{"id":652,"date":"2007-03-06T22:51:44","date_gmt":"2007-03-06T21:51:44","guid":{"rendered":"http:\/\/historyze.org\/disparates\/2007-03-06\/tous-tele-guides\/"},"modified":"2014-06-01T12:23:42","modified_gmt":"2014-06-01T10:23:42","slug":"tous-tele-guides","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2007\/03\/tous-tele-guides\/","title":{"rendered":"Le \u00abLoft\u00bb vaut comme une m\u00e9taphore universelle de l&rsquo;\u00eatre moderne, l&rsquo;homme num\u00e9rique devenu sa propre souris blanche."},"content":{"rendered":"<h2>Tous t\u00e9l\u00e9-guid\u00e9s<\/h2>\n<h3>Par Jean BAUDRILLARD<\/h3>\n<p>LIBERATION.FR : mardi 6 mars 2007<\/p>\n<p>Ce texte est paru dans Lib\u00e9ration du 7 septembre 2001<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Avec Loft Story, la t\u00e9l\u00e9vision a r\u00e9ussi une op\u00e9ration fantastique de consensualisation dirig\u00e9e, un v\u00e9ritable coup de force, une OPA sur la soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8re \u00ad formidable r\u00e9ussite dans la voie d&rsquo;une t\u00e9l\u00e9morphose int\u00e9grale de la soci\u00e9t\u00e9. Elle a cr\u00e9\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement (ou mieux, un non-\u00e9v\u00e9nement) o\u00f9 tout le monde s&rsquo;est trouv\u00e9 pris au pi\u00e8ge. \u00abUn fait social total\u00bb, dirait Mauss \u00ad sinon que dans d&rsquo;autres cultures, cela signifiait la puissance convergente de tous les \u00e9l\u00e9ments du social, alors qu&rsquo;ici, cela marque pour toute une soci\u00e9t\u00e9, <strong>l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation au stade parodique d&rsquo;une farce int\u00e9grale, d&rsquo;un retour image implacable sur sa propre r\u00e9alit\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<div id=\"page\" class=\"paragraphDoc\">\n<p>Ce que la critique la plus radicale, l&rsquo;imagination la plus subversive, ce que nulle d\u00e9rision situationniste n&rsquo;aurait pu faire&#8230; c&rsquo;est la t\u00e9l\u00e9 qui l&rsquo;a fait. <strong>Elle s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e la plus forte dans la science des solutions imaginaires. <\/strong>Mais, si c&rsquo;est la t\u00e9l\u00e9 qui l&rsquo;a fait, <strong>c&rsquo;est nous qui l&rsquo;avons voulu. <\/strong>Inutile de mettre en cause les puissances m\u00e9diatiques, les puissances d&rsquo;argent, voire la stupidit\u00e9 du public pour laisser esp\u00e9rer qu&rsquo;il y ait une alternative. Le fait est que nous sommes engag\u00e9s dans une socialisation int\u00e9grale, technique et exp\u00e9rimentale, qui aboutit \u00e0 l&rsquo;encha\u00eenement automatique des individus dans des processus consensuels sans appel.Soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9sormais sans contrat, sans r\u00e8gles ni syst\u00e8me de valeurs autre qu&rsquo;une complicit\u00e9 r\u00e9flexe, sans autre logique que celle d&rsquo;une contagion imm\u00e9diate, d&rsquo;une promiscuit\u00e9 qui nous m\u00eale les uns aux autres dans un immense \u00eatre indivisible.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 18pt;\">Nous sommes devenus <strong>des \u00eatres individu\u00e9s, c&rsquo;est-\u00e0-dire non divisibles en eux-m\u00eames et virtuellement indiff\u00e9renci\u00e9s<\/strong>. Cette <strong>individuation <\/strong>dont nous sommes si fiers n&rsquo;a donc rien d&rsquo;une libert\u00e9 personnelle, c&rsquo;est au contraire le signe d&rsquo;une promiscuit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale. Corollaire de cette promiscuit\u00e9: cette <strong>\u00abconvivialit\u00e9 exclusive\u00bb<\/strong> qu&rsquo;on voit fleurir partout, que ce soit dans le huis clos du Loft, ou celui des ghettos de luxe et de loisirs, ou de n&rsquo;importe quel espace o\u00f9 se recr\u00e9e comme une <strong>niche exp\u00e9rimentale <\/strong>o\u00f9 il ne s&rsquo;agit pas tant de sauvegarder un territoire symbolique que de <strong>s&rsquo;enfermer avec sa propre image <\/strong>et de vivre en complicit\u00e9 incestueuse avec elle, avec tous les effets de transparence et de r\u00e9fraction qui sont ceux d&rsquo;un <strong>\u00e9cran total<\/strong>.