{"id":7662,"date":"2011-08-13T17:42:49","date_gmt":"2011-08-13T16:42:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/?p=7662"},"modified":"2024-10-25T18:15:39","modified_gmt":"2024-10-25T16:15:39","slug":"baptiste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2011\/08\/baptiste\/","title":{"rendered":"1. BAPTISTE*"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/mantegnatryptique.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"7837\" data-permalink=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2011\/08\/baptiste\/mantegnatryptique\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/mantegnatryptique.jpg?fit=1904%2C1374&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"1904,1374\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"Andrea Mantegna (Isola di Carturo, vers 1431 &amp;#8211; Mantoue, 1506) La Crucifixion, dite Le Calvaire\" data-image-description=\"&lt;p&gt;Andrea Mantegna (Isola di Carturo, vers 1431 &amp;#8211; Mantoue, 1506)&lt;br \/&gt;\nLa Crucifixion, dite Le Calvaire&lt;\/p&gt;\n\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/mantegnatryptique.jpg?fit=418%2C301&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/mantegnatryptique.jpg?fit=940%2C677&amp;ssl=1\" class=\"alignnone size-large wp-image-7837\" title=\"Andrea Mantegna (Isola di Carturo, vers 1431 - Mantoue, 1506) La Crucifixion, dite Le Calvaire\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/mantegnatryptique.jpg?resize=717%2C517&#038;ssl=1\" alt=\"Andrea Mantegna (Isola di Carturo, vers 1431 - Mantoue, 1506) La Crucifixion, dite Le Calvaire\" width=\"717\" height=\"517\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/mantegnatryptique.jpg?resize=1024%2C738&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/mantegnatryptique.jpg?resize=150%2C108&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/mantegnatryptique.jpg?resize=418%2C301&amp;ssl=1 418w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/mantegnatryptique.jpg?w=1904&amp;ssl=1 1904w\" sizes=\"(max-width: 717px) 100vw, 717px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Une certaine entr\u00e9e, rue de Vercing\u00e9torix. A v\u00e9rifier. Peut-\u00eatre.<\/p>\n<p>Avec le temps, j&rsquo;\u00e9tais all\u00e9e.<\/p>\n<p>Elle s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9veill\u00e9e, ce matin-l\u00e0, rideaux ouverts, se demandant, s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas plus simple que \u00e7a, d&rsquo;\u00eatre femme. Dans le lever, marcher dans l&rsquo;espace dont quelques chiffres sont donn\u00e9s, connus : quatre m\u00e8tres sur cinq, hauteur six. Quatre fois cinq fois six, \u00e9gale cent-vingt m\u00e8tres cube &#8211; chiffre d&rsquo;apparence anodine, qui de rester en laisse en cette histoire ne devrait \u00eatre cru laiss\u00e9-pour-compte. Dont il est impossible de dire, d\u00e8s ce premier abord, s&rsquo;il restera diviseur &#8211; et re\u00e7ue la portion congrue, tout \u00e9tait parti de l\u00e0, tout d&rsquo;elle, et ce matin sans hasard reprenait bien lointain matin, un bien lointain matin. Ou s&rsquo;il deviendra quotient &#8211; 1, 2, 0, la faisant devenue, revenue. D&rsquo;\u00e9vidence toujours dividende &#8211; avec sa c\u00e9sure\u00a0 y jouant office de centre, d&rsquo;o\u00f9 il rena\u00eet toujours inlassablement, parcouru d&rsquo;invisibles ouvertures sur l&rsquo;infini. Et je ne sais comment il pourrait, il m&rsquo;aurait, laiss\u00e9e en reste, comme si aucune jamais division n&rsquo;aurait plus lieu, et qu&rsquo;elle, que je, me flatterais de rester indivisible. Sp\u00e9culations.<\/p>\n<p>Couloirs. Glissades. Quand est-ce que\u00a0 \u00e7a avait commenc\u00e9? Est-ce qu&rsquo;il\u00a0 ne semblait pas que beaucoup de choses avaient chang\u00e9, et c&rsquo;\u00e9tait sans inqui\u00e9tude. Elle allait la t\u00eate la premi\u00e8re &#8211; c&rsquo;est une image. La t\u00eate la premi\u00e8re avan\u00e7ait dans l&rsquo;inconnu. Encore une image : la t\u00eate la premi\u00e8re \u00ab\u00a0fourrageait\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Nous pourrions devenir fourmis&#8230; Comme l&rsquo;herbe est haute et belle et verte, j&rsquo;aper\u00e7ois le ciel, je ne sais pas quand la prairie s&rsquo;arr\u00eate et o\u00f9 commence le champ aux bl\u00e9s d&rsquo;or, celui \u00e0 la danse si diff\u00e9rente, je suis une tr\u00e8s grande fourmi, je vois beaucoup de choses, j&rsquo;ai de tr\u00e8s bons yeux, aujourd&rsquo;hui le ciel est radieux, c&rsquo;est le matin et la ros\u00e9e s\u00e8che lentement, s&rsquo;il a fait mauvais hier, je n&rsquo;en sais rien, je suis une fourmi, grande oui, mais une grande fourmi reste petite&#8230;<\/p>\n<p>Couloirs, glissades, allez va ma t\u00eate, ma douce, fourrage. Ajouter que ce fourragement de la t\u00eate semble se faire dans un vagin.<\/p>\n<p>Les \u00e9pis de bl\u00e9s d&rsquo;or, inconnus \u00e0 la fourmi. La fourmi avance dans l&rsquo;oubli.<\/p>\n<p>Comme tu avancerais, \u00e9cartant des mains, des bras, des jambes, du corps, de souples rideaux de velours couleurs de l&rsquo;automne, tu connais ces noirs, ces bleus, ces rouilles violettes, tu avances dans la moire, tout est velours. Tu es bien. Ces rideaux, comme les cheveux d&rsquo;une femme que tu ne connais pas, sans les dangers.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><span style=\"background-color: var(--global--color-background); color: var(--global--color-primary); font-size: var(--global--font-size-base);\">A l&rsquo;instant te revient \u00e0 la m\u00e9moire ce marron arriv\u00e9 entre tes doigts, dans une cour d&rsquo;\u00e9cole aux pav\u00e9s gris et aux murs jaunes, ce marron que tu as frott\u00e9 \u00e0 ta cuisse, sur le pantalon ou la jupe, tu ne savais ce que tu faisais, cela peut \u00eatre appel\u00e9 intuition, tu as d\u00e9couvert le myst\u00e8re de la couleur et de la mati\u00e8re et l&rsquo;implication \u00e9trange o\u00f9 tu te trouvais par rapport \u00e0 elles.<\/span><\/p>\n<p>Tu aurais ferm\u00e9 les yeux, tout est blanc. Que s&rsquo;ajoutent au lointain les carillons d&rsquo;une chapelle que tu sais gothique. Il s&rsquo;agit peut-\u00eatre de parler d&rsquo;\u00e9merveillement, de stupeur.<\/p>\n<p>L&rsquo;image de la t\u00eate la premi\u00e8re dans un vagin, suspecte, la jeune femme aux allures moyen\u00e2geuses r\u00e9ellement glissait de pied en cap dans des couloirs, et ces couloirs n&rsquo;avaient rien de gluant ou autre&#8230;<\/p>\n<p>La fourmi ne sait pas qu&rsquo;elle est fourmi.<\/p>\n<p>Le\u00a0 vagin est rondeurs et courbes. Qui en elles-m\u00eames ne m\u00e8nent nulle part, d&rsquo;o\u00f9 viennent-elles? Il, le vagin, se prolonge. Le vagin, en ce qu&rsquo;il enferme de vide avant de p\u00e9n\u00e9trer l&rsquo;inconnu, l\u00e0 o\u00f9 un autre corps, morceau de corps peut le rejoindre, est doux.<\/p>\n<p>Et de voir cette fourmi avancer, aussi a quelque chose de doux.<\/p>\n<p>Doux le vagin? Le grain de sa peau. Le con, \u00e9lastique, ferme et mat\u00e9riel. Son caract\u00e8re, ses humeurs. Le dedans. Dont elle \u00e9tait le hors.<\/p>\n<p>Jeune femme pour l&rsquo;instant, glissait, on peut s&rsquo;avancer jusqu&rsquo;\u00e0 dire : marchait, dans des couloirs tr\u00e8s naturels, non qu&rsquo;un vagin ne le soit, naturel, mais on n&rsquo;avance pas beaucoup dans des vagins, n\u00e9anmoins je garde l&rsquo;image : la t\u00eate la premi\u00e8re dans un accueillant vagin, telle \u00e9tait sa d\u00e9ambulation dans ces couloirs qui n&rsquo;avaient rien d&rsquo;\u00e9tonnant.