{"id":6883,"date":"2011-05-17T21:40:15","date_gmt":"2011-05-17T20:40:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/?p=6883"},"modified":"2011-05-24T22:32:16","modified_gmt":"2011-05-24T21:32:16","slug":"joyce-le-symptome-i-extrait","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2011\/05\/joyce-le-symptome-i-extrait\/","title":{"rendered":"JOYCE LE SYMPTOME, I &#8211; extrait"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>\u00ab\u00a0C\u2019est bien ce qui se constate dans ce qui fait de Joyce le sympt\u00f4me,<strong> le sympt\u00f4me pur de ce qu\u2019il en est du rapport au langage, en tant qu\u2019on le r\u00e9duit au sympt\u00f4me <\/strong>\u2013 \u00e0 savoir, \u00e0 ce qu\u2019il a pour effet, quand cet effet on ne l\u2019analyse pas\u00a0\u2013 je dirai plus, qu\u2019on s\u2019interdit de jouer d\u2019aucune des \u00e9quivoques qui \u00e9mouvrait l\u2019inconscient chez quiconque.<\/p>\n<p>Si le lecteur est fascin\u00e9, c\u2019est de ceci que, conform\u00e9ment \u00e0 ce nom qui fait \u00e9cho \u00e0 celui de Freud, apr\u00e8s tout, Joyce a un rapport \u00e0 <em>joy<\/em>, la jouissance, s\u2019il est \u00e9crit dans lalangue qui est l\u2019anglaise\u00a0\u2013 <strong>que cette jouasse, cette jouissance est la seule chose que de son texte nous puissions attraper. L\u00e0 est le sympt\u00f4me. <\/strong>Le sympt\u00f4me en tant que rien ne le rattache \u00e0 ce qui fait lalangue elle-m\u00eame dont il supporte cette trame, ces stries, ce tressage de terre et d\u2019air dont il ouvre <em>Chamber music<\/em>, son premier livre publi\u00e9, livre de po\u00e8mes.<strong> Le sympt\u00f4me est purement ce que conditionne lalangue<\/strong>, mais d\u2019une certaine fa\u00e7on,<strong> Joyce le porte<em> <\/em>\u00e0 la puissance du langage<\/strong>, sans que pour autant rien n\u2019en soit analysable, c\u2019est ce qui frappe, et litt\u00e9ralement interdit\u00a0\u2013 au sens o\u00f9 l\u2019on dit\u00a0\u2013 je reste interdit.<\/p>\n<p>Qu\u2019on emploie le mot <em>interdire<\/em> pour dire <em>stup\u00e9faire<\/em> a toute sa port\u00e9e. C\u2019est l\u00e0 ce qui fait la substance de ce que Joyce apporte, et par quoi d\u2019une certaine fa\u00e7on, la litt\u00e9rature ne peut plus \u00eatre apr\u00e8s lui ce qu\u2019elle \u00e9tait avant.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas pour rien que <em>Ulysse<\/em> aspire, aspire un quelque chose d\u2019hom\u00e9rique, bien qu\u2019il n\u2019y ait pas le moindre rapport, quoique Joyce ait lanc\u00e9 les commentateurs sur ce terrain, entre ce qui se passe dans <em>Ulysse<\/em> et ce qu\u2019il en est de <em>l\u2019Odyss\u00e9e<\/em>. Assimiler Stephen Dedalus \u00e0 T\u00e9l\u00e9maque\u2026 On se casse la t\u00eate \u00e0 porter le faisceau du commentaire sur <em>l\u2019Odyss\u00e9e<\/em>. Et comment dire que Bloom soit en quoi que ce soit, pour Stephen, qui n\u2019a rien \u00e0 faire avec lui, sauf de le croiser de temps en temps dans Dublin, son p\u00e8re\u00a0?\u00a0\u2013 <strong>Si ce n\u2019est que d\u00e9j\u00e0 Joyce pointe, et se trouve d\u00e9noter que toute la r\u00e9alit\u00e9 psychique, c\u2019est-\u00e0-dire le sympt\u00f4me,<\/strong> d\u00e9pende, au dernier terme, d\u2019une structure o\u00f9 le Nom-du-P\u00e8re est un \u00e9l\u00e9ment inconditionn\u00e9.<\/p>\n<p>&#8230;<\/p>\n<p>C\u2019est en tant que l\u2019inconscient se noue au sinthome, qui est ce qu\u2019il y a de singulier chez chaque individu, qu\u2019on peut dire que Joyce, comme il est \u00e9crit quelque part, s\u2019identifie \u00e0 <em>l\u2019individual<\/em>. Il est celui qui se privil\u00e9gie d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 au point extr\u00eame pour incarner en lui le sympt\u00f4me, ce par quoi il \u00e9chappe \u00e0 toute mort possible, de s\u2019\u00eatre r\u00e9duit \u00e0 une structure qui est celle m\u00eame de lom, si vous me permettez de l\u2019\u00e9crire tout simplement d\u2019un <em>l.o.m.<\/em><\/p>\n<p><em>&#8230;<\/em><\/p>\n<p>Ce faisant j\u2019introduis quelque chose de nouveau, qui rend compte non seulement de la limitation du sympt\u00f4me, mais de ce qui fait que c\u2019est de se nouer au corps, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 l\u2019imaginaire, de se nouer aussi au r\u00e9el, et comme tiers \u00e0 l\u2019inconscient, que le sympt\u00f4me a ses limites. C\u2019est parce qu\u2019il rencontre ses limites qu\u2019on peut parler du n\u0153ud, qui est quelque chose qui assur\u00e9ment se chiffonne, peut prendre la forme d\u2019un peloton, mais qui, une fois d\u00e9pli\u00e9, garde sa forme\u00a0\u2013 sa forme de n\u0153ud\u00a0\u2013 et du m\u00eame coup son ex-sistence.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<div>\n<div>\n<p>Conf\u00e9rence donn\u00e9e par J. Lacan dans le grand amphith\u00e9\u00e2tre de la Sorbonne  le 16 juin 1975 \u00e0 l\u2019ouverture du 5e Symposium international James  Joyce. Texte \u00e9tabli par Jacques-Alain Miller, \u00e0 partir des notes d\u2019\u00c9ric  Laurent. L\u2019\u00e2ne, 1982, n\u00b0 6.\u00a0 <em>Joyce avec Lacan<\/em>, Paris, Navarin, coll. \u00ab\u00a0Biblioth\u00e8que des Analytica\u00a0\u00bb,\u00a01987.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0C\u2019est bien ce qui se constate dans ce qui fait de Joyce le sympt\u00f4me, le sympt\u00f4me pur de ce qu\u2019il en est du rapport au langage, en tant qu\u2019on le r\u00e9duit au sympt\u00f4me \u2013 \u00e0 savoir, \u00e0 ce qu\u2019il a pour effet, quand cet effet on ne l\u2019analyse pas\u00a0\u2013 je dirai plus, qu\u2019on s\u2019interdit de&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2011\/05\/joyce-le-symptome-i-extrait\/\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">JOYCE LE SYMPTOME, I &#8211; extrait<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[44],"tags":[727,728,734,706],"class_list":["post-6883","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-psychanalyse","tag-joyce","tag-langage","tag-lom","tag-symptome","entry"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6883","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6883"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6883\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6883"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6883"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6883"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}