<\/span><\/p>\n<p>\u00c7a bouge encore, mais juste assez pour se donner, au-del\u00e0 de la fin, l&rsquo;illusion r\u00e9trospective de la r\u00e9alit\u00e9, ou celle du social, mais r\u00e9duite \u00e0 une <strong>interaction d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e avec soi-m\u00eame<\/strong>. Cette promiscuit\u00e9, faite d&rsquo;implosion sociale, d&rsquo;involution mentale et d&rsquo;interaction \u00abon line\u00bb, ce d\u00e9saveu profond de toute dimension conflictuelle, sont-ils une cons\u00e9quence accidentelle de l&rsquo;\u00e9volution moderne des soci\u00e9t\u00e9s ou bien une condition naturelle de l&rsquo;homme, qui finalement n&rsquo;aurait de cesse de renier son \u00eatre social comme une dimension artificielle? L&rsquo;\u00eatre humain est-il un \u00eatre social? Il serait int\u00e9ressant de voir ce qu&rsquo;il en sera dans le futur d&rsquo;un \u00eatre sans structure sociale profonde, sans syst\u00e8me ordonn\u00e9 de relations et de valeurs, dans la pure continuit\u00e9 des r\u00e9seaux, en pilotage automatique et en coma d\u00e9pass\u00e9 en quelque sorte, contrevenant ainsi \u00e0 tous les pr\u00e9suppos\u00e9s de l&rsquo;anthropologie. Mais n&rsquo;a-t-on pas de l&rsquo;homme, comme le dit Stanislaw Lec, une conception trop anthropologique? Promiscuit\u00e9 et enfermement se r\u00e9sument dans l&rsquo;id\u00e9e originale de soumettre un groupe \u00e0 une exp\u00e9rience d&rsquo;isolation sensorielle, afin d&rsquo;enregistrer le comportement des mol\u00e9cules humaines sous vide, dans le dessein peut-\u00eatre de les voir s&rsquo;entre-d\u00e9chirer dans cette promiscuit\u00e9 artificielle. On n&rsquo;en est pas venu l\u00e0, mais cette microsituation existentielle vaut comme m\u00e9taphore universelle de l&rsquo;\u00eatre moderne enferm\u00e9 dans son Loft personnel, qui n&rsquo;est plus son univers physique et mental, mais son univers tactile et digital, celui du <strong>\u00abcorps spectral\u00bb de Turing, celui de l&rsquo;homme num\u00e9rique pris dans le d\u00e9dale des r\u00e9seaux, et devenu sa propre souris (blanche)<\/strong>.<\/p>\n<p>Le coup d&rsquo;\u00e9clat, c&rsquo;est de livrer au regard des foules cette situation proprement insupportable, de leur en faire savourer les p\u00e9rip\u00e9ties dans une orgie sans lendemain. Bel exploit, mais qui ne s&rsquo;arr\u00eatera pas l\u00e0. Bient\u00f4t viendront, comme une suite logique, les snuff movies et les supplices corporels t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s. La mort doit, elle aussi, entrer en sc\u00e8ne, non pas du tout comme sacrifice, mais comme p\u00e9rip\u00e9tie exp\u00e9rimentale \u00ad partout ni\u00e9e et combattue techniquement \u00ad mais ressurgissant sur les \u00e9crans comme performance de synth\u00e8se (ainsi ce revival t\u00e9l\u00e9visuel, d&rsquo;une cruaut\u00e9 infantile, de la guerre des tranch\u00e9es ou des combats du Pacifique).<\/p>\n<p>Mais, et c&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;ironie de toutes ces mascarades exp\u00e9rimentales, parall\u00e8lement \u00e0 la multiplication de ces spectacles de violence, grandit l&rsquo;incertitude quant \u00e0 leur \u00e9quivalent r\u00e9el, et donc la suspicion quant \u00e0 l&rsquo;image. <strong>Plus on avance dans l&rsquo;orgie de l&rsquo;image et du regard, moins on peut y croire. <\/strong>Les deux paroxysmes, celui de la violence de l&rsquo;image et celui de son discr\u00e9dit, croissent selon la m\u00eame fonction exponentielle. Du coup, toutes les images sont au fond <strong>d\u00e9j\u00e0 des images de synth\u00e8se<\/strong>. D&rsquo;ailleurs, le Loft aurait aussi bien pu \u00eatre