<\/p>\n<p>La danse de la prairie, la danse des \u00e9pis de bl\u00e9. Le vent dans l&rsquo;herbe, entre les \u00e9pis. Les tapis de couleurs, folie dans les longs \u00e9pis, o\u00f9 nagent, s&#8217;embrassent ivres, le vent, le soleil; comme sagesse dans la prairie, o\u00f9 vent et soleil se jouent, s&rsquo;entrecroisent, m\u00e9ticuleux, rient du plaisir de se rencontrer dans le d\u00e9tail, la finesse. Un \u00e9clat de verre, malgr\u00e9 la terre, souvenir d&rsquo;un tr\u00e9sor, miroite des secrets. Les nuages \u00e9pousset\u00e9s par le vent, la force tranquille du soleil, mon regard.<\/p>\n<p>Couloirs. Glissades. Quelle musique? Quelle lumi\u00e8re? Apparemment seule. Apparition solitaire. Elle \u00e9mergeait au corps \u00e0 chaque instant. Un travail de forge. Comme ces figurines de Giacometti, celles aux pieds joints. Suspendues dans l&rsquo;\u00eatre-corps. Mais il \u00e9tait dans son pouvoir de s&rsquo;\u00e9crouler, d&rsquo;\u00eatre au sol, d&rsquo;essayer l&rsquo;assis, le coucher. Elle pourrait jouir. D\u00e8s qu&rsquo;elle pourra se permettre de disperser son attention, elle pourra jouer, de toutes les positions. Les mouvements, les d\u00e9placements. D&rsquo;air aussi. D&rsquo;elle vers eux, en eux, par-dessus eux, sa voix va s&rsquo;\u00e9largir, s&rsquo;\u00e9pandre encore, au-del\u00e0, depuis mon silence, je t&rsquo;aime. Comme l&rsquo;esp\u00e9rance est violente. Et me dit mentante.<\/p>\n<p>Je tente cela : distinguer l&rsquo;espace entre les nuages et la prairie, l\u00e0 o\u00f9 le regard se permet tous les naufrages &#8211; le dessein. D&rsquo;ici c&rsquo;est possible. Et c&rsquo;est mon corps qui en trouve la vie. Merci. Je m&rsquo;ouvre. L&rsquo;\u00e9cart\u00e8lement propice.<\/p>\n<p>Couloirs, lieux de passage, l\u00e0, elle se parlait \u00e0 elle-m\u00eame, se murmurait, s&rsquo;est bue goulue, so\u00fbl\u00e9e, enivr\u00e9e, berc\u00e9e de tendre.<\/p>\n<p>Avec le temps, je m&rsquo;en allais, j&rsquo;\u00e9tais heureuse. Sans enfant dans le ventre.\u00a0 Toute dans ton \u0153il. Son \u0153il. Il n&rsquo;y aurait sans doute plus qu&rsquo;un seul probl\u00e8me \u00e0 r\u00e9gler. Se confondait avec l&rsquo;\u0153il. Et le temps \u00e9tait avec moi. M&rsquo;offrirait tout.<\/p>\n<p>De l&rsquo;ext\u00e9rieur, je vois : Toute dans ton \u0153il, son \u0153il, mais quel \u0153il? Oh! j&rsquo;\u00e9tais pleine de confiance, sinon je ne\u00a0 serais pas arriv\u00e9e dans ces couloirs.<\/p>\n<p>Et dans un souvenir \u00e0 l&rsquo;allure ind\u00e9cise, h\u00e9sitante : la souris. Aurais-je ailleurs\u00a0 parl\u00e9 de fourmi? sotte j&rsquo;\u00e9tais, oubliez, d&rsquo;une souris bien s\u00fbr qu&rsquo;il s&rsquo;agit. Elle est fatigu\u00e9e. Se couche sur le flanc. Elle est couch\u00e9e.<\/p>\n<p>Son \u0153il rouge, parce qu&rsquo;elle est blanche, laisse \u00e9chapper une larme, ses silences souricieux hurlent : Oh rat, oh grand rat, oh terrible rat, mange-moi.<\/p>\n<p>Mais le rat passe, indiff\u00e9rent. Il s&rsquo;est repu ailleurs d&rsquo;autres roses chairs.<\/p>\n<p>Le c\u0153ur de la\u00a0 souris, bat, bat, bat, sous sa peau \u00e0 poils. Il lui faudra du temps pour r\u00e9cup\u00e9rer.<\/p>\n<p>La coupe quand elle est pleine. Il tord\u00a0 une serpilli\u00e8re imbib\u00e9e de rouge. L&rsquo;homme qui nettoie. A laiss\u00e9 la\u00a0 fen\u00eatre ouverte, se penche sur un seau. Ne se sait observ\u00e9, par un enfant.<\/p>\n<p>La coupe. Le sang.<\/p>\n<p>Une coupe sur un autel. Un goutte \u00e0 goutte. Plafond perc\u00e9. Goutte \u00e0 goutte. Comme ailleurs une \u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s, mais l\u00e0, le goutte \u00e0 goutte goutte. De sang. L&rsquo;\u00e9p\u00e9e n&rsquo;est jamais tomb\u00e9e. D\u00e9bordera, d\u00e9bordera pas? A boire, quand pleine. Bat le sang.<\/p>\n<p>Jouissance.<\/p>\n<p>Un autel. Une chapelle. Tu y p\u00e9n\u00e8tres, cette lumi\u00e8re. Tes souvenirs se teintent de pigments inconnus m\u00eal\u00e9s de poussi\u00e8res. Tu crois aimer cette particuli\u00e8re suspension de l&rsquo;air, les volumes translucides qu&rsquo;ici il re\u00e7oit et dont ton regard caresse au passage les diagonales, pour se poser sur l&rsquo;autel. Tu remercies le ciel, rien ne s&rsquo;arr\u00eate. Tu es assise tr\u00e8s proche du sol, les chaises sont basses. Tu r\u00eaves d&rsquo;un amour. Bien s\u00fbr le long du mur, des confessionnaux. Et cette chapelle est pleine du dehors. Tu renonces au repos, malgr\u00e9 cela tu t&rsquo;agenouilles, tu pries l&rsquo;humilit\u00e9. Ces derniers instants qu&rsquo;enfantine tu t&rsquo;accordes. Tu sais la vie vaste, comme tu sais au dehors toujours\u00a0 le ch\u00e2teau sur la colline, et aussi le serein cimeti\u00e8re qu&rsquo;\u00e0 plaisir tu pr\u00e9vois de traverser, tout \u00e0 l&rsquo;heure, une derni\u00e8re fois. Je sors. Dans les landes je crie un nom. Comment t&rsquo;appelais-tu?<\/p>\n<p>Les couloirs, les trou\u00e9es engorg\u00e9es les jours de pleurs.<\/p>\n<p>Un certain temps, elle avait couru dans des couloirs, en cet instant peut-\u00eatre. Toutes les humeurs.<\/p>\n<p>Dans un de ses sommeils, elle \u00e9tait pass\u00e9e \u00e0 travers une porte &#8211; une de celles qui\u00a0 trouaient, les fermant ces couloirs. Apr\u00e8s la porte, avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert, l&rsquo;espace. Confin\u00e9. De trois sur quatre, hauteur trois. Les dimensions ne seront pas toujours mentionn\u00e9es, d&rsquo;ailleurs pas toujours connues. L\u00e0, trois, quatre, trois. Deux joueurs de d\u00e9s. Assis \u00e0 terre. Souvenir d&rsquo;un crucifi\u00e9, \u00e9clair du souvenir, dans ses yeux. La\u00a0 porte s&rsquo;est referm\u00e9e seule. Deux beaux joueurs de d\u00e9s, assis au sol. Deux d\u00e9s au sol, jet\u00e9s. Six, quatre. Faces d&rsquo;ivoire, pointill\u00e9es d&rsquo;\u00e9b\u00e8ne, deux carr\u00e9s, six, quatre, dix. Frisson. Traverser la pi\u00e8ce, coup de vent, regard fen\u00eatre, barreaux noirs. Sortir, fr\u00f4ler l&rsquo;un des joueurs. Y retournerait. Cette impression. Oui, deux hommes.<\/p>\n<p>Galope une souris blanche, voyez sa h\u00e2te, elle n&rsquo;est pas cheval, ne peut d&rsquo;une ruade presque au hasard, sortir du corps, d\u00e9vier, l&rsquo;exasp\u00e9ration, chanter.<\/p>\n<p>Quelle est la couleur de la chair? Pourquoi, m&rsquo;a-t&rsquo;on indiqu\u00e9 quand j&rsquo;\u00e9tais petite de colorier en rose tout ce qui d\u00e9passe des v\u00eatements. Quelle est la couleur de la chair?<\/p>\n<p>Que dessine un enfant qui ne sait pas dessiner?<\/p>\n<p>L&rsquo;angoisse de ce rose.<\/p>\n<p>La fourmi rencontre une tache de couleur fra\u00eeche. Elle y trempe avec d\u00e9licatesse et attention, l&rsquo;une de ses pattes. Elle fr\u00e9mit, se p\u00e2me, la jouissance est proche. Voil\u00e0 la fourmi questionn\u00e9e. Elle se d\u00e9tourne de la tache en boitillant. Peut-\u00eatre perdra-t-elle sa patte. Mais elle retourne \u00e0 ses occupations, le regard ailleurs. Pr\u00eat \u00e0 se\u00a0 perdre. La couleur de la tache : baccara, du nom de cette rose \u00e0 la couleur infernale.<\/p>\n<p>Dans de ces plus-tards, alourdis, attrist\u00e9s d&rsquo;oublis, on la verra, au coin du feu, tricoter la souris,\u00a0 elle aura mis ses lunettes, elle est impayable. Elle se dira\u00a0 : \u00ab\u00a0Ah! s&rsquo;il m&rsquo;avait tu\u00e9e, s&rsquo;il avait accompli mon destin.\u00a0\u00bb Il lui restera toujours \u00e0 traverser la d\u00e9sillusion. Quelle vie.