{"id":656,"date":"2007-03-11T22:09:04","date_gmt":"2007-03-11T21:09:04","guid":{"rendered":"http:\/\/historyze.org\/disparates\/2007-03-11\/acte-certitude-angoisse\/"},"modified":"2013-06-21T18:19:31","modified_gmt":"2013-06-21T16:19:31","slug":"acte-certitude-angoisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2007\/03\/acte-certitude-angoisse\/","title":{"rendered":"du transfert de la certitude de l&rsquo;angoisse \u00e0 la certitude de l&rsquo;acte"},"content":{"rendered":"<h4><a href=\"http:\/\/www.lacan.com\/jamsem2.htm\"> Angoisse constitu\u00e9e, angoisse constituante<\/a><\/h4>\n<p>[&#8230;]<\/p>\n<p><strong>La seule th\u00e9orie qui nous int\u00e9resse, c&rsquo;est la th\u00e9orie de la pratique.<\/strong> S&rsquo;agissant du Nom-du-P\u00e8re, s&rsquo;en passer s&rsquo;en servir veut dire exactement, c&rsquo;est au moins ce que je propose ici, <strong>se passer d&rsquo;y croire, tout en s&rsquo;en servant comme d&rsquo;un instrument.<\/strong><\/p>\n<p> Le hiatus de la croyance et de l&rsquo;usage ne recouvre pas mais d\u00e9place celui de la th\u00e9orie et de la pratique. Le hiatus de la croyance et de l&rsquo;usage, \u00e0 vrai dire, est essentiel au structuralisme, \u00e0 toute approche structuraliste. Ce hiatus est au principe m\u00eame de ce que L\u00e9vi-Strauss appelait \u00ab\u00a0le bricolage\u00a0\u00bb, qui consiste \u00e0 r\u00e9utiliser, \u00e0 recycler comme on dit, les produits maintenant d\u00e9shabit\u00e9s des croyances d&rsquo;un autre \u00e2ge. Et le hiatus de la croyance et de l&rsquo;usage est essentiel dans la pratique analytique pour autant que <strong>c&rsquo;est \u00e0 cesser de croire \u00e0 son sympt\u00f4me que le sujet a chance de pouvoir s&rsquo;en servir<\/strong>. Par exemple pour le raconter, ce qui lui vaut \u00e0 l&rsquo;occasion, quand il le raconte bien, d&rsquo;une fa\u00e7on captivante, d&rsquo;\u00eatre nomm\u00e9 AE.<\/p>\n<p>Le chapitre \u00e0 ouvrir est ainsi celui de l&rsquo;<strong>usage des sympt\u00f4mes<\/strong>. On dit \u00ab\u00a0gu\u00e9rir\u00a0\u00bb &#8211; on ajoute, dans un r\u00e9cent best seller, c&rsquo;est dur de le constater, \u00ab\u00a0gu\u00e9rir sans la psychanalyse\u00a0\u00bb &#8211; quand on ne voit dans le sympt\u00f4me qu&rsquo;un dysfonctionnement \u00e0 r\u00e9parer, alors qu&rsquo;<strong>une psychanalyse<\/strong>, au contraire, <strong>permet au sujet de faire usage de ce qui reste d&rsquo;ingu\u00e9rissable de son sympt\u00f4me.<\/strong><\/p>\n<p>On dit, enfin nous disons, \u00ab\u00a0d\u00e9sangoisser\u00a0\u00bb, et \u00e0 juste titre sans doute, car l&rsquo;angoisse, comme disait Lacan, est une affaire foireuse, une affaire qui fait foirer ce que, pour le sujet, il s&rsquo;agit de faire, ce qui fait foirer ses agendas, les choses qu&rsquo;il a \u00e0 faire. Mais il ne s&rsquo;agit l\u00e0, dans ce \u00ab\u00a0d\u00e9sangoisser\u00a0\u00bb, d&rsquo;aucune gu\u00e9rison, d&rsquo;aucun effacement de l&rsquo;angoisse, et je dirais m\u00eame plus pr\u00e9cis\u00e9ment, il ne s&rsquo;agit d&rsquo;aucun retour \u00e0 z\u00e9ro de l&rsquo;angoisse. Le d\u00e9sangoissement du sujet, si je puis dire, ouvre