fabriqu\u00e9 avec des images de synth\u00e8se \u00ad et il le sera plus tard. Les gestes, les discours, les acteurs r\u00e9pondent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 toutes les conditions de pr\u00e9fabrication, de figuration programm\u00e9e. De m\u00eame qu&rsquo;on clonera plus tard biologiquement les \u00eatre humains, qui, au fond, ont d\u00e9j\u00e0 mentalement et culturellement un profil de clones. M\u00eame isolation sensorielle, m\u00eame curiosit\u00e9 abyssale dans l&rsquo;activit\u00e9 sexuelle de Catherine Millet (1). Peut-on p\u00e9n\u00e9trer plus avant, plus loin m\u00eame que le sexuel? Peut-on poss\u00e9der \u00e0 fond et \u00eatre poss\u00e9d\u00e9e \u00e0 fond? En poussant le sexe jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;absurde, en l&rsquo;arrachant au principe m\u00eame de plaisir, elle l&rsquo;arrache aussi \u00e0 son principe de r\u00e9alit\u00e9, et force l\u00e0 aussi \u00e0 poser la question: qu&rsquo;en est-il de l&rsquo;\u00eatre sexuel? La sexualit\u00e9 ne serait-elle, contrairement \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence naturelle, qu&rsquo;une hypoth\u00e8se? V\u00e9rifi\u00e9e comme elle l&rsquo;est ici jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9puisement, elle laisse songeur. V\u00e9rifi\u00e9e au-del\u00e0 de sa fin, elle ne sait tout simplement plus ce qu&rsquo;elle est ni ce qu&rsquo;elle signifie.<\/p>\n<p>M\u00eame tentation abyssale dans le cas du Loft, mais cette fois, ouverte sur un autre ab\u00eeme, celui du vide et de l&rsquo;insignifiance. Aller toujours plus profond vers cette v\u00e9ritable sc\u00e8ne primitive de la modernit\u00e9 \u00ad<strong> o\u00f9 est le secret de la banalit\u00e9, de cette nullit\u00e9 surexpos\u00e9e, \u00e9clair\u00e9e, inform\u00e9e de tous c\u00f4t\u00e9s et qui ne laisse plus rien voir \u00e0 force de transparence?<\/strong> Le myst\u00e8re devient celui de cet aveu forc\u00e9 de la vie telle qu&rsquo;elle est \u00ad objet d&rsquo;effroi, mais en m\u00eame temps vertige de plonger dans ces limbes d&rsquo;une existence sous vide et d\u00e9nu\u00e9e de toute signification.<\/p>\n<p>Le XXe si\u00e8cle aura vu toutes sortes de crimes \u00ad Auschwitz, Hiroshima, g\u00e9nocides \u00ad, mais le seul v\u00e9ritable crime parfait, c&rsquo;est, <strong>selon les termes de Heidegger<\/strong>, <strong>\u00abla seconde chute de l&rsquo;homme, la chute dans la banalit\u00e9\u00bb<\/strong>. Violence meurtri\u00e8re de la banalit\u00e9 qui justement, dans son indiff\u00e9rence et sa monotonie, est la forme la plus subtile d&rsquo;extermination. Un v\u00e9ritable th\u00e9\u00e2tre de la cruaut\u00e9, de notre cruaut\u00e9 \u00e0 nous, compl\u00e8tement d\u00e9dramatis\u00e9e et sans une goutte de sang. Crime parfait en ce qu&rsquo;il efface ses propres traces, mais surtout en ce que, de ce meurtre, <strong>nous sommes \u00e0 la fois les auteurs et les victimes. Tant que cette distinction existe, le crime n&rsquo;est pas parfait. <\/strong>Or, dans tous les crimes historiques que nous connaissons, la distinction est claire. Il n&rsquo;y a que dans le suicide que le meurtrier et la victime se confondent, et dans ce sens, l&rsquo;immersion dans la banalit\u00e9 est bien l&rsquo;\u00e9quivalent d&rsquo;un <strong>suicide de l&rsquo;esp\u00e8ce<\/strong>. Quelque part au c\u0153ur de cette banalit\u00e9 et de son \u00e9v\u00e9nement crucial, nous portons le deuil de cette existence r\u00e9siduelle, de cette incertitude et de cette d\u00e9sillusion.