<\/p>\n<p>Possible que les femmes ne jouent pas?\u00a0 Un soir j&rsquo;ai entendu un homme, il avait tout l&rsquo;air d&rsquo;un homme en tout cas &#8211;\u00a0 \u00e7a peut pas tromper, l&rsquo;air &#8211; puis, il jouait, jouait aux d\u00e9s avec d&rsquo;autres hommes, il a dit : \u00ab\u00a0Les femmes, faut pas jouer avec les femmes. Les femmes, \u00e7a\u00a0 perturbent les tables de jeux.\u00a0\u00bb Lancer le d\u00e9, interroger le hasard, s&rsquo;interroger. Mais qu&rsquo;avais-je moi, \u00e0 interroger, ne savais-je d\u00e9j\u00e0? Le sort r\u00e9gl\u00e9.<\/p>\n<p>Je ne hasardais pas les jeux qui m&rsquo;auraient d\u00e9sign\u00e9e gagnante ou perdante. Sans mesure. Je choisissais les hommes qui perdraient \u00e0 ma place. Je n&rsquo;avais jamais jou\u00e9 jusque-l\u00e0. Elle n&rsquo;avait jamais jou\u00e9 jusque-l\u00e0.\u00a0 Sinon aux jeux du masque, \u00e0 l&rsquo;insu. Mais le masque ne joue que le masque. Je surjoue. Tu me tiens entre les doigts, je suis heureuse, poussi\u00e8re. Cherchent leur corps dans les yeux de l&rsquo;autre. Sont jou\u00e9es, rient, d&rsquo;\u00e9nervement, de plaisir. D\u00e8s que je croise un homme, le rouge me monte aux joues, je ne suis plus moi-m\u00eame.<\/p>\n<p>Je suis ce que je traverse. Et ce qui traverse ce qui est travers\u00e9. Qui suis-je?<\/p>\n<p>S&rsquo;\u00e9tait r\u00e9veill\u00e9e ce matin-l\u00e0, se demandant s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas plus simple que \u00e7a, d&rsquo;\u00eatre une femme. Lever, aller et venues dans cet espace, merveille, robe encore de nuit, nudit\u00e9 sous-jacente, pas l\u00e9gers ou lourds, \u00e0 l&rsquo;avenant, si le bonheur n&rsquo;\u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 pas aux femmes.<\/p>\n<p>Cette sottise. Une Reine \u00e9tait ailleurs. Avec son Roi quelque part. Deux tr\u00f4nes. Salle du tr\u00f4ne. Du r\u00e8gne. Tr\u00e8s grande salle. Oh la. Sol carrel\u00e9, conventionnel. Tapisseries. Du peuple en rangs. Odeur d&rsquo;imb\u00e9cillit\u00e9, de noblesse. Deux grands personnages. Le fou tient son r\u00f4le de fou. Il sait que la Reine \u00e9tait triste ce matin. La Reine ne s&rsquo;est pas encore montr\u00e9e vraiment cruelle. Y a pas longtemps qu&rsquo;elle est mont\u00e9e sur le tr\u00f4ne, elle le\u00a0 voulait. Elle l&rsquo;a voulu.<\/p>\n<p>Mais ces joueurs qu&rsquo;avaient-ils \u00e9veill\u00e9 en moi? N&rsquo;avaient-ils pas senti la terre trembler, vu les femmes pleurer? L&rsquo;orage, ses \u00e9clairs, battre le ciel, la terre. Le d\u00e9cha\u00eenement \u00e0 l&rsquo;unisson. Des soldats.<\/p>\n<p>En armure, sur pied de guerre, leur lances \u00e0 port\u00e9e de main, au sol, lan\u00e7aient le d\u00e9. Est-ce que je ne pourrais retourner, les interroger?<\/p>\n<p>Matin\u00e9e exceptionnelle, ce matin-l\u00e0, pas tous les jours qu&rsquo;on se dit qu&rsquo;il serait encore plus simple que \u00e7a d&rsquo;\u00eatre femme, en ce qui me concerne, de quoi se r\u00e9jouir, devenir conqu\u00e9rante. Ce lui fut un bonheur, presque injuste.<\/p>\n<p>Sentiment d&rsquo;injustice qui se trouva confirm\u00e9, lorsqu&rsquo;entendant des pleurs derri\u00e8re une porte que, forte de cette audace nouvelle procur\u00e9e pas l&rsquo;\u00e9trange sentiment de bonheur, elle ouvrit. Le spectacle qui alors s&rsquo;offrit \u00e0 elle l&rsquo;arr\u00eata et en premier mouvement ne provoqua que son rire, qui trouvera l&rsquo;excuse de l&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 du sentiment qui la poss\u00e9dait : des tonnes d&rsquo;hommes pleuraient. Ceci dit, ce spectacle la bouleversa. Un amoncellement d&rsquo;hommes en larmes. Elle ne fut pas longue \u00e0 s&rsquo;\u00e9clipser, ils pleuraient avec tant de conscience et d&rsquo;application qu&rsquo;ils ne s&rsquo;aper\u00e7urent m\u00eame pas de son passage. D&rsquo;ailleurs elle en aurait \u00e9t\u00e9 bien emb\u00eat\u00e9e. Dans les couloirs elle se mit \u00e0 courir, ses joues tremblaient.<\/p>\n<p>Est-ce que je savais que l&rsquo;entr\u00e9e se trouvait\u00a0 rue de Vercing\u00e9torix? J&rsquo;avais lu des livres. Encore la m\u00e9moire d&rsquo;une entr\u00e9e qui ressemblait furieusement \u00e0 une sortie, la bienheureuse m\u00e9moire. Puisque j&rsquo;\u00e9tais devenue heureuse encore sans enfant dans mon ventre. Ah! papa.<\/p>\n<p>Elle courait d&rsquo;un homme \u00e0 l&rsquo;autre, c&rsquo;\u00e9tait son secret. L&rsquo;agitation l&rsquo;avait quitt\u00e9e, ses nerfs s&rsquo;\u00e9taient calm\u00e9s. Elle aimait tout, le\u00a0 pr\u00e9sent, le pass\u00e9, le futur. D\u00e9couvrait la tristesse des hommes. Se voyait dans un profond silence. Aimait son secret. Etait son secret.<\/p>\n<p>A se demander si ce n&rsquo;\u00e9tait pas la rue de Vercing\u00e9 qu&rsquo;elle avait \u00e0 retrouver. D\u00e9j\u00e0 bien qu&rsquo;elle se souvienne du nom. Vercing\u00e9. Vercing\u00e9&#8230; Est-ce que \u00e7a ne risquait pas de lui co\u00fbter cher? De toute mani\u00e8re, il fallait payer partout. Elle n&rsquo;y \u00e9chapperait pas. Ce lui serait d&rsquo;ailleurs utile : ce qu&rsquo;on ne sait dire, payons-le, parlons de commerce des hommes, puisque tout ne se dit jamais. Et ne se paye d&rsquo;ailleurs non plus. Alors au travail. S&rsquo;\u00e9tourdir.<\/p>\n<p>J&rsquo;avais jou\u00e9 dans le petit cimeti\u00e8re. Un mausol\u00e9e si \u00e9trange. Un homme nagu\u00e8re tr\u00e8s riche, tr\u00e8s noble, tr\u00e8s fou, avait-il \u00e9t\u00e9 r\u00e9pondu. Etonnant aussi de rencontrer l&rsquo;importance au cimeti\u00e8re. Un mausol\u00e9e, une croix, des femmes en pleurs, des joueurs, tout \u00e7a de pierre, au grand soleil, parfum\u00e9 de nos rires moqueurs. Les rires enfantins. L&rsquo;innocence dont nous aurons \u00e0 r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>Pour \u00e7a que l&rsquo;indiff\u00e9rence avait fini par la trouver. Et qu&rsquo;elle pouvait aussi bien dire, je\u00a0 vais avec le temps, que je vais hors le temps, puisque le hors-temps pour elle, c&rsquo;\u00e9tait la mort, et que la mort en elle-m\u00eame,\u00a0 elle l&rsquo;avait reconnue et savait qu&rsquo;elle \u00e9tait le hors-jeu qui faisait le jeu, que faisait le jeu.<\/p>\n<p>Elle d&rsquo;or, s&rsquo;\u00e9coul\u00e9e au feu de la g\u00e9henne pour faire la pi\u00e8ce. Elle, pile, elle, face. Elle, tranche. Elle s&rsquo;\u00e9tait suffit \u00e0 se condamner. Et \u00e7a ne lui suffisait pas.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait des hors-jeux que j&rsquo;avais souhait\u00e9s. Etre prise \u00e0 partie, \u00eatre vilipend\u00e9e. Trait\u00e9e de tous les noms, d&rsquo;oiseaux surtout. Toutes les pierres jet\u00e9es. Qu&rsquo;enfin soit reconnue cette infamie, laquelle?<\/p>\n<p>Laquelle, je ne sais.<\/p>\n<p>Cette infamie d&rsquo;\u00eatre femme peut-\u00eatre, sans famille, sans enfant, et que \u00e7a ne veuille plus rien dire. Qu&rsquo;en moi ils ne se reconnaissent plus.<\/p>\n<p>Me laissent souffrir \u00e0 ma guise. Me d\u00e9lecter des pires crimes que je portais, pour simplement peut-\u00eatre toujours trop avoir entendu des mots tout ce qu&rsquo;ils pouvaient dire. Et pire encore. Et merde alors. Qu&rsquo;ils ne me servent plus leurs salades \u00e0 grignoter du bout des dents.<\/p>\n<p>Elle \u00e9tait celle \u00e0 quitter.<\/p>\n<p>Parfois elle frissonnait. Vierge de quoi \u00e9tais-je enceinte? De qui, e\u00fbt-il fallu dire. Elle s&rsquo;\u00e9brouait alors. Et dans le vide si peupl\u00e9 de son ventre, trouverait-elle la place pour un enfant? Ce cher d\u00e9sir.