{"id":6730,"date":"2011-02-15T22:05:43","date_gmt":"2011-02-15T21:05:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/?p=6730"},"modified":"2023-02-05T15:06:08","modified_gmt":"2023-02-05T14:06:08","slug":"la-sensation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2011\/02\/la-sensation\/","title":{"rendered":"\u201cLa sensation\u201d"},"content":{"rendered":"<p><strong>La sensation.<\/strong> Souvenir m&rsquo;en est revenu dimanche soir. J&rsquo;avais pass\u00e9 le week-end \u00e0 la retranscription du cours de Jacques-Alain Miller. J&rsquo;\u00e9tais un peu vid\u00e9e. Contente, mais dans le doute, comme je peux l&rsquo;\u00eatre \u00e0 chaque fois que j&rsquo;ai pass\u00e9 \u00ab\u00a0trop\u00a0\u00bb de temps \u00e0 quelque chose. Je voulais me remettre \u00e0 la s\u00e9ance psy du lendemain, retourner, r\u00e9investir \u00e7a, l&rsquo;analyse.<\/p>\n<p>Comme je pensais aux derniers mots du <a href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/02\/cours-de-jacques-alain-miller-du-9-fevrier-2011\/\">dernier cours de Miller, sur la jouissance f\u00e9minine<\/a>, je me suis souvenue de la sensation que j\u2019avais d\u00e9crite \u00e0 G (l\u2019analyste rencontr\u00e9 au moment de mon arriv\u00e9e \u00e0 Paris). Il \u00a0m&rsquo;avait r\u00e9pondu\u00a0: \u00a0\u00ab\u00a0C&rsquo;est un tr\u00e8s bel exemple, une tr\u00e8s belle description de jouissance f\u00e9minine, ce dont vous me parlez l\u00e0\u00a0\u00bb. <span style=\"text-decoration: line-through;\">Je n&rsquo;avais pas \u00e9t\u00e9 vraiment convaincue, pensant que la jouissance f\u00e9minine, c&rsquo;\u00e9tait ce dont, justement,\u00a0 on ne pouvait pas parler.<\/span><\/p>\n<p>Ce dont il s&rsquo;agit.<\/p>\n<p><strong>Enfant, j&rsquo;ai beaucoup manqu\u00e9 l&rsquo;\u00e9cole.<\/strong> Je simulais la <strong>maladie <\/strong>en faisant augmenter artificiellement la temp\u00e9rature du thermom\u00e8tre. Des <strong>otites <\/strong>m&rsquo;\u00e9taient \u00e0 chaque fois diagnostiqu\u00e9es et, maintenant que j&rsquo;y pense, des <strong>angines (blanches)<\/strong>. Je devais alors rester \u00e0 la maison &#8211; en g\u00e9n\u00e9ral une semaine. J&rsquo;\u00e9tais autoris\u00e9e \u00e0 m&rsquo;installer, \u00e0 m&rsquo;aliter,\u00a0 dans le lit de mes parents, <strong>\u00e0 la place de ma m\u00e8re<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Parfois, tout d&rsquo;un coup, \u00e7a venait.<\/strong> \u00c7a s&rsquo;annon\u00e7ait par une sorte de sensation de ralentissement du temps. Il me semblait que<strong> j&rsquo;entendais le temps ralentir<\/strong>. Tout me semblait aller plus lentement. Rien ne bougeait dans la chambre, mais le temps -m\u00eame des objets inertes- m&rsquo;apparaissait. Je l&rsquo;entendais, ralenti. Le son de la pr\u00e9sence des choses m&rsquo;apparaissait, lent. Alors, couch\u00e9e sur le dos, les yeux ferm\u00e9s ou ouverts, des parties de mon corps s&rsquo;allongeaient, s&rsquo;\u00e9loignaient de moi, allaient loin, tr\u00e8s loin, et gonflaient. La sensation \u00e9tait si curieuse que je me suis souvent risqu\u00e9e \u00e0 la v\u00e9rifier, \u00e0 la tester &#8211; me disant qu&rsquo;elle dispara\u00eetrait alors, mais non, je pouvais, presque \u00e0 volont\u00e9, en faire l&rsquo;\u00e9preuve, sur une partie au choix de mon corps. Mes pens\u00e9es se poursuivaient, au ralenti, j&rsquo;observais, j&rsquo;\u00e9tais dans l&rsquo;infini, calme, dans un espace noir et infini.