<\/p>\n<p>Il y a, dans toute cette histoire de Loft, quelque chose comme un <strong>travail de deuil collectif qui lie entre eux les criminels que nous sommes tous. Et l\u00e0 est notre vraie corruption, dans la consommation de ce deuil et de cette d\u00e9ception, source d&rsquo;une jouissance contrari\u00e9e. <\/strong>A la lumi\u00e8re de cette promiscuit\u00e9, de cette convivialit\u00e9 truqu\u00e9e, de cette incertitude et de cette d\u00e9sillusion, tout est \u00e0 revoir. Avec Loft Story: l&rsquo;\u00e9vidence de l&rsquo;\u00eatre humain comme \u00eatre social. Avec Catherine Millet: l&rsquo;\u00e9vidence de l&rsquo;\u00eatre humain comme \u00eatre sexuel. Avec le surcro\u00eet de transparence et d&rsquo;information: l&rsquo;\u00e9vidence de la r\u00e9alit\u00e9 tout court. Sexu\u00e9s, certes, nous le sommes (Catherine Millet aussi) mais sexuels? Socialis\u00e9s, nous le sommes (et souvent de force), mais des \u00eatres sociaux? C&rsquo;est \u00e0 voir. R\u00e9alis\u00e9s, oui, mais r\u00e9els? Rien n&rsquo;est moins s\u00fbr.<\/p>\n<p>Tout ceci serait catastrophique, s&rsquo;il y avait une v\u00e9rit\u00e9 du social, une v\u00e9rit\u00e9 du sexuel, une v\u00e9rit\u00e9 du r\u00e9el. Heureusement, ce ne sont que des hypoth\u00e8ses et si elles prennent aujourd&rsquo;hui des formes monstrueuses, <strong>elles n&rsquo;en restent pas moins des hypoth\u00e8ses, <\/strong>\u00e0 jamais inv\u00e9rifiables. La v\u00e9rit\u00e9, si elle existait, ce serait le sexe. Le sexe et le d\u00e9sir seraient le fin mot de l&rsquo;histoire&#8230; mais il n&rsquo;y en a pas. Autant dire que le danger d&rsquo;une op\u00e9ration syst\u00e9matique du social, du r\u00e9el et du sexuel n&rsquo;est lui-m\u00eame que virtuel.<\/p>\n<p>D&rsquo;o\u00f9, l&rsquo;autre question, en guise d&rsquo;interrogation finale: <strong>QUI RIAIT DANS LE LOFT?<\/strong> Dans ce monde immat\u00e9riel sans une trace d&rsquo;humour, quel monstre pouvait bien rire dans les coulisses? Quelle divinit\u00e9 sarcastique pouvait bien rire dans son for int\u00e9rieur? L&rsquo;humain trop humain a d\u00fb se retourner dans sa tombe. Mais comme on sait, les convulsions des hommes servent \u00e0 la distraction des Dieux&#8230; qui ne peuvent qu&rsquo;en rire. Qui fut en d&rsquo;autres lieux une forme de torture exp\u00e9rimentale. Mais ne sommes-nous pas en train d&rsquo;explorer toutes les formes historiques de torture, servies \u00e0 doses hom\u00e9opathiques, en guise de culture de masse ou d&rsquo;avant-garde? C&rsquo;est un des th\u00e8mes principaux de l&rsquo;art contemporain.<\/p>\n<p>(1) Catherine Millet, La Vie sexuelle de Catherine M., Le Seuil, 2001, 104,5 francs (15,93 euros).<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tous t\u00e9l\u00e9-guid\u00e9s Par Jean BAUDRILLARD LIBERATION.FR : mardi 6 mars 2007 Ce texte est paru dans Lib\u00e9ration du 7 septembre 2001 &nbsp; Avec Loft Story, la t\u00e9l\u00e9vision a r\u00e9ussi une op\u00e9ration fantastique de consensualisation dirig\u00e9e, un v\u00e9ritable coup de force, une OPA sur la soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8re \u00ad formidable r\u00e9ussite dans la voie d&rsquo;une t\u00e9l\u00e9morphose int\u00e9grale&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2007\/03\/tous-tele-guides\/\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">Le \u00abLoft\u00bb vaut comme une m\u00e9taphore universelle de l&rsquo;\u00eatre moderne, l&rsquo;homme num\u00e9rique devenu sa propre souris blanche.<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"quote","meta":{"_acf_changed":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[1545,1686,1054,1544],"class_list":["post-652","post","type-post","status-publish","format-quote","hentry","category-non-classe","tag-banalite","tag-catherine-millet","tag-image","tag-television","post_format-post-format-quote","entry"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/652","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=652"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/652\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=652"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=652"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=652"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}