sur les <strong>transformations de l&rsquo;angoisse<\/strong> et il me semble que c&rsquo;est ce qu&rsquo;ont montr\u00e9 les travaux de ces journ\u00e9es que j&rsquo;ai pu \u00e9couter. Ce d\u00e9sangoissement ouvre sur les transformations de l&rsquo;angoisse, <strong>sur le transfert de la certitude qu&rsquo;elle rec\u00e8le \u00e0 l&rsquo;acte qu&rsquo;elle est seule susceptible d&rsquo;autoriser<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;angoisse<\/strong>, j&rsquo;entends l&rsquo;angoisse qui foire et qui fait foirer, on doit en effet <strong>s&rsquo;en passer<\/strong>, mais c&rsquo;est \u00e0 condition de <strong>s&rsquo;en servir<\/strong>. De se servir de l&rsquo;objet qu&rsquo;elle produit comme d&rsquo;un instrument propre \u00e0 nous faire franchir ce qui entrave ce que nous avons \u00e0 faire. L&rsquo;angoisse dont il s&rsquo;agit de se passer, c&rsquo;est &#8211; comme l&rsquo;a indiqu\u00e9 Fran\u00e7ois Leguil dans le premier expos\u00e9 de ces journ\u00e9es &#8211; le d\u00e9veloppement de l&rsquo;angoisse, son <em>Entwicklung<\/em>, son embrouille foireuse dont le sujet reste captif et qui inhibe l&rsquo;acte. Cette angoisse-l\u00e0 est <strong>certitude refus\u00e9e, anticipation et refus de la certitude que produirait l&rsquo;acte.<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;angoisse dont il s&rsquo;agit au contraire de se servir est celle qui fait signe du r\u00e9el. L&rsquo;angoisse qui fait signe du r\u00e9el, il ne s&rsquo;agit pas de la ramener \u00e0 z\u00e9ro, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la ramener \u00e0 l&rsquo;hom\u00e9ostase, pour la simple et excellente raison que c&rsquo;est impossible, que l&rsquo;angoisse est ici le nom du moment o\u00f9, dans le n\u00e9ant de tous les objets du monde, est produit<strong> le <\/strong><em><strong>plus d<\/strong>e<\/em>, cet objet exc\u00e9dentaire qui est en infraction au regard de toute loi de l&rsquo;objectivit\u00e9 et que nous appelons petit <em>a<\/em>.<\/p>\n<p>Nous distinguons deux statuts de l&rsquo;angoisse que je pourrais appeler, pour simplifier, l&rsquo;angoisse constitu\u00e9e et l&rsquo;angoisse constituante.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;angoisse constitu\u00e9e<\/strong>, c&rsquo;est l&rsquo;angoisse dont les descriptions nourrissent ces trait\u00e9s de psychopathologie que l&rsquo;on voudrait faire ingurgiter aux pr\u00e9tendants au titre de psychoth\u00e9rapeute. <strong>C&rsquo;est l&rsquo;angoisse labyrinthique, sans limites, dont le sujet se condamne \u00e0 parcourir le cercle infernal qui le retient de passer \u00e0 l&rsquo;acte<\/strong>. C&rsquo;est cette angoisse, me semble-t-il, que Lacan se proposait de symboliser par la lettre <em>aleph<\/em>, premi\u00e8re de l&rsquo;alphabet h\u00e9breu, et qui est pr\u00e9cis\u00e9ment celle que Cantor avait choisie pour d\u00e9signer l&rsquo;infini, dont il montrait aux math\u00e9maticiens le bon usage dans leur discours. C&rsquo;est une angoisse qui est r\u00e9p\u00e9tition, avec vocation d&rsquo;aller \u00e0 l&rsquo;infini.