<\/p>\n<p>J&rsquo;avais demand\u00e9 \u00e0 ma m\u00e8re si elle connaissait \u00e7a, elle m&rsquo;avait r\u00e9pondu que c&rsquo;\u00e9tait probablement d\u00fb \u00e0 la fi\u00e8vre. Comme je savais que je n&rsquo;en n&rsquo;avais pas, j&rsquo;en avais conclu qu&rsquo;elle ne connaissait pas.<\/p>\n<p><del>Lors de la derni\u00e8re s\u00e9ance, lundi, quand je raconte \u00e7a, je me souviens, je me rends compte, que j&rsquo;\u00e9tais alors dans la chambre de mes parents\u00a0 chambre sous les combles, au m\u00eame niveau donc que celui de<a href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2011\/02\/cette-piece-a-ete-videe\/\"> la chambre blanche dont il \u00e9tait question dans un pr\u00e9c\u00e9dent r\u00eave &#8211; la chambre vid\u00e9e et devant \u00eatre maintenue vide<\/a>&#8230;\u00a0<\/del><\/p>\n<p>Comme je racontais cette sensation au docteur G, le psychiatre qui me fait mes prescriptions d&rsquo;antid\u00e9presseurs et que je vois une fois par mois, il me lan\u00e7a :\u00a0 <strong>\u00ab\u00a0C&rsquo;est \u00e7a, vous \u00eates une usurpatrice\u00a0\u00bb<\/strong>. Oui, cela fait partie du rapport \u00e0 ma m\u00e8re, ce sentiment d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 trop aim\u00e9e par mon p\u00e8re. Mais, dis-je \u00e0 l&rsquo;analyste, ce n&rsquo;est pas de \u00e7a dont je voulais parler. Ce dont je voulais parler c&rsquo;est<strong>\u00a0<\/strong><strong>de<\/strong><strong> cette identification, ce collage, cette <\/strong><em><strong>r\u00e9p\u00e9tition<\/strong><\/em><strong> d&rsquo;elle<\/strong>. Par ailleurs, le mot du docteur G \u00e9tait juste. Je ne trouve pas ma place, de penser que je l&rsquo;usurpe. C&rsquo;est l&rsquo;histoire de ma vie. Mais \u00e7a n&rsquo;explique pas l&rsquo;angoisse qui m&rsquo;\u00e9treint aujourd&rsquo;hui d\u00e8s que je suis en sa pr\u00e9sence.<\/p>\n<p><strong>Une autre chose m&rsquo;est revenue &#8211; mon p\u00e8re \u00e9tait toujours en vie -,<\/strong> je parlais avec ma m\u00e8re en voiture, j&rsquo;\u00e9tais seule avec elle, elle conduisait, j&rsquo;\u00e9tais \u00e0 ladite place du mort et j&rsquo;ai pens\u00e9\u00a0 <strong>\u00ab\u00a0\u00e7a devrait toujours \u00eatre comme \u00e7a\u00a0\u00bb (seule avec ma m\u00e8re)<\/strong>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La sensation. Souvenir m&rsquo;en est revenu dimanche soir. J&rsquo;avais pass\u00e9 le week-end \u00e0 la retranscription du cours de Jacques-Alain Miller. J&rsquo;\u00e9tais un peu vid\u00e9e. Contente, mais dans le doute, comme je peux l&rsquo;\u00eatre \u00e0 chaque fois que j&rsquo;ai pass\u00e9 \u00ab\u00a0trop\u00a0\u00bb de temps \u00e0 quelque chose. Je voulais me remettre \u00e0 la s\u00e9ance psy du lendemain,&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2011\/02\/la-sensation\/\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">\u201cLa sensation\u201d<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[647],"tags":[2109,662,843,659,2064,643,652],"class_list":["post-6730","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-un-treillis-sur-la-mer","tag-absence","tag-blanc","tag-double","tag-jouissance-feminine","tag-maladie","tag-mere","tag-temps","entry"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6730","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6730"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6730\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6730"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6730"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6730"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}