{"id":8221,"date":"2012-03-03T12:54:56","date_gmt":"2012-03-03T11:54:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/?p=8221"},"modified":"2023-02-24T15:36:01","modified_gmt":"2023-02-24T14:36:01","slug":"les-animaux-fantastiques-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2012\/03\/les-animaux-fantastiques-3\/","title":{"rendered":"r\u00eave : Les animaux fantastiques"},"content":{"rendered":"<div style=\"max-width: 750px; line-height: 1.3em; text-align: justify;\">\n<p><strong>3 mars 2012, 12h54<\/strong><\/p>\n<p>les animaux fantastiques, r\u00eave de cette nuit<\/p>\n<p>une pi\u00e8ce qui comporte de tr\u00e8s nombreux animaux, dont je me souviens seulement d&rsquo;un ours brun. de cette pi\u00e8ce, de ces animaux qui vivent l\u00e0 en toute qui\u00e9tude mais aussi en toute indiff\u00e9rence, je d\u00e9cide de m&rsquo;occuper.<\/p>\n<p>je les nourris, leur parle, circule entre eux. du coup, ils se r\u00e9veillent. l&rsquo;un ou l&rsquo;autre s&rsquo;\u00e9chappe. ils se r\u00e9veillent, ils se battent, ils se r\u00e9veillent, l&rsquo;un ou l&rsquo;autre m&rsquo;attaque.<\/p>\n<p><strong>un ours brun<\/strong>, <strong>deux loups blancs<\/strong>. l&rsquo;un ou l&rsquo;autre <strong>chien<\/strong>. <strong>un singe<\/strong>.<\/p>\n<p>j&rsquo;avais laiss\u00e9 des pots accroch\u00e9s en hauteur, d&rsquo;oiseaux, se dess\u00e9cher compl\u00e8tement, je d\u00e9cide de les faire revivre \u00e9galement, or, lorsque je les arrose, ai-je mis trop d&rsquo;eau, si cela leur permet de retrouver instantan\u00e9ment leur forme premi\u00e8re, ils meurent malheureusement imm\u00e9diatement apr\u00e8s, en se dissipant, disparaissant compl\u00e8tement.\u00a0 je ne sais pas s&rsquo;il s&rsquo;agit de papillons ou d&rsquo;oiseaux, de tout petits oiseaux. je fais cela, essayer de les ranimer avec l&rsquo;aide des autres animaux, les grands. cela nous inqui\u00e8te, eux et moi.<\/p>\n<p>parall\u00e8lement \u00e0 cela, je fais des courses le matin, je vais \u00e0 la poste. mon p\u00e8re et ma m\u00e8re sont \u00e9galement pr\u00e9sents, tr\u00e8s pr\u00e9sents dans ce r\u00eave.<\/p>\n<p>nb: au moment du r\u00e9veil des animaux, je d\u00e9couvre l&rsquo;ours brun \u00e9treignant, un peu \u00e0 la fa\u00e7on dont peut le faire Chester, un \u00e9norme ours brun en peluche (l&rsquo;ours de jules)<\/p>\n<p><strong>3 mars 2012, 18h16<\/strong><\/p>\n<p>les animaux fantastiques, d&rsquo;o\u00f9 ils viennent, que je lisais hier soir, en m&rsquo;endormant :<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/IMG_00015.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"8231\" data-permalink=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/img_0001-6\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.disparates.org\/iota\/wp-content\/uploads\/IMG_00015-e1390134208961.jpg?fit=2299%2C1872&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"2299,1872\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"W.G. 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Notre \u00e9tude actuelle de la nature tend en effet \u00e0 la description d&rsquo;un syst\u00e8me en parfaite conformit\u00e9 avec un corps de lois ; et pourtant, c&rsquo;est avec pr\u00e9dilection que notre \u0153il se fixe sur les cr\u00e9atures qui se distinguent par leur forme abstruse ou par leur comportement aberrant. C&rsquo;est ainsi que Brehm, dans son <em>Thierleben, <\/em>r\u00e9serve d\u00e9j\u00e0 les places d&rsquo;honneur au crocodile et au kangourou, au fourmilier, \u00e0 l&rsquo;armadille, \u00e0 l&rsquo;hippocampe et au p\u00e9lican tandis que de nos jours, on verra \u00e9ventuellement appara\u00eetre sur l&rsquo;\u00e9cran une arm\u00e9e de pingouins qui passent toute la nuit hivernale debout, dans les temp\u00eates glac\u00e9es de l&rsquo;Antarctique, l&rsquo;\u0153uf pondu pendant la saison plus cl\u00e9mente reposant sur leurs pattes. Dans cette sorte de programmes, dits <em>Nature Watch <\/em>ou <em>Survival <\/em>et r\u00e9put\u00e9s particuli\u00e8rement instructifs, ce n&rsquo;est \u00e9videmment pas le merle ordinaire qui se distingue le plus et l&rsquo;on se retrouvera \u00e0 observer plut\u00f4t quelque cr\u00e9ature monstrueuse en p\u00e9riode d&rsquo;accouplement au fond du lac Baikal. Thomas Browne, de son c\u00f4t\u00e9, a \u00e9t\u00e9 constamment d\u00e9tourn\u00e9 de l&rsquo;\u00e9tude de la ligne isomorphe du quinconce, invinciblement attir\u00e9 par l&rsquo;observation