<\/p>\n<p>Pour \u00e7a que l&rsquo;indiff\u00e9rence. La course \u00e0 la mort.<\/p>\n<p>Courir d&rsquo;un homme \u00e0 l&rsquo;autre, courir d&rsquo;un homme \u00e0 l&rsquo;autre! Ils \u00e9taient l\u00e0, parfois dans les couloirs, alors elle courait, et au passage, paf, une tapette de sa main dans celle qu&rsquo;ils ne peuvent s&#8217;emp\u00eacher de lui tendre. Ce signe donn\u00e9, re\u00e7u, pouf, elle s&rsquo;envolait, prochain relais. Ce que les divers hommes ressentaient alors&#8230; Mais les hommes-pleureurs avaient agit\u00e9 quelque chose en elle. Oh! elle n&rsquo;\u00e9tait pas fi\u00e8re. Elle \u00e9tait pr\u00eate \u00e0 renoncer \u00e0 cet envahissant bonheur, mais pas \u00e0 la phrase qu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9tait dite au matin!<\/p>\n<p>Elle aimait les couloirs.<\/p>\n<p>Ouvre une nouvelle porte, au hasard cette porte je l&rsquo;ouvre, elle a suffisamment couru, dans l&rsquo;essoufflement se permet ce geste &#8211; si, si, il lui arrive encore des timidit\u00e9s, le bonheur ne rend pas inhumain, et puis, elle appelait \u00e7a \u00ab\u00a0bonheur\u00a0\u00bb, mais elle n&rsquo;en savait rien, au fond. Nouvelle porte ouverte, un autre lieu. Ainsi donc y \u00e9tait. Bouh! froid, humide. Elle a d\u00fb dormir l\u00e0 autrefois. A moins qu&rsquo;elle n&rsquo;y soit entr\u00e9e subrepticement. Il y a un petit secr\u00e9taire. Par la fen\u00eatre, haute fen\u00eatre, ouverture dans le mur d&rsquo;un ch\u00e2teau, elle voit une grande prairie barr\u00e9e d&rsquo;un \u00e9troit chemin engendr\u00e9 par les pas des passeurs. En bas de la prairie, car la prairie \u00e9tait en pente, d&rsquo;ailleurs tout ce qui \u00e9tait en dehors du ch\u00e2teau \u00e9tait en pente, puisque le ch\u00e2teau \u00e9tait au fa\u00eete, en bas de la prairie, elle sait une rivi\u00e8re prot\u00e9g\u00e9e de bosquets, apparemment sauvages. Il fallait quitter cet endroit. Y retournerait.<\/p>\n<p>S&rsquo;\u00e9tait-elle habill\u00e9e? Elle se cogne dans le couloir \u00e0 un homo rectus. Ne pourrait-elle remettre le collier? Que l&rsquo;esclavage avait d&rsquo;avantages. Etait bon. Que tout \u00e9tait bon. Je suis qui me traverse. Rend pas toujours la vie facile. Mais, se distraire.<\/p>\n<p>Ne pourrais plus mettre le collier qui me fait miroiter. L&rsquo;\u00e9clat dans tes yeux, je ne r\u00e9siste pas. Je n&rsquo;avais jamais jou\u00e9, sinon les jeux du masque, \u00e0 l&rsquo;insu. Mais le masque ne joue que le masque. Cachette, cachette, je n&rsquo;interrogeais le sort, j&rsquo;\u00e9tais le sort. Qu&rsquo;avais-je \u00e0\u00a0 perdre? Qu&rsquo;avais-je \u00e0 pr\u00e9server? Regarde-moi, l\u00e0, dans les yeux. Tu ne vois rien. Je circulais entre les invit\u00e9s avec un plateau de coupes de champagne. Monsieur quelle audace vous m&rsquo;en voyez r\u00e9volt\u00e9e, ne savez-vous bien qui je suis? Si elles se\u00a0 trouvaient d\u00e9masqu\u00e9es. O\u00f9 est l&rsquo;amour, il court. C&rsquo;est le jeu du chat et de la souris, o\u00f9 la souris jamais ne mange le chat. A moins de se d\u00e9guiser en chat. Entre chattes et chiennes, les louves secr\u00e8tes sanglotent. Mais qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;elle a? Rien, justement rien.<\/p>\n<p>Ainsi tout irait bien avec le temps. Dans ces temps o\u00f9 les espaces \u00e9taient couloirs auxquels les portes donnaient leur sens. Pas toujours le moment de se poser la question de ce qui pouvait bien \u00eatre derri\u00e8re les portes. Il serait raisonnable de croire qu&rsquo;elle ne passait pas les portes. Les portes s&rsquo;ouvraient, l&rsquo;engouffrait. Les portes verticales. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;elle en avait connu, de vaines promesses.<\/p>\n<p>Que soit crach\u00e9 le morceau qui racle ma gorge. Il arrive qu&rsquo;on parle de chat. Il s&rsquo;agit de rat. Il fallait proc\u00e9der \u00e0 une d\u00e9ratisation totale, la peste mena\u00e7ait, mena\u00e7ait? Elle courait les rues, dans les fronts, suintait dans les cons et les culs, te sort de la verge. La puanteur menace, aucun orage n&rsquo;\u00e9clate. J&rsquo;\u00e9ructe et je ris. Ah! j&rsquo;\u00e9tais dou\u00e9e\u00a0 de trop d&rsquo;imagination.<\/p>\n<p>Il aurait fallu que je m&rsquo;expose. Ce dont, je dois l&rsquo;avouer, j&rsquo;\u00e9tais bien incapable. La mise au ban, ce serait pour l&rsquo;autre, le grand inconnu, important personnage.<\/p>\n<p>Que je sois mise \u00e0 bas.<\/p>\n<p>Mais au matin, petit lever, marcher, arr\u00eat provisoire \u00e0 quelques pas du lit, grand. Main lev\u00e9e \u00e0 hauteur des yeux, juste en-dessous de cette hauteur qui d\u00e9tient l&rsquo;infini, main regard\u00e9e, doigts l\u00e9g\u00e8rement ouverts, regard glisse, main glisse, vers le bas, avec le bras, douceur. Je ne me souviens plus de ce dont j&rsquo;ai r\u00eav\u00e9 cette nuit. Des figurines.<\/p>\n<p>Elle d\u00e9ambule.<\/p>\n<p>Couloirs, trou\u00e9es.<\/p>\n<p>Ainsi donc, ayant trouv\u00e9 la mort, pourrait chercher l&rsquo;amour? A son image, peut-\u00eatre. Pof, petiote.<\/p>\n<p>Pr\u00e9cipitation. Souffle. Pr\u00e9cipit\u00e9e dans un souffle. Ah! ces portes claquent n&rsquo;importe comment.<\/p>\n<p>Il interroge. Mais qui est-il? Je l&rsquo;aime! me murmurai-je.<\/p>\n<p>Courant d&rsquo;air, en arri\u00e8re.<\/p>\n<p>Pas eu le temps de voir grand chose, cette fois.<\/p>\n<p>Espace sombre. Il \u00e9tait seul, parlait seul, fumait des cigarettes. Oh qui \u00e9tait-il. Mon c\u0153ur palpite. Elle refuse, effray\u00e9e de lui donner un visage. C&rsquo;\u00e9tait un homme dans la pi\u00e8ce. A travers la fen\u00eatre elle a aper\u00e7u un \u00e9clair. L&rsquo;\u00e9clair est rentr\u00e9 dans la pi\u00e8ce, dans sa lumi\u00e8re. L&rsquo;homme dans la pi\u00e8ce!<\/p>\n<p>Volontaire, de son propre chef, apr\u00e8s r\u00e9solution m\u00fbrement irr\u00e9fl\u00e9chie, elle y retourne. Le c\u0153ur battant, elle ouvre la porte, courage \u00e0 deux mains, referme la porte avec soin derri\u00e8re elle. Elle pr\u00eate un visage \u00e0 l&rsquo;homme, le tait, lui sourit, tourne autour de lui, il est si seul. Elle entend des pas dehors, elle se d\u00e9teste, il l&rsquo;accroche \u00e0 la cuisse. Elle peut sortir. Mais faudra-t-il toujours qu&rsquo;elle y retourne? Fr\u00f4l\u00e9e par la souffrance. Rien n&rsquo;est simple. Enfin presque.<\/p>\n<p>Dans les couloirs, elle va quelques temps \u00e0 genoux. Inconsciemment elle a joint les mains. Des larmes lui coulent sur le visage. Elle sait que ce n&rsquo;est rien, mais elle s&rsquo;\u00e9tonne, se souvient.<\/p>\n<p>Le crucifi\u00e9. Aux pieds trou\u00e9s. Aux mains trou\u00e9es. Et puis ce coup de lance. De quel c\u00f4t\u00e9? J&rsquo;inverse tout.\u00a0 L\u00e0 o\u00f9 \u00e7a s&rsquo;\u00e9lance, que \u00e7a souffre. Il \u00e9tait en haut d&rsquo;un mont. Avait \u00e9t\u00e9 trahi. Pris sur lui les souffrances du monde. Non les p\u00e9ch\u00e9s. Avait questionn\u00e9 son p\u00e8re dans les \u00a0cieux. Avait eu des disciples qui avaient manqu\u00e9 \u00e0 leur parole, ou auxquels la parole avait manqu\u00e9. Mais ils s&rsquo;\u00e9taient rattrap\u00e9s. Etaient partis sur les routes. Couraient encore. O\u00f9 donc? A l&rsquo;image. Pauvres humains. Je suis qui s&rsquo;offre \u00e0 mon regard. Rentre en moi, que nous soyons oubli\u00e9s. Aucun endroit au monde o\u00f9 nous cacher. Pourtant, en avons-nous parcouru, d&rsquo;oc\u00e9ans.