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;angoisse constituante<\/strong>, c&rsquo;est l&rsquo;angoisse productrice, elle soustraite \u00e0 la conscience. <strong>Elle produit l&rsquo;objet petit <em>a<\/em>, <\/strong>comme nous disons,<strong> dans son paradoxe essentiel, c&rsquo;est-\u00e0-dire elle le produit comme objet perdu. C&rsquo;est pourquoi on ne peut le d\u00e9signer comme objet de l&rsquo;angoisse, qu&rsquo;en passant par la n\u00e9gation : \u00ab\u00a0elle n&rsquo;est pas sans objet\u00a0\u00bb.<\/strong> Ce qu&rsquo;il faut bien voir, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas l&rsquo;objet et puis sa perte, mais <strong>que l&rsquo;objet <em>a<\/em> se constitue comme tel dans sa perte m\u00eame. <\/strong>Si on admet une partition commode, on peut alors dire que c&rsquo;est \u00e0 situer <strong>l&rsquo;angoisse constituante<\/strong> que s&rsquo;attache le s\u00e9minaire de l&rsquo;angoisse, le <em>S\u00e9minaire X<\/em>. <strong>L&rsquo;angoisse est la voie d&rsquo;acc\u00e8s, privil\u00e9gi\u00e9e, \u00e0 l&rsquo;objet petit <em>a<\/em> comme rien.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Disons que l&rsquo;angoisse constitu\u00e9e correspond \u00e0 la prise de cet objet rien dans le fantasme. <\/strong>A quoi le sujet se trouve alors suspendu, paralys\u00e9, dans un <em>fading<\/em> infini, o\u00f9 il fait l&rsquo;exp\u00e9rience douloureuse de sa propre division. C&rsquo;est ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit comme le ph\u00e9nom\u00e8ne de l&rsquo;angoisse, dont je distingue ce que Lacan nous permet de reconstituer d&rsquo;une structure. <strong>L&rsquo;objet rien est ici dans le ph\u00e9nom\u00e8ne de l&rsquo;angoisse la cause d&rsquo;un d\u00e9sir mortel tourn\u00e9 vers le sujet.<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est le m\u00eame objet rien qui peut devenir <strong>la cause de l&rsquo;acte, acte qui comporte toujours un moment de suicide,<\/strong> un moment de mort du sujet. <strong>L&rsquo;objet rien<\/strong>, autour duquel gravite le ph\u00e9nom\u00e8ne de l&rsquo;angoisse, du moins dans cette construction, <strong>dicte le deuil qui est \u00e0 faire de tous les objets, ce deuil o\u00f9 se creuse la place d&rsquo;o\u00f9 le sujet pourra assumer l&rsquo;acte analytique.<\/strong> (&#8230;)<\/p>\n<p><span style=\"font-family: BOOKMAN; font-size: medium;\"><span style=\"font-family: bookman; font-size: small;\">Extrait de l&rsquo;intervention de Jacques-Alain Miller lors des derni\u00e8res Journ\u00e9es d&rsquo;automne de l\u00a0\u00bbECF pour pr\u00e9senter le prochain Congr\u00e8s de l&rsquo;AMP en 2006: <b><em>Le nom-du-p\u00e8re, s&rsquo;en passer, s&rsquo;en servir<\/em>.<\/b><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Angoisse constitu\u00e9e, angoisse constituante [&#8230;] La seule th\u00e9orie qui nous int\u00e9resse, c&rsquo;est la th\u00e9orie de la pratique. S&rsquo;agissant du Nom-du-P\u00e8re, s&rsquo;en passer s&rsquo;en servir veut dire exactement, c&rsquo;est au moins ce que je propose ici, se passer d&rsquo;y croire, tout en s&rsquo;en servant comme d&rsquo;un instrument. 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