des ph\u00e9nom\u00e8nes singuliers qui piquaient sa curiosit\u00e9 ou plong\u00e9 dans la r\u00e9daction d&rsquo;un vaste ouvrage de pathologie. On dit qu&rsquo;il a longtemps h\u00e9berg\u00e9 un butor dans son cabinet de travail parce qu&rsquo;il cherchait \u00e0 comprendre comment ce volatile, d&rsquo;aspect plut\u00f4t \u00e9trange au demeurant, produisait son cri reconnaissable entre tous, comparable aux sonorit\u00e9s les plus graves d&rsquo;un basson, et dans son compendium, <em>Pseudodoxia Epidemica, <\/em>qui tend \u00e0 faire table rase d&rsquo;un ensemble de pr\u00e9jug\u00e9s et de l\u00e9gendes largement r\u00e9pandues, il traite de toutes sortes de cr\u00e9atures, en partie r\u00e9elles, en partie imaginaires, comme le cam\u00e9l\u00e9on, la salamandre, l&rsquo;autruche, le griffon, le ph\u00e9nix, le basilic, la licorne et le serpent \u00e0 deux t\u00eates Amphisbaena. Si Browne r\u00e9fute \u00e0 juste titre l&rsquo;existence de la plupart des cr\u00e9atures fabuleuses, il n&rsquo;en reste pas moins vrai que la nature produit aussi des monstres bien r\u00e9els dont l&rsquo;existence av\u00e9r\u00e9e nous sugg\u00e8re que les b\u00eates invent\u00e9es par nous ne sont peut-\u00eatre pas uniquement des produits de l&rsquo;imagination. Les descriptions de Browne prouvent en tout cas que les mutations naturelles, innombrables et d\u00e9fiant toute raison, mais aussi les chim\u00e8res n\u00e9es de notre pens\u00e9e l&rsquo;ont fascin\u00e9 au m\u00eame titre qu&rsquo;elles fascineront, trois cents ans plus tard, Jorge Luis Borges, l&rsquo;auteur du <em>Libro de los sertes imaginarios <\/em>dont la premi\u00e8re version int\u00e9grale a paru \u00e0 Buenos Aires, en 1967. Parmi les cr\u00e9atures fabuleuses r\u00e9pertori\u00e9es dans cet ouvrage et class\u00e9es par ordre alphab\u00e9tique, figure \u00e9galement, ainsi que je m&rsquo;en suis aper\u00e7u il y a seulement peu de temps, le d\u00e9nomm\u00e9 Baldanders dont Simplicius Simplicissimus fait la rencontre au sixi\u00e8me livre de l&rsquo;histoire de sa vie. Baldanders se pr\u00e9sente comme une statue de pierre gisant dans la for\u00eat, sous l&rsquo;aspect d&rsquo;un vieux h\u00e9ros allemand habill\u00e9 en militaire. Prenant soudain la parole, Baldanders affirme qu&rsquo;il s&rsquo;est tenu de tout temps, jour apr\u00e8s jour, sans se faire conna\u00eetre, au c\u00f4t\u00e9 de Simplicius et qu&rsquo;il ne le quittera que lorsque Simplicius, de son c\u00f4t\u00e9, sera redevenu ce qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;endroit d&rsquo;o\u00f9 il vient. Puis Baldanders se m\u00e9tamorphose sous les yeux de Simplicius, prenant pour commencer la forme d&rsquo;un scribe qui \u00e9crit les lignes suivantes :<\/p>\n<p>\u00ab Je suis le commencement et la fin et j&rsquo;existe en tout lieu. \u00bb<\/p>\n<p align=\"center\">Apr\u00e8s quoi<\/p>\n<p>il devient successivement un grand ch\u00eane, un cochon, une saucisse \u00e0 griller, une crotte de paysan, un champ de tr\u00e8fle, une fleur blanche, un m\u00fbrier et un tapis de soie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Winfried Georg Maximilian Sebald, <em>Les anneaux de Saturne<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>3 mars 2012, 12h54 les animaux fantastiques, r\u00eave de cette nuit une pi\u00e8ce qui comporte de tr\u00e8s nombreux animaux, dont je me souviens seulement d&rsquo;un ours brun. de cette pi\u00e8ce, de ces animaux qui vivent l\u00e0 en toute qui\u00e9tude mais aussi en toute indiff\u00e9rence, je d\u00e9cide de m&rsquo;occuper. je les nourris, leur parle, circule entre&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/2012\/03\/les-animaux-fantastiques-3\/\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">r\u00eave : Les animaux fantastiques<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[28],"tags":[],"class_list":["post-8221","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-reves","entry"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8221","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8221"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8221\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8221"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8221"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.disparates.org\/iota\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8221"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}