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;elle ait tout \u00e0 perdre, ou tout d\u00e9j\u00e0 perdu, ou soit la perte m\u00eame, \u00e9tait immanquable. Mais pas confrontable. Ni plus que confort d&rsquo;ailleurs. Mieux valait s&rsquo;asseoir sur cette chaise en bois massif trou\u00e9e en son dossier d&rsquo;un coeur par o\u00f9 on la saisit. Elle croisa les jambes. Frisson de ses bas.<\/p>\n<p>Ces femmes toujours voulues ailleurs. Le jeu : j&rsquo;apparais, je disparais, et de pr\u00e9f\u00e9rence les deux \u00e0 la fois, vas-y essaie pour voir, inhumain, je ne jette pas les d\u00e9s. La face que je te pr\u00e9sente d\u00e9pendra de ton lot. A toi l&rsquo;honneur, moi les fleurs, tombeur. Elle me dit : \u00ab\u00a0Tu comprends, comment pourrais-je le croire, quand il me dit qu&rsquo;il m&rsquo;aime, moi qui ne suis jamais qui je suis. Moi qui sait bien que je ne corresponds pas \u00e0 ce qu&rsquo;il veut. Pourquoi ces mensonges, les hommes me d\u00e9go\u00fbtent.\u00a0\u00bb Et moi, je compris ce langage. Nous \u00e9tions entre femmes, et je la comprenais, mais que pouvais-je lui r\u00e9pondre? Je repartis, il me fallait r\u00e9fl\u00e9chir, toujours r\u00e9fl\u00e9chir.<\/p>\n<p>Encore plus simple que \u00e7a d&rsquo;\u00eatre femme? D\u00e9couvrais la tristesse des hommes. Etait-il possible d&rsquo;y croire? Pourquoi \u00e9taient-ils tristes? Que nous soyons tous trou\u00e9s? C&rsquo;est le cul qui nous assemble. Le pauvre homme vient de faire caca, regarde sa crotte. Le sens de l&rsquo;humour nous \u00e9chappe.<\/p>\n<p>Elle\u00a0 s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9veill\u00e9e, ce matin-l\u00e0, rideaux ouverts, pas de musique, la lumi\u00e8re, se demandant s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas encore plus simple que \u00e7a d&rsquo;\u00eatre femme.<\/p>\n<p>Si le bonheur n&rsquo;\u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 aux femmes, et pourquoi. Mieux : si elle n&rsquo;\u00e9tait seule, bien. Mais, elle n&rsquo;\u00e9tait seule femme au monde&#8230; Ou \u00e9tait seule. Bien &#8211; dont mal n&rsquo;est pas l&rsquo;inverse. Et pourquoi la d\u00e9couvrir maintenant cette tristesse des hommes, alors qu&rsquo;elle \u00e9tait entr\u00e9e en indiff\u00e9rence. Elle allait, se disait : \u00ab\u00a0J&rsquo;assume, j&rsquo;assume\u00a0\u00bb. Elle \u00e9tait rigolote. Elle aurait un enfant. Aurait-elle? Quel papa?<\/p>\n<p>Ceci dit, la Reine \u00e9tait Reine par son p\u00e8re. Son p\u00e8re \u00e9tait Roi. Elle n&rsquo;\u00e9tait, fille de paysans comme sa m\u00e8re. Sa m\u00e8re sans rang. Elle avait fait son choix. Elle, \u00e9tait fille d&rsquo;un Roi.<\/p>\n<p>Avec le temps, je vais.<\/p>\n<p>Ouvrir une porte, encore une autre, une troisi\u00e8me, une quatri\u00e8me&#8230; une kyrielle de portes \u00e9tonnantes. Elle allait de pi\u00e8ces d&rsquo;un m\u00e8tre sur deux, \u00e0 pi\u00e8ces d&rsquo;un m\u00e8tre sur deux, d&rsquo;un pas d\u00e9cid\u00e9, ouvrait des portes en m\u00e9lamin\u00e9 blanc, avec des poign\u00e9es en aluminium. Elle cherchait cet homme qui r\u00e9pondrait de leurs malheurs. Elle finit par en trouver un, assis bienveillant sur un tabouret &#8211; tout de m\u00eame! il ressemblait \u00e0 l&rsquo;autre. Elle enfon\u00e7a, parce qu&rsquo;il le fallait, un doigt dans l&rsquo;\u0153il de cet homme. Tout de suite apr\u00e8s, elle pensa \u00e0 son anus, mais il e\u00fbt fallu qu&rsquo;elle l&rsquo;interroge\u00e2t, et \u00e7a, elle n&rsquo;osait pas. Elle se rin\u00e7a le doigt dans un \u00e9vier en porcelaine blanche, rectangulaire, de trente centim\u00e8tres sur quarante. Je me demandai si je ne prenais pas le pouvoir, ce n&rsquo;\u00e9tait pas une vaine question. Je ne voulus plus cracher sur l&rsquo;homme, et je l&rsquo;enserrai de mes deux bras, pench\u00e9e sur son dos, j&rsquo;\u00e9tais heureuse. Il tenait une paire de lunettes dans sa main gauche pos\u00e9e sur son genou. C&rsquo;\u00e9tait presque clair, il m&rsquo;attendait. J&rsquo;eus peur d&rsquo;un gorille qui devait m&rsquo;arriver dans le dos. Elle retourna aux couloirs, aux fr\u00f4lements.<\/p>\n<p>Elle \u00e9tait seulement heureuse d&rsquo;\u00eatre une femme, ce qui lui avait permis au matin de regarder sa main. J&rsquo;\u00e9tais devenue heureuse, encore sans enfant dans mon ventre. En puissance. Dans l&rsquo;avant-mise-\u00e0-bas. Je n&rsquo;avais pas \u00e0 courir d&rsquo;un homme \u00e0 l&rsquo;autre, les portes s&rsquo;ouvraient toutes seules. Elle avait oubli\u00e9 sa souffrance, d\u00e9couvrait enchant\u00e9e celle des autres, des hommes. D&rsquo;ailleurs ils s&rsquo;en ouvraient \u00e0 elle. M&rsquo;\u00e9tais toujours confondue avec les femmes. C&rsquo;\u00e9tait une erreur profonde. C&rsquo;avait \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Toujours boire la coupe quand elle nous bat, surtout quand elle est pleine. Dans le vif du sujet. Tout \u00e0 trancher. Tout \u00e0 recommencer, toujours. C&rsquo;\u00e9tait une dr\u00f4le de jouissance.<\/p>\n<p>La Reine ne jouissait pas, pensait-elle. Mais elle ne s&rsquo;en faisait pas. Elle \u00e9tait Reine. Elle \u00e9tait quelque chose, c&rsquo;est pas comme certains.<\/p>\n<p>J&rsquo;aimais tout. Les hommes restaient dans le silence, elle aurait voulu conna\u00eetre ce qui \u00e9tait derri\u00e8re le brouillard de leurs yeux. Elle se demandait s&rsquo;il fallait \u00e9couter leurs mots, ou leurs regards. Elle n&rsquo;\u00e9prouvait pas le besoin de parler, mais elle se laissait dire.<\/p>\n<p>Il faudrait aimer la Reine, qui ne sait plus du tout qu&rsquo;elle est triste. Elle ne le sait plus du tout. Du tout, du tout. Etre triste, quelle\u00a0 raison? Son regard n&rsquo;est pas en-dessous, son regard est \u00e0 l&rsquo;horizontale, perpendiculaire \u00e0 la direction de son corps. La Reine est raide. Elle ne pourra jamais apercevoir le pied de la croix o\u00f9 l&rsquo;\u00e9lance son regard. Le Roi se tient \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Il r\u00e9p\u00e8te en b\u00e9gayant un peu, parce qu&rsquo;il est b\u00eate, un discours. Mais le pauvre a mal aux pieds, toujours mal aux pieds, et il r\u00e2le, temp\u00eate. Mais il ne dit rien et son visage est de marbre. Celui de la Reine est fard\u00e9. Le Roi est un bon Roi.<\/p>\n<p>Je m&rsquo;appelle Goldie Reinhart. Elle dut pour la premi\u00e8re fois, dans le couloir s&rsquo;arr\u00eater de marcher. Le souvenir de ceux qui avaient jou\u00e9 aux d\u00e9s, au pied de la Croix. Mais elle eut un sursaut de\u00a0 bonheur. Ce mont Golgotha, cet orage. Elle \u00e9tait l&rsquo;un des d\u00e9s. Elle put repartir, frotta sa joue \u00e0 l&rsquo;\u00e9paule d&rsquo;un homme, cette bonne douceur.<\/p>\n<p>Etre l&rsquo;interrogation. Se pr\u00eater \u00e0 toutes les r\u00e9ponses.<\/p>\n<p>J&rsquo;allai voir ailleurs, comme une main dans le sexe d&rsquo;une femme. Cet \u00e0-propos-l\u00e0, cette place-l\u00e0, cette douceur-l\u00e0. Cette justesse encore.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr que non, elle n&rsquo;avait pas connu de rapport sexuel qui f\u00fbt.