 Lacan J., \u00ab R.S.I. \u00bb, le\u00e7on du 18 f\u00e9vrier 1975, in\u00e9dit.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">36 Freud S., <em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em>, op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">37 Freud S., <em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em>, op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px;line-height:1.3;\">38 Freud S., <em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em>, op. cit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Esthela Solano* source: https:\/\/www.psychaanalyse.com\/pdf\/lacan_LECTURES.pdf Le S\u00e9minaire \u00ab R.S.I \u00bb1, d\u2019une grande complexit\u00e9, inaugure le passage de l\u2019enseignement de Jacques Lacan \u00e0 ce que Jacques-Alain Miller a nomm\u00e9 \u00ab le tout dernier enseignement\u00bb. Quel est l\u2019int\u00e9r\u00eat de Lacan au moment de ce S\u00e9minaire? Celui de toujours, celui de la pratique analytique, au sens de l\u2019op\u00e9ration&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2021\/06\/un-exercice-de-lecture\/\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">Un exercice de lecture<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":312,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2122,44],"tags":[2174,694,1627,2184,520,956,1844,2215,2216,2240,2245,2253],"class_list":["post-300","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lectures","category-psychanalyse","tag-dimension","tag-espace","tag-ideal-du-moi","tag-identification-au-pere","tag-lettre","tag-manque","tag-moi","tag-noeud-borromeen","tag-nomination","tag-rsi","tag-sphere","tag-trou","entry"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/cropped-sphere-5-tt-width-1600-height-640-fill-1-crop-0-bgcolor-ffffff.jpg?fit=512%2C512&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/300","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=300"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/300\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/media\/312"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=300"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=300"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=300"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}