<\/p>\n<p>Alors je marchai dans des collines, en souvenir souvenir. Le temps \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;orage et le ciel bas \u00e0 devenir Gauloise. Je me dis comme je marchais : je mettrai encore le collier et je relevai la t\u00eate avec d\u00e9fi, je n&rsquo;\u00e9tais pas seule, j&rsquo;\u00e9tais seule. C&rsquo;est, je me dis, je me dis avec souffrance et d\u00e9fi, affaire de commerce. Les jeux sont faits et je m&rsquo;agenouillai le c\u0153ur en pleurs. L&rsquo;homme sur la croix me dit en souriant, du haut de sa croix &#8211; ridicule quand j&rsquo;y pense &#8211; me dit, avec affectation : \u00a0\u00bb Le collier est mis. Tu n&rsquo;attendras pas l&rsquo;homme qui te viendra l&rsquo;enlever au cou, aucun jamais ne viendra d\u00e9visser le collier aux perles blanches et au fermoir en argent. Tu es le collier, la croix est le vide. Tu es le collier.\u00a0 Tu es le collier au pied de la croix.\u00a0\u00bb Et un rire partit et c&rsquo;\u00e9tait un rire grenu de femme et il n&rsquo;y avait plus aucun bruit. Plus aucun bruit. Puis j&rsquo;entendis ma r\u00e9volte. Je voulus me lever m&rsquo;en aller, une voix eut-elle piti\u00e9 de moi, ou encore se moquait-elle? elle me dit : \u00ab\u00a0Ecoute\u00a0\u00bb. J&rsquo;entendis amplifi\u00e9e pour moi seule la phrase que murmura un joueur \u00e0 l&rsquo;autre : \u00ab\u00a0Mais en est-il encore des hommes?\u00a0\u00bb Et ils ont baiss\u00e9 la t\u00eate, eux qui \u00e9taient sous la croix, et l&rsquo;autre a relanc\u00e9 le d\u00e9, et je voulus crier \u00a0\u00bb Non, secouez-vous, que Diable\u00a0\u00bb et de rage jeter une tomate \u00e0 l&rsquo;homme de la croix sous laquelle ils se tenaient, mais je choisis de\u00a0 m&rsquo;\u00e9loigner. \u00ab\u00a0Plus simple que \u00e7a d&rsquo;\u00eatre femme\u00a0\u00bb, me rappelai-je. Et repensant aux affreux du pied de la croix, aux tra\u00eetres : \u00ab\u00a0Des n\u00e9vros\u00e9s, ah la la\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Elle allait avec le temps, c&rsquo;\u00e9tait son secret. Aussi l&rsquo;amour du non-sens. Sinon le sens du temps, et du secret. Tout va se croisant, vertical, horizontal, et se lit en oblique.<\/p>\n<p>Non, je n&rsquo;\u00e9tais pas sans souvenir. Comme une main dans un sexe de femme. J&rsquo;entendais bien un homme me parler \u00e0 l&rsquo;oreille. Me parler doucement. Je sentais mes reins se soulever. J&rsquo;\u00e9tais avec la main. En accord avec tout. Toutes les chairs, les couleurs, les airs. Je pouvais ouvrir les yeux tant qu&rsquo;il me plairait. L&rsquo;homme me parlait \u00e0 l&rsquo;oreille. Que disait-il. Pour me mettre ainsi. Ah! s&rsquo;il \u00e9tait heureux!<\/p>\n<p>Et c&rsquo;est moi qui me taisait.<\/p>\n<p>Les espaces \u00e9taient couloirs, et les mains aussi, s&rsquo;y caressaient. Aux parois.<\/p>\n<p>Avec des temps d&rsquo;hostilit\u00e9.<\/p>\n<p>Et des temps d&rsquo;acceptance.<\/p>\n<p>Elle revivait. Pourquoi \u00e9tait-elle lutine, au pied des arbres, dans les fourr\u00e9s, les foug\u00e8res. Pass\u00e8rent des amoureux. Les grands arbres par-dessus nous, le vent qui aussi visitait nos abris, nous \u00e9tions reconnaissants, forts de cette reconnaissance, minuscules, nous courions, nous moquions, nous \u00e9tions deux. Aussi le soleil nous parvenait, il nous \u00e9tait loisible de lorgner ses rondeurs au travers des ramures et des frondaisons. Enfants des racines, par jeu souvent, nous go\u00fbtions \u00e0 la terre, y m\u00ealions nos salives, nos baisers devenaient \u00e2pres, nous devions nous saisir par les bras, puis \u00e9blouis, \u00e9puis\u00e9s, nous nous coulions encord\u00e9s de douceur et de bont\u00e9 sur un sol qui nous accueillait en h\u00f4te pr\u00e9venant et discret.<\/p>\n<p>Dans les levers, ces matins-l\u00e0, de soleil, de solitude parfaite, inou\u00efe. S&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait encore plus simple que \u00e7a, d&rsquo;\u00eatre femme. Comme un homme accepterait d&rsquo;\u00eatre un homme. Cette r\u00e9v\u00e9lation, son bonheur. L&rsquo;espace de quatre m\u00e8tres sur cinq, c&rsquo;est un peu petit. Hauteur six. Un grand lit, ouvert, dont elle sort, draps d\u00e9jet\u00e9s. Lumi\u00e8re. Nudit\u00e9 sous la robe. Aucun miroir. Des souvenirs d&rsquo;\u00eatres. D&rsquo;elles, \u00eatres. Souvenirs de tendresse. Solitude parfaite. Pas l\u00e9gers, s&rsquo;appesantissant selon le bon vouloir. Le bonheur \u00e0 elle seule, incroyable. Main droite, non, gauche, \u00e9lev\u00e9e, presque hauteur des yeux, indiff\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;infini. Un seul oui. Douceur. Quelle solitude l&rsquo;avait capt\u00e9e? Et pourquoi, et comment? Avec le temps. Mais elle n&rsquo;avait pas peur de parcourir les couloirs. Ce qui la sauvait, aux yeux du monde.<\/p>\n<p>Couloirs se succ\u00e8dent. S&rsquo;\u00e9largissent. Se rapetissent. Entr\u00e9e, rue de Vercing\u00e9. A v\u00e9rifier. Est-ce utile?<\/p>\n<p>Elle allait, j&rsquo;allais avec le temps. Exactement. Aucune adoration. Aucune idol\u00e2trie. Sinon celle d&rsquo;elle, admettons. C&rsquo;\u00e9tait le bonheur, l&rsquo;est encore. Sans\u00a0 enfant dans le ventre. Quel probl\u00e8me \u00e0 r\u00e9gler. Aucune attente. Tout imm\u00e9diat.<\/p>\n<p>Courir dans les couloirs, avec ou sans les autres. Marcher, s&rsquo;arr\u00eater, tr\u00e9bucher, deviner derri\u00e8re\u00a0 les portes. L&rsquo;accord. Toutes les humeurs pass\u00e9es et \u00e0 venir. L&rsquo;indiff\u00e9rence.<\/p>\n<p>J&rsquo;irai demain jouer, peut-\u00eatre. J&rsquo;irai demain jouer, peut-\u00eatre. Si le besoin s&rsquo;en fait pressant. Je n&rsquo;ai plus peur, je suis seule. Depuis, j&rsquo;ai r\u00eav\u00e9 que je\u00a0 jouais. Dans mon r\u00eave, j&rsquo;ai invent\u00e9 un nouveau jeu.<\/p>\n<p>Les femmes de l&rsquo;\u0153il, qui jouent un autre jeu. Tentent. Forc\u00e9es. Aussi certains hommes. Trop\u00a0 veill\u00e9s par leur m\u00e8re. Ou dans l&rsquo;orbite vide de l&rsquo;oeil de leur p\u00e8re. Elle n&rsquo;osait porter de lunettes noires. Cherchait l&rsquo;aveuglement. Les yeux en amande. Fixer le soleil droit dans l&rsquo;os.<\/p>\n<p>S&rsquo;il ne fallait pas crever.<\/p>\n<p>Elle, avait crev\u00e9, y \u00e9tait arriv\u00e9, en apparence, en espoir, un certain \u0153il. A moins qu&rsquo;elle n&rsquo;ait crev\u00e9 l&rsquo;absent. En tout cas, ne plus avoir peur de la lumi\u00e8re, cherchait \u00e0 s&rsquo;en mettre plein la vue.<\/p>\n<p>Dans les couloirs, \u00e9tait toujours tomb\u00e9e sur elle-m\u00eame. A sa douleur devenue joie. A jamais. Se savait partout. Ah si tu pouvais m&#8217;embrasser dans la bouche. Et du bout de la langue, en\u00a0 retirer la perle. L&rsquo;installer dans ta poche.\u00a0 Elle n&rsquo;est pas monnayable. Va plut\u00f4t sur la falaise, dans\u00a0 le vent jette-la \u00e0 l&rsquo;oc\u00e9an, apr\u00e8s avoir prononc\u00e9 quelques paroles incantatoires, peut-\u00eatre aurons-nous de la chance. J&rsquo;en doute\u00a0 : dans la viande de ma langue, un s\u00e9jour trop prolong\u00e9 l&rsquo;y a inscrite \u00e0 jamais, elle se souviendra toujours de moi.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas la perle qui fait l&rsquo;hu\u00eetre.<\/p>\n<p>J&rsquo;irai demain jouer. Peut-\u00eatre, si le besoin s&rsquo;en fait pressant. Besoin d&rsquo;argent. Du commerce. S&rsquo;il le faut. Mais, l\u00e0. Jou\u00e9e. Accord\u00e9e. Plaqu\u00e9e de silences.<\/p>\n<p>Je retourne aux couloirs. De\u00a0 l&rsquo;argent coule entre les doigts, dans la marche, passe \u00e0 travers les bouches. Poudres de monnaies. Piles et. D\u00e9s et faces. Ignorance de la tranche. L&rsquo;impasse \u00e0 la mort. La grande bande. La mort au hors-jeu, l&rsquo;argent. Press\u00e9e dans la paume, la boule d&rsquo;argent. Pass\u00e9e sur le corps. Sur leurs corps. Les expositions, les vitrines, les \u00e9talages. Les regards passent, s&rsquo;abaissent, passent, s&rsquo;abaissent. Humbles, humbles. L&rsquo;argent sonne, cligne. Les paupi\u00e8res sur les deux boules brillantes. Dans la bouche cinq perles. La main s&rsquo;est \u00e9vid\u00e9e. Le dos \u00e9caill\u00e9. La sueur des pores, s&rsquo;\u00e9coule. L&rsquo;odeur est saine. L&rsquo;horreur. Le hors-jeu. Impossible. Acquiescer. Baisser les paupi\u00e8res, sourire aux dieux de mon c\u0153ur, aux dieux des v\u00f4tres. Vider son c\u0153ur. L&rsquo;\u00e9pancher. Sa t\u00eate sur une \u00e9paule, puis sur une autre. Douceur de sa poitrine. V\u00e9ritable douceur. Douceur reconnue. Un oui unique. Je ne sais plus du tout qui je suis. Je vous remercie. Je quitte le pays. Ou reste ici. Je suis l\u00e0.<\/p>\n<p>Je ne me voulais d&rsquo;aucune consommation. Jamais. Mais que tout aille \u00e0 la consomption.<\/p>\n<p>Le collier \u00e9tait mis, il fallait avoir l&rsquo;arme pour lancer le d\u00e9. Ne l&rsquo;avoir pas rendait ce geste superf\u00e9tatoire. Je suis le collier a dit l&rsquo;homme qui a dit l&rsquo;homme, qui a dit l&rsquo;homme. Le vide est cern\u00e9. Il est au collier de perles\u00a0 blanches un fermoir en argent qui se visse d\u00e9visse.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un collier ouvert? Celui que la petite fille tient \u00e0 la main, laisse tra\u00eener au sol, un doigt dans la bouche.<\/p>\n<p>Que jouent ceux qui lancent le d\u00e9? J&rsquo;\u00e9tais l\u00e0 pour les dire tous perdus, au nom de celui qui m&rsquo;avait parl\u00e9.<\/p>\n<p>Dans le temps, l&rsquo;indiff\u00e9rence. Le seul amour. L&rsquo;indiff\u00e9rence d&rsquo;amour. Quelque boue te sort de la bouche. Je te frotte la bouche. Ne cherche jamais \u00e0 parler. Nous sommes \u00e9coul\u00e9s. Nous sommes attentifs. Nous \u00e9coutons. Nous \u00e9coutons tout. Souriant aux \u00e9chos. J&rsquo;accepte de frotter cette larme \u00e0 ta joue. J&rsquo;accepte. Tous fait pipi au lit. Ma main sur ton anus. Ma main sur ton sexe. Ta bouche dans mon cou. Que murmurent-ils. Que prof\u00e8rent-ils. Quelles injures viennent \u00e0 leurs. Quel aigre vin est pass\u00e9 sur la plaie. Quel sourire na\u00eet aux\u00a0 humains. Quelle femme acceptera de t&rsquo;aimer. Mon homme. Au regard triste. Je suis cruelle. Te viderai de toi. Descellerai les tonneaux, arracherai les arceaux qui les enserrent. Blottissons-nous, amoureux. Vivons notre mort quotidienne. Que la vie que.<\/p>\n<p>Je suis la repr\u00e9sentante, celle au coup lanc\u00e9, de quel c\u00f4t\u00e9, j&rsquo;inverse tout, ni gauche ni droite, terriblement ni gauche ni droite. L\u00e0 o\u00f9 \u00e7a s&rsquo;\u00e9lance que \u00e7a parle. &#8211; Coupe quand pleine et jusqu&rsquo;\u00e0 la lie -. Je suis celle au cul lac\u00e9. Mon p\u00e8re est dans les yeux. J&rsquo;ai mang\u00e9\u00a0 les yeux. Je suis les w\u00e9-c\u00e9s des yeux. Je tire la chasse trois fois par jour, \u00e0 quatre heures, \u00e0 quatre heures et \u00e0 quatre heures.<\/p>\n<p>Quelle femme passe par l\u00e0? Quelle jambe? Quel r\u00eave d&rsquo;homme. Je suis la larme qui coule sur ta joue. Le sang que tu lapes \u00e0 mon sexe. Recrache d\u00e9go\u00fbt\u00e9. Tu n&rsquo;oses pas. Te tais.<\/p>\n<p>De quelle femme chantai-je la lueur? J&rsquo;\u00e9tais plusieurs. Sans importance. Marchions moi et elles. Identiques, transparence. R\u00eave d&rsquo;un bal. Ballet d&rsquo;elles. Toutes moi. Vois-les, longues, elles vont, tu vois leur dos, elles marchent vers l&rsquo;avant. Te quittent. Me quittent. Quelles \u00e9taient-elles? Ou combien? Ces ombres envoil\u00e9es. Pas touchent la peine du sol. Envoil\u00e9es. Glissent. Me s\u00e9parer d&rsquo;elles. N\u00e9es\u00a0 de la mort. De son regard. Tu n&rsquo;y crois pas, toi. Pauvre sot. Elles vont inlassablement, fig\u00e9es. Regarde-toi au milieu d&rsquo;elles, aucune main tendue, aucun regard. Pourtant elle te savent l\u00e0, ce\u00a0 qui les fait marcher. Prisonni\u00e8res de leur chemin. Je te le r\u00e9p\u00e8te.\u00a0 A toi qui ne veux pas savoir. Elles jouent la mort, pour la tromper.<\/p>\n<p>Quelles sont-elles que pleure mon corps. Qu&rsquo;avide je regarde.\u00a0 Entre elles et moi, un espace de chiffres. Je d\u00e9tourne la t\u00eate violemment. Viens sous moi. Sois un homme. Parle-moi. Qu&rsquo;est-ce qui nous s\u00e9pare?<\/p>\n<p>Tu habites parmi ces longues silhouettes que le grand inconnu a drap\u00e9 de blanc. Et aux ovales noirs de l&rsquo;absence, leurs visages abyssaux, lim\u00e9s par les regards que tu y fais fuir, puisqu&rsquo;elles sont toutes toi, tu peux\u00a0 pr\u00eater les visages fantasques de tes r\u00eaves, de tes cauchemars. Fascin\u00e9, il n&rsquo;y a plus qu&rsquo;une seule phrase qui te vienne \u00e0 l&rsquo;esprit : \u00ab\u00a0Oh, qu&rsquo;elles me laissent me cacher dans leurs jupes!\u00a0\u00bb Tu t&rsquo;es laiss\u00e9 prendre \u00e0 leur image, et de toi, de l&rsquo;humain en toi, il ne reste que cette peur, dont tu es innocent, assis le visage dans tes mains.<\/p>\n<p>Si tu les veux \u00e0 toi, nomme-les, chacune d&rsquo;entre elles, baptise-les, apr\u00e8s les avoir compt\u00e9es. Alors chacune dans la souffrance de l&rsquo;enfantement tournera son regard vers toi, elles deviendront nombreuses, elles seront tiennes, tu auras peur. Elles marchent vers toi. R\u00e9pondent \u00e0 ton appel, dont tu ne peux r\u00e9pondre. Le sang leur est revenu aux joues, elles ne sont plus porcelaines. Je suis partie. De loin j&rsquo;ai assist\u00e9 \u00e0 ton impuissance. Je dois \u00eatre seule. Je dois r\u00e9fl\u00e9chir.<\/p>\n<p>Fallait s&rsquo;arr\u00eater. Non pas rassembler. Je veux dire, rassembler ces femmes.<\/p>\n<p>M&rsquo;arr\u00eater o\u00f9 j&rsquo;\u00e9tais, avec volont\u00e9. M&rsquo;enferrer. Je m&rsquo;enferre. Quitter le sous-sol. Aller timide au ras. Au ras de terre. S&rsquo;y tenir debout. M&rsquo;y coucherais \u00e0 la nuit venue, et regarderais, o\u00f9 ce n&rsquo;est pas le ciel. Dire : \u00ab\u00a0Fleur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Si. Lui dire, \u00e0 il, plus tard, apr\u00e8s un \u00e9claircissement de la voix : \u00ab\u00a0Fleur\u00a0\u00bb. Baisser mes yeux. Ne pas croire, ne pas esp\u00e9rer qu&rsquo;il m&rsquo;entendra. Et si.<\/p>\n<p>S&rsquo;enferrer d&rsquo;abord. Marcher. Un pas au passage.\u00a0 Taper du pied. Ressentir le\u00a0 poids, l&rsquo;espace pris. De mon corps. De mon corps. D\u00e9tourner mes yeux des miroirs o\u00f9 vit la tristesse. O\u00f9 se terre la tristesse. D&rsquo;o\u00f9 suinte la tristesse. Comme \u00e0 cette fine couche qui couvre l&rsquo;\u0153il de l&rsquo;homme, et qui ne sait ce qu&rsquo;elle cache. Et dont je ne sais ce qu&rsquo;elle cache. Le miroir pleure, il a trop fait soleil. Ses yeux sont fatigu\u00e9s, mets-lui des lunettes. Couvre-le de tes mains et plaque-s-y ton corps. Aveugle-le. Ou va ailleurs, plonger tes regards. Sonder. Questionner. Tu seras port\u00e9. Parle-le, ce voile sur ton \u0153il, qui me rend muette. Articule-le. C&rsquo;est un ordre. Je ne te comprends pas. Une pomme de terre ou des \u0153ufs dans ta bouche? Bougre d&rsquo;abruti.<\/p>\n<p>Pour qu&rsquo;une femme prenne le pouvoir faut-il qu&rsquo;elle en devienne l&rsquo;instrument?<\/p>\n<p>Je parle de la Reine. Droite, immobile, qui se tient souveraine, baisse les yeux. Elle, sait ce qu&rsquo;elle a fait, les oripeaux dont elle s&rsquo;est couverte, les artifices dont elle a us\u00e9, pour en arriver l\u00e0. Elle va seule, comme sur l&rsquo;\u00e9chiquier. Mais elle est conjointe, prot\u00e9g\u00e9e. Aveugle, elle franchit toutes les distances. Tout \u00e0 l&rsquo;heure elle ira faire pipi, elle s&rsquo;assoira sur le pot, des pens\u00e9es lui viendront \u00e0 l&rsquo;esprit. Elle a tir\u00e9 le rideau. Tu peux faire pipi comme tu veux cocotte, m\u00eame debout si tu veux, tu es malheureuse, salement malheureuse, malement malheureuse. Tu n&rsquo;as que ta honte \u00e0 cacher. Baisse les yeux. Ecoute plut\u00f4t ma Reine, \u00e9coute le sourire que tu glisses \u00e0 ton fou, le murmure qui te vient aux yeux. Ta main fr\u00e9mit sous le gant. Chair de\u00a0 poule. Ne condamne pas au couperet celui qui, aussi a gliss\u00e9 dans ton pi\u00e8ge mais que sa condition a laiss\u00e9 humain. Et qui, d&rsquo;\u00eatre ch\u00e2tr\u00e9 est le seul \u00e0 conna\u00eetre ce que tu transpires. Et qui te le chante, te le danse. Laisse-toi dessiner par les cercles qu&rsquo;il dessine \u00e0 ton intention. A ta bonne intention. Celle-l\u00e0 qui t&rsquo;\u00e9chappe. Ma Reine, toujours attentive \u00e0 faire boucher les trous aux plafonds. Toi qui\u00a0 les\u00a0 as voulus si hauts, \u00e0 les en faire oublier. Parce que dans tes r\u00eaves ils sont toujours perc\u00e9s, et c&rsquo;est toi qui en \u00e9coules, de toutes parts. Ma petite Reine \u00e0 l&rsquo;enfance oubli\u00e9e. Prends le large. Rentre dans l&rsquo;absence de toits, o\u00f9 tu n&rsquo;es que sujette, au beau temps, au mauvais temps. D\u00e9couvre les merveilleux nuages, cours dans les bois. Sois seule au carrefour. Prends les chemins de traverse. Que peut-il t&rsquo;arriver? De toute fa\u00e7on, tu vas mourir. Tu vas mourir.<\/p>\n<p>Tu as eu le geste digne, la parole courte. Tu te fais porter dans ta chambre, sur un plateau, la t\u00eate du fou. Tu es seule\u00a0 avec cette t\u00eate. Tu la regardes longuement. Tu es dans le d\u00e9sir. Tu l&rsquo;\u00e9vides de ses yeux avec un petit couteau bien aiguis\u00e9. Tu as le sourire aux l\u00e8vres. Un \u0153il dans chaque main, tu te diriges vers la fen\u00eatre, aux yeux du monde, tu avales un \u0153il. Puis l&rsquo;autre. Tu d\u00e9glutis. Quittes le trou dans le mur. T&rsquo;approches de cette t\u00eate qui saigne. Passes ta mains dans les cheveux. Te penches, embrasses la t\u00eate. Puis, comme tu n&rsquo;en peux plus, tu vas t&rsquo;abriter sous ton ciel-de-lit. Tu te couches sur le dos, tu fais ce geste premier, que tu n&rsquo;as jamais\u00a0 fait, tu mets la main sur ton sexe et tu sais que c&rsquo;est le vide. Tu ris. Ton ventre sursaute. Tu as mal. Tu es seule. Vraiment tr\u00e8s seule. Il n&rsquo;y a plus que le\u00a0 cauchemar \u00e0 t&rsquo;attendre au tournant. Tu clos les paupi\u00e8res. Tu ne\u00a0 vois plus rien. Tu ne comprends plus la tristesse des hommes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il me fallait aller au risque, \u00e0 m&rsquo;aimer comme je m&rsquo;aimais, je devais \u00eatre prot\u00e9g\u00e9e de tout.<\/p>\n<p>* <img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"24345\" data-permalink=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2011\/08\/baptiste\/lacan-seminaire-2-le-moi\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/lacan-seminaire-2-le-moi.jpg?fit=800%2C1250&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"800,1250\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"lacan seminaire 2 le moi\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/lacan-seminaire-2-le-moi.jpg?fit=301%2C470&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/lacan-seminaire-2-le-moi.jpg?fit=655%2C1024&amp;ssl=1\" class=\"alignright size-medium wp-image-24345\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/lacan-seminaire-2-le-moi.jpg?resize=301%2C470&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"301\" height=\"470\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/lacan-seminaire-2-le-moi.jpg?resize=301%2C470&amp;ssl=1 301w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/lacan-seminaire-2-le-moi.jpg?resize=655%2C1024&amp;ssl=1 655w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/lacan-seminaire-2-le-moi.jpg?resize=96%2C150&amp;ssl=1 96w, https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/lacan-seminaire-2-le-moi.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w\" sizes=\"(max-width: 301px) 100vw, 301px\" \/>Cette nouvelle est publi\u00e9e ici en 2011, mais ne date pas du tout de 2011, je l&rsquo;ai retrouv\u00e9e \u00e0 ce moment-l\u00e0. c&rsquo;est bien plus ancien que \u00e7a (faut retrouver). Peut-\u00eatre 2001, d&rsquo;apr\u00e8s les dossiers de mon ordinateur&#8230;. Mais peut-\u00eatre m\u00eame avant, peut-\u00eatre m\u00eame avant l&rsquo;analyse, ou au tout d\u00e9but. C&rsquo;est la premi\u00e8re nouvelle d&rsquo;un ensemble de nouvelles. J&rsquo;habitais encore chez mes parents. Peut-\u00eatre apr\u00e8s l&rsquo;accident. Apr\u00e8s l&rsquo;accident. Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9criture du roman Eug\u00e8ne Traktacus. Peut-\u00eatre pas chez mes parents. Peut-\u00eatre chauss\u00e9e d&rsquo;Alsemberg. Juste apr\u00e8s l&rsquo;avenue Paul Deschanel. Je ne sais pas comment je vais retrouver cette date&#8230;. C&rsquo;est apr\u00e8s avoir commenc\u00e9 \u00e0 lire Lacan, d&rsquo;ailleurs cela se sent. Probablement je lisais le S\u00e9minaire 2 (rapport \u00e0 la couverture). C&rsquo;est au d\u00e9but de l&rsquo;analyse, je crois. Peut-\u00eatre qu&rsquo;entre l&rsquo;avenue Deschanel et la chauss\u00e9e d&rsquo;Alsemberg, j&rsquo;ai d\u00fb un moment retourner chez mes parents. L\u00e0, j&rsquo;ai commenc\u00e9 cette \u00e9criture, commenc\u00e9 l&rsquo;analyse, puis d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 chauss\u00e9e d&rsquo;Alsemberg. Peut-\u00eatre m\u00eame commenc\u00e9 \u00e0 travailler \u00e0 la Commission europ\u00e9enne. Quand est-ce que j&rsquo;ai commenc\u00e9 l&rsquo;analyse. Myst\u00e8re et boule de gomme. D&rsquo;apr\u00e8s mon agenda: analyse commenc\u00e9e le 5 mars 1990 et termin\u00e9e en 2002 (cette premi\u00e8re analyse). Donc ce texte a d\u00fb \u00eatre \u00e9crit \u00e0 ce moment-l\u00e0. Commen\u00e9 un peu avant.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette page \u00e9voque une exploration intime de la f\u00e9minit\u00e9, m\u00ealant images po\u00e9tiques et r\u00e9flexions sur l&rsquo;identit\u00e9. \u00c0 travers des m\u00e9taphores de couloirs et de nature, une femme navigue entre souvenirs et sensations, questionnant son \u00eatre et son rapport au monde. Le texte jongle avec des symboles comme la fourmi, le vagin et le sang, pour exprimer des th\u00e8mes de jouissance, de transformation et de vuln\u00e9rabilit\u00e9, tout en oscillant entre \u00e9merveillement et angoisse. Une qu\u00eate de sens et d&rsquo;\u00e9mergence dans l&rsquo;espace qui l&rsquo;entoure.<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2418],"tags":[2420,800],"class_list":["post-7662","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fictions","tag-2420","tag-vercin","entry"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7662","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7662"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7662\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7662"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7662"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7662"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}